15/08/09

Némésis, tome 1 : Le Dernier message ~ Catherine MacPhail

Pocket jeunesse, 2009 - 376 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (Ecosse) par Aude Carlier

nemesis_le_dernier_messageL'histoire est d'entrée de jeu pleine de mystère et de rebondissements. Un adolescent se réveille dans un immeuble plongé dans la pénombre. Il se trouve dans l'ascenceur avec un agonisant à ses côtés : cet homme, avant de pousser son dernier soupir, murmure quelques mots. Empêche. Gars torse. Chamade. Qu'est-ce que cela signifie ? Le garçon n'a aucune idée de qui il est, de pourquoi il se trouve à cet endroit ni qui vient de tuer ce pauvre gars. Il est dans de sales draps et, manque de bol, une fille le croise avec son tshirt tâché de sang et hurle à la mort. Ni une ni deux, il s'enfuit. La police est à ses trousses, de même un individu qui se fait appeler le Loup veut lui faire la peau. Pourquoi ?
Ram, puisque c'est ainsi qu'il se fait passer, est totalement amnésique. Son aventure ressemble à un cauchemar éveillé, impossible d'en sortir. Il échappe de peu à un incendie, une noyade et trouve refuge in extremis dans un collège. C'est alors qu'il va renouer contact avec Gaby McGurk, la fille qui se trouvait dans les couloirs de Wellpark Court en pleine nuit et qui a donné son signalement à la police. Il doit la convaincre de son innocence pour qu'à son tour elle se confie à un inspecteur, du genre Lewis Ferguson, un bleu chez les flics de New York, déterminé à prouver sa valeur.
Grâce à des chapitres courts, sans temps mort, l'histoire est vécue à un rythme trépidant. Happé par cette chasse à l'homme qui vire à la traque infernale, le lecteur est attentif aux moindres détails, imagine conspirations et énigmes à tous les coins de rue, d'autant plus que le récit opère un balayage sur tous les acteurs et offre une vue d'ensemble très appréciable. A la fin, toutes les questions n'ont pas trouvé leurs réponses, autant l'avouer sans briser le moindre suspense, mais on obtient une piste intéressante sur l'identité de Ram, et celle de l'Homme en Noir, qui surgit de nulle part. Il reste de nombreuses inconnues, nécessaires pour alimenter les 3 autres ouvrages de la série Némésis (tous déjà disponibles en anglais) et je suis impatiente d'avancer dans cette histoire.
A découvrir, dès 13 - 14 ans.   

Le tome 2 Némésis : l'Heure de la Bête paraîtra début octobre 2009.

 

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13/08/09

Satya : L'attentat ~ Jean-Michel Payet

Collection : Blue Cerises
Milan, coll. Macadam, 2009 - 62 pages - 4€

satya_lattentatPremière saison, deuxième livre. (finalement, l'ordre n'a aucune importance !)
Satya, orphelin depuis la mort accidentelle de ses parents, est élevé par ses deux mamies propriétaires de la libraire, La Malle de l'ange. Un vaste empire dédié à la jeunesse, s'enroulant sur trois niveaux autour d'un escalier bringuebalant.
Tuant le temps à dessiner au Jardin des Plantes, le garçon fait une étrange rencontre - une demoiselle au charme mutin, aux longs cheveux rouges, les yeux verts, le regard malicieux. Elle glisse un billet d'invitation, signé ED, qui ressemble davantage à un rébus poétique.
Le jeu de pistes commence. Celle qu'on surnomme la boîte de couleurs, ou la belle insaisissable, tend un piège amoureux et Sakya mord à l'hameçon avant de lâcher prise car la demoiselle n'est vraiment pas facile à harponner.
Mystérieuse, agile comme une anguille, le sourire canaille et la voix de canard, l'inconnue se dérobe et donne des rendez-vous mystérieux auxquels Sakya ne résiste pas. Même si le bonhomme est un peu usé en bout de course.
Un touche-touche poétique s'annonce, qui accusera en plus de la séduction, des baisses de régime, des interrogations et du vague à l'âme. A l'image des autres Cerises, les membres du groupe, Sakya a le coeur en vrille. Pas forcément le courage de se confier. Pas le temps de trouver un créneau pour de tels épanchements non plus. On a déjà suivi un Amos en pleine déroute sentimentale et familiale, on devine que Zik et Violette s'inscrivent, à leur tour, aux abonnés absents. 
Une chose est sûre :  tout est fait pour donner envie de savoir la suite. A l'instar de Sigrid Baffert, Jean-Michel Payet accomplit ici un enthousiasmant tour de force. Son style s'inscrit dans l'esprit des Blue Cerises, que le  lecteur n'a plus de mal à cerner, et c'est franchement une bonne tranche de plaisir... littéraire.
Le prix mini - seulement 4€ - est à noter comme une première et irrésistible tentation !

A découvrir, comme pour les autres livres, le blog créé exprès pour / par Satya :
http://satya-tempsdescerises.blogspot.com/

 

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12/08/09

On n'arrête pas les comètes ~ Sigrid Baffert

Seuil, coll. Karactère(s), 2009 - 106 pages - 8€

on_narrete_pas_les_cometesL'histoire s'ouvre sur la rencontre entre Emilien le facteur et Clémence la costumière pour le théâtre. Sans aucun rapport, arrive Aubin, lycéen qui vient de décrocher son bac. Il rentre chez lui pour apprendre la triste nouvelle du suicide de sa mère, dans sa maison d'enfance. Drame. Larmes. Funérailles. C'est le ballet des heures sombres, pour la première fois Aubin est pris d'un hoquet qui ne le quittera plus et reviendra tous les jours, à heure fixe.
Malgré le souhait de ses proches de vendre la maison, estampillé lieu maudit, Aubin s'oppose. Il a besoin de temps, besoin de revenir aux sources, pour pleurer et sombrer dans le berceau de sa mère.
On retrouve alors Emilien, avec une certaine Hanna. Cette femme fuit aussi son propre passé et refuse de suivre la voie qui s'ouvre à elle. Elle bifurque. C'est à ses côtés qu'Emilien est victime d'une attaque, alors qu'il lisait le journal.
L'histoire peut maintenant tracer sa route, au lecteur d'être entraîné vers ces destinées qui se croisent, s'effleurent, s'éloignent, se lient et se délient. Au coeur du conflit, le suicide d'un parent. A Aubin, la douleur et la déchirure. Le deuil qui commence. La distance à prendre. A Emilien et Hanna, le poids du passé. Le choix d'assumer leurs actes manqués. Ensemble, ils parviendront à accepter et apprendre à vivre l'absence.
Malgré son titre, on comprend que le roman ne traite pas d'astronomie. Son sujet : la famille. On a beau avoir les bras cassés et des regrets qui débordent des poches, on n'est pas pour autant inapte à se reconstruire. Se bricoler des ailes, colmater les brèches, panser ses bleus à l'âme. Ensemble, c'est tout.
Voilà encore une histoire qui nous le prouve.

à partir de 13 ou 14 ans.

une précédente version de ce texte a été publiée sous le même titre en 2004 chez syros.

 

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07/08/09

Amos : Cibles mouvantes ~ Sigrid Baffert

Collection : Blue Cerises
Milan, coll. Macadam, 2009 - 60 pages - 4€

cibles_mouvantesPremière saison, premier livre.
Amos, 17 ans, vit seul avec sa soeur jumelle et leur père. Lorsque ce dernier leur annonce sa prochaine mutation pour le Québec, c'est une très mauvaise nouvelle. Amos n'a pas envie de tout quitter, il a sa bande d'inséparables - Satya, Zik et Violette - qui forment les Cerises, tous liés par un secret scellé l'année de leur quatorze ans. Inutile de creuser, nous n'en serons pas davantage dans ce livre.
Mais que c'est bon, que c'est agréable à lire. C'est très court, seulement 60 pages, cela raconte le désarroi d'un garçon qui en aime un autre, qui cherche à l'aborder, qui tente aussi de ne pas penser à sa mère absente, depuis trop longtemps, et qui voudrait que cessent ces harcèlements téléphoniques d'un anonyme, qui a du temps à perdre, matin et soir, c'est le même rituel.
Ambiance laxiste et détendue à la maison, le décor se plante, les personnages avancent sur la pointe des pieds, on devine des personnalités et déjà on s'attache.
Clap de fin, l'envie de lire le prochain (L'attentat) se noue très fort.
L'autre particularité de ce 'feuilleton'  est de trouver pour chaque tome la signature d'un auteur différent. Ici, c'est Sigrid Baffert qui s'y colle, et même qui explose la barraque. Car j'ai vraiment beaucoup apprécié son style et son écriture.
Je m'en vais lire un autre roman, On n'arrête pas les comètes, pour m'en prendre encore plein les mirettes.

Quelques liens :

Il faut que je glisse l'extrait qui parle d'une librairie... un antre de livres, qui fait drôlement envie !

* -- * -- *

Et une découverte en amenant une autre, voici Séverin et l'album (sortie fin septembre 2009) Cheesecake, pour reprendre la description du site de l'artiste : L'album « Cheesecake » est une gourmandise pop aux consonances multiples qui offre des mélodies sucrées, légères, punchy et inventives. ^.^

severin_cheesecake

à écouter, pour s'en convaincre !

 

 

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06/08/09

Quand mon frère reviendra ~ Isabelle Collombat

Rouergue, coll. doAdo, 2009 - 250 pages - 11,50€

quand_mon_frere_reviendra

C'est l'histoire d'une attente, d'un vide et d'une absence de six mois. Le 17 novembre, en pleine nuit, Philippe quitte la maison. Dès le début du roman, on apprend que le garçon a été retrouvé par les gendarmes. Toute la famille attend alors son retour, fébrilement. Mais tandis que sa mère est visiblement soulagée et impatiente, Lia, la jeune soeur de quatorze ans, verse quelques larmes de frustration et de rage. Car elle en veut terriblement à son frère, elle veut comprendre la raison de son départ, son égoïsme, son manque de sensibilité, son indifférence envers ses proches, longtemps plongés dans l'angoisse de l'ignorance. Par sa faute.

L'histoire raconte donc les trois étapes de cette fugue, au moment où est annoncé le retour prochain de Philippe, puis ce qu'il s'est passé six mois auparavant, et enfin l'arrivée de l'adolescent, totalement métamorphosé, abrupt dans ses explications, maladroit et inconscient du mal qu'il fait. "Je n'avais pas envie de revenir", murmure-t-il pour simple information. Evidemment, l'indignation de Lia éclate au grand jour. Elle n'en veut pas de ce frère qui n'est plus le sien. Qu'il aille au diable avec ses théories sur leur monde formaté, rivé à la consommation et au capitalisme. Elle s'en moque, elle veut simplement renouer avec le frère disparu.

C'est une histoire tendre et violente à la fois, une histoire qui ne parle pas seulement d'une fugue mais de son effet dévastateur sur l'entourage. On sent une famille désunie et brisée à jamais, malgré la surface lisse, irréprochable, le cadre de vie confortable, la liberté au coeur même de l'éducation et du couple. Jamais de laisse, jamais de contraintes. Le système a failli, aujourd'hui tous peinent à se regarder dans le blanc des yeux pour accepter la vérité, et non plus à accuser l'autre d'une faute qui n'appartient à personne.

L'histoire développe aussi une finesse d'esprit très appréciable, cerne toute la perplexité du malaise adolescent et pousse ainsi les personnages à déraper puis à se remettre doucement, mais péniblement, sur les rails. L'histoire est racontée du point de vue de Lia, qui porte un oeil blasé sur les siens, en plus d'un goût amer dans la bouche. C'est un très bon roman, sensible et pudique, âpre et farouche. J'ai beaucoup aimé ce livre, dont le style et la justesse ont su personnellement me toucher. 

le blog de l'auteur : http://isacollombat.canalblog.com/

 

 

 

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31/07/09

Triskellion ~ Will Peterson

Milan jeunesse, 2009 - 379 pages - 13€
Traduit de l'anglais par Jacqueline Odin

triskellionTandis que leurs parents règlent leur divorce, les jumeaux Rachel et Adam se rendent en Angleterre chez leur grand-mère maternelle. A Triskellion, l'atmosphère du village pèse. Il fait très chaud, pas un chien ne court les rues, les boutiques sont désertes. Le peu entr'aperçu donne des frissons, et en guise de bienvenue Adam se frotte à deux types du cru qui lui éclate le nez. Frère et soeur filent à toute allure sur leur bicyclette et se réfugient chez leur Bonne-maman Root. Le confort chez elle est rudimentaire, pas de réseau pour les portables, des pannes d'électricité dès qu'il pleut et une ligne téléphonique qui ne dépasse pas le coin de la rue.

Rachel et Adam n'ont pas fini de se questionner sur cette étrange localité, qui semble isolée du reste du monde et dont tous les bâtiments sont frappés du sceau de la triskèle, un symbole celtique avec des cercles. Un jour, en se perdant dans les bois, ils découvrent des hommes déguisés en train de constituer un tribunal improvisé, les deux accusés sont les sales types qui ont cassé la figure d'Adam. Attachés à un arbre, les garçons sont cagoulés et flagellés sévèrement. Les jumeaux sont intimement persuadés d'assister à une scène qu'ils ne devraient pas voir, ils sursautent au moment où les hommes des bois sortent d'une camionnette une tronçonneuse.

Il ne s'agit pas d'un livre d'épouvante, rassurez-vous, c'est simplement un roman fascinant, qui cultive la tension et l'angoisse dans un but mystérieux. Triskellion nous offre une véritable atmosphère, sombre et louche, au coeur d'un village où le temps semble s'être arrêté. La population a des secrets, même la grand-mère Root n'est pas extraordinairement hospitalière, elle est très pointilleuse sur l'appréciation à avoir concernant le commodore, Gerald Wing, le tenant du manoir, qui serait un homme bon et indispensable à Triskellion. Rachel et Adam ont pourtant failli être écrasés par son Land Rover alors qu'ils faisaient du vélo. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'ils essuient les brusques virements d'humeur des habitants, entre agacement excessif et empressement soudain d'être aimable. C'est franchement déconcertant.

En s'introduisant chez le commodore, poussés par un instinct basique idiot, les jumeaux et Gabriel - un curieux bohémien taciturne, nouvellement arrivé au village - dérobent un document ancien, très précieux. Aidés des confidences de l'apiculteur, Jacob Honeyman - et ce n'est pas une blague ! -, les adolescents vont s'improviser archéologues, contacter une équipe de télévision et mettre le village en émoi en déterrant ce qu'ils n'auraient jamais dû.

Atmosphère étrange et fascinante, personnalités troubles et inquiétantes, un vrai climat de tension et d'angoisse s'installe au fil des pages. Ce roman n'est que le premier tome d'une trilogie, il est foncièrement captivant. D'un rythme très lent, qui prend le temps d'installer les choses et de créer le suspense, ce livre happe littéralement le lecteur et mêle un peu trop facilement les genres, dans la dernière moitié, mais sans générer la moindre frustration. Vivement la suite. 

le site : http://www.triskellion.fr/ (avec bande-annonce sur youtube)

Will Peterson est le pseudonyme de deux auteurs : Mark Billingham et Peter Coks.

 

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30/07/09

Elyon, tome 4 : Au coeur des brumes ~ Patrick Carman

Bayard jeunesse, 2009 - 322 pages - 11,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

elyon_4Quelle surprise ! En tournant la page du tome 3, La Dixième Cité, le lecteur découvre qu'un nouvel ouvrage est désormais disponible, reprenant l'action là où elle se terminait, c'est-à-dire à bord du Warwick Beacon. Cela devient une habitude ! Cette fois, Alexa a l'esprit en paix, la tête tournée vers la découverte de nouvelles contrées, les oreilles à l'écoute d'une histoire passionnante, contée par Roland Warvold, et qui révèle le passé étonnant de Roland et son frère Thomas.
Il s'agit donc d'une nouvelle série, inspirée de la première, mais totalement indépendante, puisqu'elle peut être lue sans la connaissance des trois précédents volumes d'Elyon. Selon l'auteur (astucieux), c'est aussi un moyen de donner envie, le fait de lire ce "prequel" incite les nouveaux lecteurs à se passionner pour les mystères de la terre d'Elyon et les aventures qu'ils engendrent.
L'histoire de Roland raconte donc sa sinistre enfance passée dans la répugnante Maison sur la Colline, son évasion et celle de son frère, annonçant ainsi le début de nouvelles péripéties. Ils vont découvrir ce que signifient leur étrange tatouage, croiser des personnages qui compteront énormément dans la suite de l'histoire et explorer de nouveaux territoires inconnus.
A vrai dire, en prenant connaissance de l'existence de ce tome 4, j'étais étonnée, persuadée d'avoir bouclé une série - une trilogie, que dis-je - soudainement transformée en saga. J'ai déjà exprimé mon scepticisme à ce sujet, cf. Artemis Fowl, je ne vais pas revenir sur ce principe déconcertant qu'ont les auteurs de rallonger des séries à l'infini.
Malgré cela, je ne suis pas mécontente de renouer avec un univers qu'on a du mal à quitter, la terre d'Elyon et le destin extraordinaire d'Alexa. Patrick Carman a déjà prouvé qu'il était un véritable créateur d'atmosphère et un formidable conteur d'histoire. Cet ouvrage en est la preuve ; de plus, il tisse avec brio une intrigue autour du passé et du présent, de nouvelles personnalités se dévoilent, des secrets vont émerger et probablement cela va éclaircir des détails restés nébuleux précédemment.
Le monde d'Elyon est un monde passionnant, n'hésitez pas à vous laisser convaincre !

 

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Elyon, tome 3 : La Dixième Cité ~ Patrick Carman

Bayard jeunesse, 2008 - 230 pages - 11,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

elyon_3J'ai lu les deux premiers volumes d'Elyon, à quelques mois d'intervalle, en 2007 (ici et ici). J'avais aussitôt été embarquée dans cet univers particulier, sombre, mystérieux créé par Patrick Carman : une jeune héroïne de douze ans se voit confier la mission de causer la perte de créatures immondes et redoutables, qui s'entourent des ogres pour assouvir leurs ambitions. Alexa a toujours compté sur l'aide et le soutien de ses amis, dont Yipes, un petit bonhomme haut comme trois pommes, ou des animaux avec qui elle peut communiquer grâce à la pierre de Jocaste... Pas besoin de refaire le film, il faut lire cette passionnante trilogie pour se rendre compte de sa qualité.
J'ai un peu traîné avant de lire le troisième tome, La Dixième Cité, et je le paie en retour. Dans les premières pages, je me suis sentie complètement paumée, coupable d'avoir oublié les personnages et le but de la mission. Alexa et ses compagnons naviguent à bord du Warwick Beacon sur l'océan de Solitude, réputé sauvage et intrépide. Jamais personne n'a su dompter ces eaux imprévisibles. Mais Alexa n'a pas le choix, son ami Yipes a été kidnappé par Grindall, et Elyon compte sur elle pour affronter Abaddon qui cherche à ruiner le calme de la région.
Au cours de cette aventure, les dangers affluent sur les eaux, dans les airs, sur et sous la terre. Le menace est partout. Alexa, pourtant, excellera à briller dans chacune des épreuves rencontrées, ne manquant jamais de courage ni de témérité. Elle viendra à bout de son épopée avec la confession d'un terrible secret sur ses origines, et la dernière page se tourne.
Toutefois, d'autres aventures nous attendent puisqu'un 4ème volume vient de paraître, qui entame une autre palpitante saga à suivre !

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27/07/09

Dernier jour de beau avant la pluie ~ Marie-Sophie Vermot

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 116 pages - 8,50€

dernier_jour_de_beauL'histoire raconte le chagrin et la mélancolie de Chloé, dix-huit ans, inconsolable depuis vingt et un mois. Depuis la mort accidentelle de sa soeur jumelle, Beryl. L'histoire raconte donc la mise au vert de Chloé, son frère Alban et leur meilleur ami Félicien. Tous trois se sont isolés dans le cabanon familial, perdu au coeur d'un vallon, niché dans un jardin sauvage, bordé par une source. Ils ont décidé de bûcher sérieusement, avant les examens. Chloé n'a pas du tout la tête à ça, c'est la première fois qu'elle remet les pieds au cabanon depuis la disparition de Beryl. Son absence lui pèse. Tous, pour la plupart, ont su remonter à la surface, effectuer leur deuil, reprendre goût à la vie. Chloé en est incapable.
Poussée par les siens, dévisagée par ses camarades au lycée, elle n'en fait qu'à sa tête. Songer à prendre le large. Tourner le dos à cette existence qui l'étouffe.
Pensant avoir trouvé la solution à ses soucis, Chloé a invité sa nouvelle amie Madeleine. Elle est d'une présence irradiante, tout sourire, tout enthousiasme dehors. Sa fraicheur de vivre fait plaisir, pourtant elle ne contamine pas Chloé.
Veut-elle vraiment guérir de son chagrin ? Ne porte-t-elle pas une responsabilité trop lourde pour elle ? Que cache-t-elle au fond ?
D'un état d'esprit introverti et mélancolique, ce roman évite toutefois de sombrer dans la morosité pure. Point de cafard à l'horizon, si ce n'est dans le comportement de Chloé, constamment léthargique, plongée dans ses pensées noires, à ressasser un passé éteint, douloureux, mort. La finesse du roman se trouve dans le décor idyllique du cabanon, endroit coupé du reste du monde, petit paradis terrestre, une bulle réconfortante et apaisante. Vivre à quatre des journées en plein air, sous une chaleur accablante, déguster des grillades, manger des fruits, lire dans le hamac, se baigner, plonger du haut de la cascade, se lancer des défis... A travers ses diverses activités, grisée par l'enchaînement intense de ses vacances pas comme les autres, Chloé finira par ressentir le déclic final. Point d'honneur à un long, lent travail de maîtrise de soi.
Un joli roman de vacances, teinté de douceur de vivre et de spleen.

Illustration de couverture : Franck Juery

Autre avis : Reno a également apprécié toutes les subtilités de ce roman sensible et intelligent.

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23/07/09

Les Monts de l'Eléphant ~ Jean-François Chabas

 

 

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Les Monts de l'Eléphant est un merveilleux roman. Ni plus ni moins. C'est une histoire qui s'adresse à Promesse, contée par Henri de Lespagne, fils de bonne famille qui occupe un appartement cossu de l'avenue Kléber.
Avec tendresse et nostalgie, Henri revisite son passé et son enfance, pas si dorée que cela. Son père a été frappé d'une maladie mentale peu courante, diagnostiquée trop tard, et qui fragilisera les rapports déjà peu chaleureux entre les membres de cette fratrie.
La mère, Anne de Lespagne, née de Castries, est une femme qui ne supporte pas le désordre. Elle met de côté son sentimentalisme et ses élans d'affection, à la place elle manie le sarcasme avec une dextérité paralysante.
Les conséquences sur la famille seront sans appel.
Henri, né en 1960, est désormais un homme rompu et déboussolé. Enfermé dans ses souvenirs. Handicapé de son enfance. Promesse est une femme qu'il va rencontrer tardivement, dont l'histoire personnelle est encore plus bouleversante que les 150 pages de la saga de Lespagne, mais les deux histoires se font des appels du pied, discrètement et solennellement.
C'est un roman très beau, très touchant et drôle aussi (le type au nougat, hilarant !). C'est un livre qui sait nous surprendre, nous faire attendre aussi, l'arrivée de Promesse est un fil rouge, vécu comme une promesse justement, car son récit arrive dans les toutes dernières pages.
J'avais depuis très longtemps envie de lire ce roman et je suis ravie de cette découverte. Il me reste à lire les autres livres de ce Jean-François Chabas, en me souhaitant d'autres émerveillements.
Et bien entendu, ce roman ne se destine pas qu'à la jeunesse.

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 160 pages - 9,50€

 

Tu sais, les familles... c'est un drôle de truc, les familles. Tu les regardes de loin et tu vois un groupe à peu près uni, tu te dis que les membres se ressemblent forcément, puisqu'ils sont du même sang, qu'ils grandissent ou vieillissent côte à côte... Et puis tu regardes de plus près les individualités, et tu te rends compte qu'ils peuvent différer les uns des autres à peu près autant qu'une carpe miroir, une crosse d'évêque et une pompe à vélo.
Une famille, ce n'est pas un puzzle. C'est plutôt une tas de bidules et de machins balancés ensemble dans une caisse, et plus ou moins forcés d'y cohabiter. Il y a une question de chance. Je veux dire que tu peux tomber sur des parents aimants, merveilleux, et qu'avec tes frères et soeurs, c'est aussi un peu la roulette. Nous connaissons tous des familles où on se hait, d'autres où on s'adore. Certaines où des clans se forment. Certaines dont les membres choisissent un mouton noir, un paratonnerre qui reçoit toutes les rancoeurs, les jalousies et les hargnes recuites.
(...)

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