05/07/17

L'Île de l'oubli : dans l'univers des Descendants, de Melissa de la Cruz & lu par Nancy Philippot

DESCENDANTS 1Il y a vingt ans, tous les Méchants des contes de fée ont été bannis du royaume d'Auradon et condamnés à vivre sur une île, où ils sont maintenus prisonniers par une force magique. Exit Cruella d'Enfer, Maléfique, la Méchante Reine, Jafar et compagnie... Leurs héritiers ont ainsi grandi en n'ignorant pas les méfaits de leurs parents et en veillant à toujours combler leurs attentes les plus viles et féroces. Seulement, à vouloir susciter à tout prix la petite flamme de fierté dans la prunelle de leurs géniteurs, ils se heurtent souvent à un mur de colère froide et rageuse.

Ainsi, Mal n'a pas d'autre espoir que de subir le dégoût las de sa mère Maléfique, qui ressasse sa déception et son peu d'espoir dans les capacités de sa fille. En guerre contre la Méchante Reine, elle cultive une haine farouche entre leurs enfants, dont la jeune Evie est la victime collatérale. Cette dernière a pourtant grandi dans une bulle d'ignorance, auprès d'une mère vieillissante et obsédée par son image. Elle ne se doute donc pas d'être la cible privilégiée du plan de vengeance de Mal et essuie ses remarques sarcastiques (“bleu canard”) en raison de son look azur. Les filles vont cependant s'allier pour parvenir à retrouver l'œil du Dragon, caché dans une mystérieuse Forteresse Interdite, et rendre aux insulaires la magie dont ils ont été privés depuis des années. Pour bien faire, elles vont s'entourer de l'aide de Jay, fils de Jafar, et de Gaston, fils de Cruella. 

N'étant pas particulièrement friande de la “magie de Disney”, j'ai été agréablement surprise par cette lecture limpide et distrayante, qui s'écoute en moins de 6 heures et qui offre aussi un parfait moment d'évasion autour d'un univers que les amateurs de Disney Channel ont reconnu et fortement apprécié. Melissa de la Cruz a ravivé les souvenirs des classiques de Disney en convoquant les méchants les plus célèbres et a créé une suite avec des personnages, certes, stéréotypés mais aux liens très étroits. On croise aussi le fils de Belle et la Bête, Ben, accablé par sa charge de futur souverain, désireux de revoir certains interdits... au risque de chambouler l'équilibre de l'île. 

J'ai bien aimé l'idée générale de mettre en scène les Descendants, l'ambiance fantastique et la parfaite coordination de l'intrigue. Cela se lit - et s'écoute - avec un plaisir étonnant. C'est frais, sans prise de tête. La voix de Nancy Philippot est également très agréable à l'oreille. Une série que je conseille à vos enfants (dès 10-12 ans).


Lu par Nancy Philippot : la voix de Mal dans les films Descendants.

©2015 / 2017 Melissa de la Cruz / Hachette Livre / Disney Enterprises, Inc. Traduit par Brigitte Hébert

(P)2017 Audiolib. Durée : 5h 25

 

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La Quête d'Ewilan #2 : Les Frontières de glace, de Pierre Bottero & lu par Kelly Marot

EWILAN 2Après une découverte réjouissante de la série, cf. D'un monde à l'autre, voici déjà le deuxième volume de La Quête d'Ewilan ! 

Une courte introduction permet de remettre le lecteur dans le bain en rappelant le parcours de la jeune Camille, assistée de son ami Salim, tous deux lancés dans une aventure extraordinaire, basée dans un univers parallèle. La jeune fille a ainsi découvert ses vraies racines et son rôle dans un destin dont elle ne soupçonnait guère l'importance. Des ennemis, Ewilan en rencontre à la pelle. Mais heureusement, elle ne manque pas d'alliés pour affronter les multiples dangers ! 

J'ai de nouveau pris un plaisir fou à m'embarquer dans cette lecture, à écouter l'actrice Kelly Marot (la voix française de Jennifer Lawrence) nous raconter cette histoire au souffle épique ébouriffant. L'action est dense, les périples s'enchaînent, l'adrénaline ne faiblit jamais. C'est palpitant, sans cesse dans le mouvement, à la fois tourbillonnant et constructif.

Les personnages forment également un groupe soudé auprès de leur petite protégée. On y reconnaît les figures loyales et déterminées d'Edwin Til' Illan, le fringant maître d'armes, de Bjorn et du vieux Duom, sans oublier Ellana, la belle et fascinante Marchombre, auxquels viennent s'ajouter deux nouvelles recrues - Artis Valpierre, un Rêveur de la confrérie d'Ondiane, et Chiam Vite le Faël. Au-delà de la tension palpable, on sent une véritable complicité au sein de notre fine équipe. Les blagues fusent, les clins d'œil sont appuyés et les petits cœurs parfois s'emballent au-delà du raisonnable.

Petit à petit, la série enrichit son monde et peaufine son intrigue. De mon côté, le charme ne cesse d'opérer. J'attends déjà avec impatience la prochaine parution de la suite des aventures d'Ewilan (probablement en fin d'année, courant novembre 2017).

Série : La Quête d'Ewilan, Livre 2 - Lu par  Kelly Marot (durée : 6h 17)

©2003 / 2006 Rageot Éditeur, Paris (P)2017 Audiolib

 

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04/07/17

La soupe de poissons rouges, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

La soupe de poissons rouges

La famille des Jean-Quelque-Chose est enfin installée à Toulon, dans une grande et belle maison, dont les nombreux couloirs et autres recoins impressionnent nos bambins, avides de parties de cache-cache. Mais la colline environnante est trop tentante pour ne pas y installer une cabane et devenir leur nouveau terrain de jeux d'espionnage. Or, le territoire est disputé par la bande des Castors, que les garçons Jean vont canarder de patates grâce à une carabine... chipant sans le savoir le repas du soir, au grand mécontentement de leur maman. Ce sera gratin de chou-fleur en compensation ! Et une bonne soupe à la grimace. Nos jeunes héros ne manquent, en effet, jamais de ressources, ils composent avec l'ordinaire du quotidien pour le transformer en une folle épopée virevoltante. Ils peuvent toujours quémander auprès de leurs parents pour avoir une télé et suivre comme tout le monde La Piste aux étoiles et les épisodes de Zorro. En attendant, les garçons redoublent d'imagination et se traitent joyeusement de bananes pour se taquiner.

Dans cet épisode, on assiste également à la rentrée de Jean-B en sixième, on rencontre la voisine alsacienne qui les gave de spécialités régionales peu ragoûtantes, on se rend complice de la première boum de Jean-A, on part en mer avec Wellington et Zakouski les poissons rouges, on s'attendrit des premiers émois amoureux, on sourit aux rêves des Jean quant à leur avenir (espion comme James Bond ou écrivain comme Enid Blyton), on assiste à la pendaison de crémaillère lors d'un barbecue explosif, on prend la pose pour des photos de groupe mémorables...

Bref. Cette chronique familiale est une fois encore une lecture touchante et attachante. La lecture faite par Laurent Stocker est également malicieuse et vive, elle nous fait vivre l'histoire avec un sentiment de légèreté, de jovialité et de candeur. C'est adorable, cocasse et surtout très drôle. Un superbe rendez-vous à savourer pour toutes les générations. C'est un petit bout de nostalgie, un album de famille à partager. Et on s'y sent parfaitement bien. 

Une série incontournable, qui ravive les souvenirs d'enfance et qui raconte avec bonheur et émotion des petits fragments de vie autour d'une famille nombreuse. Super drôle et agréable à écouter. ♥

 

Illus. de couverture : Dominique Corbasson

Gallimard Jeunesse - Coll. Écoutez lire (durée 2h 15) / Juin 2017

 

Promo de l'été sur Audible avec l'intégralité du catalogue 0-10 ans à moins de 6 € (jusqu'au 31 août).

En voiture, à la plage ou en montagne, passez un bel été en famille... et en audio !

 Voir le catalogue Kids ►

 

©2007 Éditions Gallimard Jeunesse (P)2017 Éditions Gallimard Jeunesse

La soupe de poissons rouges (Histoires des Jean-Quelque-Chose 2) | Livre audio

Lu par : Laurent Stocker (version intégrale) pour Gallimard

 

☼ Écoutez, c'est l'été ! ☼

 

 

23/06/17

La maison des reflets, de Camille Brissot

La maison des refletsDaniel, quinze ans, n'a jamais quitté l'enceinte du manoir Edelweiss, où il a grandi parmi les “reflets” de personnes décédées. Cette Maison du départ est une création de son grand-père Edouard, désormais sous la responsabilité de son père Petro, et dédiée aux familles désireuses de conserver une trace de leurs disparus, afin de mieux soulager leur peine et de guider leur deuil. Ce monde d'illusions a également façonné l'horizon du garçon, qui souhaite aujourd'hui se frotter à une autre vision et plonger pour de bon dans la réalité. C'est comme ça qu'il passe par-dessus le mur de la propriété pour parcourir la ville et se rendre à la fête foraine... où il croise la douce et angélique Violette, accompagnée de sa sœur jumelle Esther. Suite à cette brève rencontre, les deux jeunes gens vont s'écrire et évoquer ensemble leur étrange existence, car ils ont en commun d'avoir vécu dans une tour d'ivoire, qui les a tenu à distance du monde réel. Daniel n'a pas d'autres amis que trois “reflets”, Elliott, Mona et Matthias, une gouvernante, Mme Elia, s'occupe de son éducation, son père vit cloîtré dans son laboratoire, seulement perturbé par les visites d'une journaliste. Un mystère plane au-dessus de la Maison Edelweiss, et Daniel compte bien en découvrir la teneur ! Il informe ainsi Violette de l'avancée de ses investigations, sans entrer dans les détails, jusqu'au jour où la jeune fille ne donne plus de nouvelles, ce qui inquiète notre ami. Autre énigme à résoudre. Autre sujet de tergiversation. 

Ce roman dégage une atmosphère étrange, mais envoûtante, avec une intrigue au charme vaporeux absolument captivante, qui propose une réflexion pertinente sur la perte, le chagrin et le deuil après la mort d'un être cher. Peut-on atténuer la souffrance avec une illusion ? Maintenir le souvenir du défunt avec son enveloppe corporelle, ses mots, ses sourires, etc. Ce que propose la Maison du départ est donc un palliatif, qui dépasse toute déontologie, mais qui réconforte les plus affligés. Et puis le système privilégie la valeur humaine et émotionnelle, donc on ne se formalise pas de l'entreprise, on ne juge pas non plus. On sent aussi une profonde empathie chez Daniel, en plus de sa jeunesse, de sa candeur et de sa spontanéité. On l'accompagne dans son histoire, où il va peu à peu perdre ses œillères et s'affranchir des apparences trompeuses, lui qui a toujours baigné dans un univers cotonneux et surprotecteur. La lecture se révèle pleine d'émotion et de richesse. C'est à la fois pudique et bouleversant. Et d'une grande sensiblité. Forcément, cela m'a interpellée et touchée.

Syros, 2017

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22/06/17

Le groupe, de Jean-Philippe Blondel

Le GroupeFrançois Roussel est prof d'anglais dans un lycée de province et auteur de plusieurs romans (toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé, blablabla), lorsque sa collègue de philo, Marion Grand, lui propose d'animer un atelier d'écriture. Séduit par l'idée, il est également surpris par la participation des dix élèves de Terminale, toutes orientations confondues, et par leur motivation, séance après séance, à se frotter à ses exercices de style, visant à mettre leur âme à nu. Après la timidité du début, vient le relâchement. Cette liberté de tout dire, tout écrire, sans peur du regard des autres. Le groupe lâche prise et se libère des faux-semblants, mais avec toujours une certaine pudeur pour leur tenir la main et le stylo.

Il règne autour du groupe et de leur atelier une sensation de bulle réconfortante, qui fait que l'on s'y sent bien. On s'installe dans un coin, on écoute les langues se délier, les mots couler sur le papier. JP Blondel a ce don manifeste de créer une ambiance, d'installer des personnages, de nous amadouer avec délicatesse et de nous donner l'illusion d'être partie intégrante du microcosme. J'ai beaucoup aimé me plonger dans cette atmosphère, lire des bouts d'histoire, croiser des bouts de chemin, nouer des bouts de ficelle. On s'attache au groupe, mais on préserve aussi de la distance car la position d'oreille attentive ou de simple dépositaire est également très appréciable.

125 pages plus tard, j'ai refermé le livre en éprouvant une sensation de plénitude et de bonheur d'avoir partagé ces instants précieux et uniques. C'est sans nul doute un très bon roman qui a remué chez les êtres de papier et le lecteur des sentiments multiples mais bienfaisants. Un rendez-vous particulièrement délectable.

Actes Sud Junior, 2017

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16/06/17

Les filles de Brick Lane, Tome 1 : Ambre, de Siobhan Curham

Les filles de Brick LaneAdolescente rêveuse, fascinée par Oscar Wilde, Ambre aime s'habiller comme un dandy, écrire ou photographier des oiseaux morts. Ses excentricités ne sont toutefois pas du goût de ses camarades, qui ne se gênent pas pour la railler et la traitent de lesbienne, simplement parce qu'elle vit avec deux papas. Un  soir, elle décide de lancer une bouteille à la mer et de créer une société secrète en faisant appel aux Filles de Brick Lane “qui rêvent de liberté et d'aventure” et “veulent décrocher la lune”. Sky et Maali répondent à son annonce, ainsi que Rose.

La première, Sky, est aussi une jeune poète virtuose. Elle vit sur une péniche avec son père et ne se rend pas au lycée car elle suit des cours à domicile. Toutefois, leur bulle de confort va être compromise par la décision paternelle de vivre sous le toit de son amoureuse, qui n'est autre que la mère de Rose ! Cette dernière n'accueille pas non plus la nouvelle en sautant de joie. Élevée dans le culte du mannequinat, l'adolescente est en guerre avec sa mère. Lassée des castings, Rose souhaiterait se lancer dans la pâtisserie... brisant ainsi les rêves et l'ambition dévorante de sa mère. De son côté, Maali souffre de sa timidité maladive et aimerait briser sa coquille, sans aller à l'encontre des valeurs de sa famille hindoue.

Entre désirs refoulés, espoirs fous ou lubies assumées, les Filles de Brick Lane se livrent peu à peu une confiance aveugle et partagent leurs peines, leurs soucis, leurs angoisses. Le roman aborde aussi des thèmes actuels et marquants, comme le harcèlement, l'homophobie, l'agression sexuelle ou le slut-shaming, malheureusement le traitement général apparaît trop prévisible, avec des héroïnes lisses et stéréotypées. La lecture est hélas convenue et lassante (cible public dès 13 ans). Série à suivre, parution du tome 2 fin août 2017.

Flammarion Jeunesse, 2017 - Trad. Marie Hermet [The Moonlight Dreamers]


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14/06/17

Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh *** nouvelle édition ***

♥♥♥ NOUVELLES COUVERTURES de la tétralogie des QUATRE SOEURS par CATI BAUR ♥♥♥

Quatre soeurs tome 1 EnidQuatre soeurs tome 2 HortenseQuatre soeurs tome 3 BettinaQuatre soeurs tome 4 Genevieve

Aaaah, qu'est-ce que c'est bien comme série ! Au risque de me répéter, et gazouiller niaisement des mots d'amour, cette lecture est mon instant doudou par excellence. On trouve tout dans cette série : de l'humour, de la tendresse, des frangines extras, des colères, des larmes, des gratins, des coups de cœur, des gamins turbulents, des vacances, des garçons, des copines, des premières amours, des ruptures, des fantômes, des lettres, des robes, des chansons et des danses, des coups de fil, des coups de déprime, des câlins, des cafards, des bisous, des poireaux, des cigarettes, des cerises et des nuits blanches...

Collection Médium poche - 6,80€ le volume - Date de sortie pour cette édition : 14.06.2017

Année de 1ère parution : 2003

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09/06/17

Confessions d’une catastrophe ambulante : Le journal de Chloe Snow, de Emma Chastain

Confessions d’une catastrophe ambulanteChloe Snow a quatorze ans et la trouille au ventre de rentrer au lycée (qui commence par l'année de troisième aux USA) sans avoir jamais embrassé un garçon ! Il est plus que temps d'y remédier, aussi dresse-t-elle une courte liste de futurs prétendants en tirant des plans sur la comète. C'est assuré du soutien de sa meilleure amie, Hannah, que Chloe va multiplier les sourires, les contacts, les suivis sur les réseaux sociaux... S'éparpiller pour mieux atteindre son but ? CQFD. Face à son succès, notre adolescente en perd la tête mais risque également de se brûler les ailes, ouille !

À la maison, rien ne va plus également. Son père est aux petits soins pour elle, depuis que sa mère est partie au Mexique pour écrire son roman, juste pour quatre mois, la cohésion familiale est quelque peu ébranlée. En attendant son retour, la jeune fille rédige son journal intime où elle rapporte TOUT pour ne rien oublier. Les journées passent, le bilan des conquêtes est au point mort, alors que son amie Hannah vit sa première grande histoire d'amour, en cachette de ses parents. Chloe compense sa frustration en multipliant les pistes, entre Tristan, son nouveau confident, Zach, le musicien au look rebelle, ou Mac, le sportif sûr de son charme et à la petite amie sublime... 

Chloe Snow brille par sa mauvaise foi, ses maladresses et ses audaces mal placées. Elle vient aussi de décrocher le premier rôle de la comédie musicale organisée par sa prof de théâtre, s'attire les foudres de la jalousie, ne touche plus terre et batifole avec l'interdit. À force de jouer ce jeu dangereux, Chloe bascule dans la zone rouge. Crise générale. Il faut sauver le soldat Snow. On a donc une lecture honteusement délectable, même si elle parle essentiellement de garçons et de baisers baveux. Mais on s'attache à l'héroïne, fofolle et inconséquente, et on suit son parcours à la va-comme-je-te-pousse avec des yeux hallucinés. Chloe fait tout de travers, et va heureusement apprendre de ses erreurs. Cela se lit sur le ton de l'humour - second degré - c'est léger, futile et ça dégouline d'hormones en folie. Contient aussi des propos crus, pour les plus farouches. ^-^

Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2017

Trad. Nathalie Peronny [Confessions of a High School Disaster: Chloe Snow's Diary]

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Toute la beauté du monde n'a pas disparu, de Danielle Younge-Ullman

Tout la beauté du mondeEnvoyée à Peak Wilderness, un camp d'été dans la nature la plus sauvage, dans les conditions les plus rudes, avec un groupe d'adolescents ravagés du bocal, Ingrid doit tester au mieux sa résistance pour prouver à sa mère sa force de caractère avant d'intégrer une prestigieuse école de chant. Celle-ci, Margot-Sophia Lalonde, également une ancienne cantatrice, désapprouve totalement son choix. C'est comme réveiller un vieux traumatisme, auquel sa mère est encore prisonnière, et non merci.

Le jour où sa carrière a brutalement pris fin sur scène, face à un public ébahi, Margot-Sophia n'a plus du tout été la même. Prostrée dans sa chambre, dans un état dépressif, elle a complètement ignoré sa fille, livrée à elle-même, avant de refaire surface pour mener une existence banale et ordinaire, de laquelle elle a effacé toute trace de son passé. Nul ne pouvait évoquer son drame ou sa vie d'avant en sa présence. Et Ingrid a grandi dans l'ombre de cette mère dévastée par un gouffre jamais comblé, ne sachant jamais comment faire pour lui plaire ou la satisfaire.

Ingrid débarque ainsi à Peak Wilderness sans se douter du sort qui l'attend, elle qui s'imaginait passer trois semaines dans des cabanes en bois, autour d'un feu de camp, en communion avec des compagnons épris de nature et attentifs à leur bien-être intérieur, la voilà en train de s'aventurer dans un trek épuisant, éprouvant et fracassant. Le vrai choc. Ingrid va pourtant s'accrocher, se découvrir une endurance à toute épreuve, et en même temps, crever l'abcès qui l'empoisonne depuis l'enfance. 

Suivre le parcours de cette héroïne combative et attachante a été sincèrement stimulant. J'ai souvent souri, beaucoup compati, malgré moi gloussé et halluciné à la lecture de son apprentissage, mais c'est raconté à la fois avec fraîcheur, humour et ironie. Il faut lire toutes les lettres que la jeune fille adresse rageusement à sa mère, sa montagne de reproches tournés en dérision, sa sensation de subir un rite initiatique auquel elle n'était pas préparée (et on la comprend, imaginez vous balader avec vos papiers WC usagés pour protéger l'environnement... eh ouais !). Bref. Le roman cache aussi une bonne couche d'émotions, en traçant les contours d'une relation mère-fille conflictuelle et bancale, on l'appréhende au compte-gouttes et on reçoit l'onde sismique avec autant d'effarement que d'incompréhension. Mais on ressort de cette histoire émouvante en inspirant bien fort et en levant le nez vers le soleil. C'est tout plein d'espoir, d'amour et de résilience. Un concentré de passion, de détermination et d'énergie positive. Top. ♥

Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2017

Trad. Laetitia Devaux [Everything beautiful is not ruined]

 

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08/06/17

La plus grande chance de ma vie, de Catherine Grive

La plus grande chance de ma vie« C'est toujours moi qui gagne. Le billet trouvé par terre, la fève dans la galette, la dernière paire à ma taille, c'est pour moi. C'est comme ça, j'ai de la chance. C'est dans mes gènes, mes parents travaillent à la Française des jeux. »

Juliette a toujours cru en sa bonne étoile, jusqu'à ce que l'ambiance à la maison vire à la soupe à la grimace. Son père est intenable, fait des remarquables piquantes, insinue que sa fille n'est pas sa fille, puis claque la porte de l'appartement et demande le divorce. Sortez les violons. Mère et fille se serrent les coudes, elles sortent ensemble, font du shopping, mangent des éclairs au chocolat, oublient leurs soucis et encaissent les coups durs. Lorsque son père demande un test de paternité pour réclamer la preuve de son lien avec Juliette - eh ouais - c'est une autre bombe qui leur tombe sur la tête. Les résultats révèlent que l'adolescente n'est ni sa fille, ni celle de sa mère. Qui est-elle alors ? Après enquête, elles apprennent qu'une infirmière un peu dingue a inversé deux bébés après leur naissance. L'affaire éclate au grand jour, cellule de crise en perspective et six personnes chamboulées. 

Pour Juliette, les questions se bousculent dans la tête, lui donnent des idées noires, la projettent dans la perspective d'une autre vie et lui broient le cœur d'imaginer sa maman en préférer une autre, etc. Ce portrait de jeune fille vulnérable, en équilibre précaire, est très touchant, frappant de vérité, tour à tour poignant, sincère et vrai. Pour dire, je reconnaissais à maintes reprises des traits de ma propre fille, avec ce caractère à fleur de peau, cette volonté farouche de réclamer de l'attention, ce besoin de comprendre et d'être rassurée... J'ai beaucoup aimé ce roman, il est court - 140 pages - mais a cette capacité de vous absorber dans sa bulle tout en délivrant une histoire bouleversante et qui interpelle. Après tout, “l'amour est un choix, il ne faut pas se forcer”. 

Rouergue Jeunesse, coll. doAdo, 2017

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