18/02/16

Mentine, Tome 3 : Pas de cadeau ! de Jo Witek

Mentine pas de cadeau

Mentine Green est de retour, après un passage en Suisse, elle rentre au bercail, le sac débordant de chocolat et de fromage à raclette. Et c'est pleine d'impatience qu'elle se rue chez sa meilleure amie Johanna... qui l'accueille pour la première fois dans son appartement, en pleine cité, un lieu étriqué, bruyant et encombré. Mentine hallucine, mais tombe sous le charme de la famille Estamplade. Son amie se révèle la reine de la musique flamenca, capable de gratter sa guitare des heures durant, tandis que sa mère enfile sa plus belle robe à froufrous et ses chaussures à claquettes pour trépigner dans le salon et assurer le show. Mentine, conquise, a des étoiles dans les yeux. Prenant également conscience de n'avoir pas su être une amie à la hauteur, recevant tout son saoul, sans rien donner en échange, Mentine veut renverser la tendance et offrir à Johanna la preuve de son affection véritable. Mais à vouloir réaliser le rêve de sa confidente, Mentine en fait trop - comme toujours - et va provoquer un séïsme cosmique, lourd de conséquences. Cette fois, c'est du sérieux ! Les parents de Mentine voient rouge et sa punition sera irréversible. Ouhlala. 

C'est toujours un bonheur de retrouver l'humour et le culot de Mentine, élève surdouée et adolescente qui dépasse souvent les limites. Ce n'est pas une mauvaise gamine - la preuve, son expérience auprès des démunis lui mettra du plomb dans la tête - mais Mentine est une demoiselle hyperactive et quémandeuse d'attention. Tout le temps elle réclame de l'amour, de l'amitié, des paillettes et des délires, elle est usante, et foncièrement attachante. Dans ce troisième tome, cependant, notre héroïne brise les derniers tabous en matière de confiance. Et là, c'est le drame.

On notera aussi un joli couplet sur les Restos du Cœur, son déroulement, le bénévolat, les bénéficiaires et tous les services mis en place pour subvenir aux besoins des moins nantis. On n'a pas non plus l'impression d'apprendre notre leçon, ni de recevoir une morale culpabilisante, c'est juste une prise de conscience, pour les plus jeunes, et c'est amené en toute simplicité, sans dépeindre des situations trop misérabilistes. C'est ancré dans notre société, et ça peut concerner tout le monde, même notre voisin ou le petit caïd qui traite Mentine d'OVNI de la DNB ! Voilà tout. Cela donne une certaine profondeur à la lecture, qui procure pour l'essentiel une bouffée de joie et de bonne humeur, avec un enchaînement de catastrophes par notre Miss Surdouée qui veut décrocher la médaille de la meilleure BFF de la vie ! ;-) La distraction est assurée.

Flammarion jeunesse / Février 2016 ♦ Illustrations de Margaux Motin

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Illustration de Margaux Motin issue de la couverture de MENTINE, tome 2
© Père-Castor Flammarion, 2015

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16/02/16

Le Grand roman de ma Petite vie, par Susie Morgenstern & ill. par Albertine

Le grand roman de ma petite vie

Bonnie est une adolescente de 13 ans, qui vit à Paris dans un petit appartement exclusivement féminin. Sous le même toit, cohabitent donc la grand-mère Omama, la mère surbookée par son boulot et notre héroïne dont la tête grouille de questions existentielles, du genre : se réveiller ou rester au lit, routine ou aventure, sociable ou sauvage, jeans ou jupe, se marier ou rester célibataire, divorce ou famille unie, accepter ou se battre, mon histoire ou la tienne... Enfin bref, après un début assez hésitant, très ancré dans les préoccupations adolescentes, le roman finit par proposer une perspective de lecture tout à fait délirante ! Car notre jeune narratrice est drôle et talentueuse, à cultiver un humour mordant et voir la vie autrement. Son approche est féministe, résolument. Car elle doit aux femmes de sa vie le choix de conduire son destin de manière décomplexée, du moins c'était avant de se trouver empruntée, figée dans un corps dont on ne contrôle plus les odeurs, affublée d'une chevelure improbable, avec le sentiment de paraître perpétuellement dégingandée. Treize ans, ça use. Aussi Bonnie affronte ses propres tempêtes avec un sens de l'autodérision absolument jouissif. Il faut la suivre dans ses aventures, quand par exemple elle décroche sa participation à un concours d'écriture et qu'elle doit se rendre à Deauville, avec Carl, l'autre candidat qualifié, dont elle est secrètement amoureuse, et quand la grève des trains menace leur voyage, ils décident tous deux de louer un tandem et de pédaler jusqu'en Normandie ! Et ça continue de tourbillonner dans tous les sens, entre une vie familiale turbulente, un papa absent qui réapparaît par magie, une meilleure amie qui voit son monde s'écrouler, une grand-mère secrète qui dévoile peu à peu une vieille histoire de famille, une montre Patek Philippe qu'on dote de tous les honneurs, une mamie richissime qui s'ennuie au Bristol, un job décroché en douce pour s'offrir une chambre à soi, et un appartement de plus en plus riquiqui pour accueillir une joyeuse smala ! Le roman est ainsi riche d'une ambiance colorée, pétulante et chaleureuse et peut s'enorgueillir d'offrir un moment de lecture à la fois tendre et désopilant, où viennent s'y faufiler les illustrations facétieuses d'Albertine qui apportent un charme supplémentaire à cette délicieuse surprise de début d'année ! À découvrir.  

La Martinière J. / Janvier 2016

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15/02/16

Pinocchio raconte Pinocchio, de Michael Morpurgo & ill. par Emma Chichester Clark

Pinocchio raconte Pinocchio

Pinocchio est loin d'être mon conte préféré, pourtant il m'a été impossible de résister à cette adaptation de Michael Morpurgo. Parce que, Michael Morpurgo. En duo avec Emma Chichester Clark, dont les illustrations pleines de charme ont su apporter de la fraîcheur à cette histoire d'un grand classicisme. Un vent de folie souffle donc sur cette version, et ça fait du bien.

C'est donc l'histoire d'un petit bout de bois, sculpté pour en faire un pantin, que quelques larmes de détresse ont su animer par magie. Ainsi naquit Pinocchio. Ses parents, fous de joie, se plient en quatre pour combler tous ses désirs, à tel point que ce fils trop gâté agit souvent sans réfléchir et leur cause beaucoup de chagrin. Pinocchio a soif de liberté, d'aventure et de découverte, aussi court-il droit devant, sans s'arrêter, zigouillant sans vergogne un Grillon Parlant, avant d'être rongé de remords, ou suivant naïvement un duo improbable, constitué d'un renard boîteux et d'un chat aveugle, avec la promesse d'une future grande fortune. Pinocchio est un benêt, mais un benêt attachant. Après tout, « grandir est une période passionnante et difficile ». Son apprentissage est une mise à l'épreuve de chaque instant, une série de tentations, un lot de souffrances, une suite de dangers et de catastrophes, d'erreurs et de malheurs, d'espoir et de bonheur. De vraies montagnes russes. Cette lecture pleine de dynamisme est ainsi touchante dans son approche, en donnant la parole à Pinocchio lui-même, qui livre sa propre version de son histoire légendaire. Morpurgo a puisé l'inspiration dans l'œuvre de Carlo Collodi, mais en apportant sa touche personnelle, beaucoup plus actuelle. Le roman n'en est que plus innocent et malicieux, surprenant et drôle.

Gallimard Jeunesse / Octobre 2015 ♦ Traduit par Diane Ménard (Pinocchio)

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SOURCE : Emma Chichester Clark

 

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Et pour les amateurs du genre, n'hésitez pas à vous pencher sur le roman de Gilles Barraqué, Fantoccio (L'École des Loisirs, 2015) dans cette version tout aussi originale et inattendue. 

Fantoccio par Barraqué

Une nuit, dans la campagne de Toscane, sur la table d'une demeure crasseuse, un grand pantin de bois s'éveille à la vie, aidé par de puissantes incantations de sorcellerie. Fantoccio, doté des facultés de penser, de ressentir et d'agir, conçoit aussitôt sa naissance comme un vrai miracle. Geppetto, son maître marionnettiste, a de grands projets pour lui mais ce destin tout tracé va de moins en moins enchanter notre créature, qui ne supporte plus les faux-semblants. Sa rencontre avec la jolie Livia, dont il tombe amoureux, lui donnera aussi l'envie de voir plus loin, de briser ses chaînes et de satisfaire ses rêves insensés.

C'est un douloureux apprentissage de la vie, raconté avec beaucoup de tendresse et d'émotion. Le personnage de Fantoccio rappelle évidemment celui de Pinocchio dans sa perception naïve des choses et la grande désillusion qui succède ses découvertes, sauf que le héros de Gilles Barraqué est davantage un adolescent, qui porte sur son entourage un avis teinté d'amertume et de déception (j'ai parfois pensé au mythe de Prométhée & Frankenstein). Fantoccio est un garçon avec des pulsions et des interrogations, et tout ça fait que ça grouille dans sa tête, au risque de déborder. Il n'accepte plus d'être une “marionnette” entre les mains de son créateur et aspire à s'émanciper. Ce saut dans le vide fait écho au passage à l'âge adulte, un cap délicat, qui ne se déroule pas sans heurt. Ce roman d'une grande sensibilité n'est pas à mettre entre toutes les mains, d'autant plus que son style abattu est à mille lieux de la plume poétique et enchanteresse que j'avais savourée dans Au Ventre du Monde. Une impression plus mitigée, donc. 

 

Jonas Le Requin mécanique, de Bertrand Santini & ill. de Paul Mager

Jonas le requin mécanique

Ancienne vedette d'une série de films à succès (Les Dents de la mort), Jonas, le requin blanc, coule une retraite paisible à MonsterLand, un parc d'animations réunissant les monstres du cinéma. Il tente ainsi de distraire un public désabusé en singeant ses anciennes prouesses, mais notre mangeur d'hommes accuse les années et une mécanique rouillée. Résultat, le spectacle est constamment annulé, à force de pannes répétées. Le directeur est à bout de patience et décide d'envoyer Jonas à la casse.

Seulement, cette discussion n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et le vieux Krokzilla veut avertir son pote de prendre la poudre d'escampette. Pourquoi ne pas saisir la chance de vivre son rêve en goûtant à la vie sauvage et aux courants de l'océan ? Mais Jonas en frissonne d'effroi. Il refuse de quitter son nid douillet, persuadé de la bonté des humains, auxquels il a dédié sa vie en tentant de les divertir du mieux possible. Ha, ha. Quel utopiste. 

C'est donc contraint et forcé que le cauchemar des stations balnéaires de Californie s'aventure vers le grand large, croisant en chemin un manchot rigolo, pris au piège d'un filet de pêche. Lui, Jonas, est enchanté de se faire un nouveau copain, sans toutefois oser lui avouer qu'il est fait de boulons et d'huile, de peur d'être ridicule. Loopy tombe dans le panneau et pactise avec le diable pour assurer ses arrières. 

Leur équipée folle et incongrue donne lieu à une lecture absolument désopilante ! 😉 On rit, on frémit, on sourit, on soupire, on râle, on beugle et on pousse des cris... de joie et de bonheur. Franchement, ce sont 110 pages de plaisir, pigmentées d'illustrations semblant tout droit tirées d'un film d'animation -quelle coïncidence - et forte d'une histoire délirante, racontée avec verve et humour, pour un festival de sensations.  

Après le succès du Yark, Bertrand Santini propose un autre héros littéraire à la fois touchant et délicieusement naïf (datant de 2014, depuis l'auteur a aussi raconté les aventures du chien Gurty). Jonas est une créature précédée de sa réputation monstrueuse, alors qu'il est finalement tout sucre tout miel au fond de lui, confronté à un apprentissage de la vraie vie, tantôt brutal, tantôt cocasse.

On croise aussi une belle brochette d'énergumènes dans cette épopée, dont le coriace capitaine Grisby ou le très avide Gavin Payet, plus tous les habitants de Wampanig Island qui lancent une pêche au trésor contre le squale. Les humains sont des idiots. Et Jonas, un doux rêveur. Lui avait pour désir profond de rencontrer sa maman et d'être vivant “pour renifler le froid, le chaud, la faim, sentir la flamme brûler, le vent caresser et renifler les odeurs, même les mauvaises” ! 

Quelle tristesse. On pense aussi à Pinocchio en lisant la fin émouvante, quelque peu précipitée, tout en refermant ce petit bouquin et en soupirant fort, fort, fort... de bonheur. Voilà une lecture exquise, merveilleusement drôle et légèrement attendrissante, conduite avec panache et tendresse. On passe un fabuleux moment en compagnie de Jonas, à terrifier les foules et à braver les tempêtes ! Je recommande.

Grasset Jeunesse / Octobre 2014

J'avoue que j'ai beaucoup aimé la représentation du pirate et de son singe...

SOURCE : Paul Mager

 

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12/02/16

Hector et les Pétrifieurs de temps, de Danny Wallace

Hector et les Pétrifieurs de temps

Hector Obel a 10 ans et vit à Starkley, décrite comme étant la quatrième ville la plus ennuyeuse d'Angleterre, car il ne se passe jamais rien de palpitant. Jusqu'au jour où Hector, en train de se morfondre en classe, surprend son professeur et ses camarades figés sur place. Comme si le temps s'était arrêté net. Tout rentre finalement dans l'ordre au bout de quelques minutes. Le garçon n'a pas l'éternité devant lui, pour y réfléchir, que la situation se répète déjà, mais cette fois il a décidé de chronométrer la durée de la Pause. Sept minutes et sept secondes. Au lieu de se retourner le cerveau, Hector choisit de tirer profit de la situation et va s'amuser à parcourir la ville avec une Vespa flambant neuve, se venger de ses tortionnaires ou se rendre dans la boutique de bonbons pour faire des emplettes. La propriétaire, Mme Cou Cous, lui en a interdit l'accès sur un coup de tête. Hector a d'ailleurs remarqué que plusieurs adultes de Starkley se comportaient de façon très étrange, de plus en plus mauvaise et méchante. Est-ce que cela aurait un lien avec les Pauses ? Et puis, au bout de 100 pages, l'étau se resserre quand le garçon surprend des créatures affreuses, les Terribles, se faufiler dans la ville pour kidnapper ses habitants pétrifiés... L'heure est grave. L'histoire n'est plus à la rigolade. Hector doit agir, vite. Trouver des forces alliées (oui ! ... ça va arriver), sauver sa petite ville de cette invasion sournoise et se convaincre que son père disparu fait aussi partie du lot. 

Pour son intronisation dans la littérature jeunesse, Danny Wallace sort les grands moyens (univers déjanté, monstres terrifiants, péripéties à rebondissements, sur un ton sans cesse désopilant). Et c'est clair que le livre vise haut et fort. Au départ, l'histoire semble déjà écrite et préfigure les thèmes du genre : Hector est un gamin sensible, maltraité par des grosses brutes, et qui porte en lui le départ de son père comme un poids lourd insurmontable, sa mère bosse comme une dingue et son frère est devenu un ado renfrogné. Et puis, tout bascule vers une aventure délirante, fantastique et même de plus en plus sombre et inquiétante. Il faut le lire pour le croire. Les méchants ne font pas semblant, les enfants entrent en résistance et montent une association de Transpauseurs. On découvre alors une intrigue complètement loufoque, mais où règnent l'action, l'émotion et le danger. C'est efficace, raconté de façon hilarante et néanmoins détachée. Nul doute que cette dose d'énergie bouillonnante plaira aux plus jeunes (dès 9 ans pour les bons lecteurs, le livre fait 300 pages et est largement illustré). Jamie Littler a contribué par sa touche d'encre à une atmosphère décalée et fascinante. À tester, pour le fun et l'atmosphère frissonnante.

Gallimard Jeunesse / Février 2016 ♦

Traduit par Marie Leymarie (Hamish and the Worldstoppers) ♦ Illustrations de Jamie Littler

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26/12/15

#Challenge Il était trois fois Noël 2015 : D'or que landes, de Denis Bretin

d'or que landes

Harvey Squire a dix ans, fils de barbier, il est forcé de sortir en pleine nuit de Noël pour raser le mort du manoir des Fearnwood. Le chemin est long, le temps glacial, le gamin doit traverser les landes mystérieuses et inquiétantes de ce bourg écossais. Accueilli par le majordome revêche, Harvey pénètre chez les Fearnwood en tremblant comme une feuille. Il accomplit sa tâche, s'apprête à repartir lorsqu'il surprend une conservation entre deux types dans la bibliothèque de la maison. Le mort aurait caché un trésor, mais impossible de trouver le moindre indice. La suite se perd dans un brouhaha, car Harvey doit regagner le foyer où son père est en train de cuver son vin. Mais cette nuit va bouleverser la vie d'Harvey Squire, lui faisant également rencontrer le libraire Boniface Swifft et une charmante et intrépide demoiselle, Amélia Fearnwood, qui lui confiera la suite de la discussion entendue dans le secret. Inutile de vous en révéler davantage, si ce n'est que l'histoire est franchement palpitante. Tout se passe dans un cadre fantastique, avec des énigmes et des vieilles légendes, un secret de famille et un probable empoisonnement. Ambiance merveilleuse et fascinante ! De plus, le narrateur est un jeune garçon sympathique, naïf et courageux, malgré les nombreuses embûches sur son chemin. Lui, dont la vie est loin d'être facile, a su s'entourer de bonnes personnes, dont son meilleur ami Julius, avec lequel il rêve de devenir libraire et éditeur. À Drisdale, petit village écossais, la lande est sauvage, hantée par des fantômes et souvent le théâtre de scènes hallucinantes, qui vous donneront le frisson. L'auteur n'a pas hésité à puiser l'inspiration dans les contes ou nouvelles fantastiques du XIXe siècle pour nous servir une lecture savoureuse et tout simplement envoûtante !

Syros / Septembre 2009

 

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12/12/15

#Challenge Il était trois fois Noël 2015 : Le Prince amoureux, de Michael Morpurgo

Ho-ho-ho, conte de Noël ! 🌟 ⛄ 🎁

Le Prince amoureux ~ Michael Morpurgo

Le prince Frederico vient d'épouser la belle Serafina, la joie éclate dans tout le royaume, leur bonheur inonde chaque parcelle du pays et il n'existe pas une âme qui ressente cet amour et s'en porte tout aussi grandie. Hélas, la princesse est soudainement atteinte d'un mal inexplicable, elle n'est plus capable de sourire et éprouve une grande tristesse. Si grande que sa santé commence à s'étioler, ses jours sont désormais en danger. Les fêtes de Noël approchent mais le prince refuse de les célébrer et interdit quiconque d'exprimer le moindre sentiment de félicité. Fou de rage et de colère, il prend son cheval et galope sans but. Il se perd dans une forêt, transi de froid, épuisé de fatigue, il fait alors la rencontre d'une famille de voyageurs. Son histoire les émeut. Ils n'ont pas de recette miracle mais suggèrent au prince de donner son royaume pour un sourire de sa princesse. Les plus beaux spectacles sont alors donnés, hélas, sans tirer la plus petite ombre d'un sourire, Frederico est désespéré jusqu'à l'arrivée d'une troupe de saltimbanques masqués, et d'une oie qui fait un boucan du tonnerre...

Cette histoire de Michael Morpurgo possède le charme, le classicisme et la fantaisie d'un beau conte de Noël. L'atmosphère, très vivante et vibrante d'émotions, nous plonge littéralement à l'époque médiévale avec simplicité et beaucoup d'authenticité. Bien entendu, la magie n'est pas en reste dans cette étonnante histoire de prince et de princesse, qui révèle une fin pour le moins surprenante (en rapport avec la crèche et la Nativité). Pour qui aime les histoires de cet auteur remarquable, n'hésitez pas !

Gallimard jeunesse, 2009 ♦ illustré par Emma Chichester-Clark ♦ traduit de l'anglais par Diane Ménard

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11/12/15

#Challenge Il était trois fois Noël 2015 : La Forêt des cœurs glacés, d'Anne Ursu

La forêt des coeurs glacés

Hazel et Jack sont deux inséparables amis d'enfance. Fantasque et rêveuse, Hazel passe pour une impertinente, limite cinglée, aux yeux de ses camarades d'école et des enseignants. Seul Jack l'accepte comme elle est. Ensemble ils jouent dans la neige, se lancent des boules en pleine face et puis paf ! c'est le pépin. Jack a reçu un éclat de verre dans l'œil et doit rentrer chez lui pour se soigner. Les jours d'après, plus de nouvelles du garçon. Hazel se rend chez lui et apprend qu'il est parti rendre visite à une tante. À son retour, Jack a changé. Il est froid, distant, méconnaissable. Il préfère jouer avec les garçons de sa classe, n'a plus envie d'être avec elle. Pour se consoler, Hazel décrète que son ami Jack est frappé d'une malédiction, après avoir été enlevé par une reine des neiges, dans son palais des glaces. Elle décide donc de se rendre dans la forêt pour le libérer de cette emprise.

Quel merveilleux conte d'hiver, qui colle parfaitement aux envies du moment, où il fait bon se blottir chez soi en bouquinant des histoires qui nous transportent vers un ailleurs où la réalité n'a plus lieu d'être. Hazel et Jack rappellent bien évidemment la célèbre Reine des Neiges d'Andersen, mais Anne Ursu nous propose une réécriture soignée, très séduisante, où l'ambiance est tout aussi sombre, frileuse et poignante. Hazel est une héroïne hyper touchante, solitaire incomprise, elle a su trouver dans son imaginaire un refuge réconfortant. La petite fille adore les romans comme Narnia, Harry Potter ou A la croisée des mondes. Elle ne manque jamais d'idées farfelues pour s'évader et voir le monde autrement. Il faut dire aussi que Hazel et Jack ont tous deux de gros soucis chez eux (divorce et dépression), des problèmes souvent perçus avec leurs regards d'enfant. Du coup, le ton général du roman reste simple et accessible, mais néanmoins féerique (dès l'entrée dans les bois, les références fantastiques ne manquent pas). C'est une lecture sans grande surprise, qui n'en demeure pas moins douce et délicate. La couverture signée Olivier Balez est de toute beauté !

Seuil, Septembre 2012 ♦  traduit par Rosalind Elland-Goldsmith (Breadcrumbs) ♦ illustration de couverture : Olivier Balez

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08/12/15

#Challenge Il était trois fois Noël 2015 : Café givré, de Suzanne Selfors

Café givré

Toute la vie de Katrina tourne autour du café de sa grand-mère Anna, qui l'a élevée comme sa fille, depuis que celle-ci a perdu ses parents durant l'enfance, mais hélas les affaires vont mal et menacent de fermeture son havre de paix. Comble de malchance, leur voisin a ouvert un café branché et moderne, qui leur vole toute leur clientèle. La jeune fille fait alors la rencontre d'un type à la beauté troublante - un clochard avec un kilt - un dénommé Malcolm. Katrina est méfiante, mais son bon cœur lui fait porter des petits gâteaux et une boisson chaude. Malcolm prétend aussi être un Messager et a pour mission d'offrir à Katrina ce qu'elle désire le plus. Il lui confie trois grains de café pour exaucer ses désirs les plus fous. La jeune fille ne le prend pas au sérieux et doit d'ailleurs gérer les nombreux soucis qui s'accumulent et mettent en péril ses remparts de protection.

J'ai littéralement dévoré ce roman, tellement il est savoureux, réconfortant et romanesque pour de vrai. Il y a de jolies choses qui surviennent dans l'histoire, parfois prévisibles et d'autres fois non. Quoi qu'il advienne, ce livre saura vous séduire car il parle de confiance en soi et évoque l'amitié comme étant fondamentale pour se sortir la tête de l'eau. Katrina est loin d'être seule, en plus d'Elizabeth et Vincent, ses amis de lycée, elle peut compter sur les Garçons (une bande de petits vieux fidèles clients du café Chez Anna) et sur Irmgaard, qui a fait vœu de silence et qui n'a pas son pareil pour cuisiner des soupes. L'ambiance fait penser à un cocon douillet, où il fait bon s'y nicher et où on s'y sent instinctivement bien, à l'aise, comme chez soi... Un régal de lecture en cette saison bien tristounette. 

Flammarion / Janvier 2012 ♦ Traduit par Marie Hermet (Coffeehouse Angel)

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Le Château de Cassandra, de Dodie Smith

Ne loupez pas la réédition en format poche - chez Gallimard jeunesse, collection Pôle Fiction - du grand classique de Dodie Smith. La couverture est magnifique ! 

Le château de Cassandra

Cassandra est une jeune fille de 17 ans qui vit dans un château délabré. Son père, auteur d'un roman à succès, n'a pas retouché la plume depuis des années. Il vit cloîtré dans son bureau, lit des romans policiers à la pelle et ne se préoccupe nullement des soucis domestiques. Car la vie quotidienne est une succession de petites débrouilles et autres sacrifices pour les femmes de la maison. Topaz, la belle-mère, use de ses charmes auprès de ses relations à Londres pour décrocher quelques contrats (elle était modèle pour les peintres à la mode), Rose, l'aînée de 21 ans, s'abîme les mains avec les lessives et les trempages de teinture verte pour redonner de l'éclat à leurs toilettes. C'est elle qui souffre le plus de la situation. Elle rêve de s'échapper de sa condition, de rencontrer un riche parti et de l'épouser. La providence s'invite au château lorsque leurs nouveaux voisins débarquent à l'improviste. Deux frères, Simon et Neil Cotton, venus tout droit d'Amérique. Aussitôt, les esprits romantiques des jeunes filles s'embrasent et Rose papillonne de bonheur.

Le journal de Cassandra nous fait ainsi partager les événements qui jalonnent leur existence, de mars à octobre, avec autant de sensibilité que d'ironie. Fine observatrice, pleine d'esprit et de talent, la jeune fille a pour ambition d'écrire un roman et s'entraîne à l'écriture rapide en relatant les exploits de sa famille. Elle-même est submergée par ses premiers émois sentimentaux, avec le jeune jardinier qui n'a d'yeux que pour Cassandra, sauf qu'elle se sent empruntée et confuse... Ce roman vintage à souhait possède un charme fou et réserve un instant de lecture précieux et délectable. L'histoire est d'un classicisme absolu, un brin poussiéreuse, délicieusement guindée, c'est un bonbon anglais, avec un zeste de fantaisie. Un mélange sucré et acidulé... J'ai a-do-ré ! 

Gallimard Jeunesse, coll. Pôle Fiction / Novembre 2015 ♦ Traduit par Anne Krief (I Capture the Castle)

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