05/04/11

Toute la splendeur flamboyante du mariage arrive quand finit l'amour.

IMG_3300Dernier tome de la série ! Je n'ai pas été déçue, même si je trouve que cela se termine sans esbroufe et avec trop de facilités. Henry est très loin du jeune homme séducteur sans scrupules de ses débuts, Penelope fait moins d'étincelles, Diana conserve son caractère indépendant et entier (c'est la seule qui sort grandie de la saga, à mes yeux), sa soeur Elizabeth se débat avec ses souvenirs et Carolina atteint le firmament ! Que d'aventures pour nos chers new-yorkais ! 

Il m'a cependant manqué un peu de peps au début du roman, alors que nous étions pourtant aux portes du tome final. Tant d'événements étaient survenus précédemment, il restait encore beaucoup de dossiers à régler, je me demandais quand l'action allait se mettre en branle (vers la moitié du livre, donc). Aussi, comme je le craignais, les solutions me sont apparues faciles, trop faciles (surtout pour Elizabeth aux prises avec de terribles révélations). L'issue n'en demeure pas moins flamboyante et romanesque, à ceci s'ajoute un doux parfum nostalgique. En effet, le vent tourne pour nos membres de cette société huppée et rétrograde, même Le Joyeux Dandy le souligne. Le tic-tac de l'horloge se fait plus fort, l'avènement de Caroline Broad ou l'émancipation de Diana Holland (sa coupe de cheveux, ses choix amoureux, son goût du risque) font notamment sonner le tocsin d'une ère nouvelle.

Et définitivement les couvertures auront été de toute beauté, elles ont su enrober de douceur et d'élégance cette saga aux rouages bien huilés et aux situations téléphonées, un peu comme les sitcoms à succès. On y retrouve tous les clichés et toutes les ficelles du métier, c'est prouvé, mais j'ai de loin trouvé que c'était un défaut car je me suis régalée du premier au dernier tome de cette série d'Anna Godbersen (ma préférence se porte à jamais sur le tome 2). L'auteur travaille actuellement sur une autre saga se passant pendant les années folles, Bright Young Things.

Vénéneuses (Rebelles #4) - Anna Godbersen
traduit de l'anglais (USA) par Alice Seelow
Albin Michel (2011) - 430 pages - 17€

Lu et adoré par Sophie & Fantasia


15/03/10

Pour une certaine catégorie de jeunes New-Yorkaises, toute chose doit toujours être à sa place.

Avant-dernier volume de la tétralogie d'Anna Godbersen !

tricheuses

Tricheuses nous promet encore de belles pages de descriptions pleines de glamour et de poncifs délicieux, les visages en forme de coeur, la peau d'albâtre, la beauté de l'éphèbe, les boucles sauvages, la bouche pulpeuse, le cou long et gracile comme celui d'un cygne, les toilettes vaporeuses, les mines jamais chiffonnées, des beautés innocentes ou volcaniques, je suis cliente et je n'ai pas honte !

Ce troisième tome est encore l'occasion de renouer avec nos mufles, nos garces et nos agnelles en détresse préférés. A l'instar des chroniques du Joyeux Dandy, richement alimentées par les péripéties de cette bonne société new-yorkaise, l'histoire se devait d'opérer un tournant à la hauteur de nos attentes (rappellons-nous la fin du précédent livre, Rumeurs, explosif et inattendu !).

Sur ce, et avec une petite pointe de frustration, nous nous voyons quitter les riches quartiers de New-York pour le clinquant de Palm Beach en Floride. L'intérêt, s'il en est, est de se demander si Diana et Henry ont encore une chance de renouer ensemble, ou si ce n'est pas trop demander à la pétillante Penelope de faire place à sa rivale. On se doute de la réponse. Entre en scène Grayson Hayes, le grand frère, qui est un joueur invétéré, dépense plus d'argent qu'il n'en possède, n'a aucun scrupule et séduit à tour de bras. Il a bien l'intention de ne faire qu'une bouchée de la cadette des Holland, frottons-nous les mains.

Dans ce tome 3, Henry Schoomaker m'est apparu un vulgaire pantin. Il est décevant, plat, sans bagou, sans volonté. Il n'est que la pâle copie de lui-même. Il pourrait tenir la main d'Elizabeth, laquelle devient un personnage qui n'a plus aucune utilité, à mon sens. Ce que l'auteur lui réserve m'a d'ailleurs fait sourire, un peu froncé les sourcils, j'ai des doutes, j'attends la suite... mon cerveau échafaude déjà des plans tordus !

J'ai été moins tenue en haleine par ce troisième tome de la série, peut-être parce que le précédent avait été absolument renversant (quel final, ohlala). Ceci dit, j'ai eu mon lot d'agacements et de palpitations, n'imaginez pas le contraire, je frétille de joie dès que j'apprends qu'un nouveau tome est disponible, le quatrième et dernier livre - Splendor - est même déjà sorti en anglais. Hmm, sourire tentateur. Regard songeur.

Une question pour ceux qui vont le lire : que pensez-vous du chapitre 47 ?  En ce qui me concerne, il me fait penser à Autant en emporte le vent ! Cette fin, oh cette fin ! ...

Tricheuses ~ Anna Godbersen
Albin Michel, 2010 - 430 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Alice Seelow
titre vo : Envy

Psst, Mélanie es-tu au courant pour ceci :

Bright Young Things is the first in an epic four-book series about three teenage girls finding their way in the glittering metropolis of New York City and the glamorous mansions of Long Island.
It’s 1929 and Letty Larkspur and Cordelia Grey have escaped their small Midwestern town to chase big dreams and even bigger secrets. In New York, they meet Astrid Donal, a flapper who has everything she could ever want, except for the one thing Letty and Cordelia have to offer—true friendship.
Set in the dizzying summer before the market crash, against the vast lawns of the East End and on the blindingly lit stages of Broadway, the three girls will find romance, intrigue, and adventure.
Just as The Luxe books brought the Gilded Age to readers of Gossip Girl, Bright Young Things will bring the Jazz Age to bestselling author Anna Godbersen’s devoted fans and to new readers alike.

26 October 2010

01/02/10

Haley Randolph, les sacs à main & moi

Première pensée en commençant cette lecture : on croirait la série de Meg Cabot avec Heather Wells, mais ce n'est pas du Meg Cabot. Non, hélas. Il s'agit du deuxième volet des aventures de l'apprentie détective, Haley Randolph (cf. Petit crime et sacs à main). Le principe est néanmoins identique : l'héroïne a une vingtaine d'années, elle est en plein virage professionnel, en attendant d'obtenir son diplôme universitaire pour une ambition pas bien définie, Haley gagne sa croûte en travaillant chez Holt, un grand magasin de produits ringards. Le patron de cette boîte, Ty Cameron, est aussi son petit ami. Du moins, la situation n'est pas très claire non plus car le couple ne se voit jamais, ne se parle pas, ne couche pas ensemble et n'a pratiquement rien en commun. Autant de déductions dans la petite tête de la jeune femme qui la font douter sur un avenir prometteur.
Petit_poison_et_gros_soucis_de_Dorothy_HowellL'histoire commence mal pour Haley. Alors qu'elle s'engage à dépanner une pauvre fille embauchée pour être serveuse, lors d'un défilé de mode avec déjeuner, elle réalise que l'ancienne fiancée de Ty est présente dans la salle. Elle opte pour une solution de camouflage et opère son service ni vu ni connu. Mais quelques heures plus tard, l'ennemie jurée est retrouvée morte dans les toilettes de Holt. Ce sont les deux inspecteurs, Madison et Shuman, qui reviennent enquêter sur le crime (cf. Petit crime et sacs à main) et désignent comme suspect idéal Haley Randolph. Brouillonne, maladroite, muette sur son emploi du temps, menteuse et manipulatrice, Haley est loin d'être convaincante sur sa bonne foi et son innocence, et sa situation sentimentale vire à la débandade lorsque Ty annonce son départ pour l'Europe, sans démentir les rumeurs selon lesquelles il aurait renoué avec son ex-fiancée.
Tout est très mouvementé dans la vie de Haley, qui en rajoute une couche en prenant un malin plaisir à tout compliquer. Elle manque aussi de transparence concernant sa vie privée, son boulot, sa relation avec sa mère, son emploi du temps et j'en passe, j'ai fini par craquer, cette fille est insupportable et cultive, de plus, un méchant penchant pour les grossièretés. (Merdalors ! à tous les sauces...)
La fin, toutefois, m'a redonné le sourire car j'ai trouvé la scène cocasse, avec un certain penchant vers Bridget Jones et Mark Darcy (si ! si !). Tout les sépare, elle est convaincue qu'il ne la mérite pas, elle décide de rompre, tandis que le beau gosse nous offre une divine répartie avec le plus grand flegme. Oui, là j'adore mais hélas c'est trop tard et nous sommes arrivés à la dernière page.
Dommage.

Petit poison et gros soucis ~ Dorothy Howell
titre vo : Purses and Poison
Hachette, 2010 - 328 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau

27/11/09

La prime ~ Janet Evanovich

#1 de la série Stephanie Plum

Pocket, 1995 - 330 pages - 6,50€
traduit de l'anglais (USA) par Philippe Loubat-Delranc

la_primeStephanie Plum, est-il encore besoin de la présenter ?
Bientôt trente ans, divorcée (sans aucune amertume), dîne encore chez ses parents, vit avec son hamster Rex et vend tous ses meubles depuis qu'elle a perdu son emploi et n'a plus un sou en poche. La situation devient urgente, il lui faut un nouveau boulot qui lui rapporte le plus d'argent possible et sans attendre. Un boulot qui respecte la loi, cela s'entend. Et qui n'implique pas de vendre son corps. Son cousin Vinnie lui offre une semaine d'essai pour être chasseuse de primes - sa mission : mettre la main sur Joe Morelli, un flic accusé de meurtre.
Joe Morelli, c'est aussi son béguin d'enfance. Son premier amour. Celui qu'elle a appris à aimer détester de tout son être. L'envoyer au trou s'annonce excitant, Stephanie s'en frotte les mains.
Or, dès la première rencontre, les retrouvailles ravivent les sentiments enfouis, les noms d'oiseaux volent, l'un et l'autre jurent de lui faire payer toutes ses fautes. Et Morelli s'enfuit.
La traque commence, entre-temps Stephanie fait la connaissance d'un boxeur macho, pas très rigolo et plutôt du genre grand méchant loup, la belle se trouve dans de beaux draps, et qui vient lui  sauver la peau ? ... Morelli, oui toujours le même !
En fait, Stephanie et Joe jouent au chat et à la souris. On sent bien que la tension entre ces deux-là est aussi sexuelle, sensuelle, et j'en passe. N'en attendez pas davantage, nous n'en sommes qu'au premier livre de cette série !
C'est une parfaite comédie policière, dont l'intérêt premier - on le sait - n'est bien évidemment pas de savoir si Morelli est coupable et qui est le témoin manquant et pourquoi tous ceux qui parlent à Stephanie finissent par manger les pissenlits par la racine. Non, non. On devient accro à cette série, parce que Stephanie + Morelli (mon coup de coeur, pour l'instant) + Ranger = ambiance muy caliente !
Ranger, qui ? Un autre spécimen mâle, également chasseur de primes, qui intervient trop rarement dans ce premier livre pour rendre service à Stephanie Plum (la scène où elle est menottée sous la douche, hiiii !). On le voit peu, mais on devine son potentiel.
A suivre avec un sourire coquin sur les lèvres, en frappant des mains d'impatience.

« Difficile de croire à quel point ces coquilles Saint Jacques me faisaient envie. Plus qu'une bonne baise, plus qu'une nuit fraîche, plus que des sourcils. J'avais envie de prendre des vacances loin du monde des adultes. J'avais envie que ma maman me prenne dans ses bras, qu'elle me remplisse mon verre de lait, qu'elle m'épargne toutes les obligations du quotidien. J'avais envie de passer quelques heures dans une maison pleine d'affreuses chaises rembourrées et d'oppressantes odeurs de cuisine. »   

-) l'avis de fashion, qui est la première instigatrice de cet engouement blogosphérique ! ;o)

 

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17/11/09

"I actually prefer the V word. It sounds awful, but it has a lot of power. Come to think of it, that applies to both V words."

Never Bite a Boy on the First Date ~ Tamara Summers
HarperTeen, 2009 - 280 pages

never_bite_a_boyKira est un vampire depuis un an et demi, suite à un accident de voiture. A seize ans, elle tente de mener une existence ordinaire avec sa nouvelle ^famille^ dans le Massachusetts. Elle vit avec ses parents, qui aiment dormir dans des cercueils, une grande soeur mariée avec un génie de la finance, et un frère du même âge, Zach, en fait son ancien petit ami (qui a été mordu par Kira).
Un matin, en se rendant au lycée, la police est déjà sur les lieux car le cadavre de la star locale de football baigne dans son sang. Kira et les siens ont vite remarqué que le macchabée portait des traces de morsure dans le cou. Aucun doute possible, c'est un des leurs qui a enfreint les règles (ne jamais mordre un humain, ne pas se nourrir de son sang) et Kira est aussitôt accusée, du fait de ses précédents.
Pour se défendre, la jeune fille a une semaine pour trouver le véritable criminel. Et parmi sa liste de suspects, on trouve trois types charmants, Milo, Rowan et Daniel. Le premier est un nageur accompli, le deuxième est un poète maudit et le troisième est un nouvel élève. Kira doit détecter le vampire parmi eux, et pour cela elle n'hésite pas à donner de sa personne (rendez-vous romantiques, petits bisous échangés, déclarations enflammées). Notre vampirette a les sens en ébullition, la tête lui tourne - Kira est en train de tomber amoureuse.
Le problème, maintenant, est de savoir si tout ceci est bien raisonnable. Ses déboires sentimentaux ne doivent pas l'éloigner de son enquête, ni occulter son jugement. C'est bien sûr ce qui arrive, car lorsque les révélations tombent, c'est la stupeur générale ! On ne connaît l'identité du coupable qu'à la toute fin du roman, et c'est une vraie surprise !
Le roman est déjà une excellente découverte car cela se lit tout seul, le ton est drôle et la langue anglaise favorise cet humour. L'histoire est racontée à la première personne, Kira est une narratrice exceptionnellement déjantée, proche du lecteur. Bien qu'elle soit vampire, ses réactions sont celles d'une ado ordinaire, elle n'a pas inventé l'eau chaude, il faut qu'elle bosse pour réussir et elle compte bien aller jusqu'au bout de ses études. Vampire, mais pas flemmarde. Son quotidien est vécu avec une certaine originalité (le folklore du vampire est une nouvelle fois bien mixé), mais c'est sincèrement la personnalité de Kira qui rend son histoire attachante et pétillante. C'est une jeune fille qui a un coeur d'artichaut, elle n'a pas toujours les pieds sur terre, or cette histoire de meurtre va finalement la servir pour régler des vieilles histoires (faire le deuil de son ancienne vie, comprendre sa mort) et donc elle va être amenée à prendre des décisions qui vont l'aider à avancer (jusqu'à présent, ses instincts étaient encore assez faibles !).
En bref, c'est un petit roman très agréable, facile à lire et très drôle !

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Pretty Dead ~ Francesca Lia Block
HarperTeen, 2009 - 195 pages

pretty_deadLa vie de Charlotte ressemble à un conte de fées. C'est une fille très belle, qui vit dans une villa remplie d'oeuvres d'art, elle possède un dressing à faire pâlir d'envie, son amie Emily est fascinée et rêve de lui ressembler. Car Emily est beaucoup plus discrète, elle se juge banale et inintéressante, en plus sa vie familiale n'est pas rose, elle porte un secret bien lourd pour son âge, d'ailleurs ceci expliquerait peut-être pourquoi elle décide de mettre fin à ses jours. 
Charlotte accuse le coup avec difficulté. Pour la première fois, elle s'était sentie proche d'une amie, elle l'aimait beaucoup et elle estimait que c'était une fille exceptionnelle. De plus, Emily possédait un bien précieux : l'amour de Jared Pierce. Ce garçon était fou de sa petite copine, le voilà effondré et au bord du gouffre. Comme Charlotte est doué de sixième sens, elle perçoit qu'il pourrait tout tenter pour rejoindre sa dulcinée.
Elle décide alors de ne plus le quitter, à deux ils vont se soutenir dans leur chagrin, puis se rapprocher et s'avouer leurs sentiments. Ceci entraînant bien d'autres choses, la véritable nature de Charlotte est mise à jour. 
Car cette jeune fille de dix-sept ans a déjà un siècle derrière elle, c'est un vampire qui a vécu mille vies auprès de son mentor, un certain William Stone Eliot. Charlotte l'ignore encore, mais celui-ci est de retour en ville, il la traque et semble attendre son heure.
Bon, je ne sais pas comment le dire, mais le roman a fini par me déprimer, alors qu'au début c'était plutôt bien parti pour me plaire. Le couac s'explique parce que la narratrice file un mauvais coton, elle est tristoune de la vie qu'elle mène, le glamour n'est plus, elle est de plus en plus amère de ses choix et ne cesse de penser aux êtres aimés qu'elle a perdus. La mort de son amie Emily va précipiter son malaise, car notre beauté fatale rêve d'amour, de bébé et de mortalité, tout ce qu'il ne lui est plus possible d'obtenir. Inversement, Emily rêvait d'avoir la vie de Charlotte... et au milieu, il y a Jared Pierce Adam.
L'intrigue va nous réserver d'étonnantes révélations, avec un retournement de situation plutôt osé, mais pas très logique non plus. Je n'ai pas du tout adhéré à l'idée. Les personnages non plus n'ont pas réussi à m'émouvoir : impossible de m'apitoyer sur le sort de Charlotte, et Jared n'a aucune personnalité, il est creux et n'existe qu'à travers ses élans du coeur.
Non, finalement trop de mélodrame dans ce roman... c'est dommage. La couverture est très belle, le roman évoque un monde opulent et surréaliste, où règnent en maître la beauté et l'horreur. Néanmoins, l'amertume de la narratrice est devenue une litanie glaçante, qui finit par peser sur la lecture. 

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22/07/09

Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! ~ Isabelle Alexis

je_nirai_pas_chez_le_psyDeux femmes se rendent, le même jour, dans un studio de télévision. L'une doit passer un entretien d'embauche, l'autre est invitée à une émission littéraire à propos de son livre. Une histoire d'amour et de rupture, intitulée Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! Mais au moment de passer à l'antenne, il y a une épouvantable confusion et c'est Juliette, à peine trente ans, chômeuse et consciente du quiproquo, qui se voit discuter du bout de gras sur sa relation avec un député au comportement goujat. La cata ! Loren Abysse, l'auteur spolié, rue dans les brancards mais c'est trop tard. En prime, elle récolte des excuses et une nouvelle admiratrice très pot-de-colle.
C'est clair, Juliette ne quitte plus Loren. Elle est fascinée par l'écrivain, par son sens de créativité et d'imagination. Ensemble, elles passent une nuit de folie à danser, boire et se bécoter.
Le lendemain, c'est la douche froide. Juliette rentre chez son petit ami, se dispute avec et lui défonce le crâne. Ni une ni deux, elle supplie Loren de l'aider à masquer son crime, car elle plaide non-coupable mais perd les pédales.
Au rayon chick-lit haut de gamme, je demande une aventure cocasse doublée d'une comédie policière et j'obtiens un roman déjanté, dans lequel on suit deux femmes qui n'ont pas leur langue dans la poche et qui tentent par tous les moyens de se dépatouiller avec un corps, la police, un maître chanteur et leur conscience.
Il n'y a franchement rien de crédible dans l'histoire, c'est truffé d'aberrations et d'inepties, les héroïnes sont deux têtes à claques insupportables, mais finalement c'est ce qui rend cette lecture divertissante et proche du lecteur !
J'ai bien aimé, par exemple, lorsque les nanas font référence à des feuilletons américains (Les Experts ou FBI Portés disparus) pour situer leur cas, c'est dire l'influence de la télé et le manque de discernement des demoiselles.   
Un niveau de tolérance maximale est donc demandé pour celui ou celle qui se penchera sur ce livre, spécialement voué à la détente. C'est drôle, oui, ça ne mange pas de pain, non. Mais j'avoue qu'il n'aurait pas fallu dépasser les 300 pages, sous peine d'indigestion.

Albin Michel, 2009 - 278 pages - 18,50€

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21/07/09

Un amour vintage ~ Isabel Wolff

un_amour_vintageIl y a des romans, on le sait, qui ne marqueront pas les annales de la littérature, et pourtant on leur voue une franche reconnaissance du fait d'exister, pour la sensation de confort qu'ils procurent. "Un amour vintage" d'Isabel Wolff en fait partie. Je m'attendais à un roman dans la veine de la "chick-lit" et finalement j'ai été surprise du résultat, l'ensemble est beaucoup moins volage qu'il n'y paraît.
C'est l'histoire de Phoebe Swift qui démarre une nouvelle vie en ouvrant une boutique de vêtements vintage à Blackheath. Elle a trente-trois ans, elle vient de plaquer son fiancé à qui elle reprochait la mort de sa meilleure amie. Très vite, et grâce à l'article de Dan, un journaliste habillé comme l'as de pique, son Village Vintage connaît un bel essor, la clientèle est au rendez-vous et la jeune femme ne sait plus où donner de la tête. Elle embauche une actrice sans emploi, Annie, pour la seconder et court les salles de ventes pour grossir sa collection. C'est ainsi qu'elle fait la connaissance de Miles, un avocat qui frise la cinquantaine, veuf et père d'une adolescente de seize ans.
Dans le même temps, elle reçoit le coup de fil d'une vieille dame malade, Mme Bell, qui désire se délester de sa garde-robe. Une connivence s'installe entre les deux femmes, Phoebe est poussée à la confidence et reçoit en retour le témoignage émouvant de son aînée, laquelle lui confie une histoire qui lui rappelle étrangement la sienne.
C'est évident que ce roman est constitué de ficelles disgracieuses qui forment un noeud grossier, le lecteur n'est pas dupe du chemin qu'il emprunte, toutefois cela demeure un agréable traquenard. De suite, je l'avoue, il y a un paquet de maladresses dans ce livre, comme de rendre les clientes toutes plus sympathiques les unes que les autres, d'offrir un éventail de toilettes providentielles ou d'insister fâcheusement sur l'âge de Miles, quarante-huit ans et déjà l'impression d'être poussé dans les orties, c'est rude ! La rencontre avec Mme Bell aussi sonne terriblement romanesque, et je peux encore allonger la liste des points fâcheux mais cela semblerait incompréhensible, alors, d'affirmer que j'ai beaucoup aimé ce roman.
Car, oui j'ai beaucoup aimé. La passion du vintage de Phoebe Swift est belle, admirable. Elle pourrait convaincre les plus réfractaires, ceux qui ne saisissent pas le sens des (belles) choses qui ont déjà vécu et qui sont porteurs d'une histoire secrète. Je ne m'aventure pas sur ce terrain, mais je vous invite à découvrir la passion communicative de Phoebe. C'est franchement excitant. Et puis je me pose beaucoup de questions sur ce livre, des questions essentielles (rires), comme de savoir à quoi ressemblent ces fichues robes "cupcake" qui sont constamment citées dans l'histoire et qui rendent les femmes "heureuses".
A bon entendeur.

JC Lattès, 2009 - 410 pages - 20€
Traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu

L'avis de Lily

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18/05/09

Une (irrésistible) envie de dire oui ~ Meg Cabot

une_envie_de_dire_ouiToujours la même recette gagnante : Heather Wells, ex-lolita star de la pop, ruinée par ses parents, reconvertie dans une vie plus sage et rangée, exit le fiancé volage, désormais notre héroïne fétiche promène son chien, est hébergée par le frère de son ex, a pris quelques kilos superflus, griffonne des textes de chansons en toute discrétion, et gagne sa croûte en travaillant à Fischer Hall où depuis quelques mois les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas. La résidence a gagné le titre peu honorable de Dortoir de la Mort, et la réputation se confirme quand Owen Veatch, le nouveau boss, s'effondre en buvant son café. La police est toujours aussi peu efficace, Heather y met son grain de sel, chaperonnée par Cooper Cartwright, son bon samaritain, détective privé de son état, et très, très sexy. Heather a le béguin mais le type a décliné ses avances pour des raisons tordues mais justifiées (cf. le tome 2), du coup notre héroïne vit une autre histoire d'amour... avec Tad, son prof de maths rencontré depuis peu, qui aime le footing et la nourriture bio. Mais cette relation pourrait bien être le déclic pour d'autres révélations, surtout lorsque Tad, affublé d'une horrible queue de cheval blonde, beurk, s'apprête à lui faire sa demande. Quelle demande ?!
Pour l'enquête policière, on repassera. Ce n'est pas ce qui franchement retient l'attention, mais intéressons-nous davantage aux rapports entre Heather et les hommes de sa vie. C'est irrésistible, romantique et craquant. J'ai cru comprendre que ce livre bouclait la série avec Heather Wells comme héroïne, d'un côté c'est dommage, juste au moment où ça décollait enfin chez notre couple fétiche, mais d'un autre côté toutes les bonnes choses ont une fin, il faut savoir dire stop pour éviter de tomber dans les répétitions saoulantes. Et puis on a fait le tour, maintenant on devine l'avenir.
Voici tout à fait le genre de lecture dénuée de matière grise, mais qu'est-ce que ça fait du bien aussi ! A considérer comme une lecture-pansement, ou une lecture pour la détente, pour se faire plaisir, pour Meg Cabot aussi, un auteur dont l'actualité se renouvelle sans cesse, n'hésitez pas : les options ont le champ large ! 
Et ma foi, cette couverture est tout de même délicieusement kitsch !

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 318 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Florence Schneider

Pour retrouver Heather Wells : 

29/04/09

Chouette, une ride ! ~ Agnès Abécassis

Dix ans dans la tête, ça fait dix ans que je te guette, ma première ride... Dix ans c'est flippant, comme le premier cheveu blanc.

Dix ans plus mon âge, j'encaisse encore davantage, ma première ride... Rien n'est comme avant, teinture, pot d'crème, traitement... voilà ma première ride.

chouette_une_ride

Anouchka Davidson est auteur (célèbre) de romans d'épouvante, elle travaille chez elle, mais elle commence à s'ennuyer ferme. Ras-le-bol du ménage, de la cuisine, des enfants et du mari, Anouchka a trente-six ans, et elle comprend par des remarques mesquines que le temps file à ses côtés et qu'elle ne s'en est pas rendue compte. Il est temps de changer de peau, en profitant d'une invitation pour un mariage, Anouchka s'envole avec son amie et voisine Clotilde pour des petites vacances relaxantes, ou revitalisantes, du moins le croit-elle.

Ne vous attendez pas à une recette miracle, sauf celle de se dire que le rire est la meilleure arme pour sauver toute situation critique ! Les frasques d'Anouchka, jeune femme moderne, bavarde, pleine d'énergie, sont racontées avec beaucoup d'humour et d'insouciance. Comme elle, on se pose les mêmes questions sur le temps qui passe, sur le quotidien qui vous englue dans sa routine, sur les enfants qui grandissent et deviennent des ados indécodables, sur la légèreté de paraître, sur le constat flippant, un matin, de se réveiller avec cette ride aux yeux, et de vouloir vous reprendre en main, vous offrir une escapade pour chasser la morosité qui vous gagne !

La solution offerte : se dire qu'il n'existe pas d'âge meilleur qu'un autre, que chaque décennie comprend son lot de bonnes et mauvaises choses, le principal serait juste de vivre l'instant présent et d'apprécier son âge comme une cadeau du ciel ! (Promis, demain je m'y mets !)

Blague à part, j'ai trouvé ce roman distrayant, même si l'héroïne est parfois saoulante, avec des situations qui traînent un tantinet en longueur, mais cela n'a nullement gâché mon plaisir. J'ai ri, n'est-ce pas le principal ?   ;o)

Mon mantra du moment : « En quoi une petite ride empêche-t-elle de vivre ? L'âge n'est pas une maladie, au contraire, c'est la récompense d'être parvenus à exister. »

Calmann-lévy, 2009 - 255 pages - 17€

Le site de l'auteur : http://www.agnesabecassis.com/  (qui déjà donne le ton)

l'avis de Loulou 

Des petites chansons qui me collent à la peau... :)

 

07/04/09

La mode est au rouge sang - Valerie Stivers

mode_au_rouge_sangLe temps d'un été, et sous la pression de sa tante Victoria, Kate McGraw accepte un poste de stagiaire au sein du prestigieux magazine de mode, Tasty. La jeune fille, future étudiante de médecine à Brown, déteste la mode et tout ce qui s'y approche. Elle a certes un don pour la création, mais cela lui rappelle trop sa mère Eva qui a mystérieusement disparu.

Son entrée dans la gigantesque tour noire aux vitres teintées fiche un frisson, et Kate s'y sent pataude et inadaptée. Son look vintage cloche, du moins le pense-t-elle à force de scruter ses collègues toutes plus filiformes les unes que les autres, totalement lookées et vêtues de noire, et d'une beauté glaciale mais fascinante. Pour le lecteur, avisé par le titre et la couverture (un peu moche), il n'y a aucun doute possible sur la double facette des employées de Tasty. C'est un nid de vampires ou je ne m'y connais pas !

En attendant, on reste un peu sur la touche, à suivre les pérégrinations de la narratrice, alias Kate, qui a vent des rumeurs mais pense, au début, qu'il ne s'agit que de remarques imagées. Elle commence sérieusement à s'inquiéter lorsqu'elle est témoin de crimes dégoûtants (un chien vidé de son sang et abandonné dans un placard, ou des filles retrouvées mortes au cours des soirées vip...). Petit à petit, elle regroupe certains détails (interdiction stricte de servir de l'ail à la cantine, toutes les filles du magazine ne boivent qu'un jus visqueux qui passe pour du jus de betterave, au matin les bureaux sont vides, ou on y trouve d'étranges caisses en bois qui ne sentent pas la rose, et ce sont tous d'infatigables noctambules, sur qui les traces du temps n'ont vraiment aucune emprise !).

La rédactrice en chef n'est pas sans rappeller une certaine Miranda Priestly (cf. le roman de Lauren Weisberger). On est proche du Diable s'habille en Prada, simplement dans l'idée (une patronne effrayante, une jeune stagiaire innocente), mais comme l'indique le titre et la couverture du livre de Valérie Stivers on devine ici qu'on a affaire à des buveurs de sang ! Pas de mystère défloré. L'intrigue reste aguicheuse, bien tendue sans filer de sueurs froides, car cela reste de la lecture de divertissement. La narratrice, et héroïne, est une jeune fille moderne, naïve mais pas idiote. Ses questions apportent le cheminement nécessaire pour alimenter la tension et les énigmes qui fleurissent ci et là dans le roman.

Au final, on a un livre correct, léger, pas mémorable mais tout indiqué pour les vacances et la détente. 

Fleuve Noir, avril 2009 - 14,90€