Chez Clarabel (2)

Des livres, de la passion de lire et des dessous chics

04 juillet 2007

Le voyage scolaire & Après le voyage scolaire - Moni Nilsson-Brännström

voyage_scolairePrésentation de l'éditeur
C est la fin de l'année scolaire pour les élèves de la classe de 5ème B. Tous sont un peu nostalgiques : ils ne seront plus ensemble à la rentrée... Heureusement, un voyage à la campagne est organisé, rien que pour eux ! Maline, Rasmus, Emelie, Almaz, Leena, Oskar, Joséphine, Eliott, Linda et les autres sont prêts : l'aventure peut commencer... En trois jours, tout peut arriver ! On peut se rapprocher les uns des autres, tomber amoureux, recevoir son premier baiser, voir son rêve se réaliser, son cœur se déchirer. En trois jours, on a le temps d'être triste, et le temps d'être heureux... le temps de vivre !

Ce livre est la lecture idéale pour les jeunes ados qui pourront se reconnaître dans ce groupe de camarades en voyage scolaire de trois jours dans la campagne suédoise. Ils sont 21 élèves, ont des caractères différents, s'entendent tous plus ou moins bien, et ce voyage va donc être la signature finale d'un contrat difficile à remplir : grandir, tout simplement.
"Plus on grandissait, plus c'était difficile, selon Linda. Le plus difficile de tout étant l'amour." Et c'est vrai que les histoires sentimentales ont une grande part dans l'intrigue de ce roman. Qui n'a pas connu, à douze, treize ans, ses premiers émois amoureux ? Dans ce livre, on y retrouve donc toutes les questions, tous les doutes, tous les espoirs des ados. Ils sont timides, ils masquent leur attachement, ils sont aussi complexés. Ce roman pourrait être un manuel futé sur les mille et une interrogations se rapportant à l'adolescence : quelle est la bonne taille du sexe chez les garçons ? faut-il fumer comme ses copains ? comment assumer sa poitrine, est-elle trop grosse, trop petite ? avoir ses premières règles, cap difficile, douloureux et humiliant... Comment peut-on savoir si on sort vraiment ensemble ? si on pose la tête sur les genoux d'un garçon et qu'il joue avec nos cheveux, est-il pour autant notre petit ami ? faut-il se maquiller ? est-il normal de ne pas penser aux garçons comme ses copines ? etc. etc.
"Le voyage scolaire" n'est pas simplement un condensé de belles leçons d'optimisme et de fraternité. On y parle aussi de solitude, de jalousie, il y a tout autant d'anicroches que d'atomes crochus.
J'avoue que c'est le genre de lecture qui me plaisait particulièrement dès 11-12 ans, aussi je le conseille fortement aux jeunes ados d'aujourd'hui. C'est un livre sympa, divertissant, écrit par une suédoise qui affirme un potentiel réconfortant. Le style est gai, jamais compassé, et aborde les grandes tergiversations de l'adolescence sans ambages, sans chichis ni clichés. Un ton toujours juste !
La suite vient de paraître...

246 pages - Coll. Millezime des éditions Bayard - Avril 2006. Traduit du suédois par Jean Renaud.

Apres_le_voyage_scolaireLe voyage scolaire n'est plus qu'un souvenir, tous les élèves de 5eB ont bien profité de ces trois jours passés ensemble, sachant qu'ils allaient être séparés par les vacances et la prochaine rentrée. Maline, la principale narratrice, a un amoureux. Mais les choses ne sont pas simples à vivre. Faut-il prendre au sérieux une histoire quand on a treize ans ? Est-ce qu'aimer signifie devoir dire oui à tout ? Avoir envie, pas envie ?
Car cette fois-ci, le roman va aborder dans les histoires d'amour des adolescents l'envie de l'autre, l'attirance et l'acte sexuel. Même si l'édition indique en dos de couverture que "certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs", le contenu du roman demeure très soft. Il y a des mains baladeuses, des pressions, pas de brusqueries. Car aimer peut aussi dire trahir, mentir, tromper.
Dans cette suite, comme l'annonçait la fin du "Voyage scolaire", un personnage principal va mourir. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Et l'auteur offre ainsi une réflexion douce-amère sur le mal-être qu'on peut ressentir à 13 ans. Il est difficile pour les adolescents de savoir dire "je t'aime", difficile de se connaître et de comprendre ce qui les entoure, difficile aussi de s'accepter, avec ses différences.
Le livre aborde des thèmes très divers mais qui sembleront couler de source pour les ados. Il y a le problème de l'alcool, de la drogue, des disputes avec les parents.
Mais au-delà tout, il y a encore et toujours beaucoup d'amour. Maline est une jeune fille intelligente et sensée, dont le parcours ne pourra manquer de vous émouvoir. Cette suite est plus grave, plus délicate encore dans ses approches. Mais la justesse est remarquable.
Je le conseille fortement aux jeunes lecteurs dès 13 ans.

265 pages - Coll. Millezime des éditions Bayard - Mai 2007. Traduit du suédois par Jean Renaud. Illustration : Kyoko Horii.

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02 juillet 2007

Seize ans, franchement irrésistible - Sue Limb

Seize_ansIl s'agit donc du 3ème livre des aventures délirantes de Jess Jordan, adolescente de seize ans, qui partage son quotidien avec sa mère bibliothécaire et sa grand-mère qui se passionne pour les feuilletons télévisés. Ses relations avec son père parti vivre à St-Ives sont au beau fixe, après des vacances mouvementées mais merveilleuses ! La rentrée scolaire s'annonce sous un beau ciel bleu avec soleil brillant.

Jess est excitée d'annoncer à ses camarades la liste des bonnes nouvelles qui la concernent : son petit ami Fred semble lui plus circonspect et manque de clarté en annonçant sans complaisance qu'il aimerait mieux taire le fait qu'ils soient tout deux très amoureux. A son tour, Jess se fâche et prend la décision hâtive de ne plus le voir. Déprimée par cette dispute, Jess rentre donc au lycée en faisant la connaissance de Miss Epine, la remplaçante de leur professeur d'anglais, et s'attire immédiatement l'antipathie de celle-ci.

Dans ce troisième livre, Jess Jordan accumule donc les maladresses, collectionne les mensonges, ne parvient pas à se sortir de ses mauvais pas et apprend que sa mère a un nouveau petit ami ! C'est finalement un peu la même rengaine, sauf que j'ai hélas trouvé que ce tome manquait un tantinet de fraîcheur et de spontanéité. Il y a beaucoup de déjà-vu, un peu trop de situations abracadabrantes mais on retire tout de même de cette lecture un sentiment pétillant et jovial. Les dialogues de ces ados sont plutôt vifs et affûtés, ils ne frisent jamais la caricature mais correspondent bien à la tendance actuelle. Très positif, donc !

Gallimard jeunesse - 240 pages.  Traduit de l'anglais par Laetitia Devaux.

A lire : Le tome 2 "Seize ans ou presque, torture absolue"

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25 juin 2007

DoAdo Noir, une collection de la "jeune littérature" de grande qualité !

je_mourrai_pas_gibierLe village de Mortagne est divisé en deux clans : les vignerons et les scieurs, les employés de la scierie dirigée par M. Listrac, où Frédo Lopez est le contremaître. A Mortagne, aussi, tout le monde chasse. Il y a même un dicton populaire qui cite : "Je suis né chasseur ! Je mourrai pas gibier !".
Mais Martial en a soupé de cette ambiance, de ce trou perdu et de cette mentalité de "bourrins". Il a d'ailleurs choisi la mécanique pour bien marquer la distance. Cela n'empêchera pas la bêtise et la violence de faire son nid à Mortagne.
Mais les têtes brûlées façon Frédo Lopez, Martial en a assez et a décidé de faire leur fête le jour du mariage de son frère. Un fusil de chasse, douze cartouches, des nerfs en béton... Martial met en joue.
Au final : cinq morts, deux personnes dans un état grave et un blessé léger.
Comment en arriver là ? Que se passe-t-il dans la caboche d'un ado plutôt sain d'esprit qui décide de faire justice lui-même, après les actes de barbarie organisés contre le benêt du village ?
L'histoire n'est pas tendre. Guillaume Guéraud a ouvertement inscrit son histoire dans un rythme vif, très nerveux. Il met en scène une violence ordinaire, sous prétexte d'une guéguerre ancestrale, au sein de bougres mal embouchés. La bêtise est brutale, mais hélas associée à un milieu retiré, esclave de la pauvreté sociale et intellectuelle.
Pour échapper à son destin, un gamin a simplement décidé de faire un carnage.
Un roman noir et terrible, lauréat du Prix Sorcières 2007 décerné par l'association des bibliothécaires de France.

80 pages - Janvier 2006.

anges_de_berlinPour fêter la fin de l'année scolaire et des épreuves du bac, Mary convie sa fille Solti à un week-end à Berlin pour le Live 8. Au cours de l'après-midi, la jeune fille s'échappe et laisse sa mère se reposer, mais à l'heure du rendez-vous, nulle trace de Mary !
Eperdue, Solti cherche dans les rues berlinoises, demande une aide quelconque et rencontre un jeune homme qui parle français et vit dans la capitale allemande depuis quelques temps, il s'appelle Nels. Musicien et idéaliste, il n'hésite pas à guider la jeune Solti vers No F., un type bourru qui ne s'exprime que dans sa langue natale, un vieux punk renfrogné qui n'aspire guère de sympathie.
Pourtant, No F. va obtenir des informations précieuses pour mettre la main sur Mary. Cette dernière, ne donnant plus signe de vie, semble en mauvaise posture, ceci étant lié à ses activités d'anarchiste et d'extrême-gauche dans sa jeunesse, quand Mary étudiait à Berlin.
Le temps présent est celui de la vengeance, des réglements de compte. Des anciens camarades refont surface, une femme a été assassinée, bref l'angoisse noue le ventre de Solti, désespérée du sort réservé à sa mère, décontenancée d'apprendre toutes ces mystérieuses embrouilles et dégoûtée par un week-end qui vire au cauchemar.
"Anges de Berlin" est le genre de roman absolument noir, prenant, captivant et angoissant qu'on refuse d'abandonner. Il est écrit de manière tendue, avec des phrases concises, et ne laisse aucune place pour lâcher la pression. Sylvie Deshors, l'auteur, décrit un milieu opaque, celui de l'underground berlinois, celui des anarchistes et des groupuscules de l'extrême. Dans le Berlin d'aujourd'hui, au-delà du climat festif, la violence est croupie dans l'ombre, avec l'organisation politique des néo-nazis.
Ce roman pourrait décontenancer tout jeune lecteur, attaché à cette étiquette doAdo, mais la collection Noir est désormais réputée pour éviter tout écueil.
Personnellement j'ai été scotchée par cette histoire, admirablement écrite, même si ce style pourra désarçonner. Mais le récit est excitant, n'hésitant pas à mêler la peur et l'incertitude aux arcanes de ce polar haletant. Agressions, meurtre, traque informatique sont au menu !
Régalez-vous !

210 pages - Mars 2007.

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16 juin 2007

Fille de la tempête - Béatrice Bottet

fille_de_la_tempeteAttirée par cette très belle couverture de Gianni de Conno, je me suis intéressée à cet ouvrage de Béatrice Bottet qui raconte la légende d'Is (ou Ys), la ville engloutie, très célèbre en Bretagne, où elle est née, et partie intégrante de la tradition orale depuis des siècles.

C'est l'histoire du roi Gradlon, parti à la conquête des pays du Nord, qui tombe sous le charme de la reine Malgwen et l'enlève pour rentrer au pays. Mais une malédiction frappe le navire, une tempête s'abat sur l'équipage et Malgwen meurt en donnant naissance à une petite fille, Dahut, fille de la tempête.

Choyée par son père, mais méprisée par le conseiller du roi, le moine Corentin, Dahut demande donc à Gradlon d'édifier une ville rien que pour elle. Sortie des eaux, Is devient ainsi le royaume du plaisir, de la fête et de la fleurette. Mais Dahut s'attire les foudres de Corentin, qui la prévient de la vengeance de Dieu. Or, à cette époque, la princesse voue un culte aux croyances païennes (fées, elfes, esprits de la forêt...).

Dans la ville d'Is, barrée par des portes contre les eaux qui l'entourent, un navire se présente avec à son bord un bel étranger. Il tourne la tête de la princesse Dahut, annonçant le drame qu'on connaît.

Je ne connaissais pas du tout la légende de la ville d'Is et j'ai donc été captivée par cette histoire sur les terres celtiques, montrant le clivage entre la naissance de l'Eglise chrétienne et la religion païenne. Il donne aussi de l'ampleur à une figure féminine passionnante : Dahut est une princesse belle, intelligente et indépendante. Elle s'oppose avec panache à l'Eglise mysogyne, incarnée dans cette histoire par les moines Corentin et Guénolé.

L'histoire aborde timidement les thèmes du bien contre le mal, n'apportant pas un avis tranchant. De plus, le roman se termine sur une note mélancolique avec une Dahut devenue sirène qui se demande pourquoi elle seule a survécu et s'il y avait vraiment quelque chose à expier. Un brin philosophique, donc, "Fille de la tempête" est un joli roman qui taille une légende avec un lyrisme convaincant.

Casterman, coll. Epopée - 155 pages - illustrations : Daniel Maja - couverture : Gianni de Conno. 7.90 euros

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15 juin 2007

A la brocante du coeur - Robert Cormier

A_la_brocante_du_coeurC'est l'histoire d'un homicide sur une petite fille de 7 ans et d'un garçon de 12 ans, son camarade de jeux, qui devient le principal suspect des enquêteurs. Pour le coincer, les détectives font appel au célèbre Trent, redoutable dans ses interrogatoires et dont la réputation annonce le succès de l'affaire, bien vite bouclée.
Du moins, le pensent-ils tous.
Au coeur de cette machine infernale, il y a un adolescent de 12 ans, dépassé par les événements, qui clame son innocence et se débat avec détresse contre toute implication criminelle.

Le noyau du roman se base donc sur le tête-à-tête entre Trent et le gamin. L'ambiance est lourde, la tactique de l'enquêteur est perfide, si bien détaillée que le lecteur en découvre tous les rouages avec effroi.
Le suspense est intenable, car l'auteur a su fonder son histoire sur ce climat. Il est même diablement vicieux car on devient incapable de cerner la vérité du faux, puisque les doutes commencent de plus en plus à nous envahir !
Oui, ce roman est redoutable. Froid, impitoyable et écoeurant. Il place la justice américaine sous un halo peu valorisant. Les jeunes lecteurs français pourront se sentir étrangers à l'appareil outre-atlantique, mais nullement indifférents à la monstruosité de la manipulation et du carnage engendré par la prétention et l'ambition dévorante.
A lire, absolument.

L'Ecole des Loisirs - 153 pages. Janvier 2003 - 9.20 euros - Traduit de l'américain par Hélène Misserly.

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04 juin 2007

Le livre du Temps, Tome 2 : Les sept pièces - Guillaume Prévost

  1. Le livre du Temps, Tome 1 : La pierre sculptée 

livre_du_temps_2Depuis sa découverte de la pierre sculptée, Sam Faulkner n'en finit plus de voyager dans le temps et de vivre d'étranges et fascinantes aventures à travers les âges. Mais c'est sans compter qu'il lui faut retrouver son père, Allan, libraire porté disparu depuis plusieurs mois. Sam pense l'avoir localisé dans un cachot du château de Vlad Tepes, le pendant de Dracula. Pour s'y rendre, il est nécessaire de rassembler sept pièces pour programmer sa destination et permettre l'évasion d'Allan.

Bien évidemment, les choses sont plus corsées. Dans ses voyages et également dans le présent, Sam commence à douter d'une ombre malfaisante qui cherche à nuir à la pierre sculptée. De plus, ses recherches pour délivrer son père l'amènent à rassembler des indices déconcertants et qui placent Allan Faulkner dans une posture peu reluisante. Son père aurait-il abusé de sa connaissance de la pierre pour s'emparer des richesses du passé et les vendre aux plus offrants ?

Jusqu'aux dernières pages, très honnêtement, l'action se nourrit d'éléments palpitants et haletants. Les voyages dans le temps donnent droit à des scènes riches, très fournies en détails historiques, et l'auteur ne manque pas d'imagination pour alimenter sans cesse la curiosité du lecteur ! On dévore littéralement ce roman ! Le principe est si fort qu'on finit un chapitre en enchaînant le suivant, et ce, en 260 pages, on termine un peu groggy et déchiré par le final de ce tome 2 ! La suite doit paraître en janvier 2008, ce qui peut soulager l'attente. Mais n'attendez plus pour vous mettre au parfum, car les aventures du jeune Sam Faulkner sont foncièrement passionnantes ! Le style est soigné, et toutes les notions historiques sont rigoureuses, de la part d'un professeur agrégé d'histoire on n'en attendait pas moins !

Gallimard jeunesse, 260 pages  (2007).

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03 juin 2007

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaine - Tome 13 : La fin - Lemony Snicket

orphelins_baudelaire_la_totaleLes aventures des Orphelins Baudelaire se résument en l'annonce tragique de la mort des parents des enfants, de l'incendie de leur maison, de l'adoption par un sinistre Comte Olaf qui veut dilapider leur fortune.. Les trois Baudelaire vont avoir recours à leur esprit imaginatif, inventif et ingénieux pour se sortir de cette guigne. C'est ce qui est particulièrement captivant dans cette série : l'auteur ne nous plonge pas dans un univers surréaliste ou magique, au contraire on se rapproche davantage de Tim Burton et de la Famille Adams par l'esprit glauque et sinistre de bout en bout. Ambiance sombre et grotesque comme il n'est pas permis ! L'auteur Lemony Snicket va se révéler un personnage dans cette histoire, pour commencer il est le narrateur qui interpelle son lecteur, plus tard il en déballera davantage ! Les promesses sont à venir, il faut persévérer jusqu'au tome 5 (oui, c'est un peu long) pour s'embarquer dans une folle aventure palpitante ! Mais le début est annonciateur de terribles et terrifiants augures ...

Voilà, j'ai commencé cette série en décembre 2004 et je la termine en juin 2007. Voici mon avis sur le dernier tome :

Autant le dire de suite : j'ai été très déçue par ce 13ème volume de la Série ! Entre le sentiment de frustration, d'incompréhension et de lassitude, j'avoue avoir été balancée par une foultitude d'émotions. Il m'est cependant difficile de prétendre avoir autant aimé que les tomes précédents, non !
Je me posais la question si justement l'attente n'avait pas trop exacerbé mon envie et râpé mon enthousiasme ! ? Puisque c'est généralement très difficile de mettre un point final à une production fructifiante, de la part du lecteur et de l'auteur. Mais Lemony Snicket donne franchement l'impression de broder du vide, de tartiner du blabla et de revenir sans cesse sur des faits survenus dans le passé, un peu pour faire le point et pour rappeler les désastreuses aventures des orphelins.
baudelaire_13Dans ce Tome 13, Violette, Klaus et Prunille échouent sur une île après une terrible tempête en mer. Ils rencontrent une étrange communauté d'hommes et de femmes vêtus de blanc et qui rejettent toute possession matérielle, au nom des prêches de leur grand Facilitateur, un dénommé Ishmael. Et pour la première fois, le comte Olaf ne parvient pas à duper les îliens et se retrouve mis en cage pour crimes et agissements illicites !
L'idée était bonne, pourtant rien n'est creusé. Et les énigmes lancées depuis les derniers tomes ne trouvent hélas guère de réponses concrètes dans ce dernier volume. Tout semble dix fois plus philosophique, Lemony Snicket étale d'ailleurs une théorie confondante sur le mot "fin"... C'est déconcertant.
Je suis donc déçue. Ce tome 13, qui clôt une série assez longue, n'offre aucune apothéose, bien loin de là ! Et la frustration menace de poindre chez tous les fans !

Pour connaître mes résumés sur les 12 tomes précédents, cliquez ici !

Nathan, 234 pages. Traduit de l'anglais par Rose Marie Vassalo. Illustrations de Brett Hellquist.

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02 juin 2007

Un peu d'Histoire ... (sans ripailles)

couleur_du_crimeAmiens, 1269. Mélisande vit avec son père, maître verrier. Elle partage avec le Frère Arnolphe, l'apothicaire de l'Ostelerie Dieu, son engouement pour les herbes et étudie cette science grâce à un accord exceptionnel de l'évêque, car apprendre cet art est jusque-là réservé aux hommes.
En ce jour de juin, la ville est bouleversée par la découverte du meurtre de l'ancienne nourrice de Mélisande. La jeune fille veut découvrir qui pouvait en vouloir à une femme si bonne.
J'ai particulièrement apprécié ce roman, très bien écrit, dans un style soigné et qui introduit les termes médiévaux, avec explications en bas de page, le tout dans une ambiance très nettement respectée de cette région picarde du 13ème siècle. L'histoire, ensuite, est parfaitement menée. L'intrigue tient le lecteur en haleine jusqu'au dernier chapitre, certes cela se termine un peu vite, mais l'appréciation générale de cette lecture invite à découvrir d'autres romans de cet auteur !

La couleur du crime, par Martine Pouchain - Castor Poche, chez Flammarion. 140 pages. Septembre 2006. 5 euros.

La première phrase : Cézeille Grimaud poussa un seul cri étouffé comme si elle avait craint de déranger le voisinage. Elle avait déjà perdu connaissance lorsque son assassin s'acharna sur elle à coups de tisonnier, et une large flaque tiède se mit bientôt à progresser autour de son corps inanimé.

Brrr !

orangers_de_versaillesMarion, la fille d'un jardinier du château de Versailles, a été choisie pour servir la favorite du Roi Soleil, madame de Montespan. Eblouie par la beauté de la maîtresse royale, Marion ne s'aperçoit pas tout de suite des revers que dissimulent les gentillesses de la Marquise. Exigeante et capricieuse, vouant une haine farouche à la Reine, madame de Montespan révèle un tempérament ignoble et indigne, ce qui bouleverse la jeune fille.
Marion est délicate, élevée seule avec son père depuis la mort de sa mère, sensible à l'odeur du sang. Elle parvient à se faire remarquer car elle sait lire et écrire, et surtout parce qu'elle a un talent particulier : elle sait créer des parfums grâce à son odorat exceptionnel et sa connaissance des plantes.
La Marquise de Montespan va exploiter ses richesses, meurtrissant la fillette de 14 ans qui a conscience d'avoir été abusée par cette fausse belle personne. De plus, Marion découvre une face cachée chez la Montespan : ses penchants morbides pour les messes noires et un complot terrible pour empoisonner la Reine !
Alors notre jeune Marion va bien entendu déjouer cette machination, dénoncer la favorite et rencontrer le Roi en personne. Je ne vous dévoile pas le destin hors du commun qui attend notre humble demoiselle, mais bon... j'étais fort sceptique sur bien des passages ! Non je ne veux pas dire que je n'ai pas été touchée par ce roman. Au contraire ! J'ai même trouvé que le cadre, les personnages et la reproduction des faits historiques étaient scrupuleusement brossés. C'est même une riche idée de proposer ce livre à des jeunes lecteurs, ils en apprendront forcément des choses sur Louis XIV !
Mais personnellement j'ai trouvé que cela fleurait bon la guimauve, un peu trop cucul la praline, surtout vers la fin.

Les orangers de Versailles, par Annie Pietri - Bayard - 220 pages.  11,50 euros

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01 juin 2007

L'île du crâne & Maudit Graal - Anthony Horowitz

Merci à la Grande Prêtesse des Happy Few (qui pousse au crime de lèse-majesté en me faisant cliquer impunément sur "achat" ci, "achat" ça ...)

ile_du_craneDavid Eliot, 12 ans, vient d'être renvoyé du collège et cette fois ses parents ont décidé de sévir ! David se retrouve alors dans une école bien étrange, sur la sinistre île du crâne, au large de l'Angleterre. Très vite, il soupçonne le pire. Quels secrets rampent derrière les remparts de Groosham Grange ? A l'aide de ses nouveaux amis, Jeffrey et Jill, David va donc chercher à percer les mystères, au péril de sa vie, et plus que ça !
C'est le premier livre que je découvre d'Anthony Horowitz, et ce ne sera pas le dernier. La suite de cette histoire a été publiée sous le titre de "Maudit Graal", comment résister ? ! Ce livre date de 1983 et pourtant tous les ingrédients ayant fait le succès de Harry Potter sont déjà dans ce roman ! Il y a du mystère, du suspense, un peu de rebondissements, des personnages sympathiques et une atmosphère opaque, oppressante, un régal ! J'ai eu un peu de mal à y entrer, mais ensuite plus moyen de lever mon nez de ce livre !

Livre de Poche Jeunesse / 180 pages.

Edit du 1er Juin :

maudit_graalRetrouvailles avec David Eliot à Groosham Grange, sa nouvelle école dans laquelle il a définitivement opté de poursuivre sa scolarité... Le garçon a changé, ses nouveaux apprentissages ont forgé son tempérament. Désormais âgé de 14 ans, il convoite le Graal Maudit qui récompense le meilleur élément de l'établissement. Mais depuis l'arrivée de Vincent King dans l'enceinte de Groosham Grange, David sent sa place de numéro 1 menacée. En fait, le risque est plus étendu car non seulement le trophée est en péril, mais l'île du Crâne tout entière !
Le premier chapitre s'est ouvert sur une réunion secrète où des personnalités influentes ont programmé la fermeture définitive de Groosham Grange en infiltrant un espion au sein de l'île...
Un deuxième livre toujours palpitant, plus dosé sur l'humour, notamment lors des passages qui mettent en scène les parents Eliot et la tante Mildred, "Maudit Graal" se lit avec plaisir. Il y a toutefois une ambiance moins étouffante, puisque le secret sur l'île du crâne est levé. A vrai dire cela manque, ici il est plus question d'un tournoi de deux champions, qui rappelle un chapitre de Harry Potter. Et il est vrai que cette mini-série d'Anthony Horowitz était le précurseur du petit sorcier de JK Rowling... A ne pas manquer !

Livre du poche jeunesse / 186 pages.  Traduit de l'anglais par Annick Le Goyat.

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31 mai 2007

Pépites - Anne Laure Bondoux

pepitesBella Rossa a vingt ans, elle est sublime avec sa chevelure rousse, ses formes généreuses et sa poitrine opulente mais qui lui attire bien des ennuis. Elle s'occupe seule de la ferme familiale à Maussad-Vallée avec son père rendu paralytique suite à une chute de toit, et qui passe désormais son temps à ergoter et boire. La mère est partie quinze ans auparavant, en suivant une troupe de pélerins pour l'Ouest.
La vie de Bella Rossa va basculer avec l'arrivée de la guerre. En croisant des soldats en déroute, elle décide de charger son barda à bord d'une vieille carriole et s'en va chercher sa bonne fortune. Le chemin sera long, douloureux, criblé de plombs avec une pépite fichée dans le ventre... bref Bella Rossa doit se départir de la misère, des hommes, de la pauvreté et s'enfonce toujours plus vers l'Ouest, sur les traces des chercheurs d'or.
En route, le coeur de Bella Rossa a cogné pour un séduisant sergent, Jaroslaw Modrzejewski, pour qui ses sentiments sont si forts qu'ils vont se briser en découvrant la nature complexe du suborneur.

Mais c'est en lisant cette passionnante histoire qu'on en découvre plus sur cette palette très étendue où les émotions sont vives, bouleversantes et très fortes. Il y a une histoire d'amour au coeur de "Pépites", mais aussi un remarquable portrait de femme, sa conquête de la liberté, de la fortune et ses peines. Anne-Laure Bondoux offre un aperçu du Far-West dans sa splendide réalité : un univers cru, violent, réservé aux plus forts.
Le long périple de Bella Rossa est une visite de petites villes et de communautés inquiétantes, passablement rassurantes, derrière lesquelles des drames couvent. Mais la fascination n'en est que plus profonde. Dès les premières lignes lues, le lecteur est captivé par cette atmosphère. C'est rude, on ne fait pas dans la dentelle, aussi bien dans les dialogues ou dans la sexualité sous-jacente (mais jamais de scènes grivoises !). Pourtant c'est totalement dépaysant et justement envoûtant !

Je préconise un lectorat averti pour se plonger dans cette délicieuse littérature, et j'invite volontiers n'importe qui à balayer l'étiquette "jeunesse" pour pousser la curiosité. C'est foncièrement captivant, personnellement j'ai adoré et j'ai été complètement chamboulée par ce roman. On s'attache aux personnages, on savoure le style recherché d'Anne Laure Bondoux, bref on ne lève pas son nez de son livre de sitôt !
Et si les thèmes peuvent paraître choquants, troublants pour les confier aux adolescents, il faut savoir aussi que ce livre a le même ascendant qu'un Western à la télé ! ...

Bayard jeunesse, 350 pages. Septembre 2005. 350 pages - 11,90 euros. Illustration : Philippe Marcelé.

Prix Ado des Bibliothèques pour Tous 2005     -     Prix du Roman Historique de la ville de Poitiers 2005

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