16/06/16

Maudit manoir, Cocktail de saveurs, de Paul Martin & Manu Boisteau

Maudit Manoir

Drôle de quotidien au Maudit Manoir ! Entre les tâches ménagères, les factures à payer, le frigo à remplir, les expériences scientiques à conduire, nos monstres assaisonnent toutes les situations ordinaires à leur sauce (excessive et abominable).

C'est souvent beurk, proche de l'impensable, comme la visite médicale de Hans, qui se plaint d'un petit mal de dent, et qui va être décortiqué de fond en comble, tripes et boyaux à l'air... erk ! Notre ami n'aura plus que ses yeux pour pleurer.

Heureusement, le ton général est à l'humour. Dracunaze, Bernard le loup-garou, le professeur Von Skalpel, l'Horreur des marais, Céleste le fantôme et la baronne Béatrice se débattent pour résoudre leurs problèmes d'intendance et font souvent preuve d'une imagination débordante.

De l'art de faire place nette, de recycler les rats de laboratoire en terrine aux herbes, de tester l'instinct du ventre (avec pizza à l'appui), de trouver le voleur de porcelaines, de jouer au cerf-volant, de débusquer dans l'annuaire la formule qui transforme le plomb en or, de réparer la fuite du toit ou de déblayer la neige devant la porte... 

Les situations saugrenues s'enchaînent dans des séquences courtes, efficaces et irrésistibles. L'univers dépeint est bariolé, un peu criard, les créatures sont laides et vilaines. Une lecture simple, mais impayable. On se marre bien chez les monstres ! 

Casterman, juin 2016

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Les Rêves dans la Maison de la Sorcière, de Mathieu Sapin & Patrick Pion, d'après Lovecraft

Les rêves dans la maison de la sorcière

Étudiant en mathématiques, Walter loue une chambre de bonne chargée d'une histoire bien noire, puisque, deux siècles plus tôt, la vieille sorcière Keziah Mason y avait vécu en semant l'effroi et le scandale. Loin de paniquer, le garçon est intrigué par cette légende. Il est, de plus, convaincu d'avoir développé une sensibilité quasi surnaturelle, comme de percevoir plus que nettement les cavalcades des rats qui envahissent le grenier de la maison, ou de ressentir l'influence malfaisante qui gravite autour de lui. Walter va d'abord mettre son agitation sur le compte de sa fatigue, de la surcharge de travail et de la pression à l'université. Puis il réalise que ses rêves eux-mêmes vont outrepasser les bornes de la raison. Comme si la sorcière cherchait à entrer en contact avec lui.

Adaptée d'une nouvelle de H-P Lovecraft, cette bande dessinée impose un univers remarquable d'angoisse et d'épouvante. On y découvre un personnage qui fait des rêves hallucinatoires, de plus en plus effrayants, voire déstabilisants pour sa santé mentale, et qui ne cessent de l'aspirer dans la fameuse quatrième dimension (également le sujet de ses recherches). Mathieu Sapin a puisé du texte original toute la sève de ce récit fantastique méconnu pour permettre à Patrick Pion d'en dessiner la folie douce et l'affolement du garçon prisonnier de ses lubies paranoïaques et obsessionnelles. La technique des pages en noir et blanc, glissées exprès pour illustrer les nuits cauchemardesques de Walter, vient justement trancher avec l'opacité de la BD aux teintes crépusculaires. On tremble tout du long, entre peur et perplexité face à la chute implacable du héros qui sombre dans un délire poignant. Mais on absorbe tout en tournant les pages avec fébrilité. La lecture procure quelques frissons, elle séduit aussi pour son sens de la poésie et surprend pour son goût du morbide. Amateurs d'étrange et de surnaturel, cette plongée sensationnelle mérite bien qu'on y perd ses repères à tenter de décrypter la symbolique des rêves et leur emprise sur nos vies, au risque d'atteindre le point de non-retour et de basculer dans le gouffre des enfers. Une lecture terrible et saisissante !! 

“Étaient-ce les rêves qui avaient engendré la fièvre ou bien la fièvre qui avait engendré les rêves...”

Rue de Sèvres, Juin 2016

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Black Sands unité 731, de Tiburce Oger & Mathieu Contis

Black Sands

Tiburce Oger se fait scénariste pour le dessinateur Mathieu Contis, au service d’un thriller glaçant, inspiré de faits réels de la Seconde Guerre mondiale.

Alors que la guerre fait rage entre le Japon et les USA, des marines débarquent sur une île paumée du Pacifique, avant de se faire massacrer par une entité inconnue. Peu de temps après, un torpiller américain sera également coulé par un sous-marin japonais, laissant une poignée de rescapés. Ces derniers vont échouer sur la même île, pour rapidement déchanter. C'est avec eux qu'on va alors pénétrer dans la touffeur de cette jungle mystérieuse et pleine de dangers... Attention les yeux ! Palpitant dans le rouge. Émotions fortes garanties.

Car sur cette île, des zombies surgissent de nulle part, des civils sont séquestrés et livrés à des expériences dans un centre de recherches tenu par la Tokeitaï, la gestapo  japonaise ! Au cœur de ce méli-mélo improbable, un homme - Joseph Grégovitkz - va s'acharner pour lutter contre le destin et dynamiter ce projet fou. 

L'univers très sombre et opaque de la BD accentue l'orientation énigmatique et un peu glauque de l'intrigue. Les couleurs crépusculaires aussi viennent plomber l'ambiance. On avance à l'aveuglette dans l'histoire et on sursaute à chaque coin de page. C'est terrifiant, bien rendu. Une lecture qui tient en haleine et qui interpelle par son aspect authentique des faits rapportés (puisque inspirés de la réalité). 

Rue de Sèvres / Mars 2016

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08/06/16

Le Journal d'Aurore : Jamais Contente - Toujours Fâchée, de Marie Despleschin & Agnès Maupré

IMG_6490

Après le succès des Quatre Sœurs de Malika Ferdjoukh, c'est au tour des romans de Marie Desplechin d'être adaptés en bande dessinée ! Autant vous dire que le résultat est aussi génial et très réussi. Les sarcasmes de la jeune héroïne qui livre son quotidien dans un journal décapant trouvent donc une pleine mesure à leur talent, dans cet univers imaginé par Agnès Maupré, carrément actuel et branché, qui allie efficacement esthétisme, humour et tendresse. Oh yeah. Rappel de l'histoire : Aurore a quatorze ans et est élève en troisième au collège. Elle ne fiche pas grand-chose, récolte des mauvaises notes, s'en tamponne le coquillard, se sent incomprise par sa famille, et trouve parfois que sa meilleure amie Lola, sa voisine de palier, est une cruche patentée et qu'elle porte la frange comme un poney. Aurore pense être amoureuse de Marceau, puis détecte chez lui une attitude de mollusque, tombe de nouveau amoureuse en vacances, mais les factures téléphoniques auront raison de sa folle passion. Aurore n'a même pas droit à son chagrin d'amour et doit plier face à la tyrannie parentale. La vie est injuste. Pour affronter de telles hostilités, Aurore affiche une moue boudeuse et un air perpétuellement renfrogné. Elle aime aussi se moquer des autres, casser l'ambiance par ses sarcasmes, ternir toute idée du bonheur et claquer la porte du foyer familial pour s'installer chez ses grands-parents, dans une magnifique chambre rose saumon, avant d'envisager une fugue le soir de Noël. N'importe quoi. Mais on se délecte de ce portrait authentique d'une ado tout à fait ordinaire - fainéante, râleuse et insatisfaite. Certes, Aurore est pénible et tête à claques, elle tente d'exister ou d'attirer l'attention à grands coups de provocations gratuites... en pure perte. Mais derrière ses attitudes farouches, c'est aussi une jeune fille paumée, sensible, extrêmement attachante, qui ne manque jamais d'humour ni de dérision. Une lecture savoureuse à confier à tous les jeunes ados et à leurs parents pour sourire et dédramatiser ce cap soit-disant délicat à franchir.  ^-^

Rue de Sèvres, juin 2016

 

Aurore au jardin...

 

 

SOURCE : Agnès Maupré

 

Autre actualité : Sortie du film réalisé par Emilie Deleuze le 12/10/2016 [Bande-Annonce]

Mention Spéciale du Jury Generation, Berlinale 2016

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Aliénor Mandragore, Tome 2 : Trompe-la-mort, de Séverine Gauthier & Thomas Labourot

IMG_6486

Après les événements tragiques et mouvementés du tome 1 (cf. Merlin est mort, vive Merlin), Aliénor file un mauvais coton et s'inquiète pour la santé de son père qui s'obstine à snober l'Ankou et à s'enfermer chez lui pour veiller sur sa propre dépouille où une espèce rarissime de champignon vient d'éclore. Cette situation, en plus de la miner, inquiète sincèrement notre jeune héroïne, qui se confie à l'Ermite puis à son ami Lancelot. C'est d'ailleurs en sa compagnie qu'elle est témoin d'une prophétie lancée par Viviane, la Dame du Lac, et toujours avec lui qu'elle va partir dans une folle aventure, à dos de cochon. Une épopée cocasse et exubérante, qui finira par basculer dans une dimension plus sombre et poignante, sur les Monts d'Arrée ou dans un cimetière de dragons, pour une quête sans trêve et mystérieuse, cernée de dangers, avec en ligne de mire le collecteur d'âmes, l'Ankou, que seule la jeune fille a la capacité de voir et d'entendre. Des défis inimaginables attendent donc nos deux sympathiques héros, portés par le souffle romanesque de leur aventure, et qui se surprendront après coup d'avoir accompli des miracles annonciateurs d'autres prouesses légendaires ! Mais ceci est une autre histoire. 

Cette deuxième partie des aventures d'Aliénor Mandragore est autrement plus obscure et terrifiante, mais tout en se révélant enlevée et trépidante. La série ne cesse de se bonifier et trouve ici une âme plus solennelle et une touche plus mélancolique. Le cocktail est très, très bon. On s'embarque dans une lecture passionnante, finement illustrée, magnifiquement coloriée, capturée dans un univers riche et foisonnant, que les jeunes lecteurs auront également le goût de découvrir. C'est captivant, intelligent et drôle. Le trio gagnant ! 

Rue de Sèvres, juin 2016

IMG_6487

IMG_6488

IMG_6489

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


20/05/16

Les Rêveries d'un gourmet solitaire, de Jiro Taniguchi & Masayuki Kusumi

Les rêveries d'un gourmet solitaire

Magnifique ! Vingt ans après les pérégrinations du gourmet solitaire (qui bénéficie pour l'occasion d'une réédition) on retrouve ce cher Gorô qui, par son activité de représentant, voyage de ville en ville et s'en va toujours en quête de petites gargotes où il pourra manger seul et avec appétit. Car notre gourmet n'a pas usurpé son titre. Il aime tester de nouvelles expériences culinaires, retrouver d'anciennes saveurs et faire vibrer sa corde nostalgique. Il est curieux de tout, même si chacune de ses approches vers de nouvelles adresses se soldent aussi par un instinct de précaution et une brève hésitation. Pourtant, rarement notre homme sortira frustré de ses découvertes ! Et celles-ci seront toutes plus savoureuses les unes que les autres. Il faut le voir parcourir avec envie les cartes des restaurants, sélectionner ses mets et s'attabler avec excitation dans l'attente du festin. Avant de plonger avec voracité dans sa dégustation, il contemple toujours ses bols et ses assiettes avec admiration et appétence. Puis, il part à l'assaut. Il bondit, il avale, il goûte, il commente, il se remplit la panse jusqu'à n'en plus pouvoir. Une coutume, d'ailleurs, veut qu'au Japon certains restaurants font payer des pénalités si vous ne finissez pas votre assiette. Lorsque vous vous invitez chez quelqu'un, vous vous devez de lui faire honneur en ne laissant pas une miette du repas. C'est une forme de respect pour la nourriture et la personne qui la prépare. Aucun souci pour Gorô qui se repaît jusqu'à satiété et frise souvent l'orgasme gustatif. C'est épatant. On le regarde s'empiffrer avec délectation, on en salive presque derrière notre bouquin !  C'est comme s'il était « en roue libre dans le sésame, les feuilles de moutarde, le gingembre rouge, les nouilles râmen, la soupe et le riz, il nage dans l'épicurisme jusqu'à ne plus avoir pied. Les calories, les régimes, la retenue sont laissés sur le quai, c'est aussi pour cela qu'on l'aime. Il nous allège l'âme. » (postface de Yôko Hiramatsu)

Cet ouvrage montre combien la nourriture est aussi un art de vivre, en plus d'une nécessité terrestre. Les sensations, les émotions sont perceptibles, vivaces et sensuelles. Chaque repas relève d'un cérémonial très pointilleux, au-delà de la simplicité du bonhomme. C'est avant tout un esthète, en plus d'être un fin gourmet. Mais jamais snob. Gorô privilégie les petites cantines conviviales et familiales, qui ne servent pas d'alcool et qui respectent aussi bien les traditions tout en explorant des territoires méconnus. Lors de son passage à Paris, Gorô se rend dans un quartier populaire pour y déguster un couscous, où il retrouve les trois points qui font tourner son monde - du riz, un accompagnement et une soupe. « Quand ces trois piliers sont réunis, c'est Nippon où que vous soyez dans le monde ! »

Casterman, collection Écritures - mars 2016

« Je joue des baguettes avec application dans ma sériole et mon riz devient quintessence du repas. »

 

À signaler la parution chez Casterman, début juin, de L'art de Jirô Taniguchi

L'Art de Jirô Taniguchi

Jirô Taniguchi incarne à lui seul la diversité de la création en bande dessinée. Cet artbook est un panorama de cette diversité et un portrait de l'artisan qui se mue au fil du temps en Auteur au sens le plus fort du terme. Si les travaux du maître sont régulièrement exposés (d'abord à l'abbaye de Fontevraud puis à Angoulême et aujourd'hui à Versailles), son art demeure diffcile à définir. Ce livre paraît aussi pour mieux donner à voir l'alliance rare de retenue et d'efficacité, de délicatesse et de clarté, au cœur de l'œuvre de Jirô Taniguchi. (prés. de l'éditeur)

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21/04/16

Les Contes de la ruelle, de Nie Jun

IMG_6176

« Les contes de la ruelle » est une lecture magnifique et magique !

C'est l'histoire d'un drôle de duo, formé par la petite Yu'er et son grand-père Doubao. Celui-ci, facteur à la retraite, veuf, est un doux rêveur, qui aime partager sa fantaisie et raconter à sa petite-fille des histoires extraordinaires. Il n'hésite pas à la faire voyager et rêver pour oublier son infirmité (la petite fille ne peut pas marcher) et se sert généreusement dans le folklore de son quartier où vont et viennent des figures pittoresques et même imaginaires ! On trouve donc quatre petites histoires, qui s'emboîtent page après page, au gré de la lecture et de la découverte. L'ambiance est précieuse, féérique, fabuleuse et éclatante de bonheur. C'est comme ça qu'on plonge dans le passé de Pépé Doubao, ce jeune facteur passionné de beaux timbres, qui va tomber amoureux et raconter cette belle aventure avec des larmes aux yeux, mais on les écarquille également en découvrant le paradis des insectes pour écouter les premières notes du récital donné par un chanteur grillon, une fée papillon et un batteur coléoptère, avant de rencontrer le vieux Citrouille, un artiste peintre qui ne supporte plus les histoires rocambolesques de Pépé Doubao, probablement jaloux de son succès... Leur quotidien est ainsi raconté à la manière d'un conte de fée, fabuleusement mis en scène dans des décors de toute beauté et d'une grande sensibilité. C'est peu de dire que j'ai été sous le charme tout du long... Cette lecture m'a transportée dans un univers enchanteur et poétique, où je serais bien restée encore un peu.

Une formidable lecture, qui fait la part belle à l'amitié, l'amour, la complicité et aux rêves. À découvrir d'urgence. ♥

Gallimard Bande Dessinée, Mars 2016 ♦ Traduit du chinois par Qingyuan Zhao et Nicolas Grivel

IMG_6177

IMG_6178

IMG_6179

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

14/04/16

Poptropica, T.1 : Le Mystère de la carte magique, de Jack Chabert & Kory Merritt

Poptropica

Tout commence par un vol en montgolfière, à bord duquel Oliver, Mia et Jorge découvrent avec des yeux ébahis le paysage sous leurs pieds. Et puis, sans l'expliquer, tout dérape. Leur pilote à la mine patibulaire se saisit de sa montre et se lance dans une manœuvre insensée, tandis que la montgolfière ploie sous un ciel gris menaçant et affronte les éclairs d'un orage fracassant. Après quoi, l'accalmie s'abat sur eux mais le décor qui les entoure est méconnaissable : des îles paradisiaques, où grouille une jungle foisonnante. Les enfants sont éberlués et interrogent leur pilote. Seulement Octavien en a assez de ces mômes fouineurs et encombrants, il les pousse par-dessus bord. Hop, bon débarras ! Oliver, Mia et Jorge se retrouvent seuls sur une terre isolée et inhospitalière, peuplée d'espèces disparues, comme des dodos ou un tigre à dents de sable, une créature coriace et affamée, sans oublier une colonie de vikings sinistres et impitoyables. 

Mais quelle est cette étrange dimension dans laquelle notre trio doit composer avec toute leur ingéniosité, leur énergie et leur courage ! ? C'est tout le plaisir que nous réserve cette lecture riche et palpitante, inspirée d'après la série Poptropica, véritable phénomène sur internet, qui propose sur son site une quête fabuleuse, également instructive et distrayante, et réunit de nombreux participants. Cette version BD s'éclate en couleurs et selon un graphisme simple, mais très réaliste, ponctué de séquences rigolotes. Le cocktail est goûteux, plein de charme et surtout débordant de pep's et d'aventure. C'est l'auteur du Journal d'un dégonflé, Jeff Kinney, qui est également le concepteur du jeu vidéo, et qui parraine avec fierté ce produit dérivé, annonçant le début d'une série très prometteuse ! 

Découvrez le book-trailer ici :

https://www.youtube.com/watch?v=mZKuFNsiOR0

Bayard éditions pour la traduction française (Anne Delcourt) ♦ BD Kids, Avril 2016

♠♠♠♠♠♠

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

La Cantoche, T.1 : Premier service, de Nob

La cantoche

Une série qui allie la tendresse, l'humour, le vécu et les souvenirs d'enfance est toujours gage de découverte réjouissante ! La Cantoche ne fait pas exception à la règle : c'est frais, pétillant, farfelu. Le format est court, chaque page raconte une anecdote qui se finit dans un sourire, le rythme est soutenu, et la lecture défile en un clin d'œil.

Cela raconte donc la vie à l'école, durant l'intervalle mythique du déjeuner à la cantine, où l'on avale ses spaghettis comme dans le dessin animé ou on réclame une double portion de purée de brocolis pour mieux la lancer sur le voisin, on en sort le visage barbouillé de chocolat, l'estomac retourné ou la mine verte, on apprend aussi le concours de la banane, ou celui du rototo le plus rapide, on réclame son régime spécial, la double ration de frites, et on découvre la roue magique de Noël, dont le sort plus ou moins heureux vous distribuera un burger ou des choux de Bruxelles....

Les blagues se succèdent et assaisonnent joyeusement les histoires de ce recueil destiné aux plus jeunes (dès 7 ans). Une lecture qui met franchement de bonne humeur (et donnerait presque envie de s'inscrire à la cantine) !

Bayard éditions ♦ BD Kids, Avril 2016

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

12/03/16

Berlin 2.0, par Alberto Madrigal & Mathilde Ramadier

Berlin

Berlin a le vent en poupe et invite depuis des années des milliers de jeunes à tenter leur chance dans la capitale allemande, tous attirés par un niveau de vie abordable et sa frénésie ambiante. Berlin, vue de l'extérieur, est riche de promesses et de libertés nouvelles. Chacun a envie d'en être, d'y participer, de profiter de l'essor économique, de respirer son esprit sexy et rebelle. Margot, une jeune parisienne de 23 ans, vient donc de s'installer à Berlin, chez un ami libraire, souvent en déplacement, et ne doute pas une seconde de décrocher son premier job dans la culture. Elle se fond rapidement dans la masse, suit des cours d'allemand, multiplie les rencontres, sort dans des clubs et obtient aussi des entretiens d'embauche. Margot est une nana hyper motivée, elle accepte les stages sous-estimés, les longues heures à bosser pour tenir des délais scandaleux, les salaires de misère... Et donc, Margot mâche péniblement sa frustration et sa colère. Cette bande-dessinée se base d'après l'expérience de son auteur, Mathilde Ramadier, et nous livre une vision réaliste et quelque peu amère de la situation berlinoise. C'est sans tricherie, sans état d'âme, davantage une mise au point pour casser les clichés et torpiller le Mythe sacré du modèle allemand, lequel est loin d'être idyllique. Mais il ne faudrait pas non plus tout peindre en noir, car l'expérience berlinoise n'en demeure pas moins excitante, auréolée de glamour et de curiosité. Cette lecture cherche seulement à nuancer les rêves et les attentes, elle cajole les saintes illusions et veille aux désenchantements, pour au final tirer un bilan mi-figue mi-raisin de l'aventure outre-rhin, sans prétendre renoncer à vivre cette incroyable opportunité. Une perpétuelle contradiction qui rend cette lecture singulière et attachante. Comme Berlin. 😚

Futuropolis / Février 2016

   

Posté par clarabel76 à 15:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,