02/06/07

Un peu d'Histoire ... (sans ripailles)

couleur_du_crimeAmiens, 1269. Mélisande vit avec son père, maître verrier. Elle partage avec le Frère Arnolphe, l'apothicaire de l'Ostelerie Dieu, son engouement pour les herbes et étudie cette science grâce à un accord exceptionnel de l'évêque, car apprendre cet art est jusque-là réservé aux hommes.
En ce jour de juin, la ville est bouleversée par la découverte du meurtre de l'ancienne nourrice de Mélisande. La jeune fille veut découvrir qui pouvait en vouloir à une femme si bonne.
J'ai particulièrement apprécié ce roman, très bien écrit, dans un style soigné et qui introduit les termes médiévaux, avec explications en bas de page, le tout dans une ambiance très nettement respectée de cette région picarde du 13ème siècle. L'histoire, ensuite, est parfaitement menée. L'intrigue tient le lecteur en haleine jusqu'au dernier chapitre, certes cela se termine un peu vite, mais l'appréciation générale de cette lecture invite à découvrir d'autres romans de cet auteur !

La couleur du crime, par Martine Pouchain - Castor Poche, chez Flammarion. 140 pages. Septembre 2006. 5 euros.

La première phrase : Cézeille Grimaud poussa un seul cri étouffé comme si elle avait craint de déranger le voisinage. Elle avait déjà perdu connaissance lorsque son assassin s'acharna sur elle à coups de tisonnier, et une large flaque tiède se mit bientôt à progresser autour de son corps inanimé.

Brrr !

orangers_de_versaillesMarion, la fille d'un jardinier du château de Versailles, a été choisie pour servir la favorite du Roi Soleil, madame de Montespan. Eblouie par la beauté de la maîtresse royale, Marion ne s'aperçoit pas tout de suite des revers que dissimulent les gentillesses de la Marquise. Exigeante et capricieuse, vouant une haine farouche à la Reine, madame de Montespan révèle un tempérament ignoble et indigne, ce qui bouleverse la jeune fille.
Marion est délicate, élevée seule avec son père depuis la mort de sa mère, sensible à l'odeur du sang. Elle parvient à se faire remarquer car elle sait lire et écrire, et surtout parce qu'elle a un talent particulier : elle sait créer des parfums grâce à son odorat exceptionnel et sa connaissance des plantes.
La Marquise de Montespan va exploiter ses richesses, meurtrissant la fillette de 14 ans qui a conscience d'avoir été abusée par cette fausse belle personne. De plus, Marion découvre une face cachée chez la Montespan : ses penchants morbides pour les messes noires et un complot terrible pour empoisonner la Reine !
Alors notre jeune Marion va bien entendu déjouer cette machination, dénoncer la favorite et rencontrer le Roi en personne. Je ne vous dévoile pas le destin hors du commun qui attend notre humble demoiselle, mais bon... j'étais fort sceptique sur bien des passages ! Non je ne veux pas dire que je n'ai pas été touchée par ce roman. Au contraire ! J'ai même trouvé que le cadre, les personnages et la reproduction des faits historiques étaient scrupuleusement brossés. C'est même une riche idée de proposer ce livre à des jeunes lecteurs, ils en apprendront forcément des choses sur Louis XIV !
Mais personnellement j'ai trouvé que cela fleurait bon la guimauve, un peu trop cucul la praline, surtout vers la fin.

Les orangers de Versailles, par Annie Pietri - Bayard - 220 pages.  11,50 euros

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01/06/07

L'île du crâne & Maudit Graal - Anthony Horowitz

Merci à la Grande Prêtesse des Happy Few (qui pousse au crime de lèse-majesté en me faisant cliquer impunément sur "achat" ci, "achat" ça ...)

ile_du_craneDavid Eliot, 12 ans, vient d'être renvoyé du collège et cette fois ses parents ont décidé de sévir ! David se retrouve alors dans une école bien étrange, sur la sinistre île du crâne, au large de l'Angleterre. Très vite, il soupçonne le pire. Quels secrets rampent derrière les remparts de Groosham Grange ? A l'aide de ses nouveaux amis, Jeffrey et Jill, David va donc chercher à percer les mystères, au péril de sa vie, et plus que ça !
C'est le premier livre que je découvre d'Anthony Horowitz, et ce ne sera pas le dernier. La suite de cette histoire a été publiée sous le titre de "Maudit Graal", comment résister ? ! Ce livre date de 1983 et pourtant tous les ingrédients ayant fait le succès de Harry Potter sont déjà dans ce roman ! Il y a du mystère, du suspense, un peu de rebondissements, des personnages sympathiques et une atmosphère opaque, oppressante, un régal ! J'ai eu un peu de mal à y entrer, mais ensuite plus moyen de lever mon nez de ce livre !

Livre de Poche Jeunesse / 180 pages.

Edit du 1er Juin :

maudit_graalRetrouvailles avec David Eliot à Groosham Grange, sa nouvelle école dans laquelle il a définitivement opté de poursuivre sa scolarité... Le garçon a changé, ses nouveaux apprentissages ont forgé son tempérament. Désormais âgé de 14 ans, il convoite le Graal Maudit qui récompense le meilleur élément de l'établissement. Mais depuis l'arrivée de Vincent King dans l'enceinte de Groosham Grange, David sent sa place de numéro 1 menacée. En fait, le risque est plus étendu car non seulement le trophée est en péril, mais l'île du Crâne tout entière !
Le premier chapitre s'est ouvert sur une réunion secrète où des personnalités influentes ont programmé la fermeture définitive de Groosham Grange en infiltrant un espion au sein de l'île...
Un deuxième livre toujours palpitant, plus dosé sur l'humour, notamment lors des passages qui mettent en scène les parents Eliot et la tante Mildred, "Maudit Graal" se lit avec plaisir. Il y a toutefois une ambiance moins étouffante, puisque le secret sur l'île du crâne est levé. A vrai dire cela manque, ici il est plus question d'un tournoi de deux champions, qui rappelle un chapitre de Harry Potter. Et il est vrai que cette mini-série d'Anthony Horowitz était le précurseur du petit sorcier de JK Rowling... A ne pas manquer !

Livre du poche jeunesse / 186 pages.  Traduit de l'anglais par Annick Le Goyat.

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31/05/07

La messe anniversaire ~ Olivier Adam

Ils étaient six amis. Un samedi soir, ils organisent une petite fête dans l'appartement de Caroline. Musique, boissons, chips, jeux et rigolades. Quand tout à coup, le drame : Caroline, assise sur la rambarde du balcon, bascule en arrière et s'effondre sur le bitume. Sous les yeux de ses amis à jamais traumatisés par cette soirée.
Un an après, la famille organise une messe anniversaire pour le souvenir de Caroline. Ils ne sont plus que cinq désormais et depuis un an le groupe a éclaté. Plus jamais l'un ou l'autre n'a reparlé de Caroline et de ce samedi soir tragique. Car au fond d'eux, chacun s'en veut et porte une douleur irréparable. Aussi, l'un après l'autre, ils vont se confesser et confier ce qu'ils éprouvent au fond d'eux. En de brefs chapitres percutants, Titou, Sophie, Nico, Marilou et Alex vont évoquer leur amitié et leurs remords, la fameuse soirée, son avant et son après, ces sentiments indélébiles, l'impression de trahison, la tromperie, la volonté de culte absolu pour entretenir le souvenir, et cette sempiternelle culpabilité. Non personne n'y peut rien, Caroline est morte, elle avait quinze ans et cela fait un an déjà.
"La messe anniversaire" est un bouleversant petit roman, servi de la plume pertinente d'Olivier Adam. Une fois encore, l'auteur dépeint sans vergogne, sans pathos, les coeurs meurtris, les élans amoureux fauchés trop tôt et cette universelle lassitude des corps et des âmes. "La messe anniversaire" rend ce bouleversant hommage aux amitiés adolescentes et à leurs sentiments exacerbés. Empreint de pudeur, "La messe anniversaire" se lit vite et laisse une trace émouvante en mémoire.

mai 2004

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Du fantastique, du diabolique et de l'émotion pure

les_chatsCe sont les vacances d'été. Sebasto passe son temps chez Da, son grand-père d'adoption. Il est surpris d'y trouver un chat noir aux yeux d'argent. Bientôt, des phénomènes inexpliqués apparaissent et Sebasto est surpris d'apercevoir deux, puis trois, puis quatre chats absolument identiques ! Sebasto et son grand-père découvrent alors la malédiction qui menace le monde.
Roman fantastique pour les plus jeunes ? Oui. Ce livre est accessible pour les 10-11 ans et réveille tous les instincts contre l'horreur. On frissonne, on tremble, on se questionne. On n'hésite d'ailleurs pas à le qualifier de roman diabolique. De plus, l'utilisation des chats comme essence à cette histoire donne un poids extraordinaire : ce sont des animaux domestiques, mais auréolés de mille et une légendes qui sont entretenues grâce à ce genre de littérature !
Par contre, c'est un peu léger pour un adulte, mais les enfants vont adorer ! Le scénario est habile, bien écrit, son ambiance est mystérieuse, même angoissante !
Autant d'ingrédients efficaces pour cette recette.
Récompensé par le prix Chronos de littérature de jeunesse en 1999 par les élèves de 6e-5e.

Les Chats, par Marie Hélène Delval - Bayard - 154 pages . Mai 2005.  5.80 euros.

marmite_du_diableJ'ai trouvé ce livre décevant, j'ai même peiné pour en venir à bout alors qu'il n'est pas bien épais ! (180 pages) L'histoire était sommairement intéressante : un homme découvre un grotte préhistorique mais il est accusé d'avoir fabriqué de toutes pièces les preuves et les peintures de ce lieu inconnu. Pour preuve, l'homme a refusé de donner les indications pour visiter le site. Ce François Wilthbert s'était d'ailleurs honoré passablement d'un gros scandale en saccagant bêtement un site classé plusieurs années auparavant. Défait du milieu, il avait oeuvré en cachette. L'affaire s'est un peu enterrée car Wilthbert est mort d'un cancer foudroyant, et aujourd'hui son fils Nicolas se sent désoeuvré. Il aimerait rendre justice à son père, trouver la trace de cette grotte, faire taire les mauvaises langues. Mais en découvrant les carnets de son père, Nicolas décèle une face sombre et déplaisante qui plonge le garçon dans une colère latente.
Pour vraiment se plonger dans le bain, c'est-à-dire approcher la mystérieuse "Marmite du Diable", il faut au lecteur la patience de parvenir jusqu'à la page 130 ! Avant cela, on assiste surtout à l'agonie d'un adolescent mal dans sa peau, agacé et énervé, rancunier et presque haineux. Dans ce bouillon de sentiments amers, lui vient aussi une pulsion irrépressible pour les jeunes filles et le sexe. Faire l'amour devient une lubie, une envie obsédante, un désir "sauvage" !
Cela m'a surprise ! C'est bien la première fois que je découvre dans un roman "pour la jeunesse" qu'on aborde aussi franchement le sujet de la sexualité chez les adolescents ! Sans quoi, ce roman m'a également inspiré de l'ennui car l'intrigue est traînante. Les quelques bons passages parviennent tout juste à sauver les meubles, le sujet de la spéléologie est précis, les thèmes sont abordés avec finesse, l'atmosphère est sombre et pesante. Autant d'atouts pour attirer les lecteurs désireux d'une lecture où le personnage central leur ressemble comme deux gouttes d'eau ! (A partir de 12-13 ans).

La Marmite du Diable par Olivier Silloray - Bayard - 180 pages. Mars 2006. 10,90 euros.

larmes_de_l_assassinA découvrir dès 13 ans, préconise l'éditeur. Mais je me questionne sur le jeune lecteur en question, plongé dans cette histoire sombre. Comment relever la tête sans éprouver la chape qui s'y abat progressivement ? Moi, je me suis sentie clouée à mon siège. C'est noir, très noir. Dans une maison du bout de la terre, les parents de Paolo Poloverdo sont égorgés par un criminel, Angel Allegria. Il épargne le garçon et vit un an à ses côtés, quand arrive un autre inconnu, Luis Secunda. Tous trois vont "former une famille" de bric et de broc, seuls, loins, écorchés. C'est franchement glauque. S'ajoute toute l'âpreté du décor chilien, un pays de nulle part. J'avais franchement un nuage noir au-dessus de ma tête !

Mais finalement, j'ai été assez surprise puis touchée par le tournant des événements. Il y a un sursaut d'action et d'émotion dans l'histoire, très prenante donc. La relation entre l'enfant et l'assassin soulève plusieurs perplexités, mais certaines leçons psychologiques expliquent ce phénomène entre le bourreau et sa victime (= le syndrome de Stockholm). Paolo Poloverdo est un garçon très attachant, qui inspire de la pitié, hélas. Je n'aime pas ce sentiment. Pourtant ce n'est pas péjoratif ni réducteur, dans "Les larmes de l'assassin" le sentiment d'amour et d'affection est exploité différement. Ce roman tranche dans l'habituelle littérature jeunesse que j'explore, d'ailleurs ce livre se destine à tout public. Je ne suis pas la seule à le remarquer, et c'est vrai. Par contre, tout jeune lecteur risque de s'y perdre. Aussi je le conseille pour un lecteur averti, et pourquoi pas pour les adultes ? A noter : le choix du nom d'Angel Allegria n'est pas anodin, ange + joie ne mènent pas à "un assassin". Est-ce déjà signe de miséricorde ? Un bon livre, en tout cas.

Les larmes de l'Assassin, par Anne Laure Bondoux - Bayard - 340 pages. Mai 2003. 10,90 euros.

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30/05/07

35 kilos d'espoir ~ Anna Gavalda

« Je suis nul à l'école, je n'aime pas ça, j'adore bricoler et inventer, c'est tout ça, réunis en "35 kilos d'espoir". »
De l'espoir il va en falloir pour Grégoire renvoyé du collège, refusé partout, inadapté au système scolaire classique, fils unique de parents qui ne cessent de se disputer à son sujet. Heureusement pour lui, il y a son grand-père, Grand-Léon, un papie qui l'entraîne dans son cabanon de bricolage, qui l'écoute, le conseille, le ratiboise et lui remonte les bretelles quand plus rien ne va. Facile de se dire malheureux, plus facile que d'assumer le bonheur !..
Alors Grégoire va tenter de prouver à tous qu'il peut réussir aussi, que c'est réellement un chic type au potentiel énorme. Malgré les coups durs, les tressaillements de la vie et du destin, Grégoire veut tenir le bon bout.

Très bien écrit, facétieux et léger, ce roman est tout bonnement gentillet mais pas inoubliable.

mai 2004

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Tous les garçons et les filles ~ Jérôme Lambert

Julien a quinze ans. C'est le premier jour de la rentrée au lycée. Un nouveau pas dans la vie du garçon assez circonspect. "J'ai tout de suite vu que quelque chose clochait dans ce lycée." sont ses premiers mots. En effet, sa classe est banale, des cow-boys, des premiers de la classe, des filles qui gloussent.. à l'exception du nouveau, Clément. Aussitôt, Julien souhaite devenir son meilleur ami car il se sent mystérieusement attiré par lui, il ne comprend pas. D'autres vont mettre les mots sur ce sentiment troublant, "homosexuel". Jeté salement, tel un reproche, Julien refuse de se contenter à cette classification. Progressivement il va se rendre compte qu'il est amoureux, que son histoire n'est pas ordinaire, mais il ne veut pas en entendre parler, ni en parler clairement.
Et c'est toute cette complexité que tente d'approcher Jérôme Lambert, jeune écrivain talentueux. Pour ceux qui suivent, il a publié un premier roman "La mémoire neuve" chez l'Olivier.
Dans "Tous les garçons et les filles", Jérôme Lambert emploie le mode narratif de la première personne. C'est la personne de Julien qui se dévoile, se confesse, avoue sa perplexité et sa troublante attirance pour le même sexe. Ce roman dévoile aussi les tourments d'un jeune adolescent d'ordre plus général : son entrée au lycée, comment se faire accepter par un groupe, adhérer aux codes et comment être en harmonie avec soi-même. Pas facile pour Julien qui n'aime pas les blagues vaseuses, les baignades en mer ou les voyages scolaires. Pleinement conscient de sa différence, il va tenter de démêler les liens embrouillés de son esprit : trop de ménage dans sa chambre, des insomnies et un zèle audacieux en allemand.. bref, Julien tente d'être bien dans ses baskets. A presque seize ans, ce n'est pas gagné.
"Tous les garçons et les filles" est un très bon roman, hélas trop court. Jérôme Lambert confirme son talent d'écrivain : plume en finesse et en légèreté. Un très bon moment de lecture !

mai 2004

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29/05/07

A la vie, à la mort ~ Pascale du Bouchet

Remarquablement justes, les sept histoires qui composent "A la vie à la mort" sont saisissantes et touchent le lecteur en plein coeur. L'auteur use d'une économie de mots pour parler de l'essentiel de la souffrance, des blessures, des pertes et du chagrin qui ont marqué les divers personnages de toutes ces histoires: ce grand-père bougon qui refuse qu'on lui coupe son noyer vieux de quatre cents ans, ces deux garçons qui construisent une cabane pour plaire à une jeune fille et qui vont se conduire en héros, Rose qui avait étudié pour être institutrice et qui ne l'est pas mais accomplit des actes d'une bravoure exemplaire, Juliette qui rencontre un beau soldat américain prêt à combattre au front mais qui souhaite faire un cadeau à une demoiselle avant de partir, et Joseph l'enfant juif qui a vu sa mère partir un matin et ne jamais revenir ... Sept portraits d'une beauté épurée, d'une justesse millimétrée et d'une sensibilité sur le fil du rasoir. Ces sept histoires ont toutes en commun de se passer durant les années de guerre, celle de 14 et celle de 39. L'auteur traite d'une souffrance quotidienne et presque anodine. Elle met en lumière des enfants héroïques, des enfants martyrisés, des enfants traumatisés. Tous ses personnages sont bouleversants. La guerre les fouette tous en plein coeur mais l'auteur ne s'épanche pas. Elle livre des faits et des moments sur le vif, elle montre des gens qui ont pris le parti de résister et rend hommage à tous ces héros de l'ombre. Résister, "ce n'était pas seulement l'instant du "non". Ce n'était pas seulement l'action d'éclat, celle qui se montrait et qui se voyait. Résister, c'était d'abord tenir. Tenir, c'était durer. Et pour durer, il fallait se cacher."
Beaucoup d'humilité, de simplicité, de grâce et de justesse dans "A la vie à la mort". Un petit livre à recommander pour tous les âges. La prise de conscience ne se limite pas à un chiffre car il ne faut pas oublier tous ces soldats qui ont combattu pour la liberté. Et l'auteur leur fait cet hommage sous forme de la vie qui continue, de la conscience qui parle trop clair, de l'amour plus fort que la guerre, de la mémoire qui ne s'éteint jamais.

mai 2004

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Du nouveau qui fait peur !

scenes_de_crimeIl s'agit d'une nouvelle collection chez Thierry Magnier, dirigée par l'auteur Mikaël Ollivier. Quatre titres viennent de paraître, et des auteurs comme Brigitte Aubert se donnent le coeur à l'ouvrage en proposant des histoires particulièrement flippantes, réussies et efficaces pour les nerfs du lecteur !
"Scènes de crime" rassemble 11 textes qui combinent les thèmes de la séquestration, du règlement de comptes, du trafic, de la vengeance, de la folie et des instincts meurtriers... On y retrouve du suspense, de l'intrigue policière, du fantastique, de l'humour (noir) et il est sincèrement impossible de rester de marbre !
L'auteur nous attache et nous arrache des cris de stupeur. Pour les "adultes" ayant déjà lu les romans de Brigitte Aubert, il ne sera donc guère surprenant d'apprendre que la dame brille à décrire des scènes qui glacent le sang. Personnellement je trouve que c'est une lecture parfaitement indiquée pour les lecteurs dès 12-13 ans, et également prescrite pour leurs parents !

revanche_ombre_rouge"La revanche de l'ombre rouge" rassemble 8 textes, tous plus percutants les uns que les autres. Impossible de mettre de côté une histoire, elles sont dans l'ensemble marquantes et étonnantes !
Jean Molla a opté pour une esthétique plus fantastique, avec des esprits étranges qui prennent possession des parents pour enlever des enfants au centre aéré, ou une armoire inquiétante, un portable redoutable et un livre qui dévore votre vie !
Encore une fois, chapeau à l'auteur pour avoir su briller à créer cette atmosphère, dans un souci toujours précieux du style littéraire. Parents et enfants pourront aimer de concert !

180 pages / mars 2007. 9,50 e

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24/05/07

Pour les lecteurs dès 10 ans

Folio Junior fête ses 30 ans et, pour l'occasion, arbore un design nouveau, flambant neuf, pour donner encore plus de tonus à leur collection ! ... J'aime bien la phrase qui caractère celle-ci : Rire, frissonner, imaginer, vibrer, rêver, découvrir, réfléchir, partir à l'aventure ... Lire un folio junior, c'est se laisser emporter dans un monde nouveau.

En voici un échantillon :

manuelo_de_la_plaineLe 21 juin 1937, premier jour de l'été, Manuelo est fou de joie : il vient d'être reçu premier au certificat d'études primaires. C'est une sacrée fierté pour ce fils d'immigrés portugais, installés dans l'impasse Boise, à la Plaine Saint-Denis. Le même jour, Manuelo apprend que sa mère est gravement malade, qu'elle souffre de tuberculose et que la famille n'a pas les moyens de l'envoyer se soigner au sanatorium.

Sans rien dire, Manuelo et sa bande de copains vont chercher du boulot. Ils n'ont pas 13 ans et pourtant ils trichent, osent affichent 15 ans, sont enrôlés dans une usine des "Petits Chevaux" ou tentent le tout pour le tout en risquant leur peau à bord d'un train à charbon. La vie est difficile et rude, mais le quartier est solidaire, souhaite échapper au misérabilisme en organisant des soirées dansantes dans les cafés ou des sorties au cinéma.

Manuelo de la Plaine est un roman très court mais qui ne peut pas laisser insensible. Il permet de rappeler la condition difficile des travailleurs immigrés, dans les années 30-40. De plus, le conflit en Espagne n'est pas loin et on en lit les grosses lignes entre les aventures de Manuelo, ce garçon au grand coeur, dépassé par les événements, et qui parfois s'oublie dans l'ingratitude et l'égoïsme.

Ce roman pour la jeunesse est écrit par Valentine Goby, autrement connue pour être l'auteur de La note sensible, Sept jours et L'antilope blanche.

Illustrations de François Lachèze. 92 pages

soupe_de_poissons_rougesLe retour de la famille des Jean-quelque chose ! Papa, maman et les six garçons ont donc quitté Cherbourg pour s'installer à Toulon. Jean-B entre en 6ème, l'absence de son meilleur ami le déprime un peu mais son frère Jean-A le tarabuste un bon coup et notre garçon va reprendre du poil de la bête !

Cette chronique familiale demeure attachante, désopilante. Les Jean-quelque chose sont de gentils garçons qui ne manquent pas d'imagination, ils n'ont pas la télé chez eux (flûte ! ils vont louper leur épisode de Zorro !) mais ils passent leur temps à jouer aux 1000 Bornes, à construire une cabane et un plan d'attaque contre le gang des Castors. Ils jouent à la carabine à patates, ont des nouveaux amis, des poissons rouges ( Wellington et Zakouski), une voisine qui leur offre des pâtisseries alsaciennes. Ils se rendent pour la 1ère fois à une boum, à la plage (interdiction de se baigner après manger, leur médecin de père recommande deux heures de répit !).

Encore un sympathique épisode des péripéties de la famille des Jean-quelque chose, de la maman très organisée et d'un papa qui sait tout faire de ses dix doigts !  Incontournable.

La soupe de poissons rouges, avec des illustrations de Dominique Corbasson. Egalement disponibles : L'omelette au sucre & Le camembert volant.  135 pages

reviens_papaLa jeune Emie et sa famille fêtent Noël et pensent qu'il s'agit d'une journée extraordinaire grâce aux cadeaux fantastiques qu'ils ont tous reçus ! Mais ce soir-là, Emie surprend son beau-père au téléphone avec une autre femme. Le drame éclate et papa annonce qu'il quitte la maison.

Emie, Vita et Maxie sont désespérés, comme leur mère. Seule leur grand-mère, chez qui ils vivent (pour une question de moyens financiers), exprime sa colère et remue toute la troupe un peu trop vivement. Il est difficile pour les enfants de comprendre le départ du papa, qu'ils vont voir de temps en temps avant de faire connaissance avec sa nouvelle petite amie. Les situations de catastrophes et de dépits sont nombreuses, et on suit cette histoire à travers le monologue de la jeune Emie, âgée de 12 ans. Celle-ci est un peu ronde, n'a jamais connu son vrai père, lit avec passion les romans de Jenna Williams et va commencer à raconter de fabuleuses histoires.

L'atmosphère oscille entre les rires, les larmes, les crises d'incompréhension et de colère. Reviens, papa ! est un livre actuel et qui traite de la famille et de la séparation. C'est un ensemble d'émotion et d'humour qui plaira aux adolescents, davantage qu'aux parents, plus sévères sur le dénouement de cette histoire. Mais c'est très bien écrit, très agréable à lire, avec une ambiance totally british.

Jacqueline Wilson / illustrations d'Anne Simon. 316 pages

girafe_blancheDans la nuit suivant sa journée d'anniversaire, Juliette, 11 ans, est réveillée par un rêve puis par la sensation de brûlé dans la maison. Effectivement, il y a le feu ! Juliette parvient à se sauver, mais découvre trop tard que ses parents sont restés prisonniers des flammes.

Brutalement orpheline, Juliette apprend qu'elle est confiée à la tutelle de sa grand-mère, Gwyn Thomas, qui vit en Afrique du Sud où elle s'occupe d'une réserve. L'arrivée dans cette nouvelle vie n'est pas sans bouleverser la jeune fille, et l'accueil de la grand-mère n'est franchement pas chaleureux. La cohabitation s'annonce difficile, et tout semble plus compliqué pour Juliette.

Mais d'un autre côté, l'adolescente va découvrir un monde nouveau, un univers enthousiasmant où on parle de légendes, d'animaux et de cultures ancestrales. D'ailleurs, une ancienne connaissance de Gwyn va confier à Juliette "qu'elle possède un don". Impossible d'en savoir plus.

Dans la nuit, Juliette croit apercevoir une girafe blanche. Est-ce un rêve ? On parle d'un conte autour de cet animal, certains prétendent que ce sont des sornettes, d'autres restent plus mystérieux. Il y a, toutefois, un point inquiétant : les braconniers qui espèrent mettre la main sur cette créature exceptionnelle.

Entre mythe, songe et sorcellerie, La girafe blanche se veut une histoire tout à fait passionnante. Elle suit les traces d'une jeune fille solitaire, et finalement guère ordinaire, qui découvre un monde inconnu et inattendu. A lire, c'est tout simplement captivant ! L'atmosphère africaine est bien rendue, l'auteur a passé son enfance au Zimbabwe, en bordure d'une réserve animalière. Son sujet n'est donc pas brodé à la légère.

Il est appréciable aussi de partager les conflits de Juliette, à l'école, avec sa grand-mère et dans la réserve, contre les braconniers. C'est à la fois poignant et léger, bien dans l'esprit actuel je trouve. Ce livre annonce une trilogie, à suivre donc ! Avec plaisir.

Lauren St John / illustrations de David Dean. 220 pages.

02/05/07

Vous en reprendrez bien un peu ... ?

signe_des_quatreDeuxième roman qui met en scène Sherlock Holmes !
Cette fois-ci, le personnage révèle une personnalité plus sombre et plus trouble : l'homme est cocaïnomane à ses heures perdues, au grand dam de son ami, le Dr Watson.
Tous deux abordés par la séduisante gouvernante Mary Morstan, ils vont se pencher sur une sombre affaire de trésor perdu, d'un héritage à la clef et d'une vengeance de longue haleine. Meurtres, disparitions, coups de théâtre sont encore une fois au rendez-vous !
Sherlock Holmes, fort en pédanterie, prête main forte aux représentants de la loi en se prenant pour un détective non officiel. Tout son mérite, dit-il si bien, repose sur le don d'observation ET de déduction.
L'affaire du Signe des Quatre est donc prometteuse, intriguante et a le mérite de brouiller les pistes. Il est assez cocasse également de souligner la petite part de "romance" qui va se glisser dans cette étrange histoire. Preuve que Conan Doyle gagnait en assurance, audace et déployait à ses personnages un bel avenir littéraire, riche et fourni !

Quatrième de couverture
Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l'armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d'une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l'y accompagner... Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective. L'Inde des maharajahs, le fort d'Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l'extraordinaire aventure qu'il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise... Une des plus inoubliables aventures de Sherlock Holmes, publiée pour la première fois en 1889.

Existe en Livre de Poche ou Librio.  Chez Bouquins aussi...

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