12/07/11

Comment (bien) rater ses vacances

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Ah, ces ados... ! S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer parce que la vie serait tellement triste et banale sans eux. Imaginez un lascar de 17 ans, suffisamment brillant et intelligent pour décréter qu'il en a soupé des vacances en famille, qui décide de s'isoler chez sa grand-mère dans sa petite maison coquette du Kremlin-Bicêtre. Mais une série d'imprévus vont accompagner cette mise au vert, à commencer par la crise cardiaque de la mamie, d'une arrestation par les flics, d'une petite cuite avec des cerises à l'eau-de-vie, d'une légère indigestion avec des oignons ... de tulipe, et j'en passe. 

Comme tout ado qui se respecte, notre Maxime est un geek dans la peau, accro au net et à ses faux-semblants. Il fait ainsi la connaissance d'une Pikachu sur SpaceBook, qui dégaine plus vite que son ombre et qui pousse notre loustic dans ses retranchements. SEUL. Le mot est jeté. En l'absence de ses parents injoignables, Maxime va gérer seul l'hospitalisation de sa grand-mère, le stress d'un chauffe-eau en rade, le quiproquo avec les flics... TOUT.SEUL. On a beau trouver ce récit drôle et cynique, il n'empêche qu'il révèle aussi le mal du siècle qu'est la solitude, qu'on bazarde en surfant sur des réseaux sociaux pour créer l'illusion. 

Rassurez-vous, ce n'est pas une lecture à but philosophique ! Ce roman a pour simple vocation de divertir, il s'y emploie même très bien, nous offrant une lecture savoureuse des aventures mouvementées d'un adolescent en vacances et qui va apprendre, par la force des choses, à se prendre en charge comme un grand et sans faiblir. Toute ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite. ;)

Comment (bien) rater ses vacances - Anne Percin 
Rouergue, coll. doAdo, 2010 - 185 pages - 11,50€

** MAXIME WILL BE BACK IN NOVEMBER 2011 ! ** 

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11/07/11

"Wear your pain like lip gloss!"

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De retour de vacances, et pour un nouveau trimestre à Saint-Augustin, Calypso découvre avec horreur qu'elle devra partager sa chambre avec son ennemie jurée, Honey, et la très mystérieuse Portia. L'une et l'autre vont pourtant admirablement s'entendre, d'autant plus que ses meilleures amies, Star et Georgina, ne jurent plus que par la nouvelle élève, Indie. Les rouages de la jalousie commencent à grincer, et s'activent fébrilement lorsque Calypso réalise que ses petits chéris, Billy et Freddie, la battent froid et qu'il y aurait concurrence sur l'affaire en la personne de Portia ! Notre exquise américaine va alors être bornée et stupide en tombant dans le piège tendu par Honey, et cela va durer pendant des pages et des pages... Amitié, jalousie, même combat ! 

Ce deuxième tome est toujours drôle et pétillant, mais il est aussi extrêmement agaçant du fait de la personnalité puérile de Calypso. Son absence de jugeote rend la plupart de ses attitudes lamentable. C'en est même gênant ! De plus, la romance royale entre Calypso et le prince ne sert finalement que de fil rouge (ténu) tant le garçon est peu présent - bon, ok, son personnage n'est pas extraordinaire et encore moins crédible, et j'aime bien Billy dont on cherche, hélas, à se débarrasser bien trop facilement. Ceci, pour rappeler, qu'il s'agit avant tout d'une série qui parle d'histoires de filles et de pensionnat. On trouve en vrac des animaux comme doudous, de la vodka dans des flacons de Body Shop, des cours d'escrime ou de latin ou de littérature, des cigarettes fumées en toute clandestinité, un peu d'herbe, du Febreze, des Jelly Babies et du gloss, énormément de gloss, à dégainer à la moindre contrariété... Cela ne vole pas haut et c'est girly à souhait. J'en ai bien conscience, mais ça me plaît pour mes lectures de vacances. 

Les confidences de Calypso : 1. Trahison Royale - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2006 ou Pôle Fiction 2011 - 356 pages.
traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf

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08/07/11

Hollywood contre Windsor

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Calypso Kelly est une roturière, californienne de son état, inscrite dans une pension pour jeunes filles en Angleterre, essentiellement fréquentée par tout le gratin du royaume, et bien évidemment par le jeune prince héritier. Freddie est sexy, il tombe sous le charme de Calypso, qui n'en croit pas ses yeux. De toute façon, depuis son retour de vacances de Pâques, elle plane sur son petit nuage : elle est enfin copine avec les Divas, le groupe de filles toutes très snobs et pimbêches, et raconte à qui veut l'entendre qu'elle a une relation amoureuse avec l'assistant (gay) de sa mère. Son béguin pour Freddie lui attire les foudres d'une autre fille, la garce de service, dont la jalousie va plus que provoquer des éclairs, Calypso va véritablement vivre un enfer. 

Sans surprise, cette série collectionne les clichés autour des filles et des pensionnats, c'est niais, c'est creux, c'est affreusement girly et même la romance royale passe au second plan. Bref, il n'y a pas de quoi fouetter un chat ! Et pourtant j'ai lu d'une traite ce premier tome en me surprenant à ricaner plus d'une fois de bon coeur. C'est le double effet Kiss Cool : admettre la platitude de l'histoire, mais en savourer chaque miette malgré tout. C'est bon, la honte. Calypso n'est pas l'héroïne du siècle, son histoire ne figurera pas non plus dans les annales, mais on s'en fiche, car c'est drôle, dans le style chick-lit pour midinettes en détresse, et ça se lit facilement, surtout en vacances.

Les confidences de Calypso : 1. Romance Royale - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2005 ou Pôle Fiction 2011 - 258 pages.
traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf 

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28/06/11

Clandestine (Intruse #2)

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Nous retrouvons Fanny, la petite couturière de Vienne, et Frédéric, vicomte de Waldaw, en fuite après leurs folles péripéties survenues dans le précédent épisode, Intruse. Las, les amoureux sont séparés : Fanny a été enlevée par la reine des pirates, Padora, et vogue en Mer Noire tandis que Frédéric se trouve lui aussi aux mains de sinistres individus après avoir vaguement découvert le sort de sa douce. Sur plus de 300 pages, les amants vont vivre des situations abracadabrantesques chacun de leur côté, tout en cherchant à se retrouver ou tirer profit de leurs déconvenues (Fanny, essentiellement - la demoiselle n'a pas craché sur l'appât du gain et n'y renoncera pas facilement !). Car, autre rebondissement, nous découvrons l'héroïne cinq ans plus tard dans le lit du poète Pouchkine, affaiblie et sur ses gardes, mais livrant la confession de son récit avec un talent hors pair. 

Si le premier tome avait été un clin d'oeil appuyé au film, La Belle et l'Empereur, avec Romy Schneider, celui-ci est quelque part un hommage aux poèmes de Pouchkine - La Fontaine de Bakhtchisaraï, Le prisonnier du Caucase. Sans aucune prétention, bien entendu. Les aventures de Fanny et Frédéric sont toujours mouvementées et partent dans tous les sens, le cadre est également plus exotique, toutefois je me suis sentie moins embarquée. La lecture reste agréable et entraînante, mais l'ambiance m'a sincèrement moins séduite. Le couple étant séparé la majeure partie du roman (et leurs retrouvailles tardant à venir), j'ai suivi les nouvelles expériences de Fanny, toujours aussi folles et audacieuses, mais un brin trop exubérantes, avec un peu d'ennui et lassitude.

Je pense avoir apprécié Intruse pour sa fraîcheur et son magnifique cadre du palais de Vienne, l'ensemble était invraisemblable et cocasse, mais c'est ce qui faisait aussi son charme. Cette fois-ci, je ne sais pas pourquoi, je suis restée en retrait. Je n'ai, cependant, pas été indifférente à la personnalité de Padora, une femme fascinante, redoutable de rouerie, également le sosie troublant de Fanny, qui exercera sur elle un ascendant à la fois étrange et envoûtant. Padora n'a d'ailleurs pas dit son dernier mot, puisque la fin du roman suggère que nous retrouverons tout ce petit monde dans d'autres contrées et au coeur de bien étonnantes aventures ! (Du moins, je le suppose.)

Clandestine - Nicolas Jaillet
Hachette, 2011 - 345 pages - 13,90€ 
Merci N.J. !  

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23/06/11

L'obscurité et le silence

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Autant vous préparer à un tome 5 bouleversant et empreint d'une grande tristesse ! Parce que la réalité a rattrapé la fiction, parce que l'absence de Pierre Bottero pèse derrière chaque mot, l'ambiance du livre est vraiment à part. C'est beaucoup plus mélancolique, plus abrutissant aussi. Comme l'effet d'une claque qu'on ne s'attendait pas à recevoir. Le résultat est douloureux, flippant aussi, mais admirable malgré tout. J'ai plus d'une fois saisi un message caché derrière chaque phrase, comme si Erik L'Homme, seul aux commandes, s'adressait à son ami perdu. C'est en quelque sorte un hommage vibrant et pudique qu'il lui rend. Car ce n'était pas facile de reprendre le flambeau et de poursuivre une série débutée à quatre mains, la transition se déroule donc en 200 pages et elle est réussie. 

Nous avions quitté Jasper et Ombe filant sur la moto, le soir du réveillon de Noël. Nous retrouvons Jasper seul, désespéré et criant justice. Walter et mademoiselle Rose sont à son chevet, veulent l'aider en le protégeant, bien maladroitement, puisque le garçon de seize ans a besoin d'agir et refuse de s'apitoyer sur son sort. Il renoue très vite avec la magie et son humour un peu pourri, et c'est tant mieux car il ne faudrait pas sombrer dans le désoeuvrement non plus - par respect envers ceux qui sont partis trop tôt. Evidemment, cette lecture ne ressemble à aucune autre, il y a eu un écart malheureux et il a fallu absorber le choc, désormais le cap est franchi, les larmes essuyées, la série peut reprendre son cours en distillant de nouvelles révélations et une montée d'adrénaline qui remettent sur les rails. La suite paraîtra en octobre 2011 sous le titre : Ce qui dort dans la nuit.

5. Là où les mots n'existent pas - Erik L'Homme (A comme Association)
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 205 pages - 9,90€ 

à signaler : la parution en un seul volume de la trilogie Le Livre des Etoiles d'Erik L'Homme

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22/06/11

"Love never dies."

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Nouvelle ambiance avec ce tome 2 : nous partons en Californie dans une école baptisée Shoreline, et quittons avec regret la ténébreuse et très gothique Sword & Cross. La vie de Luce est encore une fois menacée, Daniel a donc choisi de l'isoler et de la placer sous la protection des nephilim. Or, cette séparation n'est pas du goût de la jeune fille. Elle a de plus en plus besoin de réponses et cherche à comprendre son passé. Elle découvre alors l'existence et le pouvoir des ombres (alias, les Annonciateurs) et fonce droit devant, sans réfléchir aux conséquences. 

Il faut tout de suite soulever le problème de cette saga - l'héroïne, Lucinda Price, est insupportable. (Elle me fait étrangement penser à Nora dans Hush, Hush de Becca Fitzpatrick.) C'est une demoiselle bien gentille, charmante mais qui n'existe qu'à travers sa relation amoureuse, laquelle est à mes yeux tellement sirupeuse que je trouve ça exaspérant. Résultat, c'est cousu de clichés et tellement immature, j'avoue avoir pris sur moi à plusieurs reprises. C'est donc la béquille de la saga - des personnages peu attachants et mous du genou, engoncés dans une histoire de passion interdite car maudite. Pff.

Au-delà cet aspect, l'univers est intéressant, l'ambiance à Shoreline est (pour moi) moins séduisante mais cela permet d'ouvrir les perspectives, d'élargir le tableau des protagonistes (Daniel et Cam sont moins présents, mais Shelby et Miles font leur entrée en fanfare), en plus de révéler un autre aspect des anges et des autres "créatures" environnantes. Même si je lui trouve des défauts, j'aime cette série pour son développement et ses idées, je pense d'ailleurs que le prochain tome - Passion - proposera un beau voyage dans le temps. C'est vrai que je me sens partagée quant à mes sentiments, souvent liés à des détails, mais subsiste un vrai plaisir de lecture qui ne se dément pas. Il faut juste maintenir ce fragile équilibre, en souhaitant in petto que les personnages gagnent tout de même en charisme.

Vertige (Fallen#2) - Lauren Kate
Bayard jeunesse, 2011 - 437 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Elisabeth Luc 

EN LIBRAIRIE LE 23 JUIN ! (Le tome 3 paraîtra en novembre.)

Concours jusqu'au 23 juin : remportez Vertige! chez Francesca 

15/06/11

"For me, reading is remembering."

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Lili souffre d'un mal étrange - elle n'a aucun souvenir du passé, tout s'efface à 4h33 tous les matins, par contre elle connaît le futur (cela se manifeste par des flashs soudains et inopportuns). La situation est terriblement embarrassante. Aussi, Lili construit sa vie autour de ses notes, qu'elle rédige scrupuleusement avant de s'endormir, afin de démarrer chaque journée de bon pied. Car Lili tente de mener une vie normale, elle se rend au lycée, n'a pas beaucoup d'amis, et pour cause, soit elle se replie sur elle-même, soit elle manque de diplomatie, du fait de ses visions du futur. (Elle tentera, par exemple, d'éviter à sa meilleure amie une désillusion sentimentale, hélas cela entraînera une brouille entre elles.)

Côté coeur, Lili n'a jamais songé à se donner du temps non plus jusqu'à ce qu'elle rencontre Luke. C'est le petit nouveau de l'école, il est craquant et il en pince sérieusement pour la jeune fille (qui s'effarouche, avant de tomber dans ses bras, mais veut préserver son secret donc elle fait semblant de n'avoir aucun problème et blablabla). La relation est très mignonne, et puis le garçon a un charme fou, cela contribue grandement à afficher un sourire de bécasse, croyez-moi ! Bref, tout ceci sent bon la bluette mijotée aux petits oignons mais le problème demeure - le cas de Lili est bizarre. A quoi est lié son mal ? à quoi correspondent ses cauchemars récurrents ? pourquoi son père a disparu de la circulation ? qu'a cherché à découvrir Lili en voulant rencontrer sa grand-mère ? parviendra-t-elle, un jour, à corriger sa mémoire défaillante ? devra-t-elle vivre longtemps avec ce handicap ?

Toutes ces questions ont été, pour moi, essentielles pour terminer ma lecture. Parce qu'à force, l'histoire se pelotonne sur elle-même pour ronronner de plaisir, mais l'intrigue stagne aussi. Et il faut admettre que ça devient un peu long et ennuyeux tout ça... Le dernier tiers du roman, par contre, nous bombarde d'anecdoctes toutes plus incroyables les unes que les autres, à tel point que ça n'a plus ni queue ni tête ! Il se passe trop de choses, trop d'explications hâtives, bref le dénouement est expéditif et incongru.

Dans l'ensemble j'ai trouvé ce roman intéressant mais bancal. Peut-être m'attendais-je à une lecture plus proche du film 50 First Dates (Amour et amnésie, en français. Avec Adam Sandler et Drew Barrymore), en plus de la guimauve romantique assumée, j'aurais souhaité un ton plus comique (ce qui est loin d'être le cas, car c'est plutôt triste et solennel). Les éditions de la Martinière ont misé gros sur ce roman, puisqu'il sort en même temps qu'aux USA, chacun jugera donc selon ses attentes, en ce qui me concerne je suis un peu déçue.

Forgotten - Cat Patrick
La Martinière J. (2011) - 297 pages - 13,90€
traduit de l'anglais (USA) par Céline Laurent

Francesca est plus indulgente.

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09/06/11

Le Clan de la louve

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Un roman espagnol, me suis-je dit, pour changer... Même pas. Si au départ l'écriture surprend par ses effets de lyrisme, l'histoire finit par tourner en rond et s'appesantir en détails, redites et autres longueurs. C'est tant pis pour moi.

Nous avons donc une adolescente de quatorze ans qui en paraît onze, Anaïd, laquelle se réveille un matin en découvrant l'absence de sa mère. Cette disparition n'est pas normale, et très vite toutes les amies proches de Séléné, la maman à la chevelure rousse, réputée pour ses frasques et son exubérance, accourent et font une tête de six pieds de long. Anaïd reste seule dans son coin, livrée à son désespoir, sa colère et son incompréhension. Elle en veut à Séléné de l'avoir abandonnée, juste au moment où elle a le plus besoin d'elle. En effet, son corps change. Les traces de l'enfance s'estompent, la jeune fille grandit et s'épanouit, de même commence-t-elle à percevoir d'étranges "sons" et à se douter que le départ de sa mère n'est pas anodin. Anaïd décide alors de la retrouver.

Car Séléné est l'élue de la lignée des Omar, des sorcières qui s'opposent depuis des temps anciens aux Odish, celles qui ont opté pour l'immortalité et le mal. Une prophétie a annoncé le retour du sceptre du pouvoir dès lors que l'élue apparaîtrait. Hélas, les filles d'Omar doutent de leur élue et pensent secrètement que Séléné a trahi leur clan pour rejoindre l'ennemi.

Voilà, en gros le résumé de ce premier tome. Oui, sans être follement originale, l'histoire de base est franchement sympa (sorcellerie, clans ennemis, guerre imminente, trahison, mensonge, passion & aventures, wow !). J'ai cependant trouvé que le parcours de la jeune héroïne, qui cherche à comprendre pourquoi sa mère a disparu et pourquoi on lui cache des choses sur sa lignée, était maladroit, confus et long, trop long, bref que ça finissait par occulter le reste de l'intrigue. Ou du moins, c'est ce que j'ai personnellement ressenti. Je ne suis pas sûre de lire la suite, qui paraîtra en décembre, d'autant plus que l'histoire trouve ici une fin tout à fait satisfaisante.

Le Clan de la Louve - Maite Carranza
Pocket jeunesse, 2011 - 362 pages - 16,90€
traduit de l'espagnol par Nathalie Nédélec Courtès

Le livre II, Le désert de glace, paraîtra en décembre 2011.

Concours Le clan de la louve : 5 livres à gagner jusqu'au 18 juin chez Francesca !

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07/06/11

Vivre équivaut à marcher d'un bout à l'autre des ténèbres, sur un pont de rêves.

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Nous sommes confrontés à une société du futur, où les voyages dans l'espace sont devenus monnaie courante, où la procréation assistée permet d'avoir des enfants beaux et intelligents, et où il est possible de se greffer une puce dans le cerveau qui vous dicte tout, aussi bien votre façon de penser, de communiquer ou de consommer. En gros, vous êtes complètement lobotomisés mais vous êtes le dernier au courant !

D'un côté, nous avons Titus et sa bande de potes. Ils sont bruyants, brouillons, insupportables, ils vivent l'instant présent, suivent les modes sans se questionner. De l'autre côté, il y a Violet, belle, fascinante, tout chez elle la rend différente des autres, au risque de passer pour une intello pimbêche. Elle incarne la résistance passive, en n'ayant reçu son interface que tardivement, la jeune fille a ainsi appris par elle-même, pu réfléchir, analyser, contester, ce qui est une nouveauté pour Titus.

En toute logique, ses discours détonnent, bousculent la masse groggy et abrutie, mais ils ne sont pas pris au sérieux. Le pouvoir de l'interface est redoutable, mais pas infaillible non plus. Titus et ses camarades ont été victimes d'une attaque pirate lors de leur voyage sur la Lune, et si tout le monde semble avoir fait peau neuve, seule Violet en conserve des séquelles qui la condamneraient tristement à une fin prématurée.

Hélas pour moi, je suis complètement passée à côté de cette lecture. C'est triste, c'est pessimiste (à la rigueur ça se défend), c'est également empreint d'amertume et de résignation, attaché à un personnage (Titus) franchement peu charismatique, car totalement déshumanisé. Cet univers de dystopie est froid, glacial, il dénonce une vérité sournoisement consentie (nous sommes vendus aux dieux de la consommation, what else?), mais impossible de mettre le doigt sur ce qui m'a vraiment dérangée. Quelle frustration.

Interface - M.T. Anderson
Gallimard, coll. Pôle Fiction, 2011 (first published October 2004)

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06/06/11

Être en vie, ça signifie parfois prendre des risques.

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J'avais besoin de changer d'air, après avoir brassé pas mal de lectures qui touchaient à des univers de dystopie (souvent sombres et oppressants), j'avais envie d'une histoire plus légère et distrayante. Mon voeu a été exaucé ! Le roman d'Alexandra Bullen est simple, romantique et touchant, j'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Olivia est une adolescente solitaire, qui souffre de l'absence de sa soeur jumelle, Violette, disparue trop tôt l'été précédent. Toute la famille a bousculé ses projets en s'installant à San Francisco pour fuir les souvenirs mais l'ambiance reste morose. Un peu par hasard, Olivia se retrouve dans la boutique d'une couturière qui lui promet une robe, puis deux autres, quand la jeune fille va découvrir qu'elles peuvent réaliser trois voeux. Aussitôt la vie d'Olivia va connaître un bel enchantement et sous l'impulsion du fantôme de sa soeur (oui, oui) elle va dépasser ses limites, affronter sa timidité, s'ouvrir aux autres, se faire des amis, tomber amoureuse (ah ! Soren...), prendre des décisions et assumer ses choix (briser une amitié naissante ou faire confiance aux battements de son coeur).

Sans mentir, c'est aussi bon qu'un roman de Sarah Dessen, le cadre de San Francisco est juste idyllique, ça donne envie de tout plaquer pour explorer la ville (sous la houlette de Soren), il règne aussi une ambiance bobo-chic qui n'est pas du tout agaçante, c'est dire comme le charme opère instantanément. A signaler, la petite touche fantastique (la magie, les voeux, le fantôme, etc.) est purement décorative car il s'agit davantage d'un roman sur le deuil et la reconstruction. C'est même extrêmement touchant de suivre le parcours d'Olivia et sa famille, au bord de la rupture, incapables d'avancer parce qu'ils sont encore trop englués dans le passé. En somme, voilà un livre sans prétention, où le charme et la fraîcheur sont une garantie de pur divertissement, et qui n'a pas volé son titre de conte de fées moderne.

Fais un voeu - Alexandra Bullen
Michel Lafon, 2011 - 317 pages - 14,95€
traduit de l'anglais (USA) par Josette Chicheportiche