12/07/12

Imaginez que vous ayez vécu toute votre vie dans un silence complet avant d'être soudain jeté au milieu d'un orchestre déchaîné.

IMG_7687

Toby est un jeune garçon coincé dans un fauteuil depuis sa naissance, orphelin il a été élevé par des bonnes soeurs, et puis un jour un nouveau monde s'offre à lui, en la présence d'un chat noir, lequel va se transformer en jeune homme intrépide, du nom d'Egil. Il a pour mission de guider Toby jusqu'à son Grand-Père, basé en Islande, pour des raisons qu'il ne peut pas encore lui expliquer. 

Le garçon n'hésite pas une seconde à le suivre, car Egil vient de lui offrir le plus beau cadeau de sa vie : pouvoir marcher. Qu'est-ce donc que cette magie ? En fait, tout est dans le titre : L'héritage des Fels. Mais ceci est une autre histoire, puisqu'il n'appartient qu'à vous d'en découvrir plus ! 

J'ai été totalement séduite par cette lecture au charme fantastique et à l'imaginaire foisonnant. L'histoire se lit sans difficulté, normal pour un roman destiné aux jeunes ados, et je trouve d'ailleurs que ce créneau offre une émulation créative rafraîchissante ! Avis à ceux qui rêvent de se plonger dans un univers qui sort un peu de l'ordinaire, voici une lecture palpitante, riche en aventures, avec des personnages très attachants, et une histoire entraînante et généreuse. Seule la fin peut laisser perplexe, entre rêve et réalité, il n'y a qu'un pas à franchir !

L'Héritage des Fels, par Steven Knight
Nathan, 2012 - traduit de l'anglais par Lilas Nord

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,


10/07/12

♠ Poliedrum ♠ ♂

poliedrum

J'ai commencé ma lecture débordante d'enthousiasme, tous les ingrédients pour me plaire étaient sous mes yeux : trois adolescents se retrouvent autour de leur passion commune, la littérature fantastique, dans une librairie où ils ont créé le Club de l'arrière-boutique. Et puis, paf ! leur auteur préféré est assassiné dans le parc, l'un d'eux a été témoin de la scène et les voilà introduits auprès d'une société secrète qui va les lancer dans un jeu de rôles particulièrement diabolique, un jeu où la réalité et le fantasme se tiennent main dans la main.

Jusque là, ma curiosité était intacte. C'est peu à peu que j'ai commencé à perdre le fil de l'histoire, parce qu'il faut bien admettre que c'est plus d'une fois confus et troublant, à tel point que j'ai failli me perdre à plusieurs reprises. Et là, j'étais franchement dépitée.

C'est finalement en bout de course que j'ai retrouvé un sourire de vainqueur. La fin, avouons-le à demi-mot, est parfaitement démoniaque. La démonstration d'une intrigue retorse et pernicieuse. Néanmoins, je m'interroge : vraisemblablement destiné à un lectorat jeune, le livre tient grâce à une narration d'une simplicité confondante, mais à côté l'intrigue s'avère un tantinet tordue à certaines occasions, du coup je ne sais plus trop à qui cette lecture s'adresse dans l'idéal. Trop simpliste pour certains, trop tiré par les cheveux pour d'autres, ce début de série par un auteur à succès, en Espagne, s'annonce bien problématique.

Poliedrum, par Rafael Abalos
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'espagnol par Maryvonne Ssossé

Posté par clarabel76 à 17:45:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

Chaque fin est aussi un nouveau début.

IMG_7682

Katie Sutton est une adolescente anglaise à la vie ultra banale. Elle a deux meilleures copines, Hannah et Loops, avec qui elle traîne au parc en retrouvant des garçons de leur âge, mais Katie fantasme comme une folle sur le beau Ben Clayden, sans espoir de retour. Elle vit à Brindleton, une petite ville qui s'étend comme une étoile de mer, où tout le monde connaît tout le monde.

Cet été s'annonce donc particulier puisque la mère de Katie va tomber amoureuse d'un homme plus jeune, plus écolo et tellement plus insupportable en tout que Katie et sa soeur aînée ont juré de le faire tomber en disgrâce. Dans le même temps, Katie s'est déclarée experte sur le comportement des Adultes et rédige un guide d'utilisateur (comment gérer ses parents sans peine), sauf que tout va de travers, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'ouvrage ! 

Rassurez-vous, la révolution n'aura pas lieu mais ça n'empêche pas de passer du bon temps entre les pages de ce livre, qui n'a nulle prétention sinon d'être déjanté et cocasse. Katie Sutton est une narratrice hors pair, avec un sens de l'auto-dérision qui suscite de grands sourires. Dans son genre, c'est un livre qui défend ses chances, le ton est léger et drôle, tendance sarcastique, à destiner surtout pour les jeunes lectrices (la narratrice a 13 ans).

Le journal de Katie Sutton (comment gérer ses parents sans peine) par Jenny Smith
Nathan, 2012 - traduit de l'anglais par Anne Delcourt
illustration de couverture : Diglee

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

09/07/12

J'avais tant de rêves dans la tête...

IMG_7683

C'est vrai qu'en tournant la dernière page de ce livre, on se dit instinctivement qu'on vient de lire un témoignage bouleversant sur la destinée des Kumaris, ces petites filles enlevées à leur famille dès leur plus jeune âge afin d'incarner la déesse, sauf qu'à l'adolescence celles-ci étaient abandonnées, livrées à elles-mêmes, sans éducation, ni expérience de la vraie vie. Une pure déchéance, donc. 

Et puis on réalise que c'est aussi l'histoire d'une adolescente de 16 ans, Marie, qui a grandi seule avec sa mère, sans jamais connaître ses racines. De ce manque de famille est venu un besoin de s'accrocher à des rêves, à une culture népalaise dont Marie était si fière, si curieuse et si étrangère aussi... Cela a toujours constitué une bataille entre la fille et la mère, puisque celle-ci est fâchée avec ses parents et qu'elle a rejeté ses souches, interdisant ainsi à sa propre fille de tomber dans un rêve éveillé. 

Mais Marie est tenace, sauf qu'en découvrant l'histoire de sa grand-mère, ce sera comme un électrochoc, surtout qu'elle avait tant fantasmé sur ses origines. Cette lecture est riche en multiples bouleversements et autres révélations que Annelise Heurtier nous offre. C'est sans conteste un roman prenant, poétique et sensible, autour d'une héroïne très attachante. J'ai adoré.

Le carnet rouge, par Annelise Heurtier 
Casterman, 2011 - illustration & graphisme : Djhor

Posté par clarabel76 à 19:45:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Où il est question de l'amour des livres et de la lecture.

IMG_7675

Juan passe ses vacances chez son vieil oncle Tito, considéré excentrique parce qu'il vit seul dans une maison remplie de livres. C'est un vrai labyrinthe où on ne fait que s'y perdre ! Juan ne doit d'ailleurs jamais quitter sa clochette pour retrouver son chemin. Lui qui préfère la télévision à la lecture, il est servi.

Le garçon est également préoccupé par sa mère qui digère mal son divorce. Son arrivée chez l'oncle Tito va cependant lui révéler son potentiel insoupçonné de lecteur d'exception. A son contact, les livres sont attirés par lui, ils veulent être lus, compris, sentis. Car le monde des livres est un univers incroyable, où les ouvrages n'en font qu'à leur tête, vont et viennent, se cachent en attendant le bon moment ou le bon lecteur.

Il y a vraiment d'étonnantes théories dans ce livre, des réflexions qui font sourire, car forcément elles nous parlent aussi ! ;) Dans l'intervalle, Juan va tomber amoureux et réaliser encore une fois que les livres peuvent le surprendre, s'adapter à ceux qui les parcourent ou les choisissent. Très honnêtement, ce roman évoque avec délice le plaisir de la lecture en des termes enchanteurs et ô combien véridiques ! C'est une jolie découverte, à saisir si jamais ce livre croise votre chemin.

Le livre sauvage, par Juan Villoro
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2011 - traduit de l'espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon
illustration de couverture : Zara Picken

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


06/07/12

Moi, les adultes j'aime pas trop. Ils m'impressionnent pas du tout.

IMG_7678

Je vous présente Bruno, le Zorro du zéro, comme il se décrit. Fier d'être un cancre, il n'en fiche pas une en classe, il s'en moque, de toute façon il est porté par la nonchalance collective (il est élève dans un établissement situé en plein quartier pourri, selon lui). Tout bascule avec l'arrivée de Madeline, la nouvelle élève.

Non seulement elle a un look atypique, mais en plus c'est une pure intello. Installée à côté de Bruno, elle semble totalement déconnectée de la réalité qui l'entoure. Bruno, lui, a une poussée de fièvre. Cette fille l'intrigue, pas dans le sens romantique du terme, mais d'une manière obsédante et profitable (car notre cancre va soudainement bosser comme un malade et voir sa moyenne atteindre des sommets inégalés, youhou !!!).

Mais Madeline a un secret, plus profond qu'on ne le pense, Bruno va le découvrir et en être secoué. Cela aura du bon pour lui, puisqu'il va en prendre de la graine, envisager un autre avenir pour lui, sortir de la glandouille et adopter une attitude plus positive. Cela aura une répercussion tout aussi bénéfique pour la jeune fille, qui pensait n'avoir pas sa place dans ce monde.

Ce sujet, somme toute classique, de l'acceptation de sa différence est traité avec beaucoup d'humour, le ton d'Hervé Mestron n'est pas sans rappeler celui d'Anne Percin (Comment (bien) rater ses vacances) ou Jo Witek (Récit intégral (ou presque) d'une coupe de cheveux ratée), ceci m'amenant à conseiller ce petit roman aux lecteurs qui ont apprécié les ouvrages cités précédemment.

Enterrement d'une vie de cancre, par Hervé Mestron
Syros, coll. Tempo+, 2012 

Posté par clarabel76 à 13:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

... surtout n'y entrez pas !

IMG_7673

Orphelins, Samuel et sa soeur Martha sont envoyés chez leur tante Edna en Norvège et ont un peu de mal à se familiariser avec les lieux. De plus, leur tante leur paraît excessive et abusive avec son règlement en dix points, de sorte que Samuel a bien envie de braver l'interdiction de se rendre dans la forêt qui jouxte le chalet...

Alors, sa tante lui confie un terrible secret, qui est lié avec la disparition de l'oncle Henrik, dix ans plus tôt. Mais malgré toutes les précautions prises, la tragédie arrive lorsque Martha se perd dans la forêt. Samuel décide de la sauver et part à sa suite, accompagné du chien de sa tante, le fidèle Ibsen.

J'ai failli penser à Fablehaven dans les premiers chapitres, mais j'ai vite oublié la saga de Brandon Mull pour me plonger dans cet univers particulier, un peu effrayant mais surtout enchanteur de La forêt interdite. J'ai immédiatement été séduite par la richesse de l'histoire, bâtie sur un imaginaire fécond et exaltant.

Dans le fond, la trame romanesque est assez convenue mais elle demeure efficace. Sitôt que les personnages pénètrent dans la forêt interdite, notre curiosité est piquée à vif : on découvre alors tout son mystère, avec des créatures aussi fabuleuses et étranges que les huldres, les trolls, les pixies, le slemp ou le gubbin.

Ce conte fantastique possède plus d'un tour dans son sac pour embarquer les jeunes lecteurs dans un univers peuplé d'aventures et de magie, basé en Norvège pour la touche d'évasion, enfin bref c'est une sympathique découverte !

La forêt interdite, par Matt Haig
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2010 - traduit de l'anglais par Sylvie Cohen 
illustration : Benjamin Bachelier 

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

05/07/12

... en plein dans le nez !

Elle s’appelle Douceline. Elle est née en Provence au XIVe siècle, dans une ville décimée par la peste. Dans les ruelles de Grasse empuanties par les tanneries, elle se découvre une passion pour les senteurs et les parfums. Auprès de son père apothicaire, elle apprend à travailler les plantes et à confectionner des eaux de fleurs. Il envisage de la marier à un riche marchand, mais Douceline a d’autres ambitions.

IMG_7674

C'est un très beau roman, écrit avec élégance et poésie, qui évoque l'histoire des parfums à Grasse à travers l'histoire de Douceline, fille d'apothicaire, dans la France du XIVème siècle. C'est aussi l'étourdissante destinée d'une vraie héroïne qui est racontée, en des termes charmants et délicats. On a aussi presque l'impression de 'sentir' ce roman tant la description des odeurs est omniprésente !

Un parfum d'histoire, tome 1 : L'Eau des anges par Béatrice Egémar
L'Archipel, coll. Galapagos, 2011 - illustration : Delphine Caussais

Le tome 2 - L'Eau du roi - est déjà disponible.

Posté par clarabel76 à 18:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Mary Maloney attendait le retour de son mari. Elle regardait souvent la pendule, mais elle le faisait sans anxiété.

A (re)découvrir ! 

IMG_7670

Je connaissais ce recueil, surtout pour sa nouvelle Coup de gigot (merci monsieur A. Hitchcock !), mais il me semble que je n'avais jamais pris le temps de parcourir la suite des histoires qui composent ce livre.

Donc, il y en a quatre au total : Coup de gigot (l'histoire d'une femme bafouée qui va piquer sa crise de nerfs au moment de préparer son repas), Tous les chemins mènent au ciel (encore une histoire de couple crispé et où la femme va rugir intérieurement, parce que trop c'est trop !), La logeuse (l'histoire d'une petite bonne femme qui loue une chambre à de jeunes garçons à la peau lisse et parfaite - sic !), William et Mary (l'histoire la plus longue, en écoute elle frise la bonne heure, avec une intrigue alambiquée, surfant sur l'expérience scientifique, mais qui n'en révèle pas moins le machiavélisme du cerveau féminin !).

Oui, les femmes ont le beau rôle dans ce livre. Souvent elles subissent, elles ruminent leur amertume, elles revendiquent leur dévouement et en sont fières, mais elles n'acceptent pas la frustration et passent souvent à l'acte (vengeance !!!) avec un sourire énigmatique sur les lèvres. C'est jubilatoire !

Le ton emprunté par Claude Aufaure, le narrateur, nous inspire une écoute attentive et quelque peu flippante. A sa façon, il distille le doute dans l'ordinaire, souligne le saugrenu et fait monter la pression, il faut vraiment le suivre dans un calme olympien car on se régale ! 

Coup de gigot et autres histoires à faire peur, par Roald Dahl
Gallimard jeunesse, coll. Ecoutez lire, 2011
(existe en Folio junior )  illustration : Quentin Blake

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

05/06/12

"Il laissa un message étouffé : — S’il vous plaît, venez vite. Il est chez moi."

IMG_7552

Le début du roman fait penser au film d'Alfred Hitchcock, Fenêtre sur cour. Thomas est coincé chez lui, dans son appartement, avec une jambe dans le plâtre. Sa mère s'est absentée parce qu'elle avait un concert à donner, son meilleur pote est en vacances, reste la voisine qui a promis de jeter un oeil sur lui. Soudain, un hurlement dans la rue l'interpelle. Par la fenêtre, il découvre avec horreur un type en train d'étrangler une femme. Il réagit aussitôt, sans réfléchir, mais l'individu le dévisage et le temps s'arrête. Thomas est fait comme un rat.

C'est incroyable ce qu'un petit livre d'à peine 50 pages peut inspirer comme angoisse et sueur froide ! Très vite, le roman nous met dans l'ambiance : atmosphère lourde et oppressante, tension qui monte d'un cran, menace galopante, escalade dans la violence et la folie... C'est peu de dire ô combien cette lecture est flippante ! Mais on en redemande. C'est un thriller pour enfants, qui se lit vite et bien, la mécanique est parfaitement huilée, l'auteur va à l'essentiel, en appuyant bien là où ça fait mal, les poils se dressent sur les bras, et on tourne la dernière page encore un peu sous le coup du stress. De quoi chatouiller les jeunes amateurs de sensations fortes.

L'étrangleur du 15 août, par Sandrine Beau
Oskar éditeur, coll. Court-Métrage, 2012 - design & illustration de couverture : Jean-François Saada 

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,