12/09/13

« Une danse est un poème. » (Les ailes de la Sylphide)

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Lucie est passionnée depuis toujours par la danse et animée d'une véritable ambition. Elle espère récolter le fruit de ses efforts en décrochant le premier rôle dans le spectacle, La Sylphide, que son école met en scène. Le jour de ses seize ans marque le début d'une nouvelle vie, riche et prometteuse, mais une autre surprise l'attend, lorsqu'elle découvre dans son dos deux étranges bosses, probablement le symptôme d'une métamorphose.

Et une incroyable histoire commence, celle qui explique les origines de Lucie, le mystère de sa naissance, de sa découverte dans les bois, alors qu'elle était bébé, de son adoption, de son impression de se sentir différente, de faire corps avec la nature. Une nouvelle Lucie cherche à éclore, doit-elle lui laisser toute la place et tirer un trait sur son existence terrestre, ou bien doit-elle lutter contre l'impression d'autodestruction qui semble envahir toute sa vie ?

Quelle histoire, mais quelle histoire ! Je pense qu'elle en dupera plus d'un, mais ce serait déjà trop en dire. C'est un véritable tour de force qu'opère Pascale Maret, avec ce roman à plusieurs tiroirs. Il s'ouvre sur la confession d'une adolescente, allongée sur un lit d'hôpital, grièvement blessée. La police est à l'écoute, le témoignage défile. Long, très long et grave. On n'en perd pas une miette, on se sent même poussé dans le récit, au cœur d'une histoire hallucinante mais passionnante.

Elle n'en cache pas moins un autre aspect, une autre lecture... mais je pense qu'il vous faut la découvrir en toute innocence, sans attente précise, laissez-vous étourdir, joignez votre pas de danse à celui de l'héroïne, laissez-vous guider et vous en ressortirez avec l'étrange sensation d'avoir lu un texte lourd, fort et saisissant d'ingéniosité. Une étourdissante supercherie ! ...

Les ailes de la Sylphide, par Pascale Maret
éd. Thierry Magnier, août 2003 - ill. de couverture : Atsuko Ishii

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“Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir.” (Henri Matisse)

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C'est l'été. Damienne et sa maman sont au bord de la mer, dans une grande villa qui appartient au couple qui les emploie pour la cuisine, le nettoyage et le baby-sitting. Mais Damienne souhaite une autre vie et l'imagine en grand, aussi raconte-t-elle une toute autre réalité aux jeunes de la plage en commençant par se rebaptiser Isild.

A partir du moment où Damienne a mis un pied dans l'engrenage (du mensonge), les jeux sont faits et les ennuis vont commencer. Pas facile de jongler entre les non-dits, les personnalités multiples et les choses concrètes. Car la jeune fille veut plaire à tous, surtout à Nathan, mais pense qu'il ne s'intéresserait jamais à une adolescente aussi quelconque qu'elle, alors elle préfère saupoudrer son existence de poussière de fée.

On sourit beaucoup face aux enchaînements calamiteux auxquels se confronte notre héroïne, car même si elle raconte des bobards, c'est difficile de lui en vouloir, surtout lorsqu'il est question de rabaisser le claquet de certaines péronnelles un brin prétentieuses. L'histoire ne s'embarrasse d'aucun détail superflu, on va à l'essentiel, sur un rythme joyeux, attelé au principe du bon vieux quiproquo. Cela se lit vite et bien, telle une comédie pétillante et allègre qui plaira aux jeunes lectrices (dès 11-12 ans).

Meilleur jeune espoir féminin, par Marie-Sophie Vermot
éditions Thierry Magnier, mars 2013 - illustration de couverture : Barroux

11/09/13

“T'es un ami, Antoine, un vrai, ça je peux le jurer...”

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Antoine est un adolescent ordinaire, ni bon élève, ni cancre, il est en troisième, spectateur de sa vie, comme bon nombre d'enfants de son âge. Un jour, il perd son sac. Tant pis, se dit-il. Puis il le retrouve dans le bureau du CPE. Sauf que son agenda est gribouillé des mêmes tags que ceux qui ornent les murs du bâtiment scolaire. Antoine plaide non-coupable, négocie avec son pote (le coupable), qui se débine, du coup Antoine assume la punition : tous les matins, avec l'équipe de nettoyage, il racle tables et bureaux.

Aussitôt, Antoine est considéré parmi ses camarades comme un saint, un garçon formidable, qui a le sens du sacrifice. Sa cote de popularité monte en flèche, au diable la loi de Murphy, pense-t-il, sa modeste existence connaît un revirement joyeux. De plus, il a fait la connaissance de Bébé, le clone de Beyoncé, qui bosse avec lui pendant sa colle. Il est ébloui, complètement sous le charme. Mais les ennuis se rappellent à lui, le jour où, dans sa grande bonté, Antoine n'a pas su dire non pour garder Chouchou, sept mois, pendant que sa jeune mère partait se refaire un avenir !

Toute la classe se joint à lui pour le soutenir, s'organiser pour les heures de baby-sitting, ne rien avouer aux adultes, faire profil bas au moment des informations, ne pas perdre contenance lorsqu'on n'a plus de nouvelles de la mère... Par principe, l'histoire n'est absolument pas crédible. Toutefois l'esprit, l'humour et les remarques sans cesse sarcastiques d'Antoine font qu'on oublie tout et qu'on savoure cette petite lecture sans prétention. J'ai été agréablement surprise, bien plus que par La Belle Adèle, le tout est enjoué, débordant d'optimisme. C'est un joli pied de nez à la loi de Murphy, que l'adolescent décortique avec flegme, mais non sans humour.

Le bon Antoine, par Marie Desplechin
Gallimard jeunesse, avril 2013 - illustration de couverture : Lucie Durbiano

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10/09/13

☺ Niak ♥☺

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Mickey Cray est dresseur d'animaux sauvages, souvent aidé par son fils (qui porte le nom de Wahoo en hommage à un catcheur), surtout depuis l'accident d'iguane reçu sur la tête, suite à quoi il souffre régulièrement de violentes migraines. Mais inutile d'ébruiter l'affaire, les affaires familiales ne roulent pas sur l'or non plus, d'où la nécessité pour la mère de partir donner des cours en Chine, pour arrondir les fins de mois.

Et voilà que se présente une fantastique aubaine, l'équipe de l'émission Expédition Survie ! sollicite les services de Mickey pour un tournage rondement payé. Le seul souci, c'est de supporter les caprices de l'animateur vedette, Derek Blair, un empoté de première catégorie. Le père et le fils sont consternés devant la bêtise du gars, qui risque de mettre tout le monde en danger, mais ils retiennent leur souffle et empochent les sous.

L'aventure s'annonce bien évidemment catastrophique mais hilarante ! Derek est un type imbu de sa personne, tellement caricaturé que c'en est plus que risible, mais c'est du petit lait à boire. L'histoire cherche ainsi à tourner en ridicule des émissions populaires comme Man vs Wild, en dénonçant les dérives du spectacle télévisuel au détriment, parfois, du bon sens écologique. C'est donc armé d'un humour mordant et intelligent que ce roman défend ses chances, pour notre plus grand plaisir !

Niak, par Carl Hiaasen (Gallimard jeunesse, août 2013 - traduit par Yves Sarda)

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“J'ai bien peur que notre Jean-A. ne soit entré dans l'adolescence...”

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Ce nouvel épisode des Jean-Quelque-Chose est encore une fois un rendez-vous incontournable : les enfants deviennent des adolescents, Jean-A est chamboulé d'être le seul garçon dans sa classe de latin, même son séjour linguistique lui a mis la tête à l'envers, désormais il porte des pantalons à pattes d'eph', joue de la guitare et a pour but de devenir l'idole des jeunes. Quel beau métier, se dit Jean-B, notre narrateur.

Celui-ci n'a pas changé d'un iota : agent secret il sera, comme James Bond, dont les aventures cinématographiques lui font raconter des histoires à ses parents.  “Le mensonge est le prix à payer pour devenir agent secret. Il faut faire croire aux autres qu'on a une vie absolument normale. Personne ne doit savoir qui vous êtes réellement, pas même vos frères ni vos parents, sinon on risque de les torturer avec un luxe de raffinement incroyable pour leur faire avouer vos véritables activités.”

Il y a tant d'autres petites anecdotes, savoureuses, délicieuses, tendres, facétieuses et captivantes. J'adore cette série, j'aime le ton, les personnages, l'époque qui fleure bon la douce nostalgie des années 60-70, la complicité entre frères, les rêves et les délires qui fourmillent dans leurs jeunes têtes. C'est une lecture indémodable, qui peut plaire à tous les âges. Bonheur assuré.

La cerise sur le gâteau (Histoires des Jean-Quelque-Chose), par Jean-Philippe Arrou-Vignod
Gallimard jeunesse, mars 2013 - illustrations : Dominique Corbasson

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05/09/13

“Ils ont leurs rêves et leurs projets. Ils ont leurs attentes, leurs espoirs et leurs inquiétudes.”

Sur la photo, ils sont onze. Onze élèves de terminale S d'un lycée tout à fait convenable d'une ville tout à fait ordinaire. Ils viennent de fêter le bac et leur départ en vacances. Et pour l'heure, ils se sentent des ailes : huit semaines de vacances et l'avenir devant eux !

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C'est un court roman qui se lit comme un recueil de nouvelles ou qu'on découvre tel un assortiment de Polaroids. Il nous fait suivre quelques jours dans la vie d'adolescents de 17-18 ans, en juillet ou août. Tout simplement, sans esbroufe. Et pourtant, le ton est juste, grave et renvoie une impression d'authenticité désarmante.

Ces grands adolescents sont à l'image de tant d'autres, ils viennent de décrocher le Bac, s'offrent un été pour oublier, décompresser, avant d'attaquer leur vie d'adulte. Ils sont en vacances, en famille, ils travaillent, ils souffrent de solitude, ils dorment, ils rêvent, ils font les 400 coups, ils aiment pour un soir, ils pleurent sur le bord de la baignoire, ils prennent de grandes décisions, ils dessinent déjà leur avenir... A leur façon, souvent balbutiante, toujours radicale.

Un drame va frapper nos jeunes gens, ils ont rendez-vous en septembre et ils réaliseront qu'ils ne sont plus cette bande de onze minets sur la photo, prêts à dévorer le monde. C'est un retour sur Terre douloureux, solennel mais intéressant. Ce texte est vrai, sincère, et l'on peut facilement s'y identifier tant les personnages sont représentatifs de la majorité des adolescents.

Rendez-vous en septembre, par Anne Vantal
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, juin 2013 - ill. de couverture : Sandrine Martin

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24/07/13

instantanés de lecture #5

Ma mère...
J'ai quinze ans, tout le monde me dit qu'il est temps que je la harcèle que je l'insulte, que je la trouve nulle, que je conteste son autorité, que je méprise sa manière de penser, de vivre, de s'habiller. Je fais des efforts, mais je n'y arrive pas. Lola, ma meilleure copine - elle est hyper patiente avec moi -, me dit : « T'as qu'à la détester parce qu'elle est parfaite ! Tu pourrais lui reprocher de t'écraser, de t'étouffer avec sa perfection ! » Oui, je pourrais essayer. J'ai essayé ! Mais j'ai échoué.
Maman a trente-neuf ans, elle est rousse avec des cheveux longs un peu bouclés, elle a des taches de rousseur. Elle mesure un mètre soixante et onze. Elle pèse cinquante-sept kilos en été, et cinquante-neuf en hiver. Elle aime les robes en laine, les chaussures à talons hauts mais larges, et les grands colliers. Elle n'a pas de montre. A chaque fois qu'elle a essayé d'en porter, elle a fini par la perdre. Elle aime que tout soit propre, mais pas forcément rangé. Elle lit Elle et Le Canard enchaîné, elle adore les comédies. Elle adore rire.
Maman est bibliothécaire. Mais, comme elle dit : « J'ai deux boulots, un qui est payé, l'autre qui ne rapporte rien mais qui prend autant de temps. » Elle appartient à une association qui aide les étrangers en situation irrégulière à obtenir une carte de séjour. (...)
Dans une maison normale, on dit : « Bonjour ! Comment allez-vous ? Et les enfants ? » Dans notre maison, on dit : « Bonjour ! Comment allez-vous ? Et les enfants ? Quelles nouvelles de la préfecture ? » La préfecture délivre les cartes de séjour. Les papiers. Chez nous, on ne parle que de papiers (...) « Patati les papiers, patata les papiers... » On dirait une secte de maniaques. Des adorateurs du papier.

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(Alice a deux choses à dire à sa mère pour fêter l'anniversaire de ses quinze ans. Un : le Muffin Palace fait les meilleurs muffins du monde. Deux : elle veut devenir flic. Pour la mère d'Alice, cette annonce est un choc (la deuxième annonce, pas la première). Ses engagements militants ne lui ont jamais rendu la police sympathique...  Et voilà qu'un client du Muffin Palace est la cible de tueurs à gages. La vocation d'Alice y résistera-t-elle ? Une bonne fusillade, ça remet les idées en place. Ou pas.)

Un récit plein d'humour et d'action, mais qui traite aussi des sans-papiers en narrant des situations cocasses et insolites.  Le ton est léger et alerte, cela se lit vite et bien !

Comment je suis devenue flic, par Anne et Marine Rambach (éd. Thierry Magnier, 2011)
illustration de couverture : Anne Bordenave

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23/07/13

“You cannot change what you are, only what you do.” (Les Royaumes du Nord)

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Quelle aventure époustouflante ! J'ai vécu cette plongée littéraire au son de la voix tonitruante de Jean-Claude Drouod, excellent comédien, puissant et extraverti dans sa manière de nous raconter l'histoire de Lyra, c'était ébouriffant ! Je connaissais la série de réputation, me promettant de la découvrir tôt ou tard, c'est enfin chose faite. Un miracle ! Mais je ne regrette pas non plus, d'autant plus que j'avais su me préserver de l'histoire et aussi de l'adaptation cinématographique, car je tenais à plonger en terre inconnue.

Donc, Lyra est une jeune orpheline, qui grandit dans les couloirs du poussiéreux Jordan College, à Oxford, dans l'ombre des Erudits qui cultivent leurs secrets avec un soin scrupuleux. Or, Lyra a soif d'aventures palpitantes et s'ennuie dans son coin. Quand elle découvre que des enfants sont enlevés par les Enfourneurs et emmenés dans les Royaumes du Nord, elle n'hésite plus une seconde pour trouver le moyen de s'échapper de son pensionnat. C'est ainsi qu'elle rencontre Mme Coulter, sa nouvelle bienfaitrice, qui la conduit à Londres en lui promettant de rejoindre le nord dans les semaines à venir.

Le temps passe, Lyra végète sur place et se sent comme un animal domestique, prisonnière d'une cage dorée. Et de nouveau, elle saisit l'occasion pour partir à l'aventure, au gré de ses rencontres et autres découvertes, elle flotte sur les eaux avec les gitans, vole dans le ciel à bord d'un aéronaute, s'agrippe au dos d'un ours polaire, confie son destin à des sorcières... C'est tout bonnement étourdissant ! Cette lecture possède un véritable souffle romanesque, qui ne nous laisse guère le temps de nous reposer, l'histoire est menée tambour battant, s'appuyant sur un imaginaire débordant de trouvailles. En somme, j'ai été totalement charmée.

A la croisée des mondes : Les Royaumes du Nord, par Philip Pullman
Gallimard jeunesse, coll. Ecoutez Lire, 2007  (ou) Folio junior, 2000 - traduit par Jean Esch
Lu par Jean-Claude Drouod (durée d'écoute : env. 14 heures)

16/07/13

“Dans cette atmosphère si particulière, l'imagination avait tous les droits !” (Le Manoir)

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Liam a quinze ans et vient de passer ces dernières années à lutter contre un cancer. Pour sa convalescence, ses parents ont choisi de l'envoyer dans un manoir où règne une atmosphère particulièrement étrange. Les autres patients s'habillent de façon extravagante, ils semblent venir d'autres époques et lui parlent aussi comme s'ils sortaient de vieux manuels d'histoire. Le garçon est abasourdi et pense avoir atterri dans un asile pour fous !

Avec l'arrivée de la jeune Cléa, ravagée par un chagrin insurmontable, Liam va peu à peu vouloir trouver sa place au sein du manoir (d'où il a tenté de s'enfuir à maintes reprises, sans résultat). Les propos de la jeune fille sont décousus et incohérents, mais il ressort une sombre histoire d'enlèvement qui fait froid dans le dos. Liam se lance alors dans une longue enquête, au cours de laquelle il va également soulever d'autres secrets, et surtout d'autres indices concernant le manoir et ses résidents.

N'essayez pas d'en savoir plus, car tout le talent du roman réside dans son ambiance mystérieuse et envoûtante ! Le climat de doute et d'angoisse que distille l'auteur est un moment de pure délectation. On avance dans l'histoire à tâtons, on échafaude quelques théories et on se laisse griser par ce parfum entêtant. Si l'idée était de capturer l'intérêt du lecteur, au cœur d'un récit au charme nébuleux, c'est parfaitement réussi ! J'ai aimé me perdre dans les couloirs de ce manoir pour y découvrir son secret et frissonner de plaisir... Un deuxième tome doit paraître à l'automne 2013.

Le Manoir, tome 1 : Liam et la carte d'éternité, par Evelyne Brisou-Pellen
Bayard jeunesse, 2013

15/07/13

Desert Crossing (La fille mirage) ★

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Jamie et sa sœur Lucy se rendent pour les vacances chez leur père, à Phoenix. Kit, un ami d'enfance, est également du voyage. La route est longue, ennuyeuse, la chaleur est accablante, les garçons tentent de tromper l'ennui en avalant une petite bière. Quand soudain, en plein désert, le ciel vire au gris orageux et une averse s'abat sur la route. La visibilité est nulle. Et c'est le choc, la voiture cogne contre un corps inconnu, les adolescents sont pétrifiés avant de revenir sur le lieu de l'accident pour y découvrir ... une jeune fille décédée.

Ils trouvent refuge chez une femme, Beth, qui vit seule et fait de la sculpture pour gagner sa vie. La police arrive peu de temps après. Les dépositions sont prises, Jamie est emmené au poste, comme le veut la procédure. Lucy est au bord de la crise de nerfs, non seulement elle s'inquiète pour son frère, mais elle s'interroge aussi sur l'identité de la victime et sur les raisons qui l'auraient poussée à se balader seule sur la route. Au fil des heures, et des jours, cela devient même une obsession. Sans rien dire à personne, Lucy avait dérobé le bracelet de la fille et cherche à travers lui des indices.

Car l'histoire va se transformer en enquête criminelle, pas de façon échevelée, avec musique de fond un poil grinçante, le niveau de stress poussé à son maximum, non, non, c'est plus diffus. Le roman distille une aura plus sourde, plus oppressante, on partage les pensées de Lucy, on ressent son angoisse, sa perplexité, quand son frère flirte avec Beth ou quand Kit se rapproche d'elle alors qu'ils ne se supportent pas, c'est comme si la tragédie dont ils ont tous été témoins venaient les secouer pour les forcer à agir de façon erratique ou irraisonnée.

On découvre ce roman surtout pour son ambiance, pour sa tension psychologique et pour ses personnages qui se révèlent forts et fragiles à mesure que l'histoire avance... J'ai une préférence pour toute la première moitié du livre, plus pointilleuse sur l'aura dramatique, la deuxième partie est plus convenue (mais c'est aussi là que se construit l'enquête). A tenter.

La fille mirage, par Elise Broach
éd. du Rouergue, coll. doAdo, 2013 - traduit par Etaïnn Zwer

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