21/12/10

Accepter de vivre et d'en être heureux.

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Imaginez : Matthias était en cours de math. Un individu a fait irruption dans leur classe et a zigouillé tout le monde. Lui seul est sorti "indemne" de ce cauchemar. Comment ? Pourquoi ? Autant de questions qui se bousculent dans sa tête. Autant de remords et de responsabilité qu'il a du mal à assumer. Autant de visions d'horreur qui défilent dès que ses yeux se ferment. Autant de réponses qui ne viendront jamais. Il quitte Paris pour se réfugier chez ses grands-parents en Italie. Il y rencontre Bianca, qui l'aide à réviser ses leçons. C'est une femme à l'allure triste et secrète, auprès de qui Matthias se sent en confiance, alors il lui parle de son trauma. En échange, Bianca lui confie qu'elle aussi a connu le pire, sauf que cette révélation sera trop bouleversante et Matthias n'est pas prêt à l'entendre.
C'est un petit roman triste, très triste, parce qu'il porte le poids qui pèse sur les épaules de Matthias. Conséquence pour le lecteur, lui aussi se sent un peu déprimé. Le chagrin et les remords de l'adolescent nous collent à la peau. Impossible de s'en détacher. D'un autre côté, l'Italie tente d'imposer sa beauté, son calme, sa nonchalance, rien n'y fait. Comme Matthias, le poids de la culpabilité nous oppresse. Pour lui, le plus dur est là : il est en vie et doit assumer ça. Cela peut paraître aberrant, mais justement l'histoire nous prouve que non. Qu'il est aussi difficile d'être celui qui reste. Le regard des autres persiste. Le regard sur soi, également. Il faut apprendre à se reconstruire, à accepter - de vivre et d'en être heureux, par exemple.
Tout le monde est une idole ? Parce que tout le monde a une histoire qui a pu détruire pendant un moment, mais qui a pu ensuite servir à bâtir une autre vie. Et Matthias va le découvrir, s'en inspirer en prenant un bout de confession de tous les gens qui l'entourent. Ce n'est certes pas toujours gai, mais ce petit roman a su créer un lien entre le lecteur et les personnages, c'est habile et efficace, de l'empathie qui permet de se secouer, au lieu de s'appesantir avec la main sur le coeur. J'aime mieux ça.

Tout le monde est une idole - Marie Sophie Vermot
Editions Thierry Magnier (2010) - 140 pages - 8,00€

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15/10/10

Hex Hall #1

hex_hallEnfin un roman qui ne se prend pas au sérieux ! Cela fait du bien de lire quelque chose de frais, tout en surfant sur la vague, mais disons que c'est un régal de trouver un roman qui a pris le parti d'être drôle, de jouer avec le genre et les codes, de doter l'héroïne d'un humour savoureusement sarcastique et de la farcir d'une aventure qui ne sort pas des sentiers battus, certes, mais qui demeure intéressante du début à la fin.

L'histoire, donc. Sophie Mercer est une sorcière, par son père. Elle ne le connaît pas, sa mère et elle ont voyagé de ville en ville, en subvenant à leurs besoins, fuyant dès que cela sentait le roussi, car il ne fallait pas attirer l'attention sur la particularité de Sophie (les humains détestent ce qui sort de l'ordinaire). Mais Sophie est une sorcière maladroite, qui commet imprudence sur imprudence, et qui se voit donc expédiée à Hex Hall (ou le Manoir d'Hécate), un établissement réservé aux jeunes gens de son espèce.

Or, contrairement à ses comparses, Sophie n'a qu'une connaissance minime de ses pouvoirs, et très vite elle se ridiculise ou s'attire les foudres des trois déesses de l'école, sous prétexte qu'elle n'a pas souhaité rejoindre leur clan ou parce qu'elle s'amourache du petit copain de l'une d'elles. Vu sous cet aspect, le roman ne casse pas des briques et la trame sent un peu le réchauffé. Ceci dit, il ne faut surtout pas s'attacher aux apparences.

Car en fait, le roman est drôle ! Il est divertissant, il nous embarque à droite et à gauche, il est joyeux et ça fait du bien. L'héroïne n'est pas une oie blanche qui se pâme devant le bellâtre, elle est pétillante, elle possède le charme, l'intelligence, la répartie et une bonne dose d'ironie. Et il lui en faut, c'est tout de même elle l'héroïne, donc tout tourne autour d'elle, le bon, le mauvais, le beau, le laid...

Mine de rien, l'intrigue nous réserve des tours et détours qui savent tenir la dragée haute. Et la fin, pour ainsi dire, ouvre les portes vers l'inconnu, toutes voiles au vent, la suite promet de nous réserver d'autres agréables surprises, j'espère. Pour l'heure, ce premier tome a su me combler, au-delà de toutes les attentes !

Hex Hall - Rachel Hawkins
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz (2010) - 300 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

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23/09/10

Des étoiles au plafond

des_etoiles_au_plafondC'est un roman qui se défend d'être triste, mais qui l'est dans les dernières lignes, parce que ce sont des pages belles, émouvantes et qui vous prennent à la gorge. C'est comme ça, incontrôlable, et on n'y peut rien. Cela n'efface pas les précédentes pages taillées d'humour et de facétie à croquer le portrait d'une adolescente de treize ans qui se sait moche, terne et plate, totalement fade, et qui se débat contre l'injustice de sa vie. A côté, il y a Péné, la fille la plus glamour de l'école, qui habite juste au-dessus d'elle, la cible parfaite pour Jenna et sa copine Susanna qui déchaînent leur verve. Elles détestent Pénélope-la-salope ! C'est toujours elle que tout le monde regarde, aime, courtise. C'est toujours elle qui organise les soirées les plus folles, les plus courues. C'est toujours elle qui se la pète, qui parle de ses vacances, qui fume, qui boit, qui collectionne les histoires sentimentales. Bref, elle exaspère !

Quand on n'a pas de poitrine, les cheveux ternes, un regard de veau perdu sans sa maman, et qu'on aimerait bien que ça bouge un peu dans sa vie, à trop baver sur Sakki, le beau gosse, celui qui fait tourner la tête de Jenna (et qu'en échange, rien, le vide intersidéral, c'est la loose), bref on espère, on attend un miracle, en regardant les étoiles au plafond de sa chambre. Susanna est gentille, mais un peu pénible aussi. Pourtant, elles se connaissent depuis toujours, elles ont grandi ensemble, fait du cheval toutes les deux, aiguisé leurs dents contre Péné, et puis Susanna connaît le secret de Jenna. Ce secret qui fait que l'adolescente barricade son chez-elle, son sourire, ses élans : sa maman est malade. Un cancer. C'est grave. Elle va mourir (lui serine-t-on).

Alors, c'est la course. Vivre, grandir, se mélanger, confondre, assister à l'intrusion de grand-mère, détester ça mais se taire. Aider maman, toujours. Se consoler de la voir un peu mieux. Trembler face à ses chutes. Être impuissante, muette, mais crier sa colère au fond de soi. Jenna est une jeune fille prise dans un tourbillon, elle doit combattre son chagrin et la panique engendrés par la maladie, mais aussi accuser ce qui change chez elle, dans son corps et dans sa tête. C'est le début de la crise, ce n'est pas facile, surtout quand Péné s'en mêle, oui, l'insupportable Péné, celle qu'elle déteste depuis toujours, et qui se révèle ... différente. Compréhensive. C'est le monde à l'envers. C'est un monde où on perd sa maman trop jeune et où on se sent abandonnée, malheureuse et perdue dans le noir. C'est sûr que c'est triste, vers la fin, mais ça reste une lecture incroyable, belle et attachante. Et ça raconte la jeunesse pas autrement qu'avec leurs mots, leurs émotions et ça ne trompe pas, c'est vif, cinglant, ça fait sourire et soupirer. En bref, c'était bon, très bon même !

de Johanna Tydell (éditions thierry magnier, 2010)
traduit du suédois par Agneta Ségol
336 pages - 17,50€

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20/09/10

Lune Bleue, t.2

lune_bleueC'était trop beau pour être vrai, l'amour éternel dont rêvaient Ever et Damen va être de nouveau compromis. Un nouvel élève, Roman, vient de débarquer au lycée, tout le monde l'adore, à l'exception de la jeune fille (*spoilers* ceci ne l'empêchera pas de tomber dans le panneau à la fin du roman, mais bon... cherchez la logique !?). Depuis son arrivée, le comportement de Damen est différent, pour ne pas dire effrayant ! Un bref instant, j'ai éprouvé de la compassion pour Ever.

L'histoire, donc, se focalise sur la maladie de Damen, sur l'antidote, sur la lente descente aux enfers, sur le choix d'Ever à reprendre sa vie d'avant, croyant à une punition divine, etc. Je pense sincèrement que l'auteur aurait pu faire plus court, le choix d'une narration à la première personne étant déjà pénible, du fait du caractère de l'héroïne, donc suivre les atermoiements de l'adolescente sur plus de 300 pages, hmm, j'ai rongé mon frein. Et quand cesserons-nous enfin de prendre le lectorat YA plus prude qu'il n'est !?! Je pense bien sûr à l'acte sexuel, ici souvent songé, esquissé mais jamais abordé car constamment repoussé. C'est d'une hypocrisie ! 

C'est loin, très loin, d'être une série fétiche, mais la curiosité l'emportant, je lirai très probablement la suite, pour de multiples raisons peu avouables, et aussi parce que d'après certains spoilers, on abordera la magie noire ! ... Tentée, non ?

Tome 2 de la série Eternels, Alyson Noël
Michel Lafon (2010) - 315 pages - 15,95€
traduit de l'anglais (USA) par Laurence Boischot et Sylvie Cohen

A paraître : Eternels, Tome 3 : Le pays des ombres de Alyson Noël (14 octobre 2010)

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07/09/10

La Griffe du Dragon, de Janet Lee Carey

 

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Selon la prophétie de Merlin, Rosalind deviendra la vingt et unième reine, rendra son honneur au nom de Pendragon, mettra fin à la guerre d'un geste de la main et redonnera sa splendeur à l'île de Wilde. Bannie par décret royal depuis des générations, la famille attend son heure. La prochaine alliance entre la princesse et l'héritier de la Couronne pourrait sonner l'heure du retour en grâce. Or, Rosalind porte en elle un pénible secret : à la place de l'annulaire de sa main gauche, se trouve la griffe d'un dragon. Sommée par sa mère de cacher cette difformité, Rosalind porte constamment une paire de gants dorés. Quiconque porte le regard sur son doigt est frappé de malheur et trouve la mort peu de temps après.

Je ne préfère pas en révéler davantage, car il faut laisser une chance à cette histoire, au début c'est tout juste si je la trouvais gentille et passionnante, c'est venu ensuite, mine de rien, le livre a gagné en charme et puissance au fil des pages, oui vraiment ça m'a plu, j'ai donc été conquise, doucement mais sûrement. Le récit ne manque pas de lyrisme, mais ça reste une aventure palpitante, sur l'île de Wilde, en l'an 1145, imaginez un peu... Rosalind est une héroïne attachante, âgée d'à peine quatorze ans durant la première partie, on devine chez elle une fragilité acquise à force de subir l'autorité de sa mère abusive. La reine Gweneth fait peser une lourde responsabilité sur les frêles épaules de sa fille, du fait de la prophétie de Merlin. Trop, c'est trop. Rosalind grandit dans une tour d'ivoire, ses relations sont triées sur le volet, elle se doit de détester sa griffe de dragon, de n'en parler à personne, etc. Sa mère a tout tenté, les plantes, les onguents, la magie noire, les bénédictions, mais rien n'y fait. En conséquence, Rosalind se sent hideuse et pense sincèrement que son mariage avec le prince héritier n'aura pas lieu.

En fait, Rosalind n'est pas une simple jeune fille cruche qui attend le prince charmant au coin du feu. C'est une demoiselle intrépide, qui éprouve une certaine fascination pour sa griffe que sa mère lui interdit de contempler, de toucher, de montrer, et elle se sent aussi intriguée par l'animal, le dragon, qui sévit dans les campagnes, semant la panique et la mort sous ses yeux. Sans se l'avouer, Rosalind a l'intime conviction qu'elle possède les armes pour combattre la créature, même si cela implique plus que du courage, à savoir surmonter ses propres hantises et affronter le regard de l'autre. Dans l'intervalle, la princesse va rencontrer un charmant tueur de dragons, nouer avec lui une très belle relation, et donc se révéler encore plus, toujours plus, mais de façon pure et très chaste, ne nous emballons pas !

Je n'irai pas jusqu'à conclure que cette lecture a été un coup de coeur, mais j'ai été fort agréablement surprise et j'ai pris beaucoup de plaisir à me balader parmi ses contes et légendes impliquant les Pendragon et les dragons, durant plus de 300 pages.

La Griffe du Dragon de Janet Lee Carey, Pocket jeunesse (2010).
traduit de l'anglais (USA) par Alexandra Maillard
345 pages - 13,50€

Ce livre a obtenu le prix ALA Best Books for Young Adults 2008 .

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05/09/10

Le Signe de K1 - Tome 1 : Le Protocole de Nod

Pas mal, hmm, vraiment pas mal. C'est ce que je me suis dit, au fil des chapitres. Je n'étais pas follement convaincue au début, je n'aimais pas trop la couverture, mais la surprise a tout de même été au rendez-vous. Tout n'est pas irréprochable non plus, j'ai par exemple trouvé les dialogues plats et mal intégrés dans l'histoire, mais le reste tient la route et s'est révélé curieux, excitant et agréable.

 

Le_signe_de_K1

An 2322. La communauté de K1 est en danger, les conditions climatiques sont déplorables, les eaux gagnent du terrain et les populations ne savent plus où se loger. Le gouvernement a donc mis en place le Protocole de Nod : 22 pionniers et leurs familles sont envoyés dans le passé, pour préserver l'avenir, et permettre de sauver l'humanité.

Eté 2020, dans le sud-ouest de la France. Une épidémie va vicieusement s'abattre sur la ville de Médiola, touchant d'abord les oiseaux avant de contaminer les hommes. Le docteur Rieu, observateur impuissant, constate aussi d'étranges phénomènes se manifestant chez ses patients. Son fils aîné, Angelo, s'est vu intégrer un programme spécial pour les X-Cases comme lui. On en sait peu, de plus tous les contacts entre le Centre et l'extérieur sont coupés. Pauline, sa soeur, brillante élève à la Winners' School, se fait beaucoup de souci. Dans l'intervalle, elle est tombée amoureuse de Luka, un type très beau, au charme mystérieux, qui vient d'arriver en ville.

Les coincidences s'enchaînent et certaines pièces du puzzle commencent à trouver leur place, révélant un plan machiavélique institué par ... Tout se se révèle dans un brouillard, hallucinant et angoissant. Certains faits sont aussi un peu trop attendus au tournant, mais ceci ne gâche pas le plaisir de la lecture. Je rappelle que c'est un livre qui se destine pour des lecteurs dès 13 ans, ce n'est pas non plus un monstre de la littérature de science-fiction, néanmoins c'est parfaitement plausible, intéressant et attrayant. Ce premier livre est suffisamment engageant pour vouloir connaître la fin, à paraître en 2011.

Le Signe de K1 ~ Claire Gratias
Syros, coll. Soon (2010) - 335 pages - 15,90€
illustration : Stéphanie Hans

Tome 2 à paraître : Le Temps des TsahDiks

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01/09/10

Sa Seigneurie, de Shaïne Cassim

Sa_Seigneurie_de_Sha_ne_CassimCe livre bénéficie d'une réédition et c'est un grand bonheur ! Il m'a notamment permis de faire sa découverte, et donc d'apprécier le style de l'auteur à travers cette histoire assez originale et plaisante à suivre. Cela pourrait se résumer à une histoire d'amour entre deux adolescents, sauf que Simon et Rose ne sont pas des personnages ordinaires, comme on pourrait en croiser souvent dans cette littérature. Simon, alias Sa Seigneurie, est une équation avec plusieurs inconnues à lui tout seul. D'extérieur, il est très beau, il cultive une attitude guindée et raffinée, avec tailleurs sur mesure et langage révérencieux, ce qui le met à l'écart de ses camarades de classe, devenant l'objet de leurs quolibets. Car au fond, Simon souffre, il se sent seul et incompris, de plus il nourrit une admiration amoureuse pour Liane, l'amie de sa mère, jusqu'au jour où emménagent leurs nouveaux voisins.

Rose, jolie anglaise sans accent, n'est pas très grande et reçoit comme accueil une remarque déplaisante de la part d'un bougre de l'école. Qui a dit que le lycée était le nouvel enfer sur Terre ? Bref, Rose et Simon vont d'abord se tolérer, s'intriguer, se rapprocher et se toucher. Et puis tout bascule, tout s'accélère. Simon se découvre épris de Rose, qui s'effarouche et veut mettre de la distance entre eux. Patience, incompréhension, souffrance, maladresse et j'en passe vont donc devenir leurs pions dans ce jeu amoureux qui connaît ses hauts et ses bas. J'ai trouvé l'histoire charmante, la personnalité de Simon se révélant séduisante au-delà des apparences. Une douce harmonie règne entre Rose et lui, comme deux sensibilités qui trouvent là un reflet de miroir. Ce fut une bien jolie lecture, pleine de tendresse et de légèreté !

Flammarion (réédition 2010) - 167 pages - 8€

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05/07/10

Beautiful Dead, Livre 1 : Jonas

Le lycée d'Ellerton serait-il frappé d'une malédiction ? Quatre jeunes ont trouvé la mort, en un laps de temps très rapproché. Parmi eux, il y a Phoenix, le petit copain de Darina. Bien évidemment, celle-ci est inconsolable, choquée et veut des réponses. Son amoureux s'est fait poignarder dans une bagarre entre gangs, alors qu'il se rendait au rendez-vous fixé par la jeune fille. C'est trop pour elle, du chagrin à la colère il n'y a qu'un pas. Darina nous impose une narration sèche, écoeurée et meurtrie, jusqu'à sa rencontre surréaliste avec les Beautiful Dead.

beautiful_dead_jonas

Ils sont beaux, mais intouchables. Ce ne sont pas des anges, peut-être des zombies, ils sont ici et ailleurs, morts et revenus sur Terre pour accomplir une dernière mise au point. Ils ont un an pour comprendre leur mort brutale, avant de faire le grand saut. Personne ne peut les voir, à l'exception de Darina. Et parmi eux, il y a Phoenix. Leur histoire est brisée et désormais illusoire. Pourtant, Darina s'accroche, résiste à la menace de Hunter, le guide spirituel des Beautiful Dead, et prête son concours pour aider Jonas à comprendre la cause de son accident de moto. Il y a presque un an, le temps lui est donc compté, de plus sa petite amie est sortie de son coma, elle est clouée dans un fauteuil roulant et est totalement amnésique et déboussolée.

Premier tome d'une série qui en comptera probablement quatre, chaque volume correspondant à chaque Beautiful Dead, ce livre paie un peu le prix de l'introduction. C'est sur lui que repose toute l'explication, la mise en place du contexte, la présentation des personnages, etc. Je n'ai pas été follement séduite, et je suis même rentrée assez péniblement dans cette histoire. Le ton donné à la narration est âpre, un peu trop à mon goût. Je n'accuse pas la traduction, mais j'ai trouvé pénible les commentaires de Darina sur "son aimé" ou "son chéri" qui rendent le tout assez gnan-gnan. Par simple curiosité, je laisserai une chance au prochain tome mais je n'en fais pas non plus ma priorité.

Beautiful Dead, Livre 1 : Jonas ~ Eden Maguire
Flammarion (2010) - 358 pages - 13€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau

couverture de Julia Starr

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02/07/10

L'Affaire Amanda

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L'affaire Amanda, c'est l'histoire d'une disparition. Une lycéenne n'a plus donné signe de vie, depuis le matin où la voiture du proviseur a été retrouvée couverte par les dessins de la jeune fille. En fait, c'est le début d'une longue suite d'indices mis en scène sciemment par celle-ci, dans quel but, c'est trop tôt pour le dire. Du moins, Callie, la narratrice, est troublée par cette autre facette qu'elle découvre chez son amie, même s'il lui faut admettre qu'elle n'a elle-même pas toujours été très honnête non plus. Callie fait partie des iGirls, un groupe de filles superficielles, prétentieuses et hautaines, pourtant la crème du bahut. Ce qui lui semblait un honneur au début lui paraît plus lourd et contraignant au fur et à mesure que l'affaire Amanda accapare son temps libre. Car Callie réalise que ses copines sont fausses, qu'elle ne peut compter sur elles pour confier ce qui lui pèse (sa mère est partie sans donner de nouvelles, son père a sombré dans l'alcool) et d'ailleurs elle aussi ment ou leur cache qu'elle était amie avec Amanda.

Cette dernière a donc orchestré une autre alliance, entre Callie, Nia et Hal. Deux parias de l'école, du moins aux yeux des iGirls. Tous trois connaissaient Amanda, mais aucun des trois n'a en fait la même version sur l'histoire de la jeune fille. Vexés d'avoir été dupés, ils vont jeter l'éponge et en vouloir à la disparue. De plus, ils subissent un harcèlement du proviseur qui est convaincu que les trois élèves savent où se cache leur camarade. Finalement, trop d'indices troublants font douter Callie, Nia et Hal. Ils décident de reprendre l'affaire, Amanda est probablement en danger. Elle n'est aussi peut-être pas loin, car elle semble toujours au courant de leurs faits et gestes, n'hésitant pas à les relancer pour continuer leurs recherches. Alors, pourquoi ? Pourquoi un tel cinéma ?

Ces derniers temps, je regarde souvent Veronica Mars et cette série m'a fait penser à L'Affaire Amanda, ou inversement. On retrouve dans cette lecture la même construction qu'une série tv : une héroïne prise entre deux eaux, avec ses secrets, des personnages secondaires attachants, qui se révèlent au fil des pages, la bande de pestes incontournable, comme un poussoir pour l'héroïne, le petit copain transparent, un proviseur qui semble en savoir plus qu'il ne prétend, un père déchu, une mère étrangement absente, tous jetés au coeur d'un mystère, une disparition mijotée aux petits oignons, et des indices qui tombent comme l'eau de pluie, un zest d'espionnage, un soupçon de chantage, pas mal de suspense, des messages codés ou des appels à l'aide...

Ce livre a été souvent comparé à Cathy's Book pour son ambition interactive (le lecteur est en effet convié à surfer sur le net afin de participer à l'enquête). J'avais beaucoup aimé ce bouquin, par contre ce ne sera pas la même chose avec celui-ci. Qu'on ne se trompe pas, j'ai aimé et j'ai été totalement captivée. C'est un bon roman à suspense, inquiétant et habile à tisser encore plus de liens étroits dans l'intrigue. Néanmoins, j'ai aussi trouvé qu'on piétinait beaucoup pour un début et que cette lecture ressemblait trop à une série tv (huit tomes sont d'ailleurs prévus).

Sous le pseudonyme de Stella Lennon, se cache un comité d'auteurs dont Melissa Kantor pour le tome 1.

L'Affaire Amanda (Livre 1) ~ Stella Lennon
Bayard (2010) - 320 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Sidonie Van den Dries
le site : http://www.laffaireamanda.fr/

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28/06/10

Selon Faustin

Croyant lire un roman d'été, avec cette jolie couverture écarlate illustrant un longboard, la plage, le surf, bref je m'y voyais déjà et finalement je me retrouve en hiver ! Complètement à l'ouest, donc, j'avance dans cette histoire où Faustin, le narrateur, parle de sa vie auprès de ses potes et ses parents, tous fous de surf, alors que lui, non franchement, ce n'est pas son trip. En fait, sa passion s'appelle Lise, sa meilleure amie de toujours, celle pour qui son coeur bat très fort, celle avec qui il sait qu'un jour il quittera tout. Comme son frère, exilé à Paris, il changera de vie, il aura le goût de n'en faire qu'à sa tête, de ne plus chercher à convenir aux rêves de son père, interdit de surf depuis son accident. A lire comme ça, son existence n'est pas rigolote ni idyllique. C'est loin d'être l'extase, pas conforme à l'image d'Epinal. Sea, sex and sun.

selon_faustin

Cet hiver-là, Charlie fait son entrée dans la bande et aussitôt Lise ne voit plus que lui. Faustin assiste à son naufrage romantique avec toute la violence de ses quinze ans. Il boit beaucoup de bière, il fume, il refuse d'aller en cours, il dort et il se remet sur sa planche pour participer à une compétition, avant de tout plaquer. Le temps que durera l'amourette entre Charlie et Lise, Faustin va s'enfoncer dans la haine, la rancune et faire n'importe quoi. C'est aussi sa vie qu'il remet en cause, ses désirs qu'il affronte. Cela va partir un peu dans tous les sens, mais ça finira par toucher son but. La frustration, autour de l'amitié et de l'amour, déploie toutes ses ailes et rend ce texte poignant, charmant car poétique, teinté de mélancolie et de désarroi, mais c'est tellement propre à ce que vit, ressent Faustin qu'on ne peut que s'identifier, faire corps avec son coup de blues. Au passage, on saisit des éclats de phrases, des bouts de vie, des éclairs de lucidité, des mots justes, des mots forts. On ne sait plus pourquoi on aime ce livre, mais on sait qu'il cache toute la douceur, toute la rancune et toute la véhémence de l'adolescence. Donc, non ce n'est pas une lecture légère et tout sourire. Pas vraiment. Cela n'empêche pas qu'on aime ça aussi...

Selon Faustin ~ Emmanuelle Richard
Médium de l'école des loisirs (2010) - 180 pages - 10,00€
illustration de couverture : Hélène Millot

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