16/11/11

(...) un smoothie à la fraise est ce qui ressemble le plus au paradis.

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J'ignorais tout de ce roman, mais la couverture me plaisait. J'ai donc entamé ma lecture en toute confiance, avant de craindre le pire, une trentaine de pages plus tard. Amy, treize ans, championne de natation, et sa meilleure amie Sophie font du shopping, mais au moment de traverser le passage protégé, un camion les fauche et brise deux vies. Sophie décède, Amy a une jambe amputée. 
Là j'ai sincèrement eu peur que l'histoire verse dans le mélodrame et copie le scénario d'un téléfilm de l'après-midi, mais heureusement l'auteur a su contourner les pièges en proposant un roman simple, souvent gai et très drôle, c'est inattendu, parfois un peu triste, ce qui semblerait légitime, mais en règle générale on s'en sort bien !
En fait, Amy va faire une rencontre essentielle au cours de son hospitalisation. Il s'agit de Harry Higgins, un adolescent pas verni sur le plan de la santé, et malgré cela il a une force incroyable, fait preuve d'un humour corrosif et moqueur, ce qui oblige Amy à sortir de sa carapace et à vouloir se battre à son tour. De nombreuses épreuves l'attendent, il lui faudra notamment accepter son nouveau corps, apprendre à vivre sans sa meilleure amie, accepter d'être en vie et faire une croix sur le sport. Les problèmes ne vont pas se régler en un claquement de doigts, ce qui est très appréciable.
Parce qu'on va en voir de toutes les couleurs au cours de cette lecture, on va parfois ressentir un petit pincement au coeur alors qu'on ne s'y attendait pas ou alors s'esclaffer de rire à d'autres moments. Parce que c'est vrai que le roman prône la résistance, mais il a aussi la décence d'évoquer le deuil, la dépression et le désoeuvrement. C'est poignant, et sans complaisance. Optimiste, donc, l'histoire pousse à aller de l'avant. Elle ne veut pas s'enfermer (ni nous enfermer) dans une bulle fragile et délicate. Et j'ai aimé cette démarche !
Comme j'ai aimé le personnage de Harry. Il est très attachant. Avec son tempérament et sa force de caractère, il rend l'univers de l'hôpital moins sordide. Il a une tendresse en lui, qui donne véritablement foi en la vie. Et au moment de refermer la dernière page, toujours avec la petite boule au ventre, j'étais heureuse et tellement touchée par le parcours de toutes ces vies mises à mal par la faute d'un accident. Ce roman va m'accompagner pendant un petit bout de temps, je le sens. Il donne aussi une belle leçon de vie et nous rappelle qu'il faut profiter pleinement du moment présent. 

L'année où tout a changé, par Jill Hucklesby smileyc002
Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2011. Traduit de l'anglais par Maïca Sanconie. 

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13/11/11

Pêle-mêle Clarabel #45

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Caroline est au bord de la déprime. Ses parents, trop accaparés par leur boulot, la délaissent au profit d'une baby-sitter qui se moque bien d'elle. Elle a onze ans, n'a pas un copain au collège, elle se sent seule et ne sait plus sourire. C'est alors qu'interviennent l'ange Gustave VII et son assistante Agathe pour accomplir cette délicate mission, et ce, en trois jours seulement. Leur but : tisser une amitié entre Line et Robin, un môme aux idées farfelues et qui porte des lunettes surdimensionnées (avec, parfois, une écharpe trop grande). 
La lecture est légère, fraîche, sympathique, rigolote et un tout petit peu imprévisible (parce qu'il fallait y penser au voyage dans le temps en provoquant la rencontre entre la Caroline du futur et son moi plus jeune!). Les personnages sont très drôles et attachants. On peut d'ailleurs retrouver l'ange Gustave VII dans le roman, Reviens Mamie Lise !
A conseiller dès 10-11 ans.

Le rire de Caroline, par Katja Henkel
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2011. Traduit de l'allemand par Florence Quillet.
illustration de couverture : Sybille Hein 

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J'ai trouvé le remède pour chasser la grisaille de novembre : Cherry Orange (traduction de Magenta Orange) est la parfaite héroïne irrésistible et rigolote ! Cousine cachée de Jess Jordan et Georgia Nicolson, l'adolescente de 13 ans mérite sa réputation de miss Catastrophe. Elle vit avec son père désespéré de la situation, sa mère est morte dans un accident alors qu'elle n'avait qu'un an, et sa grand-mère partage leur quotidien (une grand-mère qui appartient secrètement aux Brigades des Hell's Angels !).
Cherry est une nana pétillante et pleine de ressources, elle en pince sérieusement pour le beau gosse du lycée et est prête à tout pour attirer son attention (on peut compter sur elle pour que ça vire au désastre du fait de sa maladresse légendaire, mais alors, c'est systématique et indépendant de sa volonté, et malgré nous on rigole à chaque fois de la situation !). D'un autre côté, elle ne voit pas non plus que son meilleur ami Daniel est fou d'elle, jusqu'à ce qu'elle le colle dans les bras de sa copine Arlette et qu'elle commence à ressentir un peu de jalousie. 
La recette est facile, déjà testée et donc prouvée, mais certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes. J'ai lu aussi le deuxième tome (Magenta in the Pink pour les amateurs de VO) et, même s'il est un peu moins drôle, il permet de passer un bon moment en compagnie de la tornade anglaise.

Cherry, tome 1 : ses amis, ses amours, ses embrouilles par Echo Freer smileylolc023
Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2003. Traduit de l'anglais par Véronique Fleurquin. 
illustration de couverture : Soledad Bravi

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Bonne nouvelle pour les lectrices qui suivent la série de Lola, une demoiselle espiègle, élève en CM2, qui vit à Hambourg. Pour la petite histoire, son père est brésilien et a ouvert un restaurant qui marche du feu de dieu, la serveuse est la maman de sa meilleure amie Flo, elle a aussi un amoureux qui est à Paris et des rêves de grandeur... mazette ! Le quatrième tome est donc enfin disponible, et Lola va déployer ses talents pour faire l'actrice dans une pièce montée par l'école. Au menu, la lecture vous promet : une Blanche Neige et des sept nains, des filles de Dracula, un combat contre le dragon, un mec super-cool, un roi des lions, un chat noir, un accident, des bêtises et autres bourdes en série ! Enfin bref, encore des aventures menées à 100 à l'heure (et qui ravissent ma petite lectrice qui se moque de grandir et d'être désormais 'plus vieille' que Lola ! ça ne compte pas.) (Pas encore.)

Bravo Lola ! (tome 4) par Isabel Abedi & illustrations d'Isabelle Maroger
Bayard jeunesse, 2011. Traduit de l'allemand par Marie-José Lamorlette.

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11/11/11

Depuis quand les relations entre filles et garçons étaient-elles devenues aussi bizarres ?

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Ben et Cody, pour la première fois depuis des années, vont passer leurs vacances de Noël dans les Keys, délaissant ainsi la bande de copains qu'ils ont depuis l'enfance. Avant de partir, Ben confie un cadeau à sa voisine, Cass. Sans réfléchir sur la signification de son acte. 
Les vacances, au bord de l'océan, s'annoncent grandioses. Ce sont baignades et parties de pêche à gogo. Ambiance radieuse et conviviale. Certes, Ben doit veiller sur son petit frère de sept ans, lui le grand de treize ans, il aimerait bien avoir un peu de temps rien que pour lui. 
Arrive alors la jeune Mica, âgée de onze ans, et son père, biologiste marin. Aussitôt Cody s'attache à elle et veut qu'elle partage toutes leurs activités. Ben, lui, rechigne et la traite de peste. C'est une mademoiselle Je-sais-tout, pimbêche et effrontée, il en a sa claque de garder les mômes ! 
Ce qui l'agace aussi, c'est l'attention que ses parents lui portent. Serait-ce de la jalousie ? Si oui, ce n'est pas grave car l'important dans l'histoire repose dans son inaction. C'est calme, mais apaisant. L'atmosphère des Keys est envoûtante, le bien-être est communicatif, on se sent comme un poisson dans l'eau. 
Oui, il y a des interrogations quant à la vie bohème que mène Mica et le vice caché de son père (il boit par désoeuvrement), du coup pour attirer son attention la fillette multiplie les quatre cent coups. Sous ses dehors de garçon manqué, Mica est en fait fragile et en manque de sa maman. Elle raconte des histoires, s'invente une vie merveilleuse, avec des étoiles plein les yeux, mais l'intelligence des Floyd réside dans leur silence et leur absence de jugement. Ils sont là, pour Mica. Ils lui offrent amitié, famille, partage et Noël heureux. Comme quoi, l'amour, parfois, ça ne tient à pas grand-chose. 
Car finalement c'est un roman sur les sentiments. Le lien familial très fort qui existe entre Ben, ses parents et son petit frère. Les émotions balbutiantes de Mica pour ce grand gaillard qu'elle trouve fascinant. L'attirance indicible que son amie de toujours, Cass, exerce sur Ben. La maladresse du capitaine envers sa fille unique dont il laisse l'éducation au petit bonheur la chance. Enfin voilà, c'est un roman tout simple, mignon, attendrissant, très doux et qui procure un bien fou.

Comme frères, par Adrian Fogelin
Flammarion, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau. 

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26/09/11

"Je crois que parfois, les rencontres, ce sont des évidences."

Aurélien veut qu'on l'oublie. Au lycée, il se pose en figurant et n'a aucune envie de se lier aux autres. Un type de sa classe, Thibaud, va pourtant chercher à mieux le connaître. Même si ça le dérange et lui donne des bouffées d'angoisse, Aurélien va doucement être séduit par l'idée et renouer avec des sentiments volontairement remisés au placard (l'amitié, l'insouciance, la découverte de l'autre...). 
Car Aurélien a un passé lourd, traumatisant qui a fait de lui ce garçon qui ne veut plus s'impliquer auprès des jeunes de son âge. Il a déjà donné, il en a payé le prix. Aujourd'hui, avec Thibaud, il aurait presque envie de "briser la glace" et de libérer le flot de mots qui l'étouffent, lui qui parle si peu par souci de discrétion. 
Oui, ce texte est d'une grande sensibilité et écrit avec une simplicité juste et touchante. Le désarroi de l'adolescent nous serre le coeur, et tant pis si son secret n'en est plus vraiment un pour nous (c'est le gimmick de l'auteur, en quelque sorte). Reste un petit détail étonnant, qui fait penser qu'on a tous nos petits secrets. 
Le roman évoque aussi le pouvoir des mots et leur capacité à nous "reconstituer". Pour cela, le slam est mis à l'honneur, tel un exercice de vie ou de survie, au cours duquel chacun est libre de s'exprimer, de crier son impuissance, sa révolte ou uniquement pour faire briller les mots et les sons. 
En somme, un roman accessible, poignant et généreux. 

Brise Glace, par Jean-Philippe Blondel (Actes Sud junior, 2011)

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Ma nuit d'amour est une jolie lecture de 65 pages sur les rêves d'amour et les promesses, sur le désir, le fantasme, la passion d'une jeune fille de 15 ans qui ne souhaite pas se contenter de belles paroles et qui déclare : "Je ne veux pas d'un brouillon. Je suis née pour être une amoureuse, une aventurière, une conquérante de la chair. Je le sais, j'en suis sûre." C'est une lecture qui raconte la première nuit d'amour, belle et parfaite. Il y a peut-être un peu d'invention aussi, un peu d'ambition secrète et exaltée... Après tout, Frédérique Deghelt n'est pas avare de pirouette qui fait tourner la tête, et le coeur. (Actes Sud junior, 2011)

Et pour finir, voici le très beau roman de Tania Sollogoub : Au pays des pierres de lune. Je savais que j'allais aimer ce roman, de toute façon je voulais l'aimer parce que la couverture est très belle et l'histoire est un hommage tendre et remarquable d'une adolescente pour sa famille et leur culture russe, sauf que nous sommes à Boulogne-Billancourt, dans un immeuble "plein de gens venus de tous les pays du monde". Chaque appartement est une invitation au voyage, à la découverte, aux mets et aux senteurs d'ailleurs, aux promesses d'histoires et de légendes un peu fantaisistes, mais enchanteresses. On y trouve sa place sans souci, on admire inlassablement ce décor et on tombe amoureux de cette communauté exubérante. 
C'est tellement bon, chaleureux et stimulant. 
A l'écart, on suit l'histoire d'amour de la narratrice. Elle a treize ans, elle passe ses vacances chez sa grand-mère, qui aime la neige, les cigarettes, les bijoux et se souvenir des belles choses. Cette fois-là, l'héroïne rencontre Boris, il est séduisant, fougueux, rebelle et fascinant. Elle tombe folle amoureuse de lui et le vit comme une brûlure.
C'est un roman intense et exaltant, parce qu'"à treize ans, on est capable de tomber amoureux de la couleur d'un regard". C'est tout simplement beau, avec en fond sonore une petite musique nostalgique. 
(L'Ecole des Loisirs, coll. Médium, 2011) 
illustration de couverture : Hélène Millot 

24/09/11

Histoires bizarres de Balthazar

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Balthazar Clairon reçoit avec stupeur un courrier lui annonçant qu'il vient d'hériter d'un grand-oncle, qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, et serait ainsi le propriétaire d'un Manoir situé sur l'île de la Roche Crampon. Son arrivée ne passe pas inaperçue, l'accueil est scrupuleux, le garçon doit fournir tous ses papiers pour montrer patte blanche et accéder dans sa vaste demeure. Il est aussitôt pris sous l'aile de Mme Bonpain, la gouvernante, qui fait preuve d'un zèle remarquable et attend qu'on lui obéisse au doigt et à l'oeil. Le garçon ne doit donc jamais sortir seul la nuit tombée, à cause d'une créature féroce qui rôde dans les landes et qui décime la population (et les chiens). Au village, Balthazar pousse plus loin l'information en rencontrant une bande de pirates qui le cajole tant et si bien que le garçon est désormais convaincu que lui seul peut éliminer ce qui semblerait être un loup-garou (eh oui, ce n'est pas comme si le titre n'avait pas donné un indice non plus !). 
Cocasse ou pathétique, chacun choisira son camp. Il s'agit avant tout d'une initiation au fantastique pour des jeunes lecteurs (à partir de 8 ans). A mon sens, l'histoire est saugrenue, le héros est un gentil benêt mais la tournure de l'intrigue est bien amenée. Bon point pour les illustrations en noir et blanc, parfaitement appropriées et se mariant pertinemment avec le texte.

Histoires bizarres de Balthazar -- Le terrible loup-garou 
par Chris Mould
Bayad jeunesse, 2011 - 188 pages - 5,20€
traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau 

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02/09/11

PinkMuffin@WillyBlue

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C'est l'histoire d'un mail envoyé par erreur. Au départ, Willy pensait écrire à un copain et c'est MAX qui lui répond en le traitant de taré. Il faut dire que le garçon avait commencé à raconter une histoire complètement dingue avec deux clientes qui se prenaient pour des cocotes dans le salon de thé de ses parents et qui, finalement, menacent de porter plainte en réclamant des dommages et intérêts... MAX sent tout de suite l'arnaque et propose l'assistance d'un détective privé, un certain Coultard, et ainsi dévoile l'existence de son association secrète qui consiste à venir en aide et dénoncer les attitudes abusives des adultes. 

En fait, sous le pseudo MAX, se cache la très révolutionnaire Marie Amélie Xavière Barbey d'Aurevilly (comme l'écrivain, dont la famille est descendante). Elle vit dans l'opulence mais n'a pas d'amis et se sent seule et incomprise, aussi elle trouve en Willy, alias Guillaume Viellard, fils de confiseur, un allié hors pair. Elle prend souvent la mouche dès lors qu'il la taquine sur son argent ou sur l'opportunité d'une rencontre, parce qu'il veut bien l'avouer que ça le rend doucement nerveux, mais entend bien ranger tout rêve de romance dans sa poche. Ce qui est drôle, justement, c'est qu'ils sont tous les deux sur la même longueur d'ondes mais ne peuvent s'empêcher de se taquiner sur le sujet. 

De toute façon, ils ont d'autres chats à fouetter puisqu'ils vont être pris au piège d'une affaire avec des rats de laboratoire, des cochons sur un tapis de course, un muffin rose et d'autres dangers plus conséquents. Si cela vous avait échappé, PinkMuffin@WillyBlue est une série enlevée, drôle et rocambolesque, entièrement rédigée sous forme de mails, où réside un semblant de suspense quant à savoir la date de rencontre, en chair et en os, de nos protagonistes !

PinkMuffin@WillyBlue, tome 1 : Objet: arnaques et embrouilles ! & tome 2 : de l’art et des cochons !

par Hortense Ullrich et Joachim Friedrich

Traduit de l’allemand par Florence Quillet

illustration de couverture : Kat Karsen

Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2010 & 2011.

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résumé du tome 2 : WillyBlue doit livrer les cochons, Bastien et Julie, chez PinkMuffin. Les pauvres bêtes ont été arrachées à leur triste sort dans un laboratoire pharmaceutique. Mais rien ne se passe comme prévu, PinkMuffin n’est pas là, et ses parents n’apprécient guère la compagnie des cochons. Lorsqu’elle finit par les récupérer, elle s’aperçoit que les animaux sont équipés de colliers avec un compte à rebours. WillyBlue et PinkMuffin ont soixante-douze heures pour agir.

Un deuxième tome toujours aussi loufoque et surréaliste où deux ados correspondent sur la Toile et vivent des aventures rocambolesques sans jamais se rencontrer.   

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Le Voleur de Magie (tome 2)

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Depuis la destruction de sa locus magicalicus, Connwaer cherche par tous les moyens à renouer avec la magie et est convaincu que c'est en pratiquant la pyrotechnie qu'il parviendra à son but. Or, cette pratique est strictement interdite et même son maître, Nihil, le prévient à maintes reprises des dérives dangereuses des matières explosives. Bien évidemment, ce qui devait arriver finit par arriver, Connwaer commet l'imprudence de trop et se voit banni de la ville de Wellmet. Cela tombe très mal, puisque la cité est actuellement affaiblie et livrée à des attaques d'Ombres dont on ignore l'origine et les intentions. Profitant d'un déplacement d'une délégation menée par Lady Sorbia jusque Desh, le jeune Conny n'a pas d'autre choix que de suivre la troupe pour continuer son enquête. 

Pas facile, au début, de se replacer dans le contexte (ma lecture du tome 1 remonte à deux ans déjà !), mais heureusement nous avons affaire à un univers facile et simple d'accès, dans lequel on retrouve vite ses marques et où on s'y sent parfaitement à l'aise. Très vite je me suis également rappelée pourquoi j'avais aimé cette série, non seulement parce que cela me console d'avoir perdu un certain Harry, mais aussi parce que l'intrigue est palpitante, le milieu de la magie apparaît sombre et mystérieux, les personnages ne manquent pas de charisme, la jeune lady Sorbia ou le capitaine Kerrn, mais aussi ce cher Benet, trop peu présent à mon goût, ou Nihil Fugacious, obligé de tenir une attitude austère et du coup bien étrange, bref de quoi titiller ma curiosité ! J'ai aimé aussi la tournure de l'histoire, le voyage forcé dans le désert, et la question autour de la magie qui disparaît sans raison. Le troisième (et dernier) tome devrait paraître cet automne 2011. Le dénouement approche !

Le Voleur de Magie #2 - Sarah Prineas
Gallimard jeunesse, 2010 - 314 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Jean Esch
illustrations de Antonio Javier Caparo 

Le tome 1 est désormais disponible en format poche, chez Folio junior.

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01/09/11

Rose et la maison du magicien

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Avec cette couverture rose et ces petites étoiles dorées, il m'était difficile de résister à ce roman. Rose se destine vraisemblablement à un lectorat jeune, dès 10-11 ans, mais offre une lecture charmante et très agréable ! Cela raconte comment une jeune orpheline fait son entrée chez Mr Fountain, un alchimiste, en tant que domestique avant de découvrir qu'elle possèderait elle-même des dons et pourrait devenir une apprentie-magicienne si elle en exprimait le désir. 

Or, Rose est beaucoup trop effrayée à l'idée de perdre son poste et de retourner d'où elle vient qu'elle préfère jouer l'autruche. Elle essuie les sarcasmes de Freddy, l'apprenti en titre, sans répliquer et s'applique à faire son ménage en tentant d'ignorer les ondes magiques qu'elle perçoit. C'est alors que la disparition de sa petite copine, Maisie, la force à sortir de ses retranchements. Avec l'aide inopinée de Freddy, finalement pas si hautain, Rose va pratiquer quelques sortilèges pour affronter un ennemi fort redoutable. 

Vraiment ce roman a de quoi offrir un joli moment de divertissement à ses lecteurs ! C'est frais, généreux, charmant, avec un peu d'action et de suspense, le tout savamment saupoudré pour entretenir l'illusion. On y découvre aussi un univers de magie et de sortilèges bien campé, pas particulièrement révolutionnaire, mais ce n'est pas ce qui compte le plus car le plaisir de lecture est franchement garanti ! Un prochain tome paraîtra en novembre, ce qui est une bonne nouvelle.

Rose et la Maison du Magicien - Holly Webb
Flammarion, 2011 - 338 pages - 13€
traduit de l'anglais par Faustina Fiore 

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27/07/11

Invisibles ? Présents !

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Douglas arrive chez son oncle Ken à Misty Bay pour les vacances d'été. Sur place, le garçon se lie instinctivement d'amitié avec Peter, un gamin très intelligent, souvent persécuté par les caïds du coin, et avec Crystal, la petite-fille d'une amie d'enfance de son oncle. Le passé est un élément important dans l'histoire, puisqu'il y a soixante ans, six camarades ont créé la bande des Invisibles et traqué le dangereux sorcier, Angus Scrimm, avant de repartir dans l'ombre. Mais il semblerait que cette vieille histoire les poursuive encore, car les uns après les autres, les anciens Invisibles meurent de façon suspecte. Quel rapport avec Douglas, Peter et Crystal ? Cette dernière est en fait une télépathe, tandis que Douglas serait "un portail" (il rêve d'évènements du passé). A force de fouiller les archives, ils ont également découvert que l'oncle Ken et la grand-mère de Crystal étaient des Invisibles. Un drame va d'ailleurs survenir et perturber tout ce petit monde, de nouveau aux aguets, car leur vieil ennemi est bel et bien de retour et a soif de vengeance ! 

Il y a aussi un journaliste, Robert Kershaw, qui rôde dans les rues de Misty Bay et qui enquête sur les Invisibles. Cela rajoute à la liste des faits troublants et inquiétants que compte ce roman. C'est bien simple, et même si cette lecture est idéalement indiquée pour les jeunes lecteurs, il règne une atmosphère nimbée de suspense et de fantastique qui procure une poussée d'adrénaline. Cette série connaîtrait un gros succès ..., en Italie ? Il faut dire que la recette est simple, efficace, les personnages sont sympathiques, l'intrigue habile et bien troussée, il y a de l'action, du danger, de l'amitié et une promesse de retrouvailles fort réjouissantes... donc, pourquoi pas ? (Le tome 2 serait prévu en novembre 2011 : Les Invisibles et la sorcière de Dark Falls.)

Les Invisibles, livre 1 : Le secret de Misty Bay - Giovanni del Ponte 
Editions Prisma, 2011 - 219 pages - 12,90€ 

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25/07/11

Les Sorcières de Skelleftestad

Nils Swedenborg est un homme simple, heureux et un peu bête. Charpentier de la ville, il tombe sous le charme de la nouvelle venue, la mystérieuse Ingrid, très belle, très sûre d'elle. Ils se marient, font des bébés (trois filles) et vivent à l'écart du village. Un bonheur sans nuages. Néanmoins, Ingrid a un secret - c'est une sorcière. Pas du genre nez crochu, vilain chapeau et blouse noire sur le dos, se baladant sur son balai et concoctant des potions dans son chaudron. Certes, Ingrid affectionne la soupe aux yeux de brebis. Elle s'échappe aussi régulièrement pour courir les sabbats de la confrérie des sorcières. Elle est moqueuse, talentueuse, cachottière.

C'est sa fille aînée, Johanna, qui raconte cette histoire cocasse et doucement déjantée, croquant un portrait peu flatteur de sa maman sorcière, livrant au passage des secrets (comme le fait qu'une sorcière est ovipare) et brossant un portrait tendrement complaisant de son père, le benêt de service. Car, finalement, qu'est-ce qui a poussé Ingrid a épousé cet homme ? Quels sont ses plans en débarquant à Skelleftestad ? 

Jean-François Chabas ne s'en cache pas : en écrivant cette petite saga sur les sorcières, il a essentiellement voulu s'amuser, proposer du léger à ses lecteurs, après des romans plus durs et particulièrement douloureux. L'humour y est donc sarcastique, le ton est joyeux même si le portrait d'Ingrid n'est pas tendre, la narratrice n'y va pas avec le dos de la cuillère, car il faut se méfier de sa mère, c'est une sorcière redoutable, adepte de magie noire, et qui va nous prouver par la suite que ses intentions ne sont pas toujours louables... Tome 2 : Les soeurs Swedenborg

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Nous retrouvons Johanna et ses soeurs, Agnes et Greta, toutes trois filles de la sorcière Ingrid, qui ont donc hérité des mêmes pouvoirs de leur mère depuis qu'elles ont seize ans. Or, les demoiselles ne font pas la fierté de leur génitrice. L'une se gave de gâteaux, l'autre se perd dans les fanfreluches, tout ceci est niais et vain aux yeux d'Ingrid. Tous ses espoirs reposent donc sur son aînée, Johanna, qui se pose beaucoup de questions sur le bien et le mal, qui ne comprend pas sa mère, qui est très attachée à son père et ne supporte pas qu'on se moque de lui. Mais poussée par ses proches, elle craque et trouve son sort de magie noire, un sort tellement intelligent et retors qu'il attire l'attention de Monsieur (le diable) en personne ! La rouerie de ce dernier est particulièrement pernicieuse, puisqu'il offrira et reprendra ses faveurs avec une vicissitude propre à sa réputation. 

Aucune surprise à attendre de ce deuxième volume. Si vous avez apprécié l'humour du premier, vous renouerez avec la tendre ironie de Johanna avec grand plaisir. Il n'est plus besoin de découvrir les petits secrets d'Ingrid, il est surtout question de gérer l'héritage bien lourd de cette sorcière de mère. Toutefois, celle-ci nous réserve encore quelques pépites sur son étonnante vie, ce qui agacera prodigieusement la narratrice. Et le lecteur aussi. Ce fut une lecture quelque peu piquante, où résonne au loin le rire sardonique de la sorcière, Hou, hi, hi ! Très sympa, donc.

Les Sorcières de Skelleftestad, tome 1 : L'étrange mariage de Nils Swedenborg & tome 2 : Les soeurs Swedenborg - Jean François Chabas (Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2010 & 2011)
photographie de couverture :  Franck Juery

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