22/07/09

Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! ~ Isabelle Alexis

je_nirai_pas_chez_le_psyDeux femmes se rendent, le même jour, dans un studio de télévision. L'une doit passer un entretien d'embauche, l'autre est invitée à une émission littéraire à propos de son livre. Une histoire d'amour et de rupture, intitulée Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! Mais au moment de passer à l'antenne, il y a une épouvantable confusion et c'est Juliette, à peine trente ans, chômeuse et consciente du quiproquo, qui se voit discuter du bout de gras sur sa relation avec un député au comportement goujat. La cata ! Loren Abysse, l'auteur spolié, rue dans les brancards mais c'est trop tard. En prime, elle récolte des excuses et une nouvelle admiratrice très pot-de-colle.
C'est clair, Juliette ne quitte plus Loren. Elle est fascinée par l'écrivain, par son sens de créativité et d'imagination. Ensemble, elles passent une nuit de folie à danser, boire et se bécoter.
Le lendemain, c'est la douche froide. Juliette rentre chez son petit ami, se dispute avec et lui défonce le crâne. Ni une ni deux, elle supplie Loren de l'aider à masquer son crime, car elle plaide non-coupable mais perd les pédales.
Au rayon chick-lit haut de gamme, je demande une aventure cocasse doublée d'une comédie policière et j'obtiens un roman déjanté, dans lequel on suit deux femmes qui n'ont pas leur langue dans la poche et qui tentent par tous les moyens de se dépatouiller avec un corps, la police, un maître chanteur et leur conscience.
Il n'y a franchement rien de crédible dans l'histoire, c'est truffé d'aberrations et d'inepties, les héroïnes sont deux têtes à claques insupportables, mais finalement c'est ce qui rend cette lecture divertissante et proche du lecteur !
J'ai bien aimé, par exemple, lorsque les nanas font référence à des feuilletons américains (Les Experts ou FBI Portés disparus) pour situer leur cas, c'est dire l'influence de la télé et le manque de discernement des demoiselles.   
Un niveau de tolérance maximale est donc demandé pour celui ou celle qui se penchera sur ce livre, spécialement voué à la détente. C'est drôle, oui, ça ne mange pas de pain, non. Mais j'avoue qu'il n'aurait pas fallu dépasser les 300 pages, sous peine d'indigestion.

Albin Michel, 2009 - 278 pages - 18,50€

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21/07/09

Un amour vintage ~ Isabel Wolff

un_amour_vintageIl y a des romans, on le sait, qui ne marqueront pas les annales de la littérature, et pourtant on leur voue une franche reconnaissance du fait d'exister, pour la sensation de confort qu'ils procurent. "Un amour vintage" d'Isabel Wolff en fait partie. Je m'attendais à un roman dans la veine de la "chick-lit" et finalement j'ai été surprise du résultat, l'ensemble est beaucoup moins volage qu'il n'y paraît.
C'est l'histoire de Phoebe Swift qui démarre une nouvelle vie en ouvrant une boutique de vêtements vintage à Blackheath. Elle a trente-trois ans, elle vient de plaquer son fiancé à qui elle reprochait la mort de sa meilleure amie. Très vite, et grâce à l'article de Dan, un journaliste habillé comme l'as de pique, son Village Vintage connaît un bel essor, la clientèle est au rendez-vous et la jeune femme ne sait plus où donner de la tête. Elle embauche une actrice sans emploi, Annie, pour la seconder et court les salles de ventes pour grossir sa collection. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Miles, un avocat qui frise la cinquantaine, veuf et père d'une adolescente de seize ans.
Dans le même temps, elle reçoit le coup de fil d'une vieille dame malade, Mme Bell, qui désire se délester de sa garde-robe. Une connivence s'installe entre les deux femmes, Phoebe est poussée à la confidence et reçoit en retour le témoignage émouvant de son aînée, laquelle lui confie une histoire qui lui rappelle étrangement la sienne.
C'est évident que ce roman est constitué de ficelles disgracieuses qui forment un noeud grossier, le lecteur n'est pas dupe du chemin qu'il emprunte, toutefois cela demeure un agréable traquenard. De suite, je l'avoue, il y a un paquet de maladresses dans ce livre, comme de rendre les clientes toutes plus sympathiques les unes que les autres, d'offrir un éventail de toilettes providentielles ou d'insister fâcheusement sur l'âge de Miles, quarante-huit ans et déjà l'impression d'être poussé dans les orties, c'est rude ! La rencontre avec Mme Bell aussi sonne terriblement romanesque, et je peux encore allonger la liste des points fâcheux mais cela semblerait incompréhensible, alors, d'affirmer que j'ai beaucoup aimé ce roman.
Car, oui j'ai beaucoup aimé. La passion du vintage de Phoebe Swift est belle, admirable. Elle pourrait convaincre les plus réfractaires, ceux qui ne saisissent pas le sens des (belles) choses qui ont déjà vécu et qui sont porteurs d'une histoire secrète. Je ne m'aventure pas sur ce terrain, mais je vous invite à découvrir la passion communicative de Phoebe. C'est franchement excitant. Et puis je me pose beaucoup de questions sur ce livre, des questions essentielles (rires), comme de savoir à quoi ressemblent ces fichues robes "cupcake" qui sont constamment citées dans l'histoire et qui rendent les femmes "heureuses".
A bon entendeur.

JC Lattès, 2009 - 410 pages - 20€
Traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu

L'avis de Lily

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18/05/09

Une (irrésistible) envie de dire oui ~ Meg Cabot

une_envie_de_dire_ouiToujours la même recette gagnante : Heather Wells, ex-lolita star de la pop, ruinée par ses parents, reconvertie dans une vie plus sage et rangée, exit le fiancé volage, désormais notre héroïne fétiche promène son chien, est hébergée par le frère de son ex, a pris quelques kilos superflus, griffonne des textes de chansons en toute discrétion, et gagne sa croûte en travaillant à Fischer Hall où depuis quelques mois les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas. La résidence a gagné le titre peu honorable de Dortoir de la Mort, et la réputation se confirme quand Owen Veatch, le nouveau boss, s'effondre en buvant son café. La police est toujours aussi peu efficace, Heather y met son grain de sel, chaperonnée par Cooper Cartwright, son bon samaritain, détective privé de son état, et très, très sexy. Heather a le béguin mais le type a décliné ses avances pour des raisons tordues mais justifiées (cf. le tome 2), du coup notre héroïne vit une autre histoire d'amour... avec Tad, son prof de maths rencontré depuis peu, qui aime le footing et la nourriture bio. Mais cette relation pourrait bien être le déclic pour d'autres révélations, surtout lorsque Tad, affublé d'une horrible queue de cheval blonde, beurk, s'apprête à lui faire sa demande. Quelle demande ?!
Pour l'enquête policière, on repassera. Ce n'est pas ce qui franchement retient l'attention, mais intéressons-nous davantage aux rapports entre Heather et les hommes de sa vie. C'est irrésistible, romantique et craquant. J'ai cru comprendre que ce livre bouclait la série avec Heather Wells comme héroïne, d'un côté c'est dommage, juste au moment où ça décollait enfin chez notre couple fétiche, mais d'un autre côté toutes les bonnes choses ont une fin, il faut savoir dire stop pour éviter de tomber dans les répétitions saoulantes. Et puis on a fait le tour, maintenant on devine l'avenir.
Voici tout à fait le genre de lecture dénuée de matière grise, mais qu'est-ce que ça fait du bien aussi ! A considérer comme une lecture-pansement, ou une lecture pour la détente, pour se faire plaisir, pour Meg Cabot aussi, un auteur dont l'actualité se renouvelle sans cesse, n'hésitez pas : les options ont le champ large ! 
Et ma foi, cette couverture est tout de même délicieusement kitsch !

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 318 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Florence Schneider

Pour retrouver Heather Wells : 

29/04/09

Chouette, une ride ! ~ Agnès Abécassis

Dix ans dans la tête, ça fait dix ans que je te guette, ma première ride... Dix ans c'est flippant, comme le premier cheveu blanc.

Dix ans plus mon âge, j'encaisse encore davantage, ma première ride... Rien n'est comme avant, teinture, pot d'crème, traitement... voilà ma première ride.

chouette_une_ride

Anouchka Davidson est auteur (célèbre) de romans d'épouvante, elle travaille chez elle, mais elle commence à s'ennuyer ferme. Ras-le-bol du ménage, de la cuisine, des enfants et du mari, Anouchka a trente-six ans, et elle comprend par des remarques mesquines que le temps file à ses côtés et qu'elle ne s'en est pas rendue compte. Il est temps de changer de peau, en profitant d'une invitation pour un mariage, Anouchka s'envole avec son amie et voisine Clotilde pour des petites vacances relaxantes, ou revitalisantes, du moins le croit-elle.

Ne vous attendez pas à une recette miracle, sauf celle de se dire que le rire est la meilleure arme pour sauver toute situation critique ! Les frasques d'Anouchka, jeune femme moderne, bavarde, pleine d'énergie, sont racontées avec beaucoup d'humour et d'insouciance. Comme elle, on se pose les mêmes questions sur le temps qui passe, sur le quotidien qui vous englue dans sa routine, sur les enfants qui grandissent et deviennent des ados indécodables, sur la légèreté de paraître, sur le constat flippant, un matin, de se réveiller avec cette ride aux yeux, et de vouloir vous reprendre en main, vous offrir une escapade pour chasser la morosité qui vous gagne !

La solution offerte : se dire qu'il n'existe pas d'âge meilleur qu'un autre, que chaque décennie comprend son lot de bonnes et mauvaises choses, le principal serait juste de vivre l'instant présent et d'apprécier son âge comme une cadeau du ciel ! (Promis, demain je m'y mets !)

Blague à part, j'ai trouvé ce roman distrayant, même si l'héroïne est parfois saoulante, avec des situations qui traînent un tantinet en longueur, mais cela n'a nullement gâché mon plaisir. J'ai ri, n'est-ce pas le principal ?   ;o)

Mon mantra du moment : « En quoi une petite ride empêche-t-elle de vivre ? L'âge n'est pas une maladie, au contraire, c'est la récompense d'être parvenus à exister. »

Calmann-lévy, 2009 - 255 pages - 17€

Le site de l'auteur : http://www.agnesabecassis.com/  (qui déjà donne le ton)

l'avis de Loulou 

Des petites chansons qui me collent à la peau... :)

 

07/04/09

La mode est au rouge sang - Valerie Stivers

mode_au_rouge_sangLe temps d'un été, et sous la pression de sa tante Victoria, Kate McGraw accepte un poste de stagiaire au sein du prestigieux magazine de mode, Tasty. La jeune fille, future étudiante de médecine à Brown, déteste la mode et tout ce qui s'y approche. Elle a certes un don pour la création, mais cela lui rappelle trop sa mère Eva qui a mystérieusement disparu.

Son entrée dans la gigantesque tour noire aux vitres teintées fiche un frisson, et Kate s'y sent pataude et inadaptée. Son look vintage cloche, du moins le pense-t-elle à force de scruter ses collègues toutes plus filiformes les unes que les autres, totalement lookées et vêtues de noire, et d'une beauté glaciale mais fascinante. Pour le lecteur, avisé par le titre et la couverture (un peu moche), il n'y a aucun doute possible sur la double facette des employées de Tasty. C'est un nid de vampires ou je ne m'y connais pas !

En attendant, on reste un peu sur la touche, à suivre les pérégrinations de la narratrice, alias Kate, qui a vent des rumeurs mais pense, au début, qu'il ne s'agit que de remarques imagées. Elle commence sérieusement à s'inquiéter lorsqu'elle est témoin de crimes dégoûtants (un chien vidé de son sang et abandonné dans un placard, ou des filles retrouvées mortes au cours des soirées vip...). Petit à petit, elle regroupe certains détails (interdiction stricte de servir de l'ail à la cantine, toutes les filles du magazine ne boivent qu'un jus visqueux qui passe pour du jus de betterave, au matin les bureaux sont vides, ou on y trouve d'étranges caisses en bois qui ne sentent pas la rose, et ce sont tous d'infatigables noctambules, sur qui les traces du temps n'ont vraiment aucune emprise !).

La rédactrice en chef n'est pas sans rappeller une certaine Miranda Priestly (cf. le roman de Lauren Weisberger). On est proche du Diable s'habille en Prada, simplement dans l'idée (une patronne effrayante, une jeune stagiaire innocente), mais comme l'indique le titre et la couverture du livre de Valérie Stivers on devine ici qu'on a affaire à des buveurs de sang ! Pas de mystère défloré. L'intrigue reste aguicheuse, bien tendue sans filer de sueurs froides, car cela reste de la lecture de divertissement. La narratrice, et héroïne, est une jeune fille moderne, naïve mais pas idiote. Ses questions apportent le cheminement nécessaire pour alimenter la tension et les énigmes qui fleurissent ci et là dans le roman.

Au final, on a un livre correct, léger, pas mémorable mais tout indiqué pour les vacances et la détente. 

Fleuve Noir, avril 2009 - 14,90€

 


23/12/08

La vie est un arc-en-ciel - Cecelia Ahern

51sWn5PtvrL__SS500_Je n'avais pas été prévenue que ce roman allait me ravir tout simplement, me rendre gaga avec un sourire niais, ou alors c'est le miracle de noël. Je ne sais pas, mais le résultat est là : j'ai dévoré cette histoire où l'on parle d'amour et d'ironie du sort, où l'on suit la correspondance de deux amis d'enfance. Car tout est raconté à partir de lettres, de messages, de mails. Et cela commence tôt, sur les bancs d'école. Rosie et Alex ont 7 ans, ils se filent en douce leurs petits mots, au nez et à la barbe de leur maîtresse. Ils se sont jurés de ne jamais se séparer, mais le garçon doit suivre sa famille et quitter Dublin pour Boston. Et les années passent, les promesses défilent, les rendez-vous manqués aussi... Les aléas de la vie mettent en péril leur amitié, Rosie et Alex restent soudés. Ils n'ont pas conscience que cet attachement entre eux a dépassé le stade amical, ou oui ils s'en doutent, chacun de leur côté, mais jamais au bon moment. Tout le temps, ils se loupent, ils hésitent aussi. Leurs proches ont depuis longtemps deviné qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, et pourtant leur histoire ne cesse de s'écrire d'après un scénario tordu. Ah, la vie ! Elle ne fait pas toujours des cadeaux. Rosie et Alex l'ont bien compris.

C'est délicieux, adorable, craquant, drôle, crispant et tout et tout. Je n'avais pas l'intention de lire ce roman, mais j'ai mis la main dessus en faisant un peu d'ordre dans mes piles monstrueuses de livres à lire. J'ai commencé à le feuilleter, juste par curiosité, et boing j'ai été accrochée aussitôt. Rosie Dunne, principalement, est une jeune femme extraordinaire, pleine d'esprit, sarcastique, orgueilleuse, butée et attachante. Son parcours est dessiné sous le signe de l'indépendance, des coups bas, de la sensibilité et d'une force exemplaire. C'est une héroïne exceptionnelle ! Le roman, ensuite, est très vite prenant car il est écrit avec vivacité, composé de messages qui s'échangent à la vitesse de l'éclair. C'est entraînant, un subtil assortiment de badinage, de cynisme, de larmes, de colère et j'en passe. J'ai juste, en tout petit reproche, trouvé que ça s'étirait un peu trop en longueur sur la fin, cependant j'ai beaucoup beaucoup aimé !

Albin Michel, 2005 / J'ai Lu, 2007
412 pages - 6,70€
traduit de l'anglais (Irlande) par Nicole Hibert

02/12/08

Birgit Pécuchet n'est pas une sainte - Sophie Chabanel

518J58lBbrL__SS500_Encore un roman dont l'héroïne a 30 ans, elle vit seule, sans amour, sans boulot et sans famille. Inscrite sur un site de rencontres, IDILA2, où force est de constater qu'elle ne casse pas la baraque en attirant les gugus aux abois, Birgit doit réagir. Il faut aussi trouver une solution pour décrocher un job, car son compte bancaire est dans le rouge. Certes, elle est diplômée en psycho, mais ne peut pas exploiter ses connaissances. Elle débarque alors dans le télémarketing, pour une société de cuisine, mais sa côte aussi est en chute libre. On lui raccroche au nez, elle ne sait pas convaincre le client, parce qu'elle n'y croit pas ! C'est la catastrophe, avec une dernière goutte d'eau dans le vase : elle rugit de mécontentement contre ses voisins lors d'une réunion de quartier.

Vient enfin la révélation, sa vocation de sainte, « il vaudrait mieux dire "quête spirituelle", "recherche personnelle", "travail sur soi", une bouillie de ce genre ». Suite à cela, tout va changer. Entre piratage de fichiers, rencontre sans lendemain, sentiment honteux d'usurper son petit monde, sainte Birgit veut avancer et ne plus se planter (ce qui est, en vrai, son lot quotidien !). Heureusement, il y a la très bonne copine Caroline, ses bonnes idées et sa façon de pousser du coude, même à distance, pour sortir notre héroïne de sa mélasse.

Après un premier roman lu et apprécié - Décompte - Sophie Chabanel raconte le parcours d'une femme en total décalage avec l'air du temps. Birgit est inadaptée au système, elle ne rencontre pas les bonnes personnes, ne tombe pas amoureuse et refuse de se plier au consensus, elle voudrait bien mais ne peut point. Son cas n'est certainement pas unique, mais il frise l'humour cocasse et le désespoir naissant. L'histoire refuse de s'embourber, même si elle patine en milieu de parcours, elle sait rebondir à temps pour nous offrir une fin de course désopilante. 

Anne Carrière, novembre 2008 - 232 pages - 18€

Le premier roman de Sophie Chabanel :  Décompte 

 

28/11/08

De Prada à l'enfer du shopping

Superficielle et légère, en ce moment, c'est moi ! Encore 2 jours et le mois de novembre pourra plier bagage. Yalla ! Ce mois me tue, et je ne sais plus où piocher mes remèdes magiques pour chasser les nuages noirs qui envahissent ma petite tête. A mon actif, j'ai choisi de regarder des comédies sans prétention.

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Je vais vous confier une chose : je suis une terre vierge en matière de chick-lit ! Je connais Bridget Jones, vu le film et lu le premier roman, mais c'est tout. J'ai longtemps pensé que j'étais un peu trop snob pour ce genre de lecture - mea culpa. Et j'imaginais à tort que c'était mal écrit, trop facile et déjà entendu. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !!!

Tout d'abord, je voulais jeter un oeil au roman de Lauren Weisberger. J'ai beaucoup aimé le film, je n'ai pas trop compris qu'on juge le personnage de Meryl Streep diabolique, non j'étais souvent de son côté, elle fait son job, elle est impitoyable mais parce qu'elle est aussi attendue au tournant, dans ce monde intraitable où règnent les diktats de l'apparence (éternellement jeune, innovatrice, et tendance). Bref, je n'ai rien du petit agneau en détresse... c'est bizarre. :/

Résultat : je n'ai pas réussi à mettre la main sur ce livre. Il est quelque part, perdu dans mes cartons, oui perdu (comme des centaines d'autres livres, je patauge en ce moment). A la place, j'ai opté pour ce bonbon rose.

41DHWCZA98L__SS500_L'accro du shopping, c'est Becky Bloomwood. Une londonienne de vingt-cinq ans, journaliste financière pour un magazine qui parle d'épargne et de budget. Un comble. La demoiselle a des factures de cartes de crédit plus longues que mes deux bras réunis, elle tente de se résoudre qu'il faut absolument qu'elle fasse des efforts. Limiter ses achats, contrôler ses dépenses, réfléchir avant de dégainer sa CB, résister aux offres de soldes. Mais c'est impossible. Et je la comprends. Souvent je me suis retrouvée dans son portrait. Et généralement je trouvais que c'était vraiment déraisonnable. Qu'elle était une dinde finie ! Mais qu'importe. J'ai beaucoup souri, vraiment trouvé dans ce livre un défouloir.

Naïve et immature, Becky n'en reste pas moins attachante et hilarante dans ses tentatives pour Dépenser Moins ou Gagner Plus. Plus d'une fois, je me suis surprise à éclater de rire ! Et n'oublions pas son flirt avec Luke Brandon, le patron d'une agence de relations publiques dans le secteur bancaire, un homme riche, intelligent, charmant et auréolé d'une touche mystérieuse et imposante... C'est craquant. Ce bonbon rose est à prescrire sitôt que vous sentez votre moral fléchir et tomber dans les chaussettes, j'ai testé : c'est radical ! 

 

Confessions d'une accro du shopping - Sophie Kinsella
Pocket, février 2006 - 366 pages - 6,80€
traduit de l'anglais par Isabelle Vassart

 

Vivement le film !

 

 

(sortie février 2009)

26/11/08

Gossip girl & Co

Voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et je viens de terminer mes séances tv-dvd avec la saison 1 de Gossip girl ! Bouh, ça manque déjà. Je ne sais pas si cela vous parle mais c'est un 'teen drama' sur la jeunesse dorée de l'Upper East Side, soit le quartier chic de New York. Ils sont tous beaux, riches, glamour et ont des vies entre suite privée et résidence secondaire dans les Hamptons, roulent en limousine et prennent le jet privé pour un petit crochet à Monaco. Ils appartiennent à des familles huppées et issues de la jet-set qui forment elles-mêmes des clubs très privés, organisent des cotillons et autres bals de débutante avec grand tralala, leurs dressings sont remplis à ras bord, et on n'y compte que des tenues griffées, bref bienvenue à Manhattan !

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Tout de suite, c'est vrai que j'ai pensé à Sex and the City version ado. La blonde Serena n'est pas sans rappeler une certaine Carrie Bradshaw, surtout pour l'aspect fashionista. Mais stop. Carrie liquidait sa paie de chroniqueuse pour des manolo blahnik, Serena n'a cure de tout ceci même si sa garde-robe fait pâlir d'envie !!!

L'histoire : S. est de retour en ville, après une absence précipitée et mystérieuse de plusieurs mois, c'est le gros scandale relayé par la fameuse Gossip girl (qui garde son anonymat, la voix en vo est celle de Kirsten Bell ... autrement connue pour être Veronica Mars ! ^encore une série fétiche ! ^).

Ses anciens amis sont sur le pied de guerre, en particulier Blair Waldorf tenue au courant de la trahison de son ex-meilleure amie (qui a couché avec Nate, son petit ami). Blair est une garce, une sainte-nitouche, tout à la fois ! Elle veille scrupuleusement sur son apparence et son statut, toujours entourée d'une cour d'admirateurs, manipulant sans vergogne. Son grand amour, c'est Nate Archibald. Un fils à papa. Or, celui-ci est las de cette relation prude et formelle, qui est aussi poussée par leurs parents.

(Parlons-en des géniteurs... ils ne sont pas en reste dans cette vaste mascarade qui veut prétendre à une apparence irréprochable, alors que les dessous de cette élite sont laids, criblés de mensonges et faux-semblant.)

11_gossip_lgBon, sans tout dévoiler, et en zappant la série Blair-est-une-peau-de-vache, on suit avec passion l'histoire d'amour naissante entre Serena et Dan - un garçon BIEN. Toutefois il n'est pas du même milieu, il vit à Brooklyn et son père (une ancienne star du rock) a été l'amant de la mère de Serena du temps de leur folle jeunesse. Hu hu hu.

Mais il y a encore plus émoustillant, dans le scénario... et cela arrive en milieu de saison et redore le blason d'un personnage jusque là détestable. J'ai nommé : Chuck Bass. Connaissant la série, cela suffit à le présenter ! Ce type est immonde, et puis tout d'un coup il devient indispensable. Attendu au tournant. Pourquoi ?

Une scène, pour résumer :

 

 

J'avoue : je craque !

Cette série est sexy, drôle, agaçante, assez stéréotypée (mais je m'en moque). Le casting est joli, je suis assez fan des uns et des autres, même si je trouve que Serena est désespérément nunuche en fin de saison (1, je précise ! pas vu encore la 2...). Et puis la musique est excellente, branchée et bigarrée. Cela nous donne un joli packaging pour un contenu qui en vaut la chandelle !

 

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< Chuck and Blair rule ! >

 

 

 

Réflexion faite, je me dis pourtant que cette série va mal vieillir car elle est tellement basée sur son ambiance contemporaine et branchée (fringues, musique, technologie). Tout ceci ne survivra pas longtemps, il suffit de revoir la saison 1 de S&TC pour s'en convaincre (les sourcils de Carrie Bradshaw... hmm)(mais ceci n'empêche pas que je reste une très grande fan, le rétro & moi c'est pour la vie!).

A la base, cette série s'est inspirée des romans de Cecily von Ziegesar.

51QDG1998EL__SS500_J'ai voulu lire le premier tome : ça fait tellement de bien de dire du mal, en tentant de faire abstraction de la série tv. Je plaide coupable : c'est quasi mission impossible, même si des détails ci et là prouvent que les scénaristes ont cherché à se démarquer. Prenons en premier exemple que Blair ici s'appelle Olivia Waldorf. Elle vit sa vie comme dans un film, c'est une princesse, elle est calculatrice et odieuse, décrite purement comme une morveuse (!). Serena est légère, voire stupide et éthérée. Limite vulgaire. Nate est né sexy, sans aucune vanité. C'est ainsi. Chuck est beau, chaud et obsédé sexuellement. Il porte toujours une écharpe en cachemire monogrammée. Dan est pâle, hirsute et maigre comme une rock-star. Il passe son temps enfermé dans sa chambre à lire de la poésie morbide et existentialiste. Sa petite soeur Jenny est hyper timide et porte un 90D en tour de poitrine (ce détail est nettement souligné, qui puis-je ?).  Bref, tout ceci nous éloigne de nos idées préconçues par le feuilleton. C'est décevant ou frustrant, je ne sais pas choisir, mais il y a des moments où j'ai un doute sérieux sur les intentions de la narratrice. C'est très peste, ok c'est entendu, mais mesquin et horriblement grossier. Pas du tout classe ! Exemple : « Rien que de penser à Dan lui donnait l'impression d'avoir envie de faire pipi. Sous ce crâne rasé et cet affreux col roulé noir, elle n'était qu'une fille. Reconnaissons-le ; nous sommes toutes les mêmes. » Soit, il m'a fallu du temps pour comprendre que nous avions là le côté obscur de la série glam. Cecily von Ziegesar, à sa façon, présente une vérité moins rutilante, l'élite new-yorkaise sous sa face obscure et trash. Le choc est violent ! Elle s'appuie sur les ragots de bas étage, les rumeurs fausses ou arrangées. Gossip girl, la blogueuse anonyme qui colporte les faits et gestes de ses congénères, est une langue de vipère finie. Pas sûre que ce soit très aguichant. « Allez, ne joue pas les rabat-joie ! C'est sexy de commérer ! C'est bon de commérer ! Tout le monde ne le fait pas mais tout le monde devrait le faire ! » (J'ai l'impression qu'elle me parle à l'oreille - sic). Un verdict mitigé, donc. Et c'est tant pis pour moi qui me voyais déjà... (j'ai porté la même jupe que la fille à gauche sur la couverture du livre).

Fleuve noir, 2004 - 252 pages - 4,60€
traduit de l'anglais (USA) par Marianne Thirioux

La médisance, ce sont des ragots que la morale rend fastidieux.
Oscar Wilde

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14/11/08

Une (irrésistible) envie d'aimer - Meg Cabot

 

« Franchement, il y a un truc qui m'échappe. Il ne m'arrive rien d'extraordinaire pendant des mois. Mes journées, passées à promener Lucy, à travailler et à regarder des rediffusions de séries des années 1980, se ressemblent toutes. Et soudain, BOUM ! En l'espace de vingt-quatre heures, je trouve une tête qui mijote dans une cocotte ; on me propose d'interpréter mes chansons au Joe's Pub aux côtés de Frank Robillard, légende vivante du rock ; et mon père sort de prison, se pointe dans le fast-food au coin de ma rue et demande à me voir. »

On retrouve Heather Wells, l'héroïne d' Une (irrésistible) envie de sucré dans cette nouvelle comédie policière et sentimentale. C'est du léger, du bonbon en barre. Cette ancienne lolita de la pop a tourné le dos aux paillettes pour une vie plus rangée : elle est directrice adjointe d'une résidence universitaire. Fischer Hall, pour ne pas le nommer, est maintenant réputé comme étant le Dortoir de la mort. Et les nouveaux événements survenant dans cet opus tendent à confirmer sa réputation : une pom-pom girl a été décapitée, sa tête déposée dans une marmite de la cafétéria.

Heather a promis de ne pas s'en mêler, mais elle agit tout autrement. Cela agace son propriétaire, le très sexy Cooper Cartwright. Rappelez-vous : ce dernier l'héberge dans sa grande maison héritée de son grand-père, il est détective privé et le frère de l'ex d'Heather. A la fin du précédent roman, leur relation semblait prête à décoller et puis rien du tout. La lecture débute ici sur un statu-quo assez agaçant. Je reconnais que c'est ce qui m'attire le plus dans cette bluette : Heather et Cooper sont tous les deux craquants ensemble. Ils tournent autour du pot, alors qu'on n'a qu'une envie : qu'ils foncent !!!

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Ce livre à la délicieuse couverture rose va enchanter les lecteurs qui aiment Heather Wells, une héroïne attachante et à laquelle on peut s'identifier. Elle est drôle, parfois empotée, gourmande et accuse quelques kilos en trop. C'est une nana qui ne se prend pas la tête, entre son ex, son potentiel, son père et les meurtres dans sa résidence universitaire... Heather arrive à se sortir des situations casse-cou avec un certain brio ! Et puis ce n'est plus une gamine, elle a 29 ans (avec une mentalité de dix ans de moins). Son enquête est le reflet de sa personnalité punchy mais pataude. Beaucoup de surprises au tournant ! La fin est peut-être un peu frustrante, mais elle promet une suite qui pourra renouveller le schéma aperçu dans les deux premiers livres. Ce goût de fraise affiché en jaquette annonce haut la couleur : 0% de matière grise et 100% de sucré. C'est tout à fait le genre de livre qui sert de pansement en cas de blues ou de panne de lecture ! Très slurp.

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz
Mars 2008 - 411 pages / 14€
traduit de l'anglais par Florence Schneider