31/03/09
EN STOCK : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
Janvier 1946. Tandis que Londres se relève péniblement des drames de la guerre, Juliet se demande quel va bien pouvoir être le sujet de son prochain roman. Lorsqu'elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, cette petite île anglo-normande oubliée, lui parlant d'un cercle littéraire et de tourtes aux pelures de pommes de terre, la curiosité de Juliet est piquée.
Au fil des lettres qu'elle échange avec les habitants - aussi fantasques qu'attachants - de Guernesey, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté sans pareille sous l'Occupation et le destin héroïque et bouleversant d'Elizabeth, une femme d'exception...
Rédigé sous la forme épistolaire, ce roman se lit d'une traite. C'est savoureux ! Au début, on pense vaguement à Helene Hanff et son 84, Charing Cross Road pour très vite l'oublier ! C'est encore mieux ici. On s'embarque rapidement dans une aventure insulaire, à Guernesey, au sein d'une communauté bougrement attachante. Ses habitants ont connu la guerre, en plus de leur isolement. Bien entendu ils se sont serrés les coudes, ont trouvé le moyen de se divertir en créant un cercle littéraire pour parler de leurs lectures. Mais en fait ses réunions servaient d'alibi pour des actes de résistance (han-han). Je n'en dis pas plus !
Vous allez adorer !
Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
Mary Ann Shaffer & Annie Barrows
Editeur : Nil, 2009 - 19€
en stock sur amazon.fr
titre vo : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society
17/06/08
La Dame de ses pensées - Cécilia Dutter
Imaginez... Vous venez de vous lier d'amitié avec une jeune femme de votre âge, mère de deux enfants, rencontrée à la sortie des écoles. Un soir, vous faites rencontrer cette nouvelle amie à votre époux, lequel est votre aîné de vingt ans, avocat de renom, véritable esthète. Vous l'ignorez encore mais cet homme vient de tomber en pâmoison devant votre amie, prénommée Alice, et lui adresse des lettres enflammées où il décline sa passion grandissante, sa fascination certaine et les fantasmes qui gonflent au fait de songer à la Dame de ses pensées...

Roman épistolaire et doucement érotique, inutile de chipoter sur l'étiquette de ce livre qui se découvre avec grand plaisir. Court de 150 pages, léger par son contenu et joliment grivois, il renferme une correspondance qui fait naître le désir. Edouard apparaît fin lettré et use d'un langage précieux pour séduire sa belle, alors que celle-ci, railleuse, juge ces effets désuets et alourdis d'arabesques stylistiques d'un autre temps... La claque ! Il faut reconnaître que les premiers échanges ressemblent à une joute verbale. Alice refuse d'entrer dans la danse, trouve Edouard présomptueux, avec des intentions malhonnêtes. Mais celui-ci ne renonce pas facilement et par la force de son imagination il va amadouer la jeune femme. Et lorsqu'elle s'enflamme à la volupté des courriers d'Edouard, la fusion des imaginaires connaît son apothéose !
Joli, tendre et surprenant, ce roman est une invitation à rêver... La fin, totalement imprévisible, est aussi un regard nouveau sur l'entreprise (qu'on peut trouver culottée) d'Edouard.
Ramsay, 2008 - Coll. Papillons de nuit - 150 pages - 15€
Dans le même genre, vous apprécierez (ou avez apprécié) : La tentation d'Edouard, d'Elisa Brune (belfond, 2003) ; L'admiratrice, d'Iselin C. Hermann (robert laffont, 2000)
19/03/07
Vingt-quatre heures d'une femme sensible - Constance de Salm
"Vingt-quatre heures d'une femme sensible", roman épistolaire qui se propose de "peindre la jalousie, non dans ses fureurs, mais dans les douleurs dont elle accable une âme ardente et sensible", en 46 lettres écrites dans un espace de temps répondant aux unités de la tragédie ou de la comédie classiques, d'un mercredi, à une heure du matin. (postface de Claude Schopp)
Il faut lire ce livre et en savourer minute par minute chacune des lettres écrites pour cette femme anonyme qui souffre le martyr après être rentrée d'une soirée où son tendre ami l'a quittée au bras d'une autre.. Aussitôt les plus folles pensées la gagnent, le doute, l'atermoiement, la douleur, la rage, la folie. Cette amoureuse éplorée, incapable de se raisonner, ou juste le temps d'une lettre, passe donc sa journée à tourner en rond, à écrire des lettres enflammées. Tour à tour, les sentiments les plus ardents la brûlent. Et même les "égarements de l'imagination" la submergent. C'en est trop pour cette femme, elle sombre, elle pleure, son honneur semble perdu...
C'est simplement superbe et écrit avec une virtuosité admirable. Constance de Salm décrit avec justesse et sensibilité un coeur pur, un coeur simple, un coeur juste. Son héroïne est une passionnée, qui dérive et divague, elle passe des sentiments les plus exaltés aux menaces d'en finir avec la vie. Elle promet, elle menace. Telle lettre est sensée être la dernière, plus jamais elle n'accordera un regard, une pensée pour cet homme qui l'a trahie, et puis non... son amour est trop fort, trop déraisonnable.
"L'amour !... Qu'est-ce que l'amour ?... Un caprice, une fantaisie, une surprise du coeur, peut-être des sens; un charme qui se répand sur les yeux, qui les fascine, qui s'attache aux traits, aux formes, aux vêtements même d'un être que le hasard seul nous fait rencontrer. Ne le rencontrons-nous pas ? rien ne nous en avertit, ne nous trouble... nous continuons de vivre, d'exister, de chercher des plaisirs, d'en trouver, de poursuivre notre carrière comme si rien ne nous manquait !... L'amour n'est donc pas une condition inévitable de la vie, il n'en est qu'une circonstance, un désordre, une époque... que dis-je ? un malheur ! une crise... une crise terrible... elle passe, et voilà tout."
Phébus, 150 pages.
Constance de Salm, c’est Constance de Théis, née en 1767, épouse du chirurgien Jean-Baptiste Pipelet, poétesse et tragédienne dont « Sapho » tragédie lyrique triompha au théâtre. C’est l’auteur de « L’épître aux femmes » qui la range aux côtés des défenseurs du droit des femmes, au moins dans le domaine des arts et de la culture. Devenue par son deuxième mariage la comtesse de Salm, elle tient salon et on rencontre chez elle l’élite intellectuelle de la nation. On y croise Stendhal et Alexandre Dumas.
Cette lecture m'a fait repenser à ce livre-ci :
"Laissez-moi", autrefois baptisé "commentaire", est le long récit d'une jeune femme, en cure de repos pour grave maladie, qui reçoit une lettre de son fiancé lui annonçant la rupture, mais d'une manière complètement insultante: "Je me marie avec une autre... que notre amitié demeure...". Ce livre c'est donc la longue réponse que la jeune femme souhaiterait lui donner. Et à travers son récit, elle revient sur cet homme, ce goujat, et sur les exigences de l'amour, l'emprise sur les femmes etc..
C'est très poignant, criant de vérité et de sensibilité. Ce récit a été rédigé dans les années 30 mais son contenu demeure d'actualité et nous interpelle encore aujourd'hui. On est d'autant plus touché, sachant que son auteur, Marcelle Sauvageot est décédée peu de temps après (des suites de sa maladie), au jeune âge de 34 ans. Phébus, 112 pages - réédition février 2004.
01/12/06
Lettres à ma fille (textes réunis par Agathe Hochberg)
Francis Scott Fitzgerald, Marie Thérèse d'Autriche, François Mauriac, Sido, Colette, Freud, Joseph de Maistre, Marie Curie, Groucho Marx, Franz Liszt, Diderot, Théophile Gautier, Madame de Sévigné, Victor Hugo, Calamity Jane, Comtesse de Ségur, Alexandre Dumas, Claude Debussy.
Qu'ont-ils en commun ? Leur fille ! Et les lettres bouleversantes que ces personnalités leur ont envoyées à différents moments de leur vie. Des correspondances souvent méconnues du grand public, véritables concentrés de génie et de sentiments. On y retrouve des relations plus ou moins affectueuses, des conseils, des intimidations, des adieux, de la force d'aimer, d'étouffer presque, ou juste la permission de s'émanciper. De couper le cordon.. bref, des preuves d'amour, envers et contre tout.
Le mot de la fin est de Bel-Gazou à propos de sa mère Colette : "Je crois qu'elle a désiré sur je sois une parfaite merveille, à tous points de vue, et d'emblée. Je l'ai bien déçue. Les enfants sont rarement des parfaites merveilles. Ils peuvent même être parfaitement désastreux. Il me semble que plus je désirais être une enfant exceptionnelle, et plus je passais à côté. Vous savez, une femme, qui a toujours été d'une exigence et d'une sévérité exceptionnelle envers soi-même, comment n'eût-elle pas montré de sévérité envers un morceau d'elle-même ?".
Mango


