31/01/22

Good morning Mr. President ! (Ma folle vie de sténo à la Maison Blanche d'Obama), de Rebecca Dorey-Stein

Good morning MrEn 2012, Rebecca répond à une petite annonce sans se douter que le poste va lui ouvrir les coulisses de la Maison-Blanche ! La jeune femme de vingt-cinq ans est folle de joie, fière et impatiente, etc. On la comprend aisément. Et c'est donc à travers son expérience qu'on vit par procuration la vie trépidante d'une petite sténographe auprès du Big Boss.

Si la discrétion est de mise, la transparence aussi. Beck prend des notes dans son journal pour plus tard. Elle conserve une trace, sans imaginer qu'elle publierait un livre plus tard. Les noms ont volontairement été modifiés mais les spéculations vont bon train. Hein... Qui est ce fameux Jason ?!!

Car le livre ne se contente pas de faire étalage des déplacements professionnels, des points presse, des conférences, des meetings et des levées de fonds ci et là, cinq ans durant. C'est aussi le portrait d'une jeune femme engluée dans une relation toxique et son incapacité à dire non à un homme qui revient encore et toujojurs à la charge. Erk !

Ça devenait un peu long à ce propos, dans la dernière partie. Heureusement que le reste de « la Bulle » dégage une illusion de franche camaraderie et de bonne humeur au-delà du stress et du sentiment d'être déconnecté de la réalité. Avec l'élection de D. Trump, une nouvelle équipe prend place à la Maison Blanche. Beck n'a plus le cœur de traîner ses guêtres et décide de démissionner.

Les adieux sont très touchants, à ce moment-là j'ai réalisé que moi aussi j'avais vécu un bout de son rêve et que je me sentais nostalgique de tourner la page sur ce chapitre fou de sa vie !

©2018 Robert Laffont (P)2019 Audible Studios

  • Lu par : Sophie Loubière
  • Durée : 12 h 57
  • Un univers fascinant, des intrigues à tous les étages, beaucoup de joie et quelques désillusions : ce récit trépidant et drôle se lit comme un roman.
  • Très bonne lecture audio !

⭐⭐⭐.5


18/11/21

Les Strates, de Pénélope Bagieu

Les Strates

Difficile de passer à côté du nouveau carnet de Pénélope Bagieu !

Un petit look vintage, super sobre, juste du noir et blanc. Avec un élastique sur le côté pour l'aspect confidentiel. C'est adorable !

La lecture n'est pas en reste. Car ce carnet renferme les petits secrets de la dame et surtout raconte des bouts de son histoire personnelle. En vrac, sans fard.

Et ça sonne juste.

On apprend donc que Pénélope est obsédée par la chaleur, qu'elle voue aux chats un amour dévastateur et qu'elle a longtemps cultivé la croyance d'un don particulier pour le sport.

Elle nous livre aussi sa première visite chez une gynéco, ses expériences amoureuses souvent farfelues - elle se décrit elle-même comme étant une fille bizarre mais courageuse. Et sa presque fâcherie avec sa meilleure amie pour la vie.

Elle rêve aussi de Street Fighter les types louches dans les transports en commun ou les potes relous dans les chambres des copines. Elle a prié les dieux d'avoir des seins dignes de ce nom et affiché ses lolos comme une guerrière. 

Elle épingle les idiots, les goujats, les malotrus, les sexistes, les dingues, les pénibles.

Elle expose ses proches, son fantôme de frère (pendant trois jours). La mort. La douleur. Le deuil. 

Dans ce livre, les émotions s'étalent comme un éventail de possibilités. C'est à la fois drôle, touchant et nostalgique. Ça parle de la vie, des gens, de ce qu'on apprend de nos rencontres, de nos familles, de nos désirs et de nos frustrations.

C'est engagé sans trop forcer. Ça prône le respect, l'audace, la dérision et la confiance.

C'est enfin une façon détournée de grandir en s'assumant, d'aimer celle qu'on devient (et de se réconcilier avec celle qu'on a été). C'est une lecture qui parle de nous et qui le fait très, très bien. 

Merci Pénélope !

Gallimard, 2021 - Mot de l'éditeur :

Dans un carnet qu’on dirait tout droit sorti de sa poche, Pénélope Bagieu nous dévoile des fragments de sa vie, de son enfance et son adolescence. Des moments que l’on pourrait penser anecdotiques, volés au temps qui passe, au hasard, mais qui sont, en réalité, constitutifs de ce qu’est la dessinatrice à l’aube de ses 40 ans.

Des strates de papier qui ont façonné la femme qu’elle est aujourd’hui. En se mettant à nu, Pénélope Bagieu joue à la funambule, sur le fil du doute. À travers ses Strates, elle livre un essai dessiné autobiographique sans complaisance, sincère et bouleversant.

⭐⭐⭐⭐⭐

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05/03/21

Le Libraire de Wigtown, de Shaun Bythell

Le Libraire de WigtownCette lecture me laisse beaucoup d'amertume en bouche.

Shaun Bythell tient une bouquinerie dans une petite ville écossaise (noyée sous la pluie) et rapporte dans son journal la triste réalité de son activité. Spoiler alert : c'est la misère.

Il nous invite donc à découvrir les tribulations de sa vie de libraire : clients excentriques, franchement désagréables, employée fantasque ou qui n’en fait qu’à sa tête, lecteurs chéris, fidèles du bout du monde, vide-maisons, pépites et merdouilles, partenariat avec le diable Amazon, pas le choix non plus, contraintes et désillusions.

Hé, hé ! Clairement son quotidien ne fait pas rêver.

Le type est désabusé comme c'est pas permis. Après ça, vous pouvez renoncer à votre propre projet car son expérience n'incite pas du tout à tenter l'aventure. À le lire, il n'y a que des points négatifs et dérisoires. Bref. C'est déprimant.

Je suis également un peu déçue du style. Contrairement à son compte instagram @bookshopwigtown le ton est beaucoup moins piquant, mais plus cynique méchant. Je n'ai pas retrouvé ce fameux humour britannique vanté par l'éditeur (lisez son compte instagram, pour le coup).

Féroce, pas tendre, hargneux et lassant : le tableau est en demi-teinte. La lectrice, elle, est déçue.

Autrement, 2018 - Traduit par Séverine Weiss

Entre 84, Charing Cross Road d’Helene Hanff et Quand j’étais libraire de George Orwell, Le Libraire de Wigtown invite le lecteur à découvrir l’envers du décor.

Si l’amour de la littérature est primordial pour exercer le métier de libraire, on y apprend qu’il faut aussi un dos en béton et une patience de saint.

 

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27/02/21

Toujours plus + = + ; de Léna Situations

Toujours plusCe livre prétend, en toute simplicité, être un guide pratique à destination des jeunes pour dire NON à la déprime, à la morosité et à la spirale du négatif ; OUI au positif, à la joie, à l'acceptation de soi et à la réussite.

Le contenu est certes anecdotique mais le message global est tellement positif qu'il ne faudrait pas tomber dans le cynisme non plus. Et puis Léna M. a une personnalité pétillante, joyeuse et souriante. Ses bonnes ondes sont bénéfiques. Alors pourquoi s'en priver ?

Sachant que son public est majoritairement adolescent, ce livre me semble d'autant plus utile pour prodiguer confiance en soi et motivation dans les études. Ne rien lâcher et toujours croire en ses rêves. Oui, vraiment le message est top et la communication bien maîtrisée.

Au diable les aigris. ​😁

Format audio lu par Léna en personne (avec la participation de Pauline @Pausitiveworld) - une expérience agréable et conviviale, comme si on discute avec une copine.

En somme, ce livre communique légèreté et simplicité jusqu'au bout. Très, très chouette !

©2020 Éditions Robert Laffont, S.A.S. (P)2021 Lizzie, un département d’Univers Poche

  • Lu par : LÉNA SITUATIONS
  • Durée : 1 h 58
  • Guide pratique à destination des jeunes pour dire NON à la déprime, à la morosité et à la spirale du négatif ; OUI au positif, à la joie, à l'acceptation de soi et à la réussite.

Table des matières :

  • Introduction ;
  • Ose devenir positif(ve) !
  • Prends du temps pour te découvrir ;
  • Fonce ! L'avenir t'appartient ;
  • Accepte-toi ! Fais de tes faiblesses tes forces ;
  • Affirme haut et fort tes valeurs !
  • Sois ambitieux(se) ! Crois en toi !
  • Exit le négatif !
  • Cultive l'optimiste !
  • Dis merci à la vie !
  • Conclusion.

 

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14/01/20

Munkey Diaries (1957-1982) de Jane Birkin

Munkey Diaries (1957-1982)Cela commence par les souvenirs futiles d'une gamine de 11-12 ans, une petite anglaise rêveuse qui se trouve gauche et quelconque, avec en toile de fond des histoires sur sa famille, sa maman comédienne, son papa engagé dans la résistance, son frère Andrew, sa sœur Linda...
Puis viennent les rencontres amoureuses, d'abord John B. puis Serge G. Une fois encore, c'est une Jane sans fard qui se dévoile. Elle nous livre ses histoires avec la plus grande transparence : ses promesses, ses espoirs, son épanouissement, sa chance, ses peurs, ses déceptions... Tout n'est que passion dans la vie de Jane : donner et recevoir, aucun compromis.
Bien sûr, son bonheur a un prix. Ce journal s'achève au moment où Jane quitte Serge. La séparation est douloureuse. Ses confidences sont d'ailleurs sans filtre et très émouvantes. De manière générale, son récit donne des frissons. D'abord il nous plonge dans le passé, avec une part de nostalgie pour le Swinging London, puis au cœur du cinéma français des années 70 avec ses légendes vivantes (Romy Schneider, Brigitte Bardot, Trintignant, Depardieu, Pierre Richard...) sans oublier un épisode étrange avec Claude François.
Jane évoque aussi son quotidien, rue de Verneuil, ses tournages, ses filles, son souci de tout concilier et de ne se sentir jamais à sa place. Cette lecture est finalement très fidèle à l'image qu'on peut se faire de Jane Birkin : une personnalité fantasque et éthérée. On la retrouve avec ses questions, ses désirs, sa poésie et sa tendresse.
En effet, j'ai trouvé une vraie part d'émotion, pure et sincère, dans ses journaux. On sent la jeune femme à fleur de peau, qui trace son bout de chemin en suivant ses propres règles, à la fois exigeantes et compatissantes, mais jamais sans tricher.
Rien que pour ça, c'est une lecture fascinante car pleine de grâce - à conseiller aussi en livre audio car texte lu par Jane elle-même ! 🤍🌺

©2018 Librairie Arthème Fayard (P)2019 Audiolib

Un journal à la fois intime et universel, sublimé par la lecture unique et touchante de Jane Birkin.

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Bienvenue chez Serge Gainsbourg rue de Verneuil

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20/11/19

Voix off, de Denis Podalydès

Voix off Denis PodalydesVoilà un journal qui trouve admirablement écho en l'amoureuse des mots et des livres audio que je suis ! ... 
Denis Podalydès est un personnage attachant dont j'ai apprécié le portrait profond et émouvant qu'il dévoile. Sans aucun narcissisme, mais avec un soupçon de philanthropie et beaucoup de pudeur.
L'homme se raconte à travers ses proches, sa famille, son enfance, ses cicatrices, ses débuts au théâtre, les hommes politiques, les acteurs admirés, les auteurs lus et aimés. Un vrai bouillon de culture.
Lorsque le comédien se livre pour la première fois à l'exercice du livre audio, il en sort mécontent et frustré. Pourquoi cette voix ? d'où vient-elle ? comment l'enrichir ... même si elle est déjà riche d'un héritage foisonnant, elle cache un homme et révèle une âme, non ?
Quelle belle réflexion qui amène à une lecture plus large et passionnante. J'ai été transportée dans ces bribes de vie aux accents nostalgiques, mais également drôles et sans mièvrerie.

©2008 Mercure de France (P)2019 Éditions Gallimard

« Est-il, pour moi, lieu plus épargné, abri plus sûr, retraite plus paisible, qu'un studio d'enregistrement ? Enfermé de toutes parts, en capitonné, assis devant le seul micro, à voix haute - sans effort de projection, dans le médium -, deux ou trois heures durant, je lis les pages d'un livre. Le monde est alors celui de ce livre. Le monde est dans le livre. Le monde est le livre. Je confie à la voix le soin de me représenter tout entier. Les mots écrits et lus me tiennent lieu de parfaite existence. Alors d'autres voix encore se font entendre, dans la mienne. »

 

 

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15/03/19

Devenir, de Michelle Obama

Devenir Michelle ObamaPlus que de raconter la vie de Michelle Obama, ce livre lance un message d'espoir et de résilience à toutes les femmes et à tous ceux qui seraient tentés de baisser les bras trop tôt. 

Michelle a grandi dans un quartier ouvrier de Chicago, auprès d'un père handicapé et d'une mère au foyer, qui lui ont inculqué liberté, force et persévérance Naturellement, Michelle Obama est devenue une bosseuse acharnée : elle voulait Princeton et Harvard, elle voulait une carrière épanouissante et une vie de femme indépendante, elle voulait l'égalité des chances et venir en aide aux autres. Avec son sens de l'organisation inébranlable, elle est vraisemblablement parvenue à atteindre ses objectifs.
Toutefois, Michelle Obama n'est pas une WonderWoman et parle à cœur ouvert : elle explique ses doutes au moment où Barack s'est lancé dans la politique, son amertume face au feu des critiques, sa détresse après les fusillades dans les écoles, son combat contre l'obésité infantile, sa fierté d'avoir produit un vrai potager à la Maison Blanche, sa rencontre avec Queen Elizabeth ou Martin Luther King, sa constante vigilance à maintenir l'équilibre au sein de sa famille et tenir ses filles à l'écart des regards indiscrets.
La course au pouvoir est la partie la plus excitante de ce gros bouquin de 480 pages. Même si les secrets demeurent bien gardés. L'image reste lisse, impénétrable et mystérieuse. La grande classe. Cette lecture est pleine de bienveillance et de positivisme. Elle confirme le caractère volontaire et avenant de Michelle. Sublime l'image du couple Obama (une adoration réciproque et une complémentarité exemplaire). Sincère, pudique et attachante, Michelle Obama inspire autant d'admiration que d'abnégation : une First Lady spontanée et radieuse. Une véritable icône pour toutes les générations en devenir.
Bravo Marie Bouvier pour la lecture audio : irréprochable et entraînante.

« Mon père, Fraser, m'a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m'ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l'histoire de notre pays. Même quand elle est loin d'être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l'auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer. »

©2018 Éditions Fayard (P)2018 Audiolib

 

James Corden's White House tour takes an unthinkable turn when First Lady Michelle Obama joins him for a drive around the grounds singing Stevie Wonder and Beyonce. Surprise guest Missy Elliott drops in to sing "This Is For My Girls."

 

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26/02/19

Avec toutes mes sympathies, d'Olivia de Lamberterie

Avec toutes mes sympathies« J'écris pour chérir mon frère mort. J'écris pour imprimer sur une page blanche son sourire lumineux et son dernier cri. Pour dire ce crime dont il est à la fois la victime et le coupable. »

Comment dire l'indicible ? la douleur, le manque, l'absence ? Comment raconter ce frère si beau, si drôle, si intelligent, et pourtant si fragile et si incompris ? En octobre 2015, Alexandre tire sa révérence, laissant sa famille et ses amis dans un désarroi sans fin. La journaliste et chroniqueuse littéraire est anéantie par le chagrin et la colère. Elle retrace le cadre, dresse le portrait, cherche les mots pour accepter l'inacceptable. L'amoureuse des livres est pourtant à court d'inspiration, ne trouve plus l'énergie, ni le goût dans les histoires. Puis comprend qu'elle doit fouiller dans ses entrailles pour en extirper toutes ses émotions. Se raconter et raconter son frère. Leur histoire de famille, leur complicité, leurs confidences même muettes. En se livrant à cet exercice, ODL se révèle plus bouleversante que jamais. Attachante, sincère, pudique et élégante. Cette papesse de la critique tombe le masque, met son âme à nu et se moque de l'opinion d'autrui. Bien sûr, rien n'est léger dans ce qu'elle livre. Tout ce qui est lu, écrit, vu ou écouté est infiniment sophistiqué. Elle expose la vie de son frère avec justesse, entre sa folie douce, son génie et ses zones d'ombre. Elle impose une déférence et une empathie à son récit. Elle nous touche et nous aspire dans son univers. C'est très triste - j'avais la boule au ventre mais pas les larmes aux yeux - car ça résonne en nous comme une déclaration forte à aimer la vie et à la vivre comme on peut. Un bel hommage, brillamment écrit et lu par l'auteure elle-même. Je n'aurais pu imaginer une autre voix pour nous emporter dans cette histoire...

« Tu ne nous as pas abandonnés. Tu t'es arrangé pour laisser une empreinte si forte dans nos existences qu'elle nous a empêchés de sombrer et qu'elle a fini par nous transcender. Ton existence est indélébile. Tu n'as pas fini de respirer en nous. Ta mort nous a rendus vivants. » 

©2018 Éditions Stock (P)2019 Audiolib

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20/01/19

Lola Bensky, de Lily Brett

Lola BenskyFin des années 60. Lola Bensky a 19 ans et travaille pour un magazine australien spécialisé dans les nouvelles figures du rock. Entre Londres et New York, Lola rencontre ainsi Mick Jagger, prend le thé avec Paul McCartney, prête ses faux cils à Cher, sauve Jimi Hendrix d'un accident de voiture, discute kilos en trop avec Mama Cass, évoque l'héritage juif avec Janis Joplin et résiste au charme vénéneux de Jim Morrison.
Toutes ces anecdotes font naturellement le piquant de cette lecture, où l'auteur s'incarne dans cette jeune journaliste mal dégrossie, qui souffre de son image, de son poids et d'être fille de rescapés des camps de concentration. Elle revient sur sa famille, les traditions et la religion, son avenir à Melbourne, ville où elle a suivi ses parents et rencontré un petit copain volage.
En fin de lecture, on retrouve Lola Bensky dans un appartement new-yorkais pour un dîner chez des amis. Elle a une soixantaine d'années et croise Mick Jagger, qui lui sourit avec tendresse. Nul ne sait s'il se souvient de cette époque tumultueuse et canaille, s'il a reconnu en elle l'illuminée qui parlait de choux dans le ghetto de Lodz en Pologne. Après tout, quelle importance ? Chacun dorlote ses souvenirs et entretient avec la nostalgie une relation intime et pudique.
En attendant, ce roman se picore par petites bouchées. Et j'ai adoré son ambiance rocknroll, la folie des années 60, la nouvelle scène, les excès, le glamour, la liberté... C'est assez exaltant. Plongée dans cette frénésie, Lola Bensky n'est pourtant pas une rigolote : complexée et triste comme un bonnet de nuit, on la sent davantage simple spectatrice et engluée dans ses problèmes. Au bout du compte, j'ai un peu mis de côté la part confidentielle de Lola pour me consacrer à son travail, ses rencontres surréalistes et légendaires. Pour ça, rien que pour ça, j'ai beaucoup aimé ce roman. Sensation grisante d'avoir voyagé dans le temps et d'avoir touché les étoiles. Un pur bonheur.

10-18 (2016) - traduit par Bernard Cohen

éditions de La Grande Ourse (2014)

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02/08/18

Celle qui a dit Fuck, de Anne-Sophie Lesage & Fanny Lesage

Celle qui a dit fuck

Alice a une petite trentaine d'années et vit en couple avec Antoine. Bosseuse acharnée, c'est aussi une grande râleuse qui frise l'overdose. Son médecin la prévient : elle fait de l'overthinking (en gros, elle pense trop). Il lui propose de rejoindre un groupe de parole pour apprendre à lâcher prise. Sur cette belle promesse, Alice ouvre un journal pour raconter son parcours, lequel ne manque ni de sarcasme ni de sagesse. La jeune femme nous confie quelques bons tuyaux et autres astuces pour décompresser au mieux, ne plus chercher la perfection absolue, gérer le stress et relativiser face aux vicissitudes de la vie de tous les jours.

Angoisse, surcharge mentale, pression qu'on s'inflige inutilement... En fait, on se reconnaît souvent dans ce qu'elle nous décrit et on pioche ci ou là les enseignements profitables. L'intention est donc bonne et louable, avec une grande volonté d'envoyer un message pragmatique et de bonnes ondes positives. En plus, le ton est plein d'humour et inspire une sensation de bien-être qui rend la lecture délectable... tout en prenant conscience que cela ne va rien révolutionner non plus. Soupir. Au départ, j'ai même failli prendre en grippe l'héroïne (très chichiteuse, toujours à se plaindre, franchement enquiquinante) et puis j'ai fini par écouter au-delà des complaintes futiles pour m'y reconnaître de plus en plus. 

N'étant pas une adepte des ouvrages sur le développement personnel (ou tout ce qui y ressemble), j'ai donc d'abord craint d'avoir fait le mauvais choix avec ce titre mais c'était sans compter sur la dérision de son héroïne, sa fraîcheur et sa sincérité débordante. Cela compense avec l'excès des # et des anglicismes à outrance. On a parfois l'impression d'avoir le tournis à écouter Sabrina Marchese nous débiter tout ça de façon ramassée. Une expérience intéressante, peut-être pas mémorable.

©2018 Belfond (P)2018 Audible Studios

Celle qui a dit fuck ! #imparfaiteetfieredeletre #freeandwild 

Le journal d'une jeune imparfaite qui décide d'en finir avec les prises de tête : à travers ses chroniques pleines de piquant, de nombreuses pistes, des rituels express et des outils pour assumer une féminité décomplexée. Oser dire "Fuck", ça se travaille... Beyoncé ne s'est pas faite en un jour !

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