23/03/16

Le Chien des Baskerville, d'Arthur Conan Doyle

Le chien des Baskerville CD

Comment expliquer la terrible malédiction qui frappe la famille Baskerville depuis des générations ? Les héritiers sont tous victimes d'une mort atroce. On parle aussi d'un chien sauvage et démoniaque rôdant sur la lande pour terroriser les propriétaires du domaine. Soucieux de faire taire les rumeurs, le Dr Mortimer se rend au 221B Baker Street pour solliciter la science de l'éminent Sherlock Holmes. Sir Henry Baskerville arrive tout juste d'Amérique pour prendre possession de son titre et de ses terres, il ne faudrait pas non plus que le malheureux s'ajoute à une trop longue liste de victimes. Après avoir attentivement écouté le récit de cette sombre histoire, Holmes envoie Watson sur place. Il sera ses yeux et ses oreilles et rédigera ses rapports avec une précision extrême. On le sait, chaque détail a son importance et les protagonistes sont tous de potentiels coupables - du couple de domestiques, aux agissements nocturnes douteux, à l'unique et lointain voisin des Baskerville, Mr Stapleton, un féru de naturalisme, et sa ravissante sœur, dont Sir Henry s'éprend sur le champ. 

L'ambiance est lourde et sournoise sur la lande du Devonshire, où plane une légende aux accents fantastiques qui tourmente les pauvres âmes errantes. C'est trouble, poignant et captivant, mais aussi magnifiquement guindé, avec ce charme suranné qui rend les histoires de Sherlock Holmes si pompeuses mais fascinantes. Le détective est certes un peu en retrait dans cette intrigue, mais celle-ci en conserve néanmoins toute son empreinte. 

Texte lu par Bertrand Suarez-Pazos qui donne vie à tous les personnages du roman et nous entraîne dans une enquête riche en mystère et en suspense. La réalisation sonore rythme l'action avec espièglerie et volubilité. L'effrayant chien des Baskerville est incarné de façon saisissante par le timbre clair et puissant de la clarinette basse. Une excellente écoute avec un livre audio impeccable sous tous ses aspects. 
Musique composée et interprétée par Gilles Dimanche.


Gallimard Jeunesse, coll. Écoutez lire / Mars 2016

Ill. de couverture : Pascal Rabaté -- Trad. de Bernard Tourville

Texte abrégé, lu par Bertrand Suarez-Pazos (env. 3h 40)

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16/03/16

Cornichon Jim, de Benjamin Desmares

Cornichon Jim

Victor Fauchoins a dix ans et déjà une carrière de détective privé derrière lui, sous le pseudonyme de Cornichon Jim. Il pensait en avoir fini avec les enquêtes, lorsqu'un garçon de 5ème le recrute pour espionner sa mère... qui n'est autre que Mme Vigo, la directrice de l'école. En échange d'une boîte de cachous, au goût détestable, notre petit bonhomme se lance donc dans une filature étonnante et très drôle, mais l'histoire est également surprenante et mêle avec talent le mystère, le suspense et les rebondissements ! Car il ne faudrait pas se leurrer avec cette intrigue qui nous réserve une bonne maîtrise du genre et tient plus que bien la route du début à la fin. J'ai clairement été emportée par le rythme, soutenu et efficace, et j'ai suivi avec un réel plaisir notre détective amateur, qui est également fort sympathique. Victor va également s'appuyer sur les conseils avisés de la fabuleuse Clémence Dulac, sa petite voisine dont il est secrètement amoureux. Tous deux vont ainsi examiner avec attention leur mission et dépouiller un mensonge familial, mettre à jour des identités masquées et débusquer des rendez-vous secrets dans la mezzanine de la bibliothèque de littérature policière. Ce roman jeunesse n'a franchement pas à rougir de sa modestie et peut tenir la dragée haute à ses aînés. Il est rondement mené et nous entraîne, de bout en bout, dans une course-poursuite particulièrement haletante et bien ficelée. J'ai tout de suite accroché et beaucoup apprécié son humour combiné à une petite touche de poésie (les titres des chapitres sont géniaux). Tapis rouge pour Benjamin Desmares, dont il s'agit du premier roman, qui va direct me conduire à une autre Histoire de sable

éditions du Rouergue, mars 2015

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Sans Atout et le cheval fantôme, de Boileau-Narcejac

Sans Atout CD

François est, pour la première fois, triste de se rendre au château de Kermoal pour les vacances. Son père a décidé de le mettre en vente et les acquéreurs ne manquent pas, même si leurs projets font tous sursauter le garçon. Seul un certain Van der Troost, un hollandais, se montre sincèrement emballé par la perspective de restaurer ce monument du patrimoine. Et peu à peu le garçon est gagné par son enthousiasme, n'hésitant plus à faire l'inventaire des trésors cachés du château. Il est également à deux doigts de lui révéler un autre secret : tous les soirs à minuit, on entend le bruit d'un cheval dans la lande. La rumeur se répand aussi vite et parle d'un cheval fantôme ! Le garçon, intrigué, mène son enquête.

Ce classique de la littérature policière jeunesse, publié en 1971, procure cette sensation inexplicable d'une douce nostalgie captivante, en plantant un décor et une ambiance hors du commun. Rien que pour ça, j'ai beaucoup apprécié. L'histoire n'est bien sûr pas en reste et propose un formidable rendez-vous de mystère, d'aventure et de suspense. François, surnommé Sans-Atout, est un garçon plein de ressources et de curiosité, dont l'attachement au domaine de son enfance va le pousser à fouiller dans les légendes locales et les galeries souterraines de Kermoal. C'est une lecture au caractère quelque peu désuet, mais qui puise là aussi tout son charme ! 

Texte lu par Arnaud Bédouet, Luc Alexander, Étienne Fernagut, Cyril Lévi-Provençal, Laurence Merchet, Bruno Raina, Delphine Rich, Didier Rousset.
Réalisation: Arnaud Bédouet.

Une interprétation remarquable et une ambiance sonore de grande qualité font vivre les aventures rocambolesques et pleines de rebondissements du jeune François Robion, alias Sans Atout.  


Gallimard Jeunesse / Coll. Écoutez lire  ♦ Mars 2016

Texte abrégé (durée : 3h)

Illustrateur de couverture : Émile Bravo 

Sans Atout Folio

Texte disponible en Folio Junior / Juin 2007

 

11/03/16

Ma fugue chez moi, de Coline Pierré

Ma fugue chez moi

« Assister à ma propre disparition est dérangeant et désagréable. Personne ne fugue pour voir ses proches réagir. On fugue justement pour ne plus plus se préoccuper de rien. Pour ne pas avoir à affronter les raisons et les conséquences de son départ. »

Anouk a quatorze ans et ne supporte plus d'être devenue le souffre-douleur de son ex-meilleure amie, qui prend un plaisir sadique à la ridiculiser devant tout le collège. Un soir de décembre, l'adolescente quitte la maison avec son sac à dos et son banjo. Fuguer, pour tout oublier. Et puis, c'est le couac. Anouk, n'envisageant pas de dormir dans la rue, rentre en catimini chez elle et décide de se cacher dans le grenier où elle compte faire semblant d'être partie pour de bon. C'est peut-être excitant de jouer au Robinson sous son propre toit, mais Anouk n'avait pas prévu la réaction de ses proches - son père fou d'inquiétude et sa petite sœur malheureuse comme les pierres. Malgré tout, la jeune fille campe sur ses positions et se calfeutre dans son placard, témoin impuissante de la détresse de sa famille, partagée entre l'envie de les rassurer et ce besoin inexplicable de se couper du reste du monde pour réfléchir, avancer, comprendre, trier, grandir, ne plus paniquer. Bref, ce très court roman de 115 pages est juste une petite perle de douceur et de tendresse (qui a aussi broyé mon cœur de maman, rien qu'à l'idée de vivre pareille situation). On finit par saisir les intentions d'Anouk, adolescente à fleur de peau, qui se sent paumée dans sa famille qui n'entre pas dans la norme, avec une mère, climatologue passionnée par sa carrière, qui part six mois de l'année sur une île, un père accro au boulot et une frangine inscrite à la semaine dans une école de danse... En clair, Anouk se sent seule, abandonnée, complètement larguée. Fuguer, c'est aussi son cri d'alerte, un SOS pour réclamer de l'attention et renouer avec les siens, le temps que chacun partage ses envies, ses manques et son amour.

J'ai trouvé ce roman très beau, très doux, très touchant (pas très réaliste, mais qu'importe...) car l'histoire cherche avant tout à rassurer et esquisse un portrait original et attachant d'une “famille biscornue et rafistolée, une famille joyeusement bizarre” qui finit par raccommoder ses petits bobos dans un grenier désormais rempli d'histoires. C'est sincèrement une très, très jolie lecture, rythmée comme de la musique jouée sur un banjo, avec de la sensibilité, de la débrouille et de l'innocence. Une découverte exquise et émouvante. 

Rouergue / Mars 2016

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La Pyramide des besoins humains, de Caroline Solé

La Pyramide

Christopher est un gamin fugueur de quinze ans, qui vit maintenant dans la rue, sous un bout de carton, dans le quartier chinois de Londres. Christopher Scott est aussi le candidat n° 12 778 du nouveau jeu de télé réalité, la Pyramide des besoins humains, dont le principe - en plus de s'afficher sur internet et de gagner en popularité - consiste à gravir les échelons en se basant sur la théorie de Maslow. Un nom qui sonne comme le marshmallow, sans le moelleux et l'onctuosité. Christopher, donc, veut détourner la règle du jeu et être l'élément perturbateur du programme. Tout en préservant son anonymat, il poste le minimum syndical pour attiser la foule, obtenir des points et arracher son passe pour les étapes suivantes. Ce jeu finit toutefois par lui tourner la tête, par renforcer son écœurement, sa rage et sa colère, par le renvoyer à la source de son problème - le pourquoi de sa fugue, le tableau au vitriol de sa famille et du père. La lecture est sans nul doute poignante. Elle cogne direct en plein cœur et ne nous laisse pas souffler, mais cette perspective sombre est aussi démoralisante. Chris est un adolescent sans cesse sur le qui-vive, qui agit de façon contradictoire, d'une part il s'insurge des gloires éphémères et réclame un peu d'attention, mais refuse paradoxalement qu'on s'intéresse à lui et accorde difficilement sa confiance aux autres, sauf exception pour son pote Jimmy qui vend des hot-dogs en mettant trop de moutarde ou le vieux Scratch-Scratch qui repère les flics à des kilomètres à la ronde. Son quotidien dans la rue est lui aussi tristement réaliste (solitude, pauvreté, désespoir, bagarre) et vient accentuer l'amertume du roman. J'ai clairement mal vécu cette histoire, beaucoup trop négative, trop anarchiste, trop dénonciatrice de tout et rien à la fois (125 pages, c'est peu). Dans une intention de livrer un message fort et percutant, le roman finit par s'éparpiller et embrouiller le lecteur (du moins, en ce qui me concerne... car le livre a très bonne presse auprès de mes camarades). Je pense finalement en avoir trop attendu et être restée sur le carreau. Dommage. Mais la violence décrite dans l'histoire - déclamée comme du slam - résonne comme un cri du cœur, qui mérite sincèrement qu'on s'y attarde... Un roman qui suscite une rélle réflexion, à étudier en classe par exemple. 

L'École des Loisirs / Mai 2015

« Je coupe les fils. Plus de marionnette au bout de leurs ficelles. »

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10/03/16

Moi, Boy (Souvenirs d'enfance) de Roald Dahl

Moi, Boy CD

Récit autobiographique de Roald Dahl, “Moi, Boy” retrace les vingt premières années de l'auteur - depuis son enfance au Pays de Galles à son départ pour l'Afrique - et rassemble une flopée de souvenirs à la fois joyeux, insouciants et poignants (la mort de son père, le cœur brisé par la perte de sa fille aînée, sa douloureuse expérience des pensionnats anglais, l'éloignement, l'enseignement rigoureux et les châtiments corporels...). La lecture conserve néanmoins toute la fraîcheur et l'impertinence de la jeunesse, car c'est avec son légendaire sens de l'humour et une bonne dose de tendresse que Roald Dahl se livre à cet exercice réjouissant.

Tout commence par l'installation de son père, venu de Norvège, à Cardiff où il fait fortune. Roald grandit au sein d'une famille nombreuse et unie, malgré les coups durs et les aléas de la vie. Il raconte ainsi les vacances en Norvège, les promenades en voiture, sans besoin de passer le permis, les petites bêtises pour se venger de l'épicière revêche (en glissant une souris morte dans un bocal à bonbons), ou comment s'interdire de manger des bâtonnets de réglisse pour ne pas attraper la maladie du rat, se payer la tête du petit copain de la frangine et lui donner du tabac de chèvre à fumer, trembler devant un professeur rouquin, à la grosse moustache, ou passer des heures à bouquiner aux WC pour réchauffer la cuvette...

À travers le récit de ses aventures, on découvre un jeune Roald Dahl qui ressemble étonnamment aux héros de ses livres (lire son chapitre sur le Chocolat, qui a tout lieu d'être la genèse de Charlie). C'est donc un formidable pèlerinage en enfance, au pays des souvenirs, également un voyage dans le temps (l'époque des années 20) à travers une composition intime et pleine de délicatesse. L'acteur Dominique Pinon a réussi à nuancer les émotions et se glisse dans la peau du môme  Roald Dahl avec une verve savoureuse.

Gallimard Jeunesse / Collection: Écoutez lire  (Texte intégral. Durée : 3h 40) ♦  Novembre 2015

Traduit par Janine Hérisson  / Illustrateur de couv. : Quentin Blake 

Roald Dahl, 8 ans

 

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08/03/16

Mon frère est un super-héros, de David Solomons

Mon frère est un super-héros

« Mon frère est un super-héros. Ça aurait pu tomber sur moi sauf que j'ai eu envie de faire pipi. » Ainsi débute cette histoire a priori farfelue et burlesque. J'ai même longtemps cru qu'il était question de farce et de supercherie, et puis non... le dernier 1/4 du roman finira de vous prouver que tout ceci est vrai, archi vrai. Mais reprenons au commencement : Luke Parker a onze ans et vit dans la banlieue de Londres. C'est un passionné de bandes dessinées, de comics et de super-héros. Ne cherchez pas, il est incollable sur le sujet. Et puis il y a Zack, son frère, toujours le nez plongé dans ses livres de maths, le fils aîné, le chouchou des parents, l'élève modèle et tutti quanti. Lui, les histoires de super-héros, ça ne le passionne pas du tout. Il n'y comprend goutte. Un soir, alors qu'ils étaient tous deux perchés dans leur cabane en bois, Luke a une envie pressante et se rue aux toilettes pour se soulager... sauf que, pendant ce temps-là, Zorbon le Décideur, un voyageur interdimensionnel, est descendu de son vaisseau pour annoncer au garçon qu'il avait été choisi pour sauver deux univers et lui a offert six pouvoirs pour y parvenir. 

Quelle aventure ! Le plus drôle, dans tout ça, outre l'imagination débordante et les savoureuses références à l'univers des super-héros et de la culture geek, c'est la narration qu'en fait le jeune Luke Parker, le cadet, frustré à vie, celui qui a le sentiment d'être passé à côté de sa destinée. C'est donc lui qui raconte toute l'histoire comme un cri du cœur, et c'est extrêmement drôle. On y trouve un mélange d'ironie, d'incrédulité, de jalousie et d'admiration aussi. Zack, coaché pour son frangin, devient donc Star Mec. Il refuse de porter la panoplie usuelle (un masque et une cape) et se contente d'un pull à capuche. Propulsé nouvelle coqueluche des habitants, il fait la une des journaux grâce à ses exploits en ville, tandis que Luke veille scrupuleusement sur son anonymat. Et c'est la redoutable Lara Lee qui s'y colle, prête à tout pour décrocher un scoop pour la feuille de chou de leur école. Luke devra déployer autant d'énergie à lui mettre des bâtons dans les roues que de superviser son grand frère, apprenti super-héros. Ils doivent encore déterminer la teneur de sa grande mission et tenir à distance ses ennemis, de dangereux super-méchants, qui ne reculeront devant rien pour nuire aux pouvoirs de Star Mec. 

La lecture est époustouflante d'inventivité, de drôlerie et de rebondissements. On sent que David Solomons a pris un plaisir fou à concocter cette histoire et son enthousiasme est parfaitement communicatif. C'est une très bonne entrée en matière, qui réclame forcément une suite, au vu du sursaut inattendu à la fin ! Un rendez-vous cocasse et palpitant. ;-)

Gallimard Jeunesse / Octobre 2015

Traduit par Karine Chaunac (My Brother is a Superhero)

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24/02/16

Girl Online en tournée, de Zoe Sugg

Girl Online en tournée

Voici donc la suite des aventures de Penny Porter, alias Girl Online, et son adorable Brooklyn Boy de petit copain, autrement dit Noah Flynn, rock star en devenir. Notre petit couple file toujours le parfait amour, sous un ciel sans nuage, et voit l'avenir leur sourire : le groupe de Noah vient de décrocher un contrat de rêve pour jouer en première partie d'une tournée européenne. Penny sera également du voyage et se réjouit de partager quinze jours en compagnie de son chevalier servant. Hélas, cette aventure se révélera une succession de désenchantements (voyages incessants, promo envahissante, fans insistants). La jeune fille a le sentiment de ne pas trouver sa place et se sent souvent seule ou abandonnée. Noah est accaparé par son manager, emporté par le tourbillon du star-system, manipulé par son ami d'enfance, Blake, également membre du groupe. Le rêve de Penny vire peu à peu au cauchemar. Cette terrible désillusion survient d'autant plus à un moment où l'adolescente s'interroge sur ses propres passions, ses désirs et ses ambitions (elle a arrêté son blog, tente d'assouvir son penchant pour la photographie, mais se sent vide et frustrée). Aussi, malgré tout l'amour qu'elle porte à Noah, elle a conscience qu'elle ne doit pas s'effacer et vivre dans son ombre. En manque de repères et d'amis, notre Penny sombre de déception en déception et est à deux doigts de prendre une décision radicale, prompte à chambouler son existence dorée. 

J'ai donc découvert l'an dernier Zoella, cette youtubeuse anglaise - plébiscitée par les ados, mais vraisemblablement accusée de prêter son nom à un livre qu'elle n'a pas écrit (pour dire la vérité, Z. a reconnu être “assistée” dans l'écriture de son livre). Loin de toute polémique, j'avais donc considéré son bouquin Girl Online comme une petite friandise savoureuse, visant un public bien défini. Cette suite persiste et signe cette intention : on découvre une histoire adorable et charmante, de celle qu'on imagine quand on a 12-14 ans (tomber amoureuse d'un rocker, partir en tournée et vivre une aventure saupoudrée de passion et de drame... tout ça sonne terriblement romantique et flamboyant !). Alors, oui, il y a des tonnes de clichés, c'est délicieusement niais et souvent gribouillé pour vous mettre la tête à l'envers, mais cette lecture sans prétention est pleine de fraîcheur et  agréable à parcourir. Donc, pourquoi pas ? 😝 

La Martinière J. Fiction / Février 2016 

Traduit par Sophie Passant (Girl Online On Tour)

✨✨✨✨✨✨

Jeu-concours Girl Online en tournée

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Rendez-vous sur Instagram : www.instagram.com/lamartinierejfiction
> Abonne-toi à @LaMartiniereJFiction sur Instagram
> Poste une photo de toi avec ton livre Girl online (la plus drôle et la plus originale possible),
en utilisant le hashtag #GirlOnlineEnTournée

A gagner : un smartphone, du maquillage Zoella et un an de livres !

Concours jusqu'au 8 Mars 2016

 

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19/02/16

Journal d'une ado déjantée, de Candy Harper

Journal d'une ado déjantée

Accrochez-vous, amis lecteurs, la tornade rousse, Victoire, qui nous arrive d'Angleterre, est dans la place, remontée à bloc pour une nouvelle année scolaire, explosive et déjantée !

Or, ses plans sur la comète se crashent lamentablement en apprenant qu'elle ne sera plus dans la même classe que sa meilleure amie Meg. Le drame. Victoire fulmine, ressassant amèrement que c'est un sale coup de la surveillante générale, l'horrible Miss Fortescu, qui la déteste depuis des années. Il faut dire que notre charmante héroïne est une peste finie, précédée de sa réputation - en gros, une gamine insupportable, à l'humour vachard et adepte du sarcasme. Ça fouette jusqu'au sang dès qu'elle ouvre la bouche ! Ouch. Également spécialiste des mauvais coups, elle n'en loupe pas une dès qu'il est question de méfait à accomplir. (« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. » Ha, ha !)

Les deux copines vont donc trouver un terrain d'entente en s'inscrivant à la chorale de l'école, pas parce qu'elles sont douées et ont la fibre artistique, mais simplement car elles ont appris que les répétitions seraient mixtes et qu'elles kiffent trop de rencontrer des garçons ! ^-^ Et bingo, Victoire tombe en pâmoison devant la sexytude de Finn Ryland, un beau gosse au look de surfeur californien. N'en jetez plus, la coupe est pleine. Malgré tout, notre Miss garde la tête sur les épaules et ne perd pas ses objectifs en échafaudant les meilleurs plans pour empoisonner l'existence du personnel enseignant, de sa rivale Aurore Horreur Blundell, de son frère Sam, de sa grand-mère qui dévalise les placards de toutes ses sucreries, du type aux cheveux frisés, Ethan, à l'humour mordant et aux blagues douteuses...

Voilà de quoi remplir trois mois d'une vie d'ado particulièrement déjantée. 

J'avoue être particulièrement friande de ce type de lectures légères et insolentes (et vous invite à lire des auteurs comme Carol Midgley, Echo Freer, E. Lockhart, Hayley Long, Sue Limb & Louise Rennison pour le top du top). Cette Victoire a cependant bien failli me rendre chèvre, du fait de son insolence et ses manières pas toujours correctes. Au début, je lui aurais volontiers fait avaler du savon, mais j'ai fini par m'habituer et j'ai même pris goût à ses canulars, ses répliques cinglantes et son ton railleur. Cela donne des dialogues poilants, qui fusent comme des éclairs, la lecture n'en est que plus drôle et assez inattendue, même si l'intrigue tient sur un fil et ne bouleverse pas la stabilité des écosystèmes non plus. ;-) La fin se termine en queue de poisson, car il existe deux autres livres de la même série en VO, quant à savoir s'ils seront traduits en VF, c'est un pari à prendre... (Il est devenu trop courant de publier des livres sans respecter les séries, d'où la gronde grossissante des lecteurs trop frustrés !). 

Si l'on recherche un simple rendez-vous décalé et extravagant, c'est tout bon. 

Albin Michel Jeunesse - Janvier 2016 ♦ ill. de couv : Astrid M 

 Traduit par Alice Marchand (Have a Little Faith)

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Couverture version originale 

 

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18/02/16

Mentine, Tome 3 : Pas de cadeau ! de Jo Witek

Mentine pas de cadeau

Mentine Green est de retour, après un passage en Suisse, elle rentre au bercail, le sac débordant de chocolat et de fromage à raclette. Et c'est pleine d'impatience qu'elle se rue chez sa meilleure amie Johanna... qui l'accueille pour la première fois dans son appartement, en pleine cité, un lieu étriqué, bruyant et encombré. Mentine hallucine, mais tombe sous le charme de la famille Estamplade. Son amie se révèle la reine de la musique flamenca, capable de gratter sa guitare des heures durant, tandis que sa mère enfile sa plus belle robe à froufrous et ses chaussures à claquettes pour trépigner dans le salon et assurer le show. Mentine, conquise, a des étoiles dans les yeux. Prenant également conscience de n'avoir pas su être une amie à la hauteur, recevant tout son saoul, sans rien donner en échange, Mentine veut renverser la tendance et offrir à Johanna la preuve de son affection véritable. Mais à vouloir réaliser le rêve de sa confidente, Mentine en fait trop - comme toujours - et va provoquer un séïsme cosmique, lourd de conséquences. Cette fois, c'est du sérieux ! Les parents de Mentine voient rouge et sa punition sera irréversible. Ouhlala. 

C'est toujours un bonheur de retrouver l'humour et le culot de Mentine, élève surdouée et adolescente qui dépasse souvent les limites. Ce n'est pas une mauvaise gamine - la preuve, son expérience auprès des démunis lui mettra du plomb dans la tête - mais Mentine est une demoiselle hyperactive et quémandeuse d'attention. Tout le temps elle réclame de l'amour, de l'amitié, des paillettes et des délires, elle est usante, et foncièrement attachante. Dans ce troisième tome, cependant, notre héroïne brise les derniers tabous en matière de confiance. Et là, c'est le drame.

On notera aussi un joli couplet sur les Restos du Cœur, son déroulement, le bénévolat, les bénéficiaires et tous les services mis en place pour subvenir aux besoins des moins nantis. On n'a pas non plus l'impression d'apprendre notre leçon, ni de recevoir une morale culpabilisante, c'est juste une prise de conscience, pour les plus jeunes, et c'est amené en toute simplicité, sans dépeindre des situations trop misérabilistes. C'est ancré dans notre société, et ça peut concerner tout le monde, même notre voisin ou le petit caïd qui traite Mentine d'OVNI de la DNB ! Voilà tout. Cela donne une certaine profondeur à la lecture, qui procure pour l'essentiel une bouffée de joie et de bonne humeur, avec un enchaînement de catastrophes par notre Miss Surdouée qui veut décrocher la médaille de la meilleure BFF de la vie ! ;-) La distraction est assurée.

Flammarion jeunesse / Février 2016 ♦ Illustrations de Margaux Motin

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Illustration de Margaux Motin issue de la couverture de MENTINE, tome 2
© Père-Castor Flammarion, 2015

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