24/02/11

"Maman avait oublié de prévenir la nouvelle baby-sitter à propos du sous-sol."

IMG_2622Chloe Saunders voit des fantômes. Depuis son plus jeune âge, en fait. La puberté aidant, ses visions cauchemardesques reprennent, l'adolescente pense devenir folle, son père décide alors de l'interner à Lyle House, un centre qui accueille d'autres jeunes souffrant de troubles psychotiques. Le choc est rude mais Chloe est résolue à soigner son mal. Les pensionnaires qu'elle croise la font trembler, eux aussi ont leurs secrets et elle est curieuse d'en apprendre plus, même si cela risque de l'entraîner sur les chemins de la dissidence, jusqu'à mettre sa propre vie en péril !

L'histoire a du potentiel, et encore... à force de lire des romans de la catégorie YA Paranormal, les mêmes intrigues s'embrassent et se copient entre elles. C'est le risque. J'avais de bons échos concernant l'auteur, Kelley Armstrong, qui s'illustre avec sa série des Femmes de l'Autremonde, j'avais donc placé une confiance absolue dans Pouvoirs Obscurs. Hélas, j'ai été déçue. Je n'ai pas beaucoup apprécié ce premier tome, qui souffre de son leadership car l'histoire prend énormément de temps à se mettre en place. Par contre, l'ambiance de Lyle House est suffisamment glauque pour vous donner la chair de poule et cela n'est pas pour me déplaire. Cela donne un peu de piment.

Les personnages aussi ont peiné à me séduire - l'héroïne est banale et ennuyeuse. L'archétype des adolescentes empotées, qu'on a très envie de secouer. Or, dans l'ensemble, nos protagonistes sont tristement caricaturaux. C'est dommage. La fin connaît quelques soubresauts qui veulent sortir le lecteur de sa torpeur - ok, ce n'est pas fondamentalement mauvais, mais ça ne m'excitait pas davantage. Je suis sortie de ce roman lessivée et passablement déçue. Frustrée d'avoir trop espéré et d'en avoir si peu reçu. Nous verrons pour la suite, ce n'est pas gagné.

Pouvoirs Obscurs #1 : L'invocation - Kelley Armstrong
Castelmore (2011) - 375 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Olivia Bazin

Il s'agit d'une trilogie. L'éditeur français a privilégié une parution rapprochée des trois tomes puisque la suite paraîtra respectivement en mars et mai 2011.

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23/02/11

The Agency, Le crime de l'horloge

IMG_2603J'avais lu et apprécié le premier tome, Le pendentif de jade, mais lui avais trouvé des défauts. Je n'étais donc pas totalement convaincue par cette série, même si elle présageait de belles heures de lecture. Et en effet, le deuxième tome m'a totalement séduite, je l'ai bu comme du petit lait, me suis régalée des retrouvailles entre Mary et James, ai savouré chaque scène, suivi avec intérêt l'intrigue criminelle, noté avec force détails ce défi improbable de dresser une horloge au coeur de Londres, et me suis définitivement attachée à Mary Quinn, qui se trouve face à des choix lourds de conséquences.

Mary travaille donc toujours pour l'agence secrète qui lui confie une nouvelle mission - infiltrer le chantier de la Tour de l'horloge (avec la fameuse cloche Big Ben) où un ouvrier a trouvé la mort. Pour les besoins de son enquête, Mary s'est glissée dans la peau d'un garçon de courses, non sans peine, puisque cela a réveillé ses vieux démons. De plus, sa couverture est menacée depuis sa rencontre avec James Easton, de retour des Indes. Est-il besoin de vous signaler que ces retrouvailles étaient pour moi TRES attendues ?! Et heureusement, elles sont fortes et parfaites. J'ai aimé chaque scène où le couple était amené à être ensemble, de gré ou de force. Les échanges étaient enlevés, drôles et sans répit.

J'ai également apprécié l'enquête criminelle, qui sert à dénoncer la pauvreté et la violence dans les quartiers populaires, sans oublier l'inégalité des classes sociales. Le personnage de Mary Quinn gagne aussi en beauté et sensibilité - elle porte un regard triste et amer sur ses origines et son passé de voleuse, elle sait que cela pèse lourd dans la balance, elle ne se trompe pas. La fin met au grand jour des considérations à ne pas négliger - c'est dire comme c'est frustrant ! J'ai vraiment hâte de lire les prochaines aventures de Mary Quinn (en VO : le troisième tome doit paraître en août 2011).

J'avais longtemps associé cette série à celle d'Enola Holmes, toutefois The Agency offre une intrigue plus mature, ce qui n'est pas pour me déplaire, et pour les lecteurs qui en veulent plus, n'hésitez pas à feuilleter le catalogue des éditions 10-18 et leur collection Grands Détectives (je pense à la série de Sarah Tanner de Lee Jackson, par exemple).

The Agency #2 : Le crime de l'horloge - Y.S. Lee
Nathan jeunesse (2011) - 383 pages - 14,90€
traduit de l'anglais par Lilas Nord

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16/02/11

Toutes les histoires ont une fin...

IMG_2480Est-il possible d'apprécier ce qu'un livre nous offre, même si au final on se sent également déçue ? C'est ce qu'il m'arrive ! Je suis incapable d'affirmer ce que j'ai ressenti pour l'ensemble de Si tu m'entends. J'ai été captivée par l'intrigue policière, je me suis ennuyée quant au lien télépathique qui se noue entre le frère et la soeur, j'ai trouvé la fin triste et chiante, je n'ai pas du tout été sensible à l'histoire d'amour, j'ai trouvé insupportable d'avoir une tordue et de ne pouvoir l'éviter, j'ai aimé le cadre et le paysage de la Cornouaille... Bref, voilà un roman qui me laisse un goût mitigé. Beaucoup de frustration, d'amertume et un sentiment de malaise qui n'a cessé d'enfler au fil des pages.

Depuis un an, les Ditton vivent un drame familial : leur fille aînée, Charley est plongée dans le coma. C'est son frère, Hal, qui a retrouvé son corps en pleine nuit, en bord de mer. Que s'est-il passé ? Au-delà du choc, du chagrin, de la colère et de la jalousie, Hal va chercher à démêler le noeud du problème lorsque ses parents choisissent de retourner en vacances sur "les lieux du crime". Et c'est alors que le garçon se surprend à entendre la voix de sa soeur, à saisir son combat entre la vie et la mort, à suivre ses souvenirs et à reconstruire le puzzle.

Sincèrement, j'en attendais plus ! La couverture est jolie, mais n'espérez pas de la légèreté (à la rigueur, je peux faire sans, ce n'est pas un problème non plus). Je crois, néanmoins, avoir mal digéré les drames cachés derrière l'accident de Charley - tout ça pour ça, quoi. Absolument inutile et regrettable. Un beau gâchis. J'en garde un goût amer, envers et contre tout. Car au-delà, il ne faut pas oublier le portrait d'une famille bousillée qui s'accroche à un maigre espoir, un frère déboussolé et qui veut faire payer à l'absente les conséquences de son drame (il y a également une petite soeur, un peu bizarre, et qui disparaît pratiquement du roman dans la dernière partie !?). Je reste circonspecte quant au choix de l'auteur concernant l'osmose télépathique entre Charley et Hal, je n'ai pas trop aimé ce qui survient à la fin non plus, mais c'est un avis personnel. Sharon Dogar nous montre une jolie maîtrise littéraire, qui ne manquera pas de s'associer à une histoire qui me touchera davantage. (Elle a tout de même été l'élève de Philip Pullman !)

Si tu m'entends - Sharon Dogar
Albin Michel, coll. Wiz (2011) - 358 pages - 15€
traduit de l'anglais par Hélène Collon

Lire aussi l'avis d'Amadis

 

[Concours] Gagnez un exemplaire de Si tu m'entends de Sharon Dogar

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27/01/11

Pêle-Mêle Clarabel #20

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Eternels, tome 3 : Le pays des ombres par Alyson Noël

Mes réserves de patience sont épuisées. Ever, la jeune fille censée tenir le haut de l'affiche, brille par sa bêtise et ses actes irresponsables ! Ce tome 3 prouvera encore qu'elle n'écoute jamais rien, ni personne et que son expérience passée - souvent malheureuse - ne lui sert strictement pas de leçon ! Pff. Mais comment peut-on être aussi bête ?
Vite fait, ce qu'il se passe : Ever a pu sauver Damen, mais en lui faisant avaler sa potion, elle condamne leur couple à ne plus pouvoir se toucher. Encore une sale coup de Roman... il connaît l'antidote de l'antidote, et fait bouillir Ever en exerçant son chantage habituel. C'est un prodige, car la demoiselle met à chaque fois les deux pieds dans le plat. De son côté, Damen est convaincu que sa longue vie d'immortel n'a pas toujours été clean et qu'il est temps pour lui de rattraper ses erreurs en bichonnant son karma. (Le type canon et qui roule des mécaniques laisse place à un semblant de hippie, on n'y croit pas du tout !!!) Dans ce tome 3, on rencontre aussi Jude. Et on retrouve les jumelles, Romy et Rayne. Mais tout ceci intervient bien trop tardivement pour rattraper mon intérêt perdu, je me suis lassée de cette série. Cela tourne en rond, tout est cliché et les personnages n'ont aucun charme. Trop d'ennui tue l'ennui ! ^-^

Une réplique qui m'a bien fait rigoler...
- Ces deux-là ! Ils sont de plus en plus bizarres, je te jure !
Miles daigne enfin lâcher son téléphone et nous lance un regard sceptique.
- C'est vrai que vous êtes bizarres. Et puis, excuse-moi, Damen, mais l'hommage à Michael Jackson, tu ferais mieux d'oublier. Même toi, l'ex-top model, tu as l'air ringard avec ton gant.


(Explication : En buvant la potion qui lui a sauvé la mise, Damen s'est également condamné à ne plus pouvoir toucher sa petite copine, ou il passe l'arme à gauche, d'où ce gant qu'il porte à une seule main ! Oui, je sais. Heureusement le ridicule ne tue pas.)

Michel Lafon (2010) - 332 pages - 15,95€
traduit de l'anglais (USA) par Laurence Boischot et Sylvie Cohen

Autre série qui a eu raison de ma patience : Beautiful Dead par Eden Maguire.

Après un premier essai peu concluant, j'ai tenté de lire ce deuxième tome mais définitivement, non je n'accroche pas. C'est dommage, car je trouvais le début un poil meilleur. On ne s'embarrasse plus des détails, on connaît les Beautiful Dead, on n'oublie pas que Darina a perdu son petit copain Phoenix, poignardé lors d'une rixe. Il est devenu une de ces apparitions fantasmagoriques, il attend son heure. Darina est seule capable de les voir et a accepté de leur venir en aide (comprendre la face cachée de leur mort brutale afin qu'ils puissent franchir l'autre rive). Bref, ce deuxième livre est consacré au personnage d'Arizona (oui, les prénoms ont été choisis exprès... c'est bizarre ?). Elle se serait noyée dans le lac, mais des doutes persistent. Au tour de Darina de mener son enquête... Comme toujours, ce drame va révéler des faits sordides et qui dérangent.
En fait, je ne me sens pas du tout à l'aise avec cette série, l'ambiance est glauque et les Beautiful Dead m'effraient plus qu'ils ne le devraient. De plus, je me demande vraiment comment l'histoire entre Darina et Phoenix va se boucler. Bientôt son tour de comprendre ce que dissimule sa mort violente. Aussi, curieuse mais pas du tout motivée pour en lire davantage, j'ai été à la pêche aux spoilers (mon sport favori). Bah, bah, bah... ça ne promet rien du tout ! J'avais vu venir le truc dès le premier tome, je suis déçuuue !!! Au revoir Darina et Phoenix, je n'ai pas su vous aimer à votre juste valeur. Tant pis.

Flammarion (2010) - 357 pages - 13€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau

 

Bientôt : Bloody Valentine de Melissa de La Cruz ... le recueil renfermant trois histoires courtes de la série des Vampires de Manhattan ! 

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17/01/11

Prada & Préjugés

IMG_2143Callie est une jeune américaine de dix-sept ans, qui se défend d'être intelligente et anti-conformiste. Sauf que Callie, esseulée lors de son voyage en Angleterre, regarde avec envie le trio des pimbêches en souhaitant secrètement se joindre à elles. Et pour bien faire, elle se rue dans les boutiques de mode et achète une paire de Prada, le coeur battant et le nez en l'air, rêvant à des futures virées toutes plus superficielles les unes que les autres.
Et paf, elle se ramasse la figure en pleine rue et se cogne la tête contre le trottoir.
Au moment de se réveiller, elle remarque qu'elle n'est plus du tout dans le Londres du XXIème siècle. Du moins, il lui faudra quelques chapitres pour se rendre compte qu'elle est plus précisément en 1815. Prada & Préjugés, vu son titre, s'inspire donc du roman de Jane Austen, mais attention aux pastiches ou aux tentatives d'improvisation car ce créneau a déjà donné et rares sont ceux qui en sont sortis gagnants.

Bref, Callie est donc accueillie chez les Thornton-Hawke, se fait passer pour une américaine amie de la famille, s'attire la sympathie d'Emily, une cousine, et l'antipathie d'Alexander, soit le duc de Harksbury.
Callie (devenue Rebecca) pose un regard très dur sur le mode de vie de l'époque, ne cherchant jamais à comprendre, elle préfère se mêler des affaires qui ne la regardent pas, comme de s'opposer au mariage d'Emily avec un prétendant de trente ans son aîné.
Alex fulmine, Alex vitupère, Alex crache du feu. Il n'en peut plus de cette demoiselle effrontée, qui le lui rend bien. En effet, Callie pense que c'est un garçon hautain et odieux. De quoi songer fortement à Liz Bennet et F. Darcy !
Mandy Hubbard n'a pas tout pompé sur Pride & Prejudice non plus, elle s'est inspirée de la grande trame romanesque, en imaginant ce qu'une adolescente du monde contemporain éprouverait d'être plongée en pleine période de Régence. Car outre la relation sentimentale amorcée, le regard sur l'époque ne manque pas de faire sourire (le premier bal de Callie avec les danses qui frisent bon le ridicule, par exemple).

Cette lecture aurait pu être tout à fait acceptable et réjouissante, si l'héroïne n'avait pas été cette gourde insupportable qui donne envie de soupirer toutes les deux pages. Non, franchement, cette fille est une plaie ambulante ! Elle est maladroite, nous précise-t-on, et fatalement elle ne cesse de s'effrondrer à tout bout de champ, ce qui est censé nous arracher des éclats de rire. Que sais-je ? J'ai plutôt été atterrée par cette nouille d'héroïne, qui nous raconte son histoire à la première personne, d'où souvent mon désir de dire ohlala-au-secours, vivement que je m'en sorte et que j'aille voir ailleurs.
Dommage, l'histoire est sympathique mais l'héroïne est beaucoup trop agaçante.

Prada et préjugés - Mandy Hubbard
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz (2011) - 310 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Guinard

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14/01/11

Un mec qui s'exprime comme dans un roman de Jane Austen devrait recevoir une médaille, pas se faire traiter de débile !

IMG_2080A quinze ans, Jess Jordan n'est pas tendre avec elle-même : elle est charmante mais cinglée, a un gros cul et les oreilles en chou-fleur, elle voudrait que Ben Jones (un soupçon de Leonardo di Caprio, une pincée de prince William, une touche de Brad Pitt) craque pour elle, se demande encore pourquoi elle est incapable de détester sa meilleure amie Flora, trop belle, trop canon, trop intelligente, et serine Fred, son autre meilleur ami, de couper ses cheveux qui lui tombent dans le cou.

La vie de Jess Jordan est une vie d'ado comme toutes les autres. On y parle de béguins naissants, de conflits d'intérêt, de chamailleries et de réconciliations, de mensonges éhontés, de devoirs d'école, d'autorité parentale inexistante, mais de parents non moins présents, originaux et délirants dans leur genre, d'une grand-mère qui s'invite sans crier gare, d'une chambre spoliée, d'une soirée qui tourne à la catastrophe, de fausse poitrine qui sent bon le minestrone, d'un accident de parcours, d'une caméra cachée dans les toilettes (les goujats), d'un groupe de rock qui chante comme des canards, des révélations sentimentales, d'un garçon qui parle comme dans un livre de Jane Austen, d'un Apollon éteint et encombrant, d'un déclic et de grandes décisions à prendre (après d'âpres tractations).

- Es-tu en train de dire que... tu as envie de sortir avec moi ?
- Ouais, pourquoi pas ? Rassure-toi, ce n'est pas une demande en mariage. Ce n'est pas mon genre, fit-il très vite.
- T'inquiète pas, moi non plus. Je préférerais me perdre dans le désert de Gobi et être livrée aux suricates plutôt que me marier avec toi.
- Tout à fait d'accord. Je préférerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde.
- Dans ce cas, tout est très clair.

Jess Jordan est une héroïne qui manque parfois de perspicacité, mais qui n'est jamais en manque d'humour (ce n'est pas un hasard si elle rêve d'être comique plus tard !). C'est irrésistible et rafraîchissant, le genre de lecture homéopathique qu'on aime lire de temps en temps, et l'effet désiré ne loupe pas : deux bonnes louchées plus tard, on se bidonne comme des dindes. N'hésitez pas à poursuivre l'aventure avec 16 ans ou presque, torture absolue (à paraître en Scripto en février 2011) et 15 ans Welcome to England

15 ans, charmante mais cinglée - Sue Limb
Gallimard jeunesse, coll. Scripto (2010) - 272 pages - 9,50€
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
illustration couverture : Soledad Bravi

05/01/11

Mortels Petits Secrets #1

Petite piqûre de rappel  smileyc040

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disponible en VF chez Albin Michel jeunesse, coll. Wiz

 

Sur le parking de l'école, Camelia est sauvée in extremis par un inconnu alors qu'une voiture fonçait droit sur elle. Ce type lui touche le ventre puis s'enfuit. Trois mois plus tard, Camelia le retrouve dans son lycée. C'est le nouvel élève, il s'appelle Ben et il a une réputation affreuse. On raconte qu'il aurait poussé sa petite amie du haut d'une falaise, horreur ! Seule Camelia lui accorde le bénéfice du doute, elle tente de l'approcher pour le remercier de lui avoir sauvé la mise mais Ben la repousse et prétend que ce n'était pas lui, qu'elle se trompe. Vlan.

Ben et Camelia se retrouvent en cours de sciences, ils sont partenaires. Ils multiplient tous les efforts pour se tenir à distance, et puis arrive un léger incident lors d'une manipulation de produits chimiques et LE contact a lieu. Ben a posé la main sur Camelia, et alors là ... mazel tov ! Quelques jours après, son comportement change totalement et il propose à Camelia de sortir ensemble. Malgré les conseils de ses amis de refuser et fuir ce type, elle s'y précipite et ne sera pas au bout de ses peines !

En parallèle de cette semi romance balbutiante, nous suivons aussi les pensées d'un tordu qui traque Camelia. Fou amoureux, il prend des photos d'elle, glisse les clichés dans sa boîte aux lettres, lui envoie des cadeaux et lui téléphone le soir. Qui est-il, que veut-il. Impossible de le savoir, car cet individu devient progressivement menaçant par son insistance. Camelia est en pleine panique, doit-elle se méfier de Ben qui vient de lui annoncer qu'elle est en danger de mort. Est-ce lui l'inconnu qui la harcèle ? Soudainement, la vie de Camelia prend un tour plus sombre et vraiment flippant. Même dans sa maison, elle ne se sent plus en sécurité, elle ne sait plus à qui faire confiance, et Ben a une attitude inquiétante, c'en est trop, elle choisit de se tenir à l'écart. La menace, alors, devient plus oppressante.

Voilà un vrai roman à suspense, teinté d'un zest de fantastique, alors qu'aucun réel élément surnaturel n'intervient ! ... C'est le flip total, l'angoisse de partager la vie de cette lycéenne qui soudainement perd pied, tombe amoureuse, se découvre en danger, se méfie de son petit copain puis doute de tous ses acquis. Le lecteur est lui-même dans la confidence du maniaque, à surprendre ses pensées, sans jamais se douter de sa réelle identité. Plusieurs intervenants dans l'histoire ont la légitimité d'être suspectés, autant dire que le final est assez bluffant !

(roman lu en VO en janvier 2010)

Traduit de l'anglais (USA) par Cécile Chartres (l'auteur de Joyeux Ornithorynque ! ; Poil au nez ; Petit meurtre et menthe à l'eau ?)
280 pages - 13,50€

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04/01/11

Reprends-toi, ma fille. Reprends-toi.

IMG_1910New York sous une bulle de verre. New York sous la neige. New York rêvé ou fantasmé. New York comme jamais on ne pourrait l'imaginer. Mais c'est le pari. Planter un décor mirifique où l'héroïne se réveille complètement sonnée. Elle a été renversée par la voiture d'un type très riche, qui propose de l'aider mais elle fuit et rentre chez elle. Là où elle se réfugie, la demeure est grande et belle, hantée par la présence d'un majordome. Encore une fois, le décor semble sortir tout droit d'un rêve. C'est beau, c'est sacré, c'est précieux. Un silence religieux y règne. On entend les pages du livre qui se tournent, la cuillère dans l'assiette à soupe, les ailes de l'inséparable qui se débat dans sa cage, les rideaux qu'on ouvre et qu'on ferme, le bruissement de la couette... C'est un roman très, TRES étrange. Les premières pages sont irréelles, mais fascinantes. Vraiment cette ambiance, c'est tout un poème.
Puis, l'histoire finit par prendre le dessus, et c'est un peu regrettable. Anna est une jeune fille délicieuse, qui ne se souvient plus de rien. Elle rencontre Wynter qui lui sort le grand jeu de la séduction, elle est touchée, troublée. Elle n'en oublie pas les étranges messages qu'elle reçoit, ils sont signés par le Masque. C'est un individu à la réputation sulfureuse. Toutes les polices sont à ses trousses, il est accusé d'avoir kidnappé et tué d'autres jeunes filles. Anna sera-t-elle sa prochaine victime ? Wynter a juré de la protéger.
Comment vous dire ? C'est un peu trop bizarre finalement. Le charme éthéré de l'intrigue a fini par s'étioler, ou par peser. A force de faire planer le doute, de dessiner ce décor enchanteur mais un poil oppressant, l'histoire en est devenue étouffante. De plus, j'ai rapidement cru comprendre où on voulait en venir (ce n'est pas marrant d'anticiper les fins à chute, moi je vous le dis). J'avais quelques soupçons, aussi le dénouement n'a pas suscité de vif émoi. J'étais lasse, à vrai dire. La magie du début a fini par se briser. Je suis déçue !

Bal de Givre à New York - Fabrice Colin
Albin Michel jeunesse (2010) - 294 pages - 13,50€

On retrouve ce livre un peu partout sur la toile. Prenez garde à ne pas trop chercher la petite bête sous peine d'être spoilés ! (Ce serait dommage.)

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21/12/10

Accepter de vivre et d'en être heureux.

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Imaginez : Matthias était en cours de math. Un individu a fait irruption dans leur classe et a zigouillé tout le monde. Lui seul est sorti "indemne" de ce cauchemar. Comment ? Pourquoi ? Autant de questions qui se bousculent dans sa tête. Autant de remords et de responsabilité qu'il a du mal à assumer. Autant de visions d'horreur qui défilent dès que ses yeux se ferment. Autant de réponses qui ne viendront jamais. Il quitte Paris pour se réfugier chez ses grands-parents en Italie. Il y rencontre Bianca, qui l'aide à réviser ses leçons. C'est une femme à l'allure triste et secrète, auprès de qui Matthias se sent en confiance, alors il lui parle de son trauma. En échange, Bianca lui confie qu'elle aussi a connu le pire, sauf que cette révélation sera trop bouleversante et Matthias n'est pas prêt à l'entendre.
C'est un petit roman triste, très triste, parce qu'il porte le poids qui pèse sur les épaules de Matthias. Conséquence pour le lecteur, lui aussi se sent un peu déprimé. Le chagrin et les remords de l'adolescent nous collent à la peau. Impossible de s'en détacher. D'un autre côté, l'Italie tente d'imposer sa beauté, son calme, sa nonchalance, rien n'y fait. Comme Matthias, le poids de la culpabilité nous oppresse. Pour lui, le plus dur est là : il est en vie et doit assumer ça. Cela peut paraître aberrant, mais justement l'histoire nous prouve que non. Qu'il est aussi difficile d'être celui qui reste. Le regard des autres persiste. Le regard sur soi, également. Il faut apprendre à se reconstruire, à accepter - de vivre et d'en être heureux, par exemple.
Tout le monde est une idole ? Parce que tout le monde a une histoire qui a pu détruire pendant un moment, mais qui a pu ensuite servir à bâtir une autre vie. Et Matthias va le découvrir, s'en inspirer en prenant un bout de confession de tous les gens qui l'entourent. Ce n'est certes pas toujours gai, mais ce petit roman a su créer un lien entre le lecteur et les personnages, c'est habile et efficace, de l'empathie qui permet de se secouer, au lieu de s'appesantir avec la main sur le coeur. J'aime mieux ça.

Tout le monde est une idole - Marie Sophie Vermot
Editions Thierry Magnier (2010) - 140 pages - 8,00€

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15/10/10

Hex Hall #1

hex_hallEnfin un roman qui ne se prend pas au sérieux ! Cela fait du bien de lire quelque chose de frais, tout en surfant sur la vague, mais disons que c'est un régal de trouver un roman qui a pris le parti d'être drôle, de jouer avec le genre et les codes, de doter l'héroïne d'un humour savoureusement sarcastique et de la farcir d'une aventure qui ne sort pas des sentiers battus, certes, mais qui demeure intéressante du début à la fin.

L'histoire, donc. Sophie Mercer est une sorcière, par son père. Elle ne le connaît pas, sa mère et elle ont voyagé de ville en ville, en subvenant à leurs besoins, fuyant dès que cela sentait le roussi, car il ne fallait pas attirer l'attention sur la particularité de Sophie (les humains détestent ce qui sort de l'ordinaire). Mais Sophie est une sorcière maladroite, qui commet imprudence sur imprudence, et qui se voit donc expédiée à Hex Hall (ou le Manoir d'Hécate), un établissement réservé aux jeunes gens de son espèce.

Or, contrairement à ses comparses, Sophie n'a qu'une connaissance minime de ses pouvoirs, et très vite elle se ridiculise ou s'attire les foudres des trois déesses de l'école, sous prétexte qu'elle n'a pas souhaité rejoindre leur clan ou parce qu'elle s'amourache du petit copain de l'une d'elles. Vu sous cet aspect, le roman ne casse pas des briques et la trame sent un peu le réchauffé. Ceci dit, il ne faut surtout pas s'attacher aux apparences.

Car en fait, le roman est drôle ! Il est divertissant, il nous embarque à droite et à gauche, il est joyeux et ça fait du bien. L'héroïne n'est pas une oie blanche qui se pâme devant le bellâtre, elle est pétillante, elle possède le charme, l'intelligence, la répartie et une bonne dose d'ironie. Et il lui en faut, c'est tout de même elle l'héroïne, donc tout tourne autour d'elle, le bon, le mauvais, le beau, le laid...

Mine de rien, l'intrigue nous réserve des tours et détours qui savent tenir la dragée haute. Et la fin, pour ainsi dire, ouvre les portes vers l'inconnu, toutes voiles au vent, la suite promet de nous réserver d'autres agréables surprises, j'espère. Pour l'heure, ce premier tome a su me combler, au-delà de toutes les attentes !

Hex Hall - Rachel Hawkins
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz (2010) - 300 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

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