14/04/15

La Pâtisserie Bliss : Une pincée de magie, de Kathryn Littlewood

Kathryn Littlewood

Après l'enchantement du 1er tomej'avais anticipé la suite avec empressement et bonheur. ** Spoilers *** Lily a trompé son monde et a fait main basse sur le précieux livre de recettes magiques de la famille Bliss. Rose, se sentant responsable, a juré de le récupérer. Elle met au défi sa tante, devenue une vedette de la télévision, pour le prochain Gala des Grands Gâteaux Géants à Paris. Celle qui remportera le premier prix repartira avec le grimoire. Mais la compétition s'annonce difficile, avec une Lily plus rusée que jamais, ensorcelante en diable, grâce à son ingrédient magique.

L'équipe Bliss n'est pas en peine et compte parmi ses rangs Grand-Père Balthazar, déraciné du Mexique, Jacques la petite souris et Serge le chat sans oreilles, en plus d'une formidable cohésion familiale, de l'optimisme à toutes épreuves et du ressort pour parer à toutes les éventualités. L'histoire nous ouvre des perspectives étonnantes, au pays de la gourmandise et des épopées historiques, avec une pincée de sorcellerie (le panel des recettes est enivrant !). Résultat, c'est divin, frais et charmant.

Petits et grands lecteurs y trouveront autant de plaisir, car l'aventure et l'imagination ne manquent pas. Dans ce deuxième tome, les personnages d'Oliver et de Nini se révèlent excellents et d'une drôlerie raffinée ! J'ai été follement séduite. Mon seul minuscule regret aura été d'avoir été éloignée de la petite ville pittoresque de Calamity Falls. Sans quoi, ce roman aura permis une jolie échappatoire entre deux, trois lectures plus consistantes.

PKJ. ♦ Avril 2014 ♦ Traduit par Juliette Lê (A Dash of Magic) 

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10/04/15

N'y pense même pas ! de Sarah Mlynowski

« C'était comme de lire le journal intime de quelqu'un ou d'entendre une conversation téléphonique qui ne vous était pas destinée. Quand on avait entendu, on ne pouvait plus revenir en arrière. » 

Ny pense meme pas

Suite à leur séance collective de vaccination contre la grippe, la classe de 2nde B du lycée Bloomberg de Tribeca se découvre un étonnant pouvoir de télépathie. Or, toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre : être dingue de son meilleur ami, espérer un amour réciproque, passe encore... mais découvrir qu'il en pince pour une autre, avouer son infidélité, ou surprendre l'intimité de ses parents, cela devient un cauchemar pour ces jeunes gens, qui se révèlent les uns aux autres, pas toujours sous leur meilleur jour.

Scènes de détresse, de colère ou de jalousie... bienvenue au lycée, cette jungle impitoyable ! La lecture ressemble à une gigantesque cacophonie, d'où il ne ressort finalement pas grand-chose, tant le contenu est superficiel et sans consistance. La télépathie n'est qu'un prétexte pour exacerber les angoisses existentielles des adolescents, souvent liées à leurs amours balbutiantes ou à leurs histoires de cœurs brisés, mais traitées à la légère, sans humour. Assez frustrant de la part d'un auteur comme S. Mlynowski.

De plus, la narration à la 1ère personne du pluriel m'a quasiment paralysée d'effroi. C'était comme se retrouver devant un bataillon de monstres, « des phénomènes ». Ils font bloc, face au lecteur, c'est assez déstabilisant. Enfin, personnellement je n'ai pas aimé et me suis vite sentie mal à l'aise. La couverture déjà n'était pas très avenante, on oubliera donc facilement ce rendez-vous loupé.

Albin Michel, coll. Wiz, mars 2015 ♦ traduit par Claudine Richetin (Don't Even Think About It)

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07/04/15

La Prophétie du Paladin, de Mark Frost

LA PROPHÉTIE DU PALADIN

« Ne regarde pas ta vie comme si c'était un film dont quelqu'un d'autre serait le héros.
C'est toi, le héros, maintenant. »

Will a grandi en respectant les préceptes de ses parents : ne jamais attirer l'attention, ne faire confiance à personne, se fier à son instinct, sans poser de questions. Son destin bascule en réussissant malgré lui un test d'aptitudes au lycée, suite à quoi on lui propose d'intégrer une institution privée, le Centre, réservée aux jeunes surdoués dans son cas. Dès lors, la vie de Will va voler en éclats, alors que jaillissent de nulle part des individus qui prennent en otage ses parents et veulent à tout prix lui mettre la main dessus. Le garçon doit fuir le plus loin possible. Et chercher à comprendre les mystères entourant sa famille.

Attention, lecture hautement addictive ! Malgré ses 600 pages, elle se lit d'une traite et nous entraîne au cœur d'une intrigue brillante, menée de main de maître par Mark Frost, un auteur particulièrement doué pour créer ce genre d'atmosphère haletante (lisez La Liste des 7 pour vous en convaincre !). Je partais donc en terrain conquis en ouvrant ce livre, et c'est clair qu'il m'a plu d'entrée de jeu. On n'a pas le temps de dire ouf qu'on découvre un univers fantastique stimulant, ponctué d'action, d'humour, de surprise et de fougue.

Will a beau être cerné par le danger, habitué de rester sur ses gardes, il n'en demeure pas moins un adolescent de 15 ans, avec les préoccupations de son âge (les copains, les filles, la rigolade, les premiers émois amoureux, les rivalités et les coups bas). Il va s'entourer d'une brochette de camarades attachants, sans perdre de vue ses objectifs (et si son arrivée au Centre n'était pas purement fortuite ?). C'est à la fois rafraîchissant à lire, en plus d'être excitant. On ne s'ennuie pas une minute, le rythme est endiablé, le récit épique et ingénieux, franchement passionnant, à suivre en 3 tomes ! 

PKJ. ♦ Février 2015 ♦ Traduit par Christophe Rosson (The Paladin Prophecy)

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04/04/15

En poche ! # 41

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Nina Volkovitch (La Lignée - Le Souffle - Le Combat), de Carole Trébor chez Gulf Stream Poche

Moscou, hiver 1948. La maman de Nina Volkovitch, qui travaille au musée d'art, est arrêtée par des hommes en noir, envoyée au goulag, tandis que sa fille est expédiée manu militari dans un orphelinat. Nina, âgée de 15 ans, est une enfant chêtive, pas plus grosse ou grande qu'une enfant de huit ans. Considérée comme fille de traîtres, elle subit les brimades en silence et attend son heure pour s'enfuir et retrouver sa mère.

La suite de ses aventures sera tout aussi captivante et embarque le lecteur à travers une Russie Stalinienne effrayante, truffée de magouilles politiques scandaleuses. L'atmosphère y est certes sordide et frileuse, pourtant chaque avancée de l'histoire réserve un enthousiasme grandissant ! L'histoire n'a effectivement pas tout livré de ses secrets et autres mystères, mais l'on devine un univers foisonnant, riche et excitant.

Cette série en trois tomes est également servie par un style élégant, des propos intelligents, des personnages attachants, et propose un ton neuf et original dans le paysage actuel ! C'est une magnifique saga historique et fantastique, à saisir pour 6,50€ le format poche.

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♠♠♠ Vient de paraître le prequel de la série ♠♠♠

Vassilli Volkovitch, le serment

Vassilli Volkovitch, Le Serment

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02/04/15

#Bleue, de Florence Hinckel

« Souviens-toi que tu es un humain, souviens-toi de la vie. »

Bleue

Silas et Astrid s'aiment d'un amour passionnel. Quand la jeune fille, victime d'un accident, meurt sur le coup, le garçon sombre dans un chagrin insurmontable. Ses parents acceptent alors d'oblitérer sa douleur en suivant le protocole de CEDE (Cellule d'Éradication de la Douleur Émotionnelle). Il se réveille alors frais comme un gardon. Joyeux, pimpant. Ses souvenirs d'Astrid sont vagues. Juste une petite piqûre au cœur. Mais globalement le garçon a repris sa vie en mains et il s'estime satisfait. Quelle supercherie ! ...

Il apparaît rapidement que Silas n'a pas fait peau neuve. Quelque part, le système a bogué. Son esprit lutte contre la tentative d'éradication de ses émotions. Sans comprendre ce qui lui arrive, Silas reçoit des clips étranges, des sensations oubliées, des parfums et des odeurs lui rappelant sa dulcinée, il saisit aussitôt qu'il doit taire ses soubresauts, synonymes d'une défaillance. Dans le même temps, il découvre une face cachée d'Astrid. Une vérité à laquelle il n'était pas préparé et qui chamboule complètement ses convictions. Maladroitement, il tente de comprendre et débusquer la preuve confirmant les nouvelles révélations, et attire sans le vouloir l'attention des agents de la CEDE.

Entre suspense, action et émotion, ce roman d'anticipation se révèle prenant, intelligent et soucieux du détail. L'histoire ne conteste pas les progrès de la science mais rappelle combien la douleur est partie intégrante de notre humanité et de la vraie vie. Souffrir, c'est ressentir, c'est aimer pleinement, c'est s'attendrir et s'entraider. Dans le roman, les adolescents ont le plus tôt possible les ailes coupées pour s'épargner des atermoiements inutiles. Quel avenir s'offre alors à eux ? 

Voilà une lecture fort pertinente, qui interpelle notre libre-arbitre, tout en réveillant les consciences et les émotions. Elle offre aussi la possibilité de lire une belle histoire d'amour, romantique et poignante, dans un monde où on cherche à tout prix à juguler les élans du cœur. L'intensité dramatique est au taquet, c'est bon, doux, jamais larmoyant. Et cela se lit vite. Un rendez-vous toujours opportun ! Dans le même genre, j'ai également apprécié la série Effacée de Teri Terry.

Syros, Coll. SoOn ♦  Janvier 2015

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31/03/15

La Reine des Macchabs, de Ty Drago

C'est la folie des suites ! Après une première rencontre prometteuse, dans L'Éveil des Macchabs, retour aux festivités ! 

La reine des Macchabs

Tout a commencé ... « quatre mois auparavant, le jour où j'avais mis les pieds hors de chez moi et où je m'étais rendu compte que mon  voisin s'était transformé en cadavre ambulant pourrissant à l'intérieur de son peignoir en coton. J'avais découvert la même chose au sujet de mon proviseur adjoint, puis de ma prof de maths. Et, tout à coup, ils étaient partout... Des flics, des commerçants, et même des présentateurs de journaux télévisés. Il y en avait des milliers, et leur nombre ne cessait d'augmenter.

Des Macchabs (avec un M majuscule), c'est comme ça que nous les appelons. Pas des zombies, hein ? Les zombies, ce sont ces demeurés qui passent leur temps à beugler en titubant et qui sont aussi rapides que des tortues blessées. Les Macchabs, en revanche, sont vifs, intelligents et organisés. Pour tout le monde, ce sont des gens comme les autres, sauf pour les adolescents qui les voient tels qu'ils sont vraiment. J'ai la chance de faire partie de ceux-là...

Mon nom est Will Ritter, et je suis un Fossoyeur. »

Le combat continue, Will et ses amis ont découvert que les Macchabs avaient enlevé un agent du FBI et vont se lancer dans une opération commando pour le libérer. Les coups pleuvent, les amis tombent, la bande a le cœur serré... Pendant ce temps, la mère de Will reçoit un message qu'avait enregistré son mari avant de mourir, dans lequel il s'adresse à son fils pour lui dévoiler toute la vérité sur sa mission. Elle tombe des nues et court informer la nouvelle responsable des Affaires Civiles de Philadelphie, Lilith Cavanaugh, autrement dit la Reine des Macchabs, fraîchement débarquée pour précipiter leur conquête de la planète ! 

Eh oui, c'est toujours aussi tordu, sournois et machiavélique. Les Méchants ont souvent une longueur d'avance, mais face à eux, ils ont aussi une armée redoutable de jeunes gens courageux et déterminés. La série poursuit donc sur sa lancée : riche en action, avec des bastons musclées, des opérations militaires top secrètes, du suspense et de la tension dramatique. Les répliques  ne manquent pas d'humour, les personnages font frissonner de plaisir (la Reine est diabolique, mais fascinante !). Bref, pas de quoi décevoir un lectorat déjà conquis. Une lecture plaisante pour une série très divertissante.

Bayard jeunesse ♦ janvier 2015 ♦ Traduit par Patrice Lalane (Queen of the Dead)

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30/03/15

Les Légendes de Blackwell : Les Corbeaux d'Odin (T.2), de K. L. Armstrong & Melissa Marr

LEGENDES DE BLACKWELL T2

Leur mission : arrêter le Ragnorök, la fin du monde annoncée par les mythes scandinaves. Selon la saga ancestrale, tous les dieux allaient périr. Sauf qu'ils étaient déjà morts. Odin, Balder, Loki... tous, sans exception. Matt et son équipe devaient donc prendre leur place, si possible sans mourir à la fin. Car s'ils échouaient... alors le monde sombrerait dans un hiver éternel.

Pas de temps mort à l'ouverture de ce livre. L'action reprend exactement là où nous l'avions quittée à la fin du 1er tomeavec des héros affrontant tous les dangers (le gouffre de l'enfer, le royaume des morts, les zombies Vikings, la rivière acide, les Valkyries, le troupeau de chèvres, les Berserks et le Serpent de Midgard...). L'histoire est pleinement ancrée dans la mythologie nordique et exploitée de façon captivante, même si parfois son utilisation me paraît également excessive.

On a l'impression que les protagonistes ont été projetés dans ce décorum et sont employés comme des pantins sans âme. Ils enchaînent action sur action (pour ça, on ne s'ennuie pas) mais ils ne reflètent aucune émotion. Ils restent, pour moi, des jeunes gens stéréotypés (13 ans, immatures et brouillons) dans une série d'aventures pour collégiens. Par principe, c'est passionnant et ingénieux, mais peut-être trop fourni / fouillis. 

On ne prend pas le temps d'apprécier le calme, le silence, la réflexion, il n'y en a pas. L'action prime, de manière abusive. Point positif, K.L. Armstrong et M. Marr ne brident plus leur écriture, qui retrouve enfin son naturel et sa fluidité ! L'histoire se termine aussi sur un retournement de situation que le lecteur aura hâte de démêler dans le dernier livre à paraître (Thor's Serpents en mai 2015 pour la VO).

Éditions Milan, janvier 2015 ♦ traduit par Emmanuelle Pingault (Odin's Ravens)

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Terre-Dragon: Le Chant du fleuve (2), de Erik L'Homme

Terre-Dragon

Cette suite directe au 1er tome nous cueille sans surprise : Ægir-Peau-d'Ours et Sheylis sont toujours en fuite et tentent d'échapper à leurs poursuivants en voguant sur le fleuve métallique. À leurs côtés, Gaan le sorcier et Doom le scalde sont de précieux alliés et des amis fidèles. Mais le danger rôde, pas loin, puisqu'on suit en parallèle l'avancée d'Ishkar le Naatfarir, du sorcier Chakor, ainsi que l'inquiétant Sahr'sâ. Tous convergent vers le même point et ont des intentions peu honorables.

La première partie de l'histoire est assez calme et joviale, la bonne humeur règne à bord du radeau, Doom est un insatiable curieux, qui sollicite les connaissances et la mémoire de Gaan pour leur raconter les vieilles légendes du Royaume. Les vilains aussi paraissent plus détendus, se confessent, racontent leur enfance et se taquinent en toute insouciance. Puis, sans prévenir, le chaos est en marche.

Ne pouvant plus compter sur la magie, depuis que son enveloppe a été altérée par un sort très puissant, Ægir et ses amis se trouvent dans l'incapacité de combattre le Serpent du fleuve. Le garçon, qui cherche à dompter sa nature de Dakan, est terrorisé par la peur car il ne veut pas décevoir la jolie Sheylis. Les troupes vont perdre leur unité, se croiser et se livrer à des duels redoutables... Et la fin nous arrache un cri de désespoir !

Désormais, la machine est lancée. Erik L'Homme trace sa route et embarque son lecteur dans un univers palpitant d'aventures, de sorcellerie et de légendes. Un univers nanti d'un imaginaire extraordinaire ! Le livre aussi est riche en émotion, prenant à lire et prometteur pour la suite. Je l'ai d'ailleurs lu d'une traite et n'ai pas vu le temps passer. Le ton général me semblait décomplexé, purgé des attentes du début. La série a pris son élan, on ne la retient plus.

Gallimard jeunesse, janvier 2015 ♦ couverture : Matthieu Bonhomme

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17/03/15

La Fille qui avait deux ombres, de Sigrid Baffert

La fille qui avait deux ombres

Perturbée par les frasques de sa grand-mère Rose, qui vient dernièrement d'annoncer son intention de passer sous le bistouri pour changer de tête, Élisa fait des crises de somnambulisme et des rêves étranges. Elle voit des maisons délabrées, entend une ritournelle italienne et comprend que tout est lié au passé de Rose, dans ce village de Sicile qu'elle a quitté sans se retourner. Pour le bien de la famille, pense-t-elle, Élisa fouille dans les affaires de sa grand-mère mais déchaîne sa colère.

Les secrets de famille sont un sujet qui me passionne en littérature, surtout si ce sont des histoires de femmes qui sont au cœur de l'intrigue. Et celle-ci a su me réserver ma dose nécessaire de tendresse, émotion, mystère et fantaisie. J'ai franchement beaucoup aimé ! Élisa est une héroïne attachante, avec une famille qui incarne à merveille la joyeuse tribu originale, partageant un lieu enchanteur (la brasserie familiale, avec sa Ruche et sa collection d'objets hétéroclites, où Élisa passe de longues heures à rêver et imaginer des histoires avec le théâtre de marionnettes).

Dans ce décor pourtant idyllique, l'atmosphère est devenue irrespirable depuis le clash entre Rose et sa petite-fille. Élisa, fidèle à sa nature adolescente, s'embrase, vitupère, dépasse les limites et veut tout tout de suite, mais on la perçoit aussi au creux de la vague, éperdue d'idéalisme et hyper sensible au monde qui l'entoure. Sa ferveur juvénile et sa volonté farouche de crever la bulle conduisent l'histoire dans un dédale de racines et de liens filiaux.

Le chemin est long, douloureux, parsemé de doutes et d'incertitudes, troublé par les fantômes et les non-dits, comme dans chaque histoire de famille. Mais c'est passionnant, raconté avec élégance et délicatesse, sans précipitation. De toute manière, la lecture est douce et réconfortante, elle dégage une aura magique ensorcelante, et puis l'histoire nous fait rêver et voyager. Magnifique ! 

L'École des Loisirs, mars 2015 ♦ photographie de couverture : Meyer/Tendance floue

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16/03/15

La Guerre de Catherine, de Julia Billet

La guerre de Catherine

Photographie de couverture de Tamo Cohen

Pingouin, Gisèle et les filles dans l'escalier refait à neuf et bordé de lys de l'entrée ©France Cohen dans «L'album de France» avec l'aimable autorisation de la Maison de Sèvres (www.lamaisondesevres.org)

♦♦♦

Pour échapper aux lois anti-juives, Rachel a rejoint la Maison des Enfants de Sèvres, un lieu incroyable, vivant et favorisant l'épanouissement personnel, où Rachel va d'ailleurs assouvir sa passion pour la photographie. Sans nouvelle de ses parents, elle refuse de s'apitoyer sur son sort et ne se préoccupe guère du monde extérieur. C'est lorsqu'elle doit sacrifier son nom pour Catherine Colin qu'elle pressent une menace imminente. Peu de temps après, la directrice expédie tous les enfants juifs en zone libre.

Avec son Rolleiflex, Catherine va mettre en boîte les images de « sa guerre » : hommes et femmes de l'ombre, voyages de fortune, visages éteints, mines fatiguées, secrets et mensonges répétés, exil à la campagne, décalage au couvent, fuite dans les montagnes... C'est donc le cœur battant, chaviré entre l'admiration et l'angoisse, qu'on suit ce bout de femme en quête de repères, d'identité, de famille, d'amitié et d'amour.

Plus qu'un témoignage sur la guerre, c'est le parcours d'une jeune juive passionnée de photographie, jetée sur les routes d'un monde en pleine débâcle, et qui usera de son art pour raconter les heures les plus sombres du pays. Cette aventure tétanisante, mais palpitante, a été inspirée de l'enfance de la mère de l'auteur, non sans quelques fioritures romanesques, et donne lieu à un récit sensible, lucide et poétique, écrit de façon remarquable, dans un style pur et élégant.

J'ai été sous le charme, du début à la fin, et j'ai adoré le couple formé par Goéland & Pingouin, de la Maison des Enfants de Sèvres, rue Croix-Bosset, les pionniers de la pédagogie nouvelle et expérimentale, façon Montessori. Cette lecture leur rend un magnifique hommage et est juste épatante.

L'École des Loisirs, avril 2012

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