14/02/18

Hôtel Grand Amour, de Sjoerd Kuyper

Hotel Grand AmourVic a treize ans et adore le foot. Son rêve serait de faire partie de la prestigieuse équipe nationale, l'Ajax d'Amsterdam. Un but pas si vain pour le garçon, dont les exploits sur le terrain viennent de taper dans l'œil d'un recruteur de passage.
Seulement, au même moment, son père fait un malaise dans les gradins et est hospitalisé d'urgence, laissant l'hôtel familial entre les mains de ses quatre enfants, lesquels vont découvrir toutes sortes de joyeusetés, non sans pression, car les créanciers se bousculent au portillon !

Entre les clients grognons, les réservations fantômes et le personnel récalcitrant, le quotidien d'un hôtel n'est pas de tout repos. Vic va en faire la douloureuse expérience. Or, le garçon a la volonté de ne pas décevoir son papa. C'est une responsabilité qu'il tient à tout prix à honorer. Aussi, pour y réussir, le garçon ne recule devant rien. Participer à un concours de miss ? Pourquoi pas !

L'histoire de cette famille hollandaise est pleine d'inattendus et renvoie une image farfelue, mais positive, qui fait paraître la vie plus belle et conquérante, dès lors qu'on se serre un peu les coudes et qu'on met du cœur à l'ouvrage.
À l'Hôtel Grand A, on respire l'aventure, l'audace et l'amour. Chacun se débat du mieux qu'il peut, dans un contexte parfois éreintant (la maladie et la mort sont des spectres toujours présents chez ces enfants marqués par la perte de leur maman). Mais le moral est bon.
Autre détail, le héros raconte ses péripéties en s'enregistrant sur un vieux magnétophone et semble s'adresser directement au lecteur dans une langue qui correspond aux codes actuels. Bien entendu, il ignore que la jolie Isabel, son béguin de toujours, intervient régulièrement pour mettre son grain de sel et donner sa version des faits !
Cette double narration nous fait vivre un récit plein d'humour et de sensibilité, dans une ambiance vaudevillesque tout à fait charmante. Un quasi tout bon !

Didier Jeunesse, 2017 / Traduction : Emmanuèle Sandron

Couverture : Laurence Bentz

 

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08/02/18

Sauveur & Fils saison 1, de Marie-Aude Murail

sauveur et fils saison 1

“À quoi je sers?” se demande souvent Sauveur Saint-Yves, psychologue installé à Orléans. Originaire des Antilles, l'homme vit avec son fils de huit ans, Lazare, et reçoit à longueur de journée les doléances d'âmes désœuvrées - une mère désemparée par son fils qui fait pipi au lit, une autre qui ne comprend pas pourquoi sa fille se taillade les bras, une qui perd la tête et oublie son grand garçon de seize ans, une famille au complet qui se déchire et ne peut plus se voir en peinture... Des crises en cascade, des cris, des larmes, des silences, des soupirs. À l'abri dans son couloir, le môme Lazare n'en perd pas une miette et s'effraie d'entendre autant de détresse. Lui aussi en a gros sur le cœur - sa maman décédée trop tôt et dont on ne parle jamais assez. Et tous ces courriers qui s'empilent devant la porte, des menaces de mort qui font dresser les cheveux sur la tête... Chacun s'enferme dans ses non-dits et le temps s'écoule mollement. Le gamin découvre l'hostilité suscitée par la couleur de la peau, être ou ne pas raciste, rien que d'y penser c'est déjà un signe ? Louise, la maman de Paul, s'interroge beaucoup sur le meilleur ami de son fils et perd tous ses moyens face à Sauveur, 1,90 m pour 80 kg de muscles.

C'est tout ça que raconte Marie-Aude Murail, en mieux, en humour et en tendresse. Car c'est un roman qu'on croque avec gourmandise et dont on savoure chaque bouchée en mâchant religieusement. Tout est brodé avec délicatesse - les personnages, les dialogues, les errances et les éclats. Jusqu'à l'escapade finale sur les terres de l'enfance, avec ses couleurs, ses chants et sa tribu turbulente. J'ai infiniment aimé ce petit pan de vie aux côtés d'un papa au physique de colosse, qui continue d'apprendre son rôle et le sens du monde, tout en assurant auprès d'un fils curieux, intelligent et sensible. Autour d'eux, gravitent des petits électrons libres qu'on attache ou détache au gré de nos envies. Parfois, les sujets sont lourds et les enclumes tombent lâchement dans les estomacs... Mais l'ambiance générale se veut positive et penche volontiers vers la résilience et l'espoir. Cela remue de douces sensations, n'hésitez pas ! En plus, il y a quatre saisons du même acabit. C'est du bonheur en tranches...  à partager sans retenue. Moi j'y retourne de suite. ♥☺

L'école des loisirs, 2016

Photographie de couverture ♥ que j'adore ♥ : Megan Van der Elst

 

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05/02/18

Miss Peregrine #3: La Bibliothèque des âmes, de Ransom Riggs

Miss Peregrine la bibliotheque des amesAinsi se termine la série de Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers...

Après l'épisode Hollow City, dans lequel Jacob et Emma tombaient de haut en pensant sauver leur Ombrune et découvraient en fin de compte une énorme supercherie, l'aventure reprend dans le Londres d'aujourd'hui, le long de la Tamise. Les enfants font la connaissance de Sharon, un énigmatique batelier qui accepte contre rémunération de leur faire traverser le fleuve. Nos jeunes amis vont pénétrer, non sans risque, dans l'Arpent du Diable, un lieu mal famé et hanté par des Estres. Ils y font une autre rencontre décisive, Myron Bentham, un ancien ami du grand-père de Jacob, qui va tout leur dévoiler de l'origine des particuliers et des dérives engendrées.

Pour avoir ressenti un soupçon d'ennui à la lecture du deuxième tome, j'avais quelques craintes avant de me lancer dans ce dernier volume, plus gros, plus conséquent. Mais la lecture a été une évasion riche en sensations. Une franche réussite. J'ai repris goût avec l'univers cryptique et singulier qui avait tant su me séduire au tout début. Cette fois, le suspense se déploie et l'action ne manque pas. On se passionne pour le sort des enfants particuliers kidnappés, pour les ignobles ruses et autres combines pour pomper leurs âmes, pour le mystère Bentham et pour Miss Peregrine, dont les secrets de famille viennent bouleverser le cours de l'histoire. Accrochés à Jacob et Emma, nous sommes entraînés au cœur du danger et assistons aux premières loges à des scènes de combats mémorables. 

Au final, la lecture se vit avec panache et émotion ! C'est fascinant et en même temps remarquable. Esthétiquement, les romans sont de toute beauté. Le format audio propose en compensation une interprétation dynamique et vibrante de Benjamin Jungers. Certes, il se joue de nous avec des intonations de voix exagérées mais donne surtout l'illusion d'une lecture qui file comme le vent. Légère, aérienne, merveilleuse et bizarre. La série se clôt avec brio, me laissant aussi un très bon souvenir.

©2015/2016 Ransom Riggs / Bayard Éditions, pour la traduction française

(P)2017 Audiolib. Lu par : Benjamin Jungers (durée  11h 40 env.)

29/01/18

Encore plus de bonheur, de Rachel Corenblit

Encore plus de bonheur

Nouvelle saison pour l'héroïne de Que du bonheur ! dans laquelle Angela est décidée à tout déchirer et se défaire de son image de boulet du lycée.
Donc, maintenue en seconde après des résultats très moyens l'an passé, l'adolescente prend de haut ses camarades qu'elle juge mal dégrossis, en particulier ce Félix Arthaud immédiatement classé parmi les irrécupérables. De toute manière, Angela a d'autres priorités et encore le cœur  brisé par ses précédents déboires.
Sur le plan familial, tout part en sucette - son père est partisan vegan, sa mère a viré sa cuti et son grand-père en Ariège casse sa pipe. Le monde s'effondre. Angela a tout juste eu un mois de répit avant de renouer avec les embrouilles. 
Vis ma vie d'ado teigneuse et accablée de malchance ! Cest le programme du jour, à travers cette lecture réjouissante et débordante de pep's. Un rendez-vous léger et distrayant, sympa aussi dans la forme (mise en page façon journal, petits dessins rigolos). La formule est sans doute moins surprenante, mais le ton est toujours aussi mordant, plein de mauvaise foi et de dérision. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête.
À suivre, j'espère...

éditions du Rouergue, coll. doAdo, 2017 

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Audrey retrouvée, de Sophie Kinsella

Audrey retrouvée

Victime de harcèlement au collège, Audrey vit maintenant cloîtrée chez elle et ne quitte plus ses lunettes noires. Elle tente de gérer au mieux ses émotions, suit une thérapie auprès du docteur Sarah et s'enferme à la maison où elle trouve une tranquillité d'esprit qui l'apaise et la rassure, même si le quotidien est loin d'être de tout repos chez les Turner !
En effet, sa mère a décrété l'état d'urgence pour son aîné, Frank, qu'elle juge dépendant des jeux en ligne. Le garçon a beau se défendre de s'entraîner pour le prochain tournoi international de Lord Of Conquerors, Mme Turner campe sur ses positions. Qu'il varie ses centres d'intérêt ou l'ordinateur vole à travers la fenêtre.
Caméra au poing, Audrey n'en loupe pas une miette. Sa psychiatre lui a en effet demandé de tourner un film sur sa famille pour l'obliger, à travers cet exercice, d'aller vers les autres et sortir de sa bulle. Résultat, elle rencontre Linus qui va accomplir l'exploit de percer la solide carapace de la jeune fille, rien qu'en communiquant par petits messages sur papier. 
Une révolution est en cours. Et c'est royal. Car il y a une formidable énergie qui se dégage de l'histoire et une ambiance fofolle qui fait grandement plaisir. La touche Sophie Kinsella se retrouve dans l'enchaînement des situations cocasses et dans le ton positif pour traiter des troubles paranoïaques de l'adolescente (Audrey souffre de phobie sociale, anxiété généralisée et épisodes dépressifs). Au fond, la maladie est présente, avec sa courbe tordue, ses hauts et ses bas, mais elle n'est pas envahissante, ni considérée avec commisération. L'équilibre est tout bon (au départ, je craignais que sa guérison dépende de sa relation amoureuse, mais au final on va dire que le garçon arrive juste au bon moment dans sa vie car elle est enfin prête à reprendre le train en marche).
J'ai apprécié qu'on distille de l'humour dans un sujet a priori sensible. On dévore la lecture et on sourit tout du long. Cela fait un bien fou ! C'est sensible, comique, touchant, attachant. Vraiment un très bon roman de l'auteur qui s'adresse pour la première fois à un public jeunesse ! Une réussite... une expérience à renouveler. ☺

PKJ (2016) - Trad. Juliette Lê

 

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27/01/18

Emmy & Oliver, de Robin Benway

emmy et oliver

Voisins et amis d'enfance, Emmy et Oliver sont inséparables... jusqu'au jour où, à l'âge de sept ans, le garçon est enlevé par son père et disparaît des radars. Dix ans plus tard, il resurgit sans crier gare. Pour Emmy, ce retour est celui d'un nouveau départ. Le petit garçon insouciant, qui se disait amoureux de son amie, est plus grand, plus large, plus mystérieux. Et étranger à leur vie. Sa mère, malgré l'indéfectible espoir de revoir son fils, se sent impuissante et désemparée. La disparition d'Oliver avait créé une faille et impacté la vie du quartier, d'où l'attitude surprotectrice des parents d'Emmy. Aussi, pour leur éviter des angoisses inutiles, elle leur ment depuis dix ans et dissimule qu'elle a appris le surf, se rend à des fêtes alcoolisées et s'est inscrite à l'université de San Diego, à deux heures de route de la maison. Vis-à-vis d'Oliver, Emmy se tient à distance tout en le scrutant. Résultat, elle se met à loucher et lui tire la langue la première fois qu'il pose les yeux sur elle ! Pétrifiée de honte, la jeune fille n'en mène pas large.

En fait, c'est très, très drôle. On imagine la scène et on sourit grandement. Car tout est incroyablement doux, tendre, attachant et amusant. C'est ce qui m'a immédiatement conquise. On perçoit une réelle connivence et une franche camaraderie autour d'Emmy - ses copains de toujours, Caro et Drew, sont impayables. Sa relation avec Oliver se construit sans mièvrerie et avec beaucoup de naturel. Tous les vieux réflexes se remettent en place. C'est adorable. En même temps, on suit l'évolution des uns et des autres, petits et grands, à travers des conflits de taille - comment trouver sa place dans un monde où l'on ne se retrouve pas, comment quitter le nid sans crainte du séïsme, comment lâcher la bride, comment évoquer le passé sans blesser ni accuser... C'est étonnant, en bien ! Suggéré sans prétention et avec tact. Au final, le roman possède un charme fou et fait la part belle à l'amitié comme étant un rayonnement essentiel pour s'épanouir dans l'existence. Une lecture qui réchauffe notre petit cœur tout mou. ☺

Nathan, 2017 - Trad. Anne Delcourt

 

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22/01/18

Star Trip, par Éric Senabre

Star_trip

Au cœur de cet été 1968, May Peeples soupire d'ennui dans la ferme familiale, au fin fond de l'Idaho. Et comme ses parents ont disparu du jour au lendemain, sans prévenir, elle doit s'occuper de son petit frère de sept ans, Sam, qui souffre d'un léger handicap après sa chute accidentel du toit de la grange. Depuis, le garçon est scotché devant la télévision et voue une totale admiration pour la série Star Trip et son héros le capitaine Burke.  Cherchant à tout prix à le distraire, May a l'idée de lui fabriquer une réplique du vaisseau spatial et se rend au centre commercial où elle croise, en dédicace, l'acteur Benjamin Spike. La jeune fille lui propose spontanément de rendre une visite-surprise à son plus grand fan... mais se voit sèchement rembarrer par le malotru.
De retour chez elle, May ne cesse de rager et maudire son sort. Le lendemain matin, tadam, le capitaine Burke affiche une mine contrite sur le pas de sa porte et demande à rencontrer le jeune Samuel. Surprise, mais pas dupe, la demoiselle accède à sa demande. Elle cherche néanmoins à comprendre ce brusque revirement de situation et fait appel à son petit copain, Will Finnegan, pour la soutenir dans toutes ses épreuves. Car May Peeples n'a pas fini d'être bousculée dans son quotidien... entre le harcèlement du révérend Brown à participer aux activités de son groupe de chant, la perspective d'un pique-nique champêtre, les visites flippantes du shérif Cassidy et la télévision qui tombe en panne. C'est plié ! La jeune fille pousse tout le monde dans la camionnette brinquebalante du père de Will, prend en remorque le vaisseau spatial et direction l'Utah pour son lancement dans les étoiles... 

Je ne vous cache pas que j'ai passé un vrai bon moment à tourner les pages du roman. Tout est follement extravagant et finement mis en scène. Que de plaisir à partager cette aventure conduite avec humour et dérision. On y croise une belle brochette de personnages farfelus - un sorcier indien, un couple de vieux garagistes intraitables, un propriétaire de motel façon Norman Bates - le tout dans un décor d'Amérique profonde délicieusement rétro, mais où May Peeples se sent à l'étroit. J'ai beaucoup aimé son franc-parler, son caractère indépendant, son ambition dévorante et sa complicité avec Will, si charmant et dévoué...  C'est un super road-trip à emprunter le cœur battant et le sourire aux lèvres. On ressort de là avec une sensation de bonne humeur contagieuse et distillée avec efficacité dans cette lecture fabuleusement décalée. ☺

Encore un titre de la sélection du Prix Vendredi 2017, dont Magnetic Island de Fabrice Colin & Power club : L'apprentissage d'Alain Gagnol faisaient également partie. Promis, je lis prochainement le titre lauréat !

Didier Jeunesse, 2017 

Lauréat du Prix des Ados du Festival Livres et Musiques de Deauville et  dans la sélection du Prix Vendredi 2017.

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19/01/18

Le sourire étrange de l'homme-poisson, de Tom Avery

Le sourire étrange de l'homme poissonNed et Jamie ont treize ans et sont frères jumeaux. Vivant sur l'île de Portland, dans le Dorset, les garçons aiment se ruer sur la plage, après chaque déferlement de tempête, toujours en quête de trésors (bouts de bois flottés, chaussures, vaisselles ou os de baleine) qu'ils collectionnent précieusement dans le garage. 
Un jour, pourtant, les garçons trouvent une créature étrange et méconnaissable, planquée sous des algues, un homme poisson qu'ils vont cacher, sans rien dire à personne. Ned est convaincu qu'ils vont vivre le début d'une aventure extraordinaire, tandis que Jamie pense que la créature est venue sauver son frère.
En effet,
Ned est atteint de mucoviscidose. Gravement malade, le garçon multiplie les traitements et doit souvent rester au chaud, allongé sur le canapé à regarder l'intégrale de Star Trek. Les deux frères ont également grandi en écoutant les légendes de leur grand-père, ancien pêcheur, et sont intarissables sur les étoiles, les poissons et les sirènes.
C'est donc en toute quiétude, et avec beaucoup d'admiration, que j'ai partagé la routine de cette famille, jouant des parties de Risk ou buvant du thé. J'ai aussi beaucoup aimé devenir la complice des jumeaux et préserver le secret sur Leonard (clin d'œil au Dr McCoy, médecin-chef sur L'Enterprise), tout en me posant légitimement des questions sur lui. J'ai adoré me perdre dans ce petit coin paumé de Chesil Beach, pédalant sur un vélo, bravant la pluie, le vent, le tonnerre, les vagues et le froid. Criant colère et détresse face à la mer. Espérant un chant lointain, une étoile brillante et solitaire. Soupirs.
Il y a dans ce petit roman un maelström d'émotions, qui nous fait passer du tout au tout, du rire aux larmes, de la stupeur à l'incompréhension, du rêve à la réalité, du mensonge à la triste évidence. Ce sont 200 courtes pages, qui se lisent parfois comme un conte et qui surtout ont le poids d'une lecture bouleversante. J'ai cru tenir bon, mais j'ai pleuré comme une madeleine à la fin. Suis définitivement irrécupérable.
Enfin, c'était vraiment bien... Doux, poétique et plein de finesse. Vraiment bien. Un roman qui parle de la mer et de la famille. Tout ce que j'aime. ☺

Seuil jeunesse, 2018

Traduit par Amélie Sarn. Titre VO : Not As We Know It.

Illustration de couverture : Lisa Zordan

Prolongement de lecture : À marée basse, de Jim Lynch

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#Wanted : Les étranges sœurs Wilcox, de Fabrice Colin

Londres, 1888. Qui sont ces deux orphelines qui s'aventurent la nuit dans les rues mal famées ? Ignorent-elles que Jack l'Éventreur et d'autres créatures plus terrifiantes encore y livrent une lutte sans merci ? Mais Amber et Luna Wilcox ne sont pas des jeunes filles comme les autres. Sous leur frêle apparence se cache un terrible secret...

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Dans cette histoire énigmatique et néanmoins passionnante, on croise les figures tutélaires de Sherlock Holmes, du Docteur Watson, de Bram Stoker, pour ne citer qu'eux, mais surtout on plonge littéralement dans un univers fascinant, bien campé, sombre et enivrant. Une société secrète lutte contre des forces obscures, tous les coups sont permis - meurtres, kidnappings, incendies criminels, poursuites endiablées... Et au milieu, les sœurs Wilcox tentent de comprendre l'inextricable écheveau dans lequel leur famille s'est engouffrée. Leur père a disparu, leur belle-mère joue à cache-cache et retient des informations précieuses... Amber et Luna vont être aspirées dans un tourbillon infernal. Toutefois, c'est du plaisir sur toute la ligne. Les clichés sont rebattus, revisités, bref dépoussiérés. Le lecteur n'en perd pas une miette et avale en une goulée les pages du roman.  Le rythme est enlevé, l'épopée ébouriffante. À ceci s'ajoutent des émotions à tous les étages. Des personnages attachants. Une intrigue habilement tissée. Et des personnalités légendaires. C'est envoûtant, raffiné, démoniaque. 

Je lance maintenant un appel international (#cristina_inside) pour espérer l'éventuelle parution du tout dernier tome (Le Dernier Sacrifice) promis depuis 2014.

Collection: Folio Junior - N°1629 

Illustrateur de couverture : Erwann Surcouf

 

Premier #Wanted d'une longue série.

 

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15/01/18

Calpurnia et Travis, de Jacqueline Kelly

Calpurnia et TravisTrois ans après une première rencontre enthousiasmante #1, nous retrouvons notre jeune naturaliste, Calpurnia Tate, dans sa petite ville de Fentress, en pleine campagne texane. Nous sommes en 1900, Calpurnia a bientôt treize ans et connaît déjà la frustration de grandir dans un monde où le masculin l'emporte hélas sur le féminin. Seule fille parmi six frères, Calpurnia est obligée à des leçons de piano, de tricot, de couture et à une bienséance exemplaire. Ses parents envisagent pour elle un beau mariage, alors que la jeune fille brûle d'envie de faire des études. Elle possède déjà une excellente disposition en biologie, grâce à son grand-père qui a toujours encouragé sa curiosité et son sens de l'observation. Depuis toujours, Calpurnia aime les sciences et la nature, explore le monde qui l'entoure, mène ses propres expériences et n'envisage pas l'avenir autrement. Elle s'entend beaucoup avec son jeune frère Travis, qui veut sauver toutes les créatures en détresse mais qu'il faut souvent héberger, nourrir ou soigner en cachette... défilent ainsi Armand le tatou, Bandit le raton-laveur et Scruffy le chien coyote. L'arrivée en ville d'un vétérinaire va être pour eux une formidable aubaine. En effet, suite au terrible ouragan qui a balayé Galveston, leur cousine Aggie est hébergée chez les Tate et a fait tout le voyage avec sa grosse valise et sa précieuse Underwood, dans un silence mutique, assise à côté du Docteur Pritzker. Sans le savoir, le quotidien de Calpurnia va être chamboulé par ces rencontres et par des découvertes et des révélations proches du “choc émotionnel”, comme elle dit.

Déjà trois ans que j'avais lu le roman de Jacqueline Kelly et éprouvé une vraie fascination pour son héroïne, d'où ma joie de la retrouver avec la sensation de l'avoir quittée la veille ! J'ai franchement adoré partager 360 nouvelles pages de la vie de Calpurnia ! C'est divin. La demoiselle nous raconte son monde, avec ses anecdotes bucoliques et son analyse empirique, aussi bien concernant sa famille, son éducation et ses espoirs. Tout est frais, charmant et suranné. L'approche historique est pertinente. Le XXe siècle vient de s'ouvrir, les premiers gisements de pétrole sont annoncés, la révolution industrielle est en route. Le monde de Calpurnia pourrait ainsi grandement changer, car pour l'heure on soulève encore le poids de l'injustice liée à son sexe (pour preuve, la pièce d'or reçue à son anniversaire). On vit et on ressent pleinement les joies et les peines de notre héroïne aux désirs tristement bafoués et à l'insatisfaction grossissante. Heureusement, la demoiselle a l'esprit vif et facétieux, elle ne se laisse pas abattre facilement. La lecture de cette chronique familiale est donc tout à fait exquise - j'ignore encore si l'auteur va poursuivre sa série, ce que je souhaite grandement, car je me demande jusqu'où Calpurnia sera en mesure de suivre son ambition - faire des études, placer son épargne, enrichir ses collections et bouquiner tous les ouvrages possibles. À très vite, j'espère ! ☺

Traduit de l'anglais (USA) par Dominique Kugler.
Illustration de couverture de Beth White

L'école des loisirs, 2017

Existe aussi une série pour les plus jeunes : Calpurnia, apprentie vétérinaire. Une lecture agréable, mais nettement moins riche que les deux romans.

 

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