28/05/11

Le Signe de K1

Un premier tome enthousiasmant, lu en septembre 2010. L'éditeur a finalement choisi de rééditer celui-ci avec une couverture toute neuve, toute belle, et dans la foulée voici la suite !

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An 2322. La communauté de K1 est en danger, les conditions climatiques sont déplorables, les eaux gagnent du terrain et les populations ne savent plus où se loger. Le gouvernement a donc mis en place le Protocole de Nod : 22 pionniers et leurs familles sont envoyés dans le passé afin de sauver l'humanité (et l'avenir).

Eté 2020, dans le sud-ouest de la France. Une épidémie va vicieusement s'abattre sur la ville de Médiola, touchant d'abord les oiseaux avant de contaminer les hommes. Le docteur Rieu, observateur impuissant, constate aussi d'étranges phénomènes se manifestant chez ses patients. Son fils aîné, Angelo, s'est vu intégrer un programme spécial pour les X-Cases comme lui. On en sait peu, de plus tous les contacts entre le Centre et l'extérieur sont coupés. Pauline, sa soeur, brillante élève à la Winners' School, se fait beaucoup de souci. Dans l'intervalle, elle est tombée amoureuse de Luka, un type très beau, au charme mystérieux, qui vient d'arriver en ville.

Je vous conseille de lire les deux livres l'un après l'autre, cela vous évitera les trous de mémoire comme pour moi ! Oui, c'est embêtant et c'est une perte de temps inutile. Sans être complexe, la série avait déjà planté son décor et présenté ses personnages (aux noms pas toujours simples). C'est important, surtout pour une série aux ambitions proches de la science-fiction. Le Signe de K1 se passe donc dans le futur, et en même temps dans le passé (ou ce qui ressemble un peu à notre présent). Le premier tome avait su placer ses pions, la suite fait place aux motivations cachées. Cette fois, tout se complique, toutes les destinées sont liées, l'étau se resserre, ce deuxième tome se veut plus redoutable, les plans sont tous plus tordus les uns que les autres... Un seul objectif demeure : trouver l'Ancêtre (et croyez-moi, quel choc !). 

J'ai beaucoup aimé le dénouement de la série, le mélange entre le futur et le passé, sans oublier le principe de cause à effet qui s'éclate à tous les coins de page dans ce dernier tome. C'était excitant de voir les masques tomber et de partager toutes ces courses-poursuites, de plus je n'ai pas regretté la mise au second plan de l'intrigue amoureuse (pour moi c'était le petit point faible du premier tome). Très franchement, j'ai trouvé cette fin de série aboutie et satisfaisante, Claire Gratias n'en fait pas des tonnes, et ce qu'elle fait, elle le fait très bien !

Le Signe de K1, Tome 1 : Le Protocole de Nod + Tome 2 : Le Temps des TsahDiks - Claire Gratias
Collection Soon chez Syros, 2011 - 15,90€

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27/05/11

0.4

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Vous prenez Millgrove, un petit village anglais comptant à peine 1000 âmes. Chaque année, un concours s'organise pour mettre à l'honneur les talents locaux. Danny Birnie, un camarade de Kyle, veut prouver qu'il possède le don d'hypnose. Quatre personnes se portent volontaires, dont Kyle et Lily (la petite copine de son meilleur pote). Le numéro dure quelques minutes, mais lorsque les quatre cobayes se réveillent, ils découvrent le public inerte. Comme un arrêt sur images. Pendant une heure, Kyle, Lily, Mrs O'Donnell et Mr Peterson tournent dans le village endormi comme des lions en cage. Ils ne trouvent aucune explication au phénomène. Et puis, miraculeusement, toute la foule a repris ses esprits. Kyle pense naïvement que la vie a repris son cours.

Non, non. Le cauchemar ne fait que commencer. Un cauchemar fait de faux-semblants et d'abrutissement total, en fait. Où l'on se demande ce qu'il se passe, ce que masque le black-out, pourquoi tous les gens de Millgrove ont reçu un traitement qui a lobotomisé leur cerveau, comment se fait-il que personne ne réagisse ou se souvienne de l'avant, pourquoi eux et pas les quatre autres ?! Le malaise s'accentue lorsque Kyle comprend qu'il devient le point dérangeant sur la carte. C'est un 0.4, a dit le docteur. Pas le temps de dire ouf, le garçon prend ses jambes à son cou. 

L'histoire a su me tenir dans ses filets pendant une large partie du roman, et même si c'est de l'action lente, avec quelques sursauts de suspense, je n'ai pas trouvé le temps long. J'étais curieuse de démasquer le pot-aux-roses, de comprendre le phénomène du 0.4, aussi scientifique et grotesque que cela puisse être. Las ! ça se termine en eau de boudin, notre histoire. J'avais bien détecté que ça virait au blabla, mais qu'il fallait en passer par là pour décoder le système. Néanmoins, je m'étais attendue à une fin plus bluffante et moins lisse, moins facile. C'est expédié comme une couche de beurre sur la tartine, avalé avec du café au lait et on oublie. Huh ? N'en faisons pas une déception déchirante non plus, parce que l'histoire n'est pas banale mais franchement bizarre, et rien que pour ça elle aurait pu mériter un minimun de respect pour son final. Ou un ersatz de feu d'artifice. (Il est annoncé que l'auteur travaille sur la suite, accordons-lui le bénéfice de nous surprendre encore !)

0.4 - Mike A. Lancaster
Nathan, coll. Blast, 2011 - 254 pages - 13,90€
traduit de l'anglais par Anne Delcourt

26/05/11

Rouge Rubis #1

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J'ai trouvé ce premier tome absolument captivant, et dès le départ j'ai été embarquée par son atmosphère délicieusement excentrique et mystérieuse. C'est l'histoire de la famille Montrose, de leur grande demeure de Berkeley Square et de tous leurs petits secrets qui se lèguent à travers les générations et que semble aujourd'hui partager Charlotte, la cousine de Gwendolyn (notre sémillante narratrice). Les deux filles sont en tout point différentes, l'une rousse, consciencieuse et douée pour les études, l'autre brune, étourdie, assez cruche et immature, ne jurant que par la pop culture (elle approfondit ses leçons en visionnant des tonnes de films et de séries tv !).

Toutes deux ont seize ans, Charlotte a depuis sa naissance été désignée comme étant "porteuse du gène" (celui de voyager dans le passé) et a reçu une éducation stricte et guindée pour "accomplir son destin". De son côté, Gwendolyn observe, commente, se moque avec gentillesse. Elle a bien assez avec ses propres visions (des esprits fantômes) et sa famille ne la prend pas au sérieux. Puis survient ce que personne n'attendait - ce n'est pas Charlotte qui s'évapore dans les airs, mais Gwendolyn ! C'est elle, l'ultime voyageuse, ce qui bouleverse toutes les données.

A partir de là, le lecteur plonge dans les longues explications et nous découvrons les arcanes du cercle privé formé par les Veilleurs. Comme Gwendolyn nous absorbons les révélations, les découvertes, accumulons le plus possible d'informations sur le chronographe, les voyages dans le passé, la motivation du comte de Saint-Germain et pourquoi deux autres voyageurs ont brutalement disparu en volatilisant la machine. Heureusement, ce premier tome ne se contente pas de poser les bases (même s'il est bien obligé de passer par là), il distille aussi les informations précieuses sur l'intrigue qui se tisse avec subtilité.

C'est un monde nouveau, peut-être fascinant et excitant, mais finalement dangereux et hypocrite. Nous le réalisons aux côtés de Gwendolyn, une héroïne charmante, sans retenue, qui prend la mouche dès que son nouveau partenaire de voyage la déconsidère avec hauteur. Gideon de Villiers est l'homologue de sa cousine Charlotte, il est prétentieux et autoritaire, se méfie de Gwendolyn (ce n'est pas de sa faute, sa mère a été complice des agissements du couple qui a disparu, et depuis les Veilleurs mettent en doute l'apparente naïveté de l'adolescente). Fort heureusement, leurs chicaneries apportent du piquant et font de ce couple improbable un duo irrésistible !

Que demander de plus ? Nous avons une ambiance londonienne, une richesse historique, des bonds dans le temps, des personnages attachants et drôles, des méchants et des gentils à n'en plus savoir, une réelle intrigue, généreuse et qui s'étoffe au fil des chapitres, beaucoup de mystères et de l'humour... Cette mise en bouche met véritablement en appétit ! Vivement la suite.

Rouge Rubis - Kerstin Gier  smileyc002
Milan, 2011 - 336 pages - 13,90€
traduit de l'allemand par Nelly Lemaire

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23/05/11

Vallée de sueur, vallée de larmes

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Un jeune fermier, un navajo, une danseuse de revue et un joueur de poker fauché répondent à une annonce publiée en page nécrologique d'un journal et deviennent tous les quatre les nouveaux agents Pinkerton (l'ancêtre du FBI, pour faire simple). Leur première mission consiste à démasquer le Chapardeur - un voleur sans scrupule qui dépouille les voyageurs du Transcontinental. Coup de bol, Neil et ses collègues arrêtent le lascar, récoltent les honneurs et s'apprêtent à repartir chacun chez eux.

Pourtant, c'est trop facile, Neil trouve ça louche et commence à douter. C'est alors qu'il est lui-même victime d'une agression dans le train et qu'il se retrouve en plein désert. De nouvelles rencontres l'attendent, de nouvelles découvertes aussi... L'intrigue, finalement pas si commune, va s'aventurer sur un terrain inattendu, celui du fantastique, où de vieilles légendes indiennes s'associent aux phénomènes étranges. Une fois la première surprise digérée, ça devient particulièrement grisant. L'histoire aussi dénonce des faits authentiques, comme les conquêtes des territoires de l'ouest et la construction de voies ferroviaires, impliquant l'exploitation de la main d'oeuvre chinoise, les massacres et les sacrifices de vies humaines.

Je ne pensais pas être follement enthousiaste de tout ceci au cours de ma lecture, mais l'ambiance western m'a tellement conquise. Et puis, l'histoire n'est finalement qu'une mise en bouche (tome 1 oblige), je ne doute pas qu'elle va chercher à se développer à travers les prochaines aventures - un deuxième livre est annoncé pour fin août. Certes, il y a quelques facilités et des maladresses, les personnages ne sont pas atypiques (ils sont brossés grossièrement pour certains) mais ils n'en sont pas moins sympathiques. Et puis, j'aime le cadre et l'ambiance, je lirai indéniablement la suite avec grand plaisir.

L'Agence Pinkerton, tome 1 : Le châtiment des hommes-tonnerres par Michel Honaker
Flammarion (2011) - 239 pages - 13€
illustration de Benjamin Carré

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19/05/11

La magie peut toujours se retourner contre vous.

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Quel étonnant roman, à la fois captivant et dérangeant ! Je ne suis pas sûre d'avoir aimé à la folie, mais je ne peux pas affirmer que j'ai détesté non plus. Il y a un vrai pouvoir d'attraction au-delà des lignes, à travers l'histoire du jeune garçon de seize ans et son parcours où le grotesque rencontre le sordide puis la sorcellerie. Le père du narrateur s'est remarié avec une femme tyrannique, qui l'accuse un jour d'avoir touché sa fille de huit ans. Le garçon ne cherche pas à se défendre et prend la fuite. Il trouve refuge chez le boulanger à deux pas de la maison, et contre toute attente, cet homme le cache dans son fournil et accepte de l'héberger sans aucune explication.

La vie à la boulangerie est étonnante, parfumée, sucrée, onctueuse. Les pâtisseries ravissent les palais des connaisseurs, servies par la charmante vendeuse répondant au doux nom d'Oiseau-Bleu. C'est un autre monde qui s'ouvre au garçon derrière les vitrines, un univers de sorcellerie où l'on commande par internet des gâteaux qui peuvent accomplir vos désirs, vos rêves, vos soifs de vengeance... Le boulanger n'est pas regardant, même s'il a quelques principes et n'hésite pas à hausser le ton lorsque des clientes sont prises de remords.

C'est une bulle dans une vie triste et solitaire, une existence marquée par le suicide de sa mère. Depuis, le garçon s'est renfermé, il souffre de bégaiement et s'est isolé derrière une façade d'indifférence que sa belle-mère cherche à fracasser à force d'autorité oppressive. Et cette affaire d'attouchements sexuels jette un froid, surtout lorsqu'on s'imaginait une histoire aussi veloutée que les préparations du boulanger. A force je ne savais plus sur quel pied danser - d'une part, j'étais enchantée et totalement séduite par le réalisme merveilleux, mais d'autre part j'étais mal à l'aise. Le fond est triste, accablant. L'histoire n'est nullement sucrée, mais amère en bouche. Et pourtant on y croque sans cesse un bout sans grimacer. Autant dire que c'est un roman troublant, mais obsédant.

Les petits pains de la pleine lune - Gu Byeong-mo
Picquier jeunesse (2011) - 194 pages - 17€
traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

Pour les âmes sensibles, je recommande La boulangerie de la rue des dimanches d'Alexis Galmot.

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Avec un petit charme rétro qui n'est pas pour me déplaire. Vous raffolez de baguette pas trop cuite et de religieuse au chocolat ? Ce livre est pour vous ! On y trouve aussi une fée bleue, une horloge capricieuse, Les Quatre Saisons de Vivaldi et un garçon benêt mais sympathique.

Grasset-jeunesse (2011) par Alexis Galmot & illustrations de Till Charlier

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11/05/11

There are places where kids like me go. Sad kids, bad kids, bored kids, and lonely kids, kids that are different.

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Comme beaucoup d'autres lecteurs, j'attendais de ce roman une intrigue plus fantastique (Jem, l'héroïne de quinze ans, voit une succession de chiffres dès qu'elle pose le regard sur quelqu'un, et depuis ses six ans elle a compris que cela signifiait la date de la mort de la personne en question). Finalement, ce sera le seul détail "peu ordinaire" du roman, qui servira davantage à marginaliser la jeune fille, ballotée de foyer en foyer durant toute son enfance, et portant comme un poids mort ce don devenu une malédiction. Jem est une adolescente qui n'a pas une vie facile, et qui a choisi d'être seule, de s'isoler des autres jeunes, car elle refuse de s'attacher.

Vient la rencontre avec Spider, un camarade de classe beaucoup plus intrépide et fonceur qu'elle, au départ elle le fuit (surtout depuis qu'elle connaît "sa" date), mais tous deux ont beaucoup en commun et finissent par passer un temps fou ensemble. C'est ainsi qu'ils se rendent à la Grande Roue de Londres, où Jem comprend qu'un drame va arriver, et c'est en prenant la fuite qu'ils deviennent, pour les autorités, les principaux suspects de l'attentat. L'essentiel du roman se passe donc en course-poursuite, et non franchement je n'ai pas été embarquée dans l'aventure, je trouvais que c'était lourd et lent, déjà l'ambiance de départ était amère et sinistre, je ne vous raconte pas le moral au moment de la fin, j'étais éreintée.

Ce n'est pas un reproche non plus, chacun y trouvera son compte, mais en ce qui me concerne, ce n'était pas du tout mon envie du moment et j'ai été très déçue par cette lecture (atmosphère pesante, personnages peu attachants, à part la grand-mère Val). La suite doit paraître en vf le 18 mai, le résumé m'intrigue mais je me dis qu'il ne faudra plus espérer une histoire trop fantastique, sous peine de frustration. Wait and see.

Intuitions (tome 1) - Rachel Ward
Michel Lafon (2010) - 330 pages - 15,95€
traduit de l'anglais par Isabelle Saint-Martin

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18/04/11

La fille sur la rive

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Coincée dans une ville-enclave, Nour, quatorze ans, est sur le point de craquer. Elle ne supporte plus cette existence - sa marginalité lui fait sentir le poids douloureux de la solitude, elle est lasse des moqueries de ses camarades, des fêtes et des danses organisées par le bourgmestre dans le but de divertir la population, bien entendu Nour n'y trouve aucun plaisir. Ce qu'elle préfère, c'est s'enfermer dans son grenier pour confectionner des petites boîtes ou se promener le long de la rive brumeuse et observer les chats sauvages (avant qu'ils soient trucidés par des missions commandos). Avouez que l'atmosphère est bien étrange et étouffante ! Ce roman ne s'éternise pas au-delà de 60 pages, lui laissant le temps de dresser un portrait d'adolescente décalée et en quête de vérité. Pourquoi des patrouilles sur les berges ? que cherche-t-on à lui cacher ? pourquoi ne peut-on pas sortir de la ville ? pourquoi les frontières sont-elles fermées ? Le soir du fleuve en crue, Nour décide alors de braver l'interdiction et se rend près des eaux réputées mortelles. Advienne que pourra.
Ce fut, hélas pour moi, une lecture un peu trop morbide, et probablement trop courte aussi. J'encourageais fortement l'héroïne à se poser des questions et à vouloir s'évader de son bourbier, l'oppression se ressent tellement (et pourtant ce roman n'est pas bien long !) que j'étais pressée de tourner la dernière page. En bref, je suis totalement passée à côté de ce roman d'anticipation. J'ai trouvé l'ensemble trop sinistre, et pas assez exploité. Il nous reste des tonnes de questions sans réponses à la fin et c'est dommage.

La fille sur la rive - Hélène Vignal
doAdo noir (Rouergue, 2011) - 8€

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07/04/11

Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité.

IMG_3307Contrairement à Méto, je trouve que le nouveau roman d'Yves Grevet s'inscrit davantage dans la case jeunesse (ce qui n'est nullement péjoratif). Au départ, il est question d'un devoir de classe, ou plutôt d'une expérience littéraire (un peu comme ce roman, d'ailleurs), le sujet est simple : Postez-vous seul(e) à un endroit du centre-ville entre 9 heures et 10h30, et écrivez ce que vous voyez ou ce que cela vous inspire. La forme est libre. C'est d'ailleurs utile de le préciser, car les élèves de cette classe de 1ère vont s'adonner à cet exercice avec beaucoup de génie. Nous sommes très loin du formatage scolaire (ce qui a aussi pour autre effet pervers de rendre l'ensemble peu crédible, je le crains), mais on s'en moque puisque c'est un vrai régal ! Avec mention spéciale pour les commentaires de la prof qui sont drôlissimes.

A côté de ça, une enquête se met en place. Le même jour, à la même heure, le notaire de la ville est assassiné et la police n'a aucun indice. Erwan, le narrateur, et sa charmante complice Cassandre s'improvisent alors détectives car ils sont persuadés que les réponses se trouvent dans les copies de leurs camarades. Ainsi, portés par des divagations poétiques, des rapports scientifiques, des observations délirantes et des certitudes à faire frissonner de plaisir, nous suivons leurs hypothèses jusqu'à la résolution finale du problème. Bon, j'avoue, l'énigme est peu à peu devenue à mes yeux un outil secondaire.

J'ai en fait beaucoup aimé les détails farfelus et originaux du roman - on a même une image enthousiasmante des adolescents, que j'imagine peu répandue mais ce n'est pas bien grave, et puis ça divertit. Tout est positif et délicieusement rafraichissant dans ce livre. Il est riche d'éléments qui ne se prennent pas au sérieux, comme les copains d'Erwan qui ont créé le club des mangeurs de gâteaux (avec salve d'applaudissements, ôde à la gourmandise etc.). Génial, non ? En tout cas, ça fait saliver. Ainsi, pour de multiples raisons infimes, j'ai trouvé cette lecture extra, sans être exceptionnelle non plus. La plume d'Yves Grevet est toujours un pur bonheur. Et puis, il fallait oser rebondir après le succès de Méto et ne pas décevoir les fans. C'est donc totalement différent, et je trouve ça admirable.

Seuls dans la ville (entre 9h et 10h30) - Yves Grevet
Syros (2011) - 215 pages - 13,90€
illustrations : Jérôme Meyer-Bisch

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04/04/11

La plus belle histoire entre nous deux c'est l'espoir.

IMG_3301Albertine a dix-sept ans, elle vient de planter l'école, de quitter sa mère avec laquelle l'entente n'était plus au beau fixe et s'est réfugiée dans un coin perdu, chez un ami de son père. Elle fait la serveuse, Steel est un type bourru, qui boit énormément. L'ambiance est franchement morose. Alors Albertine se console sur la plage, rencontre Carmen, discute de sa vie difficile, de Lukas, son père absent qu'elle connaît si peu, et des petits secrets des villageois qui paraissent tous graviter autour d'un même pôle (la mer, Lukas et Steel). Albertine fait aussi la connaissance de Dan, qu'elle aime passionnément. Mais la petite copine du garçon fait un scandale au café où travaille Albertine, son hôte franchit la limite interdite, Lukas demeure aux abonnés absents et Dan fait n'importe quoi.

Dès le départ, l'histoire n'était pas très réjouissante ni optimiste, elle n'a jamais cessé de s'enliser dans un marasme pesant et collant. Je n'ai vraiment pas aimé, je me suis sentie triste et je ne voyais aucune éclaircie dans l'histoire. La tragédie arrive, oui, bon... je me sentais déjà accablée, un peu plus, un peu moins, quelle différence ? Je n'avais plus le courage d'écouter le CD, mais j'ai entendu une chanson et c'est suffisant (Chloé Stefani possède une jolie voix, mais la variété française ne me touche pas). Grosse déception pour moi, ou rendez-vous manqué.

Dis-lui, par Rémi Stefani
Casterman (2011) - 210 pages - 15,95€
un roman / dix chansons / un clip

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17/03/11

A comme Association (la suite !)

IMG_3026Troisième tome de la série, L'étoffe fragile du monde va conduire Jasper dans une aventure interdite ! En fait, consigné pour deux semaines par l'Association et donc privé de nouvelles missions, le garçon pense profiter de son temps libre pour préparer son premier concert avec son groupe au son médiéval. Ce soir-là, Jasper passe un coup de fil à Ombe et découvre qu'elle est en danger. Il vole à son secours, le coeur battant (il a effectivement le béguin pour la jolie blonde) et découvre sur place ... un troll ! Pas un inconnu, puisqu'il s'agit d'Erglug (cf. Les limites obscures de la magie).

Que de péripéties ! Jasper convient vite d'une alliance avec le troll, tous deux se rendent sur l'Île-aux-Oiseaux où se trouve le clan d'Erglug, ils vont ensuite affronter le magicien noir pour rompre le charme qui condamne la créature à pourchasser Ombe jusqu'à ce que mort s'ensuive. Pfiou, pas le temps de souffler ! Cela ne manque ni de charme, et encore moins d'humour (vraiment le point fort de la série). J'ai cependant trouvé le temps long parmi les trolls, même si certaines scènes valent le détour (Jasper sent bouillir sa testostérone au contact d'une voluptueuse trollette !). Et la fin, comme toujours, laisse libre cours aux spéculations puisque les questions s'accumulent, les phénomènes étranges s'enchaînent et Jasper découvre en lui des capacités insoupçonnées, concernant la magie.

Ce troisième tome est un maillon de la chaîne, l'intrigue se met en place en privilégiant la dynamique du récit - le garçon est le roi du calembour et des jeux de mots pourris, cela vaut quelques répliques désopilantes ! Et je sens que l'auteur commence enfin à découvrir son personnage, à ôter ses pelures pour aller davantage au coeur de ses secrets, puisque ce n'est qu'un début et que la suite promet encore de belles surprises !

3. L'étoffe fragile du monde - Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 198 pages - 9,90€ 

IMG_3027Enfin un tome centré sur les sentiments et les émotions ! Connaissant la personnalité d'Ombe, il était à prévoir que ce roman serait explosif, truffé de scènes d'action et de répliques fortes, et c'est tout le contraire ! Ombe va tomber amoureuse - d'un garou. Physiquement, la jeune femme a la particularité d'être incassable. Elle reçoit des coups, en donne autant, mais jamais elle ne reste à terre. Elle possède une capacité de régénération étonnante. Qu'en est-il de son coeur ? Ombe n'est pas la caïd qu'on imagine, au fond d'elle c'est une jeune femme seule, blessée et sensible. Et l'histoire le confirme.

Qu'est-ce c'est joli ! On voit Ombe craquer pour cet individu qu'elle sauve d'une mort certaine, elle est censée tirer de lui des informations pour l'Association, et puis le reste s'emballe. Parce que cette série se destine à un lectorat adolescent, nous aurons très peu de détails, mais certaines phrases résument tout et laissent voguer l'imagination vers des eaux plus sulfureuses. Enfin, cette série devient plus humaine, plus profonde, un peu plus tendre. Les personnages sont faillibles, sous leur carapace d'Agents surdoués et c'est rassurant. Et pour la première fois, Ombe et Jasper choisissent de se voir en mettant de côté tout ce qui touche à l'Association, ils se montrent tels qu'ils sont réellement, ils se confient et se comprennent. Ce début de rapprochement entre nos deux héros est un soulagement, car cette série, aussi palpitante soit-elle, dotée d'un sérieux sens de l'humour, ne devait pas oublier l'aspect émotif.

Les dernières lignes de l'histoire nous renvoient d'ailleurs en pleine face l'amertume d'une réalité sordide - Pierre Bottero signait là son dernier ouvrage, et c'est bien dommage.

4. Le subtil parfum du soufre - Pierre Bottero
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 184 pages - 9,90€

Le tome 5 - Là où les mots n'existent pas - paraîtra en juin 2011.

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