16/10/17

Le Club de la Pluie et les Forbans de la nuit, de Malika Ferdjoukh

LE CLUB DE LA PLUIE ET LES FORBANS DE LA NUITAh, le mois de mai à Saint-Malo ! Ses jours fériés, son ciel bleu, les séances de shopping dans la ville close et les jeux dans les rochers ! Escortés de Tante Astarté, Rose, Milo et Ambroise profitent de la plage avec Clipper le chien et Rouletabille le singe, tandis que Nadget passe le weekend chez ses parents. Les enfants croisent ainsi un garçon à l'allure étrange, démarche boitante et bandeau noir sur l'œil. Long John Silver de Saint-Malo ! Il n'en faut pas davantage pour que l'imagination s'ébranle chez notre Club de la Pluie... D'ailleurs, ce jeune flibustier ne leur a pas tout dit et les manipule sans vergogne, il n'y a pas de doute, en protégeant jalousement l'entrée d'une grotte, il vient d'attiser la curiosité de nos détectives en herbe. 

Un troisième titre palpitant, où l'on plonge dans la cité malouine pour y croiser pas seulement des fantômes de corsaires, mais de vraies figures patibulaires, qui vont entraîner nos jeunes amis dans une aventure terrifiante... Woow, quelle promesse de lecture riche en sensations ! Et Malika Ferdjoukh s'entend pour embobiner son lecteur, pour le charmer et l'embarquer dans son univers. On retrouve donc sa verve poétique et savoureuse, sa tendresse à brosser ses personnages et cajoler leurs petits défauts (Nadget est étourdissante de frivolité !). J'aime cette série, et j'ai particulièrement apprécié prendre le large et faire le tour des remparts, vivre une escapade nocturne, me planquer dans des cachettes secrètes et frissonner de plaisir dans les dédales souterrains de la cité historique. Cela m'a également rappelé mes lectures du Club des Cinq de Enid Blyton ! Du charme, de l'humour, de la fantaisie et de l'amitié... cette série est un bonbon pas trop sucré qu'on déguste avec délice.

Neuf de l'école des loisirs, 2016

illustrations de Cati Baur♥

Les premiers titres de série : 

Le Club de la Pluie au pensionnat des mystères

Le Club de la Pluie brave les tempêtes

 

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03/10/17

De l'arsenic pour le goûter, de Robin Stevens

De l'arsenic pour le goûterProfitant des vacances loin de Deepdean, leur pensionnat, Hazel a été conviée par son amie Daisy à fêter son anniversaire à Fallingford, le domaine familial des Wells. Mais la jeune fille découvre bien vite une atmosphère étrange et pleine de mystères. Dans ce décor soucieux des apparences, il apparaît clairement que tous les invités ne sont pas les bienvenus, à commencer par cet insupportable Denis Curtis, ami de Lady Hastings, qui n'est autre qu'un escroc patenté. Seule la mère de Daisy est ensorcelée par ses belles paroles et ne comprend pas qu'elle est vertement abusée. Son époux, au-delà de son flegme britannique, bouscule donc la bienséance en manifestant son animosité. Et bim, un crime est commis à l'heure du thé. Sont désignés suspects tous les occupants du domaine - le majordome, la gouvernante, le camarade d'école, l'oncle, la grand-tante et même les parents de Daisy. Le club secret de détectives amateurs convoque d'urgence son assemblée pour une réunion au sommet.

Ohlàlà, comme j'ai aimé ce roman ! Avec son ambiance feutrée, son intrigue en huis-clos, ses personnages aux postures ampoulées et son inspiration vintage, j'avais la sensation de voyager dans le temps et de lire une énigme à la Agatha Christie. C'était divin, un cran au-dessus du précédent (cf. Un coupable presque parfait). J'ai donc suivi l'avancée de l'enquête avec fébrilité, ne voyant absolument rien venir du dénouement, j'ai pourtant partagé mes incertitudes et joué aux devinettes pour cerner chaque protagoniste. J'étais à fond dedans, tant l'ensemble est rondement ficelé, subtil et très habile. Absolutely fabulous, my dear. En un mot, je suis fan. Et là, on se rappelle la malédiction du tome 2 chez Flammarion Jeunesse, qui a pour mauvaise manie de ne jamais traduire les suites et d'arrêter les frais en plein vol - cf. Les incorrigibles enfants de la famille Ashton de Maryrose Wood, Avant minuit de Christopher Edge ou Les affreusement sombres histoires de Sinistreville de Christopher William Hill. La série Murder Most Unladylike Mysteries de Robin Stevens comptant six livres à ce jour, je me sens d'humeur chagrine. Ô les lois implacables de l'économie de marché. Ô toi, ami lecteur, qui passes à côté de cette lecture au charme suranné. Ô enfer et damnation d'être une lectrice incomprise. ^.^

Flammarion Jeunesse, 2017 - Trad. Faustina Fiore

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02/10/17

Apprentie sorcière, de James Nicol

Apprentie sorciereFille et petite-fille de sorcières brillantes et influentes, Arianwyn Gribble porte une lourde responsabilité sur ses épaules au moment de passer son évaluation... Face à ses résultats peu concluants, la demoiselle remballe sa honte et accepte un poste en apprentissage à Lull, petite ville paumée sur une île. À peine débarquée, Arianwyn remarque vite des détails troublants dans cette contrée. D'abord, la Grande Forêt... mystérieuse et inquiétante, de laquelle surgissent des créatures démoniaques, via des failles mal refermées. La faute à qui ? à quoi ? À un sort mal exécuté. Arianwyn est plus paumée que jamais. Heureusement, l'arrivée de sa tutrice, Mme Delafield, et la confiance aveugle de sa nouvelle amie, Sally Bowen, vont lui redonner un coup de boost. C'est sans compter Gimma Alverston, tout droit surgie de ses cauchemarsLa nièce du maire est épuisée par ses missions, elle a urgemment besoin de repos, et patati et patata. Pourtant, tout chez la chipie met la puce à l'oreille. Elle est évasive, brouillonne et godiche. Elle prétend vouloir être une amie sincère, recommencer à zéro, etc. Très étrange. Seulement, les événements se précipitent à Lull et l'Administration civile de la sorcellerie sonne l'alarme. Arianwyn doit répondre de ses maladresses, de ses approximations, elle doit aussi repasser son évaluation, expliquer ses mensonges. Bref. C'est la Bérézina.

Cette excellente lecture a su nous contenter sur toute la ligne : l'univers de la magie est foisonnant, les personnages sont attachants, l'action tourbillonne à chaque coin de page, l'énergie est étincelante. C'est une parfaite introduction à pénétrer un monde fascinant. Et ce ne sont pas les quelques 400 pages du livre qui vont me contredire - elles nous ensorcellent du début à la fin ! J'ai adoré. ♥

Gallimard Jeunesse, 2017 - Trad Faustina Fiore {The Apprentice Witch}

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28/09/17

Strada Zambila, de Fanny Chartres

strada zambilaIlinca ne pardonne pas à ses parents d'être partis en France pour effectuer un remplacement dans un cabinet médical en Normandie. Sa sœur et elle sont restées à Bucarest, coincées dans leur petit appartement avec leurs grands-parents et leur ribambelle de chats. C'est par souci économique qu'ils ont pourtant fait ce choix, mais la fillette ne veut pas l'entendre. Son amitié avec Florin, un élève rom de sa classe, lui montre aussi qu'il y a toujours moyen de s'en sortir, quand la famille se serre les coudes. Ilinca a onze ans, elle est fâchée, elle boude les appels vidéos de sa mère, elle refuse de confier ses tourments et elle trouve le temps long. Les fêtes de Noël approchent, mais elles n'ont pas le même goût cette année. Quand sa mère leur rend une visite surprise, Ilinca se prête  à rêver d'un retour à la normale. Et puis... patatras.

Fanny Chartres a passé neuf ans à Bucarest, ce qui lui a inspiré l'écriture de Strada Zambila - un joli roman sur l'enfance qui souffre du manque. Manque des parents, manque d'argent, manque de tolérance, manque de communication. Bref. L'histoire fait un petit tour d'horizon et nous promène dans les ruelles d'un pays marqué par le communisme, où la pauvreté est encore le lot quotidien, mais jamais elle ne renvoie une image misérabiliste. On visite ainsi le marché aux fleurs, la place Saint-Georges, la rue Radu Calomfirescu, on se détend à la patinoire en buvant du chocolat chaud, on déguste des sarmale avec de la mamaliga. On profite au mieux du bonheur de vivre, et on savoure l'instant présent. Cela n'efface pas les clichés contre les “cueilleurs de fraises” (ceux qui partent à l'étranger pour un avenir meilleur) ou contre les roms (les tziganes, voleurs de poules, de cuivre, etc.). Après tout, « on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». Et à Bucarest, “le clair côtoie l'obscur, mais c'est justement cette cohabitation du beau et du laid qui fait toute sa beauté”.

Un petit roman lumineux, tendre et bouleversant par ses révélations - où l'on se dit que mentir aux enfants a ses limites. Il y a une grande sincérité et de l'intelligence dans cette histoire, qui cherche à toucher au plus juste le jeune lecteur. Celui-ci se trouve face à une vie éloignée de la sienne, qu'il découvre autrement que par des idées reçues, et dont il appréciera, espérons-le, toutes les différences et les richesses culturelles. Aoleu !

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2017

Illustration de couverture : Iris de Moüy

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18/09/17

It Girl #2: Pas facile d'être une It Girl, de Katy Birchall

IT GIRLLe roman de Katy Birchall - IT GIRL - avait été mon péché mignon au moment de sa découverte, l'an dernier. J'avais adoré le personnage d'Anna, une adolescente commune et maladroite, brutalement propulsée sur le devant de la scène parce que son père fréquente une actrice à la mode.
Depuis, notre demoiselle apprend à gérer cette soudaine popularité tout en menant une vie de lycéenne empotée, d'où les vidéos la surprenant dans des situations embarrassantes et qui viennent polluer les réseaux sociaux. Qu'à cela ne tienne, Anna garde la tête haute et assume d'être un boulet. Tant que son ami Connor, qu'elle aime secrètement, continue de cerner son potentiel d'héroïne, tout roule !
Et puis, bim ! Un article vient gratouiller sa confiance en elle en déplorant le vide existentiel des fameuses “it girls” et leur incommensurable superficialité. Déjà dans le creux de la vague, car elle a le sentiment que Connor s'éloigne d'elle, Anna décide de passer à l'action et brigue le poste de capitaine sportif dans une compétition de son école. 
Pour une fille godiche et nulle en sports, l'enjeu s'annonce spectaculaire ! Mais Anna se lance dans la bataille, non seulement pour prouver à tous qu'elle n'est pas qu'une nigaude à la motricité douteuse, mais également pour attirer l'attention de Connor et récolter son premier baiser.

Youhou. Ce roman affiche crânement ses couleurs - il est drôle, savoureux, décalé, avec une héroïne extra, pleine d'autodérision, entourée d'amis et d'une famille aussi hilarants qu'elle. On assiste notamment aux préparatifs du mariage de son père et de sa dulcinée, la célèbre actrice, sauf que celle-ci s'emballe dans des délires et des projets qui mettent les nerfs de son entourage à rudes épreuves. 
On suit donc cette joyeuse frénésie à travers les échanges de mails, ou en lisant les messages de Jess, sa copine délurée et extravagante, qui pousse souvent Anna à franchir la ligne jaune. Comment ne pas ricaner en avançant dans l'histoire parsemée de petits cailloux aussi biscornus ?
Si vous êtes en quête d'une lecture distrayante et décomplexée, tentez la série IT GIRL et son humour british salvateur ! ♥

PKJ, 2017 - Trad. Juliette Lê

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13/09/17

Petits mensonges entre copines, de Barbara Dee

Petits mensonges entre copinesAu moment de partir en colo avec ses amies d'enfance, Lia, douze ans, fait une crise de panique et supplie son père de l'envoyer chez sa tante Shelby dans le Maine. Ainsi, proche de la sœur de sa mère - décédée dans un accident de voiture deux ans plus tôt - Lia pense trouver un certain réconfort et l'illusion d'avoir encore un bout de sa maman. Mais Tante Shelby est différente, elle est excentrique et gaffeuse, met souvent sa nièce dans l'embarras - se rendre au centre commercial pour acheter des soutiens-gorge sous un faux prétexte. Elle ne réalise pas combien Lia n'est pas prête à assumer les bouleversements de son corps, et qu'elle a le sentiment de se trouver au carrefour de la Ve Avenue sans la moindre idée de la direction à suivre. Lia est paumée. Ses propres copines sont en train de changer, elles ont leurs règles, elles rentrent de leurs vacances surexcitées, elles se mettent à jouer à Action ou Vérité et se lancent des défis qui viennent fragiliser l'entente du groupe. Rien ne va plus. Lia elle-même commence à raconter n'importe quoi et s'invente un été idyllique chez sa tante, alors que c'est tout le contraire.

Le roman évoque l'entrée en adolescence et son flonflon d'interrogations, sous une apparente légèreté, et épingle une bande de copines qui pensaient tout partager, mais qui au final vont se découvrir des antagonismes et se faire des coups bas. Il faut aller au-delà du côté peste et des mesquineries pour percevoir la détresse dans l'histoire, avec une héroïne qui souffre de l'absence de sa mère, qui ressent un mélange de colère, de jalousie et de désespoir à une période où tout va de travers. Il y a donc une réelle tendresse et beaucoup de sensibilité dans ce roman pour très jeunes filles (9-12 ans), dans lequel la puberté tient le premier rôle en ne cachant rien de ses exigences ni de ses contradictions. Bienvenue en Enfer. ☺

LA MARTINIERE J. - 2017 - Trad. Axelle Demoulin & Nicolas Ancion

DU MÊME AUTEUR : Les Garçons (du collège) ne sont pas (tous) des crapauds

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05/07/17

L'Île de l'oubli : dans l'univers des Descendants, de Melissa de la Cruz & lu par Nancy Philippot

DESCENDANTS 1Il y a vingt ans, tous les Méchants des contes de fée ont été bannis du royaume d'Auradon et condamnés à vivre sur une île, où ils sont maintenus prisonniers par une force magique. Exit Cruella d'Enfer, Maléfique, la Méchante Reine, Jafar et compagnie... Leurs héritiers ont ainsi grandi en n'ignorant pas les méfaits de leurs parents et en veillant à toujours combler leurs attentes les plus viles et féroces. Seulement, à vouloir susciter à tout prix la petite flamme de fierté dans la prunelle de leurs géniteurs, ils se heurtent souvent à un mur de colère froide et rageuse.

Ainsi, Mal n'a pas d'autre espoir que de subir le dégoût las de sa mère Maléfique, qui ressasse sa déception et son peu d'espoir dans les capacités de sa fille. En guerre contre la Méchante Reine, elle cultive une haine farouche entre leurs enfants, dont la jeune Evie est la victime collatérale. Cette dernière a pourtant grandi dans une bulle d'ignorance, auprès d'une mère vieillissante et obsédée par son image. Elle ne se doute donc pas d'être la cible privilégiée du plan de vengeance de Mal et essuie ses remarques sarcastiques (“bleu canard”) en raison de son look azur. Les filles vont cependant s'allier pour parvenir à retrouver l'œil du Dragon, caché dans une mystérieuse Forteresse Interdite, et rendre aux insulaires la magie dont ils ont été privés depuis des années. Pour bien faire, elles vont s'entourer de l'aide de Jay, fils de Jafar, et de Gaston, fils de Cruella. 

N'étant pas particulièrement friande de la “magie de Disney”, j'ai été agréablement surprise par cette lecture limpide et distrayante, qui s'écoute en moins de 6 heures et qui offre aussi un parfait moment d'évasion autour d'un univers que les amateurs de Disney Channel ont reconnu et fortement apprécié. Melissa de la Cruz a ravivé les souvenirs des classiques de Disney en convoquant les méchants les plus célèbres et a créé une suite avec des personnages, certes, stéréotypés mais aux liens très étroits. On croise aussi le fils de Belle et la Bête, Ben, accablé par sa charge de futur souverain, désireux de revoir certains interdits... au risque de chambouler l'équilibre de l'île. 

J'ai bien aimé l'idée générale de mettre en scène les Descendants, l'ambiance fantastique et la parfaite coordination de l'intrigue. Cela se lit - et s'écoute - avec un plaisir étonnant. C'est frais, sans prise de tête. La voix de Nancy Philippot est également très agréable à l'oreille. Une série que je conseille à vos enfants (dès 10-12 ans).


Lu par Nancy Philippot : la voix de Mal dans les films Descendants.

©2015 / 2017 Melissa de la Cruz / Hachette Livre / Disney Enterprises, Inc. Traduit par Brigitte Hébert

(P)2017 Audiolib. Durée : 5h 25

 

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La Quête d'Ewilan #2 : Les Frontières de glace, de Pierre Bottero & lu par Kelly Marot

EWILAN 2Après une découverte réjouissante de la série, cf. D'un monde à l'autre, voici déjà le deuxième volume de La Quête d'Ewilan ! 

Une courte introduction permet de remettre le lecteur dans le bain en rappelant le parcours de la jeune Camille, assistée de son ami Salim, tous deux lancés dans une aventure extraordinaire, basée dans un univers parallèle. La jeune fille a ainsi découvert ses vraies racines et son rôle dans un destin dont elle ne soupçonnait guère l'importance. Des ennemis, Ewilan en rencontre à la pelle. Mais heureusement, elle ne manque pas d'alliés pour affronter les multiples dangers ! 

J'ai de nouveau pris un plaisir fou à m'embarquer dans cette lecture, à écouter l'actrice Kelly Marot (la voix française de Jennifer Lawrence) nous raconter cette histoire au souffle épique ébouriffant. L'action est dense, les périples s'enchaînent, l'adrénaline ne faiblit jamais. C'est palpitant, sans cesse dans le mouvement, à la fois tourbillonnant et constructif.

Les personnages forment également un groupe soudé auprès de leur petite protégée. On y reconnaît les figures loyales et déterminées d'Edwin Til' Illan, le fringant maître d'armes, de Bjorn et du vieux Duom, sans oublier Ellana, la belle et fascinante Marchombre, auxquels viennent s'ajouter deux nouvelles recrues - Artis Valpierre, un Rêveur de la confrérie d'Ondiane, et Chiam Vite le Faël. Au-delà de la tension palpable, on sent une véritable complicité au sein de notre fine équipe. Les blagues fusent, les clins d'œil sont appuyés et les petits cœurs parfois s'emballent au-delà du raisonnable.

Petit à petit, la série enrichit son monde et peaufine son intrigue. De mon côté, le charme ne cesse d'opérer. J'attends déjà avec impatience la prochaine parution de la suite des aventures d'Ewilan (probablement en fin d'année, courant novembre 2017).

Série : La Quête d'Ewilan, Livre 2 - Lu par  Kelly Marot (durée : 6h 17)

©2003 / 2006 Rageot Éditeur, Paris (P)2017 Audiolib

 

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04/07/17

La soupe de poissons rouges, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

La soupe de poissons rouges

La famille des Jean-Quelque-Chose est enfin installée à Toulon, dans une grande et belle maison, dont les nombreux couloirs et autres recoins impressionnent nos bambins, avides de parties de cache-cache. Mais la colline environnante est trop tentante pour ne pas y installer une cabane et devenir leur nouveau terrain de jeux d'espionnage. Or, le territoire est disputé par la bande des Castors, que les garçons Jean vont canarder de patates grâce à une carabine... chipant sans le savoir le repas du soir, au grand mécontentement de leur maman. Ce sera gratin de chou-fleur en compensation ! Et une bonne soupe à la grimace. Nos jeunes héros ne manquent, en effet, jamais de ressources, ils composent avec l'ordinaire du quotidien pour le transformer en une folle épopée virevoltante. Ils peuvent toujours quémander auprès de leurs parents pour avoir une télé et suivre comme tout le monde La Piste aux étoiles et les épisodes de Zorro. En attendant, les garçons redoublent d'imagination et se traitent joyeusement de bananes pour se taquiner.

Dans cet épisode, on assiste également à la rentrée de Jean-B en sixième, on rencontre la voisine alsacienne qui les gave de spécialités régionales peu ragoûtantes, on se rend complice de la première boum de Jean-A, on part en mer avec Wellington et Zakouski les poissons rouges, on s'attendrit des premiers émois amoureux, on sourit aux rêves des Jean quant à leur avenir (espion comme James Bond ou écrivain comme Enid Blyton), on assiste à la pendaison de crémaillère lors d'un barbecue explosif, on prend la pose pour des photos de groupe mémorables...

Bref. Cette chronique familiale est une fois encore une lecture touchante et attachante. La lecture faite par Laurent Stocker est également malicieuse et vive, elle nous fait vivre l'histoire avec un sentiment de légèreté, de jovialité et de candeur. C'est adorable, cocasse et surtout très drôle. Un superbe rendez-vous à savourer pour toutes les générations. C'est un petit bout de nostalgie, un album de famille à partager. Et on s'y sent parfaitement bien. 

Une série incontournable, qui ravive les souvenirs d'enfance et qui raconte avec bonheur et émotion des petits fragments de vie autour d'une famille nombreuse. Super drôle et agréable à écouter. ♥

 

Illus. de couverture : Dominique Corbasson

Gallimard Jeunesse - Coll. Écoutez lire (durée 2h 15) / Juin 2017

 

Promo de l'été sur Audible avec l'intégralité du catalogue 0-10 ans à moins de 6 € (jusqu'au 31 août).

En voiture, à la plage ou en montagne, passez un bel été en famille... et en audio !

 Voir le catalogue Kids ►

 

©2007 Éditions Gallimard Jeunesse (P)2017 Éditions Gallimard Jeunesse

La soupe de poissons rouges (Histoires des Jean-Quelque-Chose 2) | Livre audio

Lu par : Laurent Stocker (version intégrale) pour Gallimard

 

☼ Écoutez, c'est l'été ! ☼

 

 

23/06/17

La maison des reflets, de Camille Brissot

La maison des refletsDaniel, quinze ans, n'a jamais quitté l'enceinte du manoir Edelweiss, où il a grandi parmi les “reflets” de personnes décédées. Cette Maison du départ est une création de son grand-père Edouard, désormais sous la responsabilité de son père Petro, et dédiée aux familles désireuses de conserver une trace de leurs disparus, afin de mieux soulager leur peine et de guider leur deuil. Ce monde d'illusions a également façonné l'horizon du garçon, qui souhaite aujourd'hui se frotter à une autre vision et plonger pour de bon dans la réalité. C'est comme ça qu'il passe par-dessus le mur de la propriété pour parcourir la ville et se rendre à la fête foraine... où il croise la douce et angélique Violette, accompagnée de sa sœur jumelle Esther. Suite à cette brève rencontre, les deux jeunes gens vont s'écrire et évoquer ensemble leur étrange existence, car ils ont en commun d'avoir vécu dans une tour d'ivoire, qui les a tenu à distance du monde réel. Daniel n'a pas d'autres amis que trois “reflets”, Elliott, Mona et Matthias, une gouvernante, Mme Elia, s'occupe de son éducation, son père vit cloîtré dans son laboratoire, seulement perturbé par les visites d'une journaliste. Un mystère plane au-dessus de la Maison Edelweiss, et Daniel compte bien en découvrir la teneur ! Il informe ainsi Violette de l'avancée de ses investigations, sans entrer dans les détails, jusqu'au jour où la jeune fille ne donne plus de nouvelles, ce qui inquiète notre ami. Autre énigme à résoudre. Autre sujet de tergiversation. 

Ce roman dégage une atmosphère étrange, mais envoûtante, avec une intrigue au charme vaporeux absolument captivante, qui propose une réflexion pertinente sur la perte, le chagrin et le deuil après la mort d'un être cher. Peut-on atténuer la souffrance avec une illusion ? Maintenir le souvenir du défunt avec son enveloppe corporelle, ses mots, ses sourires, etc. Ce que propose la Maison du départ est donc un palliatif, qui dépasse toute déontologie, mais qui réconforte les plus affligés. Et puis le système privilégie la valeur humaine et émotionnelle, donc on ne se formalise pas de l'entreprise, on ne juge pas non plus. On sent aussi une profonde empathie chez Daniel, en plus de sa jeunesse, de sa candeur et de sa spontanéité. On l'accompagne dans son histoire, où il va peu à peu perdre ses œillères et s'affranchir des apparences trompeuses, lui qui a toujours baigné dans un univers cotonneux et surprotecteur. La lecture se révèle pleine d'émotion et de richesse. C'est à la fois pudique et bouleversant. Et d'une grande sensiblité. Forcément, cela m'a interpellée et touchée.

Syros, 2017

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