22 octobre 2007
Le royaume d'Outrebrume, III. L'héritière d'Outrebrume - M.I. McAllister
Rappel des précédents épisodes :
Par une nuit étoilée, un drôle de bébé écureuil au pelage clair est recueilli sur le rivage de l'Île d'Outrebrume. Baptisé Oursin, le jeune orphelin grandit au milieu des écureuils, loutres, hérissons et taupes qui vivent en paix sur l'île, gouvernés par un roi juste et bon. Cette paix vole soudain en éclats le jour où un capitaine perfide, Bogue, décide de s'emparer de ce royaume prospère et de détourner sa richesse. Puis un drame survient, qui achève de plonger les habitants dans une profonde affliction : Culbute, le prince héritier, est assassiné. Le capitaine Crispin, qui vient de prendre Oursin comme page, est injustement accusé et condamné à l'exil.
Dans le tome 2, un mystérieux navire vient d'aborder l'île d'Outrebrume. La mission des ambassadeurs qui débarquent est de trouver et de ramener l'Ecureuil Marqué dont une ancienne prophétie a annoncé la venue. Tous les habitants de l'île sont dans la fièvre à l'approche du couronnement de Crispin. Mais les préparatifs sont interrompus par l'arrivée inopinée de visiteurs officiels venus d'une île voisine. Et l'on découvre peu de temps après qu'Oursin a été enlevé. Commence alors pour lui une captivité pénible dans une île inhospitalière gouvernée par des fous sanguinaires, et pour ses amis d'Outrebrume, une interminable attente.
Tome 3 :
Après les dernières palpitantes aventures, les îliens d'Outrebrume sont enchantés de vivre un instant de répit et de fêter le baptême de Chatoune, la fille du couple royal, Crispin et Cèdre. Cependant, ce moment de liesse ne sera qu'une brève parenthèse car de nouveaux raz-de-marée vont ravager le royaume et ses habitants.
D'abord, l'héritière disparaît. Puis une épidémie de typhoïde s'abat sur l'île, et enfin une pluie torrentielle suivie par une marée de boue vont finir d'abattre le moral des Capitaines du Cercle, du roi Crispin et des suivants, Oursin, Finaiguille et compagnie.
Et c'est dans le pire que naît souvent le plus dingue, avec le grondement des rumeurs, des mécontentements et le fait que Bogue, le tyran, soit ressuscité et responsable de tous ces malheurs !
Pour clore la trilogie, l'auteur Margi McAllister a donc décidé de se replier sur le royaume d'Outrebrume où le danger pointe de manière insidieuse. Dans ce tome, on croise les spectres de la folie, la vérité crue et dérangeante de la découverte des origines (je pense à l'écureuil Fingal, l'ami d'Oursin), à la jalousie, la bêtise et l'ignorance, au sentiment de peur, à la volonté de trouver un coupable, quitte à nommer un innocent dont le seul tort est de ne pas appartenir à Outrebrume depuis des générations et des générations !
L'action dans ce tome 3 est plus lente, parce que la menace est partout. Elle surprend les personnages principaux, tous plus attachants les uns que les autres, toujours conformes à l'évolution de la série. Et cela paraît presque irréel de fermer le livre, incapable d'imaginer qu'on abandonne les rivages d'Outrebrume pour de bon, qu'on laisse derrière soi Oursin et tous ses amis, qu'on ne sera plus à leurs côtés pour vibrer à toutes leurs passionnantes aventures !
Si vous ne connaissiez pas encore la série, n'hésitez pas à lire le tome 1 « Oursin des Etoiles » (disponible en folio junior).
Gallimard jeunesse, collection Hors Série Littérature. 360 pages. 13.00 €
Illustrations Omar Rayyan. Traduit de l'anglais par Philippe Morgaut. Dès 9 ans.
21 octobre 2007
Un ami qui vous veut (vraiment) du bien !
En 2006, apparaissait sur la "grande" scène littéraire le personnage de Bogueugueu. Je reprends ici l'avis du site Ricochet pour vous rappeler ou faire les présentations : Ce premier épisode d’une série qui voit une nouvelle collaboration entre Béatrice Fontanel et Marc Boutavant se présente sous la forme d'une chronique de la vie à l’école. Ferdinand Pompom y décrit l’arrivée de Basile Tambour, un nouveau élève qui se fait appeler par ses pairs « Bogueugueu » à cause de son défaut de prononciation. Subissant les moqueries de ses camarades et mis à l’épreuve dans les cours, ce petit homme devra trouver ses marques. Même s’il lâchera prise à un certain moment, Basile finira par y arriver et deviendra même l'ami de Ferdinand Pompon. Dans l’esprit du Petit Nicolas, un ouvrage bien mené où les enfants pourront s’y retrouver aisément.
Pourquoi tant ce cérémonie ? Mais parce que vient enfin de paraître le deuxième livre de cette série : Bogueugueu entre en sixième. Et croyez-moi, une rentrée comme celle que vont vivre nos deux compères, nombreux sont les collégiens à souhaiter la vivre !!!
Pour ce premier jour en sixième, Bogueugueu a décrété qu'il avait une laryngite et qu'il lui était donc im-po-ssi-ble d'ouvrir la bouche, de parler tout court. Un bon moyen pour faire l'anguille, suppose Ferdinand, un peu piqué que son meilleur copain ne joue pas franc jeu avec lui, plutôt que faire son cinéma. Qu'importe ! l'arrivée au collège va vite les prendre au dépourvu car, au lieu d'une salle de classe en bonne et due forme, nos collégiens sont accueillis dans un préfabriqué car l'école est en travaux. Et ça dure ! et ça fait un vrai chambard ! ... A tel point que le professeur de français, Madame Rosmorduc, va pousser sa classe vers la sortie et prendre ses aises dans un parc !
Etrange journée à l'horizon, pensent nos petits héros, bien heureux de la tournure des événements. Et ils se sentent tellement bien dans leurs baskets que Bogueugueu va se sentir l'envie de confier son handicap qu'est le béguaiement à travers une rédaction bien tournée, bien gentillette.
Les nouvelles aventures de Bogueugueu et son copain Ferdinand sont donc un condensé de jubilation, d'amitié et de solidarité, beaucoup d'humour et de légèreté. L'histoire montre qu'une rentrée au collège peut finalement être une journée atypique et merveilleuse, même si on a fort la trouille de franchir le cap (et c'est normal !).
Très belles illustrations de Marc Boutavant (qu'on retrouve aussi sur Ariol et Mouk par exemple) et qui accentuent l'impression de fraîcheur, de tendresse et de candeur.
A tenter !
Bogueugueu entre en sixième - par Béatrice Fontanel - illustrations de Marc Boutavant. Dès 6 ans.
Gallimard jeunesse. 48 pages. 9.00 €
Mon copain Bogueugueu.
20 octobre 2007
Histoires de l'esclavage racontées à Marianne
Chaque 10 mai est depuis 2 ans la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage en 1848. Une loi, la loi Taubira, a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité.
Pour expliquer cette tragédie aux enfants, l'écrivain Alain Foix a écrit un conte citoyen très imagé et accessible.
Marianne, jeune députée de Franche-Comté, va s'échapper de l'hémicycle du Parlement pour découvrir les coulisses de l'Assemblée nationale avec une chambre secrète, parfumée d'odeurs sucrées. Là elle y découvre des bustes de toutes les couleurs, puis une voix la cloue sur place. Une Marianne noire la hèle, l'invite à s'approcher et tendre l'oreille pour apprendre toutes leurs histoires de l'esclavage. Ils sont tous là, Toussaint Louverture, Victor Schoelcher, Delgrès, Dessalines, Victor Hugues, Sonthonax, l'abbé Grégoire, la Vénus Hottentote, la mulâtresse Solitude... Ils nous parlent de leur combat, de leur chant d'espoir, de leur rêve brisé. Ce sont tour à tour des cris de détresse, de colère et d'espérance. Des actes héroïques, une abnégation totale et la foi inébranlable dans le mot Liberté.
Attention, toutefois, au fantôme de l'Île de Gorée ! Il gronde avec son fouet dans la chambre des bustes, menace les martyrs avec son Code Noir sous le bras. Et Marianne, spectatrice, écoute, apprend, retient et va à son tour accomplir un grand geste au nom de la Liberté.
ll y a beaucoup d'intelligence et de simplicité dans cette lecture sur ce qu'était l'esclavage et comment il a été aboli. Bien entendu il s'adresse aux enfants, aux jeunes lecteurs mais il n'est pas interdit aux plus « grands » de s'y intéresser. Et souligner les grandes lignes : « Le racisme est une forme d'ignorance, un aveuglement qui peut frapper les gens les plus cultivés et les plus intelligents. Il vous empêche de voir les autres comme ils sont vraiment. On les maltraite comme s'ils étaient des objets, sans se soucier du mal qu'on leur fait. »
Le livre est accompagné d'un CD qui raconte l'histoire en la ponctuant de chants traditionnels créoles et de percussions. « Une mise en scène très dynamique ponctuée par les questions de la petite fille qui permet de faire revivre cette douloureuse époque, sans haine ni sensiblerie. »
Histoires de l'esclavage, racontées à Marianne - de Alain Foix - illustrations de Benjamin Bachelier. A partir de 8 ans.
Editions Gallimard jeunesse, coll. Giboulées. 52 pages. 14.50 €
19 octobre 2007
Du malheur d'être née dans une famille de sorcières
A onze ans, Verte découvre qu'elle est la fille d'une sorcière, et la petite-fille d'une sorcière. Impossible de passer entre les mailles du filet, elle aussi est une sorcière ! La sorcellerie est une transmission héréditaire, de mère en fille, et Verte doit absolument accepter son sort. Or, elle refuse. Catégoriquement. Peut-être, pour l'excuser, il faut reconnaître que Verte cumule les mauvais points. D'abord elle abhore son prénom qui est un peu trop décalé, marque de fabrique d'une mère trop originale et qui refuse de faire comme tout le monde, ensuite Verte craint de ressembler à cette mère qui dérange et ne cherche qu'à enquiquiner ses voisins, et enfin la jeune fille veut connaître son père, un certain Gérard porté disparu depuis la nuit des temps ! ...
Bref, le petit monde de Verte n'est pas celui du pays des Merveilles. Toutefois, Verte est bien entourée, mis à part sa mère Ursule qui bloque et dont les systèmes court-circuitent en matière d'éducation et de pédagogie. C'est auprès de sa grand-mère Anastabotte qu'elle va s'initier à son métier de sorcière (car oui, c'est du travail !). « Pour devenir sorcière, il ne suffit pas d'avoir un don. Il faut se donner du mal. Là comme ailleurs, le vrai secret, c'est le travail. Les jeunes sorcières doivent apprendre, lire et relire sans fin les manuels et s'exercer sous la direction d'une ancienne. »
Et en marge de ses soucis familiaux, Verte va aussi avoir « un amoureux ». Soufi est beau, gentil, il joue au football et va devenir le meilleur ami et le confident de la jeune fille. (Entre-temps, il va servir de cobaye aux premières expériences de sorcellerie, mais chut ! )
Ramdam chez les sorcières ! « Verte » est un ouvrage délicieux, drôle, le portrait d'une famille pas comme les autres, même si les apparences sont trompeuses, où les relations générationnelles sont aussi importantes que touiller ses potions dans la cocotte-minute ou jeter un sort d'Ombre Bleue du fin fond de l'atelier de la grand-mère ! Cette idée de sorcières échappe aux clichés, et c'est de plus très bien écrit par Marie Desplechin qui dope là le moral le plus cotonneux !
Une seule contrainte, désormais : lire la suite, « Pome » ! !
Ecole des Loisirs, collection Neuf. 180 pages. Illustration de couverture : Soledad Bravi. 7.50 €
Heureusement, le livre vient de paraître !
Ce roman est donc la suite de « Verte ». Il respire à nouveau la fraîcheur, l'humour et l'espièglerie. Il perd le bénéfice de la surprise et la nouveauté. C'est un peu du réchauffé qu'on nous sert, toutefois cela reste délicieux !
Verte vient de rencontrer une nouvelle amie, Pome, qui est également une sorcière. Sa mère Clorinda est revêche et bêcheuse, mais fanfaronne rien qu'à l'idée de savoir sa fille suivre l'enseignement de la grand-mère Anastabotte.
Dans ce livre, il y a plus d'éléments masculins, entre le père retrouvé et le grand-père gâteau. C'est une nouvelle communauté qui se forme, parmi laquelle on n'aime pas les mensonges, les omissions, la trahison. Jouer franc-jeu est le credo de Verte. Une nouvelle fois, elle va prouver qu'elle fait fi de la loi du silence des sorcières !
Verte va révolutionner le petit monde exclusivement féminin de la sorcellerie, et ces nouveaux tours de passe-passe promettent (qui sait ?) d'autres palpitantes aventures !
En finissant ce tome, on pressent qu'on abandonne Soufi un peu trop vite, qu'on espère des petites étincelles entre les deux grand-parents et puis ... où est donc passée Ursule, injustement en retrait dans ce livre ? !
Beaucoup de charme, de douceur, d'humour dans ce roman. J'aime infiniment la partie consacrée à Verte (chaque chapitre donne la voix à chaque personnage). J'ai apprécié les retrouvailles, mais je reste attachée au premier, « Verte », qui fut pour moi la vraie découverte !!!
Ecole des Loisirs, collection Neuf - 152 pages. Illustrations de couverture : Soledad Bravi. 8.50 €
Passons maintenant à une histoire de sorcières plus « traditionnelles » ...
J'en profite pour glisser une autre suggestion de lecture, toujours dans le domaine « sorcière / sorcellerie », avec ce titre qui appartient à la collection Mouche, c'est-à-dire « Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls ». Mais pour avoir testé et approuvé, je conseille aussi la lecture orale. C'est un livre qui s'y adapte parfaitement !
Le livre en question est donc « Cinq sorcières » de Nathalie Kuperman.
Ce sont en fait cinq petites histoires mettant en scène des sorcières : Crapeluche se penche sur les berceaux pour souffler ses mauvais sorts, Crimini adore le ragoût d'enfants, Joukipic s'échappe d'un cauchemar, Rapapouille souhaite remporter le grand prix de laideur et Clochemine veut soigner sa fille avec des chansonnettes stupides.
L'ensemble est sympathique, amusant et plein d'entrain. Des petites touches d'humour, de la caricature facile et légère, des clins d'oeil et des clichés à la pelle ... l'enfant aura plaisir à retrouver ses repères dans ces histoires pas mauvaises, qui ne font jamais peur (et qui me révèlent un auteur à encourager !).
Ecole des Loisirs, collection Mouche. 77 pages. Illustrations de Jean Luc Englebert. 7.50 €
18 octobre 2007
Sombres citrouilles - Malika Ferdjoukh
« Sombres citrouilles » est le roman de Malika Ferdjoukh paru peu avant la série des Quatre Soeurs, et au début il me semblait retrouver quelques points de repères, quelques pistes pour lancer la tétrade et le succès qu'on lui connaît ...
Bref, « Sombres citrouilles » se passe la journée du 31 Octobre dans une grande et vieille maison bourgeoise, La Collinière, où la famille Coudrier célèbre l'anniversaire de Papigrand, le patriarche. C'est aussi le rendez-vous hebdomadaire au cimetière depuis le décès brutal du fils aîné, Dimitri, noyé en pleine mer. Un drame pour Mamigrand !
Mais l'histoire commence dans le potager quand les enfants découvrent le corps sans vie d'un homme qu'ils ne connaissent pas. Le soupçons grapillent les esprits, les spéculations les plus folles les gagnent car ils ont tous vu ou entendu un truc suspect pour accuser un membre de la famille !
Alors il faut que la journée se passe sans heurts, qu'on cache le cadavre et qu'on y revienne plus tard. Demain, par exemple. Mais c'est difficile de maintenir le secret, de ne pas éveiller les soupçons, de fureter et de chercher des indices pour connaître QUI est le coupable !
L'histoire est racontée tour à tour par les personnages principaux, en de brefs paragraphes, mais les enfants ont le plus souvent la parole : Hermes, 13 ans 1/2, les jumelles Violette et Annette, Colin-Six Ans, et Madeleine, 15 ans. L'aventure est vécue de manière assez fantaisiste, plutôt légère, aidée de cette plume toute fraîche de Malika Ferdjoukh. Malgré le drame, l'intrigue est bien tournée, quelques perches sont tendues mais le roman est formidablement bien maîtrisé.
Et puis, le clash, en fin de parcours, avec la découverte d'une lettre. D'un coup, d'un seul, l'ambiance devient horrible, sombre, abominable, complètement en décalage avec la lecture générale. Personnellement j'ai été destabilisée, un peu décontenancée et j'ai apprécié moyennement ce gong final.
Cependant, cela n'alterne pas mon bonheur de lecture et je conseille de lire ce livre sans hésiter !
L'Ecole des Loisirs, coll. Medium - 222 pages. 8.50 €
13 octobre 2007
Le roi Arthur - Michael Morpurgo
Michael Morpugo réalise une adaptation assez respectueuse des légendes du roi Arthur, avec les chevaliers de la Table Ronde, Excalibur, la reine Guenièvre, Lancelot et la fin d'un royaume, d'un rêve appelé Camelot. L'histoire commence de nos jours, lorsqu'un petit garçon part pour une expédition périlleuse. Il risque sa peau, mais doit la vie sauve à un vieil homme qui vit dans une grotte avec son chien Bercelet. Âgé, barbu et coiffé de longs cheveux blancs, l'homme prétend s'appeler Arthur Pendragon, ancien suzerain de Bretagne, le roi Arthur de Camelot ! ... Il va lui raconter son histoire, coupée en cours de route par les exploits de trois chevaliers (Gauvain, Tristan et Perceval) en trois chapitres distincts, avant d'amener une fin inéluctable avec la chute de roi et la ruine de Camelot.
« C'est une longue histoire, une histoire de grand amour, de grande tragédie, de magie et de mystère, d'espoir, de triomphe et de désastre. C'est mon histoire, mais pas uniquement la mienne. »
La lecture de ce livre écrit par Michael Morpugo est très intéressante, pour qui ne souhaite pas se plonger dans Chrétien de Troyes, car l'histoire est fidèle, passionnante, retranscrivant à merveille l'atmosphère médiévale et chevaleresque de cette époque.
Un livre tout indiqué pour être étudié en classe, de plus !
Folio junior - 260 pages - Illustrations de Michael Foreman - Traduit de l'anglais par Noël Chassériau.
12 octobre 2007
Camelot - Fabrice Colin
Tout d'abord, je tiens à adresser un très GRAND merci à Lily pour la découverte de ce livre (découvrez son subtil billet ici !!!) et pour avoir eu la gentillesse de me l'envoyer !!!
Un roman tour à tour mystérieux et prenant, qui s'inspire de la légende du roi Arthur, de Camelot et des chevaliers de la Table Ronde...
Mais pas seulement ! Les sources d'inspiration se tournent également vers Le Grand Meaulnes, Les disparus de Saint Agil ou même Le cercle des poètes disparus.
Quatre amis vont partir à la quête du Graal pour aider un nouvel arrivant, Arthur de Beaufort, qui réunit à lui seul les qualités de charme, de séduction et de mystère.
De réunions secrètes en courses folles dans la forêt, dans un manoir où sont cachés des trésors historiques, entre trahison et loyauté, les quatre camarades vont découvrir le vrai sens du « Graal ».
Une quête absolue ? Pas tout à fait ! Il y a une précipitation de faits importants, graves, inquiétants et qui entraînent le lecteur dans cette succession de chapitres courts (idéal pour bâtir un rythme effréné !) et à la suite desquels on se trouve tout aussi échevelé !
J'ai beaucoup aimé l'atmosphère austère de ce pensionnat, peuplée de personnages à double face, et chargée en cachotteries mi-angoissantes, mi-palpitantes. L'empreinte des légendes arthuriennes apporte aussi son crédit à l'histoire, y mêlant ce sentiment entre songe et réalité.
Un petit miracle, un roman haletant, bref une lecture tout à fait réjouissante. Cependant, j'ai été un peu déçue par la fin mais cela n'altère pas l'enthousiasme général !
Mot de l'éditeur
Institut Saint James de B… Nathan a 17 ans. Il doit passer l’été à préparer son diplôme de fin d’étude, dans cet établissement prestigieux réservé à quelques privilégiés. Avec Éric, David et Mathis, ils forment un groupe d’amis fidèles, solidaires. Un soir, arrive un nouvel élève : Arthur. Sortant d’une longue limousine blanche, accueilli comme un prince par le directeur de l’établissement, il exerce immédiatement une fascination troublante sur les autres. L’un après l’autre, les trois amis de Nathan succombent à l’étrange pouvoir de séduction d’Arthur, ils disparaissent des nuits entières, sans que Nathan ne puisse rien savoir de leurs escapades nocturnes. Ils changent, lui échappent. Nathan décide de parler à Arthur, qui lui propose, s’il le souhaite, de devenir à son tour un chevalier de la Table ronde…
extrait :
« Camelot !
Le nom résonne encore tel un sésame. Camelot, la forteresse, les murailles blanches vertigineuses, Camelot la cité éternelle et le fracas des armes, les cavalcades lourdes, la plainte d'un cor doré au-dessus de l'océan vert !
Camelot était cela, et plus encore. Camelot était notre royaume. Camelot était cette cave secrète, sous la remise au coeur des bois (...). Camelot était cette cave, mais Camelot pouvait être n'importe quelle cave, n'importe quelle mansarde, une clairière même, une simple pièce oubliée, car ce qui faisait Camelot n'était pas un lieu : c'était l'esprit, c'était la foi, les chevaliers, c'était nous cinq, ad vitam aeternam. »
Seuil (jeunesse) - 200 pages - 9.50 € - A partir de 13 ans.
10 octobre 2007
Du nouveau chez Thierry Magnier !
Dans cette nouvelle collection dirigée par Mikaël Ollivier aux éditions Thierry Magnier, j'avais eu le grand plaisir de découvrir les deux livres de Brigitte Aubert et Jean Molla.
L'idée est de permettre aux jeunes lecteurs de goûter aux nouvelles, ce genre un peu « parent pauvre » de la littérature. Jean-Noël Blanc s'applique donc à expliquer, d'entrée de jeu, ce qu'est une nouvelle, sous la forme agréable et plaisante d'un exercice donné à une classe (de collège ?) afin de composer sur ce propos. L'idée, originale, a été vue et corrigée par Annie Saumont, qui a mis son grain de sel dans ce fort sympathique texte !
Pour le reste, le recueil se décompose de manière cocasse en : deux nouvelles policières, deux nouvelles sportives, quatorze expressos (des nouvelles courtes, d'une page au moins), deux nouvelles de fantaisie, deux nouvelles graves, vingt-quatre nouvelles en quatre lignes (qui allient l'humour à la vacherie, et la critique sociale à de belles acrobaties d'écriture), deux nouvelles en morceaux, deux clins d'oeil pour finir.
Autant reconnaître que l'ensemble est un peu inégal, c'est dommage. J'ai beaucoup aimé certaines tournures, mais je n'ai été pas aussi enthousiaste que lorsque j'avais découvert cette collection avec les deux livres précédemment cités.
Je retiens, cependant, qu'il y a beaucoup d'humour dans ce recueil. Un esprit plus plaisantin et farceur, mais personnellement j'avais préféré le côté frissonnant des textes de B. Aubert de J. Molla. A voir, donc.
Couper court, de Jean Noël Blanc - Editions Thierry Magnier - 214 pages - Octobre 2007. 9.50€
Et un petit livre chouchou pour finir :
Pour faire une bonne soupe de bébé, il faut un bébé bien dodu. Dépiautez-le, plongez-le dans l'eau tiède, puis nappez-le de savon doux. Ensuite mettez-le en papillotte dans une serviette-éponge moelleuse, séchez-le et assaisonnez. C'est prêt, bon appétit !
Amusant ?
Oui, et pas qu'un peu ! C'est très sincèrement une singulière façon de parler de son enfant, de lui clamer son amour. Et pour ce faire, Lili Scratchy a décidé de jouer sur le « régal » du bébé à travers la séance du bain. Jolie recette droit devant !!! A ce propos, « pour réussir cette recette digne des plus grands chefs, il faut avoir sous la main l'ingrédient principal j'ai nommé : Un Beau Bébé Dodu ! »
A lire le soir, succès assuré !
Ou comme dit Miss C., 7 ans : « ça explique comment s'occuper de son bébé, ça va m'aider pour quand je vais être maman ! » (sic)
La soupe de bébé, par Lili Scratchy - Thierry Magnier - 16 pages - 12 €
A lire du même auteur : Firmin Latouche (en collaboration avec Agnès Lacor)

05 octobre 2007
Vite fait, bien fait ... pour tous les goûts !
Un jeune détective indiscret + Une famille de malfrats renommés + Une très jolie fille = Une foule de ... Problèmes. Avec un P majuscule et un S après le E !
Fletcher Moon, 12 ans, est détective privé. Pour cela, il a suivi pendant deux ans les cours de la célèbre Bob Bernstein Academy, reçu un badge et une carte au nom de son père ... qui est semblable au sien. Heureuse coincidence. Jusqu'alors le garçon résolvait les petites embrouilles de ses camarades du collège, genre à la recherche de fraises Tagada égarées, et recevait les fonds de poche, entre bonbons ou chocolats, pour le récompenser de ses efforts. Et pour une fois, les choses vont changer quand la très ravissante Avril vient lui confier sa première Grande Enquête : remettre la main sur une mèche de cheveux appartenant à une star de la pop. Ce qui tombe bien, aussi, pour Fletcher Moon c'est que le principal suspect est aussi celui qui vient de lui chiper son précieux insigne de détective !
Cette nouvelle série du « papa » d'Artemis Fowl est engageante, plutôt destinée à un plus jeune lectorat (dès 8-10 ans, à mon avis). Beaucoup d'humour pour ce qu'on présente comme étant un pastiche du polar des années 50.
Les amateurs vont apprécier !
Fletcher mène l'enquête - Eoin Colfer ** Gallimard jeunesse - 333 pages - 12 € **
Un petit garçon se promène avec son père et rêve de grimper jusqu'à la cime des arbres pour voir au-delà du paysage, ce qui s'y cache, ce qui se promet... Mais le père freine son ardeur et l'emmène au moulin et à la ferme recueillir du miel. C'est bien beau tout ça, mais le soir dans son lit, le petit garçon rêve toujours qu'il grimpe dans les arbres, atteint le sommet et alors là ... son envie d'espace va être largement récompensée !
Ce livre doit s'offrir sans hésitation. C'est un beau texte, écrit par Jean Giono, une façon ainsi de renouer avec ses Classiques. A le lire, on y goûte le bien-être procuré par la nature, la bienveillance familiale, les rêves d'un petit garçon et l'envie des choses toutes simples. Cette promenade champêtre et littéraire est illustrée par François Place, autrement connu pour avoir immortalisé les traits de Tobie Lolness !
Un parfum de rêve et de liberté, un délice !
Le petit garçon qui avait envie d'espace - Jean Giono (illustré par François Place) ** Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - 37 pages. A lire dès 8 ans.
Peau noire, chevelure rousse et yeux violets sont les signes distinctifs des enfants Gaja, Myrième et Songo, deux soeurs et un frère qui vivent sur l'île aux chiens avec leur père Bob.
Depuis sept ans, ils mènent une existence recluse sur cette île, voulue par leur père qui souhaite les protéger contre la menace d'un enlèvement par les terribles Dalahos. Pourquoi ? Bob a promis de leur révéler toute la vérité le jour du quinzième anniversaire de Gaja. La date approchant, d'étranges événements se précipitent, dont l'arrivée soudaine de la nouvelle petite amie de Bob, la jeune Taruma, qui est le sosie de leur défunte mère !
Le récit est un chassé-croisé entre le présent et le passé et permet ainsi au lecteur de découvrir une étonnante histoire avec secrets familiaux, ombres menaçantes et quête initiatique doublé d'un roman d'aventures tout à fait époustouflant ! Lecture passionnante, dépaysante et totalement intriguante, une sacrée réussite par un auteur très prolixe, doué d'une écriture bien jolie et poétique.
A lire dès 12 ans.
L'île aux chiens - Jean Paul Nozière (illustrations de Sébastien Mourrain) ** Gallimard jeunesse, coll. Hors Piste - 155 pages. 8.50 € **
Connaissez-vous la série Lili Graffiti de Paula Danziger ? Pas encore ? N'hésitez plus à faire connaissance avec cette adorable petite fille, un peu pipelette, surtout très facétieuse et observatrice de son petit monde qui l'entoure.
Dans cet ouvrage qui concerne la fête de Halloween, Lili a décidé de ne pas parler de son costume à son meilleur ami Justin. Au coeur de ce livre, on y découvre aussi une journée d'école plutôt originale, des blagues entre copains, une petite brouille entre les parents (qui mine notre héroïne) et des missions fantômes à accomplir en catimini.
Une lecture réjouissante, très agréable à parcourir (seul ou avec votre enfant). Les aventures de Lili Graffiti remportent un gros succès, et puis les illustrations de Tony Ross illuminent ces petites histoires fort séduisantes !
Pour en savoir + sur Lili Graffiti : http://www.gallimard-jeunesse.fr/3nav/contenu.php?page=personnage&id_perso=40
Lili Graffiti se déguise - Paula Danziger (illustré par Tony Ross) ** Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - 50 pages **
04 octobre 2007
Un peu d'émotion dans ce monde de brutes ...
Cette nuit, Grand-Ma vient de mourir. William, 13 ans, et sa soeur Violette, 6 ans, apprennent la nouvelle mais ne pleurent pas. L'un et l'autre s'accusent de n'avoir pas de chagrin ou de ne rien ressentir. Et quand William s'emporte après un frelon qui lui tourne autour et le décapite avec le couteau à pain, Violette est effondrée et s'enfuit dans la forêt avec le corps de l'insecte mort.
Selon elle, c'est Grand-Ma qui a pris l'apparence d'une abeille. Car Grand-Ma aimait beaucoup raconter des histoires, comme celle d'avoir joué de la batterie dans un groupe de rock, The Velvet Underground. William sait très bien que leur grand-mère fabulait beaucoup et qu'il ne fallait pas prendre pour argent comptant tout ce qu'elle inventait. Aujourd'hui il aimerait que Violette le comprenne à son tour, sans que cela ne lui fasse de la peine.
Leur tête-à-tête dans la forêt sera donc un instant privilégié pour parler des émotions, du souvenir de l'être aimé et de la pudeur. « Les yeux qui chantent » est un roman d'à peine 60 pages où la tendresse, la poésie et la sensibilité sont très présents. C'est suffisamment bien raconté pour toucher le jeune lecteur. La part au rêve est également importante.
Editions du Rouergue - coll. doAdo - 60 pages / Octobre 2007. 6€ A partir de 10 ans.
A peine seize ans, et Gabi découvre qu'elle est enceinte. Au début, elle n'en parle pas, nie l'évidence et puis les semaines passent. Trois mois bientôt. Elle crache le morceau.
Hugo son frère en tombe des nues, tandis que sa petite copine Clara entre dans une colère noire et claque la porte de la maison. En dernier refuge, il y a Ninou la grand-mère, et les trois meilleures amies, les Mousquetaires.
Pendant neuf mois, Gabi va vivre sa grossesse avec ce mélange de naïveté et d'éblouissement, d'inconscience et d'effroi, de solitude et de désespoir. Depuis la mort de ses parents, Gabi pense manquer de quelque chose. Cela pourrait expliquer son besoin du petit être qui pousse dans son ventre. Aucun doute pour Gabi, ce sera une fille, une petite Léonore.
Ecrit sans fioritures mais avec beaucoup de tendresse, ce roman de Frédérique Niobey réussit un juste milieu à raconter la grossesse d'une jeune fille de 16 ans, sans condamner ni encenser. Tour à tour les moments de doute ou d'exaltation traversent le récit, avec une touche attachante et très personnelle. Parce que l'auteur déploie un style qui sort du ventre, du coeur, cela donne ce sentiment de petits cailloux qui dégringolent et qu'on ramasse, parce qu'on les aime bien.
J'ai éprouvé beaucoup d'affection pour Gabi. A travers elle, l'histoire aborde aussi le thème d'être une mère, d'être une femme et la manière d'en tracer les contours est bouleversante. C'est très beau, j'ai beaucoup aimé !
A partir de 12 ans.
Collection doAdo - 159 pages - Octobre 2007. 8.50 €



