19/07/09

lectrice de bd #1

je ne connaissais pas du tout la maison futuropolis, parce que je ne suis pas une si grande amatrice de bd que ça, même si j'aime en lire et en découvrir, l'occasion s'est donc présentée de faire plus ample connaissance, j'ai reçu le petit paquet promis avec une certaine curiosité doublée d'une attente non avouée, car je traverse une période noire en matière de lecture, il me faut un petit remontant pour reprendre goût aux mots et aux histoires, ce n'est pas bien méchant, tout lecteur traverse une phase de non-envie, et puis c'est l'été et ce sont les vacances, j'avoue que ma tête est ailleurs, alors quand je me suis mise à lire ces deux bds, je suis passée du cycle d'excitation au cycle de déconvenue... mea culpa aux auteurs et à l'éditeur, mais voici deux bds qui ont fini par me déprimer, malgré leur qualité esthétique indéniable.

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nouvelles_du_monde_invisibleEt si l'on racontait sa vie d'après le souvenir de ses odeurs ? Imaginez vous rappeler le parfum d'une petite copine de treize ans ou une escapade vers Jersey, c'est possible, mais soupçonnez d'avoir un odorat plus développé que la moyenne, qui vous happe au moindre souffle du vent, vous empeste par trop de pollution, ou parce que vos sacs poubelle s'amoncellent dans votre cagibi, cela s'annonce problématique, car l'odeur est partout, elle s'infiltre, elle persiste, comme celle du gaz qui vous donne un haut-le-coeur, ou qui vous transporte vers un ailleurs imaginaire, vous rappelle les embruns, l'échappée belle...
Les odeurs sont précieuses, elles évoquent plein de souvenirs agréables, même si parfois elles peuvent briser une harmonie palpable, qu'importe, à travers cette bd le lecteur voyage et hume l'air du temps, dans une texture crépusculaire, j'ai bien aimé le début, puis j'ai fini par me lasser.

Nouvelles du monde invisible, par Jean C. Denis

Futuropolis, 2008 - 165 pages - 19€

 

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la_ligne_de_fuiteMagnifique ambiance qui nous transporte du Paris fin des années 1880, aux Ardennes tristes à pleurer avant de s'évader vers le continent africain, sauvage et fier, planqué derrière ses secrets.
A Paris, Baju est rédacteur de la revue Le Décadent et pousse son jeune poète Adrien de composer quelques oeuvres en les signant Rimbaud, porté disparu depuis quelques années. Le scandale éclate aussitôt, Verlaine dénonce l'escroquerie et Adrien comprend trop tard qu'il vient de brûler toutes ses chances de réussite.
Il décide alors de partir à la recherche de Rimbaud, de rencontrer sa famille et de trouver quelques poèmes oubliés ou inédits, pour redorer son blason avant d'offrir au Décadent la gloire tant convoitée.
Hélas son périple va le conduire vers une remise en question permante, Adrien se glisse dans les pas de Rimbaud, s'embarque pour l'Afrique et s'enfonce dans une quête qui frise l'absolutisme, le désespoir et la révélation.
L'histoire a fini par me déprimer, même si je porte un véritable intérêt pour la figure de Rimbaud, il n'empêche que j'ai ressenti beaucoup de tristesse et de mélancolie dans cette oeuvre, je pense d'ailleurs que c'était le but recherché. Par contre les illustrations sont vraiment magnifiques.

La ligne de fuite, Christophe Dabitch & Benjamin Flao

Futuropolis, 2007 - 120 pages - 19€

Pour une lecture plus poussée, l'avis de Raymond

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un peu de musique pour se consoler !

 

 

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10/07/09

Celle que je voudrais être ~ Vanyda

celle_que_je_voudraisDeuxième partie de la trilogie créée par Vanyda, qui traite de l'adolescence et des passages à vide ou euphoriques fatalement inhérents, bref un cap pas toujours excitant, mais incontournable à franchir pour aider à grandir et à se trouver.
Valentine est donc entrée au lycée, néanmoins son groupe de copines a éclaté. Au début elles arrivent à coincer leur emploi du temps pour se retrouver le midi ou pendant les récréations, puis petit à petit d'autres clans se forment et les intérêts finissent par se fâner.
Valentine est une adolescente ordinaire, indécise, réfléchie, soumise. C'est une suiveuse, dans le sens où il lui faut une tête de file pour suivre le mouvement, et bien souvent elle s'embarque dans des situations gênantes où sa timidité refait surface.
Cette première année de lycée s'annonce aussi enrichissante, car Valentine élargit ses centres d'intérêt et ses relations, notamment avec Félix, son grand béguin de toujours.
La fin dénonce un goût d'amertume, terriblement parlant d'une époque floue, où on voudrait être cet autre qui ne nous ressemble pas, et où souvent on agit à l'encontre de ce qu'on souhaiterait vraiment. Mais au bout du compte, on ne sait plus.
J'aime beaucoup cette série, même si elle ne me concerne plus, elle n'est pas sans me rappeler une adolescence pas nécessairement difficile, mais plutôt réservée et pleine de questions.
D'un style sobre et délicat, emprunté aux codes du manga, le ton de Vanyda est imparable et touche instantanément.

Dargaud, 2009 - 192 pages - 14€

Preview de 7 planches sur le site BD Gest'

Pour rappel, le premier tome : Celle que je ne suis pas

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20/05/09

^Japan Ai ^

En japonais, AI signifie AMOUR et si vous aimez le Japon, soyez prêts à plonger tête la première dans le monde incroyable de la pop-culture japonaise ! (C'est pour moi !!!!)

japan_ai

Un bonheur, cet ouvrage ! Moi qui suis une passionnée de manga, d'animation et de jeux vidéos, j'étais sûre de me retrouver dans le carnet de voyage de cette américaine, Aimee, qui est invitée à se rendre au Japon par la société Volks, laquelle commercialise la poupée Super Dollfie. La jeune femme est une passionnée, une vraie, elle écrit des articles pour Haute Doll Magazine et gère une site anglophone concernant ces poupées articulées asiatiques.
Elle part donc au Japon avec deux copines, en prévoyant une escapade de Kyoto à Tokyo, avec des séances de shopping, des visites de temples, un séjour aux sources d'eau chaude, une comédie musicale, du shopping, encore du shopping, et s'habiller en geisha, devenir une cosplay émérite, se rendre dans des bars louches, manger du curry, beaucoup de curry... bref vivre à fond les clichés qui nous nourrissent lorsqu'on se gave trop de culture japonaise via le manga et l'animé... :o))

J'ai trouvé que cet ouvrage se destinait davantage à un public féminin, davantage encore à des amateurs du Japon (tendance pop-culture). Ceci n'est pas un ouvrage sérieux, dans le sens strict. Il y a de bonnes informations, des anecdotes rigolotes, c'est idéal pour donner envie (et ça marche, car j'ai décidé de jouer au loto pour me payer un petit voyage...).

aimeemajorjapanai C'est un peu moi... crevant d'envie d'y aller là tout de suite maintenant.

Et ça ce sont les fameuses poupées Super Dollfie (elles font peur, non ?)....superdollfie

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Il y a possibilité de lire des extraits : ICI en anglais et ICI en français.

le blog d'Aimee Major Steinberger :
http://aimeekitty.livejournal.com/

Le livre est édité en français par Taifu Comics, 2009 - 14,95€

d'autres pistes de lecture :

tonkyo_sanpo     apprenti_japonais

(des infos en cliquant sur les images)

 

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23/04/09

Amulet, Livre Un : Le gardien de la pierre ~ Kazu Kibuishi

Ce livre traînait dans la chambre de ma fille depuis plusieurs mois, je voyais bien le marque-page dépassé, à mi-parcours, donc la demoiselle avait soit calé, soit pas aimé du tout... ou que sais-je. J'ai donc chipé le bouquin pour m'en faire une idée, et j'ai compris le dilemme : en fait mademoiselle ma fille a eu les jetons ! :))

amulet

Deux ans après l'accident qui a coûté la vie de son père, Emily, son petit frère Navin et leur mère emménagent dans une maison de famille abandonnée depuis des années, héritée d'un grand-père mystérieusement disparu, Silas Charnon. Il y règne une drôle d'ambiance dans cette maison sans électricité, sans confort, et seul le bureau du grand-père rutile, tel un modèle de laboratoire pour ingénieur fou. Emily fait une étrange découverte, un collier avec une amulette qu'elle décide de porter autour du cou. Ce médaillon est en fait magique, la nuit une voix murmure de faire très attention car la famille est en danger.

Quelques heures plus tard, la mère d'Emily est enlevée sous les yeux des enfants, avalée par une créature immonde. N'écoutant que son courage, la fillette et son frère partent à l'aventure pour sauver leur maman. Ils vont se rendre dans des territoires inconnus, croiser des êtres extraordinaires, devoir affronter des dangers et se frotter à un inconnu au teint pâle et aux yeux lumineux qui convoite Emily et l'amulette qu'elle ne quitte plus. Ce médaillon dégage un vrai pouvoir, mais exerce une ascendance qui n'est pas du goût de Navin. Et on se rend compte qu'il y a une succession d'événements pas toujours profitables, enfin bref je ne raconte pas davantage !

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J'ai beaucoup aimé ce premier tome (trilogie en route) et j'ai trouvé certaines planches d'une beauté à couper le souffle, par contre j'ai aussi trouvé que les visages de la mère étaient souvent loupés... L'ambiance d'Amulet est magique, fantastique, épique, ok le scénario est parfois exagéré en mettant en scène cette fillette pleine d'énergie et de courage qui affronte des monstres plus gros qu'elle sans trembler une seconde. Ouah, chapeau ! ;o))

Certaines scènes peuvent choquer les plus jeunes lecteurs (il faut compter à partir de 10 ans, je crois), on parle de disparition, de mort, de kidnapping et les créatures ne sont pas toujours très sympathiques, il faut se méfier ! D'un autre côté, l'aventure est au coeur de l'histoire, les décors sont splendides, l'intrigue ne manque pas d'originalité, on trouve aussi des personnages attachants, des petits robots très rigolos, ou un doudou peureux. Cette épopée qui plonge dans une dimension fantastique ne manque décidément pas de souffle ! Le tome 2 sort très prochainement.

Akileos, 2008 - 192 pages - 12€

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25/03/09

Effleurés ~ Isabelle Bauthian & Sylvain Limousi

effleuresÊtre un garçon qui aime l'ordre, le classement, la définition, la logique. La sécurité, selon Christophe. Pas la transparence, ni l'ennui. Jusqu'au jour où il va faire la connaissance de Fleur. Elle est insouciante, légère, hippie, bouffonne, libre, rigolote. 
Peut-on parler d'avenir lorsqu'on n'est pas sur la même longueur d'ondes ? lorsqu'une relation d'un soir s'éternise dans la durée d'abord, dans la qualité ensuite ? Vous sentez que cette fille vous apporte beaucoup, mais qu'elle devrait aussi se fondre un peu à votre image.
Terrible dilemme du couple qui cherche à forger l'autre selon ses attentes... ou non, disons qu'on cherche à plaire pour les autres, pour le regard qu'on pose sur nous ? S'enticher d'une fille à problèmes, l'aimer à perdre la raison, ne pas l'admettre, oser pour elle ce qu'on n'imaginait pas, et tout perdre ?
C'est une histoire ordinaire, qui comprend mieux qu'elle n'évoque ce que l'amour, en général, pousse les hommes et les femmes à accomplir pour briller, ou pour exister. On s'effleure plus souvent, croyant se toucher. C'est dans l'air du temps.
En bref, une belle histoire pleine de sens. A lire.

Effleurés, par Isabelle Bauthian & Sylvain Limousi
Dargaud, 2008 - 72 pages - 12,50€

A rapprocher avec la lecture de Ruptures d'Andi Watson (ça et là, 2008)

Quelques clics :::  les premières pages à consulter sur le site de l'éditeur - le blog d'isabelle bauthian

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12/03/09

Comment j'ai cru devenir libraire !!!

Leslie Plée est l'auteur du blog : http://vuedelaprovince.canalblog.com/  -  Une adresse à connaître et découvrir. Cela n'est d'ailleurs pas tombé dans l'oreille d'un sourd puisqu'un éditeur a choisi de publier ses mésaventures de libraire débutante.

leslie_pleeTout commence comme dans un rêve : le début d'une nouvelle vie, dans une ville en Bretagne, un amoureux, un bel appartement, un premier job avec CDI et 35 heures. Leslie a décroché le job de ses rêves, être libraire ! Mais le château de cartes va vite s'écrouler quand elle découvrira qu'en fait il lui faudra juste vendre des livres dans une méga enseigne de produits culturels, avec des étiquettes à scotcher à longueur de journée, des conseils bidons à donner, des commandes à passer sans rien y comprendre, des livres à retourner à cause d'un stock en surnombre puis à recommander à cause d'un stock en sous-effectif ^__^, des opérations monstrueuses sur tel auteur ou telle thématique, des livres et des livres, pas de place pour tout ranger, du matériel qui bidouille... C'est un cauchemar, les collègues sont sympas (enfin, y'a bien ce type à l'humour bizarre), mais les chefs sont des demi-tyrans qui n'accordent aucune pause, qui veulent du chiffre, de la présence, de la compétence, de la motivation, de l'organisation, du zèle. (Au secours !) 

Cette BD offre une vision qui dépasse totalement l'idée naïve qu'on peut se faire du métier de libraire, ici c'est un travail à la chaîne, harassant et totalement abrutissant, il n'y a plus d'étincelles, aucune passion... mais ça n'est pas du tout déprimant. Leslie Plée réussit à tourner son expérience pourrie en une succession d'anecdotes dérisoires et humoristiques. Qu'est-ce qu'on rigole ! Je recommande ! 

Un extrait ICI !

Moi, vivant, vous n'aurez jamais de pauses (ou comment j'ai cru devenir libraire) par Leslie Plée
Chez Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 2009 - 95 pages - 15€
Collection dirigée par Pénélope Bagieu !

bagieuA souligner :


Ma vie tout à fait fascinante de Pénélope Bagieu
est disponible en poche !
(pour 5,50€)
 

26/02/09

Blaise - Dimitri Planchon

519qeTKMIyL__SS400_J'ai regardé en deux fois la couverture, je croyais rêver, car Blaise me rappelait mon petit Kiki (le Kiki de tous les Kiki !), mais en plus laid. Le temps de rigoler toute seule dans mon coin, je me décide à feuilleter les premières pages et, encore une fois, mazette me dis-je, je trouve que ce livre est une vraie mine de références, car j'avais le sentiment de me retrouver dans les Têtes à claques ! Décidément.

Bon on oublie tout ça et on résume le topo : Blaise est un gamin de huit ans, qui affiche une mine de benêt et qui grandit dans un monde qui ne ressemble plus à rien. Notre société a perdu la boule ! (Le pire semble être devenu l'ordinaire, la guerre et la dictature rôdent, s'installant dans l'indifférence générale. Brrr.) Il y a pas mal de clins d'oeil, une volonté politique de chatouiller, une façon aussi de secouer les puces du lecteur et de lui montrer vers quelle pente glissante se dirige notre société, à force d'indifférence. Ou que sais-je ? Le coup des spots publicitaires répétitifs sur cette star sportive, Dabi Doubane, est pas mal vu. Tous les travers du star-system y passent. La société de consommation, le m'as-tu-vu, la violence au quotidien et j'en passe. Cela donne des frissons, tout ça. Mais rassurez-vous... on passe au plus drôle ! 

Les parents de Blaise sont étonnants, et sans pitié. Ils bossent comme des malades, heures supplémentaires à gogo, faut pas abuser des vacances, le travail c'est la santé, etc. Ils sont racistes, radins, permissifs ou pointilleux, c'est selon (chaque lecteur a en mémoire la première scène avec le film porno, le gamin demande la permission pour le voir, c'est d'accord, répondent ses parents, mais demain y'a école !). Du jamais vu !!!

Il y a d'autres passages désopilants, avec un couple d'amis, qui semble passablement normal, ou les collègues du boulot (pourquoi être toujours sur la défensive !? c'est excellent !) et la grand-mère, que le père décrit comme une facho, gloups, et qui vous sort un mouchoir tout morveux ou vous offre un cadeau à noël d'une inutilité abyssale... C'est terrible, je me sens bientôt comme une Muriel à Porpoise Spit !  Impression étrange d'être dans un surréalisme fait de mauvais goût, de cynisme et d'ironie.

Résumé : ils sont laids, ils sont odieux, ils sont méchants, ils sont parfaitement immoraux... mais qu'est-ce qu'on les aime ! Ils nous agacent et en même temps ils nous font rire. Et comme le souligne l'éditeur, j'ai parfois l'impression qu'on rit, un peu, de nous-mêmes ! Malheur.

Glénat, 2009 - 60 pages - 9,99€

d'autres avis chez marie  / merci sonia pour l'envoi !

vous pouvez également découvrir Blaise en gagnant un exemplaire, pour cela :
laissez un commentaire, attendez le tirage au sort et croisez les doigts !

Edit du lundi soir : the winner is  Morgan  !

kiki

le Kiki de tous les Kiki

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27/11/08

« celle que je ne suis pas »

51yHGe9WCoL__SS400_C'est l'année du brevet. Valentine a quatorze ans, elle est en troisième et est toujours entourée de sa bande de quatre copines (Yamina, Julie, Emilie et Juliette). Elle est aussi amoureuse de Félix, mais c'est son petit secret qu'elle préserve jalousement.
Les mois passent, au rythme des cours (qu'on sèche, parfois), des premières boums, des compétitions sportives. Entre 400 coups, coups de blues et éclats de rire, Valentine trace sa route d'adolescente en mal de repères.
Style épuré, tout en noir et blanc, ambiance très intimiste et héroïne inhibée font de cet album un cousin proche du travail de Kiriko Nananan. C'est assez nonchalant, toutefois Vanyda confirme son potentiel déjà éprouvé dans L'immeuble d'en face ou L'année du dragon. Elle parvient à créer un univers à part, très proche du lecteur, par son souci du détail. Elle donne naissance à des personnages attachants, un peu anti-héros, criblés de failles et d'imperfections. Valentine, au centre, est émouvante de simplicité. Elle semble subir sa vie, se pose des questions qu'elle ne formule pas à haute voix. Elle incarne tant le mal être de cet âge ingrat !
« Celle que je ne suis pas » est le premier tome d'une trilogie à paraître. Le tome 2 (prévu pour juin 2009) annonce l'entrée en seconde, avec de gros changements en perspective.

Dargaud, avril 2008 - 192 pages - 14€

L'année du dragon (tome 1, tome 2, tome 3) a été réuni en un volume et en noir & blanc.

Le site de Vanyda : http://vanyda.free.fr/

L'avis de Reno

 

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L'anglais Andi... Watson

andi_watson_self_portJ'ai découvert ce monsieur grâce à la lecture de Ruptures, un roman graphique au charme épuré, qui avait su m'emballer sur le champ. Lectrice enthousiaste, me voilà aussitôt partie dans mes clics frénétiques pour en avoir plus et m'offrir quelques ouvrages de cet auteur.

Commençons par ce qui fâche, parce qu'il déçoit : Paris (slg publishing, 2007 - en collaboration avec Simon Gane pour les illustrations).

L'histoire se passe dans la capitale française des années 50, du temps où artistes et aspirants se donnaient du coude pour percer dans le milieu. Parmi ces grands rêveurs, se trouve Juliet, qui arrive de New-York. Elle est sans le sou, partage une chambre sous les toits avec Paulette, une nana au physique de vamp qui a des idées révolutionnaires. Contre quelques leçons de dessin, Juliet accepte de croquer le portrait de riches héritières. Ce compromis n'est pas pour l'enchanter, comme elle l'explique à son grand ami Gerard, mais elle s'y applique en espérant des jours meilleurs.

andi_watson_parisPeut-être le destin sonne à sa porte le jour de sa rencontre avec Deborah, une riche anglaise qui réside à Paris chez une tante revêche. Le déclic entre les deux filles est immédiat, et on comprend qu'il s'agit plus qu'une simple connivence affective, c'est un réel coup de foudre, deux âmes soeur qui se trouvent, en subissant le poids des convenances. Outre cet aspect d'une relation étouffée sous peine de passer pour des dépravées, l'histoire est une peinture pleine de charme d'un Paris bohème et chatoyant, qui s'éveille aux premières notes de jazz dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés, en totale opposion avec les cérémonies guindées des hôtels particuliers.

Oui mais voilà, malgré tous les chaleureux arguments, ce livre n'a pas su m'enchanter au-delà de la juste mesure. C'est sympathique, mais cela ne me renverse pas. J'ai peu goûté aux dialogues, je n'ai pas compris le baragouinage de l'auteur qui manipule très mal le franglais. C'est quasiment incompréhensible quand il s'y met, truffé de fautes, bref pas très crédible.      

Quelques pages à feuilleter

Avec Clubbing, j'ai aussitôt retrouvé le sourire et mon fidèle optimisme ! (Minx, 2007 - illustré par Josh Howard)

andi_watson_clubbingC'est l'histoire d'une jeune anglaise, Charlotte 'Lottie' Brook, qui vit à Londres, fréquente les lieux les plus branchés, voue une grande passion pour le gothique et mène à la baguette ses parents. Mais un jour, la demoiselle est arrêtée avec une fausse carte d'identité, reconduite par des policiers, bref c'est la punition assurée quand son père et sa mère l'envoient en rase campagne, chez ses grand-parents, gérants d'un club de golf. Ce qui s'annonçait mortel et ennuyeux devient petit à petit épique et étonnant, car un crime est commis sur le parcours de golf. La jeune fille, assez lasse de ses promenades en solitaire sous une pluie battante, va mener son enquête, aidée d'Howard, seul individu de moins de 60 ans dans la région, pour détourner les soupçons qui pèsent sur son grand-père. Howard est un pêcheur et un joueur de golf émérites, certes, mais il est aussi sexy et bigrement intelligent. Notre rebelle est vite mouchée par ce garçon qui ne se gêne pas pour la secouer sans mettre de gants.

Alors bizarrement, moi j'ai  beaucoup aimé ce livre qui s'avoue le moins convaincant aux yeux des fans de Watson ! Ce qui dérange, c'est le mélange des genres : une comédie acide, une romance pour ados et une intrigue à la whodunit. Selon eux (les fans), Watson brasse trop large et ne creuse pas suffisamment pour donner de l'épaisseur à son histoire. Peut-être... la fin est elle-même assez surprenante et fantaisiste, je concède quelques froncements de sourcils. (Mais elle est également ouverte à une suite prochaine, enfin tout le laisse à penser !)

Ce livre est une balade au coeur de la campagne anglaise, plus précisément dans la région des Lacs, avec moults références à Coleridge et son célébrissime Kubla Kahn (qui s'intègre même dans l'intrigue romanesque !). A guetter, donc. Personnellement, j'ai bien aimé.

En lisant ce livre, j'ai cependant rencontré un gros souci technique : les pages se décollaient ! Quelle horreur d'avoir un livre neuf entre les mains et de ne pouvoir le manipuler à sa guise car il est épouvantablement fragile ! Haro sur la maison d'édition qui ne fait pas du bon boulot ! (Minx, pour ne pas la citer !)

A suivre (prochainement) : Slow News Day.

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24/03/08

Des histoires de coeur, pour plus grands

rupturesRuptures de Andi Watson

Titre original : Dumped
Traduit de l'anglais par Sidonie Van den Dries

Une petite ville de province en Angleterre.
Au cours d'une soirée un peu trop arrosée, deux jeunes adultes, Richard Binfield dit "Binny" et Debby couchent ensemble alors qu'ils ne se connaissent pas.

Par la suite, les deux tourtereaux vont apprendre à se connaître, et rapidement déchanter en découvrant les petites manies de Binny, le mauvais caractère de Debby, et surtout la capacité de celle-ci à cacher l'existence d'un second petit ami.

Andi Watson nous livre avec cette "nouvelle graphique" une subtile chronique des petits malentendus et des gros mensonges au sein des couples qui se font et se défont.

Je n'avais jamais lu d'album d'Andi Watson jusqu'alors, et c'est en explorant le catalogue des éditions çà et là (qui publie le célébrissime Château l'attente) que j'ai fait cette découverte. C'est une bd ou un court roman graphique, au style totalement épuré et en noir & blanc, qui me plaît beaucoup. C'est très simple, même l'histoire en elle-même n'est pas révolutionnaire. Elle apporte un regard critique sur les amours actuelles, lorsqu'un couple se rencontre et cherche à coincider ses attentes. Ce que vivent Binny et Debby est une parfaite démonstration des petits mensonges, des agacements, des caractères différents au sein du couple qui voudrait que tout ne soit qu'osmose et communion permanente !

J'ai également apprécié la particularité des deux personnages à s'attacher aux vieilles choses, aux fringues de seconde main pour elle et aux livres chinés dans les bouquineries pour lui. Ces objets représentent pour eux plus que des rebuts, chacun a un passé, raconte une histoire, révèle quelque chose du précèdent propriétaire. Mais encore une fois, ils sont tout deux trop obstinés pour s'apercevoir qu'ils partagent la même vision. Par exemple, Binny a choisi de tester Debby en lui offrant une coupe de l'amour avec les initiales des amants, mais la jeune fille n'y voit qu'un vieux pot ébréché et sans valeur.

La petite histoire d'amour que propose l'anglais Andi Watson possède une touche délicate, un soupçon d'élégance dans cet univers sans couleur et un peu terre-à-terre. Quelle chance réserve-t-il à nos deux protagonistes ? Binny le rêveur arrivera-t-il à conquérir Debby la tête de mule ? ... A découvrir.

Ruptures, d'Andi Watson - 55 pages - ça et là - 9.50 €

Pour en savoir plus : http://www.caetla.fr/ruptures.html

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everydayMiho travaille comme vendeuse dans un magasin, pendant que son compagnon Seiichi se consacre à la musique. Même si elle repense souvent à son ex-petit ami, Hagio, elle est heureuse auprès de Seiichi. Le jeune ménage, pourtant, peine à joindre les deux bouts, et Miho doit prend un second emploi. Devenue hôtesse de bar, elle finit par céder, par besoin d’argent, aux avances d’un client. Lorsque Seiichi l’apprend, il ne la comprend pas et s’éloigne d’elle. C’est alors que Hagio ressurgit dans la vie de la jeune femme.

Certains diront que c'est plat et sans saveur, d'autres -comme moi- trouveront que c'est subtil, mélancolique et simplissime. (Pourquoi ce besoin, sans cesse, de surenchère et de fioritures ?!) C'est aussi une bd qui a tout du roman graphique, c'est du Kiriko Nananan, c'est-à-dire extrême sensibilité, niveau sismique à deux de tension et profondes interrogations sur la jeunesse nippone frappée par la confusion des sentiments.

Ce qui me touche dans ce genre de lecture, c'est la beauté du crayon et l'ambiance ordinaire, déjà prouvée dans d'autres albums. Everyday est moins glauque et moins oppressant, c'est un portrait de jeune femme tiraillée entre deux histoire d'amour. Miho n'est pas l'archétype de fille qui s'avère attachante et sympathique d'entrée de jeu. Ses valses d'hésitation et sa mollesse font d'elle une petite tête à claques. Mais tout ceci n'entrave pas le goût de connaître la suite, même si au final on en sort en croyant avoir tourné en rond... Bizarre, mais toujours très envoûtant !

Casterman, coll. Sakka. 204 pages.

Merci Gawou Nowel !!!

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rachelRachel cohabite avec Rose, barmaid, qui a, entre autres mérites, celui de garder la tête sur les épaules. Non que Rachel soit une écervelée, mais elle manque de confiance en elle et a, du coup, du mal à trouver ses marques : avec François, qui ne rêve que d'une chose : emménager avec elle ; avec son voisin, plutôt joli garçon, mais dont le côté intello lui fait peur ; avec Richard, musicien pilier du bar de Rose, qui passe sa vie à la taquiner, histoire de dissimuler la tendresse qu'il a pour elle et enfin avec sa mère, une psy à l'égocentrisme exacerbé, rendue encore plus imbuvable par son récent divorce.

C'est une histoire en 3 tomes, comme le stipule la quatrième de couverture. La présentation faite de Rachel dans ce volume est plutôt grinçante, car c'est une jeune femme butée et volcanique, assez immature dans ses rapports avec les autres. Je sais que c'est fait exprès pour donner du grain au moulin, mais le trait est exagérement grossi et, parfois, c'est un chouia irritant.

Je n'ai pas compris non plus le choix de ne pas dessiner de bouche pour exprimer l'expression abasourdie des personnages, mais ceci n'est qu'un détail sommaire. Car je crois que je vais apprécier de connaître la suite des aventures de Rachel, de sa copine Rose, du petit voisin intello et du raseur de service. Par certains côtés, cela me fait penser à la série des Julie, Claire et Cécile. Il faut d'ailleurs reconnaître le gros travail de Manboou à dessiner des détails infimes, dans la déco ou le look des personnages. J'étais soufflée. Bref, c'est sympa, ça se lit rapidement et ça ne prend pas le chou ! (Léger ahem pour le tempérament de la demoiselle ... sans quoi, c'est engageant !). J'attends la suite.

Le blog de Manboou : http://www.manboou.canalblog.com/

Dargaud - 128 pages - 9.50 €

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