23/04/07

The Midnight Library - Nick Shadow

Bienvenue, chers lecteurs... J'ai rassemblé pour vous la plus terrifiante collection de récits du monde. Voici trois nouvelles qui vous glaceront le sang, vous donneront la chair de poule et feront trembler vos petits os fragiles. Alors prenez votre courage à deux mains et ouvrez ce livre... Nick Shadow.

Midnight_library_1Les voix : à la demande de sa mère gravement malade et hospitalisée, Kate va déposer un bouquet d'iris sur la tombe de sa grand-mère pour célébrer son anniversaire. Mais suite à cette visite, Kate va entendre des voix. Serait-ce à cause des antennes de téléphonie mobile installées un peu partout ? Peut-être. Mais ce qui est vraiment étrange, c'est que la jeune fille entend des conversations qui n'ont pas encore eu lieu !

Des baskets de rêve : Justin a reçu en cadeau des nouvelles baskets. Or, il découvre avec perplexité qu'elles sont de plus en plus à l'origine d'actes malfaisants dans son entourage. Ce n'est pas lui le responsable, mais quelqu'un chercherait-il à lui porter ombrage ? Ou bien ces baskets sont-elles SEULES coupables d'être mal-intentionnées ?!

Mangez des pommes : Tim est arrivé dans la ferme de sa grand-mère et se moque gentiment de celle-ci qui le serine de proverbes bien mâchés qui commencent à l'ennuyer. Un jour, il découvre derrière un muret un immense verger avec des pommes rouges bien appétissantes. Mais le propriétaire, un dénommé Bill Cole, n'est pas du tout commode, il est au contraire fort menaçant ! Il ne doit plus mettre les pieds chez lui, sa grand-mère le supplie, tout comme elle lui conseille de ne jamais manger les pépins des pommes...

Midnight_Library_2Du sang sur le sable : Comme chaque année, John et sa soeur Sarah vont dans une station balnéaire minable mais qui compte beaucoup pour leurs parents. Pour passer le temps, ils s'inscrivent au concours de sculpture en sable, dépités de découvrir la participation du Marchand de Sable qui a coutume de remporter le Premier Prix. Son nouveau projet est protégé par une tente, les enfants décident de démasquer son secret mais leur découverte va bientôt leur faire regretter cette curiosité...

Le meilleur ami de l'homme : Ben vient de perdre son grand-père et assiste ses parents à déménager son appartement. Parmi son fourbi, il découvre une cage avec un perroquet du nom d'Igor. L'oiseau n'inspire aucune sympathie au garçon, mais subjugue les parents qui l'emporte chez eux. L'ambiance à la maison change du tout au tout, seul Ben n'est pas dupe. Il est encore plus effrayé quand il découvre les intentions d'Igor qui avoue avoir tué le grand-père et menace l'adolescent d'être le prochain sur sa liste !

Une inconnue dans la maison : Jessica, Robbie et Megan attendent la venue de leur baby-sitter, Laura. Un peu extraordinairement, celle-ci a du retard et arrive le souffle court, décoiffée et les vêtements chiffonnés, tachés de sang. Ce n'est plus la jeune fille qu'ils connaissent, et ses étranges yeux verts ont de quoi les inquiéter. Il y a une inconnue dans la maison, menaçante et maléfique !

Ces deux volumes présentent des atouts flippants, bien achalandés, et incroyablement efficaces pour aggripper l'intérêt du lecteur. Le point fort demeure, incontestablement, la chute de chaque histoire. Cela vous paralyse d'effroi et vous laisse bouche bée. A tenter ! A partir de 11 ans.

Nathan, 188 pages  * Juin / Octobre 2006 * Un 3ème volume vient de paraître en Avril 2007.

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20/04/07

L'Affaire du collège indien - Sylvie Brien

  1. Mortels Noëls

affaire_du_college_indienEncore une fois j'ai beaucoup aimé parcourir cette nouvelle enquête de Vipérine Maltais, 13 ans et demi, qui part avec sa grand-tante Soeur Saint-Ignace aider un "collègue" du pensionnat de Saint-Elme, victime d'un terrible incendie. Heureusement, aucune victime à déplorer ! Mais le père Cloridan est persuadé d'un acte de sabotage prémédité et criminel, il demande discrètement à Vipérine de fouiner dans les couloirs de Saint-Elme. Sa réputation fait déjà grand bruit, cf. Mortels Noëls.
Embrouilles, mystères, mensonges... tout le monde n'y voit que du feu. Sauf Vipérine, bien sûr.
Et j'ai aimé cette ambiance de Québec, 1921 (le cadre mais aussi le langage). Les personnages ne manquent pas de répondant, mais rarement Vipérine se laisse impressionner. Elle n'a pas sa langue dans la poche, a l'esprit aiguisé et ses cellules grises s'activent bien assez vite, "tous les morceaux de notre jeu de cubes s'assemblent enfin pour former un solide échafaudage". J'ai trouvé l'intrigue particulièrement bien cerclée, encore mieux que dans le tome précédent. Et l'histoire sur les collèges indiens s'inspire de faits historiques appuyés ! Quand le rideau tombe en fin de partie, cette solution pourrait faire rougir Dame Agatha Christie, pas peu fière d'inspirer de jeunes émules ! N'attendez plus.  Dès 10 ans.

Gallimard jeunesse, coll. Hors-Piste - 150 pages.

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19/04/07

Quelques lectures pour les plus grands

Voici 3 romans destinés pour les lecteurs dès 12 ans :

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Des princesses et des hommes, Emmanuelle Delafraye. - Lucille a seize ans, elle vit seule avec sa maman qui est peintre et qui a un peu de mal à joindre les deux bouts. Le papa est un homme fort occupé, qui téléphone trois fois par an à sa fille et lui envoie des vêtements qui coûtent une fortune mais qui ne collent pas du tout au style de celle-ci. Alors un jour elle décide de lui suggérer qu'il lui adresse des tissus plus originaux car Lucille est habile de ses mains et se confectionne ses propres tenues. L'idée n'est pas au goût du père et les deux se fâchent.
C'est le début de la galère. Soudainement Lucille se sent mal dans sa peau, abandonnée donc agressive. Elle néglige ses leçons, devient arrogante avec ses professeurs, se dispute sans cesse avec sa mère et même l'acteur Johnny Tebbud parvient difficilement à lui faire oublier la réalité sordide et pénible de son existence.
Avec un titre aussi mirifique, "Des princesses et des hommes", le roman d'Emmanuelle Delafraye tient effectivement ses promesses à raconter le malaise d'une adolescente qui souffre de l'absence de son père. Se sentant mal aimée et rejetée, la jeune fille va se réfugier dans un monde imaginaire, celui des paillettes du cinéma hollywoodien. Et plus elle s'y perd, plus la remontée vers le réel lui semble insurmontable. Il lui faudra donc beaucoup de patience, pas mal de prises de tête encore, et surtout du soutien, de l'amitié et de l'amour pour qu'elle reprenne pied dans la vraie vie. Ce roman est léger, pétillant, reflète bien les effets pervers de l'adolescence désenchantée qui cherche ses repères où elle peut, et évidemment la fin est bien heureuse et hâtivement remédiée !  D
ès 14-15 ans.

Les trilingues, Emmanuel Arnaud. - Je comprends que ce livre remporte autant de succès auprès des jeunes lecteurs car le style du narrateur ne peut que leur être très proche. C'est un franc parler, un style décousu et mordant, un mélange de verlan, de franglais et de vas-y-comme-je-te-pousse. Moi je n'aime pas trop, par contre ça a le mérite d'être très drôle ! Le narrateur nous livre sans ambages son année de 6e 7 dans le collège-lycée La Bruyère à Paris dans sa classe des trilingues (le choix délibéré des parents pour contourner la carte scolaire !). Avec lui, on comprend que ses camarades japonaises sont taxées de "thons", que leur mutisme et leur politesse sont trop beaux pour être vrais, que leur culture a le goût douteux du thé vert à boire sans fin ou du tofou ("un gros bloc de gelée, genre pas de goût, à faire vomir un zombi, qui flotte comme ça à la surface des plats"...). Et c'est le père Goldour qui est à l'initiative de toutes ces réjouissances, lui le responsable de l'Association d'amitié franco-japonaise. Je vous laisse la surprise de bien autres expériences poilantes prévues à leur programme ! Le livre se terminerait même sur un voyage au Pays du Soleil Levant, cela annonce-t-il une suite prochaine ?
C'est finalement ce qu'on lui souhaite, car même si c'était plutôt mal parti, ce roman est bourré de charme, d'humour goguenard et il colle définitivement au public destiné. Par contre, le personnage du père est un peu lourd, ou bien l'auteur a résolu un problème en épinglant les adultes dans la caricature un peu trop facile. Pas grave, ce roman a des atouts en poche qui vous feront convaincre que ... Allez, optez pour l'option Japonais !  Dès 12 ans.

La main de l'aviateur, Florence Aubry. - Découvrez vite cet univers angoissant, ce silence, ces mystères qui pénètrent dans le roman de Florence Aubry ! On y rencontre une adolescente de 16 ans, Gabrielle, enfermée dans une hutte de chasseurs, blessée, affaiblie et l'esprit en miettes. Pourquoi est-elle là ? Comment tout a commencé ? En Espagne ? Chez sa mère qui l'élève seule et qui semble être déçue de sa fille à vouloir s'en débarrasser sans état d'âme ? Ou en 1945, près de la dépouille d'un aviateur ? Et cet anneau en or, Emily and Greg for ever, quel étrange pouvoir dégage-t-il ?
"La main de l'aviateur" vient enrichir le catalogue de la nouvelle collection DoAdo Noir et c'est clair que son orientation toute désignée se passe de commentaires. C'est très bien écrit, laissant la place à une intrigue bien ficelée, une enquête se déploie, infime mais suffisamment aggrippante, et ces plongées dans le passé rendent le récit encore plus dense et passionnant ! J'ai beaucoup aimé, même frissonné à quelques indices, et même si ce roman est destiné à la jeunesse, il peut intéresser un large lectorat.  Dès 15 ans.

Editions du Rouergue, collection DoADo.

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08/04/07

La poule de chocolat qui cherchait le printemps

Ce matin-là, veille de Pâques, au petit jour, il se passa quelque chose d'extraordinaire dans la boutique du confiseur. Toutes les cloches en chocolat se mirent à sooner : ding, ding, fit légèrement la plus petite. Ding, don ! répondit la suivante. L'une chanta plus fort : Ding, ding, don ! La plus grosse alors, gravement, approuva ! Baoum ! Baoum ! Et toutes ensemble carillonnèrent.

Elles réveillèrent Chocoline, la grosse poule de chocolat, pleine de petits oeufs à la liqueur, qui dormait sur son nid. Elle voulut s'étirer, mais le grand noeud de ruban rouge qui l'enserrait l'obligea à rester tranquille :

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.

Toutes les cloches répondirent :

- Pâques arrive... Pâques, Pâques !  C'est le printemps ! Ding ! Ding, don ! Ding, ding, don !

- Comment est-il le printemps ?

- Oh ! Elle ne sait pas ce que c'est que le printemps !  rirent toutes les cloches ! Au fait, comment lui expliquer cette chose ineffable ? L'une murmura :

- C'est comme un petit enfant aux yeux clairs, tout neuf, avec des fleurs plein les mains.

- Non, corrigea la voisine, c'est un beau jeune homme, habillé de vert tendre, et qui sourit.

- Non, chantonna une autre, c'est une jeune fille aux cheveux blonds, avec une robe fleurie et des guirlandes aux doigts.

- Non, non protesta la foule des cloches, et elles se mirent à parler toutes à la fois ; on entendait des mots : fleurs, nids, chansons, soleil, ailes... en un gai carillon.

- Je n'y comprends rien dit la poule ; si vous vous exprimez toutes en même temps je ne saurai jamais comment est le printemps.

Mais les cloches étaient lancées, impossible de les arrêter !

Chocoline se dit : je voudrais pourtant bien connaître le printemps, comment le trouverais-je ? Bah ! On me renseignera en route ; je vais partir au-devant de lui.

Elle réussit à se couler hors du large ruban rouge, étira ses pattes, quitta son nid en chocolat, et sortit dans la rue.

Il n'y avait encore presque personne dehors. Nul ne s'étonna de voir Chocoline qui ressemblait à une poule ordinaire, et qui marchait. Il y avait bien, dans son ventre, ces petits oeufs sucrés qui ballottaient et lui pesaient, mais elle s'y habitua.

Passant près d'un panier qu'on avait apporté des halles, elle aperçut de belles jonquilles jaune pâle :

- Jonquilles ! Dites-moi où est le printemps, je vous prie, je le cherche.

- Le printemps ? Mais c'est un peu nous, dirent-elles.

Chocoline se crut mal renseignée et, comme un chien se précipitait vers elle, elle s'enfuit très vite.

Plus loin, sur le bord d'une fenêtre, un petit pot de jacinthe bleue la regardait de toutes ses clochettes ouvertes :

- Jacinthe, dis-moi où est le printemps, je vais à sa rencontre.

- Le printemps ? C'est un peu moi, mais tu ne le trouveras guère dans la ville, il se plaît mieux à la campagne.

La poulette repartit. Elle marcha longtemps et arriva devant une ferme.

Elle entra dans un poulailler pour se renseigner, mais les poules se lèvent de bonne heure : elles étaient parties et grattaient la terre dans le jardin pour y trouver des vers dont elles se régalaient. Avisant un nid vide, Chocoline se débarrassa des petits oeufs qui encombraient son ventre : cot, cot, cot... coline ! si bien que, dans la matinée, les enfants de la ferme trouvèrent des petits oeufs à la liqueur entre les gros oeufs des poules, pour fêter Pâques.

Elle repartit plus légère. Il faisait bon ; le soleil lui caressait les ailes. De petites pâquerettes faisaient la roue dans l'herbe, gentiment, pour qu'on les voie. Des buissons, pressés d'être jolis, s'étaient garnis de fleurs en grosses houppes, sans attendre les feuilles.

Elle appela :

- Pâquerettes ! Buissons ! Dites-moi où est le printemps, je voudrais le trouver...

- Le printemps ? Mais, c'est un peu nous, répondirent-ils ensemble.

- Vous vous moquez de moi, se fâcha Chocoline. Je veux voir le printemps ! Où donc est-il ?

- Cherche ! siffla le merle.

Notre poule était à la lisière d'un bosquet, et soudain deux notes chantèrent : Coucou ! Coucou !

- Maman, demanda un bambin, entends-tu le coucou ?

- Oui, c'est le printemps, répondit la mère.

C'est le printemps ! A ces mots un contentement merveilleux entraîna Chocoline. Voilà, pensa-t-elle, c'est lui ! Je comprends, il est dans le bois ; il joue à cache-cache. Je le trouverai maintenant. Comment est-il ? Est-ce un enfant, un jeune homme ? Est-ce lui qui laisse tomber de ses mains toutes ces fleurettes ?

Elle s'enfonça sous bois, et la voix mystérieuse semblait la suivre, et s'éloigner, et revenir comme un feu follet : Coucou ! Mais de printemps ? Point ! Elle n'aperçut qu'un oiseau qui sautillait dans les branches.

Elle déboucha dans une jolie clairière ensoleillée. Une maisonnette proche souriait de toutes ses fenêtres ouvertes. Pour quelle fête étaient dressés dans le jardin ces gros bouquets : amandiers blancs et pêchers roses ? Et toutes ces ailes menues des pétales, vers qui volaient-elles ?

Deux pigeons roucoulaient doucement. Chocoline avançait et ses pattes froissaient des violettes, tant il y en avait ! de ces violettes mauves qui se serrent les unes contre les autres sur chaque motte de terre.

Comme je suis  bien ! murmura la poulette. Le soleil réchauffait si agréablement ses plumes, qu'elle s'accroupit dans un creux, écarta un peu les ailes et ne bougea plus. Elle comprit soudain qu'elle avait trouvé le printemps !

Certes, on ne pouvait le voir près de soi, comme une personne, mais il était là cependant. L'oiseau du bois avait bien raison d'entraîner les passants pour leur faire trouver le printemps. Coucou ! Le printemps est là sur la branche de saule aux chatons de velours gris. Coucou ! Il est là, dans le parfum de l'aubépine. Coucou ! Coucou ! Il chante dans l'arbre. Il est au sol : c'est la mousse nouvelle, c'est le brin d'herbe, c'est la fleurette... Il est au ciel, plus clair et plus bleu. Il est partout quand son heure est venue, coucou !

Comme je suis bien, répète Chocoline : je me sens toute amollie. Je n'ai nulle envie de retourner dans la boutique du confiseur... Je suis bien, bien... Mais... qu'est-ce qui m'arrive ? Elle se tait. Son cou se ploie, sa tête touche le sol... C'est le soleil, déjà chaud, qui fait doucement fondre la poule en chocolat !

Et ce fut Nanou, la petite fille de la maison, qui la ramassa. Elle pensa que c'était un cadeau et se régala des débris de Chocoline qui était morte de bonheur pour avoir rencontré le printemps.

Extrait du livre Chocoline et le printemps - écrit par Marie Louise Vert - publié chez Magnard en 1960 !

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15/03/07

FBI et les neuf vies du chat - Sophie de Mullenheim

FBI_neuf_vies_du_chatFabien Barthélémy Isthory, plus connu sous le diminutif de FBI, est détective historique. A l'aide de livres anciens et de sa secrète machine à remonter le temps, le VART, il accomplit des miracles dans son bureau 1515 au 110ème étage d'une tour new-yorkaise. Installé depuis deux ans aux Etats-Unis, ce jeune français connaît une reconnaissance florissante, ce qui lui a permis d'embaucher une femme de ménage, la jeune et jolie Marilyn.

La grande aventure rocambolesque de Fabien commence par le plus grand des hasards, après deux voyages dans le temps et un constat aberrant : un chat au pelage bleuté et sans queue semble être un agent déterminant dans le cours des événements historiques. En rencontrant le Pr Colley, maître de conférences sur les chats, Fabien partage ses déductions, auxquelles s'ajoutent les précieuses informations du professeur : ce chat dénommé Cobalt compte neuf vies à son actif, il faut retrouver sa trace pour mieux cerner son incroyable mission.

Sophie de Mullenheim n'en rajoute pas des tonnes pour placer aussitôt son lectorat dans l'ambiance et l'action trépidante. Cette chasse au matou prend une singulière tournure, enrichie par des sauts dans le temps, nous offrant la possibilité de revivre des scènes historiques d'une certaine envergure (la mort de Cléôpatre, le naufrage du Méduse, les contes de Charles Perrault, etc.). L'auteur est très scrupuleuse pour expliquer ses théories et le concept de "détective historique" au bord d'un "VART" plutôt original, mais bien pensé, bien étudié. Les lecteurs pourront ainsi apprécier ce mélange, l'idée n'est nullement rebutante, bien au contraire !
On soulignera cependant le détail qui "dénonce" le roman pour la jeunesse à travers le personnage de Marilyn, franchement un peu niais, qui trouve son patron "trop mignon", "trop craquant". Mais il est vrai que c'est un roman avant tout destiné pour séduire les adolescents, aucun doute possible qu'ils puissent demeurer hermétiques à cet univers nimbé d'investigations, de rebondissements et de vrais instants marquants dans la grande histoire. Voilà une sympathique invitation à plonger le nez dans un manuel sensé et captivant !

Plon jeunesse, 305 pages  (janvier 2007).

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20/12/06

Les Origimots - Claude Duneton

origimotsClaude Duneton est un détective un peu particulier, il poursuit les mots, il les débusque et les découvre pour raconter leur histoire. D'où viennent les mots ? Quels sont leurs secrets ? Il faut savoir peu ou beaucoup de choses pour pouvoir l'expliquer mais Claude Duneton a privilégié la méthode douce pour son "coup d'oeil touristique" concernant quelques-unes des créations de la langue française au fil des époques, en remontant le temps, de siècle en siècle...

Cette méthode implique qu'elle va remonter aux sources, vers les racines des mots, et leur sens véritable - cette démarche s'appelle étymologie. Le 20ème siècle, qui marque l'époque des chaos, des progrès et des bouleversements, donne naissance au terme de la "vie moderne" avec l'émergence du cinéma, de la télévision, de l'avion, des vacances, des satellites, etc. Des nouveaux mots fleurissent dans la bouche des français : baladeur, basquets (!), carte à puce, DVD, internet, micro-ondes... et il est très intéressant de remarquer que leurs sens dérivent des termes anglo-saxons mais aussi du latin. Le 20ème siècle est donc le joyeux chamboule-tout  entre la modernité et la tactique "à l'ancienne".

En fait, au fil des pages, grâce à l'enseignement malicieux de Claude Duneton, le lecteur s'aperçoit que tout mot ne se laisse pas facilement prendre au piège, plusieurs sont insaisissables et glissent comme des anguilles entre les mains. Les mots, de tout temps, ont voyagé, ce qui explique la naissance des nouveaux mots, des sens cachés et des orthographes belliqueuses !

Les mots bougent, les mots changent... Le mot "cacahuète" est rigolo et vient de l'espagnol lui-même adapté d'un mot aztèque, qui signifie "cacao de terre". Le "camembert" tire son nom d'une petite ville de Normandie où il fut fabriqué avec du bon lait des vaches normandes ! "Clochard" vient de l'expression d'argot "filer la cloche" ou "être à la cloche" / "ne pas avoir de maison". Le "croissant" possède une histoire qui vaut son pesant de beurre ! Une "gifle" désignait seulement la "joue" avant d'être ce que vous savez... Un "kaléidoscope" est une vraie salade grecque. La "mayonnaise" devrait être déconseillée en Angleterre car elle représente là-bas la célébration d'une défaite. Le "chignon", dans sa signification du début du 17ème siècle, rappelle mollement l'art de séduction que cette coiffure inspire, vive le 18ème pour lui donner ses lettres de noblesse ! La "coccinelle" prévoit la météo, un "orang-outang" est un "homme des forêts" en Malaisie, un "moustique" s'est toujours appelé "moustique" (les sales bêtes !). L'abricot, originaire de la Chine, a été découvert par les Arabes qui l'appelèrent "fruit précoce", puis les Espagnols le trouvèrent bon aussi et transformèrent le mot en "albaricoque", avant d'être amputés par les Français, toujours plus pressés que la musique, en "abricot". Un "arlequin" vient du nom d'un diable très ancien en vieux français "hellequin", le "boucan" est né au Brésil. Le "bouquin" désigna d'abord de vieux livres au 16ème siècle, la "patate" vient du centre du Chili et la "marmelade" des Grecs anciens. Etc etc ...

Les exemples pullulent dans ce livre très amusant et instructif. Il rappelle également que le mot "Papa" date du 13ème siècle, désignant en latin "aïeul, grand-père". Je pourrais en tartiner des lignes sur les nombreux modèles cités par Claude Duneton, aussi je vous le conseille, à vous et vos enfants, s'ils sont curieux de découvrir ce que signifie plus exactement les mots "enfant", "maison", "fantôme" ou "ogre"... On peut lire ce livre à sa guise, selon son rythme, quelques pages ou deux-trois mots par soir, même une seule découverte par jour peut amplement suffire ! Claude Duneton a également introduit chaque siècle en un bref chapitre récapitulant avec burlesque la tendance de l'époque. On en apprend à chaque instant, "Les Origimots" (création personnelle du magicien Duneton) est une lecture perspicace, intelligente et drôle !

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées

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Le voleur de lettres - François Caradec

voleur_de_lettresFrançois Caradec est le grand-père d'une petite fille prénommée Camille, elle a 7 ans et apprend à lire. Pour faire de cet apprentissage un amusement, l'écrivain s'est mis à la plume pour rédiger une collection dédiée à sa petite-fille. Sont déjà parus "Les Histoires pour Camille" et "Les cinq diamants du diable".

"Le voleur de lettres" est dans le même esprit un exercice à la fois ludique et instructif sur l'initiation à la typographie. L'histoire se passe dans le quartier des Graphes, les commerçants se réveillent en constatant chacun qu'une ou plusieurs lettres de leurs enseignes ont été dérobés. Auprès de l'inspecteur Quoi, les victimes font leur déposition et constatent ainsi qu'il existe un "tableau d'identité des lettres".  Il y a donc les caractère romains et italiques, majuscules ou minuscules, gras ou maigres, plus les empattements où l'on croise les Antique, Elzévir, Egyptienne, Auriol, Mistral etc.

Le texte est suivi de : La maison de Camille, sous forme de ritournelle, La tarte de la princesse, ou comment peupler un royaume, Le Corbeau et le Renard, façon terrine, Histoire de Plume le distrait et de sa bonne fée, Une omelette sans oeufs (n'est pas possible, il faut au moins trois E plus un O, sans E tu sais rôtir un gigot ou blanchir un chou farci... ), La légende du lac sans fond, histoire typiquement irlandaise.

Cette lecture est accessible pour les lecteurs d'au moins 7-8 ans, capables de jongler avec les subtilités de la langue française, qui parfois rechignent à retenir leurs leçons d'orthographe ou leurs comptines. En lisant ce livre de François Caradec, illustré par Jean-Pierre Cagnat (le plaisir de lire est adouci par les dessins fantaisistes), tout lecteur peut donc retenir en s'amusant. C'est astucieux, les histoires sont drôles, plutôt courtes. Le plaisir de lire s'associe véritablement au pouvoir mystérieux du bonheur d'apprendre... les jeunes lecteurs apprécieront, sans s'en rendre compte !

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées

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18/12/06

Nancy Drew, Tome 1 : Vol sans effraction - Carolyn Keene

nancy_drew_1J'ai l'impression d'avoir de nouveau 10 ans, me plongeant dans la collection de la Bibliothèque Rose, ah douce nostalgie, je retrouve ce sentiment en lisant ce 1er tome de la série Nancy Drew. C'est une jeune fille qui vit à River Heights, dans le Middle-West, et qui est détective amateur avec ses deux amies, les cousines Bess et George. Dans "Vol sans effraction", on assiste d'abord à un "massacre" de courgettes, l'emménagement d'une française d'origine russe à deux pas de chez Nancy, puis du vol d'un oeuf de Fabergé, un vol sans effraction.

L'histoire se lit très rapidement, elle convient aux jeunes lectrices dès 10 ans, oui plutôt lectrices car la forme baigne un tantinet dans le futile et le superflu (histoire de fringues, de badinages amoureux, etc.). L'enquête est gentille, j'ai trouvé que c'était un petit livre accessible et qui véhicule de bonnes idées, simples et bienfaisantes. Honnêtement une série "positive", déjà connue, reconnue et réexploitée de nos jours par un syndicat d'écrivains (etc, etc...). Offrez ces livres à vos enfants !

Ce qu'il se dit : Rédigée par un syndicat d'auteurs américains, cette série est née dans les années 30 aux Etats-Unis et a investi la France dans les années 60 sous le titre d'"Alice".

Bayard jeunesse

 

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Les Clefs du Temps, Tome 1 - Ulysse Moore

clefs_du_tempsA Kilmore Cove, en Cornouaille, la famille Covenant emménage dans une somptueuse demeure au bord de la falaise, une maison ancienne où l'ancien propriétaire, le vieil Ulysse Moore, vivait caché et dans le secret. Cette demeure porte un nom : la Villa Argo. Elle est captivante, elle est immense, ses couloirs zigzagants promettent mille et une découvertes aux jumeaux Jason et Julia, très vite rejoints par un nouveau camarade du village, Rick.

A trois, ils débusquent des grottes secrètes, des messages codés, une porte dissimulée derrière une armoire, fermée par quatre serrures. L'aventure commence, dans ce tome 1 "Les clefs du temps", les trois jeunes adolescents deviennent d'intrépides Sherlock Holmes, sous la surveillance grincheuse du jardinier Nestor, qui semble en savoir bien plus qu'il ne le suppose...

Ce roman est avant tout un objet astucieux qui s'ouvre sur un courriel aux éditions Bayard avec documents joints, photographies et avant-propos annonciateur de trouvailles "incroyables". Il se complète par des illustrations qui donnent véritablement l'impression d'avoir en main un vieux carnet maintes fois manipulé, griffonné, illustré, etc. Puis, l'idée de caractériser le personnage d'Ulysse Moore, également auteur (soit-disant) du roman, est la preuve d'un esprit ingénieux (l'expérience avait déjà été goûtée dans la série des Orphelins Baudelaire où le narrateur et auteur Lemony Snicket s'introduit en tant que personnage dans le récit !). C'est en fait l'italien Pierdomenico Baccalario qui a écrit cette aventure, qui se décompose en plusieurs tomes. Ce 1er livre convient aux plus jeunes lecteurs, dès 9-10 ans, et se lit très facilement. Les Clefs du Temps est une invitation à l'aventure passionnante servie par trois jeunes héros attachants et sympathiques. A suivre avec bonheur !

Couverture, illustrations et graphisme : Iacopo Bruno et Laura Zuccotti. Adapation des illustrations et des clefs : Alice Gilles.

Bayard jeunesse

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17/12/06

On ira voir la mer ~ Olivier Adam

Ce roman jeunesse d'Olivier Adam n'est pas à remettre entre toutes les mains : il relate la violence des adolescents en mal d'être. Un garçon solitaire, Olivier, rencontre une jeune fille désoeuvrée, Lorette. Cette dernière porte la meurtrissure d'un deuil jamais accompli depuis la mort de son frère jumeau quelques mois après leur naissance. Par un étrange hasard, ce frère s'appelait aussi Olivier, d'où l'étrange et ambigue relation entre les deux nouveaux amis qui se rencontrent au CM2, deviennent des frère et soeur et ne se quitteront plus. Au collège, Lorette devient de plus en plus révoltée, rebelle, violente et coupée du système. A quatorze ans, les cernes sous ses yeux se creusent de plus en plus, l'alcool commence à la détruire mais son amitié avec Olivier se teinte toujours de ce rapport de soumission / initiation. Lorette entreprend, Olivier suit. Tous deux dépassent les limites, de renvois d'école aux éclats de violence dans "la cité", ils mettent en péril leur histoire. D'emblée, on sent Olivier très fragilisé par ce passé très proche. Il est désormais au lycée, devient ami avec Romain qui lui parle de Lorette, qui n'est plus là. Disparue ou partie, bref la jeune fille continue de hanter Olivier qui se décharge du récit d'un ton très plombant pour le moral. Le style est fluide, sensible, touchant et délicat. Mais le contenu est lourd, poignant et à manipuler avec précaution. C'est un roman qui traite de la détresse des adolescents, de leurs dérives, de leurs traumastismes et des limites qu'on dépasse, qui finissent souvent mal. Et tout ça fait mal, très mal.

lu en décembre 2004

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