26/01/12

Boys don't cry, but men do.

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Un garçon de 17 ans se retrouve avec un bébé sur les bras, lui qui envisageait de partir à l'université, paf ! son univers s'écroule. Dante est donc en colère, contre lui, contre son ex et contre la petite chose, Emma, qui vient lui pourrir l'existence. Pendant longtemps il va se tenir au garde-à-vous, en souhaitant secrètement que cette parenthèse se referme, mais le temps passe et il doit assumer ses responsabilités. 
Le ton froid et détaché de Dante donne la pleine mesure de son insensibilité et de sa rancoeur, c'est déstabilisant. Il n'est pas, mais alors pas du tout attendri par Emma, contrairement à son frère Adam et à son père Tyler, bougon en apparence, juste et droit en son âme et conscience. Tout de suite, on se faufile dans ce portrait de famille avec crainte et curiosité, la mère brille par son absence, son décès a été un coup dur pour tous, le sujet a été clos, car on évite d'évoquer les sujets trop sensibles. Chez eux, les garçons ne pleurent pas. 
En fait, ils évitent carrément d'aborder les questions qui fâchent. Adam est homosexuel et ne s'en cache pas, ses proches font l'autruche, jusqu'au drame. Tous ces événements font que, finalement, la famille devra se serrer les coudes, abattre les remparts et ne plus se contenter de partager le même toit. Pour la première fois, ils devront former une vraie famille. 
Le roman nous fait partager ces instants avec beaucoup de pertinence et sensibilité, sans tralala, pour rendre un portrait de famille aux contours flous, ce qui apporte authenticité, force et justesse à l'ensemble. Toutefois, il m'a manqué le petit truc en plus pour être pleinement conquise.

Boys don't cry, par Malorie Blackman
Milan jeunesse, coll. Macadam, 2011 / traduction d'Amélie Sarn. 

"Je ne sais pas ce que Papa attendait. Pensait-il que le simple fait de considérer cette chose allait me faire changer d'avis. Croyait-il que je me dirais d'un coup que cuire des steaks toute ma vie était finalement un petit prix à payer pour avoir la chance de chérir cette petite chose ? Espérait-il que j'allais soudain me mettre à l'aimer ? Eh bien, ça ne marchait pas. Je ne ressentais rien."


25/01/12

"You can't just turn your heart off like a faucet; you have to go to the source and dry it out, drop by drop."

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C'est un des premiers romans de Sarah Dessen, et franchement il est très beau, annonciateur de toutes les qualités qui seront sa marque de fabrique. Halley, bientôt seize ans, rentre de vacances en découvrant la mort d'un garçon dont sa meilleure amie Scarlett était amoureuse. (Quelques mois après, elle découvrira qu'elle est enceinte et fera tout pour garder son bébé.) De son côté, Halley est tombée folle amoureuse de Tristan Faulkner, un garçon très différent d'elle, et parce qu'il incarne l'interdit et l'impertinence, elle est attirée par lui. De fil en aiguille, elle se coupe de l'attention trop protectrice de ses parents, elle commet des petites bêtises et elle ment. Alors qu'elle entretenait une relation de confiance et de complicité avec sa mère, elle réalise qu'elle veut autre chose, vivre de nouvelles expériences, avoir ses propres opinions, mais le dialogue entre la mère et la fille passe mal.

Ouhlala. Voilà donc un très joli roman qui aborde, avec tendresse et douceur, les liens qui se tissent dans une vie, ceux avec nos parents, nos amis et nos amoureux. C'est souvent compliqué à gérer, mais il y a un temps pour tout. Halley doit apprendre à grandir en se cassant les dents, sa mère doit se tenir à distance mais garder un oeil sur elle, parce que c'est son rôle aussi, et en même temps celle-ci découvre ce que c'est de "redevenir" une fille lorsque sa propre mère vieillit et perd la tête. *Instant d'identification totale.*

Plus d'une fois je me suis sentie proche des personnages, parce qu'on commet tous des erreurs, on est trop ou pas assez présent pour les autres, on pense bien faire, et ce n'est pas vrai, ou on panique et c'est pire encore. Halley, qui se sentait comme une coquille vide, apprend donc à piocher des couleurs ci ou là pour donner une dimension à ce qu'elle est, selon ses goûts et ses propres attentes (non pas selon celles des autres, c'est tellement courant !). De manière générale, j'ai trouvé que ce roman donnait un vrai sens au fait de grandir et de devenir femme à travers les différents portraits croisés dans l'histoire. Vraiment, un très joli moment à partager.

Quelqu'un comme toi, par Sarah Dessen
Pocket jeunesse, 2011. Traduction de Véronique Minder. 
Merci Alya !  

“There are some things in this world you rely on, like a sure bet. And when they let you down, shifting from where you've carefully placed them, it shakes your faith, right where you stand.” 

10/01/12

“Words have power? That sounds like you're into some Harry Potter juju.”

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Je ne le cache pas, au début ce n'était pas gagné avec cette série de Chloe Neill. Même si j'appréciais son univers, je ne trouvais pas qu'elle tirait son épingle du jeu. On y trouve donc une école privée pour jeunes filles riches, des jupes écossaises, des pestes délicates et surfaites, une coloc de chambre idéale, des secrets, et tout le toutim. Ajoutez une héroïne qui débarque à Chicago avec le sentiment d'avoir été lâchement abandonnée par ses parents (en congé sabbatique, pour deux ans, et exilés en Allemagne), vous voyez le tableau.

Déjà la mise en place était aguichante, sans tomber dans la folle excitation. J'étais curieuse, intriguée de savoir ce que signifiaient les réunions dans les souterrains de la ville auxquelles participent Scout et d'autres camarades. Et puis Lily, l'héroïne, choisit de bousculer son destin en fourrant son nez où il ne faut pas, et l'histoire prend enfin un tour intéressant. Il existe bel et bien un monde caché, sous les couches de Chicago, et une poignée de jeunes gens a pris le sort de l'humanité entre leurs mains, grâce aussi à des pouvoirs spécifiques, mais ceci est une autre page à découvrir.

Le roman s'épluche comme une pomme, ça tournicote pas mal dans les premiers chapitres, ça se cherche, ça tâtonne avant de permettre d'apercevoir une belle éclaircie. Certes, ce n'est pas une lecture à couper le souffle, qui propose des choses nouvelles, mais c'est tout de même une série de Chloe Neill, ce qui est fort appréciable à mon sens.

Amateurs de sa série des Vampires de Chicago, vous apprécierez forcément de renouer avec ses dialogues efficaces et pertinents, aux réparties cyniques et drôles. L'auteur est douée pour ça, une nouvelle fois elle le prouve et ça se savoure. C'est une grande amoureuse de la ville de Chicago, une accro à la pop-culture, et en matière de références on se régale avec les clins d'oeil à Urgences, Buffy ou Gilmore Girls. Les personnages sont également bien brossés, l'héroïne n'est pas une bécasse naïve qui perd un neurone en rencontrant le beau gosse du jour. Elle a du sarcasme à revendre, elle est séduite mais ne s'en laisse pas conter. Une jolie romance est à prévoir, mais pour l'instant c'est encore timide. Et pas sûr que le potentiel présenté demeure l'unique choix de la demoiselle ! Bref, cette série a fini par me captiver et j'ai parcouru les derniers chapitres avec un sourire ravi aux lèvres. Le tome 2 sortira début mars 2012.

Dark Elite 1. Magie de feu - Chloe Neill
Castelmore, 2012. Traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 

EN LIBRAIRIE LE 13 JANVIER !

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Teaser Tuesday #37

- Dis, est-ce que c'est vrai que Malcolm est le genre de beau roux absolument craquant ? demanda Star avec une certaine excitation.
- Tu devrais savoir que les deux sont incompatibles, chérie, persifla Honey du haut de son lit.
- Tu dis ça parce que tu es jalouse, rétorqua Star agacée.
- Mais pas du tout ! Ton problème, chérie, c'est que tu persistes à croire que le roux ça peut être beau, répliqua Honey perfidement, en fixant avec une insistance insultante la chevelure couleur orange de Star. 

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Troisième et avant-dernier tome de la série des Confidences de Calypso. Vous vous rappelez ? Cette jeune américaine suit des études dans un pensionnat anglais et est tombée folle amoureuse du prince Freddy (héritier de la couronne, excusez du peu !). Cette fois, les catastrophes s'enchaînent avec l'arrivée de sa mère, en pleine crise conjugale. Son attitude frise l'hystérie, si bien que Sarah ne cesse de s'adresser à sa fille comme si elle était encore un bébé. De plus, Bob, son père, s'en fiche complètement et veut terminer Le Grand Truc, à savoir son manuscrit qu'il peaufine depuis deux ans. Calypso a bien d'autres chats à fouetter et veut préserver sa vie amoureuse, elle prend donc des mesures radicales pour éviter que son chéri rencontre sa mère estampillée folle à lier. Les quiproquos ne font que se succéder et le jeune couple connaît une nouvelle traversée du désert. Pensant calmer le jeu, Calypso ira même jusqu'à se faufiler en pleine nuit dans les couloirs de Eades, l'école pour garçons, en petite tenue et complètement pompette. Attention, plaie ambulante ! Ce troisième tome collectionne les scènes risibles, mais abuse aussi avec le côté foldingue de la mère. Bon point pour le professeur Prackmar et soeur Regina, pour moi le seul duo de choc de cette série. 

Les confidences de Calypso : 3. Duel Princier - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2007 ou Pôle Fiction 2012 - traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf.

09/01/12

“The worst memories stick with us, while the nice ones always seem to slip through our fingers.”

MysoultosaveC'est moi ou ce tome ne sert à rien ?! Kaylee et Nash se rendent à un concert de rock au cours duquel la chanteuse vedette tombe raide morte. La stupeur les gagne alors qu'ils comprennent que la starlette n'avait plus d'âme. En fait, Kaylee, Nash et Tod découvrent qu'un trafic d'âmes a lieu avec le monde des ténèbres, et cela les frappe d'autant plus qu'ils souhaiteraient intervenir pour aider l'ex-petite copine de Tod. Donc, voilà une intrigue qui piétine, qui touche des personnages dont on se fiche un peu, parce qu'on ne les reverra probablement pas, et qui laisse le sentiment d'avoir lu un livre pour rien. Un deuxième tome qui tombe à plat, donc. La série ne décolle pas du tout ! Je me suis ennuyée, de plus je trouve l'histoire entre Kaylee et Nash complètement creuse ! 
Quelle amère déception.

My Soul to Save (Soul Screamers #2) - Rachel Vincent
Published December 2009  by Harlequin 

 

- disponible en VF en collection Darkiss : voleusedames


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08/01/12

"Kids today, they just want things to go fast-- boom boom BOOM."

passionLuce a donc choisi de tirer profit de sa découverte des Annonciateurs pour voyager dans le passé afin de mieux comprendre le sens de la malédiction qui la lie à Daniel. C'est une façon aussi d'en guérir, mais le chemin à emprunter est nébuleux. Au fil des époques et des cultures, Luce va de découvertes en surprises, pas toujours agréables, mais elle sent que ces voyages sont une expérience bénéfique. Elle est encouragée par Bill, une entité indescriptible (souvent il ressemble à une gargouille à l'humour canaille), qui l'assiste dans toutes ses excursions et l'encourage à dépasser ses limites. De son côté, Daniel tente de la rattraper et de sauver leur amour mais c'est toujours trop tard. Cette manie de se louper est finalement une bonne chose, j'en avais personnellement assez de suivre leurs parties de cache-cache à Sword & Cross ou à Shoreline, tout ça entrecoupées de déclarations bien mielleuses, hmm, ça en devenait un petit peu écoeurant. 
Ce tome 3 se révèle donc une agréable surprise. J'ai aimé les voyages dans le temps et le chemin emprunté par Luce, laquelle se montre plus attachante et sensible dans ce tome-ci. J'imaginais que ce livre serait une simple parenthèse au coeur de la série, mais il est plus utile que je ne le croyais car il explique des points essentiels concernant l'histoire d'amour, la malédiction, les personnages et leurs rôles à jouer. Je suis séduite par le charme de cette série, c'est doux, romantique et assez cliché, c'est vrai que c'est lassant à force d'être gnan-gnan, mais l'auteur a su créer un univers tellement fascinant que je ne peux que répondre présente pour le quatrième et dernier rendez-vous de la série. (A paraître en juin 2012, pour la VO.)

Passion (Fallen#3) - Lauren Kate
Bayard jeunesse, 2011 - traduit de l'anglais (USA) par Elisabeth Luc 

Ce roman met effectivement à l'honneur l'amour passionné et passionnel, ce qui est sujet à d'amples discussions, mais quand je lis des passages comme celui-ci, ma foi, je dis amen ! ;o)

"I don’t know how you can stand it. Over and over again, the same sadness—” 
He lifted her up. “The same ecstasy—” 
“The same fire that kills everything—” 
“The same passion that ignites it all again. You don’t know. You can’t remember how wonderful—” 
“I’ve seen it. I do know."

L'autre point fort de cette série, c'est bien entendu son esthétisme. Les couvertures sont superbes ! Voici pour le tome 4 : rapture

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29/12/11

"What if I was the sexual equivalent of popcorn? Suitable for light snacking only?"

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Kaylee Cavanaugh n'est pas folle. Elle voit des ombres, cela survient sans crier gare et cela touche des personnes qui décèdent peu de temps après, et à chaque fois cela lui donne envie de hurler. Son entourage pense la calmer en la gavant de petites pilules, en pure perte. 
Et c'est là qu'intervient Nash Hudson, le beau gosse du lycée, celui qui collectionne les conquêtes sans rougir. Cette fois il a jeté son dévolu sur Kaylee, la nana la plus quelconque des alentours. C'est forcément une blague. Elle est tentée de se méfier de lui, pourtant il a été témoin d'une de ses crises inexplicables et cela ne semble pas l'effaroucher. Au contraire, Nash a un don pour l'apaiser. Il ira même plus loin en lui avouant qu'elle n'est pas la simple humaine qu'elle imaginait, c'est une bean sidhe, ou banshee (celle qui pleure les morts et chante pour sauver leur âme). 
Je crois au potentiel de cette série, même si je trouve que ce premier tome souffre de sa position de leader en livrant une intrigue étalée, liée au fait qu'il faut planter le décor et les personnages. Implicitement il y a des passages longuets opposés à une histoire d'amour trop fulgurante, à mon goût, c'est assez bizarre. (Nash semble surgir dans la vie de Kaylee comme un beau diable sortant de sa boîte, la demoiselle est naïve et en pleine découverte de sa particularité, je suppose qu'elle est aussi bêtement aveuglée par le sex-appeal du garçon, à la réputation qu'on nous décrit comme étant sulfureuse, huhuhu. Pour l'heure j'attends encore de voir, c'est mignon, un peu plat et chaste.) 
J'ai bien apprécié le climat flippant quant à savoir pourquoi des adolescentes tombent comme des mouches, sans raison valable, si ce n'est (et c'est bien évidemment une supposition de notre héroïne) qu'un Faucheur doit oeuvrer dans l'ombre en faisant preuve d'un zèle remarquable. C'est comme ça qu'on fait connaissance avec un certain Tod, Grim Reaper de son état, et écorché vif devant l'éternel. Nash aussi semble le connaître et manifeste un agacement prononcé en sa présence. (On comprend un peu pourquoi à la fin, mais tout n'est pas expliqué non plus !) 
En bref, j'imagine que l'auteur avait besoin de temps pour placer toutes ses cartes afin de nous offrir une suite qui prendra plus de hauteur. Pour l'heure, c'est bien mais pas transcendant, à voir sur la distance donc.

My Soul to Take (Soul Screamers #1) - Rachel Vincent
Published August 2009 by Harlequin 

LUENVOLu en VO - 50 (objectif atteint, pour moi !)

- disponible en VF en collection Darkiss : detoutemoname

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27/12/11

“Sometimes life doesn't allow us to be free to fly wherever we'd like.”

"Vi?" Jag's soft voice called from the other room. I'd been soaking so long, the water in the tub was cold. I stepped out, careful not to get the book wet, and wrapped a towel around myself. 
"In here," I whispered. He had switched the lamp on and was rubbing his eyes when I came into the bedroom. 
"Hey." 
I slipped the book back onto the table next to his bed. "I didn't get it wet." 
"Not. That." His eyes raked over my only-towel-covered body with a hungry expression. 
"Knock it off." I pulled the towel tighter and returned to the bathroom. He followed me, putting his hand on the door before I could close it. I looked anywhere but at him. Lying fully clothed in bed with him was bad enough. 
I couldn't help it when I drank him in, starting at his feet and slowly creeping up to his neck, past his chin, lips, nose to his eyes. When I finally reached them, my heart clutched almost painfully. I swallowed hard and cleared my throat, playing with the end of my towel. 
"Vi, babe-" 
"Don't talk like that," I said. 
He smiled his Jag-winner. I took a shuddering breath and tried to focus. "Don't smile like that either. It's not fair." 
"Okay, then. Let's talk about being fair." He carefully wove his fingers through mine. The way he studied the ground was adorable. He took a few slow steps back into the bedroom, pulling me with him. 
"Jag-"

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Punie pour avoir été surprise dans un parc, alors qu'elle se baladait avec un garçon, Violet est conduite dans une cellule où un autre type poireaute depuis des lustres. Il s'appelle Jag Barque, c'est un vrai bad boy et il se moque bien des conséquences de ses actes. Il veut dénoncer le contrôle exercé par certaines puissances invisibles, réveiller les esprits endormis, d'où la forte connivence qui se crée entre lui et Violet. La jeune fille est également une rebelle, elle n'a jamais pardonné la disparition de son père puis la mort de sa soeur aînée. Depuis, elle est déchaînée et fait tout le contraire de ce qu'on attend d'elle. Forcément, quand Jag et Violet se rencontrent, ça fait des étincelles. Ils se découvrent, ils se plaisent mais ont un combat à mener. En même temps, Violet est confrontée à son passé et à ses secrets. Et implicitement elle est tenue prisonnière face à des choix qui seront lourds de conséquences.

Voilà un roman que je jugerai bien généreusement, puisqu'effectivement la lecture ne s'est pas fait sans heurt. Alors que l'intrigue promet monts et merveilles, au point de nous servir son lot d'actions et de péripéties plus d'une fois stupéfiantes, elle n'est pas non plus avare en détails confus et confondants. A dire vrai, l'ensemble peut paraître brouillon et on croirait que nos deux chéris, Vi et Jag, pédalent de temps en temps dans la semoule. Il faut bien cette fabuleuse alchimie entre eux pour adoucir nos sursauts récaltitrants, parce que, très franchement, ils forment un couple passionnel aux réparties suscitant souvent des gloussement de dinde ! Bah oui, je suis comme ça. ;) Et quand la fin décide de s'y mettre à son tour, ça vous met bien évidemment la tête à l'envers. 

Possession - Elana Johnson
Published June 2011 by Simon & Schuster

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Un roman à découvrir en VO, car l'édition française propose une construction bancale et inexacte, laissant une impression fade, ce qui est dommageable pour l'histoire en elle-même.

17/12/11

Une vague idée qui peut donner quelque chose

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Un beau titre pour un roman qui promet son lot de petites perles. Eugénie Grandet est mise l'honneur lors d'une exposition de Louise Bourgeois, à laquelle se rendent les soeurs Pratt, Alice et Anne-Louise. Et c'est au cours de cette visite que la plus jeune, Alice, va réaliser ô combien elle étouffe de rester dans l'ombre de son aînée. Elle en tombe dans les pommes et c'est un charmant livreur de fleurs, Alphonse, qui vient à son secours. 
Dans la deuxième partie du roman, les soeurs Pratt se rendent chez leur grand-mère dans la Creuse. C'est une femme revêche, qui ne sourit jamais et ne manifeste aucun geste de tendresse. Elle est fermée et sèche. Mais cette fois, les relations vont être mises à plat, car Alice découvre la maladie de sa mamie et va la bousculer pour qu'elle rompe sa coquille. 
Et c'est ainsi qu'on se dirige vers la sortie, après un coup d'oeil sur la représentation de La Cerisaie de Tchekhov par l'inénarrable Max, l'amoureux d'Anne-Louise. Une dernière partie où le plaisir s'émousse, même si on conserve un jugement hautement satisfaisant de notre lecture globale. 
A vrai dire, j'ai aimé plus que tout le ton d'Alice, l'écriture de Shaïne Cassim. C'est juste, virevoltant, beau et poétique. Derrière chacune des considérations de l'adolescente (Alice est effectivement la narratrice), il y a toujours une part de vérité, de beauté, de grâce. Cela donne au roman un atout essentiel, parce que la séduction est évidente. Dès les premières pages, vous êtes conquis. Convaincus. Chaleureusement encouragés. Et vous tournez les pages de votre livre avec des regards amoureux. Alice Pratt est une héroïne authentique, elle est sentimentale et sensible, elle a aussi besoin qu'on la guide sans pour autant avaler toutes les belles paroles de sa soeur, tellement différente d'elle, car plus excentrique et volubile. 
Ce roman, c'est une relation entre soeurs. Une envie de s'affirmer. De rêver aussi. C'est vouloir se détacher des liens trop étroits, affronter le vide ou le manque (leur maman est partie à l'autre bout du monde). C'est dire qu'on aime les autres, qu'on les admire. Qu'on pardonne aussi. 
En bref, ce sont 180 pages intenses et troublantes.

Je ne suis pas Eugénie Grandet, par Shaïne Cassim
Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2011. Illustration de couverture : Hélène Millot. 

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14/12/11

“Life's not that simple. Not so easy to move on when the anger you've got is what keeps you going.”

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La lecture du tome 1 m'avait laissé une impression mitigée, j'ai cependant voulu donner une chance au suivant en m'appuyant sur la caution que le livre était meilleur. Bon, j'ai lu, j'ai vu et je n'ai toujours pas été convaincue ! Je ne sais pas, cette série me glace et me met mal à l'aise, je n'arrive pas à saisir pourquoi.

Place à l'histoire. Adam, le fils de Jem, a quinze ans et vit chez sa grand-mère depuis la disparition de ses parents. Lui aussi voit des chiffres, qui correspondent à la date de la mort des concernés. Et depuis quelque temps, le fait de découvrir la même date chez plusieurs personnes commence à le stresser. Janvier 2027, à Londres. Un drame se prépare. Pour l'heure, nous sommes au mois de septembre, Adam a repris le lycée où il a rencontré Sarah, une adolescente paumée, qui a frôlé la crise de panique dès qu'elle a posé les yeux sur lui. En fait, elle rêve de lui depuis des lustres. Dans ses rêves, il incarne le Mal, celui qui lui enlève son enfant pour se jeter dans les flammes de l'Enfer. Cette pensée l'horrifie. Et pour cause, nul ne le sait mais Sarah est enceinte (la pauvre vit une situation particulièrement malsaine, puisque c'est son propre père le coupable !). Elle se sent acculée et décide de fuir en trouvant refuge dans un squat. De son côté Adam est en guerre avec tout le monde, isolé et incompris, il ne sait plus comment agir pour faire bouger les choses. Seule certitude : la course contre la montre a commencé.

Encore une fois, le roman se repaît d'une ambiance sordide, désolante et démoralisante, où j'ai vraiment eu le sentiment de couler à pic. Rachel Ward prend peut-être son pied avec l'idée du sursis afin de mieux malmener son lecteur, mais se mettre dans la peau d'Adam ou de Sarah, puisque la narration est alternée, ne procure aucune exaltation bénéfique. Les enjeux sont énormes, c'est trop lourd à porter et on s'en lave les mains sans état d'âme. Le roman propose toutefois une autre perspective, puisque Adam va réaliser qu'il peut jouer avec les ficelles du destin, mais à quel prix ? C'est ce que révélera le tome 3, à paraître je ne sais pas quand. 

Intuitions (tome 2 : Chaos) - Rachel Ward
Michel Lafon, 2011. Traduit de l'anglais par Isabelle Saint-Martin

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