26/09/16

Le Ciel nous appartient, de Katherine Rundell

Bénéficiant d'une reprise en format poche, ce roman est une petite pépite littéraire à découvrir sans barguigner !

Le ciel nous appartient

Sophie a survécu au naufrage d'un paquebot, après avoir été découverte dans un étui à violoncelle flottant au beau milieu de la Manche. Charles Maxim, un doux rêveur, a pris l'enfant sous son aile, lui promettant une existence harmonieuse et libre de toute contrainte. Ce ne sera pas du goût des services sociaux, qui vont établir que la demoiselle, à l'âge de 12 ans, ne peut plus partager le même toit qu'un célibataire du sexe opposé.

Charles et Sophie plient bagage pour la France où ils espèrent retrouver la trace de la mère de la jeune fille. Depuis toujours, elle est convaincue que celle-ci existe et l'attend quelque part. Charles n'a jamais prétendu le contraire, sans totalement l'encourager dans ses fantasmes. Après tout, « you should never ignore a possible » ! La suite de l'aventure est tout aussi stupéfiante, fantasque et exubérante.

Car cette lecture fait du pied à votre âme d'enfant, elle lui redonne du souffle et un formidable élan qui vous fait gravir des sommets (ceux des toits de Paris !). L'ambiance est magique, pleine de tendresse, de poésie, de fougue et d'espoir. Sophie et Charles sont deux personnages enchanteurs, elle amoureuse des livres et maladroite, lui “parlant anglais aux personnes, français aux chats et latin aux oiseaux”. Quel beau duo !

Leur cavale, menée sous le signe de l'espoir, ponctuée de jolies rencontres (Matteo et sa bande de danseurs du ciel), offre un plaisir rare d'évasion et de fraîcheur. À déguster avec un sourire béat aux lèvres. 

Traduit par Emmanuelle Ghez - Illus. de couverture : Antigone Konstantinidou

Folio Junior N°1767  - Septembre 2016


23/09/16

Agatha, de Françoise Dargent

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Adolescente de quatorze ans, solitaire et sauvage, Agatha s'oppose au projet de sa mère qui veut vendre Ashfield, leur maison où la jeune fille compte tous ses souvenirs. La mort du père a certes révélé des dettes insurmontables, que Mrs Miller tente de résorber du mieux qu'elle peut, mais la jeune fille exige de ne rien y toucher. Heureusement, sa sœur aînée Madge arrive à la rescousse et va trouver une solution pour satisfaire tout le monde !
Ainsi va la vie de la future Agatha Christie, qui coule une enfance heureuse et insouciante à Torquay, dans le comté de Devon. Ses journées se composent de lectures, de baignades, de bons petits plats préparés par Mrs Potter, de leçons à domicile et de voyages. C'est aussi une période charnière pour cette demoiselle qui trouve son corps maladroit et dégingandé, en comparaison avec sa sœur, belle et gracieuse, ou son amie Muriel Huxley. Et puis il y a aussi les garçons, patauds, rougissants et empruntés, entre le très prévenant Mark Barnes, dont l'allure de poupon joufflu l'agace, et Billy Mackintosh qui incarne son idéal masculin.
Agatha est fleur bleue, rêveuse, avec une imagination débordante. Elle se surprend à inventer des histoires, mais n'envisage pas encore d'en faire son métier. Pour l'heure, Agatha se voit chanteuse lyrique et part à Paris pour approfondir ses connaissances. Elle y passe deux années merveilleuses et gagne en confiance, voit ses perspectives d'avenir s'éclaircir (un peu douloureusement) avant de remplir de nouveau ses malles pour accompagner sa mère en Egypte. 

Cette fiction inspirée de la vie d'Agatha Christie ne prétend pas à son exactitude, car l'auteur a pris la liberté d'attribuer à son héroïne des sentiments et des émotions qui lui sont propres. Après, on peut se dire que c'est l'histoire d'une adolescente de la Belle Époque et c'est tout aussi excitant ! Le contexte y fabuleusement coquet, frivole et guilleret. C'est à savourer à la petite cuillère ! La touche Agatha offre néanmoins la plus-value inestimable.
La lecture brosse une perspective de la condition féminine tout à fait pertinente, souvent les femmes voient leur horizon étriqué et ne s'émancipent qu'à travers le mariage, toutefois la jeune Agatha peut se targuer d'avoir bénéficié d'une éducation moderne et laxiste. Certes, les bonnes manières importaient aux Miller, qui veillaient à donner à leurs enfants toutes les chances de réussite et de bonheur, mais ils ne trouvaient guère d'intérêt à s'enfermer dans des pensions strictes et formatées ou à vivre à l'écart de leur progéniture. Tout était question d'harmonie et de partage à Ashfield ! Les soucis d'argent ont longtemps jalonné leur mode de vie, mais à l'époque on tirait parti des grandes maisons en les louant le temps d'être toujours par monts et par vaux. La vie d'Agatha Miller a ainsi été nourrie de cultures hétéroclites, lesquelles ont su sustenter son esprit éveillé et inventif ! On imagine très bien ces petits cailloux constituer le socle de l'écrivain en devenir. 
On prend aussi grand plaisir à suivre une adolescente en apparence ordinaire, avec ses questions et ses doutes, mais aussi avec ses fantasmes, ses espoirs et son ambition, tout en ayant conscience “du personnage” en éclosion (la future reine du crime, c'est elle !). Cela m'a sincèrement beaucoup plu ! Ce roman possède, de plus, un charme fou. Tout est délicat et soigné, avec une écriture élégante et un sens du romanesque totalement admirable. Très bon moment de lecture !

Hachette Romans - Août 2016

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22/09/16

Le Cirque des voleurs: Le Clou du spectacle, de William Sutcliffe & David Tazzyman

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Les illustrations criardes de David Tazzyman donnent le ton : cette série écrite par William Sutcliffe fait preuve de hardiesse et de burlesque. On y découvre la vie d'un cirque pas comme les autres, autrement dit le cirque de l'impossible, clame son chef d'orchestre, le redoutable Shank Armitage, mais sous couvert de numéros spectaculaires, la troupe également trompe son monde en devenant le cirque des voleurs ! Avec souplesse, sans jamais oublier de sourire, nos artistes dépouillent la foule empressée, tellement subjuguée par tant de voltige qu'elle ne prête pas attention aux mains baladeuses, qui détroussent les poches, les sacs, les maisons. C'est sans oublier la jeune Hannah, qui habite en ville et qui s'ennuie. Excitée par l'arrivée d'un peu d'animation, la fillette tombe tête la première sur le chameau de Billy Armitage, lequel a beau porter le même nom que le grand patron, tous deux n'ont aucun lien de parenté. En fait, les parents du garçon ont été évincés de la troupe (sa mère a connu une fin tragique, son père a été ruiné). Depuis, Billy espère son retour. C'est là qu'on prend conscience de la profondeur de l'intrigue et des noirs secrets derrière les petits indices semés en chemin. On ne le perçoit pas sur le coup, car tout est exagérément loufoque et déjanté, on s'y perdrait presque ! Mais l'histoire ne demande qu'à se développer, et ma foi j'avoue être assez surprise par la suite des aventures ! Une lecture dans l'esprit de Roald Dahl ou de David Walliams, avec des jeux de mots rigolos, des jeunes héros pleins de ressource, des situations ubuesques et de l'humour proche de l'absurbe. 

Traduit par Jean-François Ménard pour les éditions Gallimard Jeunesse - Juin 2016

Titre original : Circus of Thieves and the Raffle of Doom

 

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Les Garçons (du collège) ne sont pas (tous) des Crapauds, de Barbara Dee

Les garçons ne sont pas des crapauds

Finley et sa meilleure amie Maya ont quatorze ans et ont traversé leurs années au collège en étudiant le comportement des garçons, qu'elles ont classé selon trois catégories : têtards, crapauds et grenouilles. Au fil du temps, leurs notes n'ont cessé d'évoluer avec des flèches partout, des déplacements de case, des surclassements ou des destitutions de titres. On le sait, l'adolescence est une période fébrile et variable. Les filles galèrent à tenir à jour leur Guide du développement amphibien. Elles sont d'autant plus perplexes depuis le retour au collège de Zachary Mattison, un Barjoïde métamorphosé en Super-Grenouille après avoir explosé toutes les étapes. Rien ne va plus, Finley s'arrache les cheveux, son amie Maya lâche l'affaire, les deux copines ne se comprennent plus et multiplient les disputes. Au collège, les garçons également se rebiffent. Bonjour la zizanie. Les adultes affolés mettent enfin les pieds dans le plat. À lire comme ça, on pourrait se demander dans quel cirque on débarque ! Bisbilles, clichés et fanfaronnades constituent le savoureux menu du jour - et nous rappellent douloureusement ces heures grotesques à ne parler que de garçons entre copines, tout en rêvant de changer le monde. Eh oui, à quatorze ans, on voit la vie autrement. C'est donc sans prétention que l'histoire cherche à nous intéresser à ce sujet qui nous préoccupe, à savoir les relations entre filles et garçons en pleine puberté, et de constater le gouffre béant entre les deux sexes (mais parvient-on réellement à le combler un jour ?). Cette lecture nous embaume de son parfum juvénile, pas franchement étourdissant, et tâche de tenir une ligne de conduite folâtre et désinvolte. Cela reste très au ras des pâquerettes, même si la couverture illustrée par Hubert Van Rie annonçait un rendez-vous plus sarcastique et décalé. Une lecture sympathique pour les préados.

Traduit par Rosalind Elland-Goldsmith pour les éditions de La Martinière J. / Août 2016

Titre original : The (Almost) Perfect Guide to Imperfect Boys

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Un journal pour deux : Au secours, le collège ! de Robin Mellom & Lindsey Leavitt

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Meilleures amies depuis toujours, Piper et Olivia étaient inséparables jusqu'à leur entrée au collège. Toutes deux coincées dans des classes différentes, elles décident de garder le lien en s'échangeant un cahier / journal intime dans lequel elles se racontent leur journée, leur famille, les cours et les garçons. Pour ses douze ans, les parents de Piper ont proposé d'organiser une fête et lui accordent d'inviter douze amis. Mais comment se faire de nouvelles connaissances dans cette jungle ? Les filles tentent alors leur chance en testant les nombreux clubs de l'école, pour finalement réaliser que leurs centres d'intérêt ont évolué et les tiennent à distance. L'une rêve de série tv, de paillettes, de butiner au milieu d'un essaim d'abeilles, l'autre est plus introvertie et se découvre une passion pour les échecs. Leur amitié va-t-elle résister au temps qui passe et aux différences qui s'affirment ? Nos deux copines sont toutefois mignonnes de fraîcheur et de maladresse. Car même si ce roman s'adresse avant tout aux lectrices dès 10-12 ans, on passe un bon moment à slalomer entre les confessions de Piper et Olivia. Elles évoquent la difficulté de grandir et d'accepter les changements qui impliquent parfois de s'éloigner... pour mieux se retrouver. ;-) Une lecture touchante et craquante, à l'image de cette couverture girly et pétillante, signée Peggy Moquay. 

Traduit par Camille Bocquillon pour les éditions de La Martinière J. / Août 2016

Titre original : The Pages Between Us

 

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21/09/16

Miss Peregrine et les enfants particuliers, par Ransom Riggs

À l'occasion de la sortie au cinéma, le 5 octobre 2016, de l'adaptation par Tim Burton de l'œuvre de Ransom Riggs, les éditions Bayard remettent au goût du jour cette série, avec la jaquette reprenant l'affiche du film, la bande dessinée illustrée par Cassandra Jean & un superbe journal à la couverture cartonnée (format 13,5 x 21,5 cm) dans un esthétisme fidèle à l'ambiance du roman. 

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Plongez donc dans l'histoire de Jacob, déboussolé depuis la mort de son grand-père, lequel aimait lui raconter des souvenirs farfelus de son enfance. À force de multiplier les frasques et les extravagances, le garçon avait fini par ne plus croire à ses légendes. Le jour de sa tragique disparition, Jacob voit ses certitudes s'effondrer. Pris de remords, il décide de se rendre sur l'île de son grand-père, l'île de Cairnholm, au pays de Galles, pour y retrouver cette fameuse maison des orphelins où il aurait coulé des jours si fabuleux.

La suite ne cessera de surprendre et sera comme un voyage hors du temps, échappé de l'ordinaire. Un parcours initiatique fait de rencontres et de révélations stupéfiantes. La lecture est ô combien singulière et insolite, empreinte d'un charme inquiétant, mais résolument captivant. J'ai été envoûtée dès les premières pages. Déjà, la couverture et le format du livre (très vintage !) avaient su m'intriguer, en plus des photographies en marge de l'histoire qui font inévitablement penser à une foire des monstres. Et c'est là toute la force de cet ouvrage, un univers atypique, qui bouleverse et ne laisse pas indifférent. L'histoire aussi est inquiétante, sombre, un peu angoissante. Elle nous fait découvrir un monde nouveau, dans lequel Tim Burton ne peut que se sentir familier, nul doute que vous en apprécierez toute la beauté et l'enchantement qu'il inspire. Une lecture vraiment pas banale, à recommander aux amateurs de lectures obscures et obsédantes.

Concernant la bande dessinée, où Cassandra Jean a pris le pari de se lancer dans ce projet fou, le monde imaginé par Ransom Riggs ne cesse de s'épanouir dans des teintes obscures (grises, bleutées) qui accentuent l'atmosphère surréaliste. Même les “fameuses” photographies ont trouvé leur place dans le récit, en se fondant dans le décor, comme si elles avaient été glissées subrepticement. Plus besoin du même effet visuel, la dessinatrice impose ici sa griffe, son trait est vif et sensible (proche des codes du manga), l'organisation quasi théâtrale et les scènes d'action remarquables. Bref, l'ensemble est prodigieux et saisissant. C'est aussi une autre invitation à la lecture, assez éclatante et très pertinente, tout en abordant judicieusement cette remarquable histoire qui suscite toujours autant d'admiration et d'angoisse. 

Traduit par Sidonie Van den Driers pour les éditions Bayard / Septembre 2016 pour la présente édition

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Et la BANDE-ANNONCE ! 

 

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17/09/16

Terre-Dragon: Le souffle des pierres, de Erik L'Homme

Terre Dragon Folio

Premier tome d'une série palpitante, disponible en poche chez Folio Junior, avec une très belle couverture illustrée par Olivier Balez ! 

Pourchassée par des villageois en colère, Sheylis, petite-fille d'une sorcière, se réfugie dans les montagnes où elle rencontre AEgir, un garçon couvert d'une peau d'ours, qui vient lui aussi de s'échapper d'une cage où il croupissait depuis des années. À bout de force, le garçon ne tient pas la distance et voit la jeune fille poursuivre seule sa course, après lui avoir lancé un sort de protection. Mais c'était sans savoir qu'elle allait déclencler une stupéfiante métamorphose chez ce garçon, qui ignorait alors sa nature de Dakan ! 

Qui, que, quoi ? À peine le temps de dire ouf, et les informations défilent sous nos yeux à un train d'enfer. Rythme intense, action sans temps mort et une belle brochette de personnages tous plus intriguants les uns que les autres : sorcier aveugle, scalde maladroit, guerriers, chefs de tribus ennemies, et même un tigre ! Les enjeux de l'histoire tendent encore à s'affirmer mais tissent leurs toiles dans un embrouillamini calculé.

C'est donc par le truchement de grands gestes, de paroles truculentes et d'actions trépidantes qu'on plonge dans cette série (cible visée : dès 10-12 ans). Le ton humoristique, le déroulement simple et accessible, les héros juvéniles et leur douloureux apprentissage de la vie font de cette lecture un rendez-vous excitant, rempli de fougue et de fureur, qui ne manquera pas de confirmer son potentiel par la suite.

Gallimard Jeunesse / Coll. : Folio Junior N°1768 - Août 2016

À suivre en GF : Le chant du fleuve & Les sortilèges du vent

 

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13/09/16

Moi, Boy et plus encore, de Roald Dahl & Quentin Blake

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À lire ou relire... le récit de l'enfance de Roald Dahl dans une version enrichie de lettres, photographies, anecdotes et textes inédits !

Tout commence par l'installation de son père, venu de Norvège, à Cardiff où il fait fortune. Roald grandit au sein d'une famille nombreuse et unie, malgré les coups durs et les aléas de la vie (la mort du père, le choix de la mère-courage à déménager dans une demeure plus modeste et tenir sa promesse d'envoyer les enfants dans des écoles anglaises). C'est l'histoire aussi des fabuleuses vacances en Norvège, des premières promenades en voiture, sans besoin de passer le permis, des petites bêtises pour se venger de l'épicière revêche (en glissant une souris morte dans un bocal à bonbons), ou comment s'interdire de manger des bâtonnets de réglisse pour ne pas attraper la maladie du rat, l'art et la manière de se payer la tête du petit copain de la frangine en lui donnant du tabac de chèvre à fumer, rapporter les sévices corporels et trembler devant un professeur rouquin, à la grosse moustache, ou passer des heures à bouquiner aux WC pour lui réchauffer la cuvette...

À travers le récit de ses aventures, on découvre un jeune Roald Dahl qui ressemble étonnamment aux héros de ses livres (lire son chapitre sur le Chocolat, qui a tout lieu d'être la genèse de Charlie). La lecture de ses mémoires est donc un formidable pèlerinage en enfance, au pays des souvenirs, également un voyage dans le temps (l'époque des années 20) à travers une composition intime et pleine de délicatesse. Ce sont ainsi autant de moments joyeux, insouciants et poignants (la douloureuse expérience des pensionnats anglais, l'éloignement, l'enseignement rigoureux et les châtiments corporels...) que l'on découvre en savourant les petits extras que Felicity Dahl a choisis précautionneusement pour doter la présente édition. La plupart des archives étaient abritées au musée de l'auteur (à Great Missenden) et viennent apporter à la lecture une complicité en partageant des photos et autres documents personnels. La lecture conserve toute la fraîcheur et l'impertinence de la jeunesse, car c'est en puisant dans son légendaire sens de l'humour et une bonne dose de tendresse que Roald Dahl s'est livré à cet exercice réjouissant de l'introspection.

Traduit par Janine Hérisson & Jean-François Ménard pour les éditions Gallimard Jeunesse / Septembre 2016

«Une vie sans boutiques de confiseries ni bonbons ne vaudrait pas vraiment la peine d'être vécue...»

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Roald Dahl, le Géant de la littérature jeunesse

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Né le 13 septembre 1916, Roald Dahl aurait aujourd'hui fêté son centième anniversaire. Pour l'occasion, le magazine Lire a publié un hors-série autour de l'univers de ce génial auteur. Fort de ce succès, Gallimard Jeunesse en sort une belle édition avec couverture cartonnée à conserver précieusement !

Ce numéro spécial brosse en effet le portrait d'un homme au parcours remarquable, lequel n'a manqué ni d'envergure ni de panache. Pilote de chasse, espion, star de Hollywood, romancier, Roald Dahl a multiplié les casquettes et ainsi nourri son imaginaire qui marqueront ses livres. En 1961 il publie son premier conte pour enfants, James et la grosse pêche, qui rencontre un formidable succès. L'homme est conforté dans son choix d'écrire pour la jeunesse et ne va plus s'arrêter. Charlie et la chocolaterie, Fantastique Maître Renard, Les Deux Gredins, La potion magique de Georges Bouillon, Le Bon Gros Géant, Sacrées Sorcières, Matilda... On ne compte plus les références si nombreuses qui ont enchanté des générations de lecteurs à travers le monde ! Cet homme avait su trouver un terrain fertile qu'il a enrichi de sa prose, de son esprit, de son humour et de sa fantaisie. Cet ouvrage nous en fait ainsi l'étalage et le compte-rendu, mais se borne aussi à percer la personnalité de l'écrivain et de découvrir un homme marqué par des drames (la perte de sa fille, l'accident de son fils, la santé fragile de son épouse...), un homme réputé pour son tempérament volcanique, qui s'attirait souvent une réputation galvaudée suite à des propos trop souvent lancés sur le coup de la colère. Un homme aux mille facettes, pour mieux entretenir la légende. C'est sa deuxième femme Felicity et l'illustrateur Quentin Blake qui nous en parlent le mieux, entre admiration, pudeur et respect du personnage, sans rogner les contours. Ce numéro nous parle, pour finir, de son héritage, il débroussaille dans le paysage actuel les auteurs inspirés par Roald Dahl, suggère des romans dans la même veine, donne la parole aux romanciers pour évoquer leurs souvenirs et communiquer leur enthousiasme. Philippe Delerm, Anna Gavalda, Timothée de Fombelle, Véronique Ovaldé, Susie Morgenstern ou même Daniel Pennac se sont tous prêtés au jeu. La question du cinéma est également soulevée - par son expérience, par ses déceptions, Roald Dahl entretenait avec le 7ème art des rapports houleux, teintés de méfiance. Seule sa collaboration avec A. Hitchcock a été productive et stimulante sur un plan artistique et relationnel. Mais on apprend par exemple qu'il a rédigé le scénario d'un James Bond (On ne vit que deux fois) mais que l'expérience Chitty Chitty Bang Bang a été une énorme frustration. Et ainsi de suite. 

On plonge résolument dans cette lecture avec un bonheur total et indéfectible. Tout est parfait, du début à la fin. Rien à jeter. La moindre anecdote est soulignée, absorbée, donne matière à sourire, à réfléchir. Les photos et les illustrations accompagnent un assortiment d'articles instructifs et distrayants. C'est LE document à se procurer de toute urgence, qui vous assurera une lecture attentive et pointilleuse, laquelle ne manquera pas de combler tous les âges, tous les horizons, amateurs ou non de ce Géant de la littérature jeunesse. INDISPENSABLE. ♥

Lire Hors-Série / Gallimard Jeunesse, Septembre 2016

10% de tous les droits d'auteur de Roald Dahl sont versés à des partenaires de bienfaisance. 

www.roalddahl.com

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08/07/16

Une belle brochette de bananes, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Une belle brochette de bananes

« On est six garçons. Six frères avec les mêmes oreilles décollées et le même épi au sommet du crâne.
Vivre dans une famille nombreuse, c'est un peu comme être un simple exemplaire dans une collection de figurines publicitaires. Impossible de passer inaperçus quand on sort le dimanche. Surtout habillés tous pareils, avec nos blazers anglais, nos culottes de flanelle et les petites cravates que nous offre grand-maman à chaque Noël... Les gens qu'on croise nous comptent et nous recomptent mentalement en faisant les yeux ronds, comme s'ils étaient victimes d'une illusion d'optique.
- Ils sont à vous, tous ces garçons ?
- Oui, pourquoi ? demande maman.
- Une bien belle famille, s'enthousiasment les gens du ton dont ils parleraient d'un tremblement de terre ou d'une catastrophe ferroviaire. Mais six garçons, tout de même, ça ne doit pas être facile tous les jours...
- Oh ! répond maman avec un petit sourire, il suffit d'un peu d'organisation, voilà tout.
C'est vrai que maman est très organisée : on a tous deux ans d'écart, ce qui est commode pour se refiler nos vieux vêtements, et on est tous prénommés Jean-Quelque-Chose. Comme ça, papa et maman ne peuvent pas se tromper quand ils nous appellent pour mettre la table ou ranger les pièces de Meccano répandues sur le tapis du salon.
À chaque rentrée des classes, papa nous photographie deux par deux, la main sur la porte, quand on part à l'école. On a nos gros cartables sur le dos et l'air réjoui d'une cordée d'alpinistes qui s'apprêtent à escalader l'Himalaya sans oxygène en pleine tempête de neige. »

On retrouve avec grand bonheur de nouvelles anecdotes savoureuses sur la famille des Jean-Quelque-Chose : vacances chez les grands-parents, colos à la neige, Jean-Claude Killy et les JO de Grenoble, photographies, premières amours, bagarres entre frangins, principes éducatifs, lectures et animaux... On s'amuse drôlement chez les Jean ! Et on ne s'en lasse pas.  

Je ne vais pas disserter des heures sur le bienfait de cette lecture (et de la série en général), mais il est toujours bon de rappeler les valeurs essentielles qui en font tout le charme : humour, tendresse et batailles de chaussettes sales. Un vrai feu d'artifice !

Gallimard Jeunesse / Mars 2016

Illustrations de Dominique Corbasson

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