07 mai 2008
(sujet sensible)
Ce sont les vacances d'hiver et le départ pour une semaine de ski au Val d'Isère. Patrice et son père s'impatientent tandis que Julie, l'adolescente de 16 ans, traîne les pieds devant le lycée, où elle adresse ses adieux à sa bande d'amis. Au moment de les rejoindre, c'est le drame : Julie est renversée par un bus. La foudre s'abat sur la tête de Patrice, sa soeur est plongée dans un profond coma, ses jours sont en danger. Toutefois, le garçon est supposé "deviner", car il est tenu à l'écart par ses parents, dévastés par le chagrin. L'annonce du décès vient secouer la famille déjà désunie et Patrice se sent de plus en plus incompris et négligé. Seul, il ne sait pas à qui expliquer le poids de sa culpabilité, expliquer pourquoi il n'arrive plus à retenir la nourriture dans son corps, par exemple. Ses parents semblent totalement indifférents à son sort. Patrice ne s'entendait pas beaucoup avec Julie, du moins il pensait ne pas l'aimer mais son absence lui prouve le contraire. Il s'en veut désormais de n'avoir jamais pris le temps de lui dire combien il l'aimait, à sa manière.
Un texte délicat et sensible, sur le sujet de la mort et du deuil. Un travail simple et concis pour mieux aider à passer le cap, à continuer de vivre après la perte d'une personne qu'on aime. A conseiller aux plus jeunes, dès 10 ans.
Le Journal de ma soeur, Anne Poiré
Seuil jeunesse, 2008. Coll. Chapitre, 80 pages. 7,50€
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Un matin, Granny ne s'est pas réveillée. Et puis voilà. La maison de Nina s'est mise alors à flotter sur une mer agitée et remplie de larmes. Le temps passe et la maman de Nina continue de pleurer. Sa meilleure amie Jojo est venue à la rescousse, s'installe auprès d'elles et prend les rênes du foyer. Nina est remplie d'espoir, car Jojo, avec son accordéon, son chat Foufou et son fiancé Paolo, apporte un semblant de gaité et de bonne humeur. Toutefois, la maman de Nina ne va pas mieux, il a fallu vider l'appartement de Granny et la douleur est toujours aussi vive. Jojo s'inquiète et choisit d'emmener son amie en vacances... sans Nina. La fillette part rejoindre son père à la campagne, où il vit avec sa nouvelle femme et leur enfant de deux ans, Lola. Au début, Nina n'est pas à l'aise, puis elle s'attache à sa petite soeur et apprécie les efforts de son père. Bientôt elle retrouve sa maman, qui n'a plus les joues creuses, plus le nez dans les mouchoirs, n'est plus en boule sous la couette. Au contraire : avec Jojo, elle s'active pour la préparation du mariage de celle-ci.
Désolée de n'être pas très *gaie* dans mes choix de lecture, mais ce petit livre pourra vous étonner car il est plus souriant et plus guilleret qu'on ne pouvait le supposer. Le chagrin d'une maman est décrit à travers les yeux d'une petite fille de 8 ans et c'est plein d'amour, plein d'espoir. Peut-être la recette idéale n'existe pas, mais on tire de ce livre la leçon suivante : la préciosité de l'amitié, le goût des crêpes et de la pizza, l'amour des siens, surtout ceux qu'on pensait vivre en "pays étranger" (or, rien ne change l'amour d'un papa, même s'il a refait sa vie !). Il y a un peu de passages très sensibles, mais ce n'est pas qui ce frappe ni ce qui ressort : non, c'est essentiellement la vitalité ! Les illustrations reflètent également cette tonicité mêlée de sensibilité. Un joli texte à la portée des plus jeunes.
Mes yeux menthe à l'eau, Agnès de Lestrade - illustrations de Violaine Leroy
Editions du Rouergue, 2008. Coll. ZigZag, 107 pages. 6,50 €
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Et si on imaginait ce qu'il se passe après ? si on supposait qu'il existait un entre-deux vers l'au-delà ? ... Cela donnerait une histoire de fantôme, comme dans ce roman de Marie-Hélène Delval. Anaïs est amoureuse d'Adrien. Elle l'appelle de tous ses vœux, lui crie son amour, mais il ne peut entendre sa voix, car elle et lui ne font plus partie du même monde... De là où elle est, elle suit, impuissante, la nouvelle idylle de son amoureux. Adrien l'a-t-il déjà oubliée, remplacée ?
Je me demandais si j'allais revivre le même déluge qu'avait inspiré la lecture du livre de Lisa Schroeder, car le sujet est très proche. Finalement, non. Ce court roman est accessible pour les plus jeunes (dès 10-11 ans) et aborde l'amour et la mort. C'est très émouvant mais juste un tantinet trop propre et retenu pour moi. Ou alors je suis trop "vieille" pour tomber dans le panneau. Cette lecture reste agréable, sensible et réserve de beaux chapitres sur la douleur du deuil, l'impuissance de tourner la page et l'acceptation de passer le flambeau à une autre personne. On tire une formidable leçon d'espoir en bout de course !
Parmi nous, Marie Hélène Delval
Bayard éditions jeunesse, 2008 / Bayard Presse, Je bouquine, 2005. 90 pages - 5,80€
28 avril 2008
Une (irrésistible) envie de sucré - Meg Cabot
Ancienne star de la pop, Heather Wells est aujourd'hui directrice adjointe de Fisher Hall, une résidence universitaire new-yorkaise. C'est un nouveau départ pour elle, avec un salaire de misère, quelques kilos en trop et la nauséeuse nostalgie du passé (petit ami goujat, fortune lapidée, carrière ruinée). Elle a trouvé refuge auprès de Cooper Cartwright, le frère de son ex, qui a hérité d'un immeuble par un grand-père excentrique. Elle occupe le deuxième étage du bâtiment rose sans payer de loyer, en échange elle s'occupe de sa comptabilité. Cooper est détective privé. Heather a un gros béguin pour lui, il est sexy, intelligent, gentil et attentionné, fâché avec sa famille, bref il est totalement différent de Jordan (son ex). Mais Cooper ne semble préférer que les grandes bringues brillantes qui font sentir au taille 46 de Heather une cruelle différence ! Qu'importe, la jeune femme de 28 ans est bien décidée à s'investir dans son job et de venir à bout de sa période d'essai de six mois à Fisher Hall. Or, c'est le drame : deux filles sont retrouvées mortes, à quelques jours d'intervalle. Heather refuse l'hypothèse de l'accident ou de la coincidence malheureuse, elle est persuadée d'avoir affaire à un tueur en série ! Paniquée, elle demande l'assistance de Cooper, essuie les rebuffades de la police et s'improvise détective en herbe pour démasquer le coupable. Sauf qu'à ce jeu-là, Heather Wells n'est pas la plus futée ni la plus perspicace des fins limiers !
En plus de 400 pages, l'aventure racontée par Heather est un mélange savoureux d'anecdotes et d'intrigues, livré avec un humour hors pair sur les déboires de cette irrésistible Miss Marple pêchue et dynamique. La trame policière en elle-même est assez légère, mais tient en haleine sur quelques pages. Cependant, ce n'est pas l'atout principal de ce roman écrit pour les "poulettes" - fameuse 'chick-lit' - qui recherchent quelques heures de lecture pour se détendre : le contrat est rempli (humour, amour, cavalcade et suspense). Heather est une fille rigolote, avec des fantasmes totalement délirants - mais qui nous arrachent des tonnes de sourire ! Jolie découverte, cette lecture se dévore et puis c'est tout.
Quelques perles, au passage, du genre : "Comment fantasmer sur quelqu'un une fois qu'on l'a vu en robe de chambre ?" ... Oui, moi ça me fait rire ! :o)
Traduit de l'anglais (américain) par Florence Schneider - Titre vo : Size 12 is not fat
Editions Albin Michel, 2007. Coll. Wiz - 427 pages.
Extrait : "Enlacer Rachel, c'est un peu comme enlacer un bâton. Elle est si maigre. Elle me fait un peu pitié. Qui voudrait enlacer un bâton ? Soit, je sais qu'il y a quantité de gars qui courent après les mannequins. Mais... enfin... quel homme normalement constitué voudrait étreindre - ou être étreint par - un sac d'os saillants ? Si encore elle était naturellement mince. Seulement voilà... je sais que Rachel se prive de tout, parce qu'elle a envie d'être comme ça. ça me paraît tordu."
25 avril 2008
Campus, 1. Bienvenue à Easton - Kate Brian
Reed Brennan, quinze ans, vient d'être admise à la prestigieuse académie d'Easton dans le Connecticut. Elle quitte Croton, en Pennsylvanie, son existence étriquée auprès d'une mère névrosée et d'un père trop laxiste, et s'installe sur le campus de cette institution qui ne réunit que l'élite. Tous plus brillants les uns que les autres, les étudiants d'Easton sont aussi très beaux, chics et riches, cultivent l'insouciance et l'aisance qui manquent terriblement à Reed. Cette dernière est fascinée par les filles de Billings, un bâtiment se distinguant du reste, et où l'on trouve la crème, dont Noelle, Ariana, Kiran et Taylor. Elles représentent aux yeux de Reed ce que celle-ci a toujours souhaité trouver, incarner, aspirer. C'est décidé : elle fera tout pour se joindre à elles. Mais être admise dans leur clan s'annonce plus difficile, entre l'humiliation, le chantage et les fourberies à trois heures du matin, Reed est déconcertée, toutefois butée dans son désir pour atteindre son but.
Depuis la rentrée, la jeune fille a également fait la connaissance de Thomas Pearson, un élève de Terminale. Tout en lui attire Reed : il est beau, il dégage du mystère, il est aux petits soins pour elle. Mais les filles Billings ne le portent pas dans leur coeur et exercent un chantage qui met les nerfs en pelote. De même, ses résultats scolaires sont en chute libre, Reed est menacée d'exclusion si elle ne relève pas la barre très haut et très vite.
Ce livre est le premier tome d'une série qui comporte huit titres. C'est une chronique amère et cynique sur l'intégration difficile d'une jeune fille ordinaire prête à tout pour toucher les étoiles. Ce qui la fait tant rêver, apparaissant sublime et irréprochable en façade, s'avère plus sournois et criblé de faussetés. Les filles Billings ont une personnalité opaque, moins irréprochable et fascinante qu'au premier abord. Ce n'est pas tant le règne de l'apparence qui pousse à réfléchir dans ce roman, mais plus l'implacable perversité d'une bande de filles toutes plus superbes les unes que les autres, et qui se tirent dans les pattes, au nom de quoi ? On s'interroge beaucoup sur les revers, apercevant déjà les compromissions des unes, les trahisons des autres, et les messes basses, les regards noirs et voilés. On a plus l'impression, qu'au lieu du Paradis, Reed Brennan vient de mettre les pieds en Enfer !
La suite (le tome 2) vient de paraître en avril 2008.
(Mars) 2008, Bayard Editions Jeunesse pour la traduction française (par Sidonie Van den Dries)
Titre vo : Private. 324 pages, 10.90€
Illustration de couverture : Miyuki Morimoto
24 avril 2008
La fille du papillon - Anne Mulpas
Solveig, seize ans, a horreur des journaux intimes mais ce n'est pas sa faute si elle est aujourd'hui surprise à mettre des mots sur sa vie, c'est à cause du Monde. Il s'agit d'un garçon aperçu en pleine nuit, sous la fenêtre de sa chambre. La rencontre n'est pas anodine, ce joli coeur lui récite du Pessoa puis disparaît. Solveig a le palpitomètre dans le rouge passion.
A la maison, les choses ne se passent pas si mal. Elle vit seule avec son père, qui papillonne d'aventures d'un soir à d'autres, et la Belle Absente arbore un sourire éclatant dans les albums photos. Solveig a aussi une excellente-meilleure-fusionnelle amie, la Ni, avec laquelle le quotidien tout gris se pare des couleurs de l'arc-en-ciel. Or, l'audace des demoiselles ne connaît pas de limites et nos deux filles vont déraper. Petit à petit, tout va s'écrouler : le monde sans heurts, sans maman, va soudain plonger dans une sournoise noirceur. Solveig pète un câble et n'arrive plus à retenir ce qu'elle possède entre les mains.
Son amitié avec la Ni, son amour pour le Monde, sa connivence avec papa, sa douleur de n'avoir pas connu sa maman, son attitude au lycée, son exigence, son intempérance, ses colères, ses caprices, bref le journal de Solveig devient un récipient fragile, prêt à fissurer de toutes parts. On oublie comme on peut être bête et ridicule, excessif et insubordonné à 16 ans ! L'histoire de Solveig, capricieuse et butée, nous rappelle ô combien cet âge ingrat est un cap difficile, insupportable et irritant ! (Parfois j'ai frôlé la saturation...) Mais ce portrait ne pourra qu'interpeller les lectrices du même âge, qui reconnaîtront dans Solveig cette Voix Sacrée qui sait admirablement faire état de leur effroyable solitude et sempiternelle incompréhension du monde qui ne tourne pas autour d'elles... (Un livre qui leur ressemble !) A conseiller à toutes les filles qui ont des papillons dans la tête et le coeur !
La fille du papillon, Anne Mulpas
Editions Sarbacane, 2006. Coll. Exprim, 218 pages. 9€
A été lu par Gawou ; Laure ; Marie ...
23 avril 2008
Ne t'inquiète pas pour moi - Alice Kuipers
Une mère et sa fille ne font que se croiser et communiquent par des petits messages, laissés sur le frigo. Liste de courses, gros bisous pour la journée, comment s'est passé ton exposé, ce soir je reste chez ma copine, rappelle ton père, nettoie la cage du lapin, etc. Que de l'ordinaire. Et puis, la demande devient pressante : la mère de Claire veut la voir entre quatre yeux, lui parler d'un rendez-vous chez le médecin, lui expliquer cette boule au sein. C'est très grave, mais la mère est paniquée d'aborder cette conversation avec son adolescente de fille. Claire a quinze ans, elle vit, elle sort, elle réclame des sous, elle pleure, elle a un petit ami. Est-il préférable de la préserver, ou de la forcer à mettre ses deux pieds dans la sinistre réalité ? Les petits papiers vont et viennent, parfois une phrase lapidaire, tantôt un petit poème ou alors un long message d'amour... « Je n'aurais pas pu avoir de fille plus fabuleuse. » Pour moi, cela a été le déluge. Les quatre dernières pages avant la fin ont été noyées sous un brouillard de larmes. C'est incontrôlable.
Sans quoi, ce petit livre est tendre, attendrissant, atrocement émouvant. Au début, j'étais assez perplexe sur cette étrange relation, tourbillonnante. Ni la mère ni la fille n'arrivaient à se poser pour s'apercevoir quelques secondes. Puis, j'ai compris pourquoi. J'ai également été touchée par cette connivence atypique qui s'inscrit dans une relation épistolaire, ce besoin d'écrire au lieu de dire. Le sujet sur la maladie (cancer) est abordé avec sobriété et intelligence. Le but n'est pas de faire pleurer, mais il m'est apparu assez difficile de rester stoïque.
Pour information, ce livre est édité en jeunesse et en adulte (deux couvertures différentes).
Ne t'inquiète pas pour moi, d'Alice Kuipers
Albin Michel jeunesse, 2008. 242 pages - 10 €
Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec. Titre vo : Life on the refrigerator door.
A été lu par Gawou ; Mélanie ; Cathulu ...
22 avril 2008
I heart you, You haunt me - Lisa Schroeder
J'ai hâte que ce roman soit traduit en français et j'espère que ça ne tardera pas, pour tous ceux qui hésitent à se lancer dans une lecture vo qui pourrait déjà les transcender. Ce roman est une pépite, il est stupéfiant, sensible, émouvant et ne pourra pas vous laisser insensible. Ava, la narratrice de quinze ans, vient de perdre son grand amour, Jackson. Le garçon est mort, rompant ainsi la promesse de ne jamais se quitter. Inconsolable, la jeune fille pleure à longueur de journée, se rappelant leur rencontre et les instants passés ensemble. Plus que tout, Ava se sent responsable de la mort de Jackson, et malgré l'attention de ses meilleures amies et l'affection de ses parents, elle s'enfonce dans sa douleur et l'accablement.
Puis, vient un souffle, un frisson, un courant d'air, une impression, bref elle sent qu'IL est près d'elle, que SON FANTÔME est à ses côtés. Elle n'est pas folle. Il y a bien quelqu'un, quelque chose près d'elle, quand elle est chez elle, seule. Ne pensez pas, d'un seul coup, que l'intérêt de l'histoire s'écroule et flirte avec le fantastique, ce serait une impardonnable erreur. L'esprit de Jackson se manifeste de façon fluide et poétique, souvent à travers la musique, qui remplace toutes les paroles que nos deux jeunes amoureux ne peuvent plus se dire. Ce n'est pas pathétique, ni un insupportable mélo.
C'est un récit renversant, qui vous transperce et vous soutire toutes les larmes de votre corps ! Le texte est composé de strophes très courtes, les plus allergiques aux vers tirent la langue, mais c'est une nouvelle méprise. Ce n'est pas de la poésie, c'est comme un mode d'emploi pour une incantation, qui donne ainsi un impact plus troublant et plus fort qu'un simple texte narratif. Les mots sont récités, dictés sous le poids de l'émotion, emportés par le flot du désarroi. Quand Ava pleure, à se remémorer ce qui était et ce qui ne sera plus, ou à tourner en rond pour s'échapper de cette emprise qu'elle veut et ne veut pas abandonner, c'est automatique pour le lecteur : dégoulinade de larmes.
C'est vraiment un très beau livre, avec une sensibilité bénéfique, même si elle provoque des tonnes de ravage. C'est poignant, puissant, avec des passages d'un lyrisme qui n'est pas ronflant. Jusqu'au bout, on accompagne Ava dans son deuil et on pleure beaucoup avec elle ! "Was it hard ?" I ask. "Letting go ?" - "Not as hard as holding on to something that wasn't real." I gulp. "Can I ask how you did it ?" - "I just decided, Ava. That's all. I just decided." Je sors en larmes de ce roman, je ne vous raconte pas, après l'effet Twilight (toujours pas cicatrisé) je suis passée à l'état de flaque... Mais lisez ce livre, il est surprenant !
I heart you, You haunt me - Lisa Schroeder.
Simon Pulse, 2008.
21 avril 2008
Nuits d'Enfer au Paradis - S. Meyer, M. Cabot, L. Myracle, K. Harrison, M. Jaffe
Coupable, je reconnais m'être procurée ce livre car le nom de Stephenie Meyer y figurait ! Forte de mon ensorcellement pour sa série Twilight, je voulais lire autre chose d'elle, dans ce registre de la nouvelle, mais j'ai été épouvantablement déçue. Pour faire simple, je vais vous dire carrément que c'est nul ! Son texte, L'Enfer sur Terre, présente une démone, habillée d'une sublime robe rouge, qui est chargée de pourrir l'ambiance du bal de promo. Or, elle croise Gabi-aux-yeux-bleus et ses jambes flanchent. Pouah, pathétique ! C'est très pauvre, stylistiquement parlant. Pas du tout enthousiasmant. Je m'en suis rendue compte, aussitôt, en lisant la deuxième nouvelle, celle de Meg Cabot, La Fille de l'Exterminateur. Mieux écrit, le propos de l'histoire ne se révèle pourtant pas transcendant : un pastiche de Buffy the vampire-slayer ! Bof, le résultat est convenu et attendu au tournant. Un peu frustrant, quoi. Le bouquet de Lauren Myracle relève enfin le niveau d'un calme plat. Trois amis, Frankie, Yun Sun et Will, se rendent chez madame Zanzibar, une médium un peu barrée et capricieuse. Elle lance trois prédictions très floues qui remplissent d'insatisfaction la jeune narratrice (Frankie). Celle-ci met alors la main sur un bouquet ayant appartenu à une française qui lui a jeté un sort. Les yeux brillants, Frankie se sauve avec, malgré les recommandations formelles de madame Z. Ce bouquet porte malheur, et les trois voeux à venir vont bouleverser la nuit du bal de promo de nos trois protagonistes. Absolument délirant, au début. C'est très bête, mais très drôle. Puis ça vire lentement au glauque et finit dans le flip, mais heureusement avec une touche de second degré fort appréciable ! J'ai bien aimé, vraiment.
Madison Avery et l'Ange des Ténèbres de Kim Harrison raconte la soirée catastrophe d'une lycéenne de 17 ans, qui vient d'emménager dans un bled paumé chez son père, suite à la décision punitive de sa mère. Le bal de l'école se passe très mal, et Madison a une attitude méprisante. Elle se fâche avec son cavalier et s'apprête à quitter la salle, rouge de honte, quand arrive Seth, séduisant, inquiétant, bref attirant. Elle se sert de lui pour se venger de son ancien partenaire et part à son bras pour d'autres... aventures. La suite est intéressante, mais un tantinet brouillonne. J'ai failli penser à la série Dead like me, avec ce même humour cynique, mais quelques scènes me semblaient pataudes. Somme toute, le résultat est assez concluant. And last but not least, Baisers Fatals de Michele Jaffe, qui ouvre sur une scène fort palpitante avec un garçon et une fille qui s'empoignent, lui les deux mains autour de sa gorge à elle. Puis, l'un des deux s'écroule, KO. La suite ? Cela se passe huit heures plus tôt. Ce n'est pas trop mal non plus, assez long et bien amené. Le portrait de la serial-kisseuse est truculent, les dialogues impertinents. Bref, un bon gâteau moelleux pour mettre un terme à cette lecture qui ne fut qu'un en-cas, pour moi. J'attendais plus, de manière générale. J'ai été fort déçue par le texte de Stephenie Meyer mais agréablement surprise par Lauren Myracle. Cependant, cette lecture n'est pas un aller-simple pour l'Enfer ni les nuits blanches qui L'accompagnent... A tenter (mais les accros de Twilight seront amèrement déçus ! Vivement le tome 4 !).
Nuits d'Enfer au Paradis, recueil de nouvelles écrites par 5 auteurs américaines :
Stephenie Meyer, Meg Cabot, Lauren Myracle, Jim Harrison, Michele Jaffe
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2008 pour la traduction française (par Maud Desurvire). 16€
A également été amorcé par Gawou
19 avril 2008
*** Hésitation - Stephenie Meyer
*** énorme avalanche de spoilers, avis à ceux qui n'ont pas lu ce livre ! ***
Edward est revenu, Edward et le clan Cullen ont regagné leurs quartiers à Forks, Edward est auprès de Bella et Edward a fait une promesse ! Youpi, tout roule comme sur des roulettes. Mais alors, pourquoi cette Hésitation ? Ah oui, Jacob Black... Ne l'oublions pas (pourtant, j'ai serré les poings très fort pour l'évincer de mes yeux, peine perdue) ! Edward a commis une erreur monumentale en s'éloignant de Bella, pensant que c'était pour son bien. Il a laissé la place à ce gamin de 16 ans qui n'a pas ménagé ses efforts ni boudé son plaisir pour profiter des instants passés auprès de la jeune fille. Certes, elle était cassée mais, à force de patience, elle a su se reconstruire, et auprès de Jacob elle a trouvé une chaleur qu'elle croyait ne plus jamais retrouver. Ce n'est pas rien, et ça laisse des traces ! Ah malheur, Edward doit maintenant ronger ses remords, son agacement et cherche à se rattraper. Il ne veut plus quitter d'une semelle sa dulcinée, au point de l'empêcher de fréquenter son meilleur ami. Une haine raciale les oppose, s'ajoutant au fait que tous deux ont des sentiments très forts pour Bella.
Dans cette histoire, ils sont plusieurs à plaider coupables : Edward, trop excessif, emprisonne sa chérie et exacerbe l'envie à travers cette interdiction de revoir Jacob. Bella, éternelle inconstante, s'entête à renouer les liens très forts avec son camarade, n'ignorant pas que celui-ci est entiché d'elle, même si elle ne lui laisse aucun espoir de retour. Et Jacob Black, jeune chien fou, immature et buté, a juré de conquérir le coeur de Bella, pour au moins lui offrir la possibilité de choisir. Superbe exemple de la relation triangulaire, qui agace prodigieusement !
Au début de ce livre, Bella obtient ce qu'elle désire par-dessus tout (disons, la promesse d'une transformation après l'obtention de son bac). Jusqu'à présent, c'était une décision qui semblait capricieuse et irréfléchie. Or, ce tome 3 va montrer à Bella l'enjeu de ce billet sans retour, surtout grâce au témoignage de Rosalie, qui se révèle dans ses pages extrêmement émouvante.
Une autre épée de Damoclès pend au-dessus de la tête de Bella, depuis qu'un clan puissant a lancé un ultimatum à Edward, et qui la concerne. A ceci, se mêle également (bah oui, pourquoi se contenter de si peu ?!) une série de meurtres qui frappe la ville de Seattle, pas très loin de Forks. Les Cullen s'inquiètent et craignent la naissance d'une armée de jeunes vampires assoiffés - dans quel but ?
Ce tome 3 promet de ne pas nous ennuyer ! Il y a une vraie tension psychologique, la menace est réelle, la chape de plomb quasi étouffante, avec des affrontements sur plusieurs fronts (physiques, émotionnels, amoureux) et beaucoup d'action au tournant de quelques chapitres, là, sans s'y attendre. J'ai franchement beaucoup aimé les scènes de stratégie orchestrées par Jasper (qui lève un voile sur son mystère, ouah !). Que les âmes romantiques se rassurent : on ne passe pas son temps à se battre, à fuir, à traquer, etc. Il y a, certes, un malaise qui s'installe et qui trouve ses racines dans un affreux imbroglio sentimental.
La relation entre Bella et Edward ne cesse de nous émerveiller, nous gratifiant plusieurs scènes assez "chaudes" (si, si ! ). Il reste, cependant, cet énorme grain de sable que représente Jacob Black. Dans ce tome 3, le minet va nous servir de délicieuses séquences qui ont bien failli me faire envoyer valdinguer le bouquin à travers le carreau de la fenêtre ! J'ai été irritée à maintes reprises par ce personnage, que je trouve arrogant, sournois, lourd et puéril. Et cette histoire d'imprégnation, longuement rapportée par les légendes des Quileute, me faisait dresser les cheveux sur la tête (trop d'insistance, à mon goût).
Je n'adhère définitivement pas à Jacob Black, il incarne l'antithèse d'Edward Cullen : le chaleur contre le bloc de marbre. { Pour cela, j'ai beaucoup aimé la citation du poète Robert Frost en épigraphe, Fire and Ice. } Jacob n'est que précipitation, alors qu'Edward est sophistication. D'un autre côté, Bella Swan n'est pas non plus l'image la plus glamour, c'est juste une fille banale, guère chichiteuse et peu goûteuse des artifices de la mode (au grand dam d'Alice !). { Aaaah Alice et son grand amour pour Jasper, quel couple aussi !!! }
Alors je m'interroge beaucoup, je m'inquiète pour la suite. La perspective d'avenir de Bella m'échappe. Quand je pense à Stephenie Meyer et ses convictions religieuses, je m'interroge sur cette éventualité de faire perdre son âme à la jeune fille (le sujet sur la vertu étant déjà à prendre avec des pincettes, alors que c'est bougrement hypocrite tant la sensualité est éclatante dans ce récit !). En fin de tome 3, je sens une Bella plus amère qu'excitée par son futur engagement. Des failles sont très largement apparues dans ce livre. J'ai été assez choquée par Bella, je ne comprenais plus les motivations de la jeune fille (qu'elle pleure comme une madeleine m'a mise très mal à l'aise, par exemple).
J'ai donc été lire l'interview de l'auteur sur son site (ici) où Stephenie Meyer excuse les faiblesses de Bella selon le fait qu'elle est écrasée par le poids de son amour, avec Edward, c'est tout bonnement « a very sudden, dramatic, sweep-you-off-your-feet, change-your-world, magical, passionate, all-consuming thing » et donc qu'elle n'a pas la mesure de comprendre comment tomber amoureux autrement, plus subtilement. (Ok, mais c'est dur !)
Et notre Edward n'est pas toujours très bon, soit il en fait trop ou pas assez, notamment avec cette fichue patience d'ange (sic) qu'on lui attribue en cours de route, à un point que son aura tend à pâlir lors du face-à-face des deux mâles. (Pitié, pitié, pitié...) { Mais quel chapitre palpitant que celui intitulé Le feu et la glace !!! } Enfin c'est carrément frustrant !
Amis lecteurs, vous assistez à un drame semi-annoncé : j'ai terminé la lecture des trois tomes de la série Twilight et je me sens abominablement vide ! J'ai vécu une semaine à Forks, j'ai frémi et j'ai perdu ma raison. Je me sens dépossédée, un coup d'oeil à mes piles de livres à lire me dit que je ne suis pas en manque, mais pourquoi rien ne m'attire ?! Je dois crever ma bulle, je ne veux pas. J'ai rarement vécu ce bouillonnement d'émotions avec une lecture, je m'enthousiasme souvent, mais il est plus rare de vivre cet état de transe pour une série, qui n'est pas un modèle de référence. Toutefois, je m'en moque des règles et des formules. L'américaine Stephenie Meyer a su nous « imprégner » et nous « éblouir » (histoire de rappeler nos deux coqs !) et c'est un don qu'on ne peut qu'applaudir !
Breaking Dawn, le tome 4, est annoncé pour le 2 août 2008. On parie sur le titre vf ? Décision ? ;o)
Hésitation, de Stephenie Meyer
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Eclipse)
Hachette, 2007. 620 pages. 18€
17 avril 2008
** Tentation - Stephenie Meyer
Edward et Bella filent le parfait amour, malgré les petites tensions au sein du couple, liées à leurs différences et à la demande pressante de la demoiselle à vouloir être transformée. Les incidents arrivant très vite, surtout pour la pomme de Bella, un nouveau cafouillage va survenir le jour de son dix-huitième anniversaire. C'est toutefois la petite goutte qui fait déborder le vase car, quelques jours après, l'attitude d'Edward est hostile et annonce une sentence impitoyable : la rupture. Edward part, il quitte Forks... et Bella. « Tu ne m'apportes rien de bon, Bella. » lui souffle-t-il. « Je suis... las de jouer un rôle qui n'est pas moi. Je ne suis pas humain. J'ai trop longtemps laissé l'imposture s'installer. » (...) « Je ne reviendrai pas. Vis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé. » Tombée de rideau. Le lecteur est abasourdi.
Bella s'effondre et éprouve une plaie béante à la place du coeur. Durant de longs mois, elle souffre de catatonie, n'est plus que l'ombre d'elle-même, n'a cure des menaces intempestives de son père, elle a perdu goût à tout quand, progressivement, son histoire d'amitié avec Jacob Black va lui apporter un réconfort en colmatant insidieusement les brèches. Le garçon est fou de Bella, qui l'apprécie beaucoup mais préfère le considérer comme un frère. Auprès de lui, la jeune fille va multiplier les sensations fortes, en pratiquant du sport extrême. En plus de se brûler les ailes, Bella découvre un autre pouvoir sensationnel : des hallucinations auditives, LA voix d'Edward qui la gronde, la rappelle à l'ordre, la met en garde, etc. C'est inexplicable, mais cela pousse Bella à franchir les limites pour tresser ce lien invisible, rien qu'à elle. Car évidemment, après huit mois d'absence et de rupture consommée, Bella n'a pourtant pas digéré son amour perdu.
Mais la vie à Forks n'en finit pas de réserver son lot de surprises. Plusieurs randonneurs se plaignent d'avoir aperçu un loup gigantesque rôder dans les parages, et la disparition de plusieurs des leurs exacerbe l'angoisse et les questions. Charlie et sa patrouille mènent une battue, sous la houlette des garçons de la réserve indienne. Mais rien. Dans le même temps, Jacob coupe brutalement les ponts avec Bella, laquelle se noie à nouveau dans un océan d'incompréhension. Or, cette fois-ci, elle décide de bousculer le destin pour comprendre un tel revirement de comportement.
Alors bizarrement, et personnellement, j'ai eu le sentiment d'un déjà-vu, un même schéma qui se répète, le magma brûlant et collant d'une situation inextricable, et cette fichue pensée - également évoquée par Bella elle-même - qu'elle collectionne les rencontres hors du commun ! Elle n'attire pas que les catastrophes, mais les créatures fantastiques semblent se pourlécher de son odeur savoureuse !
Bref, il faut reconnaître que ce tome 2 a l'art de reposer sur des ficelles encore plus grosses que le premier volume ! Si j'enlevais cinq minutes mes oeillères de fascination pour cette série, je pourrais évoquer une longue liste de défauts, d'aberrations et de lourdeurs ci et là. Et puis, nom d'une pipe en bois, Edward et le clan Cullen manquent cruellement ! Ils ont tous déserté la place, ouvrant la porte à un flot d'atermoiements et de déluges lacrimaux, un long et lent descriptif de la plaie béante qui troue le corps de Bella, avec une tentative bredouillante d'être fine psychologue (pour Stephenie Meyer) et de cerner le désespoir de la demoiselle, tombée en dépression. Ah, ça ne rigole pas ! On sort les paragraphes interminables et parfois incompréhensibles, on aborde les grands classiques ; or, bof, je n'ai pas été friande ni admirative du lien maladroitement évoqué avec la tragédie de Shakespeare, Romeo & Juliet. Parce que, maladroit.
Quant à ce Jacob Black, l'idéal « boy-next-door », comment faire pour lui trouver du charme, ou même du sex-appeal alors qu'il n'est qu'un modeste second choix !?! Edward a ébloui la scène, et ce gentil garçon, le meilleur copain par excellence, vient piétiner ses plates-bandes. Mais ça ne le fait pas ! (Pour moi, je trouve.) A travers ses relations avec Bella, surtout après la transformation, on assiste encore à du copier-coller, notamment dans son rôle hyper protecteur. Lorsque Edward s'introduit subrepticement dans la chambre de Bella la nuit, c'est autrement qu'une intrusion balourde d'un type qui cogne à la fenêtre, aussi félin soit-il pour rebondir sur ses deux pattes. Non, ça ne le fait pas ! (bis) Ce qu'Edward était, par sa présence ou par une simple main posée autour de la taille de Bella, c'était sexy. Et quand ça vient de Jacob, ça fait pot-de-colle !
De même, le clan Cullen exerçait un vrai pouvoir de séduction, une classe folle et dévorante. Dans Tentation, Bella va trouver refuge auprès du clan de Jacob (la tribu des Quileute), où cocon et confort sont les deux mamelles nourricières. Hélas, encore une fois, l'étincelle ne surgit pas. Pas d'instant de grâce, pas de sortilège ni d'envoûtement. Cela devient légèrement frustrant !
Ai-je donc été déçue ? Est-ce possible ? ! Non, pas du tout. J'ai dévoré ce tome 2 avec la même dévotion (ou presque) que Fascination. C'est vrai que je trouve Stephenie Meyer un peu babache, cependant il m'est impossible de ne pas lui admettre ce talent incroyable de savoir raconter une histoire ! Une nouvelle fois, les 570 pages nous transportent, elles sont riches en suspense, en rebondissements, en passion, en trahison, en déclaration. C'est drôle (un peu), émouvant (beaucoup), grinçant (au début, Bella est insupportable !) et déchirant (Edward s'en va !).
J'ai cessé de me poser la question sur mon état mental depuis que j'ai le nez dans cette lecture, car est-ce normal de pleurnicher à l'annonce d'Edward qui rompt avec Bella, comme s'il s'agissait d'une déclaration faite à mon intention !?! De même, mon coeur a fait un triple salto et double looping page 548 (LA condition qu'oppose Edward face au chantage de Bella). Mes aïeux, mes nerfs n'ont pas fini d'être mis à rude épreuve ! Mon marathon continue, je suis dans le tome 3 (mon premier réflexe en le recevant ? vérifier le nombre de pages : 620. Ouf !).
Tentation, de Stephenie Meyer
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : New Moon)
Hachette, 2006. 570 pages. 18€
15 avril 2008
* Fascination - Stephenie Meyer
Bella Swan, dix-sept ans, quitte Phoenix pour vivre chez son père à Forks, petite ville de l'état de Washington réputée pour son climat pluvieux. Bella a toujours détesté Forks mais la nouvelle passion amoureuse de sa mère a conduit l'adolescente à partager le quotidien paisible et passablement ennuyeux de son père Charlie, chef de police. Particulièrement détestable et irritable, la jeune fille rechigne d'avance, et puis s'étonne. Son père est un compagnon agréable et discret, il vient de lui faire cadeau d'une antique Chevrolet à plateau pour son entrée au lycée, lequel lui réserve aussi la surprise d'être minuscule mais accueillant. Elle y est traitée en petite reine, attire les garçons, bref sa nouvelle vie ne s'annonce pas si mal. Et puis survient cette incroyable rencontre, presque irréelle, avec un groupe de trois garçons et deux filles, tous plus beaux les uns que les autres. C'est le clan Cullen, des frères et des soeurs adoptés par le docteur et sa femme. Ils se tiennent tous les cinq à part des autres (du commun des mortels ?), mais attirent l'attention de Bella. Toutefois, sa présence n'a pas l'air du goût de l'un d'eux, le dénommé Edward, son voisin de table en cours de biologie car ce dernier réagit violemment lorsque Bella s'installe à côté de lui, seule place disponible. Cette réaction atypique de violence contenue interloque la demoiselle, puis la déconcerte avant de la mettre hors d'elle. Il lui sera, cependant, impossible de s'expliquer avec l'objet de ses tourmentes car Edward s'absente plusieurs jours. A son retour, il affiche un sourire de circonstance et se montre plus aimable avec Bella, qui n'en finit pas de n'y plus rien comprendre !
Bella est fascinée par ce garçon, beau à damner un saint, superbement inconscient du pouvoir qu'il exerce sur la jeune fille, elle-même s'étant tout le temps considérée banale et extraordinairement pataude. Il lui semble inenvisageable qu'un Apollon comme lui s'intéresse à elle, et puis ce bellâtre a le don de l'agacer, de la déconcerter et de l'attirer tout autant. Car l'attirance entre eux est existante, palpable, mais Edward cultive aussi une étrange retenue et des sautes d'humeur inquiétantes. Pourquoi ? Quand le mystère est levé, la réaction de la belle ne sera pas sans surprise... non plus !
Que dire sur un roman qui a déjà fait couler tant d'encre ? Je ne savais décemment pas quel pouvoir il décelait, quelle attraction implacable il dissimulait. Ou bien je trouvais que c'était suspect, dans le genre trop de succès peut induire en erreur, créer trop d'attente et une frustration au tournant. J'avais zappé les articles à son sujet, de peur d'en apprendre trop. Bref, j'étais à la frontière de l'envie, de la crainte et du doute. J'ai expliqué comment je suis tombée dedans, par hasard, et l'effet dévastateur que cela a eu sur moi. Maintenant je découvre que toutes les lectrices ont, comme moi, ressenti cette montée d'adrénaline qui est irrésistible, cet effet de drogue, de manque, d'exaltation déraisonnable et clairement débile (bah oui, j'ai tout de même 32 ans ! je dois grandir un peu !). Je ne suis tout de même plus une ado niaise qui s'amourache du héros d'un roman parce qu'il est beau, hyper séduisant, a un voix de ténor et un sourire en coin qui fait fondre toutes les femelles du coin ! ! ! (Bah si.)
Alors oui, c'est un livre qui est facile, qui réunit toutes les grosses ficelles et tous les ingrédients existants pour concocter une recette efficace, toute simple, mangeable et le tout saupoudré de ces piments essentiels pour mettre en bouche avec une toute aussi déconcertante avidité ! Oui, oui, oui. Mais où est le problème ? Car, non contente de déjà nous faire grincer des dents par tant d'habileté, Stephenie Meyer a le culot de mettre en scène des personnages charismatiques, qui touchent à la grâce divine, je pense à Edward Cullen qui vous donne des bouffées de chaleur mais Bella Swan aussi, dans son genre à des années lumière, agaçante mais tellement commune, tellement humaine, est attachante ! Ce roman, en plus d'être une histoire d'amour avec ses soubresauts, ses drames, ses élans et ses frustrations, est un livre qui évoque la fascination au sens le plus large. Tout est là. Et Bella en rajoute une couche, à maintes reprises, tant elle est éblouie par Edward. (Je me demande quel terme anglais a d'ailleurs été employé pour ça.) C'est peut-être nigaud, mais j'ai justement beaucoup aimé cette insistance. N'est-ce pas tout simplement merveilleux et fantastique d'être éblouie, et/ou d'exercer ce pouvoir d'éblouissement qui fait tomber dans les pommes !?! Je n'exagère pas. Et puis il y a des passages, absolument mémorables, qui font vibrer la corde romantique de toute midinette qui se défend, damned, de l'être ! « Edward est resté seul pendant presque un siècle. Maintenant il t'a. Tu n'es pas consciente des changements que tu as provoqués en lui, nous si. Penses-tu que l'un de nous tiendrait à croiser ses yeux pendant les cent prochaines années s'il devait te perdre ? » Ne cherchez pas à comprendre, Fascination est un roman qui se vit ! Je suis actuellement plongée dans le tome 2, les vannes sont grandes ouvertes, mais j'adore ça !
Fascination, de Stephenie Meyer
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Twilight)
Hachette, 2005. 525 pages. 18€
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