04/03/19

En poche ! Quand on s'y attend le moins, de Chiara Moscardelli

QUAND ON S'Y ATTEND LE MOINS POCKET

Chargée de communication dans une multinationale de la serviette hygiénique, Penelope Stregatti est loin de mener l'épanouissante carrière de journaliste dont elle rêvait ! Célibataire, sans enfant, accusant la bonne trentaine d'années, Penelope se plaint auprès de ses amis de sa quête impossible du grand amour. Elle a d'ailleurs créé un personnage imaginaire de toutes pièces, le comte Alberto Ristori, qui comblerait ses plus folles attentes et pallierait ainsi son désert affectif.

Un soir, en rentrant d'un cocktail arrosé, Penelope renverse à vélo un piéton qui semble incarner son mythe fantasmé. Conduit à l'hôpital, le type la rembarre et la laisse mijoter dans ses délires. La stupéfaction est alors grande pour Penelope qui apprend qu'un consultant, chargé de restructurer leur entreprise, débarque avec perte et fracas et qu'il ressemble trait pour trait à son inconnu rencontré dans la rue. Ce Riccardo Galanti nie la connaître et douche rapidement ses palpitations. Il l'embauche toutefois comme son assistante personnelle - un rôle peu enviable pour notre petite fourmi désormais complice du prochain plan de licenciement. Mais Penelope ne se laisse pas abattre, au contraire c'est une fonceuse, voire même une gaffeuse. Elle fonce bille en tête en suivant ses instincts et s'embarque dans d'incroyables péripéties, de Milan à Paris, qui nous la rendent ô combien sympathique.

J'ai pris un plaisir fou à suivre son histoire rocambolesque, conduite dans la joie et la bonne humeur, dans un esprit décomplexé et totalement déjanté. La lecture est 100% distrayante. Penelope Stregatti est, sans mentir, la cousine italienne de Bridget Jones ! Résultat, le roman est frais, drôle, excitant. Une vraie comédie pleine de suspense, d'émotion et d'humour qui va régaler les amateurs du genre. J'ai adoré. ♥

Pocket, 2019 - Trad. de l'italien par Renaud Temperini [Quando meno te lo aspetti]

 

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Follement (Lucy Valentine 1), de Heather Webber

Follement Lucy ValentineVoulant échapper au scandale, le père de Lucy Valentine lui confie les clefs de son agence matrimoniale et part se ressourcer quinze jours au soleil. Affolée, Lucy est désormais seule face à son destin : contrairement aux membres de sa famille, elle ne possède pas le fameux don qui permet de cerner les auras et d'associer les couples. À la place, elle peut deviner où se trouve un objet perdu rien qu'en touchant la personne en détresse. Et ainsi, en rencontrant un nouveau client, elle réalise que la bague confiée à sa fiancée disparue serait actuellement au doigt d'un squelette. Coincée avec son secret, Lucy mène donc sa petite enquête mais demande l'assistance de son voisin, Sean Donahue, un détective privé particulièrement séduisant.

Qu'espérais-je dans cette lecture ? Du divertissement. De la surprise. De l'humour. Des étincelles. Bingo. Ce petit roman tout à fait charmant et sans prétention en est plus que pourvu. On y trouve en effet une belle dynamique, des personnages attachants et moult relations en devenir. Étonnamment, l'auteure ne précipite pas les histoires d'amour et donne rendez-vous dans les prochains épisodes pour suivre leur évolution. Bien sûr, on sait d'avance qui craque pour qui - Sean a ouvertement avoué son attirance et Lucy a eu un flash insinuant qu'ils finiraient ensemble dans un lit. Si j'ai d'abord craint que cela nuirait aux jeux de séduction, j'ai vite été rassurée par la complicité de notre tandem. Et puis Lucy est sur ses gardes, convaincue d'être frappée de la malédiction de Cupidon depuis toujours.

Cette série, traduite en 2014 par les éditions J'ai Lu, a su combiner plusieurs genres : la comédie, la romance, l'enquête policière et la touche fantastique. La lecture est agréable et donne envie de poursuivre plus loin l'aventure. Pour un premier tome, le pari est donc réussi.

J'ai Lu (2014) - traduit par Élisabeth Luc

titre VO : Truly, Madly

 

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28/02/19

En poche ! Un amour imprévu, de Teri Wilson

Attention ! Ce roman compile deux titres préalablement parus en 2015 et publiés respectivement sous les titres de : Darcy, what else ? et Just Juliette.

Un amour imprévu teri wilson

Dans « Monsieur Darcy », Elizabeth a tiré un trait sur les hommes et le mariage. Seule Bliss, sa chienne adorée, est digne de son amour. D’ailleurs, c’est elle qu’elle a choisi d’emmener à Londres pour commencer sa nouvelle vie de nounou de chiens de concours. Mais, sur place, rien ne se passe comme prévu lorsqu’elle croise l’arrogant, désagréable et odieusement sexy Donovan Darcy. 

Quelle déception. Cette réécriture trop romancée d'Orgueil et préjugés manque de subtilité, de finesse, de charme et de crédibilité. Car il y a d'emblée un couac entre l'attitude guindée des personnages (ou le prétendu rôle qu'on cherche à leur donner) et leur penchant sexuel qui submerge leurs émotions. Oui, on en est là ! L'adaptation est alors bancale et passablement risible. De plus, toutes les scènes se passant autour du concours canin sont à côté de la plaque. Le trait est forcé, le héros est tout sauf sexy. Même Elizabeth est décevante - soupe au lait et envieuse. On a connu mieux !

Cette lecture a manqué de saveur et d'humour, les personnages n'ont aucune charisme, bref rien pour sauver cette intrigue qui s'accroche désespérément aux grandes lignes du classique de Jane Austen sans en saisir l'essence même !

Au contraire, « Mademoiselle Juliette » se révèle une bluette charmante et délicieuse, qui ravit autant les papilles que les zygomatiques. La lecture est aussi goûteuse et sucrée qu'une tasse de chocolat qu'on avalerait sans se soucier des kilos superflus. Du plaisir coupable sur toute la ligne.

La vie de Juliette est dictée par deux commandements : vénérer le chocolat et mépriser la famille Mezzanote. Pour le premier, aucun souci : le chocolat est sa passion. Pour le second, ça se complique. Car si son père honnit ces « parvenus » de Mezzanote, elle-même n’a rien à leur reprocher. D’ailleurs, ces histoires commencent à l’ennuyer. Et si, pour une fois, elle mettait ses contraintes familiales de côté ?  Elle décide alors de se rendre à un bal masqué pour faire la fête en tout anonymat et bousculer les conventions. 

L'histoire est simple, mais adorable. Sans surprise, sans la moindre aspérité. Juste quelques soubresauts en cours de route, qui ne feront pas dévier la piste non plus. On a là du romantisme pur et simple pour une jolie histoire d'amour incluant des personnages attachants. Un rappel à Shakespeare, mais de très loin. Tout est onctueux, ça colle aux doigts mais on s'y noie en buvant sa honte. Autant vous dire que c'est délectable ! Je recommande.

PS : Je n'aime pas cette couverture ! :(

Harlequin (2019) - format poche : 8.90€

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L'amour ne vit qu'obscurément, Brianna Wolfson

L'amour ne vit qu'obscurément

Willow et son frère Asher naviguent entre deux maisons, deux trains de vie diamétralement opposés. Chez leur père, les listes de corvées sont placardées sur les murs. Il est interdit de sauter sur les canapés. Impossible d'obtenir un câlin les soirs d'orage. Alors que chez leur mère, place à la fantaisie, aux éclats de rire et aux nuits blanches. On avale des pizzas et des bonbons devant la télévision. On regarde en boucle le film préféré de maman et on oublie le réveil du matin pour se rendre à l'école. Depuis toujours, un lien fort unit la mère et la fille. Et Willow voue à Rosie une admiration sans borne. Toujours débordante de peps, de joie et d'amour. Rex aussi était tombé sous le charme de cette tornade de vie et de couleurs, avant d'abdiquer face au mal qui la ronge insidieusement.

L'histoire va ainsi révéler les hauts et les bas d'une histoire attachante et désarmante de tendresse. En alternant les ressentis de Willow et la relation tumultueuse des parents, racontée en flashback, elle nous fait partager des moments d'émotion d'une rare intensité. Car la maman de Willow sombre peu à peu dans son coin. Sentant la menace grandir, la fillette s'isole et prend peur. Elle tient aussi à distance son père, méthodique et rigoureux en apparence, mais profondément soucieux du bien-être de ses enfants, sauf que la petite fille est trop ébranlée dans ses certitudes pour l'admettre.

Ohlala. J'ai été agréablement surprise par ce roman. Totalement prise au dépourvu par son histoire bouleversante et néanmoins très douce, très poétique. Au-delà du chagrin, des larmes et de la détresse, on a surtout l'amour inconditionnel du papa qui perce entre les lignes et nous touche en  plein cœur. C'est maladroit - Rex est un homme bourru et affreusement guindé - et pourtant tout sonne viscéralement sincère. Moi qui m'attendais à une chronique légère et farfelue, j'ai finalement découvert une histoire profonde sur l'amour fusionnel et dévastateur. Sur les émotions contradictoires, sur le besoin d'attention, les S.O.S muets et le sentiment de trahison. Tout ça, tout ça, et plus encore. Quelle belle rencontre, en somme. J'ai beaucoup, beaucoup aimé.

HarperCollins, 2018 - traduit par Thibaud Eliroff

Titre VO : Rosie Colored Glasses

Parution en POCHE en AVRIL 2019

l'amour ne vit qu'obscurément poche

 

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21/02/19

Ton âme sœur (ou presque) (Blue Heron 5), de Kristan Higgins

Ton âme sœur ou presqueDernier tour de piste pour les habitants de Manningsport. Parmi cette chaleureuse communauté, le sort de Connor O'Rourke nous tenait à cœur. Le jumeau de Colleen, copropriétaire du bar en ville, réputé pour son caractère d'ours mal léché, a coutume d'affoler les pronostics pour connaître l'élue de son cœur.

En vérité, notre homme se consume d'amour pour la belle Jessica Dunn, dont il est fou amoureux depuis ses douze ans. Ils se voient en cachette mais passent leur temps à se séparer car Jess n'est pas prête à s'investir dans une relation sérieuse. Du moins, elle prend pour excuse son jeune frère Davey, qui souffre d'un retard mental et qui déteste Connor. Celui-ci fait preuve de patience et d'écoute auprès de sa douce, mais cette situation lui devient de plus en plus insupportable. Après sa demande en mariage et la rebuffade de trop, Connor a décrété qu'il arrêtait les frais. Terminé. Il a besoin de construire sa vie autrement. À prendre ou à laisser.

Autant dire qu'en lisant cette présentation, je n'avais PAS DU TOUT envie de me plonger dans cet épisode. La longue valse des hésitations, au secours. Mes craintes ont donc été fondées car l'histoire m'a semblé tellement triste et plate. D'entrée de jeu, les dés sont pipés. Le couple se connaît déjà et tourne autour du pot. Aucune séduction à venir, aucune interaction malicieuse. Ça sent le froid sibérien. Soupirs. Très vite, les complications que s'inventent Jessica pour freiner sa vie sentimentale s'avèrent agaçantes. La romance impossible, le couple qui s'aime et se quitte, inlassablement, non merci. C'est une rengaine insupportable et peu émoustillante. C'est comme un vieux plat réchauffé, dont on relève la saveur avec quelques épices, sauf que ça reste fade en bouche. Au fond, c'est un peu dommage de terminer une série aussi affriolante sur une note aussi contrariante. L'auteure ne propose rien dans ce roman, elle joue concrètement les prolongations. Cela reste mon sentiment personnel car évidemment l'ambiance de Blue Heron est rayonnante de gaieté et de bonne humeur. Elle nous imprègne et nous inonde de bonnes ondes. Une juste compensation pour nous faire oublier cette sensation de rendez-vous loupé avec Connor (un sombre idiot, tout de même, quand on songe à sa réflexion après sa première nuit avec Jess... ohmygod). J'attends d'autres romans de Kristan Higgins, the one and only, pourfendeuse à jamais de lectures onctueuses et qui rendent heureux. Merci Audible Studios pour cette exclu. #wewantmore

©2018 HarperCollins pour la traduction francaise. Traduit par Marie Lauzeral (P)2018 Audible Studios

Bonne interprétation des deux comédiens, avec une préférence pour Lou Broclain, sensible et attachante. Le hic avec son partenaire masculin, ce sont les voix féminines (Jessica ou Colleen... non mais franchement). Bémol aussi pour Davey qu'on fait passer pour un môme alors qu'il a 26 ans (ok il souffre d'un retard mental mais il n'est pas débile non plus). Bien entendu, ça reste une excellente idée d'avoir plusieurs intervenants dans ce genre d'exercice. L'écoute globale a été très agréable, bravo.

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18/02/19

Charmant, de David Safier

Charmant audibleDéprimée après la trahison de son petit copain, Nellie Oswald perd un peu la tête en dérobant un vieux carnet lors d'un vernissage. C'est au moment de croquer le portrait de son prince charmant qu'elle réalise que ce carnet est magique. Sitôt son dessin exécuté, le dénommé Rétro d'Amanpour lui fait face. Et il n'est pas content du tout.
Le type porte cotte de mailles, pantalon de cuir, bottes, cape en fourrure et épée. Il croit dur comme fer à son histoire de royaume perdu, de compagnons en déroute et de quête à mener à terme. Il est abasourdi par le monde qui l'entoure, trouve Nellie incongrue et parle droit devant lui. Il n'a aucun filtre, aucune limite, d'où certaines situations embarrassantes.
La situation est également tendue pour Nellie qui doit se dépatouiller de cette galère en courant dans toute la ville pour échapper à des mercenaires, fuir la police et sauver le monde. Voilà, voilà. C'est un peu la joyeuse pagaille dans cette histoire, mais on a désormais l'habitude avec David Safier, l'auteur de Maudit Karma.
La lecture est loufoque, au ton enlevé et à l'ambiance bon enfant. Ça part souvent dans tous les sens, c'est excessif et improbable. Pourtant on passe un bon moment car c'est du pur divertissement, sans prise de tête. On savoure les nombreuses références à Harry Potter, Star Wars ou Hunger Games. On redécouvre également le potentiel héroïque de Donald Duck. Car l'héroïne est calée en pop culture et en comics. Et tant d'autres surprises encore...
La lecture faite par Pascale Chemin est pertinente et très agréable à écouter (elle chante vraiment La Macarena !). En gros, c'est t
rès sympa, même si c'est loin d'être sensationnel. Pour une aventure comique et distrayante à souhait, c'est tout  bon.

©2019 Presses de la Cité. Traduit par Virginie Pironin. Titre original : Traumprinz (P)2019 Audible Studios

 

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15/02/19

N'y pense même pas ! (Blue Heron 4), de Kristan Higgins

n'y pense meme pasRetour à Blue Heron, bastion viticole de la famille Holland. J'appelle à la barre le représentant mâle de la fratrie, à savoir Jack : LE héros de Manningsport, depuis qu'il a sauvé un groupe d'adolescents victimes d'un grave accident de voiture.

Seulement, tous ignorent que cet évènement reste pour lui traumatisant. Accablé de reproches par la famille du conducteur, plongé dans le coma, Jack a le sentiment du devoir non-accompli. Ignorant son désarroi, ses sœurs l'encouragent dans une nouvelle relation pour oublier les spectres de son divorce. Justement, l'agent Neal cherche un partenaire pour l'accompagner au mariage de son ex. Emmaline n'est certes pas une jouvencelle en détresse : collègue de l'inoubliable Levi Cooper, elle est sexy, indépendante et coriace. Après une rupture difficile, elle aussi a mis son cœur en garde contre tout emballement inutile. Ne plus prendre de risques, ne plus tenter le diable. Elle a déjà donné dans les chagrins d'amour.

Sonnez les trompettes, deux cœurs brisés en quête de pansement sont en approche ! Kristan Higgins est la reine des romances onctueuses et guillerettes, toujours agréables à ingurgiter. Encore une fois, la recette a fait des miracles en dépit d'un casting en demi-teinte : je n'ai absolument pas succombé au charme de Jack, beaucoup trop atteint du syndrome de superman. L'histoire s'attarde sur les parasites autour du couple, se concentrant moins sur l'alchimie, à part la séquence à Malibu qui est rigolote et émoustillante, le reste est assez plat. #frustration. Le personnage d'Emmaline est attachant (ce qui coïncide avec ma très bonne appréciation de la lecture faite par Gaëlle Billaut-Danno) alors que son alter ego, interprété par Nicolas Djermag, est plus long à convaincre. On sent qu'aucun des deux n'a eu connaissance des épisodes précédents car les voix des personnages secondaires ne collent pas du tout. Par contre, excellente initiative de proposer deux comédiens pour ce roman (je n'en pouvais plus des travestissements risibles). C'est nettement plus cohérent. Reste maintenant un dernier rendez-vous, cf. Ton âme sœur (ou presque). Danse de la joie dans la maison.

©2017 HarperCollins pour la traduction francaise - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Lauzeral (P)2018 Audible Studios

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12/02/19

Avec des Si et des Peut-être, de Carène Ponte

Avec des Si et des Peut êtreMax enseigne le français dans un lycée et se désespère de partager sa passion pour les auteurs classiques à des élèves qui pensent Stromae, Christian Grey ou Bella Swan à la place d'Anna Karénine ou Emma Bovary. Elle est convaincue d'être passée à côté d'une grande carrière de journaliste, à cause d'une foulure à la cheville le jour de son concours. Elle s'épanche donc auprès de ses copines ou de sa sœur. Avec des si et des peut-être... on connaît la chanson. Un soir, en écoutant une émission de radio, elle surprend le discours d'un écrivain sur les vies parallèles. Le lendemain matin, bim bam boum, elle plonge dans la quatrième dimension : une toute nouvelle vie s'offre à elle, en somme sa vie rêvée. Maxine tombe des nues mais va profiter de l'occasion à fond.

Troisième roman que je lis de l'auteure, avec déception à la clef. On a d'abord une trame romanesque peu folichonne (comme Lexi Smart a la mémoire qui flanche de Sophie Kinsella, hélas peu transcendant également). À croire que j'ai un blocage sur le concept, car je n'ai pas été convaincue par cette nouvelle lecture. Histoire trop courte, qui survole son propos, beaucoup trop de clichés, de situations rebattues, héroïne immature, un tableau familial bancal (les parents ont mis les voiles sans rien expliquer à leurs enfants), dénouement hâtif et convenu. Hmmm. Côté technique, la voix n'est pas désagréable à écouter mais l'interprétation sonne trop sirupeuse et agaçante. C'est le rôle, après tout. Et puis ça aurait été sympa que la lectrice chante aussi quand Maxine se met à pousser la chansonnette (souvent, d'ailleurs). Non, vraiment. Ce n'était pas un rendez-vous pour moi, car ça m'a semblé tellement creux et superficiel. Je suis déçue. 

©2018 Éditions Michel Lafon (P)2019 Lizzie

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11/02/19

La nouvelle vie de Kate Reddy, par Allison Pearson

La nouvelle vie de Kate ReddyQuel électrochoc, cette lecture ! Dans le sens, authentique et sincère pour sa radiographie de la femme dans une société qui la désire éternellement jeune et performante. Gloups. Tout sonne tellement vrai, tellement juste et tellement sensé. Au-delà de la comédie enjouée et distrayante, il y a donc une grande part de sincérité dans les divagations de notre héroïne. Accrochez-vous.

Pour Kate Reddy, bientôt 50 ans, mariée et mère de famille, la roue tourne comme marée en carême. Entre ses deux adolescents plongés dans les affres de la puberté (popularité, réseaux sociaux, apparence, clan, défis idiots, jeux vidéo) et son mari en pleine reconversion professionnelle, Kate surnage. Contrainte de reprendre le boulot pour maintenir le navire à flot, elle fait alors face à un gouffre immense. On fait comment pour revenir sur le marché quand on a tout plaqué pour torcher les mômes et les parents séniles ? On rejoint une association de Revenantes. On ment sur son âge. On redouble d'efforts pour ne pas vendre la mèche. On jongle entre rendez-vous et autres joyeusetés, en espérant aussi ne pas sombrer dans la folie. On analyse avec amertume et acuité le monde qui nous entoure, la compétitivité acharnée, la phallocratie ambiante, le corps qui lâche, les bouleversements hormonaux, les désordres amoureux, le retour du grand amour et le rappel à la raison. Tout, mais vraiment TOUT, dans ce roman sent le vécu, le concret, le juste, le conforme au réel. C'est même parfois flippant... D'un autre côté, il y a une telle énergie chez Kate Reddy, une volonté de fer et un humour caustique, si bien qu'on sourit pas mal en oubliant les tracas. Par contre, c'est un gros bouquin de 580 pages donc presque 15 heures d'écoute en livre audio, c'est bon mais un peu long (juste la fin qui me semble un peu poussive), même si ce n'est pas désagréable non plus de passer tout ce temps avec Kate. Il faut dire que sa vie est bien remplie et qu'on peste comme elle contre cette sensation d'être toujours le pivot central (ras-le-bol parfois). Du coup, on se défoule et on adore râler contre les coachs de vie qui prônent le foie gras végétal, contre les jeunes loups aux dents longues qui se moquent de Madonna, contre les belfies, contre les services clientèle tatillons, contre les démons de minuit ou contre les tapis de yoga qui ne servent à rien. En tout cas, on a tous en nous quelque chose de Kate Reddy... ce n'est pas notre ami Johnny qui dirait le contraire ! Voilà une lecture qui vous booste et vous donne envie d'enfiler les cuissardes pour jouer la choré de Beyoncé. Après tout... ♫♪ Who run the world ? ♪♫

©2018 Le cherche midi, pour la traduction française / Titre original : How Hard Can It Be ? / Traduit par Julie Sibony (P)2019 Lizzie.

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25/01/19

La première fois qu'on m'a embrassée, je suis morte, de Colleen Oakley

La première fois qu'on m'a embrassée je suis morteJubilee Jenkins souffre d'une allergie rare, celle du contact humain, un simple toucher a un effet cataclysmique. Depuis toujours, sa vie est tout sauf normale, elle vit seule, dans sa maison qu'elle n'a pas quittée en neuf ans, entourée de piles de bouquins. Elle reçoit tous les mois une pension versée par sa mère mais comprend que son monde va chavirer en apprenant son décès. Non seulement elle doit sortir de chez elle, trouver du boulot, parler aux autres, mais elle traîne encore une honte qui lui colle à la peau depuis le lycée, d'où la sirène d'alarme, panique à bord, etc.

Elle va néanmoins gérer au mieux tous les obstacles et décrocher un poste à la bibliothèque où elle fera la connaissance d'Eric. Il ne sait rien de ses problèmes, croit qu'elle est seulement excentrique et tombe sous le charme. Certes, sa vie à lui aussi est complètement bordélique : il est divorcé, fâché avec sa fille et tuteur du fils de ses meilleurs amis récemment décédés. En voulant se réconcilier avec son ado revêche, il se met à lire tous ses romans fétiches et rencontre Jubilee déguisée en Emily Dickinson. Et comme dirait Johnny, cette fille-là, mon vieux, elle est terrible.

N'imaginez pas une romance classique, mais davantage une histoire d'émotions et de sentiments, une histoire de complicité et d'apprivoisement, une histoire de tendresse et de sourire. Et c'est tout bon. J'ai craqué pour cette belle aventure de 500 pages, pour toutes ses incohérences et ses étrangetés, parce que l'allergie de Jubilee n'existe pas mais ses effets relatent l'isolement lié à la peur avec volonté d'en sortir pour profiter pleinement de la vie. Comme tout le monde est en plein chaos dans ce livre, le rythme est lent et fait place à de l'observation. Ça fonctionne vraiment bien car j'ai beaucoup aimé prendre le temps de connaître les uns et les autres, de cerner leurs attentes, de partager leurs humeurs et leurs envies, d'assister aux premiers rapprochements. C'est simple mais très touchant. Par contre ça se termine un peu n'importe comment, j'ai bien failli brandir ma pancarte à l'imposture avant de retourner me coucher rassérénée. Un joli petit roman, doux et fantasque.

Milady (2018) - traduit par Alix Paupy

Titre VO : Close Enough To Touch

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