29/09/15

Teaser Tuesday #63

« Elle a retiré ses lunettes pour les essuyer et j'ai regardé ses yeux. Ils étaient plissés comme sous l'effet d'un rayon de soleil trop fort. Au coin de l'œil droit, une petite larme traçait son chemin dans un réseau de minuscules rides, comme un filet d'eau dans le désert. Soudain, j'ai eu l'impression qu'une main invisible m'étranglait. Tout ce que j'ai trouvé à dire, c'est ce truc complètement nul : 
- Mais pourquoi ?
Dans ma tête, ça voulait dire : « Comment t'as chopé ça ? » Mais aussi : « Pourquoi toi et pas une autre ? » La maman d'Élodie qui fume comme un pompier, par exemple. La nouvelle femme de papa qui est pleine de silicone dans les seins, tiens. Mais, dans ma bouche, ça sonnait comme une question de bébé : « Pourquoi le ciel est bleu, pourquoi il pleut, pourquoi on a des cheveux, pourquoi la neige est froide, et pourquoi les gens meurent ? » Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
- Je ne sais pas. Ils n'ont pas pu me dire. Ils disent que c'est un ensemble de facteurs. Je crois surtout que c'est la faute à pas-de-chance...
Elle a remis ses lunettes et m'a pris la main entre les deux siennes avant de m'annoncer d'un ton presque enjoué :
- Enfin, voilà, je suis malade. Mais j'ai bien l'intention de guérir, tu sais ! »

Ma mère, le crabe et moi - Anne Percin (Rouergue, 2015)

ma mère

Tania, 14 ans, apprend que sa mère est atteinte d'un cancer du sein. Je vois d'ici votre mine apeurée à l'évocation de la maladie, mais inutile de craindre les violons et les pleureuses en coulisses car l'histoire se révèle étonnante d'humour et d'optimisme. Comme un pied-de-nez au destin. Et c'est tant mieux (y'en a marre de ces bouquins qui nous font pleurnicher exprès). Anne Percin a choisi pour narratrice une ado crâneuse et caustique, qui aime tourner le monde en dérision et se blinde derrière les sarcasmes pour encaisser l'onde de choc et soutenir du mieux qu'elle peut sa maman dans son combat (la chimio, les nausées, les gros coups de pompe, la perte des cheveux, le désespoir et l'isolement). On ne va pas se mentir - Tania est naturellement morte de trouille mais refuse de baisser les bras. Elle se lance alors pour défi de rejoindre l'équipe de cross du collège - elle qui a longtemps considérait que l'EPS signifiait « ensemble de pratiques sadiques » - et va exorciser sa frustration et sa colère sur la piste de course.

Le roman est court (127 pages), mais livre avec justesse, sensibilité, tendresse et fantaisie deux parcours de combattantes, en clin d'œil aux mythiques amazones, et dessine une relation mère / fille attachante et riche en complicité. L'histoire fait fi des clichés et du pathos, grâce au choix de dédramatiser la maladie, sans en négliger l'aspect barbare et médical. Un parfait équilibre entre prévention et émotion. ♥

 

logo

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,


22/09/15

Comme un poisson dans l'arbre, de Lynda Mullaly Hunt

Comme un poisson

Allie se rend tous les jours à l'école avec la boule au ventre. Les séances de lecture ou d'orthographe sont une torture pour elle. Elle pédale dans la semoule, ne comprend rien ou s'imagine dans une forêt de lettres qui s'éparpillent dans tous les sens. Parfois, elle s'échappe en dessinant dans ses cahiers ce qu'elle ressent. Mais cette attitude passe pour de la provocation ou de la nonchalance, et souvent la fillette est envoyée chez la directrice pour correction.

Jusqu'à présent, Allie n'a jamais trouvé le courage d'expliquer ses difficultés et souffre en silence de passer pour une débile. Ses camarades se moquent d'elle. Chez elle, sa mère travaille tard le soir et n'a pas le temps pour se pencher sur ses devoirs pour l'aider. Son frère Travis est adorable mais préfère la mécanique aux bouquins. Leur père est militaire, parti en mission depuis plusieurs mois. Aussi, l'arrivée du nouveau professeur, M. Daniels, va se révéler plus que providentielle !

L'enseignant affiche de suite une méthode de pédagogie fantaisiste, qui va inciter la classe entière à apprendre d'une façon différente et à considérer les particularités de chacun comme un enrichissement collectif ! Allie est dyslexique, son ami Albert est passionné par les sciences, Keisha est la reine des cupcakes ou Oliver pose inlassablement des questions sur le monde qui l'entoure. La cohésion du groupe ne s'opère pas en un claquement de doigts et c'est ce parcours qu'on s'attache à suivre, avec tendresse.

C'est donc un petit roman sympa, qui doit notamment son succès parce qu'on le présente aussi en édition spéciale pour lecteurs dyslexiques. Ce n'est pas non plus une lecture révolutionnaire mais j'espère qu'elle tiendra ses promesses pour déculpabiliser les enfants qui se sentent dévalorisés ou qui sont en perte de vitesse dans leur parcours scolaire.

Castelmore / Septembre 2015 ♦ Traduit par Paola Appelius (Fish in a Tree)

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

28/07/15

Folio junior Version Originale : The Mozart Question, de Michael Morpurgo

IMG_4512

Une jeune journaliste doit interviewer l'illustre violoniste, Paolo Levi, avec pour seule consigne de ne pas aborder la question Mozart. Mais face au musicien, elle s'embrouille et lâche le morceau. L'homme réagit de façon tout aussi inattendue en murmurant : « Someone once told me that all secrets are lies. The time has come, I think, not to lie anymore. ». Sur ces mots, il lui raconte l'émouvante histoire de son père, ou comment un brillant violoniste est devenu barbier à Venise, après avoir renoncé à jouer de son instrument.

L'enfant a neuf ans et serine ses parents pour connaître la raison. Mais ces derniers se ferment comme une huître. Paolo finit par rencontrer dans la rue un musicien de 62 ans, Benjamin Horowitz, qui joue du Mozart à n'en plus pouvoir et va accepter de donner des leçons au garçon, en cachette des siens. Le jour où ses parents découvriront la supercherie, au lieu d'exploser de colère, ils se jetteront dans les bras de Benjamin. Toutes larmes dehors. Les langues vont se délier et raviver le souvenir de leur rencontre.

Vingt ans plus tôt, tous trois sont juifs et envoyés en camp de concentration, où ils sont recrutés pour jouer dans l'orchestre, d'abord pour divertir les soldats et officiers nazis, puis pour accueillir les convois et noyer l'angoisse des prisonniers, toujours plus nombreux. Du Mozart pour endormir leur vigilance. Les accompagner jusqu'aux portes de la mort. Tromper le monde et les apparences. Quelle ironie. Après quoi, Gino et Laura, traumatisés à vie, ont rangé leurs instruments au fond d'un placard. Pour tout oublier.

On lit cette histoire avec la boule au ventre, à mesure qu'on découvre le drame de ces musiciens brisés. C'est beau et poignant, raconté avec élégance et pudeur. Michael Morpurgo rend un formidable hommage de mémoire (« the memories we have are like nightmares, and we want to forget, but there is a time for truth ») en rappelant l'importance de la transmission. Un roman fabuleux, à découvrir dans sa langue originale. Accessible et bouleversant.

Folio Junior, coll. Version Originale / Juillet 2015 ♦ Illustration de couverture : Michael Foreman

Posté par clarabel76 à 14:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Folio junior Version Originale : Lamb to the Slaughter, and other stories de Roald Dahl

IMG_4510

Pour avoir adoré cette nouvelle, lue en français, et son adaptation par A. Hitchcock pour sa série Alfred Hitchcock présente , sous le titre Coup de gigot, j'ai naturellement apprécié la découvrir en version originale grâce à cette nouvelle collection ! Le but est de proposer des textes courts et accessibles, agrémentés de notes explicatives et de mots traduits en bas de page (niveau collège). L'autre titre disponible est The Mozart Question de Michael Morpugo. ;-)

Lamb to the Slaughter raconte l'histoire d'une femme bafouée qui va piquer sa crise de nerfs au moment de préparer son repas. Elle va malicieusement servir l'arme du crime lorsque l'enquêteur viendra frapper à sa porte et afficher un chagrin de circonstance. The Way up to Heaven raconte encore une histoire de couple crispé, au sein duquel la femme va rugir intérieurement, parce que trop c'est trop, The Landlady tire le portrait d'une petite bonne femme qui loue une chambre à de jeunes garçons à la peau lisse et parfaite - un détail non négligeable !  ;-), et enfin William et Mary (l'histoire la plus longue du livre, et pour moi, la plus décevante, avec son intrigue alambiquée, surfant sur l'expérience scientifique), fait aussi la part belle au machiavélisme du cerveau féminin !

Les femmes ont définitivement le beau rôle dans ce livre. Souvent elles subissent, elles ruminent leur amertume, elles revendiquent leur dévouement et en sont fières, mais elles n'acceptent pas la frustration et passent souvent à l'acte (vengeance !) avec un sourire énigmatique sur les lèvres. C'est jubilatoire ! Roald Dahl distille le doute dans l'ordinaire, souligne le saugrenu et fait monter la pression avec une rouerie sensationnelle et un humour grinçant. C'est noir, implacable mais on se régale ! 

Folio Junior, coll. Version Originale / Juillet 2015 ♦ Illustration de couverture : Catherine Meurisse

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03/07/15

#8PM, tome 2 : Effets secondaires, de Jeff Sampson

8PM

Emily était une jeune fille sans problème, plutôt réservée, jusqu'au jour où sa personnalité a commencé à se dédoubler pour devenir une Emily de la Nuit, vamp incontrôlable, qui fait les 400 coups et drague les mecs lors des soirées alcoolisées. Mais c'était avant de découvrir sa nature profonde et de comprendre qu'elle avait servi de cobaye pour un laboratoire privé. Elle a depuis identifié d'autres jeunes gens dans son cas, zigouillé un meurtrier en série et renoncé à sa vie d'avant. Car les ennuis la poursuivent et Emily doit sonner le rassemblement de la “meute” pour prévenir la présence envahissante de “spectres” et repérer les nouveaux “déviants” qui circulent en électrons libres. Or, son amie Megan prend la mouche et pollue futilement une grande partie de l'histoire, qui déraille en une spirale infernale, mais pas démentielle non plus. Le rythme est bon, les personnages bien en place dans une intrigue peu exceptionnelle, mais pas déplaisante. On n'a pas une évolution fulgurante des caractères qui restent, pour la plupart, très juvéniles et peu fouillés. Je reste aussi perplexe à la lecture de l'univers dépeint (le truc où l'on se renifle... mouaip), même si l'auteur tente sincèrement de renouveler une mythologie ressassée (je spoile si je balance sa teneur), cela reste donc trop en surface à mon goût. Il s'agit de l'avant-dernier tome d'une série qui ne se distingue pas par son originalité, mais inspire une certaine sympathie.

Milan, coll. Macadam / avril 2014 ♦ Traduit par Mim (Deviants #2 : Havoc)

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


02/07/15

3 fois rien qui font tout, de Stewart Lewis

« J'ai toujours eu le sentiment de me préparer à vivre une autre vie ; comme si j'avais attendu sur un quai qu'un train m'emmène vers une destination inconnue, que je ne reconnaîtrais qu'en y arrivant. »

Trois fois rien qui font tout

Olivia rêve d'une vie parfaite, entourée de gens heureux, libérés de leurs soucis. Adoptée par deux papas adorables, hélas confrontés à des problèmes d'argent, elle choisit de se retrousser les manches pour dénicher un petit boulot. Le jour de son entretien, pour être l'assistante d'une directrice de casting, elle croise une voyante qui se propose de lui lire son avenir à titre gratis. La jeune fille est sceptique, mais quand elle réalisera que les prédictions entendues vont l'une après l'autre se concrétiser, Olivia se sent prête à labourer des terrains laissés inutilement en jachère.

La suite de l'histoire s'annonce invraisemblable, mais magique. Olivia va dénicher un vieux livre de cuisine, ayant appartenu à une certaine Rose Lane, en 1966. Les notes laissées en marge vont aussitôt l'attirer et lui dévoiler un portrait de femme très touchant. Peu de temps après, elle retrouve aussi son premier béguin. Puis fouille dans son passé pour connaître l'identité de sa mère... Et de fil en aiguille, l'intrigue procure une sensation de bonheur simple et gentillet. C'est comme lire une bluette sans aspérités, où les bons sentiments sont mis à l'honneur, ainsi que la résolution de tous vos rêves, en un claquement de doigts.

Parfaitement utopiste, ce roman ne nous déçoit pas pour autant car c'est toujours délicieux de se sustenter d'ingrédients légers et onctueux. Olivia incarne aussi l'adolescente de 16 ans comme il est rarement permis d'en croiser - adepte du vintage, réfractaire au téléphone portable et passionnée de cuisine au point d'en faire sa carrière. Cette jeune fille est un mythe absolu ! Mais c'est ce qui rend ce livre attachant et adorable. Je n'en attendais pas davantage.

La Martinière J. / février 2015 ♦ Traduit par Corinne Julve (The Secret Ingredient)

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24/06/15

Sophie et la Princesse des Loups, de Cathryn Constable

❅❅“C'était l'hiver. Il neigeait. Une petite fille était perdue dans les bois. Et il y avait... un loup.”❅❅

Sophie et la princesse des loups

Orpheline, sans le sou, Sophie Smith vit en pension dans une école privée à Londres. A l'approche des vacances, ses amies et elle sont invitées à se rendre en Russie pour rencontrer la princesse Volkonski. Cette dernière occupe un palais d'hiver, en rase campagne, dans la région de St-Petersburg. L'endroit est féerique, même s'il porte encore les stigmates des vieilles querelles politiques et des tragédies familiales. Qu'importe. Sophie est avide d'aventures merveilleuses et tombe sous le charme de cette princesse au charisme ravageur, qui lui semble à la fois énigmatique et envoûtante. Mais d'autres mystères entourent les lieux, dont la forêt qui sert de refuge à une meute de loups. Chaque nuit, leurs hurlements hantent les rêves de Sophie qui se sent de plus en plus perdue, mélangeant la réalité et la fiction. Elle se surprend aussi à ressasser des souvenirs de son père, qui avait coutume de lui chanter la même berceuse ou aimait lui raconter des légendes lointaines. Comment expliquer ces soudaines réminiscences, sinon qu'elles sont ravivées par le décor qui l'entoure et lui fait tourner la tête ? 

Son histoire s'éclairera à l'aube de révélations éclatantes, qui surviendront dans les derniers chapitres. N'allez pas imaginer pas que celles-ci vous surprendront plus que de raison, car la trame romanesque demeure assez simple et évidente. C'est surtout pour son fantastique décor que cette lecture est étonnante. On baigne dans un cadre idyllique, au cœur de la Russie, en plein hiver, on vit et partage des activités toutes plus extraordinaires les unes que les autres (pique-nique de minuit sur un lac gelé, balades en vozok, patin à glace au coucher du soleil...), en compagnie d'une héroïne auréolée d'un passé mystérieux et à la destinée émouvante. C'est tout bonnement fascinant. L'intrigue dévoile un joli conte enchanteur, qui séduit pour sa simplicité, son élégance et sa tenue. Et c'est ravissant, sans prétention. Parfait pour les longues soirées d'hiver. Cette lecture a, de plus, eu le bon goût de me rappeler la série d'Anne Bouin, Petite feuille nénètseUn été sibérissime et La vie est une flèche, qui possède les mêmes qualités magiques et ensorcelantes. 

Folio Junior / avril 2015 ♦ Traduit par Alice Marchand (The Wolf Princess)

« Sophie tira la couverture jusque sous son menton et s'assit dans son lit pour regarder la lune. Peut-être qu'en se concentrant sur cette lumière blafarde, elle arriverait à comprendre ce qui venait de se passer, pourquoi elle était ici, dans ce palais oublié, perdue au milieu d'un immense pays désert, avec ces gens qui se comportaient d'une façon si étrange. Elle était déconcertée, déracinée, comme un petit bateau partant à la dérive sans espoir de retrouver la côte, livré aux marées, aux vents et aux courants. »

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Deux soeurs, un destin tome 2 : Le guet-apens, de Maya Snow

Suite des aventures de Kimi et Hana, après un début de série mouvementé (cf. La Trahison).

Deux soeurs, un destin, Tome 2

Après avoir trouvé refuge dans une école de samouraïs, où elles se font passer pour des garçons, recrutés en tant que serviteurs, Kimi et Hana ont bénéficié en douce de l'enseignement de Maître Goku et acquis une confiance nouvelle. Las, la tragédie frappe encore à la porte et les pousse à poursuivre leur périple, en compagnie de leur ami Tatsuya, les forçant à traverser le Mont Fuji et ses dangers.

Action, aventure, amitié, famille, loyauté et courage sont au cœur du récit. La lecture n'en est que plus palpitante, tant le rythme ne faiblit pas et réserve son lot de surprises : de nouvelles alliances voient le jour, mais les ennemis ne manquent pas non plus. De plus, les filles ont appris que leur mère et leur jeune frère avaient survécu au massacre de leur famille et sont dans l'attente de connaître le lieu de leur cachette pour pouvoir les rejoindre.

Le suspense est parfaitement maîtrisé ! On a aussi beaucoup de plaisir à plonger dans cette ambiance nipponne dont le folklore et la culture féodale sont reproduits dans un souci d'authenticité toujours très appréciable. Déclinée en quatre tomes, cette série plaira aux pré-ados, en attendant de se lancer dans la fabuleuse saga de Lian Hearn (Le Clan des Otori). 

Flammarion jeunesse, coll. Castor Poche, avril 2015 ♦ traduit par Alice Marchand (Chasing the Secret)

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17/06/15

Le Bloc-notes de louise: Fan de lui, de Charlotte Marin & Marion Michau

Le bloc-notes de Louise

Louise est une ado de 14 ans obsédée par le groupe The Connections et son chanteur sexy à la mèche rebelle. Le soir de leur concert, elle décroche le pompon en lui arrachant un autographe (et une poignée de cheveux). Mais plus incroyable encore, son Ricky adoré débarque chez son père, le seul véto du coin, pour soigner l'intoxication alimentaire de son furet. Branle-bas de combat, les amis, Louise vit un rêve éveillé... qui se poursuit en recevant l'invitation à les rejoindre sur leur yacht le lendemain. Whou-whou !

L'histoire est carrément démentielle, surréaliste mais franchement hilarante. Louise est une héroïne géniale, avec un sens de l'autodérision au taquet dès qu'il est question de sa fan attitude et des situations saugrenues qu'elle vit au contact de son groupe vénéré. Cela part dans tous les sens, les anecdotes sont toutes plus délirantes les unes que les autres, et on n'a pas le temps de dire ouf tant c'est truffé de rebondissements. C'est donc avec gourmandise et sans complexe qu'on déguste ce récit.

« Je vais m'asseoir... mais où ? Sur les genoux de Ricky ? Ah ah LOL... Je repère un gros pouf gonflable en plastique. Je pensais me poser à la cool. Erreur : je n'avais pas prévu que ce serait une sorte de marshmallow géant. Je m'enfonce jusqu'à avoir limite les pieds en l'air et les fesses qui touchent le sol, tout ça dans un bruit atroce de gastro. Je comprends mieux pourquoi la place était libre. »

Ah, ah. Je n'ai pas arrêté de sourire ou de glousser en lisant ce petit roman jubilatoire, et pourtant je suis loin d'être le public-cible. Mais il y a une telle bonne humeur et une fraîcheur de style qui font tout oublier. J'ai passé un très bon moment et je recommande !

Albin Michel / juin 2015 ♦ Avec les chouettes illustrations de Diglee  ☼☼☼  Du même duo, j'avais adoré Apocalipstick  ! 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Mentine, tome 1 : Privée de réseau ! de Jo Witek & Margaux Motin

Mentine

@ crédit photo : Les lectures de Val

Punie pour avoir volontairement saboté sa scolarité (afin de protéger sa réputation, dit-elle), Mentine est envoyée deux mois dans le Larzac chez le vieux Raoul. Pour cette jeune Parisienne, abonnée aux copines, au téléphone portable et au Wifi, la vie dans ce trou perdu, parmi les chèvres, s'annonce un cauchemar sans fin. De plus, son hôte a un caractère bourru et se montre intraitable sitôt qu'elle part en vrille (capricieuse, elle ? juste un peu !).

Il faut dire que Mentine, douze ans et sept mois, a été reconnue surdouée, mais possède un tempérament volcanique et instable. Ses parents ne la cadrent plus et ont pensé qu'un changement radical la remettrait sur le droit chemin. Dans un premier temps, c'est donc une gamine insupportable, manipulatrice et immature qu'on découvre (ça existe toujours de se croire branchée en étant cancre ?!). Malgré cela, ses réparties sont désopilantes.

Alors qu'elle se confronte à une vie rudimentaire, avec retour aux sources et redécouverte de vraies valeurs, moins superficielles, Mentine peu à peu revoit ses positions et range son effronterie dans le fond de son placard. C'est raconté avec une telle fraîcheur, un humour sans bornes et une mise en situation vaudevillesque qu'on ne peut que se régaler ! Jo Witek croque avec fantaisie et légèreté le portrait d'une jeune “drama queen” bien dans son époque. C'est franchement drôle, décalé et distrayant. Parfait pour les vacances ! 

Flammarion / février 2015  ♦  Illustrations de Margaux Motin 

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,