16/09/14

Kevin et les extraterrestres : Et voilà le travail ! de Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec

Laurent Rivelaygue

Ce livre est la suite de Restons calmes ! où nous retrouvons Kevin, dix ans, futur Justicier Fantôme, ses parents, son chien Rufus et ses trois amis qui viennent de l'espace (eh oui) : Cassius le jaune, Napo le rouge et Albert le bleu. Ces deux derniers ont tenté une expédition retour vers leur planète et n'ont pas donné de nouvelles, de quoi inquiéter leur compère resté en rade, Cassius, le monstre vorace, grand amateur de jambons. Kevin aussi se fait du souci pour son chien, qui a mystérieusement disparu dans la foulée. 

Les infos régionales devenant inquiétantes, toute la famille décide de se rendre à Saint-Antoine-des-Mouches, théâtre d'événements troublants. Les témoins sont formels et déclarent avoir vu une boule de feu dans le ciel et croisé des silhouettes hors normes dans la forêt... Plus de doute possible : nos extraterrestres sont dans les parages. À Kevin et ses parents de les retrouver avant d'exciter la curiosité journalistique ! 

Cette aventure cultive un sens du burlesque impayable, qui donne aux lecteurs une envie de sourire constamment. Le casting est parfait : une famille ordinaire, la maman zen, le papa au bord de la crise de nerfs, le fiston débrouillard... et son nouveau copain, Aboubacar, sacrément coquin. Les extraterrestres aussi décrochent le pompon : ils sont des sources à problèmes ambulantes, et rien que pour ça on les adore ! Le tout, raconté sur une petite note de naïveté, avec un zeste de dérision, est absolument désopilant, agrémenté des illustrations d'Olivier Tallec qui enfoncent le clou de l'humour et la bonne humeur.

Une chouette série, originale et humoristique chez Père Castor (mai 2014).

Et si les rencontres du 3ème Type enflamment votre imagination, faites également la connaissance de 
Raoul et Glouglou,

Raoul et Glouglou T02 de Francisco Lopez et Frédéric Tome

mais aussi de Kiki et Aliène, des Touristes venus d'ailleurs

Kiki et Aliène

Encore des duos formidables et déjantés, avec lesquels on partage des aventures pleines de peps, qui se transforment souvent en catastrophes ! Le format est simple : des histoires courtes, présentées en 2-3 planches de dessins, avec des chutes hilarantes. Une marque de fabrique chez BD Kids qui est souvent en phase avec les envies des lecteurs (humour, dérision, esthétisme simple, coloré et branché).

de Francisco Lopez et Frédéric Thome (mars 2013)  /  Paul Martin et Nicolas Hubesch (février 2014)

 


15/09/14

Nouveau look (pour une nouvelle vie) : John Green

« Je pars en quête d'un Grand Peut-Être »

Qui es-tu, Alaska

Culver Creek est un pensionnat destiné aux enfants dotés d'une intelligence supérieure. Miles Halter, le narrateur, y fait son entrée et se lie d'amitié avec un groupe de jeunes gens : le (prétendu) Colonel, Takumi et la délicieuse et sexy Alaska Young. Celle-ci cristallise tous ses désirs, le garçon est subjugué et pourrait se plier à tous ses caprices sans jamais protester. Et puis, la belle disparaît. Devenue une énigme, elle continue d'alimenter les fantasmes et est au cœur des spéculations les plus folles. Miles, lui, va chercher à percer le mystère. 

Très beau roman, très fort, baignant dans une atmosphère érudite et délicieusement excentrique (qui n'est pas sans rappeler le roman de Donna Tartt, Le Maître des illusions). Les personnages sont brillants et renvoient une image positive et galvanisante. Le principe de vivre en vase clos exacerbe les passions : les amitiés sont fusionnelles, le moindre pépin devient alors une épreuve intolérable et douloureuse. Mais ce qu'il se trame à Culver Creek est et demeure secret. Même entre eux, les adolescents jouent un rôle, adoptent des noms de code, sont insaisissables.  

Un superbe roman, singulier et passionnant, flamboyant par ses excès (l'adolescence est un luxe), on passe facilement du rire aux larmes, sans rien y comprendre !

 

« Margo a toujours adoré les mystères. Et la suite des événements n'a cessé de me prouver qu'elle les aimait tellement qu'elle en est devenue un. »

La face cachée de Margo

« Margo était le seul mythe vivant habitant à côté de chez moi. Margo Roth Spiegelman, dont le nom aux six syllabes était souvent prononcé avec une sorte d'admiration muette. Margo Roth Spiegelman, dont le récit des aventures épiques traversait le lycée, tel un orage d'été : un vieil homme de Hot Coffee dans le Mississippi lui avait appris à jouer de la guitare dans sa masure. Margo Roth Spiegelman avait passé trois jours dans un cirque qui lui avait trouvé un don pour le trapèze. Margo Roth Spiegelman avait bu une tisane en coulisse avec les Mallionaires à l'issue d'un concert à Saint-Louis, quand tout le monde était au whisky. Margo Roth Spiegelman avait réussi à assister au concert en racontant aux videurs qu'elle était la copine du bassiste. Mais enfin comment se faisait-il qu'ils ne la reconnaissaient pas, franchement les mecs, je m'appelle Margo Roth Spiegelman, si vous pouviez retourner en coulisse demander au bassiste de venir voir à quoi je ressemble, il vous dirait que si je ne suis pas sa copine, il rêverait que je le devienne. Alors les videurs y étaient allés et le bassiste avait dit : Oui, c'est ma copine, laissez-la entrer. Et plus tard, il avait essayé de la brancher et elle avait repoussé le bassiste des Mallionaires ?
Ces histoires, quand elles étaient racontées à d'autres, se terminaient invariablement par des Tu le crois, ça ? 
Ce qui était effectivement difficile, bien qu'elles se soient toutes révélées vraies. »

L'intrigue est très ressemblante au titre précédent : le narrateur, Quentin, est fasciné par sa voisine, Margo Roth Spiegelman. Mais la jeune fille cultive ses secrets et disparaît de la circulation, sans explication. Une fois encore, le garçon part en quête de vérité, pas toujours bonne à entendre. On ne rechigne pas à lire un roman de John Green, jamais. C'est l'assurance d'une écriture impeccable et de bon goût, mais les rouages ici sont tout de même trop proches du premier livre de l'auteur. Donc, mieux vaut ne pas les enchaîner l'un après l'autre... c'est trop perturbant ! On confond les personnages et on mélange les histoires, la frontière est floue.

Mais c'est un bon roman, drôle, brillant, avec des personnages attachants et une vision de l'adolescence qui me touche personnellement. 

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, rééd. août 2014 ♦ traduit par Catherine Gibert 

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à suivre, prochainement... 

Will et Will

« Quand j'étais petit, mon père me disait toujours : "Dans la vie, Will, on peut choisir ses amis, on peut se moucher devant ses amis, mais on ne peut jamais moucher ses amis." Observation qui me semblait fort pertinente du haut de mes huit ans, mais qui s'est révélée fausse par bien des aspects. Pour commencer, personne ne choisit vraiment ses amis, sans quoi je n'aurais jamais atterri avec Tiny Cooper. »

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10/09/14

Le Club De La Pluie (série), de Malika Ferdjoukh

Ces histoires ont été publiées dans la revue Moi je lis en 2010 et 2011. Elles font peau neuve avec cette double publication en s'affichant sous des couvertures signées Cati Baur. Un rendez-vous immanquable, qui rappelle vaguement le Club des Cinq, au ton moderne et pétillant. J'ai adoré !!

Club de la Pluie au pensionnat des mystères  Le Club de la Pluie 2

Nouvellement inscrite au pensionnat des Pierres-Noires, à Saint-Malo, Rose se lie d'amitié avec deux camarades, Nadget et Ambroise, qui partagent comme elle le goût de l'aventure et des mystères à résoudre. Dès son arrivée, Rose reçoit une pluie de boulettes de pain, provenant de la tour de l'internat, avant de capter que ce sont des appels au secours.

On ne retient plus notre trio intrépide, qui va errer en pleine nuit dans les couloirs labyrinthiques de l'établissement. bravant les tempêtes et les interdits, déjouant aussi la surveillance rigoureuse de l'adjoint, M. Belloc, lequel remplace la directrice de l'école depuis une semaine. Cette dernière a été appelée au chevet de sa mère malade et a plié bagages en quatrième vitesse.  

On frissonne de peur, mais avec un grand sourire aux lèvres, pour cette série bichonnée avec amour par Malika Ferdjoukh. L'ambiance aux Pierres-Noires est complètement décalée : passages secrets, courants d'air, fantômes et secrets ancestraux hantent les murs de cette vieille bâtisse. Un vrai décor de cinéma, façon Frankenstein. Mais que de réjouissance ! Les quatre histoires mêlent avec brio humour, suspense et un soupçon de fantastique. C'est gentillet, composé à partir d'éléments ordinaires, avec souvent un dénouement expéditif et peu surprenant. C'est ciblé jeune public, après tout... ^-^

Toutefois, le travail d'écriture et ce goût pour instaurer un univers unique, débordant de peps, d'esprit, de fantaisie, est aussi la marque de fabrique de Malika Ferdjoukh. On retrouve aussi sa passion pour le cinéma (aaah, La Mélodie du bonheur, ou les souliers rouges de Dorothy ! ) et on s'amuse à pointer toutes les références aux grands classiques des romans policiers ou fantastiques (Rouletabille, Leblanc, Dupin pour Edgar Poe, Dumas, Moriarty, Watson, etc.). Même la détective Pippa Marlotte semble avoir été inspirée d'après le nom du héros de Chandler, Philip Marlowe, incarné par Humphrey Bogart à l'écran. ☺

Je m'emballe, je m'emballe... Une chose est sûre : cette série jeunesse est TOP, distrayante et merveilleusement bien écrite. Et les illustrations de Cati Baur sont un accompagnement, désormais, indispensable !!! 

L'École des Loisirs, coll. Neuf, 2014 ♦ illustration de couverture : Cati Baur

Au sommaire, on trouve : L'énigme de la tour, Le voleur de Saint-Malo, Le fantôme des Pierres-Noires et Le mystère des chaussons rouges

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Dans la foulée, j'ai également lu  Robin au fond des bois
(texte initialement publié en 2010 dans la collection Voyage en page sous le titre Robin dans les bois).

Robin au fond des bois

Ce court roman de 75 pages propose une lecture au style très différent, à l'atmosphère plus sombre et oppressante. C'est l'histoire de deux frères, Robin et Jules, qui sont envoyés chez leur grand-mère pour le weekend. Ils doivent prendre le train pour couvrir la distance des 32 kilomètres, un trajet simple et sans heurt, ils ont l'habitude et apprécient de pouvoir se gaver en sucreries sans la surveillance des parents. Mais ce soir-là, Robin prend peur lorsqu'il s'aperçoit qu'ils voyagent avec un garçon de sa classe : Brendan Strekfus, une grosse brute sadique, qui passe son temps à terroriser ses camarades. Alors, Robin saute du train et décide de parcourir la distance restante à vélo, à travers la forêt. Les deux frangins n'en mènent pas large, seuls et transis de froid. Ils ne sont pas à l'abri d'une mauvaise rencontre non plus... FRISSONS GARANTIS !!! Malika Ferdjoukh m'a totalement bluffée avec cette intrigue pesante, poignante et qui prend aux tripes. Les jeunes lecteurs vont adorer avoir peur. 

Folio junior, août 2014 ♦ illustrations d'Olivier Balez ♦ couverture : Philippe Munch

30/07/14

Harry Potter à l'école des sorciers, de J. K. Rowling

Harry Potter à l'école des sorciers de J

Cet été, je pars à Poudlard !
Je viens d'écouter le 1er tome de la saga, qui est intégralement lu par Bernard Giraudeau (la 1ère édition date de 2004). L'acteur prête à chaque personnage une voix propre (au risque, parfois, de surprendre et décontenancer), mais délivre là un magnifique jeu d'interprète pour une lecture enlevée, vivante et chaleureuse des aventures du plus célèbre des apprentis sorciers.
Cela m'a permis, par la même occasion, de découvrir ce tout premier tome que je n'avais jamais lu ! Bien évidemment, j'ai été complètement fascinée. Ce livre pose ses marques, installe un univers, des personnages, une trame romanesque follement captivante... tout ne demande qu'à se développer, mais c'est déjà un véritable enchantement.
J'ai aimé renouer avec les origines de la série, rencontrer les Weasley et adopter leur formidable esprit de famille, me familiariser à la magie en même temps que les jeunes héros, aimer Neville (déjà) et déceler en Hermione une jeune fille vulnérable, se sentant seule et sans ami. Bref, tout un tableau à peindre, un monde à construire, à explorer et fantasmer ! (Au cinéma, Chris Columbus a réalisé un travail titanesque... et époustouflant ! Tout y est.)
J'ai failli être déconcertée lorsque j'ai d'abord découvert les voix attribuées à Hagrid ou Ron, mais aussi la lecture linéaire des noms des personnages, Malfoy ou Granger en français dans le texte... Un choix qui n'a pas manqué de m'arracher un sourire !
Cela n'altère en rien le charme dévastateur de cette lecture, que je redécouvre avec enthousiasme et une passion qui ne s'essouffle guère. Je poursuis bien évidemment l'aventure !  ♥

Gallimard jeunesse, coll.  Écoutez lire, rééd. octobre 2013 ♦ texte intégral lu par Bernard Giraudeau (environ 8 heures d'écoute) ♦ traduction de Jean-François Ménard

18/07/14

Comment tomber amoureux... sans tomber, de Susie Morgenstern

Comment tomber amoureux

Samuel est américain, ne parle pas français et doit passer son Bac dans un lycée parisien. Annabelle, brillante élève, se voit proposer de le chaperonner. Une année riche et excitante s'annonce pour notre duo devenu inséparable, mais aussi pour leur famille aux vies bien mouvementées.
Chez Annabelle, son père a mis les voiles car il ne supportait plus que son épouse soit une accro au travail. Pourtant, ces deux-là s'aiment encore et devront trouver un compromis pour recoller leur famille éparse. Marguerite, la grand-mère, est également une boulimique du boulot car elle vise la deuxième étoile pour son restaurant dans le Sud. Fantasque et rêveuse, elle ne réfléchira pas à deux fois lorsque l'amour se présentera sous son nez, en la personne du grand-père de Samuel !
Le garçon, lui, est complètement dingue d'Annabelle, qui le considère comme un véritable ami. Son obsession, c'est sa réussite au Bac. Rester concentrée et butiner quelques grammes de légèreté à dose homéopathique. Sauf que l'amour, c'est une affaire de famille ! Même son jeune frère Anatole va plonger dans la marmite les deux mains devant.
Et qu'est-ce que c'est bon ! Je me suis surprise à bouquiner avec allégresse ce roman léger et charmant, qui papillonne de bonheur à vous parler du sentiment amoureux sous toutes ses coutures, en famille, entre amis ou entre amants. Mais c'est aussi et avant tout une jolie comédie familiale, pétillante et insouciante, avec des personnages attachants, qui sauront vous embarquer dans leur univers.
C'est lisse, quasi parfait et proprement invraisemblable, à réserver donc en lecture idéale pour les vacances. « Je tombe, tu tombes, nous tombons amoureux. C'est bien trouvé ! Il n'y a pas d'amour sans tomber ! Sans planer ! Et c'est tant mieux ! »

Grand Format / L'École des Loisirs @ mars 2014

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Coup de Meltem de Sigrid Baffert

“ Ballet de fourmis dans mes doigts et mes chevilles. Sensation de marcher sur un paquebot. Saletés de pilules. Je dois avoir l'air d'être tombé d'une nuit blanche. Mes yeux glissent sur ses deux petits seins au garde-à-vous sous son pull. J'essaie de fixer mon attention sur l'abeille joufflue qui rit sur son paquet de céréales. Mais là, soudain, face à ce visage, ces talons de cigogne et ses seins sublimes, je réalise que je ne ressens plus rien.
Black out.
Je cherche mon désir dans ses yeux verts, ses cheveux, sur sur hanches. Plus de tectonique des sens, de molécules en désordre, de promesses folles. Est-ce que les sentiments peuvent claquer comme un vieil élastique ou se vitrifier d'un coup ? Il y a quelques semaines, j'aurais donné mon sang pour un regard de Lilia, et aujourd'hui, je donnerais ce qui reste pour ne pas être là, devant elle. Devant elle, si pleine de vie et de futur, si debout devant, si haut perchée sur ses talons, tendue vers un avenir où je ne me vois plus. D'ailleurs, pourquoi s'encombrerait-elle d'un mec au cœur de verre ? 
Bon sang, que t'arrive-t-il, Virgil ?

Coup de Meltem de Sigrid Baffert

À la suite d'une compétition de natation, Virgil fait un malaise. Trop de stress ou un entraînement trop intensif ? Point du tout. Le garçon souffre de la maladie du cœur de verre. Une insuffisance cardiaque héréditaire. Ce problème révèle alors qu'il est né d'une insémination artificielle, que son père n'est pas son père. Un secret qui dure depuis seize ans. L'adolescent, sous le choc, est en colère contre ses parents. Par défi, il se lance alors à la recherche de son géniteur, coupable d'avoir légué à des milliers d'autres enfants sa triste maladie, mais se heurte aux failles d'un système. Incidemment, cela remet en question son identité, le voilà un parmi tous... dans le flou, dans le brouillard. Une entité inconnue, avec probablement des frères et des sœurs parsemés dans le monde. Cela fragilise son rapport avec les autres, il est refroidi avec les filles, n'ose plus se lancer vers les rencontres, laisser voguer ses sentiments. Il est pétri de doutes. À force d'acharnement, ses recherches seront fructueuses, le garçon va mobiliser les troupes et jouer au Zorro. Un combat admirable ! Car, le sujet est sensible, mais abordé avec délicatesse, et parvient à transcrire les émotions contrastées qui vont naître chez les jeunes héros de cette histoire. Cela se lit vite et bien, sur un rythme agréable et entraînant. Sigrid Baffert a parfaitement maîtrisé son sujet (la PMA et ses conséquences), sans jamais soulever un débordement passionnel dans les interrogations qu'il suscite. C'est un texte intelligent, qui jamais ne juge ou ne sermonne, avec des personnages attachants et une histoire très romancée ! ... Jolie couverture, au passage.

La Joie de Lire, co. Encrage, avril 2014 ♦ couverture illustrée par Séverin Millet

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11/07/14

Lorelei en Finistère, par Emmanuelle Caron

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Joachim vient de s'installer chez son grand-père, pendant que sa mère soigne une grave maladie mentale. Le garçon s'inquiète d'avoir hérité des mêmes symptômes, car lui aussi a des hallucinations et perd connaissance sans raison. Ses camarades le considèrent comme un type louche, instable et hystérique. Aussi, un nouveau départ s'offre à lui, dans ce paradis reculé en Finistère.
Mais Joachim est un solitaire et préfère se promener dans les landes. C'est comme ça qu'il croise une fille de son collège, Stéphane, complètement bouleversée. Elle tente de balbutier une explication, mais son histoire ne tient pas debout. Le doute n'est plus permis lorsqu'elle disparaît peu de temps après, Joachim s'emballe et se retrouve au cœur d'une aventure étonnante... avec des pirates, des légendes, des cartes aux trésors, des livres à décoder, de la poésie et des secrets ancestraux.
Bref, cette aventure se révèle inattendue, passionnante et palpitante ! Emmanuelle Caron, déjà coupable d'une série insolite mais délirante
 (
Eugénia et la bouche de la vérité suivi d'Eugénia et le crépuscule des fées), aime mélanger les genres et proposer un imaginaire foisonnant, dans un cadre enchanteur (la Bretagne) mais également fantastique, aux limites de la fantasmagorie... Laissez-vous porter par la découverte ! L'effet est saisissant.

L'École des Loisirs (grand format), mai 2014 ♦ photographie de couverture : Carl de Keyzet / Magnum Photos

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24/06/14

L'Été où j'ai sauvé le monde en 65 jours, de Michele Weber Hurwitz

L'été où j'ai sauvé le monde en 65 jours

Nina habite un lotissement, constitué en un croissant de huit habitations. Tout le monde se connaît, mais se replie dans sa routine quotidienne. En ce début d'été, l'adolescente s'ennuie. Ses parents sont accaparés par leur boulot, son frère Matt fuit la maison le plus souvent possible, sans la moindre explication, son amie d'enfance Jorie s'est mise en tête de sortir avec Eli, l'autre pilier de leur trio infernal. Donc, Nina se sent seule. La pensée de sa grand-mère, décédée un an plus tôt, lui file le bourdon. Mais c'est en sa mémoire qu'elle va se retrousser les manches pour accomplir des petits miracles dans la vie de ses proches. Cela commence en voyant sa vieille voisine, Mme Chung, la jambe plâtrée, tenter de planter des œillets d'Inde, avant d'abdiquer pour se reposer chez elle. La nuit, Nina se faufile dans son jardin pour lui venir en aide en toute discrétion. Et comme ça, chaque jour, Nina rend service à ses voisins, dépose un petit chocolat dans leur boîte aux lettres, glisse une bougie parfumée, prépare des cookies, fait des compliments, recoud une cape, etc. Ce sont des petits riens, mais soudainement la vie du quartier se sent chamboulée par ses actes anonymes, pleins de bonté gratuite. Nina, elle, devra aussi se faire entendre par sa famille, la réunir autour d'une discussion à cœur ouvert et ressouder cette unité qui lui manque. En bref, c'est un tout petit livre à déguster au vert, au frais, en vacances. L'héroïne est très attachante, son histoire toute simple mais tout à fait charmante. Elle dégage une belle énergie et un flot de bonnes ondes. Cela fait un bien fou !

Gallimard jeunesse ♦ coll. Scripto, juin 2014 ♦ traduit par Emmanuelle Casse-Castric

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Les mots bleus de Félicie, par Natalie Lloyd

« Tu vois des mots qui valent la peine d'être gardés ?
- Je vois tout un ciel de mots. »

Les mots bleus

On raconte qu'à Midnight Gulch, autrefois, les gens vivaient heureux. C'était un endroit magique, “pour être chez soi”. La légende dit que deux frères possédaient cette magie, qu'ils partageaient à travers la musique, la danse, le spectacle. Et puis ils se sont fâchés et ont quitté la ville. Depuis, la magie a également déserté les habitants, qui veulent à leur tour s'en aller. C'est aussi la maladie du “cœur errant”. Félicie la connaît bien, puisque sa maman en est atteinte. Depuis toujours, sa sœur et elle traversent les états, sans jamais se poser nulle part. Cette fois, elles ont trouvé refuge chez leur tante Cléo et entendent profiter un maximum de leur séjour à Midnight Gulch. Il y a dans l'air quelque chose qui fait battre le cœur de la fillette un peu plus fort. Elle y voit des mots partout, flotter, danser, chalouper. Ils lui racontent une histoire qu'elle seule peut saisir et rapporter lors d'une compétition organisée par l'école. Mais parler en public n'est pas le point fort de Félicie. Autant elle capte les mots, s'en empare, les recopie dans son cahier et les assemble pour écrire des histoires fabuleuses, autant à l'oral elle avale tout, elle balbutie, se confond, se morfond. Une catastrophe. Et pourtant, encore une fois, les choses vont changer pour elle. Pour la première fois, Félicie a rencontré un véritable ami. Le Bidole ! Encore un secret jalousement gardé, qui fait partie du folklore de cette incroyable petite ville. L'effet est terriblement intriguant, poétique et fascinant. J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui fait aussi la part belle à la générosité, au partage, à l'amitié, l'amour, la magie... et au pouvoir des mots. Vraiment, c'est une lecture enchanteresse !

Seuil jeunesse, juin 2014 ♦ traduit par Cécile Nelson

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18/06/14

Je m'appelle Mina, par David Almond

✿ en poche ! 

Je m'appelle Mina

Mina, neuf ans, vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Le plus souvent réfugiée dans son arbre à l'abri du monde, elle joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en bas, où elle a eu si peur. Son carnet ne ressemble qu'à elle : il est sincère, vrai, touchant, bizarre, très personnel, onirique, poétique et j'en passe. Il fait fi des règles et des conventions (rien que la police de caractères, c'est un vrai festival !), il s'ébroue comme un jeune chien fou, égaré en pleine nature, il souffle, il respire, il est heureux. Et nous aussi. C'est un roman touchant, mais je ne saurai expliquer pourquoi il donne autant le sourire, pourquoi les mots de Mina, en apparence simples et naïfs, renferment autant de subtilité, de vérité et de beauté. C'est certes un méli-mélo de pensées farfelues, de rêves éveillés et de comptes-rendus insolites, qui nous embarque dans un univers enfantin et routinier. Mais peut-être doit-on aussi y voir une façon d'expliquer le pouvoir des mots, de l'imagination et de l'écriture. David Almond est un grand auteur, à découvrir sans attendre !

Folio junior, mai 2014 ♦ traduit par Diane Ménard

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