28/02/12

"Mais oui, la guerre va finir. Vous verrez, nous fêterons le prochain Noël tous ensemble."

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Paris, 1943. Comme beaucoup de Français, les locataires du 24 rue des Quatre-Vents ont la vie dure, ils ont faim et froid, ils n'en peuvent plus de la guerre et ils ont peur. Mais la générosité et l'entraide prennent le dessus, et tous se serrent les coudes dès que l'un d'eux rencontre le moindre souci. Michel, douze ans, vit avec sa mère, son frère et sa soeur, en attendant le retour de leur père prisonnier en Allemagne. Son meilleur ami Georges est juif et vit avec ses parents sous une autre identité. Ensemble, plus trois, quatre copains, ils ont créé le journal des Pirates de la résistance, en veillant à ne pas attirer l'attention de Stéphane Gourre, un camarade de classe, également locataire rue des Quatre-Vents, sa famille et lui sont en effet de farouches collabos, prêts à tout dénoncer pour s'offrir le privilège d'une dinde et du champagne à Noël...

C'est donc ça, La maison des Quatre-Vents, c'est un petit roman chaleureux, indémodable, écrit par Madame Colette Vivier, une plume rare et raffinée. Elle savait raconter les grandes choses de la vie avec des petits bouts de rien, comme ici, il s'agit de la vie ordinaire d'une maison où étaient logés des gens simples, aux horizons divers, alors qu'ils sont tous confrontés aux mêmes angoisses, d'où le formidable élan de solidarité. L'histoire est principalement centrée sur Michel, à douze ans c'est encore un môme qui s'imagine que jouer à la guerre, c'est faire de vous un héros, comme si l'auteur avait voulu opposer son innocence à la dure réalité du terrain. C'est ce mélange qui rend la lecture si attachante, d'un côté la légèreté, de l'autre la gravité. Parce qu'après tout, on a vécu ces années sombres du point de vue d'un enfant, c'est naïf mais ça n'occulte pas le reste. A travers ce roman, c'est aussi un grand auteur qu'il faut redécouvrir !  

La Maison des Quatre-Vents, par Colette Vivier
Illustrations de Serge Bloch. Casterman, 2012 pour la présente édition. 

pour mieux découvrir l'auteur : Les maisons de Colette Vivier

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27/02/12

Les extraordinaires aventures de Tom Scatterhorn

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Vous ne manquerez pas de trouver ce roman passionnant, si vous acceptez de partir à la découverte d'un musée humide, sombre et glauque, avec des animaux empaillés, et derrière tout ça, une histoire de diamant disparu. Le héros du roman, Tom Scatterhorn, est un jeune garçon de douze ans, pas particulièrement intrépide, mais curieux et attentif aux moindres détails. Suite à la récente disparition de son père en Mongolie, sa mère a décidé de partir à sa recherche en confiant Tom chez son oncle Jos et sa tante Melba, également les conservateurs du musée.
L'endroit va vite devenir son nouveau terrain de jeux, avec des couloirs qui font voyager dans le temps et des animaux qui ressuscitent alors qu'on ne s'y attend pas. Ajoutez également l'arrivée de leur nouveau voisin, Don Gervase Askary, et sa fille Lotus, décidé à racheter le musée pour lui redonner ses lettres de noblesse, mais on sent bien qu'il y a anguille sous roche. Don Gervase est le descendant d'une famille qui a longtemps été amie puis ennemie avec les ancêtres des Scatterhorn. En emménageant dans le manoir des Catcher, Don Gervase ne fait pas simplement figure de mécène, il a des ambitions cachées, dévorantes et dangereuses. 
Voilà une lecture enthousiasmante, originale et riche en aventures (pour tous ceux qui aiment plonger dans des intrigues comme Indiana Jones, La Momie, Jumanji etc.). L'histoire est bien ficelée, le cadre du musée est un pur enchantement, c'est comme se plonger dans un univers hors du temps, au charme inquiétant mais fascinant. L'intrigue aussi est travaillée avec élégance, elle nous suggère une invitation au voyage et au dépaysement, en fait je crois bien être tombée amoureuse de cette ambiance ! Ceci dit, les personnages sont également très attachants, en particulier le couple de l'oncle et la tante. Et même le méchant est réussi, tant il donne la chair de poule ! Ce premier tome (d'une trilogie) se révèle une plaisante introduction. 

Les extraordinaires aventures de Tom Scatterhorn : Le Musée abandonné, par Henry Chancellor
Illustrations de l'auteur, traduction de Marie Leymarie.
Pocket jeunesse, 2011. 

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09/02/12

L'école est finie

L'école de demain fera le bonheur des plus riches ! Pour les autres, il leur sera demandé de signer un contrat avec des entreprises afin d'équilibrer la balance : en échange de l'enseignement, les élèves seront employés pour améliorer la productivité de ces généreux mécènes. Ahem. Et pour mieux motiver les troupes, quoi de mieux qu'une distribution de bons d'achat ou un tableau des mérites ? N'en demandez pas davantage. Le jeune héros de cette histoire travaille chez Jardins et Maisons et il a une amoureuse, Lila, qui est chez Speed-fooding. Mais les parents de la jeune fille estiment qu'elle perd son temps et qu'elle ne bénéficie pas d'une instruction à sa juste valeur, aussi décident-ils de l'envoyer dans une école du maquis. La police va enquêter, le garçon sera interrogé, une pression énorme reposera sur ses frêles épaules... De cette histoire, naîtra une prise de conscience : l'acte de désobéissance. En revoyant sa petite copine, le garçon comprendra que la liberté a un goût amer mais que ça vaut le coup de tout mettre en péril pour aller au bout de ses convictions. De nouveaux mots enrichissent son vocabulaire : oser, s'opposer, croire, changer, avenir.

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Un petit roman de seulement 44 pages, mais un texte percutant où les principes de l'école, telle que nous la connaissons, sont remis en question. Yves Grevet imagine que dans la société de 2028 nos enfants vont nous reprocher de n'avoir pas su refuser ce qu'on nous imposait au début du XXIème siècle. C'est une politique-fiction, mais ce roman fait réfléchir... Accessible pour les lecteurs dès 9 ans.

« - Quel est le cours que tu préfères ?
- Le cours d’histoire. J’ai la sensation de mieux comprendre le monde. »

L'école est finie, par Yves Grevet (Mini Syros, 2012)

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20/12/11

Teaser Tuesday #35

Il déchira le paquet d'un geste théâtral, et demeura un instant perplexe en découvrant quelque chose qui ressemblait vaguement au pire cadeau qu'on puisse offrir à un enfant normal, c'est-à-dire... un livre ! C'était presque déraisonnable, car il y en avait trois piles, trois piles de livres épais comme des dictionnaires, garnis d'une reliure de cuir.

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Mathieu peste contre sa vie, il a dix ans, seulement, et c'est tellement nul. Il est coincé chez lui, n'a jamais le droit de fêter son anniversaire au palais du roi, sous prétexte qu'il collectionne les bêtises depuis sa naissance, à tel point qu'on pourrait en faire un collier de perles !
Mais Mathieu n'a pas dit son dernier mot, il est rusé et va prouver à son père que son autorité est abusive, que ses contrats sont erronés, qu'il y a toujours matière à contourner les interdictions. Pour lui, réaliser des bêtises, c'est tout un art dont il se déclare maître et fier de l'être. Sa réputation n'a plus de limites. Il est souvent attendu comme le messie au palais, même le roi retient son souffle, craintif et curieux de connaître la dernière invention du garnement.
T
out l'intérêt du roman repose donc sur LA promesse de rouerie du jeune garçon. En attendant, nous savourons sa logique implacable, ses défis constants avec son père, leurs joutes verbales et les contrats vicieux pour piéger l'autre.
Dans le même temps, on découvre l'univers de Mathieu, l'existence de l'école des Elitiens (l'élite des héros), où il faut passer des tests assommants pour y entrer, à l'âge de douze ans, ou onze si l'on demande une dérogation. D'ailleurs, Mathieu élabore déjà des plans retors pour réussir en trichant !  

A ce stade, il est clair que notre jeune héros n'est pas animé des intentions les plus nobles et c'est ce qui le rend si attachant. En digne rebelle et pourfendeur des bêtises, il apparaît comme un héros moins lisse et donc plus sympathique. Plusieurs fois il m'a fait penser aux frères Weasley, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups. ;o)
Le Premier Défi de Mathieu Hidalf est donc un roman original, enlevé, drôle et dénué de bonnes intentions. Toute l'histoire est centrée sur la personnalité du héros, on aime ou pas Mathieu Hidalf (j'adore son père, en tout cas !), quoi qu'il en soit son génie est mis en scène, c'est malicieux dans l'âme, impertinent et tourbillonnant, sûr que ça a son charme, parce que c'est généreux et que l'auteur possède l'enthousiasme du débutant. Comment ne pas y être sensible ?

Le premier défi de Mathieu Hidalf, par Christophe Mauri
Gallimard jeunesse, 2011. Illustration de couverture : Benjamin Bachelier 

Le tome 2 va paraître en janvier 2012.

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16/12/11

"Parfois, Ismaël a l'impression que Birdy est le seul au monde à voir la beauté du ciel et qu'elle n'est faite que pour lui."

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Les nuits d'Ismaël sont magiques. Le garçon en est convaincu. Tous les matins, il se réveille dans le lit de sa maman, blotti, bien au chaud. C'est sûrement l'effet d'une cape invisible qui lui procure ses super-pouvoirs et le fait déplacer d'un lit à un autre. Ismaël se sent gonflé de joie, il aimerait bien partager cette découverte avec son ami et voisin. Birdy porte des bottes de cow-boy d'un rouge éclatant et est fasciné par les nuages. Mais il prend un peu à la légère ce que Ismaël a d'important à lui confier, et ça le chagrine. Alors il rentre chez lui, retrouve sa maman qui souffre d'une maladie nommée "la mélancolie". Cela dure depuis un bon moment, même son père a fini par quitter la maison en emportant son parapluie. Et puis la vie impose un autre coup dur, très dur. Ismaël est complètement chamboulé et en perd sa façon de parler. Il confond les lettres, il ne sait plus aligner les mots. La tristesse est en train de le noyer. 
C'est un tout petit roman, seulement 75 pages, mais il fond sur vous comme une grosse coulée de tendresse. C'est sûr que les thèmes abordés ne sont pas simples ni légers (la dépression, le suicide, la mort, le deuil) mais ce serait se leurrer de penser que c'est un roman triste et déprimant. C'est tout le contraire, parce que c'est beau, admirablement écrit, très sensible, tendre et charmant. Cela vous touche, là, en plein coeur. Et vous vous retrouvez avec le sourire aux lèvres en même temps que vous tournez les pages. Encore une fois Marie Chartres a su transcender son sujet pour offrir un roman admirable.

Les nuits d'Ismaël, par Marie Chartres
Ecole des Loisirs, coll. Neuf, 2011. Illustration de couverture : Gwen Le Gac. 

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Thomas a un frère, Sylvain, qui est parti de la maison pour voler de ses propres ailes. C'est ce que dit son père. Par contre, sa mère ne digère pas ce départ et se gave de pilules pour adoucir sa morosité. C'est bien simple, le samedi, sa mère devient dentifrice. Le reste de la semaine, c'est une courgette. Et lui, Thomas, se sent comme un navet. Fade, transparent, quelconque. Un vrai panier de légumes, cette famille. 
C'est en parlant du mythe du Minotaure en classe que Thomas fait le rapprochement entre son frère et le labyrinthe de Dédale, et là sa mère lui annonce qu'il est un accident, plouf. D'autres auraient déprimé en digérant une telle nouvelle, pas Thomas. Il se rue chez son meilleur pote, Grégoire, pour tout lui expliquer. En chemin il passe d'abord chez la prof de musique... où l'attend une autre étonnante découverte ! 
Voilà une lecture très drôle, attachante, intelligente et vraiment bien écrite. On se marre sur toute la ligne, la mère de Thomas est complètement cinglée mais le garçon s'en sort plutôt bien. Ses réflexions sont pertinentes et font glousser de plaisir, c'est bien vu, bien pensé, et ça dédramatise des phrases aussi bêtes que de dire à son môme qu'il est un accident (!). C'est le premier roman que je lis de Frédéric Chevaux, j'en lirai d'autres.

Thomas Quelque Chose, par Frédéric Chevaux
Ecole des Loisirs, coll. Médium -) une erreur, selon moi, car ce titre colle merveilleusement à l'esprit Neuf !
Illustration de couverture : Hélène Millot. 

Voler de ses propres ailes, c'est ne plus avoir besoin de ses parents pour payer le loyer. C'est partir vivre ailleurs, loin d'eux, et gagner de l'argent tout seul, à sa façon. Ma mère ne supporte pas qu'on vive sans elle et loin d'elle. Depuis le départ de mon frère, elle répète qu'il l'a abandonnée, qu'être une mère c'est affreux, que c'est ingrat. A l'école, je me vante de connaître une courgette qui parle en boucle de ses problèmes.

 

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15/12/11

“Watch my sword, not my face!'he said. 'I'm going to stab you, not bite you!”

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Shannon ap Griffith, princesse guerrière, est en fuite avec Rhodri lorsqu'elle rencontre Blodeuwedd, une fille-hibou envoyée par Ceux-qui-brillent pour lui annoncer la prophétie du seigneur Govannon. Dans sa vision, Shannon découvre la citadelle du père d'Iwan ap Madoc assaillie par les troupes saxonnes, livrée à un véritable massacre qui coûtera la vie du garçon. La princesse n'a plus le choix et doit rebrousser son chemin pour prévenir ses anciens amis de la menace à venir. Mais comment y remédier alors que le prince Llew vous a déclarés traîtres et vendus à l'ennemi ?

Cette fois, l'héroïne fait aussitôt preuve de ténacité dans ses actes et ses paroles, ce qui contraste avec l'impression laissée à la lecture du premier tome (surtout au début). La princesse a bien changé, elle a accepté son destin en devenant le bras armé de Ceux-qui-brillent (les divinités celtes) mais refuse d'agir mécaniquement. Malgré ses nouvelles responsabilités, elle veut être maîtresse de ses décisions. Pour cela, elle a également mis de côté toute sensiblerie inutile. Et je trouve qu'implicitement cela pose un petit souci, car l'intrigue est totalement dénuée de romantisme. Pourtant, c'est là, tout près, il y a Rhodri au charme mystérieux et Iwan à la séduction canaille, comment voulez-vous ne pas être tentée de rêver un peu ? Pour l'heure, donc, pas de guimauve mais de la baston, des émotions, de l'action débridée... C'est bien, oui, cela manque juste d'un ingrédient imparable pour séduire complètement.

Princesse Shannon, tome 2 : Le Glaive de la Vengeance par Frewin Jones
Flammarion, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Christine Auché et Catherine Guillet
illustration de couverture : Cali Rezo  

Tome 3 à paraître en mars 2012.

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13/12/11

Rose et la princesse disparue

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La vie de Rose a connu un grand chamboulement depuis son entrée au service du magicien Aloysius Fountain. Elle qui était orpheline a pu trouver une place en or en tant que domestique, avant de découvrir qu'elle possède de véritables dons pour la magie. Depuis, et aussi parce qu'elle a démasqué une kidnappeuse d'enfants, Rose est désormais l'apprentie de A. Fountain. Toutefois, elle tient à garder son métier, surtout pour ne pas couper contact avec ses proches amis, comme Mrs Jones ou Bill. Difficile de concilier ses deux univers si différents, car d'un autre côté elle passe aussi beaucoup de temps avec Freddy, qui apprend la magie comme elle, et Isabella, la fille d'Aloysius.

De nouveau, Rose va devoir prêter ses services et ses capacités, à la demande du roi lui-même, depuis la disparition de la princesse Jane. En tant que conseiller, Aloysius mène son enquête tandis que Rose, sous l'effet d'un charme, prend les traits de la princesse disparue. L'illusion doit durer le temps du banquet d'anniversaire, au cours duquel les masques vont tomber, et permettre à la jeune Rose d'accomplir de nouveaux exploits ! 

Il s'agit donc de la suite de Rose et la maison du magicien. Aussi ravissante soit-elle, la couverture laisse supposer une lecture un peu trop enfantine, alors qu'elle renferme davantage de potentiel. L'intrigue est simple, le schéma se répète assez souvent, mais c'est loin d'être niais. Les personnages sont jeunes, ils découvrent un monde nouveau et nous font partager leurs expériences. C'est mignon, c'est frais, ce n'est pas nouveau mais c'est du plaisir garanti. Pour jeunes lecteurs !

Rose et la Princesse disparue par Holly Webb
Flammarion, 2011. Traduit de l'anglais par Faustina Fiore 
Couverture Artwork : Lisa Evans 2010 

Le tome 3 paraîtra en avril 2012.

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12/12/11

Le Voleur de Magie (tome 3)

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Il s'agit du troisième et dernier tome du Voleur de Magie, une série qui a suscité un enthousiasme sincère livre après livre, sans pour autant générer un phénomène de folie. Suite aux récents événements, Conny doit désormais vivre caché dans le Crépuscule chez son cousin Tison. C'est un sérieux coup dur, pour lui. Un retour aux sources dont il se passerait bien. Toutefois il ne veut pas perdre de vue les dangers qui rôdent autour de la Cité, et ne comprend pas l'inertie des Magistères qui refusent les preuves évidentes qu'il a apportées à la fin du précédent volume. 

Heureusement il peut toujours compter sur Nihil, qui lui a pardonné ses erreurs, en dépit de leurs gravités, et sur Lady Sorbia, la fille de la Duchesse, toujours aussi impétueuse et butée. Malgré tout, ces précieux soutiens ne pourront rien contre la nouvelle sentence qui vient de tomber : Connwaer est condamné à mort ! Le choc est rude. Plus le temps de se lamenter, il lui faut retrouver sa locus magicalicus pour pouvoir pratiquer la magie et AGIR afin de protéger Wellmet. C'est sa façon à lui de faire amende honorable, du moins l'espère-t-il... Car c'est une nouvelle course contre la montre qui l'attend, une quête périlleuse au cours de laquelle il croisera ... des dragons, alors qu'on les croyait éteints à tout jamais ! 

La série se boucle sur une note dynamique et enflammée, mais l'intrigue se tient un peu trop éloignée de ce qui faisait son charme initial (le cadre de Wellmet, et particulièrement d'Ataraxie). Toutefois, la lecture de cette trilogie aura eu le bénéfice de nous bercer d'illusions et de se présenter comme étant un lot de consolation pour ceux et celles qui ne sont pas sevrés des aventures du petit sorcier aux lunettes rondes !

Le Voleur de Magie, Livre Trois par Sarah Prineas
Gallimard jeunesse, 2011. Traduit de l'anglais par Jean Esch.
Illustrations de Antonio Javier Caparo. 

Les tomes 1 & 2 sont désormais disponibles en format poche, chez Folio junior.

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08/12/11

"J'avais six ans quand maman m'avait vendue à un cirque."

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D'abord je dois avouer que j'ai totalement succombé à la couverture, que je trouve très belle. Ensuite je me suis surprise à tourner les pages du livre plus vite que mon ombre, c'est vrai que l'histoire est pour les 12 ans et plus, mais on s'attache tellement au récit de la petite Ellen. A six ans, sa mère la vend à une directrice de cirque, qui veut en faire un petit singe (funambule et acrobate), son corps est du caoutchouc, la petite est jeune, influençable, l'aubaine est trop belle ! L'histoire montrera que cette Madame Zénitha a abusé de la détresse de la mère et menti à l'enfant pendant des années, on imagine les conséquences lorsque la vérité éclatera au grand jour. Est-ce trop tard pour renouer avec le souvenir d'une existence, ou faut-il se servir de son expérience comme d'un tremplin pour franchir une autre étape de la vie ? 

Ce sont des questions qui se poseront en temps et en heure. En attendant, nous suivons le quotidien d'un petit cirque suédois au lendemain de la première guerre mondiale. C'est simple, mais animé d'un enthousiasme authentique et généreux très communicatif. Ellen prend goût à sa nouvelle vie, malgré la sévérité de Madame Zénitha, et s'épanouit sur scène. Sur le camp, elle compte de nombreux amis, comme Welda, la femme à barbe, qui fera office de seconde maman. C'est peut-être une vision édulcorée et gentille de la vie du cirque, après tout l'histoire est racontée par Ellen, mais on ne perd pas de vue les coups durs, la concurrence déloyale entre les compagnies, les trahisons et les départs. C'est un petit monde clos, les amitiés se font et se défont, il y a certes une certaine naïveté et sensibilité dans le vécu, mais c'est ce qui rend aussi la lecture positive et enthousiasmante. On en sort avec le sentiment d'avoir lu un chouette bouquin, qui peut séduire tous ceux qui ont dans le coeur une petite fascination pour le cirque et sa vie autour. 

L'Enfant du Cirque, par Camilla Lagerqvist
Bayard jeunesse, coll. Millézime, 2011. Traduit du suédois par Ludivine Verbeke. 

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24/11/11

Lucky T

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Carrie est une adolescente américaine, à qui tout sourit, elle est blonde, grande et mince, a une forte poitrine (oui c'est précisé), elle a un petit copain avec lequel elle sort depuis un an, une meilleure amie qui la comprend et lui pardonne tous ses caprices, car Carrie est une adolescente superstitieuse, attachée à des détails ridicules, comme ce tshirt porte-bonheur, offert par son père, et qu'elle jure doté d'un bon karma. 
Or, le jour où son tshirt fétiche a été donné accidentellement à une association caritative, elle décide aussitôt de s'envoler pour l'Inde afin de le récupérer ! Sur place, cette gourde n'en loupe pas une (elle se comporte comme une princesse, ne sait rien faire de ses dix doigts et renverse même une boîte de clous sur du béton tout frais), pas étonnant qu'elle s'attire les foudres de ses camarades... Bien fait, me dis-je. 
Vexée comme un pou, elle décide de s'échapper de son enfer et rencontre alors Dee. Ce garçon, très sexy, fait preuve de charme et d'intelligence, lui propose aussi de rejoindre son association qui s'occupe d'orphelins. Le coeur de Carrie bat à cent à l'heure, c'est un signe du destin. Et l'affaire du tshirt ? Il n'est pas oublié, d'ailleurs Dee va découvrir l'autre aspect de la personnalité de Carrie (une fille égoïste et intéressée) et se montrera trèèès déçu et meurtri par sa trahison. 
La morale de l'histoire voudra que Carrie apprenne de ses erreurs (elle va mûrir un peu, en s'apercevant que d'autres ont réellement moins de chance qu'elle). Elle va aussi réaliser que son tshirt masquait son besoin de vouloir partager plus de temps avec son père, depuis le divorce de ses parents. C'est loin d'être une lecture profonde et originale, mais sa recette est efficace auprès des jeunes filles qui en apprécieront l'humour, pardonneront la futilité de l'héroïne et swooneront sur la jolie romance très fleur bleue.

Lucky T, par Kate Brian
Pocket jeunesse, 2011. Traduit de l'américain par Florence Budon.

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