06/04/12

Gregor et la Prophétie du Gris

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Voilà un très bon roman d'aventures, signé Suzanne Collins, qui ne manquera pas d'enthousiasmer les jeunes lecteurs. L'histoire se passe sous nos pieds, où existe une cité nommée Regalia, gouvernée par la jeune reine Luxa, et où cohabitent pas toujours en paix les cafards, les chauve-souris, les rats et les araignées. Gregor, new-yorkais de onze ans, y débarque malencontreusement pour sauver sa petite soeur Moufle.

Le garçon est désormais face à son destin, oui, lui qui pensait que le plus dur dans la vie c'était d'être traité comme le seul référent mâle de la famille (depuis la disparition de leur père, deux ans plus tôt), et d'occuper ses vacances à veiller sur ses soeurs et sa grand-mère pendant que sa mère partait au boulot, le voici en train de prendre connaissance d'une prophétie au texte alambiqué, mais à la portée considérable. Vikus, le vieil homme sage de la bande des Souterrains, est intimement persuadé que son arrivée providentielle est liée à leur survie, d'ailleurs il n'y a pas de temps à perdre à discuter ou s'éterniser dans les présentations que déjà l'action trépigne et entre en scène avec force et fracas.

C'est une récurrence chez cet auteur : l'intrigue est entraînante, le rythme toujours soutenu, le lecteur est très vite invité à partager l'aventure, il n'y a guère de place pour l'ennui ou la routine. Et c'est tant mieux ! Gregor est un héros au grand coeur, il est très attendrissant avec sa petite soeur, et son jeune âge n'est pas un handicap puisque Gregor fait souvent preuve de maturité et de bravoure. L'univers de Collins est riche d'un imaginaire éclatant et original. L'histoire est vraiment captivante, avec sa part de bonnes et mauvaises nouvelles, de rencontres inattendues, de trouvailles sympathiques, de petites et grandes heures de gloire. Dans le fond, ce sont toujours les mêmes valeurs, les mêmes batailles et les mêmes idéaux à défendre, mais franchement on ne s'en lasse pas lorsque c'est si bien raconté. Suzanne Collins prouve que son univers est étendu à de vastes horizons que les lecteurs auront plaisir à partager !

Gregor, livre 1 : La Prophétie du Gris par Suzanne Collins smileyc219
Hachette jeunesse, 2012 - traduit par Laure Porché
illustration de couverture : Jérémy Fleury 

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05/04/12

Daylight saving

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La couverture vous inspire très certainement une sensation d'étrangeté et de malaise, et vous avez bien raison de vous y conforter. Car ce roman est très particulier, c'est l'histoire d'un père et son fils en vacances dans un centre de loisirs au cadre aseptisé (la piscine est sous bulle, par exemple). C'est un duo en perdition, la mère a mis les voiles quelques mois plus tôt, depuis le père noie son désarroi dans l'alcool et le garçon n'a aucun aplomb (il est en léger surpoids mais le vit comme une honte indélébile).
A Leisure World, Daniel rencontre Lexi, une adolescente fuyante et forcément mystérieuse. Daniel a envie de la connaître et gagne sa confiance, mais plus il découvre des facettes de sa personnalité, plus il réalise qu'il devient le témoin de faits troublants, comme des marques de torture physique sur son corps. Daniel est un peu paumé, nous aussi.
C'est fascinant comme ce petit roman parvient à capter notre intérêt en nous entraînant dans cette histoire au parfum étrange flirtant entre fantastique et psychologie. L'atmosphère est pesante, pour ne pas dire dérangeante. On sent venir à tout instant le basculement vers l'horreur ou le drame, tant la tension est palpable. J'avais un arrière-goût d'amertume dans la bouche, et pourtant je n'ai jamais cessé de tourner les pages du livre pour connaître le fin mot de l'histoire, j'étais prise dans l'engrenage, c'est tenace, pas désagréable finalement, car le rythme est vif et le dénouement foudroyant, vous avalant d'une traite avant de vous recracher pour vous permettre de respirer. Et c'est avec un grand soulagement que vous tournez la dernière page !
Une expérience de lecture mémorable, pas forcément originale, mais juste efficace parce qu'elle ne laisse pas dans l'indifférence.

La nuit de la 25e heure, par Edward Hogan
(Les Grandes Personnes), éd. 2012 - traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec 
illustration de couverture : Jean-François Martin 

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Voleurs d'âmes

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C'est probablement lié au fait d'avoir récemment revu Les Oiseaux d'Alfred Hitchcock que j'ai été saisie par cette lecture, dont l'atmosphère se cantonne aux frontières de la terreur. Nous sommes dans un petit village, où les habitants vivent dans l'angoisse. Leurs ennemis sont des oiseaux noirs, qui surgissent de nulle part et sèment la panique en volant les âmes. L'histoire bascule au moment où Arno, le héros, voit son cousin Bern s'effondrer sous ses yeux. Le garçon est anéanti et porte en lui la responsabilité de cette tragédie. Alors il décide de quitter le village pour se rendre dans les montagnes et comprendre l'origine de cette malédiction. Il a l'intention de la briser, afin de rendre la paix et la tranquillité aux villageois. En chemin, il fait la connaissance d'une jeune femme avec un bébé, Clara. Leurs parcours trouvent des résonances proches, ainsi ils décident de faire un bout de route ensemble.
Faustina Fiore, habituée à traduire les histoires des autres, se lance pour la première fois dans l'aventure de la fiction en nous livrant un univers sombre, étouffant mais percutant. C'est un joli coup d'essai, qui ne manquera pas d'impressionner les plus jeunes.

Les oiseaux noirs, par Faustina Fiore 
Casterman, 2012 - illustration de couverture : Cali Rezo 

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27/03/12

« Tu as reçu quoi pour tes quatorze ans ? J'ai appris que j'étais laide. »

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A quatorze ans, Zoé comprend qu'elle est laide. C'est le beau Walter qui le lui a dit et ça fait horriblement mal. Alors, Zoé décide de devenir méchante et se fait les griffes sur sa famille. Il faut dire que ses proches sont une invitation au défoulement, entre le père qui a renoncé à s'impliquer, la mère qui s'enferme dans la cuisine en grinçant des dents, le frère pas assez et les soeurs trop... le constat est déprimant !
Et comme cela ne suffit pas, Zoé crée un club réservé aux moches, le Club des Mouches. Le succès n'est pas au rendez-vous (qui a envie de s'afficher parmi les moches ?!), mais Zoé ne baisse pas les bras. A force de se lancer dans de nouvelles expériences et de se casser les dents, il est temps de prendre des mesures radicales : se mettre en spectacle, montrer sa laideur, ne plus se cacher en rejetant la faute sur les autres.

C'est un roman qui se veut fantaisiste dans son approche, dérisoire dans sa façon de décrire les choses, doux-amer dans son propos, et qui peut se vanter d'avoir un style inimitable. Je crois même que j'ai davantage aimé ce livre pour son écriture que pour l'histoire en elle-même. Dès les premières phrases, vous comprenez que vous tenez un livre désopilant, original et remarquable.
Et Zoé est une héroïne attachante, avec un solide sens de l'ironie, un humour féroce et une volonté de fer. Hélas, c'est aussi et surtout sa carapace, sa manière de se protéger. Parce que l'adolescence est cruelle, le regard des autres sans pitié, c'est compliqué de s'accepter et de faire en sorte que les autres vous acceptent aussi. Un vrai parcours du combattant.
Celui de Zoé est grinçant, touchant, virevoltant, montrant les doutes et les interrogations de la jeune fille, pour finalement révéler qu'il existe toujours une issue de secours. C'est un roman pétillant et mordant, servi par une écriture enivrante.
A découvrir, car la lecture est tout sauf triste !

Les aigles ne tuent pas les mouches, par Luc Baba smileyc002
éd. Thierry Magnier, 2011 - illustration de couverture : Olivier Marboeuf 

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20/03/12

"(...) la vie nous fait l'effet d'une vaste farce..."

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Ismaël n'aime pas son prénom, en référence à Moby Dick que ses parents adoraient, sauf que ce choix relève surtout d'une plaisanterie parce que la grossesse avait dépassé son terme et sa mère se lamentait de ressembler à une baleine ! Depuis, le garçon traîne cette anecdote comme un boulet. Au collège de St. Daniel, il est devenu le souffre-douleur de Barry Bagsley, jusqu'à l'arrivée de James Scobie, un garçon chétif, au look ringard, et affublé de tics nerveux. Aussitôt, Ismaël pense qu'il voit là sa chance de survie, Barry va lui sauter à la gorge, Ismaël pourra terminer son année tranquille...
Mais le plus surprenant arrive, car James va saisir à pleines mains les remarques désobligeantes de la brute pour les lui retourner en pleine face. James est un as de la voltige verbale, il n'a peur de rien, il l'explique et le démontre. Et c'est ainsi qu'il va entraîner tout un petit groupe de geeks dans un concours d'éloquence, sous la bonne escorte de miss Tarango, leur prof d'anglais.
Voilà une lecture fort agréable et très drôle, qui démontre avec intelligence quelles sont les armes possibles pour exister, briller et résister à l'école, autrement que par l'utilisation de la force physique et le harcèlement. Les personnages sont extrêmement attachants, tous singuliers et brillants, vraiment irrésistibles, et surtout ils sont le parfait exemple que la popularité s'attache à des détails qu'on se doit de développer et non de renier.
J'ai trouvé ce roman fin, alerte, enchanteur et extraordinaire.

Appelez-moi Ismaël, par Michael Gerard Bauer smileyc219
Casterman,  2011 - traduction par Antoine Pinchot

  • à découvrir le livre diorama illustré par Joëlle Jolivet, aux éditions Gallimard jeunesse

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19/03/12

En route vers l'aventure

Un 7ème tome inespéré ! 

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Rémi et Mathilde se lancent à la recherche de leur camarade Pierre-Paul Louis de Culbert, alias P.P. Cul-Vert, dont le box à l'internat a été saccagé, laissant quelques indices qui seront fort habilement exploités par nos deux amis. Les voici partis en Bretagne, dans un coin paumé, sur une île où se trouve un château (hanté par des ancêtres et un trésor caché).
Ce sont de nouvelles aventures palpitantes qui s'offrent au lecteur, et moi qui connaissais la série sans jamais avoir ouvert un seul tome, je me tortille sur ma chaise, de confusion et de plaisir ! Car j'ai tout bonnement savouré cette lecture. C'est drôle, écrit aux petits oignons, avec des personnages dont j'ai tout de suite apprécié l'humour et la singularité, à commencer par P.P. Cul-Vert. Avouez qu'il pète-sec, excentrique, imbu de sa personne, sournois et lâche, mais c'est proposé avec une réelle tendresse, et beaucoup de finesse, qu'il est impossible de lui en tenir rigueur.
C'est une lecture avenante, balayée par le crachin breton, cernée par des mystères et des fantômes un peu rancuniers. Je me suis aussitôt prise d'affection et d'intérêt pour cette histoire, j'ai également beaucoup aimé les illustrations de Serge Bloch, je comprends mieux pourquoi la série Enquête au collège remporte autant de succès auprès des lecteurs. C'est un succès amplement mérité ! 

Enquête au collège, tome 7 : Sa Majesté P.P. Ier, par Jean-Philippe Arrou-Vignod
illustrations de Serge Bloch - Gallimard jeunesse, 2012 

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Joe Millionnaire

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Le père de Joe a fait fortune en créant un papier toilette révolutionnaire, mais ce n'est pas du goût de ses camarades de Saint-Cuthbert (une école privée, huppée, snobissime). Résultat, Joe n'a pas de copain, il se sent seul, plus seul que jamais. Il a beau être riche et pouvoir s'offrir tout ce qu'il désire, l'argent n'achète pas l'amitié. Il pense qu'en s'inscrivant au collège public, sous couvert d'anonymat, il aura plus de chance pour être apprécié pour ce qu'il est. Et c'est comme ça qu'il va rencontrer Bob.

Bob est un sacré numéro, c'est un bonhomme qui n'a pas de chance, il est grassouillet, pas méchant pour deux sous, ses camarades d'école se moquent de lui, c'est une bille au cross mais il tient à prouver qu'il n'est pas si nul que ça en redoublant d'efforts (tout, mais pas dernier à la course !). Et pourtant il n'hésite pas à échanger sa place avec Joe, au risque d'essuyer les moqueries des autres. Ceci étant, nos deux complices viennent de signer un pacte d'amitié, un vrai. C'est le début du bonheur. 

C'est le deuxième titre que je lis de David Walliams, après Le jour où je me suis déguisé en fille, et quel régal! Attendez-vous à une lecture très drôle, qui s'appuie sur des aventures foldingues et des personnages attachants. Dans l'absolu, c'est très proche de l'humour de Roald Dahl. 
C'est aussi une histoire touchante, susceptible de sensibiliser le lecteur sur les vraies nécessités dans la vie (on parle beaucoup d'argent et de possessions matérielles, sans oublier la solitude, la tromperie, les relations bidons, la convoitise et le manque de confiance). Certes l'ensemble se veut farfelu et excessif, mais il ne faut pas négliger la réflexion qu'elle suscite chez le lecteur. 
Ou alors celui-ci se contentera d'admirer la typographie pas banale de l'ouvrage (avec des listes de tout et n'importe quoi, des recettes et des menus, des exclamations de rire, des freins qui crissent, des coups dans la porte, des gros mots, des questions qui font des vagues...), en plus de suivre cette belle histoire d'amitié, et même les illustrations de Tony Ross s'approprient sans effort les rouages de l'intrigue, en se fondant à merveille dans le décor.
Un bon moment à partager.

Joe Millionnaire, par David Walliams
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012 (nouvelle collection pour les 8-12 ans) 
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec 

  • entretien avec Béatrice Vincent, directrice de collection, chez Gaëlle ICI

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14/03/12

Qu'est-ce qui m'a pris ? Aller me faire couper les cheveux la veille d'un jour important est une erreur de débutant.

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Xav vient de commettre un terrible faux pas en se rendant chez le coiffeur la veille d'une rentrée scolaire. Oubliez les mèches folles, il a pratiquement la boule à zéro. Une horreur ! La mort dans l'âme, il se rend au lycée avec le sentiment d'être insignifiant, une bille perdue dans la cour de récré, tandis que son meilleur pote Martin barbote comme un poisson dans l'eau en section cuisine, où il a déjà lié connaissance avec ses camarades. De son côté, Xav n'a pas trop l'embarras du choix et se voit traîner avec les deux premiers de la classe, qui s'enferment chaque midi au CDI. Autant être franc, c'est la loose, sa vie n'est qu'un échec sur toute la ligne.
J'ai souvent souri aux réflexions de l'adolescent, son regard sur lui et sur les autres est un mélange de tendresse et d'ironie, ce n'est jamais méchant, juste piquant et drôle. Et puis c'est tellement vrai. On découvre dans ce faux journal les affres de l'adolescence dans toute leur splendeur, leur justesse et leur cocasserie. Xav n'a pas changé (retour sur Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser), c'est un garçon attachant, pris au piège de ses questions existentielles, vis-à-vis desquelles beaucoup d'autres adolescents se reconnaîtront.
L'histoire évoque le passage pas si anodin du collège au lycée, un cap à franchir chargé d'angoisses et d'interrogations (l'orientation scolaire, les nouveaux copains, les anciens qu'on pense perdre, l'envie de plaire, les parents qui ne comprennent rien, les nouvelles envies, comme de se lancer dans un groupe de rock et abandonner le piano et le classique, le regard qu'on porte sur soi, l'image qu'on aimerait renvoyer, ce que les autres voient en nous, la façon de juger et de cataloguer, la jalousie, la solitude, lire ou ne pas lire... parce que Xav trouve que la lecture est une activité de solitaire, alors que lui veut briller en société, mais heureusement il rencontre une bibliothécaire très sympa, qui va le convaincre du contraire ! ...). Enfin bref, c'est une lecture délicate et légère, qui se veut proche des adolescents et qui rappellera aussi aux autres ce qu'est l'adolescence, sans prétention, sans donner de leçon, juste avec pertinence et facétie ! 

Récit intégral (ou presque) d'une coupe de cheveux ratée, par Jo Witek
Seuil jeunesse, 2012 

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28/02/12

"Mais oui, la guerre va finir. Vous verrez, nous fêterons le prochain Noël tous ensemble."

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Paris, 1943. Comme beaucoup de Français, les locataires du 24 rue des Quatre-Vents ont la vie dure, ils ont faim et froid, ils n'en peuvent plus de la guerre et ils ont peur. Mais la générosité et l'entraide prennent le dessus, et tous se serrent les coudes dès que l'un d'eux rencontre le moindre souci. Michel, douze ans, vit avec sa mère, son frère et sa soeur, en attendant le retour de leur père prisonnier en Allemagne. Son meilleur ami Georges est juif et vit avec ses parents sous une autre identité. Ensemble, plus trois, quatre copains, ils ont créé le journal des Pirates de la résistance, en veillant à ne pas attirer l'attention de Stéphane Gourre, un camarade de classe, également locataire rue des Quatre-Vents, sa famille et lui sont en effet de farouches collabos, prêts à tout dénoncer pour s'offrir le privilège d'une dinde et du champagne à Noël...

C'est donc ça, La maison des Quatre-Vents, c'est un petit roman chaleureux, indémodable, écrit par Madame Colette Vivier, une plume rare et raffinée. Elle savait raconter les grandes choses de la vie avec des petits bouts de rien, comme ici, il s'agit de la vie ordinaire d'une maison où étaient logés des gens simples, aux horizons divers, alors qu'ils sont tous confrontés aux mêmes angoisses, d'où le formidable élan de solidarité. L'histoire est principalement centrée sur Michel, à douze ans c'est encore un môme qui s'imagine que jouer à la guerre, c'est faire de vous un héros, comme si l'auteur avait voulu opposer son innocence à la dure réalité du terrain. C'est ce mélange qui rend la lecture si attachante, d'un côté la légèreté, de l'autre la gravité. Parce qu'après tout, on a vécu ces années sombres du point de vue d'un enfant, c'est naïf mais ça n'occulte pas le reste. A travers ce roman, c'est aussi un grand auteur qu'il faut redécouvrir !  

La Maison des Quatre-Vents, par Colette Vivier
Illustrations de Serge Bloch. Casterman, 2012 pour la présente édition. 

pour mieux découvrir l'auteur : Les maisons de Colette Vivier

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27/02/12

Les extraordinaires aventures de Tom Scatterhorn

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Vous ne manquerez pas de trouver ce roman passionnant, si vous acceptez de partir à la découverte d'un musée humide, sombre et glauque, avec des animaux empaillés, et derrière tout ça, une histoire de diamant disparu. Le héros du roman, Tom Scatterhorn, est un jeune garçon de douze ans, pas particulièrement intrépide, mais curieux et attentif aux moindres détails. Suite à la récente disparition de son père en Mongolie, sa mère a décidé de partir à sa recherche en confiant Tom chez son oncle Jos et sa tante Melba, également les conservateurs du musée.
L'endroit va vite devenir son nouveau terrain de jeux, avec des couloirs qui font voyager dans le temps et des animaux qui ressuscitent alors qu'on ne s'y attend pas. Ajoutez également l'arrivée de leur nouveau voisin, Don Gervase Askary, et sa fille Lotus, décidé à racheter le musée pour lui redonner ses lettres de noblesse, mais on sent bien qu'il y a anguille sous roche. Don Gervase est le descendant d'une famille qui a longtemps été amie puis ennemie avec les ancêtres des Scatterhorn. En emménageant dans le manoir des Catcher, Don Gervase ne fait pas simplement figure de mécène, il a des ambitions cachées, dévorantes et dangereuses. 
Voilà une lecture enthousiasmante, originale et riche en aventures (pour tous ceux qui aiment plonger dans des intrigues comme Indiana Jones, La Momie, Jumanji etc.). L'histoire est bien ficelée, le cadre du musée est un pur enchantement, c'est comme se plonger dans un univers hors du temps, au charme inquiétant mais fascinant. L'intrigue aussi est travaillée avec élégance, elle nous suggère une invitation au voyage et au dépaysement, en fait je crois bien être tombée amoureuse de cette ambiance ! Ceci dit, les personnages sont également très attachants, en particulier le couple de l'oncle et la tante. Et même le méchant est réussi, tant il donne la chair de poule ! Ce premier tome (d'une trilogie) se révèle une plaisante introduction. 

Les extraordinaires aventures de Tom Scatterhorn : Le Musée abandonné, par Henry Chancellor
Illustrations de l'auteur, traduction de Marie Leymarie.
Pocket jeunesse, 2011. 

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