19/06/13

“... dans n'importe quel choix, il y a toujours une part de hasard.” (Un coeur noir)

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Au cours d'un cambriolage dans une maison qu'il croyait abandonnée, Melkior tombe sur un type, qui vit seul, entouré de livres, avec son vieux chien Chaussette. L'homme s'appelle François et accepte de lui donner de l'argent, mais en échange il prête un roman au garçon en lui demandant de le lire puis de revenir lui en parler.

Contre toute attente, Melkior se surprend à apprécier sa lecture et retourne chez l'homme, qui manifeste un sincère intérêt pour les tourments du garçon (au boulot, son patron le harcèle moralement, et chez lui il trouve que ses parents s'aiment trop et vivent dans leur bulle).

Melkior traîne aussi avec un petit caïd qui va vite le provoquer au sujet de son amitié avec François et lui colle une étiquette d'homosexuel dans tout le quartier. C'en est trop pour le garçon, qui est déjà au bout du rouleau et voit de vieux souvenirs remonter à la surface.

Ce roman au rythme soutenu et au charme inquiétant se lit d'une traite. J'ai en effet été happée par la spirale dans laquelle glisse le jeune héros, en totale perdition, hésitant entre la violence et l'indifférence, cherchant plus loin pour libérer ce trop-plein qui l'étouffe, d'où cet énigmatique “coeur noir” qui ne demande qu'à exploser. La fin peut troubler, mais doit s'interpréter selon ses attentes.

Un coeur noir, par Olivier Ka  (Plon, 2013)

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06/06/13

“Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées.” ☺

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Dans ce troisième tome, nous avons le retour de l'ex maudit, fichtre, mais aussi une équation ô combien complexe sur les relations entre Ruby et son ami Noel, sa copine Nora et le frère de celle-ci, Gideon. Tout ça, tout ça. Forcément, cela signifie le retour des fameuses crises d'angoisse pour notre adolescente névrotique. De quoi offrir au Docteur Z de nouvelles longues séances à picorer ses Nicorette, avec stoïcisme, tout en pointant le doigt sur là où ça fait mal (la fièvre du lapin, vraiment ?!).

Vous l'avez compris, on ne s'ennuie pas une seconde. Les questions existentielles que se posent Ruby semblent tellement superficielles, elles tournent autour des garçons et de sa propension à accorder son cœur pour tel ou tel spécimen, quelle poisse d'avoir l'embarras du choix, et aussi une conscience aigüe de ne pas vouloir répéter les mêmes erreurs (son passé de supposée allumeuse, gare au retour !). Toutefois, Ruby exagère aussi, quand on songe au cas de Noel, tellement trognon, on se dit qu'elle se met des barrières ridicules, ne parlons pas de Jackson, la coupe est pleine ! ...

Il y a dans cette série une fraîcheur irrésistible à suivre les élucubrations d'une lycéenne qui exprime ses souhaits et ses espoirs afin de rendre plus harmonieuses ses relations avec les personnes de son entourage (oui, voilà en gros toute l'histoire !). L'humour ne masque pas la sensibilité de la jeune fille, sa souffrance d'être constamment jugée et incomprise, et même la fin échappe à toute mièvrerie. C'est foncièrement une lecture réjouissante, vive et espiègle, où l'on comprend que la vie est parfois riche d'un enseignement puisé dans le retro metal, avec des répliques cultes du genre : Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées ! ^-^

Ce livre a déjà été édité en 2010 sous le titre Le retour de l'allumeuse.

Le journal de Ruby Oliver #3 : Un grand moment de solitude, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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05/06/13

“I still expect life to be like the movies.”

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Donc, suite à L'amour avec un grand Z, la vie sociale et amoureuse de Ruby est au point mort, mais la demoiselle ne manquant pas de ressources, il est permis d'espérer un retour d'éclaircie sur sa petite vie d'ado névrosée. Certes, son ancien groupe de meilleures amies ne lui parle plus, son ex souffle toujours le chaud et le froid, non mais quel mufle, Ruby ne sait plus sur quel pied danser, l'andouille, ce type intoxique ses pensées et son cœur, c'est à se demander quand finira-t-elle par enfin se purifier l'esprit !!!

Et pourtant, autour d'elle, les occasions ne manquent pas, certes elle s'étourdit dans les bras d'Angelo, elle s'entend aussi à merveille avec Noel, son partenaire de sciences, mais se demande s'il serait judicieux de briser une amitié, car pour dire les choses franchement, Ruby ne sait pas ce qu'elle veut ! Elle a fêté ses 16 ans, passé son permis de conduire et décroché un job au zoo. Ce sont des petits progrès, mais elle n'est pas peu fière de les rapporter à sa thérapeute, le Docteur Z.

Si le 1er tome vous a plu, alors forcément vous allez prendre plaisir à renouer avec le ton sarcastique et les aventures mouvementées de Ruby Oliver. C'est toujours aussi fin, subtil et touchant, avec une pointe d'humour pour bien faire avaler la pilule de l'amertume, après la débandade de l'année précédente. Haut les cœurs, Ruby !  A signaler : le roman a déjà été édité en 2008 sous le titre : Le grand livre des garçons.

Le journal de Ruby Oliver #2 : L'art de perdre les pédales, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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“J'espère que tu changeras le monde, et sache que tu as été le meilleur refuge possible contre la tempête.” (Arsène)

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Arsène, c'est le petit nom que donne le narrateur de l'histoire, Georges, à la jeune fille qui vient d'emménager dans l'appartement en face de celui de ses parents. Et c'est tout un honneur, mes amis, car le garçon porte aux nues le célèbre entraîneur de l'équipe de foot d'Arsenal, monsieur Arsène Wenger himself. Cette fille, donc, est tellement tout, tellement fascinante, c'est carrément un numéro dix, selon lui, qu'elle ne pouvait mériter meilleure distinction.

Pour son entrée en 6ème, les parents de Georges lui ont offert un cadeau utile et intelligent, une paire de jumelles. Lui, le môme, se rince l'œil en balayant le quartier et découvre sa voisine en train d'accrocher des rideaux, la musique à fond, et la maladresse en bandoulière. C'est comme ça qu'il tombe amoureux, Georges. Pour la première fois de sa vie. Il décide alors une tactique d'approche en proposant de balader son gros chien, Nadja, pendant qu'elle s'occupe à ses petites affaires. La demoiselle est conquise, ce petit bonhomme lui plaît bien.

Mais bon, Arsène est aussi une jeune femme mystérieuse, qu'on cerne à moitié, ou seulement grâce à la perspicacité du libraire, Monsieur Ali, qui a l'œil et veut protéger son petit monde. Parce que la vérité n'est pas belle, mais finalement je m'en moque un peu. Car c'est toute une vie de quartier qui m'a été donné de découvrir et d'apprécier, avec des personnages hauts en couleur et bougrement attachants (à l'exception d'Arsène, dont la personnalité sombre et impénétrable m'a laissée de marbre). En somme, j'ai aimé la forme du récit, une histoire teintée de couleurs et de facéties, mais j'ai hélas été peu sensible au fond et suis souvent demeurée en retrait.

Ce roman est servi par une nouvelle plume, Juliette Arnaud, qui s'est déjà fait connaître pour ses talents de comédienne (Arrête de pleurer Pénélope).

Arsène, par Juliette Arnaud
Casterman, 2012 - illustration & graphisme : Djohr

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04/06/13

“Je ne sais pas s'il existe un homme de ma vie. Je crois que je préfère la variété.”

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Ce roman est en fait déjà paru sous le titre de Journal d'une allumeuse, mais l'éditeur a choisi de relancer la série au format de poche, et dans un ordre enfin cohérent. Donc, présentation de notre héroïne : Ruby Oliver, quinze ans, cinq crises d'angoisse en seulement dix jours, doit suivre une thérapie auprès du Docteur Z. Son problème, c'est de cumuler des expériences malheureuses ou illusoires avec des garçons, depuis qu'elle est en âge de conter fleurette.

Pour ses séances, il lui fallu notamment dresser la liste des garçons qui auraient contribué à son état de déconfiture. Ils sont au nombre de 15, du plus innocent au plus goujat, même si Ruby s'échine à pardonner l'inexcusable ou jouer à l'autruche pour ne pas assumer ses nombreuses erreurs. Hélas pour elle, la liste va être reproduite et glissée dans le casier de tous les lycéens de Tate. Sa réputation est fichue, elle est traitée de lépreuse et d'allumeuse, même ses meilleures copines lui tournent le dos, Ruby est seule, désemparée. Il est temps de découvrir dans quel micmac elle s'est fourrée !

Ce serait mentir que de cantonner cette série à une lecture girly, même si l'on parle essentiellement d'histoires d'amour, de baisers volés, de dragues et de pelotages en douce, ce n'est certainement pas QU'UNE série sur des sujets futiles. Le mal-être de Ruby est profond, sincère, et pas seulement traité avec légèreté. Il y a une détresse réelle dans son histoire, où l'on cerne une perte de confiance en soi et un besoin d'évacuer le trop-plein d'émotions. C'est assez distrayant, mais sensible et sincère aussi, à travers sa démarche de blablater sur tout et rien, en n'édulcorant jamais le fond du problème.

Cette série gagne à être connue, sous le ton caustique et bassement comique, se trouve un récit poignant et déstabilisant sur les rapports qu'entretiennent les adolescents, à travers leurs relations sentimentales et amicales. La suite comprend L'art de perdre les pédales, Un grand moment de solitude puis Pas très rond dans ma tête.

Le journal de Ruby Oliver #1 : L'amour avec un grand Z, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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♥ Suite Scarlett ♥

ENFIN DISPONIBLE EN FORMAT POCHE !

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Suite Scarlett raconte l'histoire d'une famille new-yorkaise qui vit dans un hôtel Art Deco, lequel hélas tombe un peu en décrépitude. Les finances de la famille Martin sont au plus mal, Scarlett le découvre le matin de son quinzième anniversaire, en recevant la précieuse clef de la Suite Empire, dont elle devra assumer seule la pleine responsabilité. Ainsi, tout l'été, elle devra répondre aux désidérata d'une cliente excentrique, Mrs Amberson, qui ne cesse de la harceler au téléphone.

Toutefois, cette Mrs Amberson est aussi une personne formidable et pleine de ressources. Elle le prouvera lorsque le frère aîné de Scarlett, Spencer, qui rêve de devenir comédien à Broadway et répète actuellement la pièce de Hamlet avec une troupe de débutants, connaîtra bien des galères pour mener son projet dans les meilleures conditions. Les deux autres soeurs de Scarlett, Lola et Marlène, sont aussi très présentes, elles butinent, elles minaudent, elles sont volubiles, excessives, discrètes et cachottières. Les anecdotes ne manquent pas non plus en ce qui les concerne.

Le roman nous embarque donc dans l'histoire de la famille Martin, nous faisant partager leurs hauts et leurs bas, les instants d'euphorie, d'entente à merveille, de combines et de débrouillardises, des journées magiques où tout se goupille comme dans un rêve, les bonnes rencontres, les nouvelles qui font du bien, les intentions les meilleures. Puis, les nuages viennent obscurir ce ciel si beau, les doutes et la jalousie sont de sortie, les jolis garçons deviennent fuyants, colériques, compliqués, les filles sont minées, compliquées, soucieuses, malheureuses. Le quotidien d'une petite vie ordinaire, en somme !

Voilà une lecture teintée de complicité familiale, de bonheur, de gaieté et d'humour, à déguster sans plus attendre !

Suite Scarlett, par Maureen Johnson
Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, 2013 - traduit par Cécile Dutheil de la Rochère

La série existe en collection Scripto, avec les couvertures illustrées par Dominique Corbasson. Un vrai bijou. Pour l'édition en format poche, l'éditeur a repris les couvertures originales.

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28/05/13

A comme Association, VIII : Le regard brûlant des étoiles ☄

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Pour ce dernier tome, vient l'heure de toutes les révélations : Jasper a plus que jamais besoin du soutien de Walter et Mademoiselle Rose car Fulgence, le grande patron de l'Association, ordonne que le garçon lui soit confié. Ses intentions étant très floues, tout le monde est sur le qui-vive. Une petite mise au vert, chez les Trolls, est donc fortement conseillée. Jasper y retrouve sa douce Arglaé, au grand mécontentement de Nina, mais le temps presse et notre joyeuse troupe doit de nouveau décamper.

Réfugiés dans les bureaux de la rue du Horla, transformés en bunker pour l'occasion, les rares survivants font front commun contre l'ennemi. Dans l'intervalle, Jasper se trouve face à son destin en découvrant la vérité sur ses origines et sur Ombe. Que de révélations au programme !!! Ce dernier tome, plus épais que la moyenne, avait tellement de choses à nous raconter, tant d'aventures à partager, qu'il ne pouvait en être autrement. Cette fin, donc, ne déçoit pas un seul instant. Nous sommes pris dans le feu de l'action, c'est intense et tourbillonnant, mais à côté de ça, l'émotion aussi est très présente, surtout vers les dernières pages, lorsque les masques tombent, quand les choix décisifs se posent à notre sémillant héros.

Jasper n'a jamais cessé d'évoluer au cours des 8 tomes de la série, en apparaissant d'abord comme un adolescent pataud, qui masquait son manque d'assurance derrière un humour foireux, puis il a essuyé des coups durs, a été confronté à des événements hors du commun, a su gagner en puissance, a multiplié ses dons et a finalement découvert sa réelle identité. Son personnage a grandi, mais il a su conserver ce mélange de sensibilité et d'ironie comme armure. Ombe, quand à elle, est un personnage à part. C'est un peu de son auteur qu'on retrouve aussi à travers elle. Et avec l'histoire qu'on sait...

Jusqu'au bout, l'ombre de Pierre Bottero aura plané sur cette série, que Erik L'Homme a su conduire et conclure de main de maître. C'est tout ça qui remue en nous, alors qu'on lit ce dernier tome. On se sent le cœur serré, on est captivé par le déroulement de l'intrigue, c'est un dernier tour de piste remarquable, touchant et passionnant. A l'image de la série, qui a été magistrale du début à la fin. Je n'oublie pas non plus, les couvertures superbes et les titres aux douces consonances poétiques. Une série à découvrir à tous les âges !

A comme Association, livre 8 : Le regard brûlant des étoiles, par Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2012)

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27/05/13

☁♨ Le Réveil des Créatures ♨☁

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Matt et Emily Calder sont des jumeaux de 12 ans, qui vivent à Londres avec leur maman, Sandie. Profitant que l'attention de celle-ci soit détournée, lors d'une visite à la National Gallery, les enfants se mettent à dessiner pour tromper leur ennui mais dévoilent ainsi leurs extraordinaires capacités à pouvoir mettre en vie leurs dessins. Aussitôt leur mère comprend qu'ils ne doivent plus traîner en ville et courent se réfugier sur une île écossaise, chez leur grand-père paternel, simplement appelé Renard.

Les enfants vont alors découvrir l'existence des Animare et des Gardiens. Une Société secrète se doit de les protéger et de canaliser leur folle imagination. Ils doivent aussi veiller à ce que leurs dons ne tombent pas entre de mauvaises mains, car les membres de la Société n'ont pas tous les mêmes objectifs et redoutent les jumeaux, dont le père a mystérieusement disparu, enfin ceci est une autre histoire...

A vrai dire, ce roman m'a plu instantanément. J'avais à peine lu les premiers chapitres que déjà je me surprenais à dévorer le reste du roman en un temps record. Non seulement le rythme est entraînant, mais l'histoire aussi est passionnante. Et puis c'est vif, intrépide, captivant. Les images sont presque réelles, les descriptions nous transportent dans cet univers fantastique, avec un pied dans le Moyen Âge où tout aurait débuté, dans le Monastère d'Era Mina, sur l'île d'Auchinmurn, qu'occupe aujourd'hui le grand-père R.

Je vous invite à découvrir cette lecture, préalablement ciblée jeunesse, tant elle est agréable et épatante, écrite en partie par John Barrowman, plus connu sous le nom de Captain Jack, alias M. Torchwood ! C'est le 1er tome d'une trilogie, j'espère que la suite verra jour, car il devient trop courant dans l'édition actuelle de stopper des séries en cours. Elle est cependant déjà disponible en VO, [[The Bone Quill]].

Le Réveil des Créatures, par John & Carole E. Barrowman
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2013 - Traduit par Raphaële Eschenbrenner
couverture : Laurent Besson

15/05/13

"La vie semblait soudain n'être plus faite que de problèmes."

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Malgré mon avis réservé concernant le premier tome (que je trouvais trop jeune, trop lisse et à l'intrigue convenue), j'avais envie de connaître la suite car je la pressentais plus disposée à me plaire. Cette fois, plus de temps perdu à planter le décor et à présenter les personnages, on pouvait entrer dans le vif du sujet et retrouver les jumelles, Clio et Thais. Celles-ci n'ont pas seulement découvert un nouvel héritage familial, elles ont aussi des chagrins d'amour à panser, des sortilèges à lancer, des dangers à déjouer.

A sa façon, Clio est un personnage plus attachant. C'est une chipie, sûre de son charme, qui a toujours baigné dans la magie, mais qui ne se comporte pas non plus comme une garce avec sa sœur, Thais, plus naïve, avec son look de première de la classe, qui fait tomber tous les garçons, en particulier celui pour qui Clio a craqué également. Doit-on présager des rivalités entre sœurs ? Même pas !

Finalement, c'est bien pour ça que j'éprouve un certain plaisir à me plonger dans cette série, pour son esprit bon enfant (et son univers sur la wicca !). Partant du principe qu'elle s'adresse avant tout à un public très jeune, j'accepte donc plus facilement les petits travers et autres défauts pas bien méchants. Toutefois, l'histoire s'enrichit mine de rien de quelques pointes de suspense, de drames amoureux en souffrance, de secrets à couver, d'amis à trahir et d'alliances à rompre sans le moindre remords. C'est presque comme un feuilleton, mais en plus soft.

Petite frustration, tout de même, sur la fin ... que j'espérais plus haletante, plus excitante. C'est loin d'être le cas ! Cate Tiernan a préféré ménager son suspense et avance ses pions avec une placidité déconcertante. Attention à ce que l'ensemble ne tombe pas dans le plan-plan non plus !

Balefire, tome 2 : Cercle de cendres, par Cate Tiernan
Msk, 2013 - Traduit par Anne-Sylvie Homassel

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12/04/13

Y a des souvenirs quand on les jette, Qui r'viennent sans faute dans les maux d'tête...

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Lou, quatorze ans, ne connaît pas son grand-père. Ce dernier a été placé dans une maison de retraite, car il ne pouvait plus vivre seul depuis la mort de son épouse, mais ce choix de vie n'était pas de son goût puisqu'il vient de disparaître. Il a pris la route, à 80 ans, et sa fille est sens dessus dessous.

Lou comprend que les réactions intempestives de sa maman sont liées à son enfance délavée de tendresse, puis marquée par son divorce, c'est désormais une femme en colère, qui n'entend pas recevoir une psychanalyse de la part de son adolescente de fille ! Lou serait en pleine crise ? Allons donc, elle décide avec sa copine Najette de prendre la poudre d'escampette, sous couvert de retrouver elles-mêmes le grand-père en vadrouille.

Et le roman de nous proposer un joli portrait croisé des deux bouts de la chaîne : Lou, et ses premières fois, curieuse, soucieuse, pleine d'interrogations, un peu à la découverte de son moi profond, et son grand-père, au crépuscule de sa vie, avec son lot de dernières fois, ses trouilles, son amertume, son refus d'être parqué dans un mouroir et sa ferme intention de choisir où et quand il passera l'arme à gauche.

En chemin, Lou et Najette vont apprendre à se parler et s'apprécier (ce sont leurs mères qui sont copines à la base), mettre à plat des idées reçues, partager leurs rêves, leurs espoirs et leurs histoires de famille aussi. On assiste à la naissance d'une très belle amitié, en plus de percer les travers de l'adolescence, l'heure de tous les drames et autres remises en question permanentes. C'est amené en douceur, finement, sobrement, avec une note de poésie tellement appréciable. Même les interludes avec le grand-père sont extrêmement touchants. Souvent, ça a trouvé un petit écho en moi ...

J'ai terminé mon livre en soupirant bien fort, signe que j'ai passé un très bon moment et qu'il faut désormais que ma fille le partage à son tour !

Une histoire à vieillir debout, par Carole Prieur
Oskar éditeur, 2012 - illustration de couverture : Jérôme Meyer-Bisch

Moi, j'avais le cerveau qui bouillonnait de mille idées. J'avais envie de connaissances ! Oui, tout à coup, allongée sous un bosquet, dans un pull en  laine, j'ai eu une bouffée de vie, une grande bouffée de vie : j'ai tout l'avenir devant moi, à moi de décider ce que je vais en faire ! Quelle liberté tout à coup ! Comment dormir avec cette pulsion-là, avec tous ces possibles qui naissaient en moi ! Il est possible de choisir, il est possible de fuguer, il est possible de se débrouiller seule, il est possible d'aimer ses parents loin d'eux, il est possible d'avoir de bons souvenirs... Ces nouvelles sensations ne pouvaient me pousser qu'à l'insomnie ! Y a urgence à vivre, il faut la bouffer, la vie, il faut en profiter au maximum, donc ne pas dormir, respirer le bon air frais de cette nuit à la belle étoile. Ecouter tous les bruits partout autour. Sentir que chaque partie de son corps est là, prête à bouger, à toucher, à vivre de nouvelles aventures. Mon corps est prêt, je suis prête, je suis en VIE ! Waouh, quelle ivresse !

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