09/06/11

Le Clan de la louve

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Un roman espagnol, me suis-je dit, pour changer... Même pas. Si au départ l'écriture surprend par ses effets de lyrisme, l'histoire finit par tourner en rond et s'appesantir en détails, redites et autres longueurs. C'est tant pis pour moi.

Nous avons donc une adolescente de quatorze ans qui en paraît onze, Anaïd, laquelle se réveille un matin en découvrant l'absence de sa mère. Cette disparition n'est pas normale, et très vite toutes les amies proches de Séléné, la maman à la chevelure rousse, réputée pour ses frasques et son exubérance, accourent et font une tête de six pieds de long. Anaïd reste seule dans son coin, livrée à son désespoir, sa colère et son incompréhension. Elle en veut à Séléné de l'avoir abandonnée, juste au moment où elle a le plus besoin d'elle. En effet, son corps change. Les traces de l'enfance s'estompent, la jeune fille grandit et s'épanouit, de même commence-t-elle à percevoir d'étranges "sons" et à se douter que le départ de sa mère n'est pas anodin. Anaïd décide alors de la retrouver.

Car Séléné est l'élue de la lignée des Omar, des sorcières qui s'opposent depuis des temps anciens aux Odish, celles qui ont opté pour l'immortalité et le mal. Une prophétie a annoncé le retour du sceptre du pouvoir dès lors que l'élue apparaîtrait. Hélas, les filles d'Omar doutent de leur élue et pensent secrètement que Séléné a trahi leur clan pour rejoindre l'ennemi.

Voilà, en gros le résumé de ce premier tome. Oui, sans être follement originale, l'histoire de base est franchement sympa (sorcellerie, clans ennemis, guerre imminente, trahison, mensonge, passion & aventures, wow !). J'ai cependant trouvé que le parcours de la jeune héroïne, qui cherche à comprendre pourquoi sa mère a disparu et pourquoi on lui cache des choses sur sa lignée, était maladroit, confus et long, trop long, bref que ça finissait par occulter le reste de l'intrigue. Ou du moins, c'est ce que j'ai personnellement ressenti. Je ne suis pas sûre de lire la suite, qui paraîtra en décembre, d'autant plus que l'histoire trouve ici une fin tout à fait satisfaisante.

Le Clan de la Louve - Maite Carranza
Pocket jeunesse, 2011 - 362 pages - 16,90€
traduit de l'espagnol par Nathalie Nédélec Courtès

Le livre II, Le désert de glace, paraîtra en décembre 2011.

Concours Le clan de la louve : 5 livres à gagner jusqu'au 18 juin chez Francesca !

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07/06/11

Vivre équivaut à marcher d'un bout à l'autre des ténèbres, sur un pont de rêves.

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Nous sommes confrontés à une société du futur, où les voyages dans l'espace sont devenus monnaie courante, où la procréation assistée permet d'avoir des enfants beaux et intelligents, et où il est possible de se greffer une puce dans le cerveau qui vous dicte tout, aussi bien votre façon de penser, de communiquer ou de consommer. En gros, vous êtes complètement lobotomisés mais vous êtes le dernier au courant !

D'un côté, nous avons Titus et sa bande de potes. Ils sont bruyants, brouillons, insupportables, ils vivent l'instant présent, suivent les modes sans se questionner. De l'autre côté, il y a Violet, belle, fascinante, tout chez elle la rend différente des autres, au risque de passer pour une intello pimbêche. Elle incarne la résistance passive, en n'ayant reçu son interface que tardivement, la jeune fille a ainsi appris par elle-même, pu réfléchir, analyser, contester, ce qui est une nouveauté pour Titus.

En toute logique, ses discours détonnent, bousculent la masse groggy et abrutie, mais ils ne sont pas pris au sérieux. Le pouvoir de l'interface est redoutable, mais pas infaillible non plus. Titus et ses camarades ont été victimes d'une attaque pirate lors de leur voyage sur la Lune, et si tout le monde semble avoir fait peau neuve, seule Violet en conserve des séquelles qui la condamneraient tristement à une fin prématurée.

Hélas pour moi, je suis complètement passée à côté de cette lecture. C'est triste, c'est pessimiste (à la rigueur ça se défend), c'est également empreint d'amertume et de résignation, attaché à un personnage (Titus) franchement peu charismatique, car totalement déshumanisé. Cet univers de dystopie est froid, glacial, il dénonce une vérité sournoisement consentie (nous sommes vendus aux dieux de la consommation, what else?), mais impossible de mettre le doigt sur ce qui m'a vraiment dérangée. Quelle frustration.

Interface - M.T. Anderson
Gallimard, coll. Pôle Fiction, 2011 (first published October 2004)

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06/06/11

Être en vie, ça signifie parfois prendre des risques.

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J'avais besoin de changer d'air, après avoir brassé pas mal de lectures qui touchaient à des univers de dystopie (souvent sombres et oppressants), j'avais envie d'une histoire plus légère et distrayante. Mon voeu a été exaucé ! Le roman d'Alexandra Bullen est simple, romantique et touchant, j'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Olivia est une adolescente solitaire, qui souffre de l'absence de sa soeur jumelle, Violette, disparue trop tôt l'été précédent. Toute la famille a bousculé ses projets en s'installant à San Francisco pour fuir les souvenirs mais l'ambiance reste morose. Un peu par hasard, Olivia se retrouve dans la boutique d'une couturière qui lui promet une robe, puis deux autres, quand la jeune fille va découvrir qu'elles peuvent réaliser trois voeux. Aussitôt la vie d'Olivia va connaître un bel enchantement et sous l'impulsion du fantôme de sa soeur (oui, oui) elle va dépasser ses limites, affronter sa timidité, s'ouvrir aux autres, se faire des amis, tomber amoureuse (ah ! Soren...), prendre des décisions et assumer ses choix (briser une amitié naissante ou faire confiance aux battements de son coeur).

Sans mentir, c'est aussi bon qu'un roman de Sarah Dessen, le cadre de San Francisco est juste idyllique, ça donne envie de tout plaquer pour explorer la ville (sous la houlette de Soren), il règne aussi une ambiance bobo-chic qui n'est pas du tout agaçante, c'est dire comme le charme opère instantanément. A signaler, la petite touche fantastique (la magie, les voeux, le fantôme, etc.) est purement décorative car il s'agit davantage d'un roman sur le deuil et la reconstruction. C'est même extrêmement touchant de suivre le parcours d'Olivia et sa famille, au bord de la rupture, incapables d'avancer parce qu'ils sont encore trop englués dans le passé. En somme, voilà un livre sans prétention, où le charme et la fraîcheur sont une garantie de pur divertissement, et qui n'a pas volé son titre de conte de fées moderne.

Fais un voeu - Alexandra Bullen
Michel Lafon, 2011 - 317 pages - 14,95€
traduit de l'anglais (USA) par Josette Chicheportiche

30/05/11

iBoy

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Tom Harvey, seize ans, s'est pris un iPhone sur la tête (lancé du 30ème étage d'un immeuble) et a été mis k-o par le choc. Les médecins ont pu réparer les dégâts mais n'ont pu lui enlever quelques-uns des débris coincés dans son cerveau. Conséquence bizarre, le système intégré avec WIFI fusionne avec ses neurones. Tom, lui, découvre qu'il peut désormais surfer sur le net, s'infiltrer dans les réseaux téléphoniques et autres i-technologies en un simple battement de cils. Mais il n'en parle à personne, pas même à sa grand-mère avec qui il vit chichement dans un petit appartement au coeur d'un quartier mal famé. Et c'est alors que sa meilleure amie Lucy est victime d'une agression par la bande de petits caïds du coin, le crime est voué à rester impuni, ce qui révolte l'adolescent. Il crée ainsi iBoy, celui qui va venger l'honneur de Lucy.

L'histoire ressemble énormément à Spiderman, sans la piqûre d'araignée bien entendu. L'auteur ne s'en cache pas et y fait même référence avec humour (au moins, ça casse un peu avec l'ambiance déprimante). C'est un roman qui se lit avec rapidité, la technique est efficace et stressante aussi. On est pris par le rythme de l'intrigue, par l'atmosphère sombre et sans pitié, et par ce qui se bidouille dans la tête du garçon. Franchement c'est prenant, on déteste les méchants et on soutient le superhéros dans sa quête de vengeance. Sauf qu'il ne s'agit pas simplement d'un roman fantastique, mais un thriller psychologique. Tom, alias iBoy, se moque de faire le bien ou le mal, il est dicté par la colère et le sentiment d'injustice, ce qui est contraire aux principes des superhéros ! (Il existe une règle tacite. Ne cherchez pas.) L'adolescent carbure à l'instinct, il est déchainé et cela ne le rend pas meilleur et ne fait pas de lui un type extraordinaire - au pire, lui aussi est un monstre.

Tout ceci, simplement pour souligner que, même si c'est un formidable roman d'action, un roman redoutablement efficace, calibré pour divertir et plaire au plus grand nombre, c'est aussi un roman qui fait réfléchir, qui questionne et qui interpelle notre sens de la justice et les limites qu'on se pose. A lire, c'est vraiment un très bon roman !

iBoy - Kevin Brooks
La Martinière J. (2011) - 281 pages - 12,90€
traduit de l'anglais par Sabine Boulongne

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28/05/11

Le Signe de K1

Un premier tome enthousiasmant, lu en septembre 2010. L'éditeur a finalement choisi de rééditer celui-ci avec une couverture toute neuve, toute belle, et dans la foulée voici la suite !

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An 2322. La communauté de K1 est en danger, les conditions climatiques sont déplorables, les eaux gagnent du terrain et les populations ne savent plus où se loger. Le gouvernement a donc mis en place le Protocole de Nod : 22 pionniers et leurs familles sont envoyés dans le passé afin de sauver l'humanité (et l'avenir).

Eté 2020, dans le sud-ouest de la France. Une épidémie va vicieusement s'abattre sur la ville de Médiola, touchant d'abord les oiseaux avant de contaminer les hommes. Le docteur Rieu, observateur impuissant, constate aussi d'étranges phénomènes se manifestant chez ses patients. Son fils aîné, Angelo, s'est vu intégrer un programme spécial pour les X-Cases comme lui. On en sait peu, de plus tous les contacts entre le Centre et l'extérieur sont coupés. Pauline, sa soeur, brillante élève à la Winners' School, se fait beaucoup de souci. Dans l'intervalle, elle est tombée amoureuse de Luka, un type très beau, au charme mystérieux, qui vient d'arriver en ville.

Je vous conseille de lire les deux livres l'un après l'autre, cela vous évitera les trous de mémoire comme pour moi ! Oui, c'est embêtant et c'est une perte de temps inutile. Sans être complexe, la série avait déjà planté son décor et présenté ses personnages (aux noms pas toujours simples). C'est important, surtout pour une série aux ambitions proches de la science-fiction. Le Signe de K1 se passe donc dans le futur, et en même temps dans le passé (ou ce qui ressemble un peu à notre présent). Le premier tome avait su placer ses pions, la suite fait place aux motivations cachées. Cette fois, tout se complique, toutes les destinées sont liées, l'étau se resserre, ce deuxième tome se veut plus redoutable, les plans sont tous plus tordus les uns que les autres... Un seul objectif demeure : trouver l'Ancêtre (et croyez-moi, quel choc !). 

J'ai beaucoup aimé le dénouement de la série, le mélange entre le futur et le passé, sans oublier le principe de cause à effet qui s'éclate à tous les coins de page dans ce dernier tome. C'était excitant de voir les masques tomber et de partager toutes ces courses-poursuites, de plus je n'ai pas regretté la mise au second plan de l'intrigue amoureuse (pour moi c'était le petit point faible du premier tome). Très franchement, j'ai trouvé cette fin de série aboutie et satisfaisante, Claire Gratias n'en fait pas des tonnes, et ce qu'elle fait, elle le fait très bien !

Le Signe de K1, Tome 1 : Le Protocole de Nod + Tome 2 : Le Temps des TsahDiks - Claire Gratias
Collection Soon chez Syros, 2011 - 15,90€

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27/05/11

0.4

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Vous prenez Millgrove, un petit village anglais comptant à peine 1000 âmes. Chaque année, un concours s'organise pour mettre à l'honneur les talents locaux. Danny Birnie, un camarade de Kyle, veut prouver qu'il possède le don d'hypnose. Quatre personnes se portent volontaires, dont Kyle et Lily (la petite copine de son meilleur pote). Le numéro dure quelques minutes, mais lorsque les quatre cobayes se réveillent, ils découvrent le public inerte. Comme un arrêt sur images. Pendant une heure, Kyle, Lily, Mrs O'Donnell et Mr Peterson tournent dans le village endormi comme des lions en cage. Ils ne trouvent aucune explication au phénomène. Et puis, miraculeusement, toute la foule a repris ses esprits. Kyle pense naïvement que la vie a repris son cours.

Non, non. Le cauchemar ne fait que commencer. Un cauchemar fait de faux-semblants et d'abrutissement total, en fait. Où l'on se demande ce qu'il se passe, ce que masque le black-out, pourquoi tous les gens de Millgrove ont reçu un traitement qui a lobotomisé leur cerveau, comment se fait-il que personne ne réagisse ou se souvienne de l'avant, pourquoi eux et pas les quatre autres ?! Le malaise s'accentue lorsque Kyle comprend qu'il devient le point dérangeant sur la carte. C'est un 0.4, a dit le docteur. Pas le temps de dire ouf, le garçon prend ses jambes à son cou. 

L'histoire a su me tenir dans ses filets pendant une large partie du roman, et même si c'est de l'action lente, avec quelques sursauts de suspense, je n'ai pas trouvé le temps long. J'étais curieuse de démasquer le pot-aux-roses, de comprendre le phénomène du 0.4, aussi scientifique et grotesque que cela puisse être. Las ! ça se termine en eau de boudin, notre histoire. J'avais bien détecté que ça virait au blabla, mais qu'il fallait en passer par là pour décoder le système. Néanmoins, je m'étais attendue à une fin plus bluffante et moins lisse, moins facile. C'est expédié comme une couche de beurre sur la tartine, avalé avec du café au lait et on oublie. Huh ? N'en faisons pas une déception déchirante non plus, parce que l'histoire n'est pas banale mais franchement bizarre, et rien que pour ça elle aurait pu mériter un minimun de respect pour son final. Ou un ersatz de feu d'artifice. (Il est annoncé que l'auteur travaille sur la suite, accordons-lui le bénéfice de nous surprendre encore !)

0.4 - Mike A. Lancaster
Nathan, coll. Blast, 2011 - 254 pages - 13,90€
traduit de l'anglais par Anne Delcourt

26/05/11

Rouge Rubis #1

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J'ai trouvé ce premier tome absolument captivant, et dès le départ j'ai été embarquée par son atmosphère délicieusement excentrique et mystérieuse. C'est l'histoire de la famille Montrose, de leur grande demeure de Berkeley Square et de tous leurs petits secrets qui se lèguent à travers les générations et que semble aujourd'hui partager Charlotte, la cousine de Gwendolyn (notre sémillante narratrice). Les deux filles sont en tout point différentes, l'une rousse, consciencieuse et douée pour les études, l'autre brune, étourdie, assez cruche et immature, ne jurant que par la pop culture (elle approfondit ses leçons en visionnant des tonnes de films et de séries tv !).

Toutes deux ont seize ans, Charlotte a depuis sa naissance été désignée comme étant "porteuse du gène" (celui de voyager dans le passé) et a reçu une éducation stricte et guindée pour "accomplir son destin". De son côté, Gwendolyn observe, commente, se moque avec gentillesse. Elle a bien assez avec ses propres visions (des esprits fantômes) et sa famille ne la prend pas au sérieux. Puis survient ce que personne n'attendait - ce n'est pas Charlotte qui s'évapore dans les airs, mais Gwendolyn ! C'est elle, l'ultime voyageuse, ce qui bouleverse toutes les données.

A partir de là, le lecteur plonge dans les longues explications et nous découvrons les arcanes du cercle privé formé par les Veilleurs. Comme Gwendolyn nous absorbons les révélations, les découvertes, accumulons le plus possible d'informations sur le chronographe, les voyages dans le passé, la motivation du comte de Saint-Germain et pourquoi deux autres voyageurs ont brutalement disparu en volatilisant la machine. Heureusement, ce premier tome ne se contente pas de poser les bases (même s'il est bien obligé de passer par là), il distille aussi les informations précieuses sur l'intrigue qui se tisse avec subtilité.

C'est un monde nouveau, peut-être fascinant et excitant, mais finalement dangereux et hypocrite. Nous le réalisons aux côtés de Gwendolyn, une héroïne charmante, sans retenue, qui prend la mouche dès que son nouveau partenaire de voyage la déconsidère avec hauteur. Gideon de Villiers est l'homologue de sa cousine Charlotte, il est prétentieux et autoritaire, se méfie de Gwendolyn (ce n'est pas de sa faute, sa mère a été complice des agissements du couple qui a disparu, et depuis les Veilleurs mettent en doute l'apparente naïveté de l'adolescente). Fort heureusement, leurs chicaneries apportent du piquant et font de ce couple improbable un duo irrésistible !

Que demander de plus ? Nous avons une ambiance londonienne, une richesse historique, des bonds dans le temps, des personnages attachants et drôles, des méchants et des gentils à n'en plus savoir, une réelle intrigue, généreuse et qui s'étoffe au fil des chapitres, beaucoup de mystères et de l'humour... Cette mise en bouche met véritablement en appétit ! Vivement la suite.

Rouge Rubis - Kerstin Gier  smileyc002
Milan, 2011 - 336 pages - 13,90€
traduit de l'allemand par Nelly Lemaire

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23/05/11

Vallée de sueur, vallée de larmes

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Un jeune fermier, un navajo, une danseuse de revue et un joueur de poker fauché répondent à une annonce publiée en page nécrologique d'un journal et deviennent tous les quatre les nouveaux agents Pinkerton (l'ancêtre du FBI, pour faire simple). Leur première mission consiste à démasquer le Chapardeur - un voleur sans scrupule qui dépouille les voyageurs du Transcontinental. Coup de bol, Neil et ses collègues arrêtent le lascar, récoltent les honneurs et s'apprêtent à repartir chacun chez eux.

Pourtant, c'est trop facile, Neil trouve ça louche et commence à douter. C'est alors qu'il est lui-même victime d'une agression dans le train et qu'il se retrouve en plein désert. De nouvelles rencontres l'attendent, de nouvelles découvertes aussi... L'intrigue, finalement pas si commune, va s'aventurer sur un terrain inattendu, celui du fantastique, où de vieilles légendes indiennes s'associent aux phénomènes étranges. Une fois la première surprise digérée, ça devient particulièrement grisant. L'histoire aussi dénonce des faits authentiques, comme les conquêtes des territoires de l'ouest et la construction de voies ferroviaires, impliquant l'exploitation de la main d'oeuvre chinoise, les massacres et les sacrifices de vies humaines.

Je ne pensais pas être follement enthousiaste de tout ceci au cours de ma lecture, mais l'ambiance western m'a tellement conquise. Et puis, l'histoire n'est finalement qu'une mise en bouche (tome 1 oblige), je ne doute pas qu'elle va chercher à se développer à travers les prochaines aventures - un deuxième livre est annoncé pour fin août. Certes, il y a quelques facilités et des maladresses, les personnages ne sont pas atypiques (ils sont brossés grossièrement pour certains) mais ils n'en sont pas moins sympathiques. Et puis, j'aime le cadre et l'ambiance, je lirai indéniablement la suite avec grand plaisir.

L'Agence Pinkerton, tome 1 : Le châtiment des hommes-tonnerres par Michel Honaker
Flammarion (2011) - 239 pages - 13€
illustration de Benjamin Carré

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19/05/11

La magie peut toujours se retourner contre vous.

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Quel étonnant roman, à la fois captivant et dérangeant ! Je ne suis pas sûre d'avoir aimé à la folie, mais je ne peux pas affirmer que j'ai détesté non plus. Il y a un vrai pouvoir d'attraction au-delà des lignes, à travers l'histoire du jeune garçon de seize ans et son parcours où le grotesque rencontre le sordide puis la sorcellerie. Le père du narrateur s'est remarié avec une femme tyrannique, qui l'accuse un jour d'avoir touché sa fille de huit ans. Le garçon ne cherche pas à se défendre et prend la fuite. Il trouve refuge chez le boulanger à deux pas de la maison, et contre toute attente, cet homme le cache dans son fournil et accepte de l'héberger sans aucune explication.

La vie à la boulangerie est étonnante, parfumée, sucrée, onctueuse. Les pâtisseries ravissent les palais des connaisseurs, servies par la charmante vendeuse répondant au doux nom d'Oiseau-Bleu. C'est un autre monde qui s'ouvre au garçon derrière les vitrines, un univers de sorcellerie où l'on commande par internet des gâteaux qui peuvent accomplir vos désirs, vos rêves, vos soifs de vengeance... Le boulanger n'est pas regardant, même s'il a quelques principes et n'hésite pas à hausser le ton lorsque des clientes sont prises de remords.

C'est une bulle dans une vie triste et solitaire, une existence marquée par le suicide de sa mère. Depuis, le garçon s'est renfermé, il souffre de bégaiement et s'est isolé derrière une façade d'indifférence que sa belle-mère cherche à fracasser à force d'autorité oppressive. Et cette affaire d'attouchements sexuels jette un froid, surtout lorsqu'on s'imaginait une histoire aussi veloutée que les préparations du boulanger. A force je ne savais plus sur quel pied danser - d'une part, j'étais enchantée et totalement séduite par le réalisme merveilleux, mais d'autre part j'étais mal à l'aise. Le fond est triste, accablant. L'histoire n'est nullement sucrée, mais amère en bouche. Et pourtant on y croque sans cesse un bout sans grimacer. Autant dire que c'est un roman troublant, mais obsédant.

Les petits pains de la pleine lune - Gu Byeong-mo
Picquier jeunesse (2011) - 194 pages - 17€
traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Pour les âmes sensibles, je recommande La boulangerie de la rue des dimanches d'Alexis Galmot.

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Avec un petit charme rétro qui n'est pas pour me déplaire. Vous raffolez de baguette pas trop cuite et de religieuse au chocolat ? Ce livre est pour vous ! On y trouve aussi une fée bleue, une horloge capricieuse, Les Quatre Saisons de Vivaldi et un garçon benêt mais sympathique.

Grasset-jeunesse (2011) par Alexis Galmot & illustrations de Till Charlier

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11/05/11

There are places where kids like me go. Sad kids, bad kids, bored kids, and lonely kids, kids that are different.

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Comme beaucoup d'autres lecteurs, j'attendais de ce roman une intrigue plus fantastique (Jem, l'héroïne de quinze ans, voit une succession de chiffres dès qu'elle pose le regard sur quelqu'un, et depuis ses six ans elle a compris que cela signifiait la date de la mort de la personne en question). Finalement, ce sera le seul détail "peu ordinaire" du roman, qui servira davantage à marginaliser la jeune fille, ballotée de foyer en foyer durant toute son enfance, et portant comme un poids mort ce don devenu une malédiction. Jem est une adolescente qui n'a pas une vie facile, et qui a choisi d'être seule, de s'isoler des autres jeunes, car elle refuse de s'attacher.

Vient la rencontre avec Spider, un camarade de classe beaucoup plus intrépide et fonceur qu'elle, au départ elle le fuit (surtout depuis qu'elle connaît "sa" date), mais tous deux ont beaucoup en commun et finissent par passer un temps fou ensemble. C'est ainsi qu'ils se rendent à la Grande Roue de Londres, où Jem comprend qu'un drame va arriver, et c'est en prenant la fuite qu'ils deviennent, pour les autorités, les principaux suspects de l'attentat. L'essentiel du roman se passe donc en course-poursuite, et non franchement je n'ai pas été embarquée dans l'aventure, je trouvais que c'était lourd et lent, déjà l'ambiance de départ était amère et sinistre, je ne vous raconte pas le moral au moment de la fin, j'étais éreintée.

Ce n'est pas un reproche non plus, chacun y trouvera son compte, mais en ce qui me concerne, ce n'était pas du tout mon envie du moment et j'ai été très déçue par cette lecture (atmosphère pesante, personnages peu attachants, à part la grand-mère Val). La suite doit paraître en vf le 18 mai, le résumé m'intrigue mais je me dis qu'il ne faudra plus espérer une histoire trop fantastique, sous peine de frustration. Wait and see.

Intuitions (tome 1) - Rachel Ward
Michel Lafon (2010) - 330 pages - 15,95€
traduit de l'anglais par Isabelle Saint-Martin

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