02/03/18

Un lapin peut changer une vie, de Sandrine Kao

Un lapin peut changer une vie

Dans la famille Ribout, je demande le chaos, le désordre, le souk, le sens dessus dessous. Après des années lisses et confortables, soudain le petit train sort des rails et part en roue libre.
Haut les cœurs !
Paul, le père, vient de démissionner après avoir frôlé le burn-out mais n'ose pas encore avouer son projet secret. Emmanuelle, son épouse, est illustratrice pour l'édition jeunesse, hélas en panne d'inspiration. Chaque jour, elle s'échine à varier les platées de pâtes en fouillant les placards de plus en plus vides. En attendant le retour des éclaircies, elle déverse sa frustration sur son blog culinaire au succès d'estime.
Les enfants aussi ne sont pas en reste. Agathe, l'aînée, vient de recevoir un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de je t'aime, bim, coup de foudre sur scène, tellement fort que la belle en a perdu l'usage de la parole. L'objet de son affection s'appelle Tony, il a des yeux sombres et rieurs qui ont su la transpercer en un éclair. Le coup fatal. Alicia, la cadette, fière d'être la fayote en classe, perd brutalement son statut de chouchou à cause de sa nouvelle voisine de table, une certaine Keja, dont nul n'ignore qu'elle est Rom et vit dans une caravane sur un terrain vague.
Et pour conclure ce tour de piste, applaudissons enfin Django, l'invité vedette, soit un adorable petit lapin, mais également le célèbre guitariste de jazz manouche ! ☺

On brasse le tout avec énergie et on obtient une chouette lecture, qui s'ébroue comme une puce et qui dresse le portrait d'une sympathique famille confrontée aux aléas de la vie (mais qui n'a pas peur de tout plaquer pour repartir de rien). C'est frais, c'est rigolo. On en revient toujours aux lapins, à la culture tsigane et aux préjugés sur les gens qui vivent autrement. En bref, le roman est croqué de façon originale et décalée, pour demeurer sans prétention et frais comme un gardon. Il a en lui un effet vivifiant insoupçonnable - et hop pour 210 pages réjouissantes et positives !

 Syros, 2018

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01/03/18

Libérez l'ours en vous, de Carole Trébor

Libérez l'ours en vous« Mes petits poussins... me voilà obligée de quitter mon métier et mon club de théâtre pendant six mois : place au traitement et au repos. »
En découvrant le mail de leur professeur, Patricia Valente, ses élèves de première L tombent des nues. Comment envisager une année de théâtre sans le soutien inconditionnel de celle-ci ? Passionnée et travailleuse acharnée, soucieuse du détail, adepte des mises en scène burlesques, elle confie le lourd flambeau à Christophe, un étudiant en troisième année de conservatoire, et leur suggère de préparer ensemble une pièce de Camus.
Au lieu de ça, toute la troupe se replie sur un texte que Patricia a écrit peu après le décès de son père, un vigneron ardéchois bourru, qui grognait comme un ours mal léché, d'où le titre “Merci l'ours !”.
On plonge ainsi aux côtés de Kolia, Lisa, Cyril, Ethan et Samia dans une année d'apprentissage en dents de scie - heurts et bonheurs sur les planches, dans la vie, en amitié, en amour, en famille. Cette année scolaire s'annonce différente et néanmoins enrichissante pour tous !
Et c'est tout ce qu'il faut retenir de cette lecture, généreuse, sincère, touchante, attachante. En plus de partager la formidable symbiose qui se noue entre ces lycéens ordinaires, on savoure la mise en avant du théâtre, qui prend de la place et s'étale au cœur du roman. “Merci l'ours” n'est d'ailleurs pas qu'une invention - le texte existe vraiment et a été écrit en 2008 par Carole Trébor. Le livret de 106 pages est disponible en ligne !
Libérez l'ours en vous est plus qu'un appel du pied, un message de survie, un cri du cœur, un sauf-conduit, une bouffée d'oxygène... C'est tout ça à la fois ! Et c'est pas mal du tout. On retrouve avec plaisir la jolie plume de Carole Trébor qui avait su tant me séduire dans Nina Volkovitch et Lumière, Le voyage de Svetlana.

Syros, 2018

 

« Kolia attend ce moment depuis des heures, cette pièce va peut-être lui en apprendre plus sur Patricia Valente que toutes les enquêtes qu’il a menées avec ses potes. Elle ne sera pas là pour les mettre en scène mais au moins il incarnera un personnage qu’elle a inventé, qui s’inspire potentiellement de quelqu’un de réel, puisque le texte est plus ou moins autobiographique. Ce rôle sera sa meilleure interprétation, le jour où elle découvrira son spectacle sur scène doit être la plus belle surprise de sa vie. »

Également disponibles sur Syros Live, les enregistrements des chansons de la pièce de théâtre.

 

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Les Carnets de ma vie (presque) ordinaire #2 : Le mystère du colibri, de Virginy L. Sam

Ce roman fait suite à Ma valise à roulettes #1 des Carnets de ma vie (presque) ordinaire. ☺

Les Carnets de ma vie presque ordinaire le mystère colibri

Mieux vaut en avoir connaissance pour se familiariser avec la jeune Lila-Lou Tabouret, douze ans, dont on retrouve le sémillant quotidien sur quelques 220 pages. Miam, c'est fun ! Et on sourit tout du long.
Retour donc sur cette lettre d'amour reçue par un soupirant anonyme. De l'incroyable mais vrai. Aidée de ses deux amies, Noémie et Pauline, Lila-Lou cherche à démasquer l'auteur de cette déclaration enflammée. Le fameux mystère du colibri.
Entre ses entraînements de boxe et la préparation du prochain tournage aux côtés d'une grande star de cinéma, la vie de l'adolescente est un incessant circuit de haut et de bas, comme des montagnes russes infernales. Et on respecte les règles du jeu, d'une Lila-Lou en pleine crise existentielle.
Du coup, on s'amuse à la voir faire le compte de ses boutons et de son poids, se plaindre de sa frangine Charlène, trop  belle et trop bête, rejoindre la ligue de protection du marronnier de l'école, donner des notes à son moral (oscillant de 1 à 9), refaire le monde avec Jean-Charles son bernard-l'ermite, ou épingler ses parents et leurs amis lors de la soirée d'anniversaire de son père (invités aux dents trop blanches pour être naturelles, personnes trop ivres pour faire la chenille, surnoms entendus et playlist impossible). J'avoue, j'ai souvent gloussé. On sent le vécu et le traumatisme. Amen.

Ce deuxième tome est toujours aussi charmant et désopilant. La dérision s'épanouit à chaque coin de page illustrée, c'est fin et savoureux. Lila-Lou est une héroïne attachante, l'incarnation parfaite de cet “entre-deux âges” qui fait paraître la vie aberrante et insurmontable - en plus de rassembler les preuves qui montrent qu'elle a été adoptée et n'a donc rien en commun avec sa famille.
C'est une petite lecture fraîche et délicieuse, pour les 9/12 ans qui grandissent en soupirant et pour ceux qui en subissent les foudres avec endurance. Dans cet épisode, le mystère du colibri va être levé, mais les aventures de Lila-Lou n'ont pas dit leur dernier mot car cette série continue de s'écrire et réserve d'autres surprises ! Chic. ☺
 

La Martinière J. (2018) - Illustrations de Clotka

 

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14/02/18

Hôtel Grand Amour, de Sjoerd Kuyper

Hotel Grand AmourVic a treize ans et adore le foot. Son rêve serait de faire partie de la prestigieuse équipe nationale, l'Ajax d'Amsterdam. Un but pas si vain pour le garçon, dont les exploits sur le terrain viennent de taper dans l'œil d'un recruteur de passage.
Seulement, au même moment, son père fait un malaise dans les gradins et est hospitalisé d'urgence, laissant l'hôtel familial entre les mains de ses quatre enfants, lesquels vont découvrir toutes sortes de joyeusetés, non sans pression, car les créanciers se bousculent au portillon !

Entre les clients grognons, les réservations fantômes et le personnel récalcitrant, le quotidien d'un hôtel n'est pas de tout repos. Vic va en faire la douloureuse expérience. Or, le garçon a la volonté de ne pas décevoir son papa. C'est une responsabilité qu'il tient à tout prix à honorer. Aussi, pour y réussir, le garçon ne recule devant rien. Participer à un concours de miss ? Pourquoi pas !

L'histoire de cette famille hollandaise est pleine d'inattendus et renvoie une image farfelue, mais positive, qui fait paraître la vie plus belle et conquérante, dès lors qu'on se serre un peu les coudes et qu'on met du cœur à l'ouvrage.
À l'Hôtel Grand A, on respire l'aventure, l'audace et l'amour. Chacun se débat du mieux qu'il peut, dans un contexte parfois éreintant (la maladie et la mort sont des spectres toujours présents chez ces enfants marqués par la perte de leur maman). Mais le moral est bon.
Autre détail, le héros raconte ses péripéties en s'enregistrant sur un vieux magnétophone et semble s'adresser directement au lecteur dans une langue qui correspond aux codes actuels. Bien entendu, il ignore que la jolie Isabel, son béguin de toujours, intervient régulièrement pour mettre son grain de sel et donner sa version des faits !
Cette double narration nous fait vivre un récit plein d'humour et de sensibilité, dans une ambiance vaudevillesque tout à fait charmante. Un quasi tout bon !

Didier Jeunesse, 2017 / Traduction : Emmanuèle Sandron

Couverture : Laurence Bentz

 

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08/02/18

Sauveur & Fils saison 1, de Marie-Aude Murail

sauveur et fils saison 1

“À quoi je sers?” se demande souvent Sauveur Saint-Yves, psychologue installé à Orléans. Originaire des Antilles, l'homme vit avec son fils de huit ans, Lazare, et reçoit à longueur de journée les doléances d'âmes désœuvrées - une mère désemparée par son fils qui fait pipi au lit, une autre qui ne comprend pas pourquoi sa fille se taillade les bras, une qui perd la tête et oublie son grand garçon de seize ans, une famille au complet qui se déchire et ne peut plus se voir en peinture... Des crises en cascade, des cris, des larmes, des silences, des soupirs. À l'abri dans son couloir, le môme Lazare n'en perd pas une miette et s'effraie d'entendre autant de détresse. Lui aussi en a gros sur le cœur - sa maman décédée trop tôt et dont on ne parle jamais assez. Et tous ces courriers qui s'empilent devant la porte, des menaces de mort qui font dresser les cheveux sur la tête... Chacun s'enferme dans ses non-dits et le temps s'écoule mollement. Le gamin découvre l'hostilité suscitée par la couleur de la peau, être ou ne pas raciste, rien que d'y penser c'est déjà un signe ? Louise, la maman de Paul, s'interroge beaucoup sur le meilleur ami de son fils et perd tous ses moyens face à Sauveur, 1,90 m pour 80 kg de muscles.

C'est tout ça que raconte Marie-Aude Murail, en mieux, en humour et en tendresse. Car c'est un roman qu'on croque avec gourmandise et dont on savoure chaque bouchée en mâchant religieusement. Tout est brodé avec délicatesse - les personnages, les dialogues, les errances et les éclats. Jusqu'à l'escapade finale sur les terres de l'enfance, avec ses couleurs, ses chants et sa tribu turbulente. J'ai infiniment aimé ce petit pan de vie aux côtés d'un papa au physique de colosse, qui continue d'apprendre son rôle et le sens du monde, tout en assurant auprès d'un fils curieux, intelligent et sensible. Autour d'eux, gravitent des petits électrons libres qu'on attache ou détache au gré de nos envies. Parfois, les sujets sont lourds et les enclumes tombent lâchement dans les estomacs... Mais l'ambiance générale se veut positive et penche volontiers vers la résilience et l'espoir. Cela remue de douces sensations, n'hésitez pas ! En plus, il y a quatre saisons du même acabit. C'est du bonheur en tranches...  à partager sans retenue. Moi j'y retourne de suite. ♥☺

L'école des loisirs, 2016

Photographie de couverture ♥ que j'adore ♥ : Megan Van der Elst

 

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05/02/18

Miss Peregrine #3: La Bibliothèque des âmes, de Ransom Riggs

Miss Peregrine la bibliotheque des amesAinsi se termine la série de Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers...

Après l'épisode Hollow City, dans lequel Jacob et Emma tombaient de haut en pensant sauver leur Ombrune et découvraient en fin de compte une énorme supercherie, l'aventure reprend dans le Londres d'aujourd'hui, le long de la Tamise. Les enfants font la connaissance de Sharon, un énigmatique batelier qui accepte contre rémunération de leur faire traverser le fleuve. Nos jeunes amis vont pénétrer, non sans risque, dans l'Arpent du Diable, un lieu mal famé et hanté par des Estres. Ils y font une autre rencontre décisive, Myron Bentham, un ancien ami du grand-père de Jacob, qui va tout leur dévoiler de l'origine des particuliers et des dérives engendrées.

Pour avoir ressenti un soupçon d'ennui à la lecture du deuxième tome, j'avais quelques craintes avant de me lancer dans ce dernier volume, plus gros, plus conséquent. Mais la lecture a été une évasion riche en sensations. Une franche réussite. J'ai repris goût avec l'univers cryptique et singulier qui avait tant su me séduire au tout début. Cette fois, le suspense se déploie et l'action ne manque pas. On se passionne pour le sort des enfants particuliers kidnappés, pour les ignobles ruses et autres combines pour pomper leurs âmes, pour le mystère Bentham et pour Miss Peregrine, dont les secrets de famille viennent bouleverser le cours de l'histoire. Accrochés à Jacob et Emma, nous sommes entraînés au cœur du danger et assistons aux premières loges à des scènes de combats mémorables. 

Au final, la lecture se vit avec panache et émotion ! C'est fascinant et en même temps remarquable. Esthétiquement, les romans sont de toute beauté. Le format audio propose en compensation une interprétation dynamique et vibrante de Benjamin Jungers. Certes, il se joue de nous avec des intonations de voix exagérées mais donne surtout l'illusion d'une lecture qui file comme le vent. Légère, aérienne, merveilleuse et bizarre. La série se clôt avec brio, me laissant aussi un très bon souvenir.

©2015/2016 Ransom Riggs / Bayard Éditions, pour la traduction française

(P)2017 Audiolib. Lu par : Benjamin Jungers (durée  11h 40 env.)

29/01/18

Encore plus de bonheur, de Rachel Corenblit

Encore plus de bonheur

Nouvelle saison pour l'héroïne de Que du bonheur ! dans laquelle Angela est décidée à tout déchirer et se défaire de son image de boulet du lycée.
Donc, maintenue en seconde après des résultats très moyens l'an passé, l'adolescente prend de haut ses camarades qu'elle juge mal dégrossis, en particulier ce Félix Arthaud immédiatement classé parmi les irrécupérables. De toute manière, Angela a d'autres priorités et encore le cœur  brisé par ses précédents déboires.
Sur le plan familial, tout part en sucette - son père est partisan vegan, sa mère a viré sa cuti et son grand-père en Ariège casse sa pipe. Le monde s'effondre. Angela a tout juste eu un mois de répit avant de renouer avec les embrouilles. 
Vis ma vie d'ado teigneuse et accablée de malchance ! Cest le programme du jour, à travers cette lecture réjouissante et débordante de pep's. Un rendez-vous léger et distrayant, sympa aussi dans la forme (mise en page façon journal, petits dessins rigolos). La formule est sans doute moins surprenante, mais le ton est toujours aussi mordant, plein de mauvaise foi et de dérision. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête.
À suivre, j'espère...

éditions du Rouergue, coll. doAdo, 2017 

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Audrey retrouvée, de Sophie Kinsella

Audrey retrouvée

Victime de harcèlement au collège, Audrey vit maintenant cloîtrée chez elle et ne quitte plus ses lunettes noires. Elle tente de gérer au mieux ses émotions, suit une thérapie auprès du docteur Sarah et s'enferme à la maison où elle trouve une tranquillité d'esprit qui l'apaise et la rassure, même si le quotidien est loin d'être de tout repos chez les Turner !
En effet, sa mère a décrété l'état d'urgence pour son aîné, Frank, qu'elle juge dépendant des jeux en ligne. Le garçon a beau se défendre de s'entraîner pour le prochain tournoi international de Lord Of Conquerors, Mme Turner campe sur ses positions. Qu'il varie ses centres d'intérêt ou l'ordinateur vole à travers la fenêtre.
Caméra au poing, Audrey n'en loupe pas une miette. Sa psychiatre lui a en effet demandé de tourner un film sur sa famille pour l'obliger, à travers cet exercice, d'aller vers les autres et sortir de sa bulle. Résultat, elle rencontre Linus qui va accomplir l'exploit de percer la solide carapace de la jeune fille, rien qu'en communiquant par petits messages sur papier. 
Une révolution est en cours. Et c'est royal. Car il y a une formidable énergie qui se dégage de l'histoire et une ambiance fofolle qui fait grandement plaisir. La touche Sophie Kinsella se retrouve dans l'enchaînement des situations cocasses et dans le ton positif pour traiter des troubles paranoïaques de l'adolescente (Audrey souffre de phobie sociale, anxiété généralisée et épisodes dépressifs). Au fond, la maladie est présente, avec sa courbe tordue, ses hauts et ses bas, mais elle n'est pas envahissante, ni considérée avec commisération. L'équilibre est tout bon (au départ, je craignais que sa guérison dépende de sa relation amoureuse, mais au final on va dire que le garçon arrive juste au bon moment dans sa vie car elle est enfin prête à reprendre le train en marche).
J'ai apprécié qu'on distille de l'humour dans un sujet a priori sensible. On dévore la lecture et on sourit tout du long. Cela fait un bien fou ! C'est sensible, comique, touchant, attachant. Vraiment un très bon roman de l'auteur qui s'adresse pour la première fois à un public jeunesse ! Une réussite... une expérience à renouveler. ☺

PKJ (2016) - Trad. Juliette Lê

 

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27/01/18

Emmy & Oliver, de Robin Benway

emmy et oliver

Voisins et amis d'enfance, Emmy et Oliver sont inséparables... jusqu'au jour où, à l'âge de sept ans, le garçon est enlevé par son père et disparaît des radars. Dix ans plus tard, il resurgit sans crier gare. Pour Emmy, ce retour est celui d'un nouveau départ. Le petit garçon insouciant, qui se disait amoureux de son amie, est plus grand, plus large, plus mystérieux. Et étranger à leur vie. Sa mère, malgré l'indéfectible espoir de revoir son fils, se sent impuissante et désemparée. La disparition d'Oliver avait créé une faille et impacté la vie du quartier, d'où l'attitude surprotectrice des parents d'Emmy. Aussi, pour leur éviter des angoisses inutiles, elle leur ment depuis dix ans et dissimule qu'elle a appris le surf, se rend à des fêtes alcoolisées et s'est inscrite à l'université de San Diego, à deux heures de route de la maison. Vis-à-vis d'Oliver, Emmy se tient à distance tout en le scrutant. Résultat, elle se met à loucher et lui tire la langue la première fois qu'il pose les yeux sur elle ! Pétrifiée de honte, la jeune fille n'en mène pas large.

En fait, c'est très, très drôle. On imagine la scène et on sourit grandement. Car tout est incroyablement doux, tendre, attachant et amusant. C'est ce qui m'a immédiatement conquise. On perçoit une réelle connivence et une franche camaraderie autour d'Emmy - ses copains de toujours, Caro et Drew, sont impayables. Sa relation avec Oliver se construit sans mièvrerie et avec beaucoup de naturel. Tous les vieux réflexes se remettent en place. C'est adorable. En même temps, on suit l'évolution des uns et des autres, petits et grands, à travers des conflits de taille - comment trouver sa place dans un monde où l'on ne se retrouve pas, comment quitter le nid sans crainte du séïsme, comment lâcher la bride, comment évoquer le passé sans blesser ni accuser... C'est étonnant, en bien ! Suggéré sans prétention et avec tact. Au final, le roman possède un charme fou et fait la part belle à l'amitié comme étant un rayonnement essentiel pour s'épanouir dans l'existence. Une lecture qui réchauffe notre petit cœur tout mou. ☺

Nathan, 2017 - Trad. Anne Delcourt

 

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22/01/18

Star Trip, par Éric Senabre

Star_trip

Au cœur de cet été 1968, May Peeples soupire d'ennui dans la ferme familiale, au fin fond de l'Idaho. Et comme ses parents ont disparu du jour au lendemain, sans prévenir, elle doit s'occuper de son petit frère de sept ans, Sam, qui souffre d'un léger handicap après sa chute accidentel du toit de la grange. Depuis, le garçon est scotché devant la télévision et voue une totale admiration pour la série Star Trip et son héros le capitaine Burke.  Cherchant à tout prix à le distraire, May a l'idée de lui fabriquer une réplique du vaisseau spatial et se rend au centre commercial où elle croise, en dédicace, l'acteur Benjamin Spike. La jeune fille lui propose spontanément de rendre une visite-surprise à son plus grand fan... mais se voit sèchement rembarrer par le malotru.
De retour chez elle, May ne cesse de rager et maudire son sort. Le lendemain matin, tadam, le capitaine Burke affiche une mine contrite sur le pas de sa porte et demande à rencontrer le jeune Samuel. Surprise, mais pas dupe, la demoiselle accède à sa demande. Elle cherche néanmoins à comprendre ce brusque revirement de situation et fait appel à son petit copain, Will Finnegan, pour la soutenir dans toutes ses épreuves. Car May Peeples n'a pas fini d'être bousculée dans son quotidien... entre le harcèlement du révérend Brown à participer aux activités de son groupe de chant, la perspective d'un pique-nique champêtre, les visites flippantes du shérif Cassidy et la télévision qui tombe en panne. C'est plié ! La jeune fille pousse tout le monde dans la camionnette brinquebalante du père de Will, prend en remorque le vaisseau spatial et direction l'Utah pour son lancement dans les étoiles... 

Je ne vous cache pas que j'ai passé un vrai bon moment à tourner les pages du roman. Tout est follement extravagant et finement mis en scène. Que de plaisir à partager cette aventure conduite avec humour et dérision. On y croise une belle brochette de personnages farfelus - un sorcier indien, un couple de vieux garagistes intraitables, un propriétaire de motel façon Norman Bates - le tout dans un décor d'Amérique profonde et délicieusement rétro, mais où May Peeples se sent à l'étroit. J'ai beaucoup aimé son franc-parler, son caractère indépendant, son ambition dévorante et sa complicité avec Will, si charmant et dévoué...  C'est un super road-trip à emprunter le cœur battant et le sourire aux lèvres. On ressort de là avec une sensation de bonne humeur contagieuse et distillée avec efficacité dans cette lecture fabuleusement décalée. ☺

Encore un titre de la sélection du Prix Vendredi 2017, dont Magnetic Island de Fabrice Colin & Power club : L'apprentissage d'Alain Gagnol faisaient également partie. Promis, je lis prochainement le titre lauréat !

Didier Jeunesse, 2017 

Lauréat du Prix des Ados du Festival Livres et Musiques de Deauville et  dans la sélection du Prix Vendredi 2017.

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