11/10/18

Le journal de Chloe Snow, 2 : Confessions toujours plus catastrophiques, d'Emma Chastain

Confessions toujours plus catastrophiquesAprès une première année catastrophique, cf les confessions de Chloe Snow, au moment d'entrer au lycée, notre demoiselle avait dans l'optique de trouver un amoureux et d'échanger son premier baiser. Mais son plan était parti en cacahuète, avec une solide réputation à la clef. Cette fois, Chloe a de l'expérience et de la sagesse à revendre. Et se dit que son année ne peut pas être pire.
N'est-ce pas ?
Ses parents ont entamé une procédure de divorce. Sa mère est partie vivre au Mexique. Chloe refuse de lui parler. Son amie Hannah est tombée sous le charme de Reese, alias Kaa le serpent. Son pote Tris a le cœur en miettes. Son ancien béguin souffle le chaud et le froid. Son père sort avec sa prof d'anglais. Et les auditions pour la comédie musicale tournent au vinaigre. On rappelle aussi que son journal s'ouvre sur cette phrase prophétique, ou pas : Au secours. Je crois que Mike est amoureux de moi.
Voilà, voilà. On rembobine tout ça en accéléré, on inspire un bon coup et on plonge tout de go dans cette lecture... rafraîchissante et hyper drôle ! Car oui, c'est totalement déculpabilisant à lire : on adore le ton mordant de Chloe, ses confessions sans filtre et ses questions qui se bousculent dans sa tête. À quinze ans, on confond l'amitié et l'amour, on a besoin de réconfort, on se gave d'illusions et on oublie l'essentiel, là, sous notre nez.
La nouvelle version de Chloe Snow est aussi beaucoup plus douce et attachante. L'adolescente est certes paumée et se sent délaissée, car elle a perdu de nombreux repères dans son entourage (amitié, famille, amour) mais elle dégage toujours autant d'audace et de causticité. Ses confessions sont donc rapportées en toute liberté et sans complexe. C'est extrêmement plaisant à lire, même si ça peut parfois surprendre et choquer. No harm done.
Je trouve que ça fait du bien dans le paysage actuel, et pour les nostalgiques de Georgia Nicolson, et autres séries du même acabit, ça comble un manque. Chloe Snow est une adolescente bien d'aujourd'hui, bourrée de charmants défauts, qui clame haut et fort ce que pensent toutes ses comparses. Emballez, c'est pesé ! Totalement impudique et culotté. On adore.

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Faustina Fiore

 

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09/10/18

Rien ne va plus sous les étoiles, de Jenny McLachlan

Rien ne va plus sous les étoilesMeg a quinze ans et une réelle passion pour les étoiles. Depuis toujours, elle rêve de devenir astronaute. Sélectionnée pour participer à un concours organisé par la NASA, l'adolescente doit néanmoins surpasser sa trouille et prononcer un discours devant ses camarades. Meg sait qu'on la traite de geek ou qu'on se moque d'elle derrière son dos. Autant renoncer d'office à la compétition. En plus, son principal rival n'est autre que son partenaire de sciences, Ed King, un garçon branché et populaire. Pour ne rien arranger, sa mère a mis les voiles pour une mission humanitaire à l'autre bout de la planète, livrant ses filles, Meg et Elsa, un bout de chou de 18 mois, à la garde du grand-père un peu trop fantasque. Débordée par ses nouvelles responsabilités (crèche, couches, repas, dodo) et veillant à ne rien dire à personne, l'adolescente n'est plus aussi appliquée et rigoureuse en classe. Elle est d'ailleurs convoquée pour rejoindre un atelier réservé à de très bons élèves, comme elle, qui rencontrent des difficultés pour se sociabiliser. Contre toute attente, un petit groupe se forme, entre Meg, Annie, Rose et Jackson. Ils se savent les dindons d'une farce, rouspètent et réclament des biscuits, puis peu à peu tombent le masque et vont se serrer les coudes pour porter leur capitaine Clark jusqu'aux étoiles. En réalité, cette lecture est franchement adorable ! C'est un roman doudou qui s'ignore et qu'on picore avec ce sentiment d'avoir dégoté un beignet au miel tant c'est savoureux. On a une héroïne forte et intelligente, qui adore les sciences et l'astronomie, mais qui préfère s'enfermer dans sa bulle pour se protéger. Il était temps qu'un big bang bouscule son existence bien rangée ! Finalement, l'histoire va privilégier les situations tendres et cocasses pour chasser les incohérences, les griefs, les exagérations (pourquoi sa mère se montre aussi irresponsable et égoïste ? pourquoi son grand-père s'envole sur son vélo ? pourquoi des poules, pourquoi un Jacuzzi, pourquoi la tectonique des plaques ?). On oublie tout et on passe un moment formidable avec Megara Clark : cette jeune fille est un vrai modèle qui pourrait inspirer bien des lecteurs ! On admire et on aime sa fougue, sa sensibilité, son obsession, sa spontanéité... Cela rend son évolution encore plus fabuleuse, le roman en devient terriblement attachant. Et la couverture est magnifique.

La Martinière J. (2018) - traduit par Camille Bocquillon

 

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04/10/18

Les vrais amis de Melissa, de Kristen Tracy

les vrais amis de melissa

Melissa et son amie Candice ont été sélectionnées pour être les photographes de l'album du collège. Pour ces élèves de sixième, l'opportunité est trop belle pour mettre à l'honneur ceux ou celles qui n'en ont jamais l'occasion. Or, elles se confrontent très vite à la réalité : ce sont toujours les mêmes, toujours les plus populaires, qui ont les faveurs de la rédaction. Candice veut donc tout révolutionner et trouve en Leo un complice inespéré. Mais Melissa se sent trahie car elle ne supporte pas ce garçon et refuse de lui faire confiance. Ne comprenant plus son amie, Melissa tombe sous la coupe d'Anna, la responsable de l'album qui a décidé de n'inclure que ses amis branchés et les beaux athlètes. Elle a immédiatement senti que les deux copines ne partageaient plus les mêmes idées et se sert de son antipathie pour Leo pour mieux amadouer Melissa. Commence donc un vrai casse-tête pour l'adolescente, tiraillée entre sa loyauté envers ses principes et son amitié avec Candice, rongée par la jalousie, avec des idées confuses plein la tête, désirant soutenir des élèves au potentiel insoupçonné, sans perdre son statut de nouvelle favorite. Cruel dilemme. Cela peut paraître cruche à lire, de prime abord, mais le fond du problème demeure sincère et perspicace. Être ou ne pas populaire, soutenir ou pas ses amis, se déguiser pour plaire, rentrer dans le moule ou assumer sa différence... encore et toujours les mêmes questions. J'ai premièrement craint un roman trop superficiel, et bien évidemment très jeunesse, car Melissa est parfois immature (ok, elle a onze ans) mais j'ai peu à peu revu mon jugement en considérant l'histoire sans prétention, juste purement divertissante comme une série ou un film US (rien que le concept de l'album est très américain, mais nos ados imprégnés de culture pop en saisissent vite les aboutissements). Dernière chose, contrairement aux apparences, l'histoire n'est pas inachevée et l'auteur a bien écrit une suite (Project (Un)Popular #2)... Pour lecteurs dès 10 ans.

La Martinière J. (2018) - traduit par Frédérique Fraisse

 

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18/09/18

Love & Gelato, de Jenna Evans Welch

love gelatoAvant de mourir, la mère de Lina lui fait promettre de partir en Italie pour faire la connaissance de Howard. Cet homme aurait beaucoup compté dans sa vie, si bien que la jeune fille suppose qu'il pourrait être son père. Mais pourquoi n'en a-t-elle jamais entendu parler auparavant ?
Encore sous le choc, complètement bouleversée, Lina accumule un trop-plein d'émotions et se rend à Florence à contrecœur. Sur place, ses premiers pas sont raides. Elle débarque chez un inconnu et découvre qu'elle va vivre dans un cimetière - Howard est gardien d'un mémorial de la Seconde guerre mondiale. Lina agit comme une automate, ne cesse de se poser mille questions sur sa mère et Howard, et s'imagine trouver des réponses dans le journal intime de celle-ci.
Au final, l'histoire va réserver à notre héroïne de bien jolies découvertes et des rencontres fabuleuses. Doucement mais sûrement, Lina va prendre goût à la culture italienne, s'imprégner du folklore local et côtoyer la jeunesse cosmopolite avec insouciance. En élargissant son horizon - ainsi que ses papilles, ses yeux et son cœur - elle aura le sentiment de mieux comprendre sa mère, de ressentir toute son histoire avec ses secrets.
Je dois avouer que ce roman a su  me charmer, avec son romantisme, sa tendresse et sa gourmandise. C'était délicieux de parcourir la campagne et les rues florentines, de partager les rêves d'une jeune étudiante en art, de sécher ses larmes, de reprendre espoir, de flâner avec un cornetto con Nutella à la main, de s'échapper sur une Vespa et d'avoir le cœur qui bat trop fort... Allez hop ! cela ne coûte rien d'essayer, si ce n'est de passer un moment savoureux et réconfortant dans une ambiance géniale. Un petit roman parfait pour l'évasion.

Bayard jeunesse (2018) - traduit par Pascale Jusforgues

 

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Gaspard in love, de Stéphane Daniel

Cet ouvrage a été publié pour la première fois en 2006, puis en 2010 sous le titre Si par hasard c'était l'amour, aux éditions Rageot.

Gaspard in loveRoulant joyeusement sur la route des vacances, la famille Corbin doit pourtant revoir ses projets quand leur voiture tombe en panne en rase campagne. Le garagiste du coin leur promet d'agir au plus vite, en attendant Gaspard et ses parents s'installent à l'hôtel du Lion d'Or. Mais ce contretemps contrarie grandement l'adolescent, impatient de rejoindre sa bande de potes, plus particulièrement sa dulcinée, car il n'ignore pas que sa place laissée vacante sera rapidement occupée par un autre prétendant...
Face à ce garçon qui erre comme une âme en peine, l'hôtelière lui suggère de faire un tour au bistro voisin. Dans l'arrière-salle, d'autres jeunes de son âge ont l'habitude de se réunir autour d'un babyfoot. N'en rajoutez plus : les mots magiques ont coulé comme du miel sur Gaspard, dont les yeux brillent déjà de mille feux. Lui, le King de la gamelle, va enflammer la foule en délire. Il n'en doute pas une seconde. Du moins, ce serait oublié que ses vacances sont placées sous le signe de l'inattendu (et de la déconfiture).
Ha, ha ! Comment vous dire, à part que c'est drôle, mais tellement drôle à lire ! J'ai franchement souri tout du long des aventures de Gaspard, dont l'ironie est son arme fatale, quitte à paraître un peu lourd et cinglant, mais ce garçon mérite vraiment d'être connu. On partage à ses côtés quelques jours de vacances dans un village loin du tourisme de masse et on aime cette mise au vert imposée qui rend notre jeune parisien moins cynique à force de côtoyer la faune locale. C'est plein de vie, de joie, d'insouciance, d'amitié et d'amour. On passe un vrai bon moment et c'est tout ce qui compte. Big up aussi pour l'écriture en verve et les réparties rigolotes qui fusent à chaque coin de page. J'ai adoré.

Pôle Fiction, coll. Gallimard jeunesse (2018)

« Avec Gaspard, j'ai fait le choix de raconter une histoire d'humour, et de préférer les éclats de rire aux éclats de pire. J'ai eu pour ambition de rendre les lecteurs heureux, le temps d'une lecture. » Stéphane Daniel

 

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10/08/18

La courte histoire de la fille d’à côté, de Jared Reck

La courte histoire de la fille d'à côtéMatthew est amoureux de sa voisine, la fabuleuse Tabby. Ils se connaissent depuis toujours, ont grandi ensemble et sont inséparables. Mais Matt n'a jamais osé avouer ses sentiments. À la place, son cœur se brise en voyant son amie monter dans la voiture de Liam Branson - un élève de terminale ultra populaire. Le garçon est jaloux et masque son amertume derrière son humour. Pourtant, l'entente avec Tabby est toujours au beau fixe. Celle-ci n'a qu'à traverser la rue pour se réfugier chez les Wainwright où sa place est acquise. Tabby a tout partagé avec Matt : s'empiffrer de bonbons devant un marathon Star Wars, se déguiser en pygargue le soir de Halloween, partager les restes de dinde farcie et de jus de viande, s'échanger des cadeaux le lendemain de Noël... Pour Matt, Tabby est sa promise. Son futur. Son évidence. Et déjà le garçon se fait des films - façon comédie romantique - il ne doute pas qu'un jour les deux meilleurs amis tomberont dans les bras l'un de l'autre en se promettant l'éternité. Clap de fin. Un matin, cependant, les rêves s'effondrent car la réalité a repris ses droits. Et le raz-de-marée émotionnel est foudroyant.

Ce roman est certes bouleversant, mais pendant longtemps il nous transporte dans l'univers drôle et farfelu de son narrateur. Matt est un adolescent de quinze ans tout à fait ordinaire, amateur de basket, de friandises et de jolies filles, il a des idées folles qui bouillonnent dans la tête et des désirs absurdes, qui nous remettent aussi les pieds sur terre. Car l'auteur a tout compris des jeunes qu'il a l'habitude de côtoyer dans son boulot (prof dans un atelier d'écriture) et parvient à s'exprimer comme eux, sans fausse note. Le ton est cynique, naïf et paumé. On vit ainsi au rythme de leurs doutes et interrogations. Matt est en adoration devant Tabby mais souffre en silence quand elle tombe amoureuse d'un autre. Et quand survient le drame, on a également le cœur en miettes. Colère, détresse, nostalgie, impuissance... En somme, j'ai beaucoup aimé le tourbillon des émotions que nous fait vivre ce roman. J'ai aimé son style, son humour, ses personnages et sa sincérité. J'ai ri et pleuré. Je ne suis pas prête d'oublier Matthew & Tabitha ! C'était une belle découverte. À conseiller. 

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Nathalie Peronny

 

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02/07/18

Trans Barcelona Express, de Hélène Couturier

Trans Barcelona ExpressDans Bye Bye Bollywood, Nina rencontrait Jésus au cours de vacances mémorables dans un ashram, avec gros choc culturel, bouderies et autres aventures à mourir de rire. Après quoi, nos deux trublions avaient promis de se retrouver en Espagne pour explorer davantage leur connivence.
Mais sitôt débarquée à Barcelone, Nina comprend que leurs retrouvailles ne collent pas avec ses délires romantiques - Jésus est coincé chez sa grand-mère en rase campagne, puis rentre avec sa cousine qui ne le quitte plus, et enfin le garçon se montre distant et peu attentionné en sa présence. Tout soupçon d'idylle s'envole à grande vitesse. Et le moral de Nina est au plus bas.
La jeune fille se console dans l'apprentissage du folklore local (le botellón), mais elle boit trop et perd la tête car elle égare son sac et se retrouve avec celui d'un inconnu - un artiste torturé dont le carnet à dessins exprime tout son mal-être. Le lendemain, Nina lance un appel sur Facebook et rencontre Diego.
En vrai, ce roman est encore une fois étonnant. On partage non seulement les péripéties d'une héroïne rigolote et pleine d'autodérision, en quête d'amour et d'impossible, mais qui pose aussi un regard juste et intelligent sur le monde qui l'entoure - et plus particulièrement sur l'identité sexuelle et sur la question du genre.
Le ton est mordant, le rythme enlevé, les personnages tous attachants, les rebondissements agréables... en bref, c'est une histoire légère, bouleversante et palpitante ! Une très bonne série à découvrir.

« C'est quoi être une fille ?
C'est quoi être un garçon ?
Une fille n'est-elle pas censée aimer les voitures et le foot ? Et un garçon, pas censé aimer le rose et la danse classique ?
On est plus fille parce qu'on met du vernis à ongles et du rouge à lèvres ? On est plus garçon parce qu'on a des muscles et une barbe ?
Et celui (femme ou homme) qui justement aime des choses que son genre n'est pas censé aimer, il n'est pas normal ? Où est la limite, et qui la fixe ? Toute personne qui se comporte de manière atypique pour son genre serait-elle trans ?
Moi, Nina, un peu plus de quinze ans mais pas encore seize, en quoi est-ce que je me sens “fille” ? Parce que j'aime le gloss, les bijoux (surtout les bracelets), les fringues, les vernis hyperflashy et le garçons, même si très clairement je n'ai pas la main avec eux ?
Être une fille, c'est aimer les garçons ?
Non, l'identité de genre ne se définit pas par l'orientation sexuelle. On peut être une fille à part entière et avoir une attirance pour les filles ou même aimer les filles et les garçons.
Être bisexuel ?
Ça doit laisser plus d'opportunités pour trouver l'âme sœur. Tiens d'ailleurs, pourquoi on ne dit pas “l'âme frère” ? »

Syros, 2018

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Martin perché, de Christian de Montella

martin perchéUn soir de mai 68, alors que Paris est “à feu et à sang”, le père de Martin décide de partir à la campagne, sans demander son avis à sa famille. Pour Martin, quatorze ans, cet exil a un goût de frustration... Il ne cesse de penser à ELLE - une révolutionnaire en herbe, qui croque la vie à pleines dents et court à perdre haleine en dépavant les rues du Quartier Latin sous le nez des CRS. Et lui, en une journée, il a également couru après elle et pénétré dans son monde avec un cœur qui a fait boum-boum-boum. Comme son père est soudain résolu à abattre le chêne ancestral qui siège dans leur jardin (pour construire une piscine), Martin dit non. La nuit, il grimpe dans l'arbre et refuse d'en descendre au petit matin. Sa mère Francine va alors entendre toute son histoire sur sa rencontre avec l'étonnante Angie...

« Angie est arrivée dans notre classe en décembre. On dit qu'elle vient des États-Unis, mais, pour moi, elle vient de nulle part. Elle ne ressemble à aucune des filles que je connais. Elle porte des jeans, des ponchos, des vestes en peau de mouton, et les cheveux frisés, longs et libres.
Elle parle aux garçons comme si elle en était un. Elle interrompt les profs d'histoire et de français pour exiger qu'ils précisent leurs opinions. Quand on la menace de l'envoyer chez le censeur, elle réplique : “Vous ne connaissez que ça : la répression.” Bien sûr, on l'envoie chez le censeur et elle collectionne les heures de colle. Il paraît qu'elle n'y va jamais et qu'elle passera bientôt en conseil de discipline.
- Vous êtes un trublion ! lui dit un jour le prof de latin.
- Vous n'avez pas votre place dans le système scolaire, a renchéri la prof d'histoire, un autre jour.
- Petite enquiquineuse ! s'est écriée la prof de gym le matin où elle lui a demandé pourquoi les filles ne pouvaient pas jouer au foot comme les garçons, tout en ajoutant que, par ailleurs, elle considérait le football comme une activité frivole dont le but était de “détourner les masses populaires de son seul objectif légitime : la révolution”.
Elle n'est même pas jolie. Elle a l'air d'une folle trop intelligente et trop maigre. Et pourtant, elle me plaît. » 

En seulement 90 pages, le roman nous emporte dans sa frénésie, son exubérance et sa joie de vivre. Les personnages sont tous déjantés et fascinants. Puis l'histoire nous embarque dans une exploration, aussi brève qu'exaltante, des événements survenus en mai 68 - on croise ainsi Dany le Rouge, les slogans endiablés, la fougue populaire et la jeunesse en liesse. Tout paraît survolté, tant l'approche est joyeuse et insouciante.
À lire, c'est un vrai régal. 

médium / l'école des loisirs (2018)

*** avec une chouette couverture qui donne envie ***

 

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29/06/18

L'Archipel 1. Latitude, de Bertrand Puard

L'archipel LatitudeYann Rodin, bientôt dix-sept ans, est arrêté puis condamné pour des crimes qu'il n'a pas commis. Le garçon clame son innocence - il y a erreur sur la personne car il n'est pas du tout Sacha Pavlovitch mais juste son sosie.
Pire que ça, Yann est en fait le pion interchangeable d'un plan redoutable : une organisation secrète accepte d'effacer un individu de la surface de la planète et de le remplacer par une copie conforme. Hier, adolescent lambda, orphelin ayant trouvé refuge dans un monastère sur l'île de Porquerolles. Aujourd'hui, fils d'un criminel aguerri.
Contre la pression médiatique écrasante et la machine judiciaire en marche, impossible de résister. Le môme est expédié sur une île perdue près de l'Antarctique entre les murs d'une prison ultra sécurisée. Autant dire qu'il vient de tomber dans l'oubli...
De son côté, le vrai Sacha Pavlovitch doit donner le change en prétendant être Yann Rodin et débarque la fleur au fusil dans l'arrière-pays provençal en attendant de retourner à ses affaires crapuleuses. Digne héritier de son père, le gamin est froid et calculateur, jusqu'à son installation dans l'ancien fort militaire en compagnie du vieux prêtre aveugle Aliocha.
Contre toute attente, la quiétude des lieux va apaiser Sasha au point de titiller sa conscience et éveiller une petite pensée pour Yann, injustement sacrifié pour servir des intérêts trop grands. Ça et toutes les révélations à venir, je ne vous raconte pas la machination infernale qui va se déployer...
Et je dis bravo l'ami ! Voilà un scénario malicieux et captivant avec un roman qui se lit d'une traite et attend la suite des réjouissances au plus vite (rdv en août, ndlr). Ceci dit, je n'en espérais pas moins de Bertrand Puard qui avait déjà su me surprendre avec sa trilogie Bleu Blanc Sang ! On retrouve ici un rythme endiablé, des personnages énigmatiques, des ramifications nombreuses, des liens complexes et des dénouements invraisemblables... C'est gros, c'est osé. Mais on accepte le défi et on se glisse dans les méandres d'une vengeance de longue haleine.
Carrément TOP pour les jeunes amateurs de lectures qui procurent des sensations fortes. 

Casterman (2018)

 

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28/06/18

Un assassin de première classe, de Robin Stevens

Un assassin de première classe

Après les vacances mouvementées à Fallingford, chez son amie Daisy Wells, le père de Hazel Wong est rentré de Chine pour seriner sa fille et l'emmener avec lui à Istanbul à bord de l'Orient-Express. Cette fois, interdiction formelle de jouer les détectives. Les copines promettent, éblouies par le faste et la légende du train.
Bien entendu, leur voyage ne va pas se dérouler comme prévu. D'abord, elles recroisent cette chère Miss Livedon sous une nouvelle identité et apprennent que celle-ci est en mission secrète pour débusquer un espion ; par contre, elles doivent également jurer qu'elles ne mettront pas leur grain de sel dans son enquête.
Puis survient un nouveau meurtre dans une cabine fermée à clef. Le train est paralysé, les suspects se comptent à la pelle. Aussitôt les filles sont rappelées à l'ordre pour ne pas gêner les interrogatoires de l'éminent Dr Sandwich... Daisy fulmine, Hazel prend des notes. Un attentat est évité de peu. L'effervescence monte d'un cran. En bref, le temps s'est arrêté à bord de l'Orient-Express.
L'auteur ne s'en cache pas : cette intrigue est un hommage - en toute humilité - au roman d'Agatha Christie. L'ambiance est léchée, la mise en scène savoureuse et la palette de personnages pittoresque. On applaudit des deux mains. Cette série regorge de charme et de noblesse ! En plus, c'est british à souhait, palpitant et bien troussé. 
Autant de qualités auxquelles on ne peut résister. 
Et comme l'histoire se déroule en 1935, gageons que le contexte historique va prendre de plus en plus de poids dans les aventures de nos jeunes détectives ! À suivre...

Flammarion jeunesse (2018) - traduit par Faustina Fiore

[First Class Murder]


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Robin Stevens est née en Californie mais vit en Angleterre depuis qu'elle a trois ans. Elle a notamment grandi à Oxford. Elle est l’auteure des romans Un coupable presque parfait et De l’arsenic pour le goûter.

 

 

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