27/02/13

Minuscule, farouche et rousse : je vous présente Millie Plume.

Passage en Folio junior du roman de Jacqueline Wilson paru l'an dernier en grand format :

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Nous sommes en 1876, à Londres. Millie est un bébé abandonné, aussitôt placé en famille d'accueil où elle y passera cinq années joyeuses et insouciantes. Puis, la séparation. Les larmes. La déchirure. L'incompréhension. Retour à l'Hôpital des Enfants-Trouvés où l'attend une éducation stricte. Millie ne rigolera pas tous les jours, mais avec sa nature et sa force de caractère elle parvient à surmonter les sales coups montés par ses petites copines de chambrée, par supporter la rigueur du froid dans le lit, le manque de nourriture, les leçons de couture, la discipline des anciennes.

Millie souvent se sent seule, même quand elle retrouve par hasard ses soeurs ou frères d'adoption, ou quand elle s'attache à Polly, une nouvelle venue, ou Ida, qui travaille en cuisine et lui file en douce des raisins secs ou du sucre pour adoucir son porridge. En vrai, Millie n'arrive pas à se satisfaire de son existence. Elle rêve de liberté, ne veut pas finir soubrette, aspire à autre chose, à retrouver sa véritable mère (ne serait-ce point cette écuyère rencontrée un jour au village ?) et à revoir Jem, son grand frère chéri.

Ce qui est très délicat dans le roman, c'est le soupçon de mélange entre l'humour et la tendresse, la générosité et la détresse, la peine, le chagrin, la triste réalité d'un avenir bouché. C'est un joyeux fourre-tout, avec une fin vraiment trop édulcorée, envers laquelle on ne tient finalement pas rigueur. Car on souhaite le meilleur pour Millie Plume. Petite rouquine au tempérament volcanique, débordant d'énergie, elle n'a jamais baissé les bras face à l'adversité et s'est toujours promis de bouleverser ce que la vie avait de plus plat à lui offrir.

C'est une lecture très plaisante, avec une héroïne attachante, pétillante et pleine de sensibilité, où on passe un très bon moment. A noter qu'une suite vient de paraître en grand format, Une nouvelle vie pour Millie Plume.

Les malheurs de Millie Plume, par Jacqueline Wilson
Gallimard jeunesse, coll. Folio junior, 2013 - traduit par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations de Nick Sharratt - couverture : Anne Simon

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22/02/13

Journal d'un dégonflé, Tome 6 : Carrément claustro !

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Dans ce nouveau rendez-vous, déjà le sixième, Greg entre en transe émotionnelle. La faute aux fêtes de Noël et à la perspective d'ouvrir ses cadeaux (toujours un grand moment dont le narrateur nous livre un exposé fort réjouissant !), mais aussi parce qu'il est tombé accro à un jeu en ligne, lequel consiste à adopter un ami virtuel et à s'en occuper continuellement, sinon la bestiole tombe en déprime. Le principe est vicieux, puisque les enfants sont sollicités à tort et à travers (pour l'achat de gadgets notamment) et doivent recourir à la CB des parents pour alimenter le site. A sa façon, Jeff Kinney dénonce leur nuisibilité et tacle avec douceur mais fermeté. 

L'auteur s'en prend aussi aux normes de sécurité dans les écoles, des normes drastiques et ridicules, car à force de vouloir protéger les enfants dans les cours de récré, il est décidé d'enlever tout ce qui est susceptible de représenter un danger pour eux (plus de toboggan, de balançoire, de portique, ni de poutre au sol). Plus de loisirs, donc. Le comble, c'est qu'ils doivent rester actifs mais ne doivent pas courir ou se toucher car c'est aussi interdit ! C'est risible, je vous jure, l'auteur s'éclate vraiment à démontrer les paradoxes de notre société. On a aussi droit au paragraphe sur la malbouffe dans la cafétéria, le combat des "nutritionautes contre les sales graissucres" et la condamnation des boissons énergétiques.

Enfin, tout ceci ne doit pas nous éloigner des turpitudes de notre dégonflé préféré, Greg a besoin d'argent et cherche un moyen facile et pas trop épuisant pour y parvenir (déneiger les allées de ses voisins ou organiser une kermesse à la maison avec du poulet BBQ à prix cassé). Oui, c'est comme d'habitude, avec de la mauvaise foi et des bêtises à foison, et puis on peut toujours compter sur  le fameux petit grain de sable pour gripper la belle mécanique, mais qu'est-ce que c'est comique ! C'est une série dont le succès chez les jeunes lecteurs est amplement mérité !

Journal d'un dégonflé, tome 6 : Carrément claustro ! par Jeff Kinney
Seuil jeunesse, 2013 - traduit par Nathalie Zimmermann

  • Disponible aussi le calendrier du dégonflé 2013, avec tous les personnages de la série et de nouvelles illustrations de Jeff Kinney et plus de 50 stickers pour se souvenir des anniversaires, des rendez-vous chez le docteur et des activités extra-scolaires.

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15/02/13

♥ Victor et Philomène ♥

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Victor est le premier de sa classe mais c'est un garçon solitaire. Il souffre d'un handicap à la main, laquelle ressemble en fait à une pince, du coup tout le monde l'appelle le Crabe. Un jour, arrive une fillette très timide, renfermée sur elle-même, comme dans sa coquille. Philomène est surnommée l'Escargot.

Durant la récréation, ces deux-là s'installent sur le même banc et ont bien du mal à communiquer. Victor tente des approches balbutiantes avec son goûter, pas de banane parce qu'elle a le goût de la poubelle, mais des petits gâteaux, qu'ils dévorent de la même façon, par les côtés d'abord. Cela signifie forcément quelque chose. Le père de Victor raconte volontiers qu'il est tombé fou amoureux de leur mère quand il a réalisé qu'elle mangeait son yaourt comme lui, en léchant le couvercle d'abord.

C'est tellement frais et adorable comme roman, cela parle de confiance en soi et d'amitié amoureuse qui se construit à partir de petits détails émouvants et magnifiques. Franchement je n'avais pas deviné au départ ô combien j'allais tomber sous le charme de cette histoire. Et puis c'est drôle, Victor nous livre des réflexions sur sa vie de famille (nombreuse, 7 enfants, oui ça me parle !) et d'enfant handicapé, blessé par le regard des autres, qui tente désormais d'apprivoiser celle qui en vaut la peine avec tact et douceur.

C'est le carton plein assuré, on fond pour ce petit garçon intelligent, doué et talentueux, et pour son amour pour la petite Philomène. C'est tellement juste, sincère et ça donne envie d'y croire. Ce sont 70 pages de bonheur.

Victor et Philomène, par Claire Renaud
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2012 - illustration de couverture : Gabriel Gay

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07/02/13

Lui, c'est la gloire. Nous, c'est la modestie.

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Jean-Philippe naît et grandit dans un haras. Son père est entraîneur et voue une véritable passion pour les chevaux. Passion parfaitement communicative, puisque l'enfant va s'attacher à une jument, Belle Intrigante, auprès de laquelle il va calmer ses pleurs ou apprendre à marcher.

Le garçon ne cache pas son désir de devenir un jour jockey, mais le destin va en décider autrement lorsqu'un soir de tempête, les chevaux seront intenables et déchaînés, et l'accident va se produire alors même que le père de Jean-Philippe est en train de concourir pour une compétition importante.

Fin du premier CD. La mise en scène, avec l'interprétation musicale, est juste parfaite. Elle a su prendre aux tripes et je n'étais pas fière. Car on reste comme un rond de flan avant de connaître la suite.

Ce roman est éblouissant parce qu'il a su, dès les premières pages, nous embarquer dans son monde et nous attacher à l'histoire terriblement émouvante, mais pas pleurnicharde, du jeune héros. C'est une aventure incroyable et forte. Tellement admirable aussi. On vit au rythme des galops, des tours de piste, des rêves éveillés, des illusions perdues, des envies d'en découdre et de s'accrocher encore et toujours. Je vous jure, c'est un tourbillon de sensations et d'impressions, il y a à la fois du suspense, de l'action, de la tendresse, de la bêtise et de l'injustice. L'effet est magique. On a tour à tour la gorge nouée, le cœur qui bat et des étoiles dans les yeux.

Chris Donner a su redonner à la lecture *avec des chevaux* une vraie valeur littéraire et héroïque. L'histoire est prenante, palpitante et vraiment belle. Je la conseille fortement !

Tempête au haras, par Chris Donner
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2012 / Chut ! les livres lus de l'école des loisirs (texte intégral) lu par Laurent Stocker
illustration de couverture : Adrien Albert

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01/02/13

Il va venir

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Un adolescent de 14 vit seul avec sa grand-mère (du moins, c'est ainsi qu'il la considère car on n'en sait pas plus sur leurs liens, ni sur comment ils en sont arrivés là). Bref, ils vivent dans une maison isolée, en pleine forêt, le paysage est couvert de neige et la tempête s'acharne de plus belle. La vieille est folle, elle a perdu la tête et pense que son fils Bernard, disparu depuis des années (en vrai, il est mort) va rentrer un jour. Le garçon ne fait plus l'effort de la convaincre du contraire. "Il va venir, il va venir..." dit-t-elle inlassablement. Aussi, lorsqu'un soir un individu tape à leur porte et s'effondre sur leur plancher, avec un sac à la main, la vieille clame que c'est lui, son fils, Bernard.

L'inconnu est dans les vapes, blessé et visiblement égaré. Pendant que la grand-mère est aux petits soins pour lui, le gamin se méfie et se pose mille questions à son sujet. Qui est-il ? d'où vient-il ? que veut-il ? Lorsque l'autre reprend connaissance, il a vite cerné la situation et compris son intérêt à jouer le jeu sans contrarier l'ancienne, dans la foulée il tente d'amadouer le garçon qui refuse toute complicité. En fait, il pense l'avoir reconnu et se dit qu'il est de son devoir de protéger la vieille avant que la situation dérape. Ceci dit, il est peut-être déjà un peu trop tard...

Avec une économie de moyens, Marcus Malte a su mettre en scène, dans ce roman de seulement 100 pages, un climat angoissant, où règne une tension palpable et vite irrespirable. C'est bien simple, on lit cette histoire sous effet d'hypnose (ou d'apnée). Par contre, ce qui est frustrant à la fin du roman, c'est de réaliser que toutes les questions sur l'adolescent et la grand-mère resteront sans réponse. Si vous appréciez ce genre de récit, lisez aussi le roman de Marcus Sedgwick - Revolver.

Il va venir, par Marcus Malte
Syros, coll. Souris Noire, présente édition: 2011

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19/12/12

"Nothing and nobody stops Wilma Tenderfoot!"

Quelque part entre l'Angleterre et la France se trouve une île avec juste une toute petite colline, une île que personne n'a jamais pris la peine d'explorer. Allez donc consulter une carte et vous la verrez - par là, un peu plus haut. Il n'y a rien de surprenant à ce que l'île de Cooper, somme toute banale et insignifiante, n'ait jamais été découverte. Après tout, plus personne n'enseigne l'exploration à l'école. De plus, la curiosité est loin d'être encouragée depuis qu'on a appris que c'était un vilain défaut. Mais chacun sait que sans curiosité, il n'y a pas d'aventure.

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Wilma Tenderfoot, une orpheline de dix ans au caractère impétueux et déterminé, rêve de devenir un détective mondialement connu, mais pour l'heure elle vit à l'institution pour Petits Malchanceux, sous la houlette de Mme Skratch, qui n'est pas une rigolote. La chance semble enfin lui sourire lorsqu'elle décroche un petit boulot chez une vieille dame qui réside au nord de l'île. C'est le début de l'expédition, même si son séjour sur place lui réserve quelques déconfitures, elle ne se départit pas de son optimisme légendaire. Et puis, elle a déjà un nouvel ami, le chien Beagle, baptisé Pétrin.

Mais une autre bonne nouvelle l'attend, puisqu'elle va découvrir que son voisin n'est autre que le détective Theodore P. Lebon. Un modèle pour elle. Elle a d'ailleurs appris par coeur la liste des dix petits trucs du bon détective ! Coup de bol, la maison du grand homme est en effervescence, suite à un double meurtre et à la disparition d'un précieux diamant, les forces de l'ordre sont sur les dents. Voilà une nouvelle affaire pour M. Lebon ... et Wilma, qui se propose de devenir son apprentie, au grand dam du détective.

La fillette est attachante, mais brouillonne et maladroite. Elle ne prend jamais le temps de tirer les bonnes déductions à partir des indices. C'est pourtant le b.a.-ba de son métier. Néanmoins, Wilma redouble d'efforts, à défaut de concentration, et se révèle une experte en espionnage, écouter aux portes ou suivre les suspects, emprunter des chemins tortueux, se déguiser et ne jamais partir le ventre vide, toutes les astuces du détective n'ont plus de secrets pour elle !

Et c'est foncièrement jubilatoire, quel humour ! quel sens du rythme ! L'histoire est menée tambour battant, sans retenue, avec une galerie de personnages atypiques. Le résultat est drôle et se veut un mélange de comédie absurde à l'humour parfois acide ! Mijoté aux petits oignons, le roman enchantera les lecteurs qui aiment les histoires à suspense, les héroïnes intrépides et les fins qui se terminent bien (avec en bonus une recette de croustilles sucrées). Un deuxième tome est déjà disponible, un troisième est prévu au printemps 2013.

Wilma Tenderfoot, tome 1 : L'énigme des coeurs gelés - par Emma Kennedy
Casterman, 2012 - traduit par Corinne Daniellot / illustré par Nancy Peña

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17/12/12

Les Ombres grandissent au crépuscule, par Henning Mankell

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Je ne connais pas beaucoup Mankell, à part ses romans policiers avec Kurt Wallander, j'en avais une image un peu froide et déprimante, comme souvent avec les auteurs nordiques. Sa série pour les jeunes lecteurs est donc particulièrement surprenante, dans le sens où le ton est décalé, avec un humour espiègle, qui prête à sourire. Une chouette lecture, franchement savoureuse. Au centre, nous avons un garçon de 12 ans, Joel, qui ne connaît rien à la vie, qui vit dans sa bulle et qui a un esprit débordant d'imagination.

Le gamin vit seul avec son père Samuel, sa mère a quitté le foyer et n'a plus donné de nouvelles. Elle existe sous le prénom de Jenny, et puis c'est tout. Bref, l'histoire commence au moment où Joel traverse la rue sans regarder et passe sous un bus. Il se relève sans la moindre égratignure, un vrai miracle ! Par contre, le garçon est perplexe et s'interroge. Maintenant, que doit-il faire ? Accomplir une bonne action pour remercier d'être un miraculé ? Oui, pense-t-il. Alors il choisit d'aider son amie Gertrude, défigurée depuis son opération bâclée, car sous ses airs de folle, elle est complètement désespérée. Il est temps de lui trouver un amoureux pour lui changer les idées !

Le garçon doit d'abord trouver le candidat idéal, ce qui n'est pas facile lorsqu'on habite une ville minuscule, au fin fond de la Suède, sans la moindre activité fédératrice, si ce n'est boire un verre au bistrot, se chamailler ou danser au bal du samedi soir. Joel prospecte, scrute et tâtonne, il envoie des lettres d'amour, donne des rendez-vous secrets, et puis cela devient trop compliqué pour lui. En fait, il n'a aucune expérience du monde des adultes, tout le dépasse et il fait pire que mieux.

Le cadre est posé, c'est à la fois tendre et cocasse, avec une brochette de personnages attachants, beaucoup de fraîcheur, d'innocence et d'excentricité. On suit l'intrépidité du garçon avec enthousiasme, et même si son aventure tourne au vinaigre, on espère pour lui et son petit monde que le soleil brillera à nouveau. Il y aura d'autres livres de la sorte, avec Joel Gustafsson, l'auteur en a écrit quatre tomes, le premier (A Bridge to the Stars) n'a pas été traduit, le prochain (When the Snow Fell) est prévu pour l'automne 2013. La couverture française est signée Olivier Balez. Le titre, très beau, donne une idée de la touche de poésie qu'a su apporter la traduction, très soignée.


Seuil, 2012 - traduit par Marianne Ségol-Samoy et Karin Serres 
illustration de couverture : Olivier Balez

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13/12/12

Il était une fois... Hazel et Jack.

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Hazel et Jack sont voisins et très bons amis. La maman de la fillette aimerait d'ailleurs qu'elle s'ouvre aux autres, qu'elle fréquente des filles, qu'elle s'adapte à sa nouvelle école, mais rien n'y fait. Hazel est une enfant fantasque et rêveuse, qui passe pour être impertinente et cinglée aux yeux de ses camarades et des enseignants. Seul Jack l'accepte comme elle est. Ensemble ils jouent dans la neige, se lancent des boules en pleine face et puis paf ! c'est le pépin. Jack a reçu un éclat de verre dans l'oeil et doit rentrer chez lui pour se soigner.

Les jours d'après, pas de nouvelles du garçon. Hazel se rend chez lui, sa mère lui raconte qu'il est en meilleure forme, puis qu'il est parti rendre visite à une tante. C'est bizarre, mais Jack a changé. Il est froid, distant, méconnaissable. Il préfère jouer avec les garçons de sa classe, n'a plus envie d'être avec elle. Alors Hazel décrète que son ami Jack a été frappé par une malédiction, qu'il a été enlevé par une reine des neiges, dans son palais des glaces, et décide de se rendre dans la forêt pour le libérer.

C'est un petit conte d'hiver qui colle parfaitement aux envies du moment, il fait froid et on n'a qu'une envie, c'est de se blottir chez soi en bouquinant des histoires qui nous transportent vers un ailleurs où la réalité n'a plus lieu d'être. Cette histoire avec Hazel et Jack m'a bien évidemment fait penser à la Reine des Neiges d'Andersen, l'ambiance est aussi sombre, frileuse et poignante.

Ici l'héroïne est touchante à sa façon, c'est une solitaire incomprise, qui a su trouver dans son imaginaire un refuge réconfortant. La petite fille adore les romans comme Narnia, Harry Potter ou A la croisée des mondes. Elle ne manque jamais d'idées farfelues pour s'évader et voir le monde autrement. C'est peut-être la limite qui rend le récit si incertain, faut-il basculer dans le réel ou baller vers l'irréel, discerner le vrai du faux.

Car Hazel et Jack ont tous deux de gros soucis chez eux (divorce et dépression), toutefois ce sont des problèmes perçus avec leurs regards d'enfant. Le ton général du roman m'est également apparu très simple, sans prise de risque. La deuxième partie du roman s'échappe vers le féerique, dès l'entrée dans les bois, elle a recours à des références fantastiques, comme la peau de cygne, le gardien d'oiseaux ou les allumettes magiques. C'est une lecture sans grande surprise, mais qui n'en demeure pas moins douce et délicate. La couverture est signée Olivier Balez et est de toute beauté !

La forêt des coeurs glacés, par Anne Ursu
Seuil, 2012 -  traduit par Rosalind Elland-Goldsmith
illustration de couverture : Olivier Balez

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11/12/12

Il lèchera une petite goutte de sang sur son doigt avec la gourmandise d'un vampire.

Nous voilà avec,

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160 pages de pure rigolade.
160 pages d'une recherche d'identité, déclinée en vingt-cinq vies, allant du caniche royal à la fourmi neurasthénique, la gazelle rusée comme un renard, la souris déglinguée, au gros chat de gouttière ou au haricot en boîte.
160 pages à sympathiser avec une héroïne extra, Sandra Bullot, élève quelconque, amie médiocre, petite copine en manque.
160 pages de jeux de mots, de langues déliées, de mails échangés, de questions qui se posent, de larmes qui coulent sur les joues, de rendez-vous autour d'une machine à laver, de l'art de bécoter pour attiser la jalousie de l'autre, de l'ennui, de soupirs, de trahisons en famille, de crimes entre amis et d'un soupirant secret.
160 pages à se demander qui est l'endive au jambon.
160 pages à adorer ça.
160 pages à grignoter le plaisir d'être une adolescente, qui aimerait qu'on la comprenne et qu'on l'accepte pour ce qu'elle est. Pas seulement un clown qui détend l'atmosphère pour masquer ses frousses, mais une chic fille, qui cherche aussi le grand amour, alors qu'il est juste sous son nez.
160 pages à confier autour de soi, en disant lis ça, tu verras, tu ne comprends rien aux filles, c'est normal, elles non plus ne se comprennent pas, mais ce bouquin-là t'en expliquera un morceau, et tu trouveras ça vachement décomplexant, et carrément déjanté. Forcément, connaissant ton humour sarcastique, ça te plaira ! ;o)
Sur ces 160 pages, je souris à la lune, je lui chuchote un grand merci, merci à Colas Gutman et à Marc Boutavant (chouette couverture, encore et toujours), merci de servir encore des petits romans qui donnent le sourire et qui racontent la vraie vie sans frémir, sans tanguer, sinon vers l'impossible légèreté de l'être.
MERCI ! 

Les vingt-cinq vies de Sandra Bullot, par Colas Gutman
Médium chez l'Ecole des Loisirs, 2012 -  couverture : Marc Boutavant

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28/11/12

Will Gallows

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Voilà une petit série très sympathique, qui se lit comme un western et qui allie des éléments fantastiques en mêlant des créatures étonnantes. Will Gallows est moitié humain, moitié elfe. Il a pour compagnon un cheval pégase, du nom de Moonshine.

Dans sa première aventure, il part à la recherche du terrible Noose Wormworx, un bandit qui agit en toute impunité et qui est surtout responsable de la mort de son père, l'ancien shérif de la ville d'Oretown. Will vit seul avec sa grand-mère et n'en peut plus de vouloir rendre leur monde meilleur avec une justice digne de ce nom.

Dans la deuxième aventure, Will se trouve pris dans une querelle qui oppose les colons de la zone Est et les courageux Elfes du village Gung-Choux. Avec la bataille qui se profile, Will doit sauver son oncle du terrible Bourreau-au-noeud-coulant. Une quête qui le conduit tout au bord de la Roche, sur une terre perfide, infestée de dragons.

Toujours et encore de l'aventure, cette série vaut le coup d'oeil pour son héros attachant et intrépide, l'imagination débordante, le mélange des genres particulièrement réussi, la brochette de créatures qui sont autant de rencontres inoubliables (fantômes, nains, trolls, dragons etc.) et aussi pour ses illustrations qui se fondent dans le décor. Lecture divertissante et quelque peu exotique !

Will Gallow : Duel dans la mine  /  Le cri du dragon-foudre, par Derek Keilty
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012 - traduit par Sarah Tardy
illustrations de Jonny Duddle

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