07/01/17

En grève ! de Mathieu Pierloot

en greve

Ils ont seize ans, traînent au lycée en enchaînant les cours sans entrain, sans ambition, avec sans doute la peur du lendemain. Quand, soudain, l'action politique va les sortir de leur torpeur...
Après l'annonce d'un plan de restrictions de postes, les professeurs mécontents se mettent en grève. Les élèves suivent la mobilisation générale et se réunissent tous les matins au café Potemkine pour élaborer leurs plans d'attaque. Alice, la plus acharnée, avale les discours enflammés de Fred. Elle a réussi à entraîner ses camarades, Antoine, Medhi, Hannah, Guillaume et Charlotte. Tous ne partagent pas les mêmes convictions, mais sont animés de la même ferveur, la même candeur, et vivent dans la même attente que leur destin bouge enfin.
Antoine, lui, est mélancolique de son amour perdu, au grand dam de son pote Medhi, qui le pousse à s'oublier dans les bras d'une autre. Adolescent rêveur, un peu rebelle, cultivant des goûts élitistes, pour compenser avec son physique ingrat, le garçon est représentatif de son époque. Éternel insatisfait, allant le nez au vent et les désirs à foison. Leur petite bande est d'ailleurs assez typique des amitiés fusionnelles et exaltées de cette tranche d'âge. J'y ai d'ailleurs énormément retrouvé de souvenirs liés à mes propres années de lycée.
Et rien que pour ça, ce roman est vraiment fort. Emblématique, vibrant, poignant et enivrant. Il évoque parfaitement ce passage délicat entre la sortie de l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte, cette transition riche en rêves impossibles, en passions démesurées et en besoin de changer le monde. Ah, cette fascination pour la révolution... On s'imagine participer à un mouvement en marche et on crâne parce qu'on existe hors du cercle de la famille. 
Que celui qui n'a jamais aspiré aux mêmes délires et aux mêmes tourments sur l'amour, les copains et la politique lève le doigt ! Qu'il se dénonce. Personne ? ... Je souris. Sous le parrainage de Martin Page et Marie Chartres, Mathieu Pierloot nous régale d'un roman simple, attachant, juste et touchant. C'est tout plein d'émotion, d'authenticité et de folie là-dedans. On se sent en terrain conquis. Et c'est tellement bon.  

L'Ecole des Loisirs - août 2016

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06/01/17

Ne retournez jamais chez une fille du passé, de Nathalie Stragier

Ne retournez jamais chez une fille du passéAprès un premier tome réjouissant, cf. Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous, je n'ai pas attendu pour me plonger dans la suite des aventures de Pénélope, cette jolie nana débarquée de 2187 pour un voyage d'études de trois minutes qui a viré à la catastrophe. Résultat, elle a sacrément chambouler le quotidien d'Andrea, laquelle vit en 2019, ce qui équivaut au Moyen Âge aux yeux de Pénélope, d'où une immersion cocasse et vaudevillesque. 
Cette fois, notre fille du futur est de retour après un an d'absence. Pénélope se languissait de son passage chez Andrea et se faisait du souci pour ses proches. On le sait, l'humanité est menacée par une pandémie grippale qui viserait à éliminer l'espèce masculine. Pénélope et Andrea ont pensé y remédier... et pourtant l'avenir ne paraît pas métamorphosé pour autant. Les deux amies vont néanmoins savourer leurs retrouvailles et inévitablement basculer dans de nouvelles péripéties.
Ce roman n'est finalement pas une redite et se révèle étonnament punchy, drôle et innovant. C'est désormais Pénélope la narratrice de l'histoire, ce qui augure des séquences loufoques comme la scène où elle est censée charmer le comptable de l'école (et le force à danser une valse) ou quand elle se rend en cours de SVT sur la reproduction et s'imagine des travaux pratiques grandeur nature... Il y a plus d'un passage très drôle dans ce livre, car Pénélope a beau faire des efforts pour s'adapter à la vie moyenâgeuse, elle n'en commet pas moins de nombreux impairs ou se trompe sur les interprétations. Autre bouleversement pour notre héroïne, c'est la découverte de l'amour. Eh oui. Pénélope est amoureuse, mais son éducation sentimentale est inexistante, à part la lecture de Flaubert, elle ignore les codes, les modes, les genres. C'est une terre en friche.  
Bref. On se régale toujours autant à lire les heurts et bonheurs de notre tandem insolite. Action, humour, tendresse et émotion sont en nombre. C'est une lecture distrayante et très agréable à suivre. Le troisième tome annoncé est attendu courant avril 2017. Et IL ME TARDE de l'avoir entre les mains car il promet d'être détonant et riche en révélations ! Montez à bord de cette série, elle est à la hauteur des promesses vendues. ☺

Syros - Juin 2016

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05/01/17

Harry Potter et la Coupe de Feu, de J. K. Rowling & Lu par Bernard Giraudeau

Harry Potter CD Coupe de feu

Ce quatrième tome est, d'après l'auteur, le pivot de la série. “Celui où la mort apparaît.” Et effectivement sa lecture nous réserve son lot d'émotions fortes. Les rires font place aux larmes, la tendresse s'incline pour la colère. On en voit de toutes les couleurs et on vit des sensations bigarrées qui nous paraissent si réelles que le retour à la réalité est très troublant. La magie de Poudlard est en place, direction la voie 9¾ pour embarquer à bord de nouvelles aventures !

Celles-ci rivalisent toutes de fascination, de danger, de mystère et d'humour : la Coupe du Monde de Quidditch, le Tournoi des Trois Sorciers, Viktor Krum, Fleur Delacour, Cedric Diggory, le bal de Noël, lSociété d'Aide à la Libération des Elfes, les friandises et les farces des frères Weasley... Harry, Ron et Hermione vont également partager une quatrième année d'études de la sorcellerie en faisant l'apprentissage de l'adolescence. Eh oui. Les enfants grandissent, leurs hormones se réveillent, les garçons et les filles se chamaillent pour des broutilles sans comprendre qu'au fond il est question de jalousie et de premier amour. Cette parenthèse enfantine permet d'adoucir les événements solennels qui s'installent - la compétition féroce du Tournoi, les intrigues à décoder et les pièges à relever au cours d'épreuves exceptionnelles. L'imaginaire enfin s'enflamme et nous transporte dans ce monde magique élaboré avec minutie. Pour la première fois, le film de Mike Newell ne suffit pas à reproduire toute la richesse de l'œuvre, ce n'est guère étonnant au vu des 700 pages du livre, d'où les coupures et les rafistolages pour aller droit au but. Seulement toutes ces petites digressions constituent à leur manière des indices supplémentaires qui rendent les personnages et leurs parcours encore plus bouleversants. La lecture est donc non négligeable puisqu'elle est complémentaire au film. On y ressent, le cœur battant, toute la tension dramatique de l'intrigue, les joies et les pertes, les duperies et les fourberies, les révélations et les actes manqués. On peste contre cette maudite Rita Skeeter qui se répand dans la presse à scandale pour ridiculiser Harry, Hagrid ou même Dumbledore. Mais on sourit aussi, lorsque Ron et Harry se désespèrent de trouver une partenaire pour aller au bal de l'école. Ce quatrième tome est décidément un caméléon - féerique, envoûtant, cocasse et déchirant. Quelle belle aventure ! 

C'est également la dernière participation de Bernard Giraudeau dans le registre de Harry Potter. Décédé en 2010, l'acteur a été remplacé par Dominique Collignon-Maurin mais il aura fallu attendre presque dix ans pour relancer la production audio de la série. Damned.

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse - Collection: Écoutez lire 
Texte intégral lu par Bernard Giraudeau pour une durée d'écoute d'environ 16 heures
Octobre 2016 pour la présente édition

 

Harry Potter et la Coupe de Feu

Cover Illustrations by Olly Moss © Copyright Pottermore Limited 2015

30/12/16

Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, de J. K. Rowling & Lu par Bernard Giraudeau

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban CD

Harry Potter a hâte de retourner à Poudlard pour sa troisième année. Seulement, il règne à l'école de magie un climat étrange depuis l'annonce de l'évasion de Sirius Black. Ce dangereux criminel s'est échappé d'Azkaban et est suspecté d'avoir trahi les Potter en les condamnant à une mort certaine. Il n'y a aucun doute possible qu'il cherche désormais à terminer sa mission en éliminant Harry ! Le garçon prend de plus en plus conscience de son héritage familial et du gouffre béant laissé par la disparition de ses parents. Malgré tout, ses meilleurs amis, Ron et Hermione, comblent sa solitude et n'hésitent pas à courir tous les risques pour le protéger. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : les cours de divination de l'exubérante Mrs Trelawney, le dressage des hippogriffes façon Hagrid ou les leçons de défense contre les Détraqueurs par leur nouveau professeur, Remus Lupin. Sans oublier la compétition de Quidditch et les commentaires de match qui valent le détour !

C'est incontestablement une lecture drôle, palpitante et poignante. Ce troisième tome de la série marque le début d'un nouveau tournant et annonce des émotions encore plus fortes et incompressibles. Des révélations voient le jour et l'ombre de Voldemort se fait menaçante. Au cœur de l'action, Harry et ses amis évoluent comme des adolescents brouillons, patauds et néanmoins fougueux. Ils commettent des erreurs, ont des jugements à l'emporte-pièce, se laissent déborder par leurs pulsions. Bref, ils se comportent comme des adolescents de leur âge alors qu'ils sont confrontés à des événements d'une ampleur qui les dépasse. Pour l'heure, l'Histoire est en cours. Des détails fâcheux passent entre les mailles du filet, trop tard pour les gommer - après tout, l'impact romanesque n'aurait plus le même sens sans eux ! En attendant, rangeons nos frustrations dans notre poche et  poursuivons la Magie... 

Format audio : Avec talent et humour, Bernard Giraudeau prête à chaque personnage une voix propre. Seules les interprétations de Malfoy ou de Hagrid me laissent perplexe... Sans quoi, l'acteur réserve un magnifique jeu de trublion au reste de l'histoire et nous sert une lecture enlevée, vivante et chaleureuse qui fait bougrement plaisir à écouter ! 

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse / Collection: Écoutez lire  (Durée d'écoute: 8 h)
Octobre 2016 pour la présente édition
 

Octobre 2016. La saga de J.K. Rowling s'offre de nouvelles couvertures, en grand format, signées Olly Moss

Harry Potter Azkaban

Cover Illustrations by Olly Moss © Copyright Pottermore Limited 2015

 

Ces sept nouvelles couvertures dissimulent un élément secret pour un voyage magique vers la huitième histoire de Harry Potter.

 

  

13/12/16

French Ski, par Tom Ellen & Lucy Ivison

Pour avoir adoré Celui qui sera mon homard l'an dernier, j'ai sautillé de joie en découvrant le nouveau roman de Tom Ellen & Lucy Ivison (ou comment un amour de lycée a laissé place à une véritable complicité perceptible dans leur écriture). French Ski nous invite à vivre les émotions folles d'un voyage scolaire au cours duquel de jeunes anglais vont délirer sur les rencontres et les premiers baisers. Imaginez ce magma d'hormones en folie et vous obtenez une idée de votre lecture un poil bêtifiante mais idéale pour émoustiller les très jeunes lecteurs ! ☺

French ski

Mouse et Jack partent avec leurs collèges respectifs en classe de neige dans les Alpes. La jeune fille vient d'être virée de son école de danse et ne connaît quasiment personne, à part deux copines rigolotes, Connie et Keira, et son ancienne meilleure amie Lauren, devenue hypocrite et peste. Elle tente de faire bonne figure, mais se sent à côté de ses pompes. Jack aussi manque totalement de confiance en lui, pour jouer sur scène avec son groupe ou auprès des filles, tandis que ses deux potes, Max et Toddy, tirent des plans sur la comète à propos des nanas qu'ils vont rencontrer en faisant des paris débiles. Tout ce joli monde affiche crânement 14 ans, ce qui explique l'aspect immature et puéril du roman. On y parle “galoches” et conquêtes faciles, on fanfaronne, on fait des mystères, on crève de jalousie, rien de bien méchant. On s'amuse d'un rien (Monsieur Jambon le hamster) et l'histoire vole au ras des pâquerettes. Pour notre plus grand plaisir. Car la lecture est légère et touchante dans sa façon d'aborder la maladresse des adolescents, leur empressement et leur esprit bêta, leur obsession puérile pour le sexe opposé. Tom Ellen & Lucy Ivison ont saisi l'essence de l'âge ingrat qu'ils traitent avec humour et sans complexe. La narration alternée apporte aussi de la dérision aux situations rocambolesques - les filles et les garçons peuvent partager les mêmes aventures et ne pas les ressentir de la même façon. Par contre, ils ne trichent pas sur leurs angoisses, leurs doutes et leurs attentes. Ce savant mélange entre la comédie et l'apprentissage de vie donne finalement à la lecture de jolies couleurs de fraîcheur et de liberté. Le roman se lit avec quelques crispations, quand on a passé l'âge, mais inspire aussi une sensation de joie et d'insouciance qui reste très appréciable pour se changer les idées !  

Traduit par Julie Lopez pour Gallimard Jeunesse [Never Evers]

Coll. Scripto - Octobre 2016

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30/11/16

Cette Obscure Clarté, par Estelle Laure

Cette Obscure ClartéL'été touche à sa fin, mais n'annonce pas pour Lucille un retour à la normalité. Sa mère est partie de la maison, en prétextant reprendre contact avec leur père, interné de force pour un état dépressif sévère, sauf que cela fait maintenant quinze jours qu'elle ne donne plus de nouvelles. Lucille doit gérer seule le quotidien et veiller sur Wren, sa sœur de neuf ans. Pour ne pas alerter les services sociaux, elle masque la vérité et raconte des mensonges à ses voisins, se met à chercher un petit boulot et convient avec son amie Eden, au courant de sa situation, de garder sa sœur pendant son service le soir. 
Mais Lucille perd les pédales en découvrant son frigo rempli par des anges gardiens anonymes et visiblement soucieux du bien-être des frangines. Qui, quoi, comment ? Eden et son frère Digby sont témoins de la scène et assistent avec impuissance à sa détresse. Après quoi, le navire prend l'eau. Les deux amies se fâchent, le garçon devient sa nouvelle bouée de secours, même si elle a conscience de rêver éveillée car il a déjà une petite amie, mais c'est plus fort qu'elle, elle se sent chamallow tout mou, les neurones court-circuités en sa présence. 
Pour sa défense, avec sa vie qui part dans tous les sens, Lucille a aussi le droit de s'éparpiller dans ses sentiments et ses émotions. Que le ciel lui vienne en aide !
Allergique aux drames populaires, j'ai légitimement craint de basculer dans une lecture trop larmoyante, mais l'histoire évite le piège du pathos en usant d'une écriture pleine de finesse et empreinte d'humour. J'ai été à la fois émue et séduite par tant de poésie pour évoquer l'amour, l'amitié, la famille et la résilience, en admirant d'autant plus la personnalité de Lucille qui refuse de s'apesantir sur son sort mais cherche à dégainer ses armes selon ses petits moyens.  
Dans le fond, l'histoire est attachante mais absolument improbable. Entre les problèmes survolés, la fin idyllique et l'avenir incertain, l'auteur ne s'embarrasse pas avec les détails. J'ai comme l'impression d'avoir lu un bouquin bourré de charme, de tendresse, de fulgurances sentimentales (pas mièvres). C'est adorable, ça ne fait pas de mal mais ça ne va pas bouleverser la face du monde non plus. Et c'est tant mieux aussi. Il est bon de lire des romans sans prétention et qui vous touchent par leur naïveté. 

Traduit par Alice Delarbre [This Raging Light] pour les éditions Hachette

Septembre 2016 - 322 pages

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25/11/16

Dis-moi si tu souris, par Eric Lindstrom

Dis-moi si tu souris

Aveugle suite à un accident de voiture, Parker a rapidement adapté son mode de vie en se comportant comme une adolescente ordinaire. Elle se rend au lycée, suit le cursus classique et arbore des bandeaux qu'elle plaque sur ses yeux, avec des messages équivoques pour brusquer les curieux. Parker refuse toute commisération et met volontairement mal à l'aise ceux qui l'approchent en débitant des répliques sarcastiques et caustiques. Sa défiance cache pourtant une grande vulnérabilité. Trois mois plus tôt, Parker a retrouvé son père mort dans des circonstances douteuses (suicide ou overdose médicamenteuse). Cette tragédie a chamboulé sa vie, désormais Parker partage son quotidien avec sa tante et ses deux enfants venus s'installer dans sa maison. L'entente est en dents de scie, essentiellement parce que la jeune fille se barricade derrière un principe de précaution éculé. Au lycée, tout va de travers également : changement de binôme pour faciliter sa prise de notes en classe, nouveaux élèves débarqués d'un établissement qui vient de fermer ses portes, retrouvailles avec son ex... Pour se préserver de toute hyperventilation, Parker dégaine plus vite que son ombre. Piquante, mordante, cassante, la jeune fille n'épargne rien ni personne. Mais les parois de sa tour d'ivoire ne sont pas indestructibles, et déjà apparaissent les premières fissures. L'existence routinière de Parker tombe en quenouille ! Et toute l'ingéniosité du roman vient dans la réussite du portrait de Parker, une adolescente à fleur de peau mais qui s'en défend, car elle refuse d'être résumée à son handicap et a choisi d'en faire une force, même si les apparences sont souvent trompeuses. Parker n'est pas à l'abri d'un contre-coup émotionnel ni de perdre le contrôle mais c'est un passage nécessaire pour décrisper son corps tendu à l'extrême. Autre chose appréciable dans cette lecture, c'est la belle symbiose qui se dégage entre les filles, Parker et ses amies. On sent une connivence sincère et chaleureuse qui prend d'ailleurs beaucoup de place dans l'histoire, au détriment des intrigues amoureuses, franchement secondaires, mais c'est tant mieux et cela démontre aussi que tout n'est pas à l'eau de rose dans la littérature adolescente de nos jours ! Une lecture agréablement surprenante, sans chichis, sans affect, juste une bonne histoire avec des personnages très attachants. 

Traduit par Anne Delcourt (Not If I See You First) pour les éditions Nathan - Juin 2016

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23/11/16

Mille Baisers pour un garçon, de Tillie Cole

Mille Baisers pour un garçonPoppy et Rune ont cinq ans quand ils se rencontrent la première fois. Voisins, ils scellent d'une poignée de mains leur promesse de ne jamais se séparer.
À huit ans, ils échangent leur premier baiser. Adolescents, leur amour est toujours aussi pur, sincère et absolu. Pourtant, Rune apprend qu'il doit rentrer chez lui en Norvège, pour le boulot de son père. Les amoureux ont le cœur brisé mais jurent de s'écrire, de s'appeler, de se revoir un jour ou l'autre.
Seulement Poppy va couper les ponts, sans la moindre explication. Et quand Rune revient à Blossom Grove, deux ans après, la jeune fille doit affronter plus que ses vieux démons, elle doit confier son secret le plus terrible, celui qui a fait chavirer sa vie, et sans doute celle de Rune.
Alors, alors... Cette lecture a TOUT de la jolie histoire d'amour déchirante, dont peuvent être friandes les jeunes filles en fleur. La couverture du bouquin est adorable et promet un rendez-vous de délicatesse, de poésie et de merveille. Malencontreusement, c'est un roman qui fait pleurer dans les chaumières, parce que son histoire raconte la pureté du grand amour comme il est rarement permis d'en rêver. C'est tout mielleux et parfaitement idyllique, mais clairement tragique.
Je ne suis, malheureusement, pas la cible idéale pour cette avalanche de romantisme. C'est très joli, sauf que l'absolutisme me fait peur. Aimer aussi pleinement, à un âge aussi jeune, me fait écarquiller les yeux. C'est excessif, entier et cannibale. Personnellement, je suis méfiante. 
Ceci n'enlève en rien les qualités romanesques et sentimentales du livre, sa cucuterie affichée, son lyrisme, la dévotion des amoureux, leur histoire bouleversante, leur positivisme et leur volonté à vouloir sublimer chaque instant... Je suis simplement assez réservée quant à l'authenticité d'un amour aussi précoce. Et je ne suis pas friande de mélodrame à outrance. 

Traduit par Charlotte Faraday pour Hachette / Octobre 2016

Titre VO : A Thousand Boy Kisses

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Miss Charity, de Marie-Aude Murail

Enfin en Médium poche !  (édition Luxe 20,5 x 14,2 cm)

Miss Charity

Ah, Miss Charity ! Quel bonheur de lecture. Découvert en 2008, sous forme d'une bonne grosse brique d'au moins 500 pages, j'avais savouré ce roman au charme poudré, qui était aussi un bel hommage à la littérature enfantine et à ses héroïnes. En faisant connaissance avec Charity Tiddler, une jeune anglaise passionnée d'animaux et de botanique, c'est aussi à Beatrix Potter qu'on pense inévitablement, et plus largement, à George Sand, Charlotte Brontë, la comtesse de Ségur et même Jane Austen.

Fille unique d'un couple appartenant à la bonne société, Charity grandit dans un carcan de bonnes manières victoriennes. Solitaire et rêveuse, la jeune fille aime se réfugier dans la lecture et apprendre par cœur du Shakespeare qu'elle récite à ses petits compagnons sous les toits, car Charity possède une véritable ménagerie dans sa nursery (souris, grenouilles, lapins, canards...). Sa gouvernante française ou même sa bonne écossaise ferment les yeux sur ses excentricités - après tout, Charity n'aime ni chanter, ni jouer du piano, ni la broderie, mais se complaît dans le dessin et l'aquarelle en se révélant extrêmement douée. Elle n'aime guère non plus les sorties mondaines et préfère des amitiés moins conventionnelles, comme sa relation avec Kenneth Ashley, un fils de fermier qui se lance dans le théâtre. 

C'est incontestablement une lecture raffinée et exquise, avec les illustrations harmonieuses de Philippe Dumas. Elle dresse un beau portrait d'héroïne, attachant et décalé avec son époque, à la volonté farouche et la curiosité insatiable. Elle possède aussi une aura chaleureuse et captivante, renvoie un grand souffle romanesque, dégage un sentiment de confort et inspire un déchirement au moment de tourner la dernière page. De l'humour, de la finesse, de la tendresse et de la délicatesse. Ce roman, c'est le doudou par excellence. 

L'école des Loisirs, coll. Médium Poche - Novembre 2016

« Autant les fleurs et les champignons trouvaient facilement leur nom et leur définition au clair soleil de ma raison, autant les choses humaines se déposaient au fond de moi, toutes grises et indécises. »

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14/11/16

Hugo de la Nuit, de Bertrand Santini

Hugo de la Nuit« Hugo entendit ses pas s’éloigner dans le noir. 
La porte se referma sans bruit.
Maintenant, la nuit pouvait commencer… »

Ouh-la-la-la-la. Alors que j'étais déjà follement séduite par la couverture, illustrée par Julie Rouvière & Bertrand Santini, j'appréhendais bêtement de plonger mon nez dans ce livre. C'est chose courante quand j'aime des auteurs, je repousse le moment de découvrir leurs nouveaux romans pour des raisons sottes et inexplicables. Passons. Un soir de la semaine, repliée dans mon antre à l'abri du froid et de la pluie, je me décide enfin à rencontrer Hugo de la Nuit. Mon grog de 215 pages.
Hugo, un garçon de douze ans, grandit heureux dans un immense domaine que ses parents préservent jalousement. Ces derniers sont en effet soucieux depuis la découverte de pétrole sur leurs terres, suscitant les plus viles convoitises qu'ils cherchent à repousser au nom d'une espèce de plante rare à protéger. Mais leurs ennuis ne font que commencer... Une nuit, la veille de son anniversaire, Hugo surprend un individu dans la maison. Il fuit aussitôt dans le jardin, court à perdre haleine, dérape, glisse, s'égratigne avant de basculer dans la mare. Fin de l'histoire. Le corps du jeune garçon flotte à la surface de l'eau. Et c'est une bande de fantômes loufoques qui vient le recueillir.
Hein ? quoi ? comment ? Le héros de l'histoire meurt ? Des fantômes à la rescousse ? Mais c'est quoi cette fable ? Rhaaa... Cessez vos jérémiades, et laissez-vous porter par l'incroyable et l'inattendu. Car, oui, cette histoire relève du conte fantastique par son évocation de la mort et des terreurs nocturnes, mais aussi pour son imaginaire fabuleux et sa conduite époustouflante. C'est simple, on se laisse entraîner dans le sillage d'une aventure à la fois drôle, poignante, dramatique et palpitante. Et il s'en passe de belles sous les couvertures ! Bertrand Santini exécute avec brio un formidable tour de passe-passe et n'hésite pas à recourir à l'humour noir pour mener à bien sa mission. Le pari est osé, l'effet est parfois saisissant, mais franchement que de réjouissances ! 
Cette lecture va donc vous surprendre, vous étourdir, vous émouvoir et vous troubler. Avec son style cocasse, ses séquences burlesques, son sens de l'ironie désopilant, son goût du spectacle et son esprit feu follet, elle s'échappe des codes et des genres pour mieux vous régaler. Je n'en dévoile pas davantage, mais ne passez pas votre chemin, foncez, c'est un petit bouquin qui a tout pour plaire aux petits (12 ans) et aux grands. ☺

Grasset Jeunesse - avril 2016

 

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