08/06/19

Orgueil et préjugés, par Jane Austen

ORGUEIL ET PRÉJUGÉSMiam miam miam. Que c'était bon.
Une relecture pleine d'esprit et d'humour, pour un roman qui raconte si bien la chasse aux maris au sein d'une famille tumultueuse et ô combien capricieuse.
Cette fois, on a une ambiance beaucoup moins mélancolique que Persuasion et tellement plus primesautière que Raison et Sentiments. L'histoire se résume simplement : Elizabeth et Darcy ne s'apprécient guère lors de leur première rencontre et n'auront de cesse de démontrer l'étendue de leurs tiraillements. En fait, ils ne sont jamais sur la même longueur d'ondes. Soit c'est trop tôt, soit c'est trop tard. Et jamais ils n'éprouvent les bons sentiments aux bons moment. Ils parlent souvent avant de réfléchir ou bien réfléchissent trop, à tel point que leurs supputations, leurs inclinations et leurs déclarations tombent à plat.
Quels idiots... Du moins, dois-je avouer qu'Elizabeth n'est pas mon héroïne fétiche. Depuis toujours elle m'insupporte. C'est une donneuse de leçons qui s'ignore mais son attitude hautaine ne trompe personne (pas moi, en tout cas). A contrario de Darcy, magnifiquement taciturne et terriblement gentleman. Soupirs extatiques à profusion. Cette fois, je remettrai la palme du potentiel insoupçonné à Mr Collins. Yep. Ce bougre d'âne est franchement risible ! Sans lui, le roman n'aurait sans doute pas la même saveur.
Ce cousin des Bennet ne doute pas de son sex-appeal. Sa convoitise est forcément un cadeau du ciel. Recevoir une demande de sa part n'est bien évidemment qu'évidence et gratitude profonde. Amen !
Sur ce, je rassemble mes impressions et mes souvenirs. J'emballe tout ça avec un joli ruban. Hop, c'était au niveau de mes espérances. Moins long, plus piquant, assez sensuel et néanmoins mystérieux. C'était miam, quoi !

©Editions Christian Bourgois pour la traduction par V. Leconte et Ch. Pressoir - Repris en poche chez 10x18 dans de magnifiques couvertures

Il existe une version audio des Brumes de Mars avec Évelyne Lecucq en narratrice. Et c'est excellent ! 11 heures d'écoute virevoltante et enjouée avec une réalisation sonore musicale qui nous plonge dans l'ambiance. Je ne peux que recommander.

Orgueil et préjugés brumes de mars

 

Posté par clarabel76 à 13:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


06/06/19

Persuasion, de Jane Austen

PERSUASIONAnne Elliot est une beauté fanée de 27 ans. Éternelle célibataire. Son père, trop orgueilleux et dépensier, doit céder son domaine à un couple de locataires qui ramène dans son sillage une vieille connaissance.
Huit ans plus tôt, Anne a rompu ses fiançailles avec Frederick Wentworth, alors jeune lieutenant sans le sou. Son amie et bienfaitrice l'avait en effet persuadée de ne pas s'engager aussi hâtivement dans un avenir trop incertain.
Les années passant, Anne s'est donc éteinte. Mais son aura n'en demeure pas moins attrayante aux yeux de ses proches qui voient en elle une demoiselle discrète et compatissante. Sa compagnie est ainsi prisée... comme atteste la prévénance de son cousin, qui ne masque pas son intrigue.
Le retour de Frederick embrouille néanmoins l'esprit de notre héroïne, pas seulement parce qu'il est toujours d'une grande beauté et possède désormais de l'aisance. Plutôt parce qu'il se montre distant et rancunier. On l'acoquine même avec une demoiselle de leur cercle, après sa chute accidentelle sur la jetée.
Le lecteur ne peut que retenir son souffle car ce roman est excellent !
Avec un sens de la dramaturgie inégalable. Des regards et des silences insondables. Sans parler de sa tension insoutenable lors de deux épisodes clefs - la promenade tragique à Lyme et le soir du concert aux Rooms. Et cette lettre finale dont la seule réponse implique de censurer toute bienséance. Cours Anne, cours !
J'avais (presque) oublié le tourbillon romanesque de cette lecture... Que d'émotions, que de frissons. C'est super bon. J'en sors conquise et émoustillée.
Maintenant, imaginez Rupert Penry-Jones dans la peau du capitaine Frederick Wentworth et vous soupirez d'aise. C'est épique, vraiment !

©1980 Christian Bourgois éditeur. Traduction d'André Belamich ©1996 pour la présente édition 10x18

Il existe une version audio parue aux éditions Thélème.

Par contre, il s'agit d'un texte adapté & lu par Camille Cobbi (durée : 5 h env.)

Couverture de Persuasion

 

Posté par clarabel76 à 13:00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

04/06/19

Raison et sentiments, de Jane Austen

Raison et sentimentsMes souvenirs de lecture ayant été embrumés par le film d'Ang Lee, j'avais l'impression de redécouvrir le roman de Jane Austen pour la toute première fois. D'où une certaine tiédeur dans les premiers chapitres car je trouvais les sœurs Dashwood beaucoup moins sympathiques.
Célibataires sans le sou, Elinor et Marianne doivent quitter leur domaine pour un cottage plus modeste en perdant tout espoir d'un avenir radieux... mais vont adroitement retomber sur leurs pieds. Ceci dit, leur prospérité ne sera acquise qu'après quelques déboires puisqu'elles s'entichent de prétendants qui vont aussi leur échapper. La première s'incline, en toute humilité. La bonne âme. Par contre la deuxième, plus expansive, frise l'indécence en bombardant l'élu de son cœur avec des petits mots doux qui ne trouvent pas écho. 
Cette Marianne... J'ai longtemps cru partager les mêmes passions et soutenir ses excès. Vingt ans ont passé. Et là, me dis-je, que fait sa mère ?! Ce serait néanmoins trop réducteur de résumer Jane Austen à de simples badinages amoureux. Les émotions sont en effet plus profondes et subtiles. Point de séquences théâtrales. Place à une société oisive, qui babille en toute insouciance et qui colporte d'incessantes rumeurs sur le voisinage, tout en mariant les uns et les autres pour occuper de longues heures creuses. 
Les héroïnes de Jane Austen apparaissent toujours un peu superficielles et sottes au premier abord. Je tiens d'ailleurs à souligner le potentiel insoupçonné de Lucy Steele (et le plaisir manifeste de l'auteure à tailler son portrait et épingler ses travers). C'est caustique à souhait. On adore.
Car il y a de l'humour derrière tout ça... Lorsque Marianne rencontre le Colonel Brandon, celui-ci évoque sans complexe ses rhumatismes et ses gilets en flanelle ! OMG. Oubliez le remarquable Alan Rickman... (et sa sublime mission de sauvetage). Las, les hommes n'ont probablement pas le plus beau rôle dans notre affaire. Et tous ces Edward, Willoughby ou autres spécimens ont finalement bien peu de valeurs. L'auteure les utilise comme des pions, jouant de leur vie et de leurs sentiments, avec une somptueuse malice.
C'est la leçon à retenir. Ou du moins, la perspective réjouissante d'une relecture sans accroc et la garantie d'une admiration sans borne.

©1979 Christian Bourgois Éditeur. Traduction de Jean Privat ©2012 pour la présente couverture chez 10x18

(P)2017 Audiolib lu par Cachou Kirsch (durée : 12h env.)

Couverture de Raison et sentiments

 

Posté par clarabel76 à 16:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03/06/19

L'île au trésor, par Robert Louis Stevenson

ÎLE AU TRÉSORRELECTURE AUDIO #ChallengeAudible
(On anticipe.) Juillet : redécouvrez vos classiques !

Ce roman figure parmi mes Classiques ultimes - ceux déjà lus et beaucoup aimés durant mon enfance. J'avais longtemps gardé un souvenir enchanté de ma lecture et ai donc pris le risque d'en briser le mythe. Que nenni.
J'ai retrouvé avec plaisir le jeune Jim Hawkins menant une vie paisible à l'Amiral Benbow jusqu'au jour où un vieux de loup de mer s'installe et évoque une carte au trésor et des flibustiers revanchards. Lorsque ces vilains débarquent à l'auberge, ils vont flinguer à tout-va et contraindre le garçon à mettre les voiles à bord de l'Hispaniola pour un long voyage au sein d'un équipage peu digne de confiance.
En effet, Jim a surpris la conversation du cuistot unijambiste - Long John Silver - supputant qu'une mutinerie surviendrait dès l'approche de l'île pour saisir le magot. Le garçon va vite prévenir le capitaine mais les ennuis ne font que commencer !
En vrai, ce roman est captivant. On parle de pirates sanguinaires, d'appât du gain, de duperies et de roueries encore plus impénétrables. Les rôles de pouvoir n'auront de cesse d'être inversés. Et l'Aventure de s'inscrire avec un grand A. C'est fascinant. J'ai adoré cette ambiance et suivi l'histoire comme si je la découvrais pour la première fois.
Oh, cette fameuse tache noire ! Elle avait suscité moult frissons quand j'étais plus jeune. Ça n'a pas loupé des années après. Ce roman est incroyablement prenant, palpitant, angoissant. Que de sensations à sa lecture ! Vraiment, vraiment conquise par tout... j'étais. C'était top. Et je suis d'autant plus ravie d'avoir conservé intact mon amour pour ce livre envers et contre tout. Yep !

L'École des Loisirs - Classiques (Texte abrégé) - 2019 pour la présente édition

Traduction de Théo Varlet, remaniée et abrégée par Stéphane Labbe

Illustrations de Louis Rhead

Version audio :

Couverture de L'île au trésorLu par : Jonathan Cohen

Durée : 5 h env.

©2008 Nathan (P)2008 Éditions Thélème

 

 

 

Posté par clarabel76 à 15:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19/04/18

Les Misérables, de Victor Hugo

Édition abrégée, lue par Philippe Sollier.

les miserablesUne hérésie aux yeux de certains, un compromis pour d'autres... Cette édition abrégée peut diviser, pour ma part j'ai choisi mon camp - quelques 7 heures d'écoute contre 56 heures en version intégrale. Amen. Mais il n'est pas dit que je n'y reviendrai pas un jour ou l'autre !
Cette édition est avant tout une invitation au public jeunesse à s'imprégner d'un grand classique, d'en picorer l'essence et d'en savourer la flamboyance. En bref, se réconcilier avec les œuvres intemporelles. Ces dernières sont souvent le fruit de lectures contraintes, de mauvais souvenirs scolaires, de monuments impénétrables et d'auras interdites. 
Il est bon de dépoussiérer tout ça et de faire sa propre expérience... petit bout par petit bout. D'où cette lecture par Philippe Sollier dont la voix énergique et caressante nous embarque dans cette fresque romanesque aux côtés de Jean Valjean.

Ancien forçat, celui-ci voit sans cesse son passé le rattraper et doit à une rencontre providentielle sa résolution de devenir un homme bon et pieux. Il va ainsi disparaître quelques années, prendre une nouvelle identité (M. Madeleine) et se bâtir une existence prospère à Montreuil-sur-mer.
Jean Valjean a opéré une totale rédemption. Il est désormais un homme respecté quand il croise la malheureuse Fantine, puis l'inspecteur Javert, mais comprend que son sort est jeté. Il doit de nouveau s'enfuir et se cache dans un couvent à Paris, non sans avoir tenu sa promesse en tirant la petite Cosette des griffes des Thénardier... L'homme et la fillette vont ainsi vivre à l'abri du monde et prennent le nom d'emprunt de Fauchelevent.
Pendant ce temps, Marius fait son apparition. Fougueux et idéaliste, ce fils de la bourgeoisie rompt avec son milieu pour rejoindre un groupe de révolutionnaires. Il roule dans la misère, croise une jolie demoiselle au jardin du Luxembourg, tombe fou amoureux et sombre dans le désespoir après le départ de sa dulcinée. L'âme en peine, il rejoint les barricades et livre une farouche résistance aux côtés de ses camarades.

La littérature contemporaine est, par comparaison, bien pâlichonne quand on ressort de cette lecture ! L'histoire est en effet captivante - même si elle a été tronquée, ne respectant plus le travail de l'auteur, dont on cherche à bâillonner la pensée, diront les plus récalcitrants. Et blablabla. Fin du débat.
Cette version abrégée n'enlève rien du génie. De la perspective d'une épopée grandiose. De la sensation grisante de plonger dans une ambiance électrique. De vivre une quinzaine d'années auprès de personnages mémorables. De s'attacher à leurs parcours, leurs amours et leurs drames.
On aime, on déteste. Je trouve que cette édition est pleine de mérite et offre une vision exaltante du courant romantique du XIXe siècle. C'est un premier pas vers une arène plus grande, plus riche, plus foisonnante...“Il faut de l'inutile dans le bonheur. Le bonheur, ce n'est que le nécessaire.”

 

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Philippe Sollier en 7h 42.

Les cinq volumes des Misérables bénéficient également d'un enregistrement exceptionnel prodigué par les éditions Thélème. Texte lu par Michel VuillermozÉlodie HuberPierre-François Garel,Louis ArèneMathurin Voltz

 

« Ce n'est rien de mourir ; c'est affreux de ne pas vivre. »

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


14/05/17

Ça peut pas faire de mal - Le roman français du XIXᵉ siècle : Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant lus par Guillaume Gallienne

ça peut pas faire de malExcellente introduction aux classiques, aux romans réalistes, à l'émission sur France Inter et à l'art de la lecture en général... Ça peut pas faire de mal « conjugue le verbe lire à tous les temps, tous les styles et tous les genres, par la voix de Guillaume Gallienne, sur cette barque-bibliothèque sonore, timonier sur le fleuve sinueux de nos textes classiques ». Quel alléchant programme. 

J'ai ainsi savouré les 2 heures 30 offertes dans cette édition à écouter Guillaume Gallienne lire et commenter quatre grands romans français du XIXe siècle, soit Le Lys dans la valléeMadame BovaryL'Assommoir et Bel-Ami. La mise en scène est simple et immuable : introduction de l'ouvrage en bonne et due forme, puis lecture d'extraits ponctuant au mieux l'intrigue, que des commentaires judicieux vont entrecouper d'une note légère et pertinente.

Une parfaite découverte d'une émission intelligente, qui donne envie de lire et relire les classiques ! L'accompagnement au piano par Philippe Bianconi apporte une touche d'élégance à ce programme remarquable. La prestation de Guillaume Gallienne est évidemment d'une qualité irréprochable - diction et intonation soignées, voix inimitable. J'ai été totalement captivée. Ma lycéenne de fille, qui passe son Bac Français dans un mois, m'a d'ailleurs chipé ce livre audio et l'écoute avec ébahissement. Preuve que le comédien possède ce talent rare de redonner le goût des mots aux plus réfractaires ! ;-p

Coédition Gallimard / France Inter. Contient 2 CD audio. Durée d'écoute : env. 2 h 30

Collection Écoutez lire, Gallimard / 2017

 

Posté par clarabel76 à 19:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

31/12/16

Le petit Lord Fauntleroy, de Frances H. Burnett : lu par Valérie Lesort

J'avais vu durant mon enfance le téléfilm réalisé par Jack Gold, avec Ricky Schroder et Alec Guinness dans les rôles de Cédric et son grand-père, ainsi que le dessin animé japonais, une version adorable du petit Lord Fauntleroy, mais je n'avais jamais lu le roman de Frances H. Burnett jusqu'à présent. Cet oubli est enfin réparé ! Et quel délice.  

Le petit Lord Fauntleroy CD

Cédric Errol a grandi heureux et insouciant à New York, sans se douter de l'existence de son grand-père anglais, le riche comte de Dorincourt, qui s'est fâché avec son fils. Peu après la mort de celui-ci, le vieil homme invite le garçon à le rejoindre pour hériter de son titre. Ce changement de vie ne va nullement perturber l'enfant ni altérer sa nature placide et généreuse. Car Cédric est aussi charmant que foncièrement bon. Il ne voit que le bien et est persuadé d'avoir un grand-père extraordinaire. Il est certes un peu contrarié de ne pas vivre sous le même toit que sa mère mais se console en lui rendant visite chaque jour à dos de cheval. Cédric ignore toute la vérité sur son grand-père : ce dernier n'a jamais accepté le mariage de son fils avec une américaine et la traite sans complaisance. C'est un homme froid et redouté dans toute la campagne environnante. Pourtant, au fil des jours, la vie auprès de Cédric va transformer cet homme acariâtre en un être sensible et bienveillant ! Ce classique de la littérature anglaise est une lecture onctueuse et sans aucune mièvrerie. Je le dis haut et fort. En cette saison doucereuse, qui me pousse à me gaver de sucreries, je ne pouvais que succomber à cette histoire improbable d'une amitié naissante entre un jeune garçon au cœur pur et son terrible grand-père constamment renfrogné. Tout n'est que bonté, amour et attendrissement, dans cette complicité sincère et touchante. Le cynisme est exclu. Et quel bonheur. Je termine mon année de lectrice sur une note de légèreté, de tendresse & de paix dans le monde ! 

Texte intégral lu par Valérie Lesort pour les Éditions Thélème (Durée : 4 h 29)

Téléchargement disponible sur Audible ** Promotions de Noël sur les titres enfants ** 

 

Collection : Folio Junior N°116 

Le petit Lord Fauntleroy

Illustrations : Charlotte Voake

Traduction : Charlotte et Marie-Louise Pressoir

 

19/12/16

Les Quatre filles du Dr March, de Louisa May Alcott : lu par Françoise Gillard

Cette relecture embaume l'enfance, la nostalgie, la douceur et la félicité. J'ai tout bonnement adoré ! Texte lu par Françoise Gillard qui propose une interprétation enjouée, aux accents mutins, très appréciable.

LES QUATRE FILLES DU DR

En cette veille de Noël, Meg, Jo, Beth et Amy se lamentent de célébrer les fêtes sans les flonflons habituels. Il y a d'abord la guerre, puis l'absence de leur père, qui les contraint de revoir leur train de vie, mais leur nature pleine d'abnégation supplante bien évidemment les plaintes pour la forme. Et de fait, elles n'hésitent pas à subvenir aux besoins des plus démunis, comme partager leur délicieux petit-déjeuner en offrant leurs brioches et autres friandises dans la joie et la bonne humeur. Cette belle harmonie familiale ne peut qu'interpeller leur jeune voisin, Laurie, qui vient de s'installer chez son grand-père M. Laurence et regarde souvent avec envie le manège des filles. Jo va ainsi le tirer de sa solitude et faire de lui son meilleur ami inséparable. Ensemble, ils partageront les premiers bals dans la bonne société, se cacheront derrière les tentures pour masquer une toilette défraîchie ou tromper une timidité maladive, ils se lanceront également sur le lac gelé avec leurs patins, partageront les confidences et effaceront d'un coup d'éponge les bouderies passagères. Toutefois, l'essence même du livre revient à la famille March, aux liens inextinguibles entre les sœurs, à leurs tempéraments distincts et colorés qui constituent néanmoins un ensemble cohérent et très attachant. Meg, l'aînée, est l'âme romantique, Jo le garçon manqué, Beth la fleur fragile et Amy le bébé capricieux. Avec leur maman, qu'elles soutiennent et qu'elles admirent, les quatre filles March vont contre vents et marées dans une existence perturbée par la guerre, la maladie, la pauvreté et la vieille tante March acariâtre. On passe ainsi une année chaleureuse, entre grands bonheurs et petites déceptions, à partager les rires et les pleurs de cette famille aux valeurs pieuses et apaisantes. C'est assez décalé avec notre époque, et à moins d'avoir une âme cynique irrécupérable, on ne se délecte pas moins de cet esprit délicieusement mièvre et onctueux. Une lecture adorable, parfaite pour la saison. 

Lu par Françoise Gillard pour les Éditions Thélème - Durée : 4 h 15 min (Version intégrale)

©1996 Nathan (P)2008 Éditions Thélème

Téléchargement disponible sur Audible

 

HARDCOVER BOOK PUBLISHED BY PUFFIN IN BLOOM WITH MATCHING BOOKMARK

Little Women Hardcover Book Published By Puffin in Bloom with Matching Bookmark

Puffin In Bloom is a new line of classics with
gorgeously illustrated covers by Anna Bond.

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

29/01/16

Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas

Le comte de Monte-Cristo I

Il m'aura fallu pas moins de six jours pour lire et écouter les deux fois vingt-cinq heures de cette œuvre remarquable et, heureusement, captivante ! Pfiou. Quelle lecture, mais quelle lecture ! L'histoire commence à Marseille, en 1815. Le jeune Edmond Dantès, un marin de dix-neuf ans, débarque chez son père pour fêter sa bonne fortune - il sera prochainement promu capitaine de son propre navire et va épouser celle qu'il aime, Mercedès. C'était sans se méfier des jalousies de son entourage, dont le dénommé Danglars, comptable à bord du Pharaon, et Fernando, son ami d'enfance, également amoureux de sa jolie fiancée catalane. Ces deux-là rédigent une lettre de dénonciation contre le pauvre Dantès, accusé de soutenir Bonaparte en exil sur l'île d'Elbe, et n'ont aucun scrupule à le savoir expédié au Château d'If pour une longue, longue peine de quatorze ans. Edmond n'a pas le temps de réagir lorsque la foudre s'abat sur lui pour bousiller sa vie. Il est sonné, naïf et incrédule, il n'a de cesse de plaider sa cause, soutient son innocence, mais ne se doute pas d'être le pion central dans une tragi-comédie orchestrée par ses semblables. Au bord du désespoir, se sachant oublié des siens, Edmond doit son salut à son voisin de cellule, l'abbé Faria, qui le mettra en garde et lui confiera son projet d'évasion, avec un trésor à la clef. Après quoi, Dantès va reprendre du poil de la bête et se prétendre la main vengeresse de Dieu. Il deviendra le mystérieux Comte de Monte-Cristo, qui va se faufiler comme une anguille parmi ses ennemis pour les démolir sournoisement les uns après les autres. 

Voilà une magistrale interprétation, par Eric Herson-Macarel, d'une œuvre époustouflante et étonnante de modernité ! On ne voit pas le temps passer tant le rythme est enlevé, l'action dense et la trame romanesque flamboyante. Et puis il y a un vrai suspense au cœur de l'intrigue, où l'on ne devine pas tout des ressentiments de Dantès, ou du moins ne partage-t-on pas tous ses plans machiavéliques pour assommer ses ennemis. On le surprend dans la peau de Simbad le marin, de l'abbé Busoni ou de lord Wilmore, on le découvre derrière une porte dérobée au chevet d'une jeune fille qu'on tente d'empoisonner, il est ici ou là, partout et ailleurs, insaisissable et implacable. Chaque petite pièce apportée n'est jamais anodine et vient compléter un tableau magistral pour assouvir sa vendetta personnelle. Chaque intrigue secondaire, chaque anecdote ou chaque rencontre est introduite exprès pour servir un ensemble arachnéen. Dumas tisse fil par fil la trame de son roman, piochant dans les éléments du théâtre (rebondissements, déguisements, suspense et révélations) ou préfigurant le genre policier et les romans d'aventure avec le super-héros masqué qui fait justice lui-même. C'est prodigieux. J'ai été complètement soufflée. 

Sixtrid / Décembre 2015 ♦ Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel

 

“A tous les maux il est deux remèdes: le temps et le silence.”

 

et la suite... Le comte de Monte-Cristo II

Le comte de Monte-Cristo s’est installé à Paris. Par sa magnificence, sa spiritualité et ses étranges manières, il devient la personnalité la plus recherchée de la haute société. C’est justement ce qu’il voulait afin de pouvoir mettre en place son implacable vengeance. Son plan redoutable est conduit sur un rythme haletant et réserve bien des révélations qui ne cessent de surprendre. Quel final ! ;-)

Sixtrid / Décembre 2015 ♦ Texte interprété par Eric Herson-Macarel

Rappelons aussi le lobbying de miss Cécile dont l'enthousiasme débordant a su me motiver pour découvrir cette œuvre classique d'une richesse extraordinaire. Merci d'avoir contribué à cette découverte !  😘

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

21/11/13

Le Lion, de Joseph Kessel

“ Un rire enfantin, haut et clair, ravi, merveilleux, sonna comme un tintement de clochettes dans le silence de la brousse. Et le rire qui lui répondit était plus merveilleux encore. Car c'était bien un rire. Du moins, je ne trouve pas dans mon esprit, ni dans mes sens, un autre mot, une autre impression pour ce grondement sonore et débonnaire, cette rauque, puissante et animale joie. 
Cela ne pouvait pas être vrai Cela tout simplement ne pouvait pas être.
A présent, les deux rires - clochettes et rugissements - résonnaient ensemble. Quand ils cessèrent, j'entendis Patricia m'appeler.
Glissant et trébuchant, je gravis la pente, me raccrochai aux arbustes, écartai la haie d'épineux avec des mains lardées de ronces et sur lesquelles le sang perlait.
Au-delà du mur végétal, il y avait un ample espace d'herbes rases. Sur le seuil de cette savane, un seul arbre s'élevait. Il n'était pas très haut. Mais de son tronc noueux et trapu partaient, comme les rayons d'une roue, de longues, fortes et denses branches qui formaient un parasol géant. Dans son ombre, la tête tournée de mon côté, un lion était couché sur le flanc. Un lion dans toute la force terrible de l'espèce et dans sa robe superbe. Le flot de la crinière se répandait sur le mufle allongé contre le sol.
Et entre les pattes de devant, énormes, qui jouaient à sortir et à rentrer leurs griffes, je vis Patricia. Son dos était serré contre le poitrail du grand fauve. Son cou se trouvait à portée de la gueule entrouverte. Une de ses mains fourrageait dans la monstrueuse toison. 
« King le bien nommé. King, le Roi. » Telle fut ma première pensée. ”

IMG_0089

J'étais en classe de 4ème quand j'ai lu la première fois Le Lion de Joseph Kessel. J'en avais gardé un souvenir ébloui, que j'aimais dorlotter au fil du temps qui passe. J'ai tenté la relecture, risquant ainsi de chatouiller ma fibre nostalgique. Et bingo, cette relecture a réveillé toutes les émotions enfouies, elle a su me rappeler l'émerveillement face à cette Afrique sauvage et magique, avec son décor de cinéma, ses personnages à fleur de peau, ses coutumes ancestrales... Le narrateur, lui aussi, est spectateur de ce monde nouveau et inconnu, il rencontre la famille Bullit et est immédiatement adopté. Chacun voit en lui le moyen de confier ses secrets, de se décharger du poids de la responsabilité ou de la culpabilité. L'homme est pris en otage, de son plein gré.
Il va s'émerveiller des miracles de la nature environnante, de la beauté de la savane, de ses mystères et ses dangers. Et puis, il va tomber des nues en découvrant l'amitié qui lie la jeune Patricia à un lion, cette folle complicité qui défie toutes les lois, leurs jeux au goût de ballet maudit... C'est beau, oui, mais tragique. Le duel final, sans trop entrer les détails, est un moment déchirant, qui noue l'estomac et laisse un goût amer en bouche. Là aussi c'est d'une grâce sans nom, avec un sens de la dramaturgie hors norme.
Et ainsi, de tourner la dernière page du livre avec engourdissement et désolation... Quelle tristesse de reprendre pied dans sa réalité !
J'ai accompagné ma lecture (très beau roman édité dans la nouvelle collection blanche pour la jeunesse) du livre-audio lu par Hippolyte Girardot. La réalisation musicale et sonore, absolument irréprochable, nous plonge au coeur de la brousse, nous envoûte et livre un récit tendu et bouleversant. 
 ♥

Le lion, de Joseph Kessel (Gallimard jeunesse, coll. Bibliothèque, mai 2013, avec une préface par Erik L'Homme / Écoutez lire, octobre 2010, texte intégral, durée d'écoute : env. 7 heures)

Posté par clarabel76 à 08:15:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,