01/12/08

Très cher Hugh Grant,

Je vais te suggérer un gentil conseil : quitte New York et rentre de suite en Angleterre, ton pays ! Au moins tu sais choisir tes comédies qui sont beaucoup plus drôles et enlevées... cela t'évitera de me servir une autre soupe, du genre : (en vf : le come-back)

Drew_Barrymore_in_Music_and_Lyrics_Wallpaper_4_1280

Je suis bon public, je t'assure. Mais franchement je n'ai pas su apprécier ce film, malgré tes déhanchés très sexy ! Ce fut assez drôle mais pas assez pour me faire tomber à la renverse, et même côté romance... bah on repassera. Ton joli duo avec Drew Barrymore n'a pas fait mouche, pas du tout de quoi se pâmer.

C'est terrible, n'est-ce pas ? Moi-même je n'en revenais pas. Et je n'arrêtais pas de regarder l'horloge pour compter le temps qu'il me restait... grrr. Sur ce, on va dire qu'on oublie et qu'on se retrouve bientôt. Ok ?

Love, XOXO

Le Come-back, un film de Marc Lawrence (2007)
pas terrible du tout !

Télé Ciné Obs : il manque à cette comédie romantique finalement très conventionnelle le petit grain de folie qui lui aurait permis de décoller pour de bon.
Je suis entièrement d'accord !!!

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29/11/08

Quelques heures avant la fin...

... novembre 2008.

Je continue de nourrir mon cerveau de guimauve, mais gare à la surdose, je sais. Pour l'instant je ne crains pas le diabète, donc au programme,  par ces froides soirées automnales, une énième bluette rose bonbon :

27dresses

C'est une comédie romantique, comme dit ma fille (8 ans seulement, et déjà outrageusement nourrie de conte de fée ! honte à moi...). Vivement dimanche que je l'emmène au Salon de la Peur !

Bref, 27 Robes est très sincèrement une histoire gentille et mignonnette.

Jane est une incurable romantique, elle adore les mariages mais participe à ceux de ses copines et jamais au sien. C'est une éternelle demoiselle d'honneur ! N'est-ce pas dramatique ? Oui, un peu. Elle est aussi secrètement amoureuse de son patron, mais blêmit de jalousie lorsque son adorable petite soeur, toute blonde, toute bronzée, toute fraîche et pétillante, débarque à New York et embobine le garçon en un sourire colgate.

Bingo, le George est énamouré et envisage d'épouser la sublime Tess. Jane est verte, elle se tait parce que c'est dans son tempérament de prendre sur elle, de sourire et de toujours dire oui. Pire, elle accepte d'organiser le mariage de Tess avec le grand amour de sa vie ! C'est désespérant. Mais entre-temps, Jane a rencontré Kevin, cynique chroniqueur qui abhore le mariage dont il dénonce l'aspect mercantile et écrasant.

Deux visions opposées sont forcées de s'attirer, car il faut discuter à bâtons rompus des divergences et des rêves, des illusions et de ses pertes. Et puis se réveiller un matin, après une nuit de beuverie à s'époumonner sur Bennie and the Jets, avec la une d'un journal qui vous ridiculise sans vergogne. Argh, vingt années d'amère frustration vont remonter à la surface et risquent d'exploser. Attention au carnage, mais je m'emballe...

Moralité : Ne subissez plus votre vie ! Cessez les situations embarrassantes et prenez votre sort en main ! (Et faites que la 28ème robe soit la vôtre !!!!)

27_Dresses_001

 
 

Réalisation : Anne Fletcher

 

avec : Katherine Heigl (Jane Nichols), Edward Burns (George), James Marsden (Kevin Doyle), Malin Akerman (Tess Nichols), Melora Hardin (Maureen), Judy Greer (Casey)
Sortie dans les salles françaises : avril 2008
Disponible en DVD !
 

 

 

 

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16/11/08

Où j'attendais plus de pschiiiit...

Il était une fois...

penelope

 

Une famille riche est frappée d'une malédiction qui condamne l'héritière à un physique de cochonne (le groin et les oreilles). La mère est effondrée mais sait qu'un mariage avec un garçon de la noblesse pourrait briser cette fatalité. Alors elle organise des rendez-vous, fait venir tous les jeunes hommes du gotha qui fuient comme des voleurs en apercevant la jeune fille.

Penelope, qui est pourtant une grande romantique de vingt-cinq ans, commence à perdre ses illusions jusqu'à sa rencontre avec Max. Il n'est pas comme les autres, il est curieux et gentil. Il joue le jeu de la séduction à l'aveugle (Penelope est cachée derrière un miroir sans tain) et il sait toucher la demoiselle qui est prête à se dévoiler.

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Ok, le garçon n'est pas clean. Il a aussi ses petits secrets. Notre Penelope va être bouleversée et choisit de fuir sa prison dorée pour connaître la vraie vie (entraperçue avec Max). C'est sans compter sur un paparazzi nain, Lemon, qui a juré de se venger et décrocher un cliché de la "fille-cochon".

C'est donc un joli conte de fées, vraiment très fort par son esthétique. Les couleurs sont merveilleuses, mais aussi les ambiances, les décors, les costumes. C'est un régal pour les yeux. L'autre plaisir, dans ce film, c'est bien entendu James McAvoy !  J'adore cet acteur, j'adore sa voix, j'adore son regard. Les scènes de séduction entre Penelope et Max sont savoureuses.

Le reste se regarde sans ennui. C'est gentil, peut-être pas transcendant.

A noter : l'apparition facétieuse de Reese Witherspoon, également productrice du film.

penelope_reese_witherspoon 

 

 

 

 

Conte fantastique de Mark Palansky,
avec Christina Ricci, James McAvoy et Reese Witherspoon
Sortie dans les salles françaises : avril 2008

A ce jour, aucun dvd n'est disponible en France.
Seul recours : la vo !

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Par contre, je n'ai pas fait exprès de voir deux films en suivant avec la même actrice : Reese Witherspoon. Mais il s'est trouvé que ce film traînait dans mes piles et hop... une bluette, encore une.

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Tiré du roman de Marc Levy que je n'ai jamais lu (car pas envie), ce film n'est pas extraordinaire. J'étais prête à m'embarquer dans cette histoire d'esprit fantôme, centrée sur l'amourette entre un homme qui traîne une âme en peine et cette nana hystérique, perdue entre ici et ailleurs. Et puis, non. C'est mignon mais c'est tout.

Et si c'était vrai
Un film de Mark Waters, avec Reese Witherspoon, Mark Ruffalo.
Sortie en novembre 2005

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13/11/08

Et une histoire d'amour !

S'il est un film que vous ne devez pas louper, le voici :

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En ce moment, il fait aussi gris dans ma tête que dans le ciel.
Mais j'ai décidé de me soigner en me gavant de douceurs, et ce film a figuré au programme.

Le titre français est : N'oublie jamais.
C'est une histoire tirée du roman de Nicholas Sparks (Les pages de notre amour).

Le film s'ouvre sur un couple de personnes âgées. L'homme vient faire la lecture à une dame atteinte de la maladie d'Alzheimer. Il commence à lui raconter une histoire d'amour entre Noah et Allie, le temps d'un été, dans les années 40. Ils avaient 17 ans et tout les séparait. Sauf cet amour, passionnel et dévorant.

Il n'y a pas de gros suspense dans le scénario, ou peut-être un petit peu. Toutefois ce n'est vraiment pas ce qui compte. C'est juste ce vent qui vous emporte dans cette histoire entre Allie et Noah. Ils sont jeunes, beaux, impertinents. Ils vivent quelque chose de rare et unique.

Mais leur histoire d'amour est vouée à l'échec. C'est dit en préambule. Aïe !

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Je vous promets que vous n'allez pas verser toutes les larmes de votre corps, comme devant Love Story ! Il y a de l'émotion, c'est vrai. Cependant l'interprétation exceptionnelle des acteurs rend les sentiments encore plus beaux et touchants. Allie est gracieuse, éclatante. Son sourire est désarmant. Et son jeune partenaire a un côté brut de décoffrage qui le rend diablement séduisant !

Une histoire d'amour, une vraie.
Un amour qui défie le temps.
Une passion éternelle.

Film de John Cassavetes / 2004
Acteurs : Ryan Gosling, Rachel McAdams, Gena Rowlands, James Garner, Joan Allen, Sam Shepard

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11/11/08

Une bonne cure de douceurs !

Trop de choses sérieuses dans ma vie, trop de tracas et des soucis, de la pression...
Bref il y a des jours où il est bon de lever le pied et de se trouver une musique bien ringarde pour sourire du quotidien !

(Du moins, j'essaie !)

Impossible de ne pas avoir en tête les images de Hugh Grant, en écoutant the Pointer Sisters !!!!

Ceci nous amenant à vous solliciter (pour grossir mes listes)...

En cette période, assez tristoune, c'est l'automne et pour moi le mois de novembre a toujours été un crève-coeur. C'est lent c'est long c'est morbide. Heureusement ça commence à sentir nowel et pas besoin de sortir pour s'en apercevoir (ma boîte aux lettres débordent de catalogues).

Et en ce moment je n'ai pas envie de grand-chose, à part me faire plaisir. Je redécouvre le plaisir de me glisser sous la couette et d'appuyer sur la touche play du lecteur dvd. J'avais perdu le goût de regarder une comédie romantique bien nunuche, où on sait d'avance que ça se finit bien malgré quelques embrouilles qui pimentent l'intrigue. J'étais lasse lasse lasse de la mièvrerie, mais c'était pour mieux y replonger !

Je crois que je vais en reprendre de grosses louchées !

Le déclic vient d'avoir lieu en voyant The Holiday, un film sans prétention, un peu agaçant au début et puis finalement craquant.

Et j'en veux encore !

Je vous demande donc vos listes, vos remèdes, vos conseils, vos indispensables, vos modes et vos recettes... bref je veux du miel, de la guimauve, du bon sentiment, des guillis dans le ventre et plus encore !

ZZ3

Merci !!!!!!

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17/08/08

^ Petit vent du désert ^

 

Vous ne connaissez pas (encore) le film des frères Poiraud : Atomik Circus ? Allons donc.

Ce film est un ovni dans l'univers du septième art. Son histoire est quasi impossible à raconter, ou pas assez mise en valeur tant les ressources sont cachées, ensuite il est inimaginable de ranger ce film dans une case. Atomik Circus ne correspond à aucun genre !

Comédie déjantée, science-fiction qui vire au gore, pastiche du 2001 odyssée de l'espace, road-movie, western... Bref, c'est pas gagné !

Le pitch : Skotlett City est toujours traumatisée par la catastrophique grande fête de la tarte à vache. James Bataille a d'ailleurs fini en prison et cette fois-ci il s'en échappe, bien décidé à retrouver Concia, sa fiancée qui veut devenir chanteuse de country. Mais malheureusement, tout ne se passe pas comme il l'aurait souhaité... Les éléments se déchaînent contre lui : des étoiles de mer en provenance d'un autre monde se collent sur les visages des gens, le futur impresario de Concia, Allan Chiasse, se transforme en monstre tentaculaire, sa bimbo, la sexy Kitty également, le Sam Paradiso bar est décimé. Cela paraît beaucoup pour ce petit village et pourtant ce n'est qu'un début...

J'avais pourtant lancé l'avertissement : on ne peut pas raconter ce film ! 

Le résultat, lui, est délirant. A mes yeux, c'est désopilant, balourd, maladroit, incontrôlable, agaçant et dé-jan-té ! La caméra bouge sans arrêt, on a plus d'une fois le sentiment - profond, très profond - d'assister à une série Z. Et malgré tout, ce film n'est pas une daube !

Pour commencer, il y a un réel esthétisme, derrière l'absurde, avec des images superbement léchées, donc très belles. Le cadre est celui d'un semblant de bayou, empesté de poussière ocre, de boue, de crasse. Non ce n'est pas abject ni déprimant. On est littéralement transporté dans cet ailleurs non-identifiable.

Et puis les acteurs jouent à fond le côté feu-follet, notamment Vanessa Paradis en Concia, un caractère candide, souriant et lumineux ! (Oui, voilà aussi pourquoi je me suis intéressée à ce film, aussi pourquoi je l'aime, mais pas seulement. Car je ne suis pas qu'une admiratrice aveugle et sans objection, je pourrais citer, en exemple, mon ennui pour le film de Serge Frydman, "Mon ange", que je trouve glauque et déprimant, malgré des scènes magnifiquement filmées. Voilà c'est ainsi, on ne peut pas tout aimer, même si on reste assez accro !)

Donc Vanessa Paradis interprète un rôle qui chante, et ça lui va à merveille. Dans Atomik Circus, elle est radieuse ! Elle entre dans la danse, devient une nana qui vit dans un bouge et rêve de se produire sur scène. Elle rencontre un type assez filou (Benoît Poelvoorde), ne se rend pas compte de sa malhonnêteté et boit ses paroles. La jeune fille vit sous la coupe d'un papa (Jean-Pierre Mariel) qui est un râleur fini, sauf que - on s'en doute - c'est un gros coeur d'or et un nounours prêt à tout pour protéger la prunelle de ses yeux. Elle est aussi l'amoureuse de James Bataille, un motard audacieux, un rebelle qui ne vit que pour sa belle. (Amateurs de romance, passez votre chemin, ce film n'en fait guère l'étalage !)   

Les frères Poiraud ont su réaliser un film particulièrement fantasque, très original (hélas boudé par le succès public). Pour qui aime l'esprit rock-n-roll et exubérant, la divine miss Paradis qui s'illustre sur une bande-son de haute couture (merci The Little Rabbits), les pastiches de comédies et autres brassages hautement culturels, bref ce film est pour vous !!!

 

 

 

The Little Rabbits Atomik Circus Tour 

https://www.youtube.com/watch?v=wIA91OMoMOI

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26/07/08

Question de temps

Tous les "obsédés" de la lecture compatiront, sans aucun doute, à ce qui va suivre...

Henry Bemis est un amoureux des livres, un vrai. Cette passion n'est pas comprise par son entourage et lui vaut brimades, humiliations et autres harcèlements. Lire, c'est futile. Lire, c'est inepte. C'est une perte de temps. Alors, pour mieux savourer ce plaisir défendu, Henry se cache...   


Twilight Zone - Question de Temps 1/2
envoyé par m0r4d


Twilight Zone - Question de Temps 2/2
envoyé par m0r4d

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30/03/08

North & South (la série BBC, 2005)

Chose promise, chose due : voici une bafouille sur la série BBC adaptée du roman de Mrs Gaskell (oui, encore ! ce fut un week-end totalement dédié à la dame !). North & South, ou la confrontation entre deux mondes que représentent le nord industriel et le sud bucolique et nonchalant, et à travers ces deux antagonismes c'est l'histoire impossible entre John Thornton et miss Margaret Hale, qui vient d'arriver à Milton avec sa famille, directement du Hampshire.

northandsouth

Pourquoi un tel déracinement ? Mr Hale était clergyman à Helstone, menait une vie cosy et paisible au coeur d'une nature verdoyante, mise en beauté par des buissons de rosiers. Sa décision de tout quitter lui est propre, une question d'honneur et de formalité, selon lui, mais ce choix affecte profondément son épouse, incapable de s'adapter à sa nouvelle vie. Il est vrai que Milton, dans le Lancashire, est une ville bruyante, sale, peuplée d'une faune accaparée par le gain et l'argent - le regard des Hale est sans appel. Margaret et sa mère gardent une image terriblement romantique de leur Sud, refusant de s'astreindre à la moindre indulgence pour des hommes comme Thornton, qui ont en charge de diriger les filatures de coton, soumises à des règles du marché impitoyables et aux mouvements de grève de leurs ouvriers.

ns7John Thornton est dur, âpre au travail, exigeant avec lui comme avec les autres. Il force l'admiration, le respect et le dégoût. Margaret Hale est aussitôt choquée par son attitude. La première rencontre résonne encore des échos de leur vive discussion, passée l'instant de grâce d'un coup de foudre annoncé. L'enfer à Milton est blanc, la couleur du coton. Cela vole en poussières dans les manufactures, cela empoisonne les poumons des plus faibles, cela nourrit des centaines d'employés, cela semble improbable de surpasser le lin, selon Margaret et ses proches. Thornton mène son affaire d'une main de fer, aidé par une mère aussi coriace et qui voue à son fils une dévotion aveuglante. Elle perce chez John et Margaret un lien dont ils sont encore ignorants, doutant que cette fille au caractère impossible viendra lui voler son fils, tôt ou tard.

Pour l'heure, miss Hale est préoccupée à comprendre les motivations des pauvres gens, comme les Higgins, qui revendiquent à juste titre une augmentation de salaires et du pain sur la table. Elle soutient en son for intérieur leurs prétentions à mener une grève, et excuse leurs actes désespérés qui sonnent comme des insultes aux yeux de Thornton. L'homme, devenu ami avec Mr Hale, se sent poussé à justifier chacune de ses positions pour répondre à l'obstination de Margaret, mais son discours devient davantage une flèche contre lui, par la faute de son tempérament explosif et son orgueil démesuré. Margaret est également coupable de son opiniâtreté, en plus d'être enfermée dans son image idyllique d'un Sud irréprochable et supérieur en manières.

ns5Ce combat des préjugés rappelle incidemment Pride & Prejudice de Jane Austen, la conscience sociale en plus, mise abruptement au coeur du récit par cette confrontation entre les sensibilités existant au Nord et au Sud. Un autre élément de comparaison entre en scène, à mi-parcours, avec la demande en mariage qui est refusée par la demoiselle. Cependant, Margaret et Thornton ne remplaceront pas Elizabeth Bennett et Darcy, et n'ont pas la prétention de le faire non plus ! North & South possède ses propres qualités et un charme sans égal qui saura tout autant enchanter les fans de Jane Austen !

Mrs Gaskell avait ce talent indéniable de créer des personnages féminins dynamiques et acteurs de leur propre destin. Margaret Hale en est un exemple, puisqu'il s'agit de son parcours initiatique durant lequel elle apprendra à modifier son jugement, à évaluer sa propre conscience et à accepter le changement. Cette notion revient très souvent chez l'auteur, également soucieuse de décrire le contraste entre les couches sociales et dépeindre un contexte historique très pointu. North & South est plus qu'une simple romance entre Thornton et Margaret, c'est une dénonciation des enjeux économiques, un forum pour les plus démunis, une conscience collective qui implique que tous sont impliqués dans une chaîne humaine inextricable.

Margaret elle-même va revoir ses appréciations, se révélant plus sévère à considérer Helstone et le faste d'une vie à Londres. Implicitement, elle va se mordre les lèvres d'avoir repoussé Thornton et, surtout, de l'avoir fait douter sur son caractère droit et honnête (en effet, elle a été surprise dans les bras d'un autre homme, forcée de mentir sur sa présence sur les lieux où a eu lieu un crime, retenue de ne pouvoir dévoiler ce qui représente un secret de famille !). Leur relation devient aussi fine et fragile qu'un fil de toile d'araignée. Toutefois la mise en scène demeure impeccable, jouant avec un idéal romantique qui cache une autre noirceur, la caméra s'appuie sur les regards que tous deux se lancent ou le scénario s'amuse de cette attraction physique qui les horripile, ne pouvant la contrôler.

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Je ne crois pas me tromper en affirmant que Richard Armitage interprète un John Thornton plus vrai que nature ! Sa raideur, ses yeux bleus, son flegme et sa virulence font de lui un être captivant. On pourrait se méprendre sur lui, dès les premières minutes, avant d'en apprendre davantage sur son passé, ses souffrances et sa relation si ambivalente avec sa mère. Sa rencontre avec Margaret va contribuer à faire douter de lui et le conforter que la jeune fille n'a cure de lui. Plusieurs fois, il insiste là-dessus, comme pour se faire violence. Est-ce un moyen pour se rassurer ou se voiler la face ? Les rebuffades de Margaret vont profondément l'ébranler, et surtout lorsqu'elle refuse sa demande en mariage, il en sortira agacé, vexé, soulagé et/ou blessé. (A noter, cette scène n'a pas à rougir de LA fameuse scène entre Darcy et Liz !)

De manière générale, la réalisation est superbe, irréprochable (à un détail près) et signe là une adaptation réussie, tour à tour poignante, sensible et sentimentale, sans paraître trop fleur bleue. North & South doit être vue pour x, y raisons. C'est dit, c'est ainsi, ça ne se discute pas ! 

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North & South, d'après l'oeuvre de Mrs Gaskell. Réalisé par Brian Percival, sur un scénario de Sandy Welch. Série en 4 épisodes d'approximativement 60 minutes.

Casting : Daniela Denby-Ashe (Margaret), Richard Armitage (Thornton), Sinead Cusack (Mrs Thornton), Leslie Manville (Mrs Hale), Tim Pigott-Smith (Mr Hale), Pauline Quirke (Dixon), Brendan Coyle (Nicholas Higgins), Anna Maxwell Martin (Bessy Higgins), Jo Joyne (Fannie Thornton), Brian Protheroe (Mr Bell), William Houston (Boucher), John Light (Henry Lennox)... 

La série est en anglais exclusivement, avec sous-titrages anglais.

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A voir : Lilly a également vu cette série. Isil également.

Et ce serait un crime de lèse-majesté de ne pas inclure le lien suivant : http://the-inn-at-lambton.cultureforum.net/index.htm (véritable lieu de pélerinage pour tous les amateurs d'auteurs anglais du XIXème, etc.)   

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29/03/08

Cranford

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Cranford est une délicieuse bourgade du Cheshire, typique des petits villages anglais. La communauté, essentiellement féminine, est ancrée dans sa routine, son désir de calquer la tradition, de ne pas modifier des valeurs réconfortantes. Les dames de Cranford (autrement appelées les Amazones, par Mrs Gaskell) sont des cancanières, mais aussi des observatrices d'une société qui bouge et qui s'apprête à changer avec l'arrivée du chemin de fer. Elles sont farouches au changement, mais elles s'y accommodent avec intelligence (et aussi parce qu'elles n'ont pas le choix !).

Mary Smith vient d'annoncer son arrivée chez les soeurs Jenkyns, fuyant un foyer familial étouffant à Manchester. Elles trouvent auprès de Deborah et Mathilda ("Matty") un havre de paix réconfortant, mais très déroutant : les petites économies de ces deux vieilles filles avec leur bout de chandelles, leur rituel entre midi et trois heures, pas plus de quinze minutes pour accueillir leurs visiteurs, la problématique de manger une orange, leur amour du Dr Johnson et leur exaspération du trop populaire Dickens. Elles sont les piliers de la communauté, qui s'attache également à des Miss Pole, Mrs Jamieson, Mrs Rose, les soeurs Tomkinson... Imaginez-les autour d'une tasse de thé à papoter sur untel, supputer telle autre chose ou se concerter sur l'attitude à adopter, bref faisant front commun devant la nouveauté qui semble trouver pied à Cranford.

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Il y a, d'abord, l'arrivée d'un jeune docteur célibataire, Dr Harrison, le fils d'un cousin du Dr Morgan, un médecin académique qui aspire à prendre sa retraite. Ce jeune citadin devra composer pour se coller aux us et coutumes de la petite ville, déployant charme et maladresse, qui pourront donner de l'élan à son infatuation pour Sophie Hutton, la fille du Révérend.

Autre remue-ménage dans la rue des soeurs Jenkyns : l'emménagement du Capitaine Brown, et ses deux filles (l'aînée est gravement malade). Cet homme, fort galant, met souvent les deux pieds dans le plat, faisant fi des règles de base, ce qui aura don d'exacerber l'irritation de Deborah Jenkyns. Mais l'homme est bon, et surtout Deborah sera fort sensible à la détresse de Jessie Brown.

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Ce qui survient à Cranford n'est qu'une succession de petites et grandes choses qui font le sel de la vie. Il y a des instants cocasses (la poursuite de la vache Bessie, la purge du chat qui a avalé un morceau de dentelle rare, la peur excessive de Miss Pole qui pense être la prochaine victime des vols en série et veut à tout prix cacher son argenterie). Et puis il y a de jolis moments de tendresse (entre Sophie et le jeune docteur, ou quand Matty retrouve son amour de jeunesse), un soupçon de romance, souvent contre-carrée par des situations ubuesques, une série de cartes pour la Saint-Valentin venue mettre du bazar dans les coeurs de ces gentes dames... Et puis il y a des passages rares, dramatiques et inattendus, la perte frappe souvent, au tournant d'un chapitre guilleret. Elle survient alors qu'on ne s'y attend pas. Et ça fait mal.

Pour symboliser les deux mondes en opposition dans cette Angleterre des années 1840, on a d'un côté un garçon de 10 ans, Harry, fils d'un braconnier, et de l'autre on trouve Lady Ludlow, une aristocrate qui vit seule dans son domaine de Hanbury Court, géré par Mr Carter. Ce dernier prendra d'affection le jeune Harry et lui apprendra à lire et à écrire, ce qui entre en totale opposion avec les idées de Lady Ludlow. Cette femme incarne cette volonté de maintenir le monde qu'elle a toujours connu, et qui pourtant s'éteint, mais malgré tout elle refuse d'accepter le tournant qui s'effectue, étant née dans le siècle précédent. Elle cache un drame personnel, absolument touchant, qui fera d'elle une personne plus humaine et moins sèche qu'elle n'y paraît.

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La série Cranford est décomposée en cinq épisodes de 60 minutes approximatives. Cette fresque est historique, dramatique (comique, aussi) et démontre cette invisible résistance d'une communauté archaïque qui s'accroche pour tenir tête au progrès qui gronde à la porte du village. C'est charmant, formidablement reconstitué, absolument attachant (la peinture des personnages, avec en tête les Amazones nous fait prendre fait et cause pour leur combat mineur !). L'année qui s'écoule à Cranford (1842-1843) est tumultueuse, riche de naissances, de secrets, de potins, de ruines et de reconsidérations. Mrs Gaskell possédait un véritable don pour décrire la personnalité de ses personnages, pour s'attacher le détail crucial qui vaut tous les commentaires, et pour sympathiser l'opinion à respecter les traditions, à se coller au développement en mouvement, l'heure de la mécanisation va sonner et cela ne signifie pas la perte des idéaux, mais un autre formidable essor. Que deviendra Cranford ? On souhaite à cette communauté d'Amazones d'autres beaux jours, synonymes de renouveau et d'attachement au folklore et aux coutumes. A n'en pas douter !

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Un site : http://www.cranfordchronicles.com/

A voir : Isil a lu Cranford et Lady Ludlow. Elle a également vu la série !

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cranfordCranford

Réalisé par Simon Curtis, scénario de Heidi Thomas

D'après trois romans de Mrs Elizabeth Gaskell : Cranford, Lady Ludlow et Mr Harrison’s confessions
 

Avec Judy Dench (Miss Matty Jenkyns), Eileen Atkins (Miss Deborah Jenkyns), Lisa Dillon (Mary Smith), Simon Woods (Dr Harrison), Imelda Staunton (Miss Pole), Philip Glenister (Mr Carter), Francesca Annis (Lady Ludlow), Julia Sawalha (Jessie)

La série est en anglais, exclusivement. Avec sous-titrages anglais, aussi.

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09/03/08

Becoming Jane, ou comment (re)devenir fleur bleue

Becoming Jane isn't a conventional biopic. Instead, Julian Jarrold expands on events from Jane Austen's life that may have shaped her fiction. To his credit, he doesn't stray too far from the facts. Kéçako ? En gros, ce film sur Jane Austen n'est pas une biographie formelle, mais juste une histoire romancée adaptée d'après des faits existants, ou s'y approchant, ce film a davantage choisi de raconter ce qui aurait pu servir à influencer et nourrir les romans de Jane Austen.

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Nous sommes en 1795, notre délicieuse Jane a vingt ans et nourrit l'espoir insensé d'écrire et de vivre de sa plume. Elle a pourtant conscience du poids qui repose sur ses épaules, les attentes de sa famille pour concrétiser un mariage convenable, sachant que la famille Austen est pauvre comme Job, les garçons peuvent à peine caresser l'espoir de toucher une rente, ne parlons pas des filles ! ... C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles.  (1)  Au 18ème siècle, donc, les demoiselles ont pour vocation de s'appliquer dans l'art de la broderie, de la musique, de la poésie et de la danse. L'intelligence et l'esprit ne sont alors que des qualités accessoires pour les critères de choix. De la grâce, de la discipline et une santé rayonnante sont des valeurs assurant le succès sur le marché de la chasse aux maris.

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Jane Austen ne participe pas à cette foire, elle prend plaisir à se rendre aux bals, supporte le babillage incessant de sa mère qui la verrait au bras de Tom Wisley, neveu et seul héritier de Lady Gresham, mais refuse d'envisager un mariage sans amour. Et c'est vrai que jusqu'à présent, sa seule et véritable passion se trouve dans l'écriture de romans. Et puis arrive, dans cette campagne du Hampshire, un citadin bourré de préjugés, originaire d'Irlande et actuellement étudiant en droit à Londres, où il réside sous la coupelle d'un oncle richissime, juge à la Cour Suprême. Son nom : Tom Lefroy. Il a été envoyé chez des proches pour un séjour de courte durée, le temps qu'il mijote dans son jus. Le galopin manque de maturité, et son oncle le mène par le bout du nez en lui faisant miroiter de le coucher sur son testament. (Le garçon est lui aussi dépourvu de toute fortune !)

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Lefroy arrive dans cette société étriquée du Hampshire avec un profond sentiment d'ennui et d'agacement. La première rencontre avec Jane est placée sous le signe de l'irritation, Tom fait prendre conscience à la jeune fille que ses écrits manquent ... d'expérience personnelle. Un défi amusant est alors lancé, un pari muet et taquin, qui consiste à titiller la demoiselle en l'invitant, par exemple, à lire Tom Jones de Fielding (un roman passablement scandaleux, qui remet en cause la morale chrétienne, en faisant la satire de son époque). En fait, le film laisse entrevoir l'allusion sexuelle qui laisse sans voix Jane Austen (elle s'empressera de rédiger une lettre à sa soeur Cassandra pour décharger son trop-plein d'émotions). C'est un vrai capharnaüm dans sa tête, mais une chose se remarque, jamais elle n'a été aussi inspirée pour écrire ! L'histoire laisse ainsi entendre que Jane va prendre pour modèle sa rencontre avec Tom Lefroy pour commencer First Impressions, qui deviendra Pride & Prejudice.

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Bon, inutile de s'attarder sur les si et les mais, je sais combien le film n'a pas fait l'unanimité chez les fans, je ne vais pas tomber dans ces versants, j'accorde que certains points peuvent être bien fâcheux pour attester la moralité de l'époque et le caractère de la jeune femme (trop d'exaltation, non ?...). Je ferme aussitôt la parenthèse, car j'ai vu ce film comme un jeu littéraire, ainsi le considère Emjy. Je suis 100% d'accord avec elle.

bj9

Ce que je loue dans ce film, c'est son romantisme, sa soif d'émotions vibrantes, son scénario improbable, ses coups de théâtre, ses scènes sirupeuses, ses acteurs (aaaah ! ce James McAvoy !) et sa facilité à faire couler les larmes. J'ai aimé la fraîcheur de cette Jane Austen qu'incarne Anne Hathaway, sa beauté, sa grâce et sa tournure. J'ai fondu devant les regards fripons du Tom Lefroy, interprété par ledit James McAvoy, son sourire en coin, ses yeux qui ne voient que Jane, sa réplique "Jane, I'm yours", son hardiesse et son espièglerie. Ils forment tous les deux un couple frappé du sceau du sacrifice, et on comprend combien le mariage de convenance, le manque d'argent, à cette époque, pouvaient pousser à la folie ! (Du moins, moi j'ai cru devenir folle en voyant les conséquences !)

bj7

Je n'entre pas dans la polémique, et j'apprécie simplement ce cinéma de divertissement, où frise l'idée d'une romance qui aurait pu inspirer la trame de Pride & Prejudice. Ni plus, ni moins. (Tom Lefroy, le vrai Mr Darcy ?) Dans cette optique, alors vous perdrez la tête et vous friserez l'hystérie face à certaines scènes déchirantes (surtout vers la fin !). Vous comprendrez comment la tragédie peut nourrir les plus grandes et belles histoires d'amour ! Finalement, ce film dénonce solennellement les travers de l'époque, la condition de la femme, le poids de la société, le rang à tenir, etc. puis vire carrément dans le mélodrame face auquel seul un coeur de pierre resterait de marbre. (Sortez les mouchoirs, mes ami(e)s !!!)

bj13

Je sais bien qu'on ne détient pas là une oeuvre remarquable et vraisemblable sur la vie de Jane Austen et sa famille. Cela ne semblait pas non plus être le but recherché, mais à la façon d'un Shakespeare in love le réalisateur a voulu broder un scénario selon lequel la fiction aurait été la conséquence d'une expérience vécue par son auteur. Une simple digression, pas de quoi ruer dans les brancards ! ... Je pourrais émettre quelques tss-tss sur les dernières minutes du film, non mais vraiment c'est poussé loin le bouchon, mais étant donné que j'ai marché à fond dans cette histoire, je vais m'en tenir à mon sourire béat, à mes petites larmes sur la joue et à me dire que c'est drôlement gaga, mielleux et fondant pour mon coeur de midinette. Et j'aime ça ! (J'ai aimé, aussi, saisir au vol les clins d'oeil ramenant aux romans de Jane Austen, les scènes qu'on retrouvera ci et là ...)

bj8

Pour les amateurs de vérité vraie, reportez-vous à la lecture de Jane Austen, passions discrètes de Claire Tomalin (Autrement). Il est vrai que le film de Jarrold chamboule l'idée de toute passion discrète chez Jane Austen !

(1) Le fameux incipit de Pride & Prejudice - traduction de V. Leconte et Ch. Pressoir

Credit photos : BBC.co.uk

Le compte-rendu d'Emjy

Becoming Jane, film de Julian Jarrold (Sortie US : Août 2007 ; Sortie France : Octobre 2007).

Distribution :

  • Jane Austen: Anne Hathaway

  • Tom Lefroy: James McAvoy

  • M. Austen: James Cromwell

  • Lady Gresham: Maggie Smith

  • Mme Austen: Julie Walters

  • le juge Langlois: Ian Richarson

  • Cassandra Austen: Anna Maxwell Martin

  • Henry Austen: Joe Anderson

  • Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
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