29/01/15

3 femmes et un fantôme, de Roddy Doyle

« Écoute, il faut que ça cesse.
- Quoi donc doit cesser ?
- Ce truc, là, tu-ressembles-à-ta-grand-mère. Tu ressembles à ta grand-mère, tu parles comme ton grand-père, tu aboies comme le chien de ta grand-mère.
- Mary !
- Et tu as la langue aussi bien pendue qu'elle, dit Tansey. Mais c'est juste. Aucune jeunesse n'a envie qu'on lui dise qu'elle ressemble à une vieille.
- C'est pas ça du tout, dit Mary. Tout ça est stupide. 
- Mary !
- Et je ne suis pas insolente, dit Mary à Scarlett. Je ne le suis pas ! Mais c'est vraiment stupide. Genre, tu ressembles à ta grand-mère, je ressemble à la mienne. Et alors ? Ta grand-mère est un fantôme et la mienne va mourir. Et c'est la seule chose ici qui ne soit pas stupide. »

3 femmes et un fantome

Mary, douze ans, rencontre le fantôme de son arrière-grand-mère, Tansey. Morte d'une grippe à seulement vingt-cinq ans, elle ne s'est jamais consolée d'avoir abandonné sa petite fille de trois ans, Emer. Aujourd'hui celle-ci est sur son lit d'hôpital, malade et affaiblie, mais avec toujours le sens de l'humour pour accueillir chaque visite de sa petite-fille.

La présence soudaine du fantôme dans leur vie fait délier les langues. Les souvenirs remontent à la surface, chacune raconte son enfance, la rencontre de l'amour, l'espérance d'une vie longue et merveilleuse, le drame, le chagrin et la perte incommensurable. Mary n'en perd pas une miette, derrière ses airs de friponne qui rouspète tout le temps. Elle devient la dépositaire d'une histoire familiale pétrie de tendresse, de chaleur et d'abnégation.

Et c'est beau de suivre ces portraits croisés, entre mère et fille, ces récits de partage et de transmission, où retentit avec force la fibre maternelle. Roddy Doyle rend un vibrant hommage aux racines et à l'amour maternel, sans jamais sombrer dans le mélo. C'est au contraire parsemé d'humour et de sarcasme. La lecture en devient touchante, attachante, bouleversante et on a autant envie de rire que de pleurer ! Une jolie découverte.

Flammarion, coll. Tribal, septembre 2013 ♦ traduit par Marie Hermet (A Greyhound of a Girl)

« Est-ce que les fantômes boivent du thé ?
- Non, mais ce fantôme-ci aimerait beaucoup voir une tasse de thé posée devant elle. Ce serait bien plaisant. »

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24/01/15

L'Appel de la Forêt, de Jack London

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édition comprenant : L'Appel de la forêt - Le Fils du loup - Croc Blanc

 

Je voulais une lecture courte, histoire de m'évader vers le Grand Nord et ses contrées sauvages... 


description

 

Et puis j'ai découvert l'Appel de la forêt.

description



Buck est un gros chien, robuste, qui mène une vie de patachon, chez un juge, lorsqu'il est brusquement tiré de cette existence heureuse pour intégrer sous la contrainte un équipage de prospecteurs, qui partent vers les terres du Nord. Buck devient chien de traîneau, avec pour lot quotidien la loi du dominant, le goût du fouet et du gourdin, les longs kilomètres sous les intempéries et le dépassement de soi.

À l'instar de ses compagnons d'infortune, Buck va connaître la faim, le froid, les luttes de pouvoir, les abandons successifs, la bêtise humaine et la cruauté d'une aventure qui ne laisse place à aucune illusion. C'est triste, impitoyable... et poignant. Plus que pour la beauté de l'aventure, on admire ces bêtes au dévouement exceptionnel, qui préfèrent mourir sur piste plutôt qu'abandonner dans le déshonneur.

Au hasard d'une rencontre, Buck nouera une relation privilégiée avec un homme sensible et attentif, avant de lâcher prise pour céder à ses instincts primaires et répondre à l'Appel de la forêt (un juste retour aux sources !). Cette lecture est certes terriblement émouvante mais transmet une formidable leçon de vie, pleine d'espoir et de force. 

Folio junior, octobre 2014 pour la présente édition ♦ traduit par Frédéric Klein ♦ Illustrations de Jame's Prunier ♦ couverture : Olivier Balez

disponible également en  CD mp3, collection Écoutez Lire, texte lu par Aurélien Recoing, de la Comédie-Française

Appel de la foret

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23/01/15

Automne, de Jan Henrik Nielsen

Automne

Nanna et Fride vivent seules avec leur père, sur une île isolée, dans le bunker installé sous leur maison de vacances. Une épidémie a frappé la faune, la flore et la population. Il n'y a plus âme qui vive aux alentours. Un spectacle de désolation s'offre aux deux sœurs lorsqu'elles parviennent à se faufiler, pour la première fois depuis cinq ans, hors de leur cachette.

Elles doivent également se rendre en ville pour soigner leur père, qui est tombé malade. À bout de force, l'homme les encourage dans cette aventure, malgré les risques et le danger en bout de course. Elles n'ont plus le choix, traversent le lac, les bois, les routes désertées, chipent un vélo dans un centre commercial, se sustentent de boîtes de conserve, dorment dans des maisons abandonnées...

Le roman réussit un formidable exploit, en parvenant à nous tenir en haleine, sur 300 pages, en se focalisant sur l'épopée des fillettes (12 et 5 ans), livrées à un environnement hostile et inconnu. On tremble tout du long pour elles, on attend, on guette le coin de page, on se méfie du chapitre suivant. Nanna et Fride ne nous déçoivent jamais, en faisant constamment preuve de courage et de perspicacité. 

Le récit est ainsi candide et poétique mais (hélas) sans réelle action. La tension est frelatée, sans tempo, sans mesure, le temps s'écoule sans heurt. Tout est dans la suggestion. J'ai été assez surprise par l'explication finale, rocambolesque à souhait. Et par cette sensation générale de flottement. On est dans la contemplation, l'apprentissage de la vie, la complicité entre sœurs... c'est lisse, charmant, gentillet, d'une écriture simpliste, mais l'histoire manque de rythme et est un peu lente.

On trouve du charme, oui, dans ce texte sans noirceur, porté par un joli duo d'héroïnes, qui découvrent le monde avec de grands yeux ébahis. Qu'on ne se trompe pas : il est 100% accessible aux plus jeunes lecteurs.

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, janvier 2014 ♦ traduit du norvégien par Aude Pasquier ♦ couverture : Stian Hole

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22/01/15

Détectives de père en fils, de Rohan Gavin

Détectives de père en fils

Après quatre années de coma hypnotique, le brillant détective, Alan Kingsley, se réveille en sursaut, prêt à en découdre avec la Combinaison, une association du Mal qui rôde partout, à l'insu de tous. Il reprend aussitôt du service, avec l'aide de son fils Darkus qui, non seulement s'habille comme son père (en tweed) mais a appris par cœur toutes ses enquêtes pour mieux calquer son esprit de déduction.

Le duo est paré pour de palpitantes aventures, à commencer par comprendre l'étrange ascendant qu'exerce un livre, « Le Code », sur ses lecteurs. L'auteur est anonyme, son éditeur préserve son secret, même la secrétaire sort les griffes dès que le garçon fourre son nez dans leurs bureaux... L'histoire mêle habilement le mystère, le danger et l'humour, avec une belle brochette de personnages épatants (Tilly la jeune surdouée, Clive le beau-père benêt, Oncle Bill l'excentrique et bedonnant chef de Scotland Yard, Alan le narcoleptique...).

Cette nouvelle série signe les prémices de rendez-vous émoustillants, qui ne manqueront pas de charmer petits et grands lecteurs (à partir de 10 ans, préconise l'éditeur... sauf que livre fait déjà 385 pages !). L'auteur a rendu hommage à ses idoles, Conan Doyle, Dickens, Ian Fleming et Roald Dahl, à travers cette lecture pleine d'entrain et estampillée « british touch » !

Gallimard jeunesse,  octobre 2014 ♦ traduit par Anne Krief

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12/01/15

L'Anneau du Sorcier : La Quête des héros (tome 1), de Morgan Rice

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Thorgrin, le plus jeune fils d'une fratrie de quatre garçons robustes, rêve de s'enrôler dans la Légion pour échapper à son destin de berger. À seulement quatorze ans, il fait preuve d'une détermination farouche qui lui fait rencontrer Agorn, le sorcier du Roi. Celui-ci lui prédit un grand destin et lui recommande de ne jamais renoncer à son ambition. Il lui promet d'ailleurs de veiller sur lui, dans l'ombre.

En peu de temps qu'il n'en faut, et avec un culot monstre, le garçon va parvenir à s'introduire dans l'enceinte du palais royal, devenir écuyer du plus grand chevalier et s'attirer la sympathie du fils cadet du roi. Mais ce parcours fulgurant lui attirera aussi des antipathies, en devenant la cible à abattre, si jamais le complot contre le roi ne touche pas au but. Les traîtres ont déjà tout planifié !

L'âme de cette lecture s'est fortement inspirée des légendes arthuriennes, en tentant de proposer un univers original, mais encore brouillon, qui pêche à nous embarquer totalement, du fait d'une écriture trop simpliste et d'une galerie de personnages stéréotypés. L'intrigue elle-même est peu surprenante, même si elle se laisse lire sans déplaisir, elle ne marque pas les esprits et ne fait guère preuve d'une grande imagination.

On retrouve hélas tous les clichés du genre : le héros quelconque, qui déploie des capacités extraordinaires, naturellement voué à devenir l'Élu, des rivaux jaloux, une jolie damoiselle promise à un autre, un amour contrarié, des origines inavouées, un secret plus que brumeux, des obstacles à la pelle, surmontés sans frémir, et un druide qui rappelle étrangement Merlin... bref, on a déjà lu tout ça !

Albin Michel jeunesse, novembre 2014 ♦ traduit par Hélène Bury (A Quest of Heroes, book 1 : In the Sorcerer's Ring)

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09/01/15

Terre-Dragon : Le Souffle des pierres (tome 1), par Erik L'Homme

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Pourchassée par des villageois en colère, Sheylis, petite-fille d'une sorcière, se réfugie dans les montagnes où elle rencontre AEgir, un garçon couvert d'une peau d'ours, qui vient de s'échapper d'une cage où il était retenu prisonnier depuis des années. À bout de force, le garçon ne tient pas la distance et voit la jeune fille poursuivre seule sa course, après lui avoir lancé un sort de protection. Mais c'était sans savoir qu'elle allait déclencler une stupéfiante métamorphose chez ce garçon, qui ignorait alors sa nature de Dakan ! 

Qui, que, quoi ? À peine le temps de dire ouf, et les informations défilent sous nos yeux à un train d'enfer. Rythme intense, action sans temps mort et une belle brochette de personnages tous plus intriguants les uns que les autres : sorcier aveugle, scalde maladroit, guerriers, chefs de tribus ennemies, et même un tigre ! Les enjeux de l'histoire tendent encore à s'affirmer mais tissent leurs toiles dans un embrouillamini calculé.

C'est donc à force de grands gestes, de paroles truculentes et d'actions trépidantes qu'on plonge dans cette série, qui s'adresse avant tout aux plus jeunes (10-12 ans). Le ton humoristique, le déroulement simple et accessible, les héros juvéniles et leur douloureux apprentissage de la vie font de cette lecture un rendez-vous excitant, rempli de fougue et de fureur, qui ne manquera pas de séduire le plus grand nombre.

 Gallimard jeunesse, septembre 2014 ♦ couverture : Matthieu Bonhomme

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26/12/14

❄ De belles lectures de saison ! ❄

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Orpheline, sans le sou, Sophie Smith vit en pension dans une école privée à Londres. A l'approche des vacances, ses amies et elle sont invitées à se rendre en Russie pour rencontrer la princesse Volkonski. Cette dernière occupe un palais d'hiver, en rase campagne, dans la région de St-Petersburg. L'endroit est féérique, même s'il porte encore les stigmates des vieilles querelles politiques et des tragédies familiales.

Sophie est avide d'aventures merveilleuses, elle tombe sous le charme de cette princesse au charisme ravageur - énigmatique, mais envoûtant. La forêt alentour cache aussi une meute de loups, qui se manifeste la nuit, ou dans les rêves de Sophie. La jeune fille est d'ailleurs de plus en plus perdue, mélangeant la réalité et la fiction, ressassant des souvenirs de son père qui avait coutume de lui chanter une berceuse ou aimait lui raconter des légendes lointaines.

Son histoire s'éclairera à l'aube de révélations éclatantes, qui surviendront dans les derniers chapitres. Mais c'est surtout pour son fantastique décor que cette lecture est attachante. On baigne dans un cadre idyllique, au cœur de la Russie, en plein hiver, on vit et partage des activités toutes plus extraordinaires les unes que les autres (pique-nique de minuit sur un lac gelé, balades en vozok, patin à glace au coucher du soleil...). Un joli conte enchanteur, qui séduit pour sa simplicité, son élégance et sa tenue. C'est ravissant et cela m'a beaucoup plu.

Sophie et la Princesse des Loups, de Cathryn Constable - Gallimard jeunesse, trad. Alice Marchand

 

Petite feuille nenetse

Prenons notre envol pour Novgorod, dans le pensionnat Biriozy, où se trouvent trois camarades de chambrée, Pénélope, Ludmila et Sanouk. Elles trompent leur ennui en se racontant des histoires, quand débarque leur nouveau professeur de littérature, Anton Mordiev, qui leur fait découvrir un petit livre sur la civilisation nénètse (un peuple qui vit de l'élevage de rennes au-delà des Monts Oural). Mais cette lecture n'est pas du goût de la sous-directrice, Olga Petrovna, qui va tout mettre en œuvre pour les en détourner.

Avec une élégance très appréciable, Anne Bouin nous enchante, nous séduit et nous divertit en un tour de main. Car ce roman est fabuleux ! L'intrigue y est étonnamment riche et d'une imagination débordante, avec du suspense et beaucoup de poésie. On y croise aussi trois jeunes filles attachantes, liées par une amitié sincère et rafraîchissante, portées par une passion romanesque éblouissante, comprenant son petit lot de miracles. 

Naturellement cette lecture nous réserve un dépaysement assuré, à travers la belle Russie, glaçante ou fascinante, qu'on soit entre les murs du pensionnat austère, dans la très coquette isba bleue de la babouchka de Sanouk, ou sous un tchoum, à se réchauffer sous une peau de renne... Bref, le charme opère et j'ai été plus qu'enchantée par cette première approche, qui se poursuit avec Un été sibérissime et La vie est une flèche.

Petite feuille nénètse, d'Anne Bouin - L'École des Loisirs

 

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Moscou, hiver 1948. La maman de Nina Volkovitch, qui travaille au musée d'art, est arrêtée par des hommes en noir, envoyée au goulag, tandis que sa fille est expédiée manu militari dans un orphelinat. Nina, âgée de 15 ans, est une enfant chêtive, pas plus grosse ou grande qu'une enfant de huit ans. Considérée comme fille de traîtres, elle subit les brimades en silence et attend son heure pour s'enfuir et retrouver sa mère.

La suite de ses aventures sera tout aussi captivante et embarque le lecteur à travers une Russie Stalinienne effrayante, truffée de magouilles politiques scandaleuses. L'atmosphère y est certes sordide et frileuse, pourtant chaque avancée de l'histoire réserve un enthousiasme grandissant ! L'histoire n'a effectivement pas tout livré de ses secrets et autres mystères, mais l'on devine un univers foisonnant, riche et excitant.

Cette série en trois tomes est également servie par un style élégant, des propos intelligents, des personnages attachants, et propose un ton neuf et original dans le paysage actuel ! Une magnifique saga historique et fantastique.

Nina Volkovitch, de Carole Trebor - Gulf Stream

02/12/14

Black out, de Brian Selznick

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Ce beau livre de 635 pages ne doit absolument pas impressionner le jeune lecteur, car il renferme de nombreux passages illustrés racontant l'histoire de Rose, une fillette triste et solitaire, qui voue une admiration sans borne pour l'actrice du muet, Lillian Mayhew. Nous sommes en 1927, à Hoboken dans le New Jersey. Contre l'avis de son père, Rose n'hésite d'ailleurs pas à se faufiler hors de sa chambre pour assouvir sa passion et se rendre au cinéma.

Son histoire rejoint étrangement celle de Ben, qui se passe dans le Minnesota, en 1977. Le garçon vient de perdre sa mère et vit chez ses cousins, mais une question subsiste : pourquoi rêve-t-il chaque nuit de loups ? Cette interrogation rappelle naturellement celle sur ses origines, car Ben ignore qui est son père. En fouillant les affaires de sa mère, il découvre un début d'indice, une adresse à New York et un numéro de téléphone.

Ce roman nous mène ainsi vers une piste fabuleuse, celle d'un univers mystérieux et ensorcelant, où chaque petit détail va compter et trouver sa place au bout des 635 pages (qui se lisent en moins d'une heure ! promis). C'est aussi la combinaison de deux histoires touchantes, avec des personnages attachants (sans se douter, Rose et Ben ont plusieurs points communs). Leurs deux récits ont le parfum des secrets de famille, des drames et des passions... C'est captivant !

Mais l'auteur excelle dans l'art de la discrétion et la pudeur, en produisant un ouvrage raffiné, où les émotions affleurent sans réellement déborder. C'est en cela une très jolie lecture, assez éblouissante par son esthétisme (illustrations en noir et blanc, étourdissantes de précision et s'enchaînant tel un scénario animé). Elle aborde aussi un thème rare en littérature : la culture des sourds en Amérique. Ce livre n'en est que plus sensible, pertinent et admirable ! 

Bayard jeunesse, mars 2012 ♦ traduit par Danièle Laruelle (Wonderstruck)  ♦ Brian Selznick est également l'auteur de L'invention de Hugo Cabret.

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27/11/14

Cheval de guerre, de Michael Morpurgo

Cheval de guerre

J'ai longuement hésité avant de le lire, car je ne voulais pas une lecture trop triste, mais c'était avant de découvrir combien l'histoire est touchante et sincèrement prenante. Cela aurait été dommage de s'en priver.

Joey - le narrateur - est un jeune cheval fougueux, destiné à la vie de ferme. Sa rencontre avec Albert, le fils du fermier, va marquer le début d'une amitié forte et indestructible. Mais la guerre s'invite à la fête et le voit partir en France, sur les fronts, où il va se distinguer par son courage et sa ténacité. Témoin de la folie des hommes, de leur désespoir et leur bravoure, Joey va vivre mille vies en l'espace de quelques années. Et c'est son incroyable parcours que l'on suit, à travers un récit poignant et empli d'émotion. Qui aurait pu parier sur l'impact d'une telle lecture ? Franchement, c'est passionnant, saisissant de compassion et d'authenticité. J'ai été littéralement transportée !

“Cheval de guerre” marquait aussi l'entrée en scène de Michael Morpurgo dans l'édition jeunesse (1982). C'est désormais une œuvre majeure, qui a su révéler un auteur remarquable, lequel n'a jamais cessé d'écrire des romans tous plus bouleversants les uns que les autres (Soldat Peaceful, Plus jamais Mozart, Le royaume de Kensuké...). Autant de rencontres permises, qui séduiront un large public ! Ce livre a également été adapté en film par Steven Spielberg (sortie 2012). 

Gallimard jeunesse, coll. écoutez lire, mars 2012 ♦ traduit par André Dupuis (War Horse) 

Cheval de guerre CD

Lu par le jeune et talentueux Arnaud Denis qui prête sa voix au cheval Joey. Avec simplicité et émotion, il nous fait partager le quotidien mouvementé d'un cheval en temps de guerre.

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26/11/14

Un jour, de Morris Gleitzman

En Poche ! 

Un jour

Où il est question de l'holocauste et de la fin de l'innocence, mais aussi d'amour et de solidarité...

Pologne, 1942. Félix a dix ans et vit dans un orphelinat, en attendant le retour de ses parents (disparus depuis trois ans). Ces derniers, libraires, prétendent parcourir le pays pour sauver les livres et éviter qu'ils terminent au bûcher. Félix patiente en écrivant des histoires. Il a une imagination débordante, pas du tout conscience du danger et clame sa candeur à longueur de pages. Quelque part, c'est drôle et très attachant, même si cette naïveté fait un peu froid dans le dos. Car tout ce que nous raconte le garçon ne masque pas la terrible réalité : l'occupation allemande, l'horreur nazie, l'holocauste, etc.

Un jour, Félix décide pourtant de quitter l'orphelinat pour retrouver ses parents. En chemin, il sauve une fillette de six ans, Zelda, d'une maison en feu et entreprend de continuer l'aventure avec elle. Ils seront, hélas, arrêtés et conduits au ghetto juif où un vieux dentiste, Barney, va les prendre sous son aile. Nouvelles arrestations, autres tentatives de fuite, bref les péripéties ne manquent pas ! Et notre cœur bat à tout rompre.

Ce petit roman est extraordinaire. Il alterne les émotions fortes aux séquences légères et désopilantes, puisque l'histoire est racontée par Félix lui-même (dix ans et d'une naïveté confondante). Mais son innocence fait aussi tout le charme du livre ! Confronté à la réalité du terrain (les fusillades sauvages, les convois vers la mort, la délation, le vol des biens d'autrui, etc.), l'enfant sera meurtri et déçu, mais conservera cette volonté de toujours se raconter des histoires, pour oublier la laideur qui l'entoure et se donner du courage.

Cette lecture, c'est vraiment une petite perle de douceur (et d'humour) dans un univers de brutes ! Adorable et attachant, ce livre devrait être prescrit dans toutes les bibliothèques des écoles.  

Folio junior, novembre 2014 ♦ traduit par Valérine Le Plouhinec (Once & Then)

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