09/01/12

“The worst memories stick with us, while the nice ones always seem to slip through our fingers.”

MysoultosaveC'est moi ou ce tome ne sert à rien ?! Kaylee et Nash se rendent à un concert de rock au cours duquel la chanteuse vedette tombe raide morte. La stupeur les gagne alors qu'ils comprennent que la starlette n'avait plus d'âme. En fait, Kaylee, Nash et Tod découvrent qu'un trafic d'âmes a lieu avec le monde des ténèbres, et cela les frappe d'autant plus qu'ils souhaiteraient intervenir pour aider l'ex-petite copine de Tod. Donc, voilà une intrigue qui piétine, qui touche des personnages dont on se fiche un peu, parce qu'on ne les reverra probablement pas, et qui laisse le sentiment d'avoir lu un livre pour rien. Un deuxième tome qui tombe à plat, donc. La série ne décolle pas du tout ! Je me suis ennuyée, de plus je trouve l'histoire entre Kaylee et Nash complètement creuse ! 
Quelle amère déception.

My Soul to Save (Soul Screamers #2) - Rachel Vincent
Published December 2009  by Harlequin 

 

- disponible en VF en collection Darkiss : voleusedames


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08/01/12

"Kids today, they just want things to go fast-- boom boom BOOM."

passionLuce a donc choisi de tirer profit de sa découverte des Annonciateurs pour voyager dans le passé afin de mieux comprendre le sens de la malédiction qui la lie à Daniel. C'est une façon aussi d'en guérir, mais le chemin à emprunter est nébuleux. Au fil des époques et des cultures, Luce va de découvertes en surprises, pas toujours agréables, mais elle sent que ces voyages sont une expérience bénéfique. Elle est encouragée par Bill, une entité indescriptible (souvent il ressemble à une gargouille à l'humour canaille), qui l'assiste dans toutes ses excursions et l'encourage à dépasser ses limites. De son côté, Daniel tente de la rattraper et de sauver leur amour mais c'est toujours trop tard. Cette manie de se louper est finalement une bonne chose, j'en avais personnellement assez de suivre leurs parties de cache-cache à Sword & Cross ou à Shoreline, tout ça entrecoupées de déclarations bien mielleuses, hmm, ça en devenait un petit peu écoeurant. 
Ce tome 3 se révèle donc une agréable surprise. J'ai aimé les voyages dans le temps et le chemin emprunté par Luce, laquelle se montre plus attachante et sensible dans ce tome-ci. J'imaginais que ce livre serait une simple parenthèse au coeur de la série, mais il est plus utile que je ne le croyais car il explique des points essentiels concernant l'histoire d'amour, la malédiction, les personnages et leurs rôles à jouer. Je suis séduite par le charme de cette série, c'est doux, romantique et assez cliché, c'est vrai que c'est lassant à force d'être gnan-gnan, mais l'auteur a su créer un univers tellement fascinant que je ne peux que répondre présente pour le quatrième et dernier rendez-vous de la série. (A paraître en juin 2012, pour la VO.)

Passion (Fallen#3) - Lauren Kate
Bayard jeunesse, 2011 - traduit de l'anglais (USA) par Elisabeth Luc 

Ce roman met effectivement à l'honneur l'amour passionné et passionnel, ce qui est sujet à d'amples discussions, mais quand je lis des passages comme celui-ci, ma foi, je dis amen ! ;o)

"I don’t know how you can stand it. Over and over again, the same sadness—” 
He lifted her up. “The same ecstasy—” 
“The same fire that kills everything—” 
“The same passion that ignites it all again. You don’t know. You can’t remember how wonderful—” 
“I’ve seen it. I do know."

L'autre point fort de cette série, c'est bien entendu son esthétisme. Les couvertures sont superbes ! Voici pour le tome 4 : rapture

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29/12/11

"What if I was the sexual equivalent of popcorn? Suitable for light snacking only?"

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Kaylee Cavanaugh n'est pas folle. Elle voit des ombres, cela survient sans crier gare et cela touche des personnes qui décèdent peu de temps après, et à chaque fois cela lui donne envie de hurler. Son entourage pense la calmer en la gavant de petites pilules, en pure perte. 
Et c'est là qu'intervient Nash Hudson, le beau gosse du lycée, celui qui collectionne les conquêtes sans rougir. Cette fois il a jeté son dévolu sur Kaylee, la nana la plus quelconque des alentours. C'est forcément une blague. Elle est tentée de se méfier de lui, pourtant il a été témoin d'une de ses crises inexplicables et cela ne semble pas l'effaroucher. Au contraire, Nash a un don pour l'apaiser. Il ira même plus loin en lui avouant qu'elle n'est pas la simple humaine qu'elle imaginait, c'est une bean sidhe, ou banshee (celle qui pleure les morts et chante pour sauver leur âme). 
Je crois au potentiel de cette série, même si je trouve que ce premier tome souffre de sa position de leader en livrant une intrigue étalée, liée au fait qu'il faut planter le décor et les personnages. Implicitement il y a des passages longuets opposés à une histoire d'amour trop fulgurante, à mon goût, c'est assez bizarre. (Nash semble surgir dans la vie de Kaylee comme un beau diable sortant de sa boîte, la demoiselle est naïve et en pleine découverte de sa particularité, je suppose qu'elle est aussi bêtement aveuglée par le sex-appeal du garçon, à la réputation qu'on nous décrit comme étant sulfureuse, huhuhu. Pour l'heure j'attends encore de voir, c'est mignon, un peu plat et chaste.) 
J'ai bien apprécié le climat flippant quant à savoir pourquoi des adolescentes tombent comme des mouches, sans raison valable, si ce n'est (et c'est bien évidemment une supposition de notre héroïne) qu'un Faucheur doit oeuvrer dans l'ombre en faisant preuve d'un zèle remarquable. C'est comme ça qu'on fait connaissance avec un certain Tod, Grim Reaper de son état, et écorché vif devant l'éternel. Nash aussi semble le connaître et manifeste un agacement prononcé en sa présence. (On comprend un peu pourquoi à la fin, mais tout n'est pas expliqué non plus !) 
En bref, j'imagine que l'auteur avait besoin de temps pour placer toutes ses cartes afin de nous offrir une suite qui prendra plus de hauteur. Pour l'heure, c'est bien mais pas transcendant, à voir sur la distance donc.

My Soul to Take (Soul Screamers #1) - Rachel Vincent
Published August 2009 by Harlequin 

LUENVOLu en VO - 50 (objectif atteint, pour moi !)

- disponible en VF en collection Darkiss : detoutemoname

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27/12/11

“Sometimes life doesn't allow us to be free to fly wherever we'd like.”

"Vi?" Jag's soft voice called from the other room. I'd been soaking so long, the water in the tub was cold. I stepped out, careful not to get the book wet, and wrapped a towel around myself. 
"In here," I whispered. He had switched the lamp on and was rubbing his eyes when I came into the bedroom. 
"Hey." 
I slipped the book back onto the table next to his bed. "I didn't get it wet." 
"Not. That." His eyes raked over my only-towel-covered body with a hungry expression. 
"Knock it off." I pulled the towel tighter and returned to the bathroom. He followed me, putting his hand on the door before I could close it. I looked anywhere but at him. Lying fully clothed in bed with him was bad enough. 
I couldn't help it when I drank him in, starting at his feet and slowly creeping up to his neck, past his chin, lips, nose to his eyes. When I finally reached them, my heart clutched almost painfully. I swallowed hard and cleared my throat, playing with the end of my towel. 
"Vi, babe-" 
"Don't talk like that," I said. 
He smiled his Jag-winner. I took a shuddering breath and tried to focus. "Don't smile like that either. It's not fair." 
"Okay, then. Let's talk about being fair." He carefully wove his fingers through mine. The way he studied the ground was adorable. He took a few slow steps back into the bedroom, pulling me with him. 
"Jag-"

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Punie pour avoir été surprise dans un parc, alors qu'elle se baladait avec un garçon, Violet est conduite dans une cellule où un autre type poireaute depuis des lustres. Il s'appelle Jag Barque, c'est un vrai bad boy et il se moque bien des conséquences de ses actes. Il veut dénoncer le contrôle exercé par certaines puissances invisibles, réveiller les esprits endormis, d'où la forte connivence qui se crée entre lui et Violet. La jeune fille est également une rebelle, elle n'a jamais pardonné la disparition de son père puis la mort de sa soeur aînée. Depuis, elle est déchaînée et fait tout le contraire de ce qu'on attend d'elle. Forcément, quand Jag et Violet se rencontrent, ça fait des étincelles. Ils se découvrent, ils se plaisent mais ont un combat à mener. En même temps, Violet est confrontée à son passé et à ses secrets. Et implicitement elle est tenue prisonnière face à des choix qui seront lourds de conséquences.

Voilà un roman que je jugerai bien généreusement, puisqu'effectivement la lecture ne s'est pas fait sans heurt. Alors que l'intrigue promet monts et merveilles, au point de nous servir son lot d'actions et de péripéties plus d'une fois stupéfiantes, elle n'est pas non plus avare en détails confus et confondants. A dire vrai, l'ensemble peut paraître brouillon et on croirait que nos deux chéris, Vi et Jag, pédalent de temps en temps dans la semoule. Il faut bien cette fabuleuse alchimie entre eux pour adoucir nos sursauts récaltitrants, parce que, très franchement, ils forment un couple passionnel aux réparties suscitant souvent des gloussement de dinde ! Bah oui, je suis comme ça. ;) Et quand la fin décide de s'y mettre à son tour, ça vous met bien évidemment la tête à l'envers. 

Possession - Elana Johnson
Published June 2011 by Simon & Schuster

LUENVOLu en VO - 48

Un roman à découvrir en VO, car l'édition française propose une construction bancale et inexacte, laissant une impression fade, ce qui est dommageable pour l'histoire en elle-même.

17/12/11

Une vague idée qui peut donner quelque chose

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Un beau titre pour un roman qui promet son lot de petites perles. Eugénie Grandet est mise l'honneur lors d'une exposition de Louise Bourgeois, à laquelle se rendent les soeurs Pratt, Alice et Anne-Louise. Et c'est au cours de cette visite que la plus jeune, Alice, va réaliser ô combien elle étouffe de rester dans l'ombre de son aînée. Elle en tombe dans les pommes et c'est un charmant livreur de fleurs, Alphonse, qui vient à son secours. 
Dans la deuxième partie du roman, les soeurs Pratt se rendent chez leur grand-mère dans la Creuse. C'est une femme revêche, qui ne sourit jamais et ne manifeste aucun geste de tendresse. Elle est fermée et sèche. Mais cette fois, les relations vont être mises à plat, car Alice découvre la maladie de sa mamie et va la bousculer pour qu'elle rompe sa coquille. 
Et c'est ainsi qu'on se dirige vers la sortie, après un coup d'oeil sur la représentation de La Cerisaie de Tchekhov par l'inénarrable Max, l'amoureux d'Anne-Louise. Une dernière partie où le plaisir s'émousse, même si on conserve un jugement hautement satisfaisant de notre lecture globale. 
A vrai dire, j'ai aimé plus que tout le ton d'Alice, l'écriture de Shaïne Cassim. C'est juste, virevoltant, beau et poétique. Derrière chacune des considérations de l'adolescente (Alice est effectivement la narratrice), il y a toujours une part de vérité, de beauté, de grâce. Cela donne au roman un atout essentiel, parce que la séduction est évidente. Dès les premières pages, vous êtes conquis. Convaincus. Chaleureusement encouragés. Et vous tournez les pages de votre livre avec des regards amoureux. Alice Pratt est une héroïne authentique, elle est sentimentale et sensible, elle a aussi besoin qu'on la guide sans pour autant avaler toutes les belles paroles de sa soeur, tellement différente d'elle, car plus excentrique et volubile. 
Ce roman, c'est une relation entre soeurs. Une envie de s'affirmer. De rêver aussi. C'est vouloir se détacher des liens trop étroits, affronter le vide ou le manque (leur maman est partie à l'autre bout du monde). C'est dire qu'on aime les autres, qu'on les admire. Qu'on pardonne aussi. 
En bref, ce sont 180 pages intenses et troublantes.

Je ne suis pas Eugénie Grandet, par Shaïne Cassim
Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2011. Illustration de couverture : Hélène Millot. 

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14/12/11

“Life's not that simple. Not so easy to move on when the anger you've got is what keeps you going.”

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La lecture du tome 1 m'avait laissé une impression mitigée, j'ai cependant voulu donner une chance au suivant en m'appuyant sur la caution que le livre était meilleur. Bon, j'ai lu, j'ai vu et je n'ai toujours pas été convaincue ! Je ne sais pas, cette série me glace et me met mal à l'aise, je n'arrive pas à saisir pourquoi.

Place à l'histoire. Adam, le fils de Jem, a quinze ans et vit chez sa grand-mère depuis la disparition de ses parents. Lui aussi voit des chiffres, qui correspondent à la date de la mort des concernés. Et depuis quelque temps, le fait de découvrir la même date chez plusieurs personnes commence à le stresser. Janvier 2027, à Londres. Un drame se prépare. Pour l'heure, nous sommes au mois de septembre, Adam a repris le lycée où il a rencontré Sarah, une adolescente paumée, qui a frôlé la crise de panique dès qu'elle a posé les yeux sur lui. En fait, elle rêve de lui depuis des lustres. Dans ses rêves, il incarne le Mal, celui qui lui enlève son enfant pour se jeter dans les flammes de l'Enfer. Cette pensée l'horrifie. Et pour cause, nul ne le sait mais Sarah est enceinte (la pauvre vit une situation particulièrement malsaine, puisque c'est son propre père le coupable !). Elle se sent acculée et décide de fuir en trouvant refuge dans un squat. De son côté Adam est en guerre avec tout le monde, isolé et incompris, il ne sait plus comment agir pour faire bouger les choses. Seule certitude : la course contre la montre a commencé.

Encore une fois, le roman se repaît d'une ambiance sordide, désolante et démoralisante, où j'ai vraiment eu le sentiment de couler à pic. Rachel Ward prend peut-être son pied avec l'idée du sursis afin de mieux malmener son lecteur, mais se mettre dans la peau d'Adam ou de Sarah, puisque la narration est alternée, ne procure aucune exaltation bénéfique. Les enjeux sont énormes, c'est trop lourd à porter et on s'en lave les mains sans état d'âme. Le roman propose toutefois une autre perspective, puisque Adam va réaliser qu'il peut jouer avec les ficelles du destin, mais à quel prix ? C'est ce que révélera le tome 3, à paraître je ne sais pas quand. 

Intuitions (tome 2 : Chaos) - Rachel Ward
Michel Lafon, 2011. Traduit de l'anglais par Isabelle Saint-Martin

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12/12/11

Des animaux si placides et autonomes...

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Je m'attendais à un roman plus enfantin, et bien pas du tout ! Quelle bonne surprise ! Certes, des animaux sont au coeur de l'intrigue, mais leurs agissements et leurs pensées sont tellement calqués sur le modèle humain que ça en est confondant. Alors, on trouve des magouilles politiques, des kidnappings, des trahisons, des meurtres, de gros profits sur le dos des plus malheureux, des êtres égarés qui ne savent plus à quel saint se vouer... L'ambiance n'est pas à la fête, mais c'est justement ce climat sombre et sans pitié qui a su me captiver. 

A Foxboro, les renards crient famine et réclament auprès de leurs dirigeants de trouver une solution. N'y aurait-il pas dans les environs une forteresse de lapins, un garde-manger ô combien tentant pour des estomacs qui n'en peuvent plus de se tordre de douleur  ? Isaac, le vénérable directeur de l'administration de la ville, convoque son frère Harry pour une mission fortement monnayée. Il lui faut se rendre dans la forêt pour découvrir quel triste sort ont connu les éclaireurs précédemment envoyés afin de déterminer l'existence réelle, ou pas, des lapins. En chemin, il lui est notamment déconseillé de se rendre à l'Auberge de la Forêt ... il risquerait d'y faire des mauvaises rencontres. Un vison, par exemple. Un dénommé Gérard, très roublard à toujours vouloir arrondir les angles. Harry n'est pas un exemple de vertu non plus, aussi il sait toujours quand on cherche à le tromper. De toute façon, l'affaire confiée par son frère sent le mauvais plan pourri à des kilomètres à la ronde. Isaac et Harry se détestent depuis l'enfance, ils ont pris des chemins différents, aujourd'hui c'est juste par profit mutuel que tous deux se rencontrent. 

Et effectivement, il existe bel et bien une forteresse où sont planqués tous les lapins ! Eux aussi vivent au sein d'une communauté civilisée et hiérarchiquement organisée. Toutefois, depuis plusieurs mois, le climat est à la suspicion suite aux multiples disparitions de concitoyens. Le gouvernement veut arrêter les rebelles et leurs complices. Ce faisant, Quentin, un jeune lapin érudit, qui apprécie le confort et la routine, voit son existence bouleversée par la faute d'un ancien camarade d'école, Wally, qui prenait plaisir à le torturer. Il est de retour en ville et déterminé à se venger. Quentin doit à tout prix quitter l'enceinte protectrice de la forteresse, pensant trouver refuge auprès des rebelles, mais en chemin il va fourrer son museau dans une vaste escroquerie. 

J'ai beaucoup apprécié l'étonnante intrigue de ce roman, où les intentions les plus viles sont mises en scène, avec un certain humour noir. Même les personnages ne sont pas tous purs et nobles, mais opportunistes, craintifs et complices malgré eux. C'est une interprétation libre et intéressante de notre société corrompue par l'appât du gain, où il n'est pas dit que ce sont les meilleurs qui gagnent à la fin. Voilà un roman à lire, très vite et sans attente particulière. Ce fut un vrai plaisir !

La Forteresse des Lapins, par Linda Zuckerman
Seuil jeunesse, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Daniel Lemoine. 
illustration de couverture : Elizabeth Parisi 

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08/12/11

Avec des bagues aux doigts, des nœuds dans les cheveux.

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La vie de Sophie sans sa soeur Emily ne ressemble plus à rien. Juste du vide, un gouffre immense, impossible à combler. Toute communication avec la mère est rompue. Elles se fuient, l'une dans sa chambre pour maugréer ou se réfugier sur le toit d'une terrasse, l'autre dans son bureau, à bichonner sa collection d'objets perdus. Pourquoi tout ce gâchis ? 

C'est en parcourant son journal intime, entamé exprès dans l'exercice de sa thérapie, que nous suivons Sophie dans sa vie de tous les jours. C'est triste, on s'attache à ses secrets, on a envie de comprendre ce qui la ronge, on aimerait lui venir en aide, mais à la place on la perd. Sophie fait des crises de panique, elle est émotive et instable, elle se fâche avec sa meilleure amie, tombe amoureuse, s'accroche à ses souvenirs et porte un fardeau trop lourd pour elle. Comment vit-on en se sentant coupable, responsable de la perte d'un proche ? Comment accepter l'inacceptable ? 

Au milieu de ce brouillard, on trouve une petite éclaircie avec la poésie (et les cafés poétiques !). Sophie, qui pensait n'avoir aucune sensibilité artistique, découvre le pouvoir des mots. La poésie sert en effet à exprimer en quelques mots, quelques phrases, tout ce qu'on n'arrive plus à prononcer à voix haute. Et c'est ce long cheminement que le roman raconte, un travail de deuil, de reconstruction, de douleur et de remords que l'on absorbe (car ce n'est que vers la dernière partie du roman qu'on découvre exactement le drame qui a frappé cette famille). En attendant, c'est triste, c'est vrai, mais c'est une bonne tristesse pour tirer vers le haut, pour faire bouger les choses. Dans ce sens, cela fait du bien. J'ai juste pleuré à deux reprises, mais je ne pense pas que l'intention de l'auteur était de verser dans le pathos. C'est juste moi qui... Bref, après un premier roman bouleversant, cf. Ne t'inquiète pas pour moi, Alice Kuipers confirme avec ce roman doux et triste tout le bien que je pense d'elle. 

2 Filles sur le Toit par Alice Kuipers
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011. Traduit de l'anglais par Dorothée Zumstein. 

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05/12/11

Contes d'hiver

petite piqûre de rappel, 

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On pénètre dans ce roman comme dans un conte, c'est l'histoire de deux frères élevés comme des jumeaux, l'un d'eux va être enlevé. Nous sommes à Petite Terre, une île où on y trouve que des livres et de la neige. Pas besoin de chercher sur une carte, ni de situer dans le temps, c'est une histoire qui pourrait se passer ici ou ailleurs, une histoire qui n'a pas d'âge. Elle te touche, là, maintenant, et c'est le principal. 
Je conseille à tous ceux qui auront l'occasion de lire ce roman de ne pas aller à la pêche aux informations, de faire confiance à l'auteur exceptionnel qu'est Jean-Claude Mourlevat et d'ouvrir ce livre en acceptant de suivre le guide. 
Les 200 premières pages se lisent d'une traite, elles vous transportent à Petite Terre où le roi vient de mourir. Suivra alors une folle chevauchée où il sera question de séparation, de fraternité, d'amitié et de conquête. Les personnages sont attachants et semblent tout droit sortis de royaumes imaginaires et enchanteurs (un nain maniaque qui part à l'aventure avec son violon à l'épaule, une vieille sorcière qui mange les têtes de rat ou une femme aux yeux de louve qui vit pour l'amour exclusif d'un homme). 
Je pense d'ailleurs que toute la première partie est la plus belle, la plus envoûtante. La deuxième aussi est captivante, elle reprend les thèmes chers à l'auteur, que sont la guerre, la dramaturgie, l'absolutisme, le sacrifice, la rédemption. Forcément, à la fin, on ressent un petit pincement au coeur à l'idée de devoir quitter cette terre peuplée de personnalités inoubliables. Mais il nous reste le bonheur d'avoir lu et partagé un vrai, beau et grand roman. Comme seul JC Mourlevat a le mystère.

Le Chagrin du Roi Mort, par Jean Claude Mourlevatsmileyc002
Folio junior, coll. Pôle Fiction, 2011. 

Dans un registre tout aussi fascinant, il faut jeter un oeil à l'édition La Reine des Neiges illustrée par Stéphane Blanquet.

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Un petit côté sombre et effrayant pour un effet tout aussi envoûtant.

La Reine des Neiges, par H.C. Andersen - illustrations de Stéphane Blanquet.
Traduit du danois par P. G. La Chesnais. Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011.

15/11/11

« Parfois j’ai l’impression d’être Shrek qui a épousé la princesse Fiona. »

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Je ne remercie pas Anne Percin d'avoir sorti de son imagination un personnage comme Maxime Mainard, cela me fait prendre conscience que j'ai envie d'avoir de nouveau 18 ans pour rencontrer un énergumène de la même trempe. Terrible désillusion. 
Ceci étant dit, les retrouvailles avec Maxime ont été placées sous le signe de la réjouissance. Notre enfant du rock veut user les cordes de sa Fender mais désespère de trouver un endroit adéquat pour répéter. Ses parents demeurent sourds à ses protestations, qu'importe. Le chapitre des vacances insouciantes est déjà remisé au placard, même si Maxime a grapillé un Smartphone en bonus. 
Sa vie sentimentale est également au beau fixe, sa douce et tendre Pikachu est une rebelle à sa façon, douée en psychologie, elle gratine son chéri de répliques mordantes, mais le bougre a de la répartie. Et il peut s'attendre à des joutes corsées, puisque la belle est obstinée, jalouse et fonce tête baissée. Voilà un couple qui crée des étincelles ! Au moins, leur love story n'est pas fleur bleue, mais décapante. 
Et quel humour ! Maxime en use dans toutes les situations, régalant le lecteur de vannes parfois débiles, parfaitement efficaces. J'étais bidonnée dans mon coin en lisant tout ça. Ça et le fait que Maxime est drôlement calé en musique. Sa culture est étendue, pointue. Monsieur se défend d'être snob, il a pourtant des raisons de l'être. En tout cas, je suis en totale admiration. Complètement fan. 
Et je veux, s'il vous plaît, une nouvelle saison aux aventures de Max. C'est qu'on s'attache à ces bêtes-là...

Comment (bien) gérer sa love story, par Anne Percinsmileyc002
Rouergue, 2011. Photographie de couverture : Dorothy-Shoes.

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