11/05/18

68 année zéro, de Paule du Bouchet

68 année zéroLe 1er janvier 1968, Maud boit du vin blanc en écoutant les Beatles avec son groupe d'amis, réunis dans un vieux château à la campagne, où ils tournent une adaptation rock-n-roll du Grand Meaulnes. L'ambiance est volubile et insouciante, même si tous ont en ligne de mire leur bac en juin.
Comme toutes les filles de son âge, Maud rêve d'amour et de baisers, elle regarde avec envie les jupes courtes et la frange de Sylvie Vartan, elle sent bouillir en elle une impatience et une envie de vivre autrement que le modèle de ses parents (sa mère est bibliothécaire, son père écrivain, tous deux sont séparés). Il n'y a pas de télévision, pas de radio à la maison. Aucune conscience sociale ou politique, juste le besoin de s'enivrer de nouvelles modes.
Dans leur Quartier Latin, jamais ils n'avaient eu connaissance de la petite ville de Nanterre. Là-bas, des étudiants protestent, crient, sortent des clous. Bientôt la Sorbonne est occupée par des centaines de manifestants. Dany le Rouge devient une figure de proue. La police est dépassée, le gouvernement entêté. Et les premiers affrontements retentissent. 
Maud est aux premières loges. Sous sa fenêtre, spectatrice du soulèvement populaire, elle regarde s'ériger les barricades et assiste aux échauffourées. Le désordre règne et laisse place à une scène de désolation. L'air est irrespirable, les mines sont hagardes. Le pays tout entier est mis k-o.

C'est en rassemblant ses souvenirs que l'auteur nous livre son année 68 à travers un récit où se mêlent efficacement l'intime aux événements devenus historiques. Elle restitue au mieux le parfum d'une époque et le cri de révolte d'une jeunesse qui a enflammé les passions.
On plonge au cœur même de cette frénésie. On suit l'enchaînement des événements. On refait le monde dans des squats enfumés. On bouscule les traditions. Le texte est lapidaire et ne cache rien de la nature de sa narratrice - seize ans, éducation bourgeoise et privilégiée, naïve et idéaliste. 
Avec elle, on découvre les espoirs, la peur, la colère, la folie furieuse, en gros les heures sombres et électriques de cette année hors normes. « Mai 68 ne s'était pas arrêté en mai. Ni en juin. Quelque chose avait continué à faire son chemin. En chacun de nous. »
La lecture est perspicace, mais ne dégage pas de grande force non plus. On reste assez en retrait du récit, à distance des personnages. C'est mon seul reproche... mais c'est parce que j'ai lu - en comparaison - Trois filles en colère d'Isabelle Pandazopoulos qui m'a tellement plu (et davantage marquée). ☺ 

Gallimard jeunesse, coll. Scripto / 2018

 

 

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08/05/18

Prince Cradoc au Royaume du Chic, de Robert Paul Weston

Prince cradoc au pays du chicRobert Paul Weston est de retour ! L'auteur de Voyage à Zorgamazoo vient de commettre une nouvelle prose pétulante et poétique en inventant deux royaumes que tout oppose, mais dont la principale obsession semble être l'apparence et le regard des autres. 
D'un côté, au Royaume du Chic, le roi veille à suivre les dernières tendances, à toujours être dans le coup et à respecter la mode prodiguée par la papesse du genre, Miss Ruby de La Rue.
Seulement, notre souverain se désespère d'avoir pour héritière un petit rat de bibliothèque, alias Frannie, princesse en pyjama, toujours le nez plongé dans les bouquins. Les beaux habits, le chic et le glamour, elle s'en moque royalement !
Au point d'agacer son père, qui menace de la répudier.
De l'autre côté de la forêt, se trouve le royaume de Craspec où les sujets sont excentriques à leur façon, en se parant de couches bigarrées et de perruques déglinguées mais en s'imaginant être tout autant audacieux et stylés ! Quelle cacophonie.
Ces deux univers vont donc se croiser lors du grand bal donné par le Royaume du Chic, auquel va se rendre le fraîchement couronné Cradoc. Seulement, son élégance sera incomprise et moquée. Pire, notre jeune ami se sent humilié et veut jeter sa couronne aux orties.
Courant se réfugier dans les bois, il tombe nez-à-nez avec une autre ringarde incomprise. Bingo, une franche amitié se noue. Une délicieuse compréhension se tisse. Une sensation de communion muette voltige dans les airs. Ces deux-là ont une revanche à prendre contre les chicos arrogants !

Les amateurs de pirouettes linguistiques et autres virevoltes inventives vont encore se pâmer à la lecture de cette fable originale et cocasse ! 
Car c'est funkédélique à souhait.
« Cette manie du style... elle vire à l'hystérie !
Seule une chose importe : celle d'avoir le choix.
Chacun met ce qu'il veut, que cela plaise ou pas.

Car la mode, c'est du fun. Mais ce n'est rien de plus.
Elle ne devrait pas - ne doit pas ! - nous miner,
Dans la vie, entre nous, y'a d'autres chats à 
fouetter ! »

seuil jeunesse, 2018 - traduit par Rosalind Elland-Goldsmith

illustration de Mathilde George

 

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23/04/18

Jefferson, de Jean-Claude Mourlevat

Jefferson GJPar un beau matin d'automne, Jefferson Bouchard de la Poterie termine son ménage et met son gratin de pommes de terre au four avant d'enfiler sa petite veste pour se rendre chez le coiffeur et rafraîchir sa houpette.
Manque de bol, sur place, il découvre le cadavre de M. Edgar ! Une paire de ciseaux est plantée dans sa poitrine, le corps baigne dans son sang. Jefferson panique. Surpris par une cliente apeurée, il prend la fuite avant d'être accusé d'un crime qu'il n'a pas commis.
Hélas, c'est trop tard. La police est déjà à ses trousses. Seul son meilleur ami Gilbert croit en son innocence et lui prête son concours pour mener leur propre enquête. Et ainsi, affublés de costumes ridicules ou participant à un voyage organisé en car, nos deux compères se rendent au pays des humains...
Ah oui, précision utile : Jefferson est un hérisson, Gilbert un cochon, M. Edgar un blaireau. Chez eux, les animaux parlent, marchent debout, lisent, tombent amoureux, s'envoient des SMS et ne font pas de cadeaux aux malotrus qui maltraitent leur espèce.
Ah, ah. Voilà une lecture gonflée à bloc ! D'une part, elle nous embarque pour une aventure riche en émotions (suspense, meurtres, amitié, entraide et humour), mais d'autre part elle affiche aussi son militantisme en dénonçant la barbarie et la cruauté infligée aux animaux. 

« C'est dingue ça, quand même, ils peuvent manger tout ce qu'ils veulent : des spaghettis au basilic, du gratin dauphinois, des pizzas quatre saisons, des tartes aux framboises, des omelettes aux pommes de terre, des gâteaux à la noix, des soupes de lentilles corail avec du lait de coco, des crêpes à la confiture, des pommes, des poires, des abricots, des poêlées de champignons, des salades de tomate, des croissants, des tagliatelles au pesto, des crèmes à la vanille, des fraises, des melons, du riz, de la purée, des petits pois, du velouté de potiron, du chocolat aux noisettes... et ça ne leur suffit pas ! Ils trouvent que c'est pas assez, alors ils tuent les animaux pour les bouffer ! Je comprends pas... »

La sentence tombe et peut sembler implacable. Du moins, l'auteur a glissé subrepticement son message et veillé à sensibiliser les plus jeunes, sans tomber dans la mascarade ou la leçon de morale. Car l'ambiance générale demeure gaie, joyeuse et légère. On vit une folle épopée avec des personnages très attachants. C'est vraiment drôle, tout en étant sensible et intelligent. Monsieur Mourlevat, vous êtes mon héros ! ♥

Gallimard Jeunesse, 2018 - illustrations d'Antoine Ronzon

couverture illustrée par Lisa D'Andrea

 

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16/04/18

Les Prisonniers de la nuit, de Johan Heliot

Les prisonniers de la nuitSuite à une catastrophe écologique, la vie sur Terre n'est plus que l'ombre d'elle-même. Jon et sa famille vivent dans un grand Complexe technologique au cœur de la Vallée, mais les parents du garçon ont soudainement décidé de l'envoyer quinze jours dans un camp d'été dans les montagnes, soit-disant pour bousculer ses habitudes, faire de nouvelles rencontres et se dégourdir hors de son environnement préservé. Ce séjour n'enchante guère l'adolescent... qui découvre avec effroi un lieu abandonné, sans eau, sans électricité, et particulièrement énigmatique, car toutes les étoiles s'éteignent à la nuit tombée. Jon et ses compagnons vont ainsi organiser leur survie (trouver à boire, de quoi manger, faire du feu, repérer les alentours) même si des bisbilles éclatent au sein du groupe, faisant apparaître deux clans distincts. La tension sur le camp est palpable, alourdie par l'angoisse et les nombreuses interrogations que leur présence suscite. J'ai également eu le sentiment d'être happée dans ma lecture et de plonger dans un univers mystérieux qui peut faire penser à d'autres romans du même genre (Hunger Games, Sa Majesté des Mouches, Les enfants de Timpelbach, Gone...). Ou comment des enfants s'organisent dans un milieu hostile sans soutien parental. Enfin bref, l'histoire est assez surprenante et se lit incroyablement vite. Puis, changement de ton, changement de rythme, changement de décor aussi. Je vous laisse découvrir la suite, qui renverse la donne et chasse la sensation d'avoir déjà deviné la fin. Au-delà du thriller ou du roman d'aventures, c'est aussi une profonde réflexion sur notre façon de vivre et la vigilance à avoir pour sauvegarder notre milieu naturel. Très bonne découverte.

Seuil jeunesse, 2018 - illustration de couverture : Nelson Gonçalves

 

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27/03/18

Mes nuits à la caravane, de Sylvie Deshors

Mes nuits à la caravaneGros cœur rouge sur ce roman, où l'on rencontre une bande de potes hyper attachante, dans la verte campagne limousine, autour d'une histoire simple mais prenante.
Lucile vit seule avec son père, qui a tendance à oublier son désespoir dans l'alcool. La mère est morte d'un cancer, le restaurant familial a brûlé dans un incendie criminel, l'assurance n'a pas remboursé les pertes. Le moral est donc au plus bas, mais Lucile refuse d'en accepter davantage. Ne supportant plus l'attitude indigne de son père, elle claque la porte de la maison et part s'installer dans la caravane au fond du jardin.
Ce lieu servait déjà de refuge pour sa maman, qui aimait peindre et s'isoler dans sa bulle. Et effectivement, la caravane est imprégnée des souvenirs maternels. Tout semble remonter à la surface, les émotions, le passé, les vieilles histoires d'amour et de jalousie, les rancunes tenaces, les dettes, les trahisons... Bref.
C'est en compagnie de ses meilleurs amis - Ben, Djoul et Léna - qu'elle se bricole un cocon douillet, lequel deviendra également le point d'ancrage pour les amateurs de musique et de poésie. Le cadre est féerique, l'ambiance festive et joyeuse, la lecture laisse également entrevoir une région au charme bucolique insoupçonné (Bellac et ses alentours), en plus d'une communion parfaite entre ces jeunes gens en plein apprentissage de la vie.
Dans le même temps, Lucile conduit promptement son enquête sur sa famille, marquée par les drames et les malheurs, et nous embarque dans sa longue traversée du tunnel, entre deuil, solitude et désarroi. C'est un parcours tranquille, avec juste ce qu'il faut d'espérance, de folie, d'amitié et d'amour. J'ai beaucoup aimé ! À lire et découvrir comme une parenthèse enchantée.

Rouergue, coll. doAdo (2018)

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12/03/18

Cherub/01 : 100 jours en enfer, de Robert Muchamore

J00748Gros succès en librairie, la série CHERUB trace sa route depuis presque dix ans et enthousiasme ses lecteurs avec son univers d'organisation secrète, où des enfants sont entraînés pour infiltrer des missions spéciales... Espionnage, action, suspense, aventure et baston, on ne s'ennuie pas une seconde.
J'ai profité de la sortie en livre audio pour découvrir LE phénomène et ai été pleinement séduite par l'excellente interprétation de Julien Frison qui incarne un adolescent brouillon en passe de devenir un môme doué et consciencieux en vivant une aventure fracassante et néanmoins palpitante !

James Adams est un collégien turbulent, élève médiocre, éternel souffre-douleur, habitué d'être exclu. Il vit avec une mère devenue obèse et un beau-père alcoolique. Mais le destin s'acharne, le gamin perd sa mère et est expédié dans un orphelinat où il bascule dans la délinquance. Dès lors, il a le choix entre toucher le fond ou accepter de suivre une formation spéciale pour Cherub. Il a 100 jours pour assimiler des techniques de combat, de survie et de ruse enseignées par une agence des renseignements britanniques. 100 jours pour changer le cours des choses ou retourner à la case départ. 

Le scénario est basique et rythmé. On en prend plein les yeux, plein les oreilles. Et l'immersion est totale. On partage ainsi les galères de James, son arrivée à Cherub, ses rencontres avec ses nouveaux camarades, son apprentissage et ses premières missions. Toute l'histoire s'inscrit dans une logique imparable, et je comprends tout à fait ce qui enthousiasme les jeunes lecteurs. Ce que vit James est à la fois proche d'eux mais incarne aussi un fantasme - devenir espion, vivre de passionnantes aventures, voyager etc. La lecture est à la hauteur des attentes. On a une très bonne réalisation audio - agréable à écouter - pour une série vraiment engageante et débordante de dynamisme.

Gallimard Jeunesse, Collection: Écoutez lire 

Traduit par Antoine Pinchot

Julien Frison nous emporte dans l'univers palpitant de CHERUB, et met en voix le franc-parler et l'humour adolescent, sans niaiserie. Durée : 7h 30 env.

 

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09/03/18

La Sélection, de Kiera Cass & lu par Claire Tefnin

la sélection audiolibEn toute franchise, cette série est loin d'être une découverte - car déjà lue lors de sa parution en 2012. J'avais, à l'époque, été totalement séduite par l'emballage et la mièvrerie ambiante. En apprenant que la série était maintenant disponible en format audio, mon cœur de midinette a de nouveau fait boum. Je suis faible, je suis curieuse, je suis guimauve jusqu'au bout des ongles. Amen. J'ai ainsi replongé dans quelques 7 heures d'une lecture pleine de fanfreluches, de sucre et de miel. C'est assumé. Et j'ai suivi une Claire Tefnin se métamorphoser en America Singer, héroïne ô combien décriée, dans cette jolie bluette romantique.

Trois cents ans ont passé, durant lesquels les États-Unis ont croulé sous les dettes, subi l'invasion de la Chine puis lutté pour leur indépendance, d'où la création du royaume d'Illéa, une monarchie basée sur un système de castes. Afin de plaire au peuple, le palais a coutume d'organiser un grand jeu télévisé, la Sélection, au cours duquel 35 filles de toutes origines doivent se distinguer pour ravir le cœur du prince héritier, Maxon. Parmi elles, se trouve la rousse et volcanique America Singer, dont les motivations sont purement matérielles et détachées, car la belle a le cœur brisé par un autre soupirant, qu'elle voyait en cachette depuis deux ans. Bien évidemment, America tape dans l'œil du prince et survole la compétition et ses concurrentes. Elle incarne  l'indépendance, la franchise, la noblesse, l'abnégation et la bienveillance. Elle connaît le peuple, elle comprend les coups durs, elle a les pieds sur terre et elle n'affiche aucune ambition dévorante. En gros, c'est une sainte et c'est agaçant.

L'histoire ressemble donc à un conte de fées, avec son cadre enchanteur et son prince charmant, ses sentiments balbutiants et sa tendresse dégoulinante. Le jeu télévisé est passablement mis en avant, on songe même à un mix approximatif du Bachelor & des Hunger Games, même si ce n'est ni sexy ni trash, mais seulement niais et lisse. Il y a quelques pestes dans le lot, des attaques de renégats, des vérités voilées et des discours pompeux qui font paraître le prince affreusement obséquieux. Tout n'est que poudre aux yeux, et c'est justement pour ça qu'on mord à l'hameçon. En dépit des défauts manifestes, le roman exerce une vraie addiction sur l'auditeur. Impossible de décrocher une fois qu'on a la mélodie dans les oreilles. La mise en scène est agréable, la réalisation musicale distrayante et la voix de Claire Tefnin entraînante. Et bim, j'ai été complètement possédée. Mais qui n'a jamais cédé à quelques plaisirs coupables dans sa vie de lectrice ?

Ce roman à la couverture sublime est donc un pur moment de délectation, simple et sans équivoque ! ☺

©2012 Kiera Cass / Éditions Robert Laffont, traduction de Madeleine Nasalik

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Claire Tefnin. Durée : 7h env.

Parution du Tome 2 courant mai 2018

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08/03/18

Comment maximiser (enfin) ses vacances, d'Anne Percin

Comment maximiser enfin ses vacancesJe pensais être guérie de mon béguin pour Maxime Mainard, lorsque j'ai découvert la sortie de ce nouveau roman, soit une 4ème saison inopinée, sachant la trilogie bouclée depuis 2012. J'étais partagée entre la surprise et la panique, bonne ou mauvaise nouvelle, dans les premières pages, j'ai douté, trouvant que le garçon exagérait bêtement le ton de l'éternel insoumis, opposé au système par principe - allait-on nous réchauffer une vieille recette sans la même saveur ?
Foin de tout ça. En vrai, j'ai totalement succombé. C'est toujours aussi bon, toujours aussi drôle, toujours aussi dérisoire et toujours aussi déjanté. On retrouve nos fidèles camarades dans des aventures improbables - une série de concerts sur la route des vacances - et c'est du bonheur en barre. Je n'ai pas pu m'empêcher de glousser au fil des pages.
Le bac en poche, Maxime plane sur son petit nuage mais rechute lourdement après son admission loupée à Sciences Po. Totale remise en question et perspective d'avenir dans le flou. Notre jeune ami fonde ses derniers espoirs dans son groupe de rock, Kremlin, et décroche un contrat inespéré pour jouer dans un festival sur le côte Atlantique. Quinze jours à se doper de rock et d'océan, ambiance camping où l'on répète dans les sanitaires, une licorne gonflée sous hélium flottant sur la tente !
Ah, sûr qu'il faut le voir pour le croire. Maxime a réuni sa bande au complet - Stéphane à la batterie, Christian à la guitare, Julius à la basse - sans oublier sa Kévinerie, mascotte attitrée, son amoureuse Natacha, sa pote d'enfance Alexandra et sa groupie de frangine Alice. La suite de l'aventure promet monts et merveilles, mais est surtout désopilante et vous communique une vraie fraîcheur de vivre.
C'est le remède radical pour une cure de bonne humeur ! Prenez-en à fortes doses !!!

éditions du Rouergue, 2017 

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Vendus à plus de 100 000 exemplaires, les trois premiers tomes ressortent sous de nouvelles couvertures pour brasser toujours plus large un public qui n'aurait pas encore eu la chance de connaître le personnage. ♥

  

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07/03/18

Le célèbre catalogue Walker & Dawn, de Davide Morosinotto

« Il ne restait qu'une chose à déterminer, la plus importante : qui serait le chef de l'expédition ?
Je ne voulais pas me proposer car c'était on ne peut plus évident : ça ne pouvait pas être Eddie parce qu'il était trop fragile (et puis il avait des lunettes), ni Joju parce que c'était une fille, et je ne parle même pas de Min. Forcément, c'était le plus petit et, par-dessus le marché, il était noir.
Malgré tout, un vrai chef ne doit pas se mettre en avant, il doit être choisi et acclamé par son peuple.
J'ai donc attendu d'être acclamé en songeant déjà à ce que je dirais avant d'accepter, non, non, je ne suis pas à la hauteur, vous êtes trop gentils, des choses dans ce goût-là, la modestie incarnée, quoi.
Au lieu de ça, Eddie a prétendu que c'était à lui d'être le chef car il était un chaman qui savait parler aux alligators ; Joju, elle, pensait que cette mission lui revenait car elle était la plus dégourdie de la bande, et Min lui-même donnait l'impression d'avoir son mot à dire en agitant la montre.
J'ai laissé échapper un soupir. »

le CÉLÈBRE CATALOGUE WALKER et DAWN

Quatre amis vivent et grandissent dans le bayou, se réunissant dans leur refuge secret pour inventer de nouveaux jeux, comme bricoler un nouveau canoé pour pêcher dans les flots boueux. Ce jour d'été 1904, P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie trouvent une boîte à conserve rouillée, avec à l'intérieur trois dollars. Sans rien dire à personne, ils décident de passer commande dans le “célèbre catalogue Walker & Dawn” mais sont finalement déçus le jour de la livraison du colis, car celui-ci ne contient pas l'article attendu (un revolver de police) mais une vieille montre cassée. Même si le catalogue garantit les prix les plus bas et une totale satisfaction sous peine de remboursement, les enfants doivent se rendre en personne à Chicago pour obtenir gain de cause. Une perspective peu envisageable pour leurs familles qui triment, qui râlent, qui punissent à coup de ceinture en cuir sur les fesses. Finalement, des événements dramatiques vont précipiter leur décision et pousser la bande des quatre à se sauver par la rivière jusqu'à La Nouvelle-Orléans. Sur place, ils devront encore se débrouiller pour rejoindre la grande ville du Nord, en veillant à ne pas tomber dans les nombreux pièges tendus. 

Tout est absolument épatant dans cette lecture ! On a quatre enfants formidables, généreux, drôles, courageux et attachants, qui prennent tour à tour la parole au cours des quatre parties composant leurs aventures. On apprend ainsi à mieux découvrir les uns et les autres, à cerner leurs secrets, à aimer leurs rêves et leurs envies, à partager leurs émotions. On se sent un peu le cinquième membre du gang et on échangerait notre place pour rien au monde. De plus, malgré une épaisseur consistante, ce gros roman de 425 pages se dévore en un clin d'œil ! La lecture nous transporte dans une Amérique vintage, avec ses bateaux à aube, son jazz coloré, son bayou, ses trains de marchandises avec des wagons en bois, ses grandes villes semées de danger, ses bureaux de presse aux rédactions bourdonnantes, ses chasses au trésor et j'en passe... On n'a qu'à fermer les yeux pour y croire. Nos jeunes héros prennent une part active au dynamisme ambiant, et on plonge le cœur battant dans leurs péripéties, rapportées sur un ton plein d'humour et de suspense.

Faisant également penser à Tom Sawyer, le roman se révèle audacieux, surprenant et plein de ressorts. J'ai aimé fort, fort, fort. C'est même UN GROS COUP DE CŒUR ! ♥

L'école des loisirs, 2018 - traduit de l'italien par Marc Lesage

illustrations de Stefano Moro, Annalisa Ventura et Gabriel Gay

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02/03/18

Un lapin peut changer une vie, de Sandrine Kao

Un lapin peut changer une vie

Dans la famille Ribout, je demande le chaos, le désordre, le souk, le sens dessus dessous. Après des années lisses et confortables, soudain le petit train sort des rails et part en roue libre.
Haut les cœurs !
Paul, le père, vient de démissionner après avoir frôlé le burn-out mais n'ose pas encore avouer son projet secret. Emmanuelle, son épouse, est illustratrice pour l'édition jeunesse, hélas en panne d'inspiration. Chaque jour, elle s'échine à varier les platées de pâtes en fouillant les placards de plus en plus vides. En attendant le retour des éclaircies, elle déverse sa frustration sur son blog culinaire au succès d'estime.
Les enfants aussi ne sont pas en reste. Agathe, l'aînée, vient de recevoir un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de je t'aime, bim, coup de foudre sur scène, tellement fort que la belle en a perdu l'usage de la parole. L'objet de son affection s'appelle Tony, il a des yeux sombres et rieurs qui ont su la transpercer en un éclair. Le coup fatal. Alicia, la cadette, fière d'être la fayote en classe, perd brutalement son statut de chouchou à cause de sa nouvelle voisine de table, une certaine Keja, dont nul n'ignore qu'elle est Rom et vit dans une caravane sur un terrain vague.
Et pour conclure ce tour de piste, applaudissons enfin Django, l'invité vedette, soit un adorable petit lapin, mais également le célèbre guitariste de jazz manouche ! ☺

On brasse le tout avec énergie et on obtient une chouette lecture, qui s'ébroue comme une puce et qui dresse le portrait d'une sympathique famille confrontée aux aléas de la vie (mais qui n'a pas peur de tout plaquer pour repartir de rien). C'est frais, c'est rigolo. On en revient toujours aux lapins, à la culture tsigane et aux préjugés sur les gens qui vivent autrement. En bref, le roman est croqué de façon originale et décalée, pour demeurer sans prétention et frais comme un gardon. Il a en lui un effet vivifiant insoupçonnable - et hop pour 210 pages réjouissantes et positives !

 Syros, 2018

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