27/03/18

Mes nuits à la caravane, de Sylvie Deshors

Mes nuits à la caravaneGros cœur rouge sur ce roman, où l'on rencontre une bande de potes hyper attachante, dans la verte campagne limousine, autour d'une histoire simple mais prenante.
Lucile vit seule avec son père, qui a tendance à oublier son désespoir dans l'alcool. La mère est morte d'un cancer, le restaurant familial a brûlé dans un incendie criminel, l'assurance n'a pas remboursé les pertes. Le moral est donc au plus bas, mais Lucile refuse d'en accepter davantage. Ne supportant plus l'attitude indigne de son père, elle claque la porte de la maison et part s'installer dans la caravane au fond du jardin.
Ce lieu servait déjà de refuge pour sa maman, qui aimait peindre et s'isoler dans sa bulle. Et effectivement, la caravane est imprégnée des souvenirs maternels. Tout semble remonter à la surface, les émotions, le passé, les vieilles histoires d'amour et de jalousie, les rancunes tenaces, les dettes, les trahisons... Bref.
C'est en compagnie de ses meilleurs amis - Ben, Djoul et Léna - qu'elle se bricole un cocon douillet, lequel deviendra également le point d'ancrage pour les amateurs de musique et de poésie. Le cadre est féerique, l'ambiance festive et joyeuse, la lecture laisse également entrevoir une région au charme bucolique insoupçonné (Bellac et ses alentours), en plus d'une communion parfaite entre ces jeunes gens en plein apprentissage de la vie.
Dans le même temps, Lucile conduit promptement son enquête sur sa famille, marquée par les drames et les malheurs, et nous embarque dans sa longue traversée du tunnel, entre deuil, solitude et désarroi. C'est un parcours tranquille, avec juste ce qu'il faut d'espérance, de folie, d'amitié et d'amour. J'ai beaucoup aimé ! À lire et découvrir comme une parenthèse enchantée.

Rouergue, coll. doAdo (2018)

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12/03/18

Cherub/01 : 100 jours en enfer, de Robert Muchamore

J00748Gros succès en librairie, la série CHERUB trace sa route depuis presque dix ans et enthousiasme ses lecteurs avec son univers d'organisation secrète, où des enfants sont entraînés pour infiltrer des missions spéciales... Espionnage, action, suspense, aventure et baston, on ne s'ennuie pas une seconde.
J'ai profité de la sortie en livre audio pour découvrir LE phénomène et ai été pleinement séduite par l'excellente interprétation de Julien Frison qui incarne un adolescent brouillon en passe de devenir un môme doué et consciencieux en vivant une aventure fracassante et néanmoins palpitante !

James Adams est un collégien turbulent, élève médiocre, éternel souffre-douleur, habitué d'être exclu. Il vit avec une mère devenue obèse et un beau-père alcoolique. Mais le destin s'acharne, le gamin perd sa mère et est expédié dans un orphelinat où il bascule dans la délinquance. Dès lors, il a le choix entre toucher le fond ou accepter de suivre une formation spéciale pour Cherub. Il a 100 jours pour assimiler des techniques de combat, de survie et de ruse enseignées par une agence des renseignements britanniques. 100 jours pour changer le cours des choses ou retourner à la case départ. 

Le scénario est basique et rythmé. On en prend plein les yeux, plein les oreilles. Et l'immersion est totale. On partage ainsi les galères de James, son arrivée à Cherub, ses rencontres avec ses nouveaux camarades, son apprentissage et ses premières missions. Toute l'histoire s'inscrit dans une logique imparable, et je comprends tout à fait ce qui enthousiasme les jeunes lecteurs. Ce que vit James est à la fois proche d'eux mais incarne aussi un fantasme - devenir espion, vivre de passionnantes aventures, voyager etc. La lecture est à la hauteur des attentes. On a une très bonne réalisation audio - agréable à écouter - pour une série vraiment engageante et débordante de dynamisme.

Gallimard Jeunesse, Collection: Écoutez lire 

Traduit par Antoine Pinchot

Julien Frison nous emporte dans l'univers palpitant de CHERUB, et met en voix le franc-parler et l'humour adolescent, sans niaiserie. Durée : 7h 30 env.

 

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09/03/18

La Sélection, de Kiera Cass & lu par Claire Tefnin

la sélection audiolibEn toute franchise, cette série est loin d'être une découverte - car déjà lue lors de sa parution en 2012. J'avais, à l'époque, été totalement séduite par l'emballage et la mièvrerie ambiante. En apprenant que la série était maintenant disponible en format audio, mon cœur de midinette a de nouveau fait boum. Je suis faible, je suis curieuse, je suis guimauve jusqu'au bout des ongles. Amen. J'ai ainsi replongé dans quelques 7 heures d'une lecture pleine de fanfreluches, de sucre et de miel. C'est assumé. Et j'ai suivi une Claire Tefnin se métamorphoser en America Singer, héroïne ô combien décriée, dans cette jolie bluette romantique.

Trois cents ans ont passé, durant lesquels les États-Unis ont croulé sous les dettes, subi l'invasion de la Chine puis lutté pour leur indépendance, d'où la création du royaume d'Illéa, une monarchie basée sur un système de castes. Afin de plaire au peuple, le palais a coutume d'organiser un grand jeu télévisé, la Sélection, au cours duquel 35 filles de toutes origines doivent se distinguer pour ravir le cœur du prince héritier, Maxon. Parmi elles, se trouve la rousse et volcanique America Singer, dont les motivations sont purement matérielles et détachées, car la belle a le cœur brisé par un autre soupirant, qu'elle voyait en cachette depuis deux ans. Bien évidemment, America tape dans l'œil du prince et survole la compétition et ses concurrentes. Elle incarne  l'indépendance, la franchise, la noblesse, l'abnégation et la bienveillance. Elle connaît le peuple, elle comprend les coups durs, elle a les pieds sur terre et elle n'affiche aucune ambition dévorante. En gros, c'est une sainte et c'est agaçant.

L'histoire ressemble donc à un conte de fées, avec son cadre enchanteur et son prince charmant, ses sentiments balbutiants et sa tendresse dégoulinante. Le jeu télévisé est passablement mis en avant, on songe même à un mix approximatif du Bachelor & des Hunger Games, même si ce n'est ni sexy ni trash, mais seulement niais et lisse. Il y a quelques pestes dans le lot, des attaques de renégats, des vérités voilées et des discours pompeux qui font paraître le prince affreusement obséquieux. Tout n'est que poudre aux yeux, et c'est justement pour ça qu'on mord à l'hameçon. En dépit des défauts manifestes, le roman exerce une vraie addiction sur l'auditeur. Impossible de décrocher une fois qu'on a la mélodie dans les oreilles. La mise en scène est agréable, la réalisation musicale distrayante et la voix de Claire Tefnin entraînante. Et bim, j'ai été complètement possédée. Mais qui n'a jamais cédé à quelques plaisirs coupables dans sa vie de lectrice ?

Ce roman à la couverture sublime est donc un pur moment de délectation, simple et sans équivoque ! ☺

©2012 Kiera Cass / Éditions Robert Laffont, traduction de Madeleine Nasalik

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Claire Tefnin. Durée : 7h env.

Parution du Tome 2 courant mai 2018

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08/03/18

Comment maximiser (enfin) ses vacances, d'Anne Percin

Comment maximiser enfin ses vacancesJe pensais être guérie de mon béguin pour Maxime Mainard, lorsque j'ai découvert la sortie de ce nouveau roman, soit une 4ème saison inopinée, sachant la trilogie bouclée depuis 2012. J'étais partagée entre la surprise et la panique, bonne ou mauvaise nouvelle, dans les premières pages, j'ai douté, trouvant que le garçon exagérait bêtement le ton de l'éternel insoumis, opposé au système par principe - allait-on nous réchauffer une vieille recette sans la même saveur ?
Foin de tout ça. En vrai, j'ai totalement succombé. C'est toujours aussi bon, toujours aussi drôle, toujours aussi dérisoire et toujours aussi déjanté. On retrouve nos fidèles camarades dans des aventures improbables - une série de concerts sur la route des vacances - et c'est du bonheur en barre. Je n'ai pas pu m'empêcher de glousser au fil des pages.
Le bac en poche, Maxime plane sur son petit nuage mais rechute lourdement après son admission loupée à Sciences Po. Totale remise en question et perspective d'avenir dans le flou. Notre jeune ami fonde ses derniers espoirs dans son groupe de rock, Kremlin, et décroche un contrat inespéré pour jouer dans un festival sur le côte Atlantique. Quinze jours à se doper de rock et d'océan, ambiance camping où l'on répète dans les sanitaires, une licorne gonflée sous hélium flottant sur la tente !
Ah, sûr qu'il faut le voir pour le croire. Maxime a réuni sa bande au complet - Stéphane à la batterie, Christian à la guitare, Julius à la basse - sans oublier sa Kévinerie, mascotte attitrée, son amoureuse Natacha, sa pote d'enfance Alexandra et sa groupie de frangine Alice. La suite de l'aventure promet monts et merveilles, mais est surtout désopilante et vous communique une vraie fraîcheur de vivre.
C'est le remède radical pour une cure de bonne humeur ! Prenez-en à fortes doses !!!

éditions du Rouergue, 2017 

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Vendus à plus de 100 000 exemplaires, les trois premiers tomes ressortent sous de nouvelles couvertures pour brasser toujours plus large un public qui n'aurait pas encore eu la chance de connaître le personnage. ♥

  

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07/03/18

Le célèbre catalogue Walker & Dawn, de Davide Morosinotto

« Il ne restait qu'une chose à déterminer, la plus importante : qui serait le chef de l'expédition ?
Je ne voulais pas me proposer car c'était on ne peut plus évident : ça ne pouvait pas être Eddie parce qu'il était trop fragile (et puis il avait des lunettes), ni Joju parce que c'était une fille, et je ne parle même pas de Min. Forcément, c'était le plus petit et, par-dessus le marché, il était noir.
Malgré tout, un vrai chef ne doit pas se mettre en avant, il doit être choisi et acclamé par son peuple.
J'ai donc attendu d'être acclamé en songeant déjà à ce que je dirais avant d'accepter, non, non, je ne suis pas à la hauteur, vous êtes trop gentils, des choses dans ce goût-là, la modestie incarnée, quoi.
Au lieu de ça, Eddie a prétendu que c'était à lui d'être le chef car il était un chaman qui savait parler aux alligators ; Joju, elle, pensait que cette mission lui revenait car elle était la plus dégourdie de la bande, et Min lui-même donnait l'impression d'avoir son mot à dire en agitant la montre.
J'ai laissé échapper un soupir. »

le CÉLÈBRE CATALOGUE WALKER et DAWN

Quatre amis vivent et grandissent dans le bayou, se réunissant dans leur refuge secret pour inventer de nouveaux jeux, comme bricoler un nouveau canoé pour pêcher dans les flots boueux. Ce jour d'été 1904, P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie trouvent une boîte à conserve rouillée, avec à l'intérieur trois dollars. Sans rien dire à personne, ils décident de passer commande dans le “célèbre catalogue Walker & Dawn” mais sont finalement déçus le jour de la livraison du colis, car celui-ci ne contient pas l'article attendu (un revolver de police) mais une vieille montre cassée. Même si le catalogue garantit les prix les plus bas et une totale satisfaction sous peine de remboursement, les enfants doivent se rendre en personne à Chicago pour obtenir gain de cause. Une perspective peu envisageable pour leurs familles qui triment, qui râlent, qui punissent à coup de ceinture en cuir sur les fesses. Finalement, des événements dramatiques vont précipiter leur décision et pousser la bande des quatre à se sauver par la rivière jusqu'à La Nouvelle-Orléans. Sur place, ils devront encore se débrouiller pour rejoindre la grande ville du Nord, en veillant à ne pas tomber dans les nombreux pièges tendus. 

Tout est absolument épatant dans cette lecture ! On a quatre enfants formidables, généreux, drôles, courageux et attachants, qui prennent tour à tour la parole au cours des quatre parties composant leurs aventures. On apprend ainsi à mieux découvrir les uns et les autres, à cerner leurs secrets, à aimer leurs rêves et leurs envies, à partager leurs émotions. On se sent un peu le cinquième membre du gang et on échangerait notre place pour rien au monde. De plus, malgré une épaisseur consistante, ce gros roman de 425 pages se dévore en un clin d'œil ! La lecture nous transporte dans une Amérique vintage, avec ses bateaux à aube, son jazz coloré, son bayou, ses trains de marchandises avec des wagons en bois, ses grandes villes semées de danger, ses bureaux de presse aux rédactions bourdonnantes, ses chasses au trésor et j'en passe... On n'a qu'à fermer les yeux pour y croire. Nos jeunes héros prennent une part active au dynamisme ambiant, et on plonge le cœur battant dans leurs péripéties, rapportées sur un ton plein d'humour et de suspense.

Faisant également penser à Tom Sawyer, le roman se révèle audacieux, surprenant et plein de ressorts. J'ai aimé fort, fort, fort. C'est même UN GROS COUP DE CŒUR ! ♥

L'école des loisirs, 2018 - traduit de l'italien par Marc Lesage

illustrations de Stefano Moro, Annalisa Ventura et Gabriel Gay

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02/03/18

Un lapin peut changer une vie, de Sandrine Kao

Un lapin peut changer une vie

Dans la famille Ribout, je demande le chaos, le désordre, le souk, le sens dessus dessous. Après des années lisses et confortables, soudain le petit train sort des rails et part en roue libre.
Haut les cœurs !
Paul, le père, vient de démissionner après avoir frôlé le burn-out mais n'ose pas encore avouer son projet secret. Emmanuelle, son épouse, est illustratrice pour l'édition jeunesse, hélas en panne d'inspiration. Chaque jour, elle s'échine à varier les platées de pâtes en fouillant les placards de plus en plus vides. En attendant le retour des éclaircies, elle déverse sa frustration sur son blog culinaire au succès d'estime.
Les enfants aussi ne sont pas en reste. Agathe, l'aînée, vient de recevoir un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de je t'aime, bim, coup de foudre sur scène, tellement fort que la belle en a perdu l'usage de la parole. L'objet de son affection s'appelle Tony, il a des yeux sombres et rieurs qui ont su la transpercer en un éclair. Le coup fatal. Alicia, la cadette, fière d'être la fayote en classe, perd brutalement son statut de chouchou à cause de sa nouvelle voisine de table, une certaine Keja, dont nul n'ignore qu'elle est Rom et vit dans une caravane sur un terrain vague.
Et pour conclure ce tour de piste, applaudissons enfin Django, l'invité vedette, soit un adorable petit lapin, mais également le célèbre guitariste de jazz manouche ! ☺

On brasse le tout avec énergie et on obtient une chouette lecture, qui s'ébroue comme une puce et qui dresse le portrait d'une sympathique famille confrontée aux aléas de la vie (mais qui n'a pas peur de tout plaquer pour repartir de rien). C'est frais, c'est rigolo. On en revient toujours aux lapins, à la culture tsigane et aux préjugés sur les gens qui vivent autrement. En bref, le roman est croqué de façon originale et décalée, pour demeurer sans prétention et frais comme un gardon. Il a en lui un effet vivifiant insoupçonnable - et hop pour 210 pages réjouissantes et positives !

 Syros, 2018

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01/03/18

Libérez l'ours en vous, de Carole Trébor

Libérez l'ours en vous« Mes petits poussins... me voilà obligée de quitter mon métier et mon club de théâtre pendant six mois : place au traitement et au repos. »
En découvrant le mail de leur professeur, Patricia Valente, ses élèves de première L tombent des nues. Comment envisager une année de théâtre sans le soutien inconditionnel de celle-ci ? Passionnée et travailleuse acharnée, soucieuse du détail, adepte des mises en scène burlesques, elle confie le lourd flambeau à Christophe, un étudiant en troisième année de conservatoire, et leur suggère de préparer ensemble une pièce de Camus.
Au lieu de ça, toute la troupe se replie sur un texte que Patricia a écrit peu après le décès de son père, un vigneron ardéchois bourru, qui grognait comme un ours mal léché, d'où le titre “Merci l'ours !”.
On plonge ainsi aux côtés de Kolia, Lisa, Cyril, Ethan et Samia dans une année d'apprentissage en dents de scie - heurts et bonheurs sur les planches, dans la vie, en amitié, en amour, en famille. Cette année scolaire s'annonce différente et néanmoins enrichissante pour tous !
Et c'est tout ce qu'il faut retenir de cette lecture, généreuse, sincère, touchante, attachante. En plus de partager la formidable symbiose qui se noue entre ces lycéens ordinaires, on savoure la mise en avant du théâtre, qui prend de la place et s'étale au cœur du roman. “Merci l'ours” n'est d'ailleurs pas qu'une invention - le texte existe vraiment et a été écrit en 2008 par Carole Trébor. Le livret de 106 pages est disponible en ligne !
Libérez l'ours en vous est plus qu'un appel du pied, un message de survie, un cri du cœur, un sauf-conduit, une bouffée d'oxygène... C'est tout ça à la fois ! Et c'est pas mal du tout. On retrouve avec plaisir la jolie plume de Carole Trébor qui avait su tant me séduire dans Nina Volkovitch et Lumière, Le voyage de Svetlana.

Syros, 2018

 

« Kolia attend ce moment depuis des heures, cette pièce va peut-être lui en apprendre plus sur Patricia Valente que toutes les enquêtes qu’il a menées avec ses potes. Elle ne sera pas là pour les mettre en scène mais au moins il incarnera un personnage qu’elle a inventé, qui s’inspire potentiellement de quelqu’un de réel, puisque le texte est plus ou moins autobiographique. Ce rôle sera sa meilleure interprétation, le jour où elle découvrira son spectacle sur scène doit être la plus belle surprise de sa vie. »

Également disponibles sur Syros Live, les enregistrements des chansons de la pièce de théâtre.

 

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Les Carnets de ma vie (presque) ordinaire #2 : Le mystère du colibri, de Virginy L. Sam

Ce roman fait suite à Ma valise à roulettes #1 des Carnets de ma vie (presque) ordinaire. ☺

Les Carnets de ma vie presque ordinaire le mystère colibri

Mieux vaut en avoir connaissance pour se familiariser avec la jeune Lila-Lou Tabouret, douze ans, dont on retrouve le sémillant quotidien sur quelques 220 pages. Miam, c'est fun ! Et on sourit tout du long.
Retour donc sur cette lettre d'amour reçue par un soupirant anonyme. De l'incroyable mais vrai. Aidée de ses deux amies, Noémie et Pauline, Lila-Lou cherche à démasquer l'auteur de cette déclaration enflammée. Le fameux mystère du colibri.
Entre ses entraînements de boxe et la préparation du prochain tournage aux côtés d'une grande star de cinéma, la vie de l'adolescente est un incessant circuit de haut et de bas, comme des montagnes russes infernales. Et on respecte les règles du jeu, d'une Lila-Lou en pleine crise existentielle.
Du coup, on s'amuse à la voir faire le compte de ses boutons et de son poids, se plaindre de sa frangine Charlène, trop  belle et trop bête, rejoindre la ligue de protection du marronnier de l'école, donner des notes à son moral (oscillant de 1 à 9), refaire le monde avec Jean-Charles son bernard-l'ermite, ou épingler ses parents et leurs amis lors de la soirée d'anniversaire de son père (invités aux dents trop blanches pour être naturelles, personnes trop ivres pour faire la chenille, surnoms entendus et playlist impossible). J'avoue, j'ai souvent gloussé. On sent le vécu et le traumatisme. Amen.

Ce deuxième tome est toujours aussi charmant et désopilant. La dérision s'épanouit à chaque coin de page illustrée, c'est fin et savoureux. Lila-Lou est une héroïne attachante, l'incarnation parfaite de cet “entre-deux âges” qui fait paraître la vie aberrante et insurmontable - en plus de rassembler les preuves qui montrent qu'elle a été adoptée et n'a donc rien en commun avec sa famille.
C'est une petite lecture fraîche et délicieuse, pour les 9/12 ans qui grandissent en soupirant et pour ceux qui en subissent les foudres avec endurance. Dans cet épisode, le mystère du colibri va être levé, mais les aventures de Lila-Lou n'ont pas dit leur dernier mot car cette série continue de s'écrire et réserve d'autres surprises ! Chic. ☺
 

La Martinière J. (2018) - Illustrations de Clotka

 

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14/02/18

Hôtel Grand Amour, de Sjoerd Kuyper

Hotel Grand AmourVic a treize ans et adore le foot. Son rêve serait de faire partie de la prestigieuse équipe nationale, l'Ajax d'Amsterdam. Un but pas si vain pour le garçon, dont les exploits sur le terrain viennent de taper dans l'œil d'un recruteur de passage.
Seulement, au même moment, son père fait un malaise dans les gradins et est hospitalisé d'urgence, laissant l'hôtel familial entre les mains de ses quatre enfants, lesquels vont découvrir toutes sortes de joyeusetés, non sans pression, car les créanciers se bousculent au portillon !

Entre les clients grognons, les réservations fantômes et le personnel récalcitrant, le quotidien d'un hôtel n'est pas de tout repos. Vic va en faire la douloureuse expérience. Or, le garçon a la volonté de ne pas décevoir son papa. C'est une responsabilité qu'il tient à tout prix à honorer. Aussi, pour y réussir, le garçon ne recule devant rien. Participer à un concours de miss ? Pourquoi pas !

L'histoire de cette famille hollandaise est pleine d'inattendus et renvoie une image farfelue, mais positive, qui fait paraître la vie plus belle et conquérante, dès lors qu'on se serre un peu les coudes et qu'on met du cœur à l'ouvrage.
À l'Hôtel Grand A, on respire l'aventure, l'audace et l'amour. Chacun se débat du mieux qu'il peut, dans un contexte parfois éreintant (la maladie et la mort sont des spectres toujours présents chez ces enfants marqués par la perte de leur maman). Mais le moral est bon.
Autre détail, le héros raconte ses péripéties en s'enregistrant sur un vieux magnétophone et semble s'adresser directement au lecteur dans une langue qui correspond aux codes actuels. Bien entendu, il ignore que la jolie Isabel, son béguin de toujours, intervient régulièrement pour mettre son grain de sel et donner sa version des faits !
Cette double narration nous fait vivre un récit plein d'humour et de sensibilité, dans une ambiance vaudevillesque tout à fait charmante. Un quasi tout bon !

Didier Jeunesse, 2017 / Traduction : Emmanuèle Sandron

Couverture : Laurence Bentz

 

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08/02/18

Sauveur & Fils saison 1, de Marie-Aude Murail

sauveur et fils saison 1

“À quoi je sers?” se demande souvent Sauveur Saint-Yves, psychologue installé à Orléans. Originaire des Antilles, l'homme vit avec son fils de huit ans, Lazare, et reçoit à longueur de journée les doléances d'âmes désœuvrées - une mère désemparée par son fils qui fait pipi au lit, une autre qui ne comprend pas pourquoi sa fille se taillade les bras, une qui perd la tête et oublie son grand garçon de seize ans, une famille au complet qui se déchire et ne peut plus se voir en peinture... Des crises en cascade, des cris, des larmes, des silences, des soupirs. À l'abri dans son couloir, le môme Lazare n'en perd pas une miette et s'effraie d'entendre autant de détresse. Lui aussi en a gros sur le cœur - sa maman décédée trop tôt et dont on ne parle jamais assez. Et tous ces courriers qui s'empilent devant la porte, des menaces de mort qui font dresser les cheveux sur la tête... Chacun s'enferme dans ses non-dits et le temps s'écoule mollement. Le gamin découvre l'hostilité suscitée par la couleur de la peau, être ou ne pas raciste, rien que d'y penser c'est déjà un signe ? Louise, la maman de Paul, s'interroge beaucoup sur le meilleur ami de son fils et perd tous ses moyens face à Sauveur, 1,90 m pour 80 kg de muscles.

C'est tout ça que raconte Marie-Aude Murail, en mieux, en humour et en tendresse. Car c'est un roman qu'on croque avec gourmandise et dont on savoure chaque bouchée en mâchant religieusement. Tout est brodé avec délicatesse - les personnages, les dialogues, les errances et les éclats. Jusqu'à l'escapade finale sur les terres de l'enfance, avec ses couleurs, ses chants et sa tribu turbulente. J'ai infiniment aimé ce petit pan de vie aux côtés d'un papa au physique de colosse, qui continue d'apprendre son rôle et le sens du monde, tout en assurant auprès d'un fils curieux, intelligent et sensible. Autour d'eux, gravitent des petits électrons libres qu'on attache ou détache au gré de nos envies. Parfois, les sujets sont lourds et les enclumes tombent lâchement dans les estomacs... Mais l'ambiance générale se veut positive et penche volontiers vers la résilience et l'espoir. Cela remue de douces sensations, n'hésitez pas ! En plus, il y a quatre saisons du même acabit. C'est du bonheur en tranches...  à partager sans retenue. Moi j'y retourne de suite. ♥☺

L'école des loisirs, 2016

Photographie de couverture ♥ que j'adore ♥ : Megan Van der Elst

 

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