20/10/16

Un coupable presque parfait, de Robin Stevens

Un coupable presque parfait

Repéré depuis des mois, ce roman détenait la promesse d'une lecture au charme pétillant et au contenu croustillant, puisqu'il est question d'une enquête criminelle au cœur d'un pensionnat anglais dans les années 30 ! Miam, miam. J'étais impatiente de passer à table ! ^-^
Deux amies, Daisy Wells et Hazel Wong, ont créé leur club de détectives mais n'ont jamais pu démontrer l'étendue de leurs compétences. Il faut dire qu'à Deepdean l'ambiance est plutôt paisible. Les pensionnaires vivent sous la coupe d'un règlement très strict et occupent leur temps entre les leçons, les études, les repas et le coucher selon une discipline rigoureuse. Aussi, les filles doivent ruser pour échapper à toute surveillance, soit pour comploter en douce des farces ou pour convoquer des assemblées spéciales et discuter de leurs enquêtes. 
Pour la première fois, les détectives Wells & Wong ont un vrai crime à résoudre. Hazel vient en effet de découvrir, sur le parquet du gymnase, le corps démantibulé de son professeur de biologie, Miss Bell, avant de mystérieusement disparaître. La jeune fille est choquée, mais perplexe, tandis que son amie Daisy est survoltée et prend aussitôt la direction des opérations : dresser la liste des suspects, pousser des interrogatoires à la ronde et démasquer le coupable.
Seulement, il y a un monde entre dévorer des romans policiers et se confronter à la réalité, nos demoiselles vont l'apprendre à leurs dépens et commettre quelques petites erreurs (manque d'impartialité dans leurs jugements). Résultat, nos enquêtrices se fâchent car elles ne partagent plus les mêmes opinions ni les mêmes vues sur leur travail. Cela s'embrouille gentiment pour mieux nous balader dans l'enceinte de cette école austère et à l'ambiance inquiétante.
Au passage, l'auteur revient sur la première rencontre entre Daisy et Hazel, que tout sépare, puisque l'une est fille de Lord et l'autre débarque de Chine, même leurs caractères sont diamétralement opposés, car si toutes deux sont intelligentes et réfléchies, Daisy est impulsive et Hazel plus discrète, mais les deux s'accordent pour équilibrer leur tandem. 
La lecture remplit ainsi son contrat à nous fournir une aventure pleine d'esprit et de suspense, dans un contexte délicieusement guindé mais où on ressent aussi le poids des traditions et de la discipline intransigeante. Un deuxième tome est déjà annoncé en fin de roman, et espérons que la série rencontrera du succès pour ne pas succomber à la malédiction des suites jamais traduites après le deuxième tome (cf. Les incorrigibles enfants de la famille Ashton de Maryrose Wood, Avant minuit de Christopher Edge ou Les affreusement sombres histoires de Sinistreville de Christopher William Hill entre autres). 

Traduit par Faustina Fiore pour les éditions Flammarion Jeunesse / Août 2016

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14/10/16

La Sorcière de la cité, de Karine Bride

«Leïla, sorcière berbère, nourrie exclusivement au couscous, en passe de se transformer en paquet de semoule, spécialisée dans le désenvoûtement et le retour d'affection, cherche prince charmant pour lui dire qu'elle est belle, lui faire un bon café et lui laver ses jeans. Chômeur accepté, mais travailleur à mi-temps non exclu - les autres si pas trop cultivés, car je suis allergique aux désherbants. »

La sorcière de la citéOh qu'il était bien, ce petit roman ! Avec sa jolie couverture illustrée par Joëlle Jolivet, il se propose de nous embarquer dans une folle aventure où la sorcellerie côtoie la clairvoyance, la bonne fortune et les petites combines. C'est tout mignon, simple et craquant. Voyez donc.
Vivant dans un quartier défavorisé, au cœur d'une cité qui la désespère, mais envers laquelle elle reste très attachée, Leïla bénéficie d'une réputation de bonne copine, prompte à résoudre les petits bobos de ses voisins, contre un bol de couscous ou une pizza gratuite en guise de rémunération. Sa bonté la perdra, lui serine sa mère qui fait fortune à Paris-Barbès auprès d'une clientèle aisée.
Cette dernière cherche également à la caser pour assurer une descendance, car être sorcière-cartomancienne, c'est un don qui se transmet de mère en fille. Leïla rêve d'amour, mais refuse que sa propre mère s'immisce dans sa vie privée. Elle vient d'ailleurs de passer une petite annonce dans le journal et a déjà reçu pas moins de quarante-sept réponses, dont celle d'un châtelain esseulé, sensible à son humour et prompt à lui ouvrir son cœur.
Dans le même temps, la vie dans la cité est en plein émoi : le jeune Mourad, huit ans, a disparu. Sa mère est effondrée, son grand frère a mis Leïla au défi d'activer son folklore de sorcière pour retrouver l'enfant au plus vite. Notre héroïne affûte aussitôt ses armes. Du bon sens, du bon sens et encore du bon sens. “Les gens en sont tellement dépourvus que c'en devient magique, le bon sens.”
Qu'elle est drôle, cette Leïla ! Elle tourne souvent en dérision sa vie faite de petites misères et son désert affectif, non sans une pointe de mélancolie. “Les sorcières n'ont pas droit aux sentiments. Et moi, j'ai appris à me retenir d'éprouver quoi que ce soit en toute circonstance.” Toujours sur la défense, donc. Aussi, notre Leïla n'ose pas s'émouvoir de l'intervention providentielle d'un bon samaritain au volant de sa Saab qui va conduire la jolie sorcière et le frère rasta aux trousses du fugueur. La course s'annonce mouvementée, rocambolesque et déjantée. Yes. ^-^
J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Les jeunes lecteurs ont tout intérêt à se retrouver dans cette histoire d'une sorcière de vingt ans qui cherche l'amour et qui rêve également de changer le monde. Pour ma part, ce roman a été un franc coup de cœur. Il est court, trop court, mais riche d'une histoire merveilleuse, tendre et farfelue. On s'amuse énormément, on craque pour les personnages, on monte à bord d'une aventure magique. C'est simple et ça virevolte à chaque coin de page, c'est débordant d'optimisme et ça procure un bien fou. Une lecture parfaite ! ♥
 

Seuil Jeunesse, Septembre 2016

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06/10/16

Sacha Yolka,Tome 1 : Le labyrinthe d'Ormonde, de Régine Joséphine

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L'histoire de la série de Régine Joséphine est à elle seule une aventure exceptionnelle : préalablement éditée chez Gecko en 2008, elle n'avait pu produire son point final en raison de la cessation d'activité de la maison, laissant des lecteurs éplorés de ne pas connaître la suite de leur saga préférée. En 2015, c'est au tour des éditions Balivernes de relancer ce beau projet en compactant les deux premiers épisodes en un gros bouquin de 390 pages - dont la couverture illustrée par Pascal Casolari file un peu la trouille - et avec la promesse de publier le dénouement inédit courant 2016 ! Youpi. 
Car cette lecture est à couper le souffle. Absolument stupéfiante, dès les premières pages lues. Prompte à nous embarquer dans un univers fabuleusement génial. N'ayons pas peur des qualificatifs ni des adverbes. ^-^

Sacha Yolka est une lycéenne farouche et bohème, qui vit seule avec sa grand-mère dans une roulotte. Son look négligé et sa morgue sont loin de la rendre populaire, mais la jeune fille s'en moque royalement. Depuis quelques temps, pourtant, un détail la chiffonne : la vieille Meïré n'a plus donné signe de vie. Coutumière des agissements excentriques de son aïeule, Sacha entend mettre sa disparition sur le compte d'une nouvelle lubie passagère mais ressasse avec amertume les secrets de celle-ci durant un trajet en bus. Et soudain, l'accident. La chute dans le fleuve. Sacha vole au secours du chauffeur et s'extirpe in extremis du véhicule. Tout ça par la faute d'une bulle de lumière et du visage d'un garçon surgis de nulle part.
Après quoi, sa vie soudain bascule dans un univers teinté de magie et de musique qu'on appelle l'Elurzen. Elle y fait la rencontre de Lexter le S'Ombre et de Gabriel le Luzien, l'un est terne et envieux, l'autre a une voix d'ange et un physique de chevalier servant. Ces deux-là se détestent et ne s'en cachent pas. Lexter jalouse la fameuse Luze qui donne à Gabriel ses pouvoirs et son statut de privilégié, alors que lui croupit dans des cavernes et subit la loi du plus fort. Mais le Luzien se montre particulièrement dédaigneux et refuse d'accorder sa confiance à Lexter, qu'il soupçonne être un voleur de luze. 
Au milieu, Sacha n'est pas en reste, puisqu'elle se découvre un destin de “Veilleur”, hérité de sa grand-mère, qui a failli à sa mission et entraîné le déséquilibre des quatre piliers du labyrinthe d'Ormonde. Depuis, le chaos est en marche et les peuples sont en danger.

Pfiou, cette lecture est une véritable tornade ! Action, rebondissements et suspense se bousculent à toute pompe, ne nous laissant aucun instant de répit, pour une sensation franchement exaltante. J'ai tout de suite accroché et j'ai adoré me plonger dans ce monde inconnu, mais fourmillant de détails et riche d'un imaginaire peaufiné. La découverte va de pair avec une aventure fantastique auprès de jeunes compagnons de route pour le moins impétueux. Que ce soit Sacha, Lexter ou Gabriel, tous trois possèdent un tempérament colérique et fougueux, qui déborde fréquemment du cadre et les amène à faire des choix souvent contestables. Rien n'est lisse, rien n'est acquis. Et les retournements de situation ne manquent pas. De plus, c'est extrêmement drôle, d'un humour fin et sarcastique, qui colle au mieux à nos intrigants. Les répliques font mouche, les filles affirment leur caractère et ne s'en laissent pas conter. Les rapports entre les deux sexes révèlent une véritable équité, on se chamaille, on se tape dessus, on s'entraide, on a des papillons dans le ventre, et pourtant l'aventure prédomine, sans perte de temps inutile. J'ai beaucoup apprécié cette avalanche d'émotions et les péripéties en nombre qui font de cette lecture un rapt saisissant et pleinement consenti ! Comme promis, le tome qui clôt la série, soit « Les héritiers d’Ormonde », va bien paraître début 2017. Et j'en suis fort aise. ☺ 

Balivernes éditions, novembre 2015 - illus. de couverture : Pascal Casolari

 

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29/09/16

Foxcraft, Tome 1 : Les Possédés, de Inbali Iserles

IMG_7023Attirée par la jolie couverture de Liam Peters, j'ai ouvert le roman en espérant fort, fort, fort y trouver une lecture originale et excitante, à l'égal d'autres histoires où les animaux prennent le pouvoir (cf. le mythique Watership Down, la série Outrebrume de M.I. McAllister ou La forteresse des lapins de L. Zuckerman, à découvrir tous trois absolument). 
Deux jeunes renards, Isla et Pirie, grandissent auprès de leurs parents et leur grand-mère dans la campagne paisible, en marge de la ville. Mais un jour, après avoir été distraite à pourchasser un scarabée, Isla retourne dans sa tanière qu'elle découvre saccagée par une violente attaque. Nulle trace de sa famille. La petite renarde panique, mais tombe museau contre museau avec une bande de renards belliqueux qui veulent lui faire la peau. Isla fuit le plus vite possible, prend tous les risques, quitte à braver la Rivière de la Mort et ses foudroyantes Broyeuses (comprenez, la route et ses voitures).
L'imaginaire du récit réserve de nombreuses surprises et autres trouvailles judicieuses, car l'auteur a véritablement soigné son décor et son univers avant de nous embarquer dans son histoire. Chose plus flagrante, c'est de vivre pleinement cette aventure dans la peau d'un jeune renard, de percevoir le monde qui l'entoure à travers ses sensations, son inexpérience, ses doutes, ses craintes, puis de plonger dans les prémices d'une intrigue aux accents fantastiques fignolés en douceur.
En effet, Isla croise en chemin un certain Siffrin, également un renard qui lui fait rapidement comprendre que le monde des renards est plus troublant qu'en apparence, avec des clans qui se livrent une bataille farouche et qui tendent tous au même but - Pirie, le frère d'Isla, aurait un rôle déterminant dans ce conflit en souffrance. Attendez-vous à de la magie, à des transformations, à des incantations, et aussi à des pactes et des missions secrètes. C'est assez obscur pour un premier tome, dont la mise en place demande du temps et de la patience, d'où l'impression de rythme inégal au cours de la lecture, mais cela reste tout de même une mise en bouche appétissante et qui ne demande qu'à gagner en consistance. 
Inbali Iserles est par ailleurs coutumière des séries à succès, puisqu'elle fait partie des auteurs sous le pseudonyme d'Erin Hunter à avoir captivé des milliers de jeunes lecteurs avec la saga de La Guerre des Clans.  

Traduit par Nathalie Serval pour Albin Michel Jeunesse - Septembre 2016

 

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26/09/16

Le Ciel nous appartient, de Katherine Rundell

Bénéficiant d'une reprise en format poche, ce roman est une petite pépite littéraire à découvrir sans hésiter !

Le ciel nous appartient

Sophie a survécu au naufrage d'un paquebot, après avoir été découverte dans un étui à violoncelle flottant au beau milieu de la Manche. Charles Maxim, un doux rêveur, a pris l'enfant sous son aile, lui promettant une existence harmonieuse et libre de toute contrainte. Ce ne sera pas du goût des services sociaux, qui vont établir que la demoiselle, à l'âge de 12 ans, ne peut plus partager le même toit qu'un célibataire du sexe opposé.

Charles et Sophie plient bagage pour la France où ils espèrent retrouver la trace de la mère de la jeune fille. Depuis toujours, elle est convaincue que celle-ci existe et l'attend quelque part. Charles n'a jamais prétendu le contraire, sans totalement l'encourager dans ses fantasmes. Après tout, « you should never ignore a possible » ! La suite de l'aventure est tout aussi stupéfiante, fantasque et exubérante.

Car cette lecture fait du pied à votre âme d'enfant, elle lui redonne du souffle et un formidable élan qui vous fait gravir des sommets (ceux des toits de Paris !). L'ambiance est magique, pleine de tendresse, de poésie, de fougue et d'espoir. Sophie et Charles sont deux personnages enchanteurs, elle amoureuse des livres et maladroite, lui “parlant anglais aux personnes, français aux chats et latin aux oiseaux”. Quel beau duo !

Leur cavale, menée sous le signe de l'espoir, ponctuée de jolies rencontres (Matteo et sa bande de danseurs du ciel), offre un plaisir rare d'évasion et de fraîcheur. À déguster avec un sourire béat aux lèvres. 

Traduit par Emmanuelle Ghez - Illus. de couverture : Antigone Konstantinidou

Folio Junior N°1767  - Septembre 2016


23/09/16

Agatha, de Françoise Dargent

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Adolescente de quatorze ans, solitaire et sauvage, Agatha s'oppose au projet de sa mère qui veut vendre Ashfield, leur maison où la jeune fille compte tous ses souvenirs. La mort du père a certes révélé des dettes insurmontables, que Mrs Miller tente de résorber du mieux qu'elle peut, mais la jeune fille exige de ne rien y toucher. Heureusement, sa sœur aînée Madge arrive à la rescousse et va trouver une solution pour satisfaire tout le monde !
Ainsi va la vie de la future Agatha Christie, qui coule une enfance heureuse et insouciante à Torquay, dans le comté de Devon. Ses journées se composent de lectures, de baignades, de bons petits plats préparés par Mrs Potter, de leçons à domicile et de voyages. C'est aussi une période charnière pour cette demoiselle qui trouve son corps maladroit et dégingandé, en comparaison avec sa sœur, belle et gracieuse, ou son amie Muriel Huxley. Et puis il y a aussi les garçons, patauds, rougissants et empruntés, entre le très prévenant Mark Barnes, dont l'allure de poupon joufflu l'agace, et Billy Mackintosh qui incarne son idéal masculin.
Agatha est fleur bleue, rêveuse, avec une imagination débordante. Elle se surprend à inventer des histoires, mais n'envisage pas encore d'en faire son métier. Pour l'heure, Agatha se voit chanteuse lyrique et part à Paris pour approfondir ses connaissances. Elle y passe deux années merveilleuses et gagne en confiance, voit ses perspectives d'avenir s'éclaircir (un peu douloureusement) avant de remplir de nouveau ses malles pour accompagner sa mère en Egypte. 

Cette fiction inspirée de la vie d'Agatha Christie ne prétend pas à son exactitude, car l'auteur a pris la liberté d'attribuer à son héroïne des sentiments et des émotions qui lui sont propres. Après, on peut se dire que c'est l'histoire d'une adolescente de la Belle Époque et c'est tout aussi excitant ! Le contexte y fabuleusement coquet, frivole et guilleret. C'est à savourer à la petite cuillère ! La touche Agatha offre néanmoins la plus-value inestimable.
La lecture brosse une perspective de la condition féminine tout à fait pertinente, souvent les femmes voient leur horizon étriqué et ne s'émancipent qu'à travers le mariage, toutefois la jeune Agatha peut se targuer d'avoir bénéficié d'une éducation moderne et laxiste. Certes, les bonnes manières importaient aux Miller, qui veillaient à donner à leurs enfants toutes les chances de réussite et de bonheur, mais ils ne trouvaient guère d'intérêt à s'enfermer dans des pensions strictes et formatées ou à vivre à l'écart de leur progéniture. Tout était question d'harmonie et de partage à Ashfield ! Les soucis d'argent ont longtemps jalonné leur mode de vie, mais à l'époque on tirait parti des grandes maisons en les louant le temps d'être toujours par monts et par vaux. La vie d'Agatha Miller a ainsi été nourrie de cultures hétéroclites, lesquelles ont su sustenter son esprit éveillé et inventif ! On imagine très bien ces petits cailloux constituer le socle de l'écrivain en devenir. 
On prend aussi grand plaisir à suivre une adolescente en apparence ordinaire, avec ses questions et ses doutes, mais aussi avec ses fantasmes, ses espoirs et son ambition, tout en ayant conscience “du personnage” en éclosion (la future reine du crime, c'est elle !). Cela m'a sincèrement beaucoup plu ! Ce roman possède, de plus, un charme fou. Tout est délicat et soigné, avec une écriture élégante et un sens du romanesque totalement admirable. Très bon moment de lecture !

Hachette Romans - Août 2016

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22/09/16

Le Cirque des voleurs: Le Clou du spectacle, de William Sutcliffe & David Tazzyman

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Les illustrations criardes de David Tazzyman donnent le ton : cette série écrite par William Sutcliffe fait preuve de hardiesse et de burlesque. On y découvre la vie d'un cirque pas comme les autres, autrement dit le cirque de l'impossible, clame son chef d'orchestre, le redoutable Shank Armitage, mais sous couvert de numéros spectaculaires, la troupe également trompe son monde en devenant le cirque des voleurs ! Avec souplesse, sans jamais oublier de sourire, nos artistes dépouillent la foule empressée, tellement subjuguée par tant de voltige qu'elle ne prête pas attention aux mains baladeuses, qui détroussent les poches, les sacs, les maisons. C'est sans oublier la jeune Hannah, qui habite en ville et qui s'ennuie. Excitée par l'arrivée d'un peu d'animation, la fillette tombe tête la première sur le chameau de Billy Armitage, lequel a beau porter le même nom que le grand patron, tous deux n'ont aucun lien de parenté. En fait, les parents du garçon ont été évincés de la troupe (sa mère a connu une fin tragique, son père a été ruiné). Depuis, Billy espère son retour. C'est là qu'on prend conscience de la profondeur de l'intrigue et des noirs secrets derrière les petits indices semés en chemin. On ne le perçoit pas sur le coup, car tout est exagérément loufoque et déjanté, on s'y perdrait presque ! Mais l'histoire ne demande qu'à se développer, et ma foi j'avoue être assez surprise par la suite des aventures ! Une lecture dans l'esprit de Roald Dahl ou de David Walliams, avec des jeux de mots rigolos, des jeunes héros pleins de ressource, des situations ubuesques et de l'humour proche de l'absurbe. 

Traduit par Jean-François Ménard pour les éditions Gallimard Jeunesse - Juin 2016

Titre original : Circus of Thieves and the Raffle of Doom

 

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Les Garçons (du collège) ne sont pas (tous) des Crapauds, de Barbara Dee

Les garçons ne sont pas des crapauds

Finley et sa meilleure amie Maya ont quatorze ans et ont traversé leurs années au collège en étudiant le comportement des garçons, qu'elles ont classé selon trois catégories : têtards, crapauds et grenouilles. Au fil du temps, leurs notes n'ont cessé d'évoluer avec des flèches partout, des déplacements de case, des surclassements ou des destitutions de titres. On le sait, l'adolescence est une période fébrile et variable. Les filles galèrent à tenir à jour leur Guide du développement amphibien. Elles sont d'autant plus perplexes depuis le retour au collège de Zachary Mattison, un Barjoïde métamorphosé en Super-Grenouille après avoir explosé toutes les étapes. Rien ne va plus, Finley s'arrache les cheveux, son amie Maya lâche l'affaire, les deux copines ne se comprennent plus et multiplient les disputes. Au collège, les garçons également se rebiffent. Bonjour la zizanie. Les adultes affolés mettent enfin les pieds dans le plat. À lire comme ça, on pourrait se demander dans quel cirque on débarque ! Bisbilles, clichés et fanfaronnades constituent le savoureux menu du jour - et nous rappellent douloureusement ces heures grotesques à ne parler que de garçons entre copines, tout en rêvant de changer le monde. Eh oui, à quatorze ans, on voit la vie autrement. C'est donc sans prétention que l'histoire cherche à nous intéresser à ce sujet qui nous préoccupe, à savoir les relations entre filles et garçons en pleine puberté, et de constater le gouffre béant entre les deux sexes (mais parvient-on réellement à le combler un jour ?). Cette lecture nous embaume de son parfum juvénile, pas franchement étourdissant, et tâche de tenir une ligne de conduite folâtre et désinvolte. Cela reste très au ras des pâquerettes, même si la couverture illustrée par Hubert Van Rie annonçait un rendez-vous plus sarcastique et décalé. Une lecture sympathique pour les préados.

Traduit par Rosalind Elland-Goldsmith pour les éditions de La Martinière J. / Août 2016

Titre original : The (Almost) Perfect Guide to Imperfect Boys

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Un journal pour deux : Au secours, le collège ! de Robin Mellom & Lindsey Leavitt

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Meilleures amies depuis toujours, Piper et Olivia étaient inséparables jusqu'à leur entrée au collège. Toutes deux coincées dans des classes différentes, elles décident de garder le lien en s'échangeant un cahier / journal intime dans lequel elles se racontent leur journée, leur famille, les cours et les garçons. Pour ses douze ans, les parents de Piper ont proposé d'organiser une fête et lui accordent d'inviter douze amis. Mais comment se faire de nouvelles connaissances dans cette jungle ? Les filles tentent alors leur chance en testant les nombreux clubs de l'école, pour finalement réaliser que leurs centres d'intérêt ont évolué et les tiennent à distance. L'une rêve de série tv, de paillettes, de butiner au milieu d'un essaim d'abeilles, l'autre est plus introvertie et se découvre une passion pour les échecs. Leur amitié va-t-elle résister au temps qui passe et aux différences qui s'affirment ? Nos deux copines sont toutefois mignonnes de fraîcheur et de maladresse. Car même si ce roman s'adresse avant tout aux lectrices dès 10-12 ans, on passe un bon moment à slalomer entre les confessions de Piper et Olivia. Elles évoquent la difficulté de grandir et d'accepter les changements qui impliquent parfois de s'éloigner... pour mieux se retrouver. ;-) Une lecture touchante et craquante, à l'image de cette couverture girly et pétillante, signée Peggy Moquay. 

Traduit par Camille Bocquillon pour les éditions de La Martinière J. / Août 2016

Titre original : The Pages Between Us

 

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21/09/16

Miss Peregrine et les enfants particuliers, par Ransom Riggs

À l'occasion de la sortie au cinéma, le 5 octobre 2016, de l'adaptation par Tim Burton de l'œuvre de Ransom Riggs, les éditions Bayard remettent au goût du jour cette série, avec la jaquette reprenant l'affiche du film, la bande dessinée illustrée par Cassandra Jean & un superbe journal à la couverture cartonnée (format 13,5 x 21,5 cm) dans un esthétisme fidèle à l'ambiance du roman. 

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Plongez donc dans l'histoire de Jacob, déboussolé depuis la mort de son grand-père, lequel aimait lui raconter des souvenirs farfelus de son enfance. À force de multiplier les frasques et les extravagances, le garçon avait fini par ne plus croire à ses légendes. Le jour de sa tragique disparition, Jacob voit ses certitudes s'effondrer. Pris de remords, il décide de se rendre sur l'île de son grand-père, l'île de Cairnholm, au pays de Galles, pour y retrouver cette fameuse maison des orphelins où il aurait coulé des jours si fabuleux.

La suite ne cessera de surprendre et sera comme un voyage hors du temps, échappé de l'ordinaire. Un parcours initiatique fait de rencontres et de révélations stupéfiantes. La lecture est ô combien singulière et insolite, empreinte d'un charme inquiétant, mais résolument captivant. J'ai été envoûtée dès les premières pages. Déjà, la couverture et le format du livre (très vintage !) avaient su m'intriguer, en plus des photographies en marge de l'histoire qui font inévitablement penser à une foire des monstres. Et c'est là toute la force de cet ouvrage, un univers atypique, qui bouleverse et ne laisse pas indifférent. L'histoire aussi est inquiétante, sombre, un peu angoissante. Elle nous fait découvrir un monde nouveau, dans lequel Tim Burton ne peut que se sentir familier, nul doute que vous en apprécierez toute la beauté et l'enchantement qu'il inspire. Une lecture vraiment pas banale, à recommander aux amateurs de lectures obscures et obsédantes.

Concernant la bande dessinée, où Cassandra Jean a pris le pari de se lancer dans ce projet fou, le monde imaginé par Ransom Riggs ne cesse de s'épanouir dans des teintes obscures (grises, bleutées) qui accentuent l'atmosphère surréaliste. Même les “fameuses” photographies ont trouvé leur place dans le récit, en se fondant dans le décor, comme si elles avaient été glissées subrepticement. Plus besoin du même effet visuel, la dessinatrice impose ici sa griffe, son trait est vif et sensible (proche des codes du manga), l'organisation quasi théâtrale et les scènes d'action remarquables. Bref, l'ensemble est prodigieux et saisissant. C'est aussi une autre invitation à la lecture, assez éclatante et très pertinente, tout en abordant judicieusement cette remarquable histoire qui suscite toujours autant d'admiration et d'angoisse. 

Traduit par Sidonie Van den Driers pour les éditions Bayard / Septembre 2016 pour la présente édition

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Et la BANDE-ANNONCE ! 

 

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