07/02/12

☆ Carte blanche ☆

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Cinquième tome de la série, et aucun coup de mou ! 
Plusieurs scènes cocasses ont retenu notre attention : d'abord l'anecdote du poignet cassé parce que Greg s'est étalé en se levant des cabinets, où il était resté des plombes, et ses jambes étaient engourdies. Humour potache, je sais, mais humour tout de même ! 
Ensuite la mère décide de reprendre ses études et demande aux garçons de la maison de se gérer comme des grands. Ahem. Place à une série de catastrophes, qui vont du linge à trier, de la cuisine à assurer, du réveil le matin, des devoirs à réviser... Et même le passage avec Isabella, la femme de ménage, donne droit à de bons moments de rigolade. 
C'est une série de la loose, qui assume son anti-héros, pour ça et pour son ton humoristique, le lecteur s'y retrouve et en redemande. 

Journal d'un dégonflé, tome 5 : La vérité toute moche par Jeff Kinney
Seuil jeunesse, 2012. Traduction par Natalie Zimmermann 

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Deuxième tome de la série, qui confirme toutes les bonnes qualités déjà aperçues.
Olive cherche un moyen pour sauver son ami Morton, prisonnier des peintures magiques, à travers lesquelles il était possible de voyager grâce à une paire de lunettes (bon, celles-ci sont cassées !). Aidée des trois chats qui parlent, et d'un petit voisin passionné de dinosaures, Olive doit trouver un livre des sorts qui pourrait détenir la solution. Toutefois, ce petit jeu-là peut s'avérer plus dangereux qu'une simple partie de chasse enfantine...

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Une ambiance à la Neil Gaiman, une héroïne courageuse, trois chats qui parlent, des peintures magiques, un ami en détresse, un livre des sorts à retrouver, un petit voisin qui en sait beaucoup, des parents perdus dans leur monde, une grande maison au style baroque, un dénouement stupéfiant, beaucoup de charme et de mystère pour cette série qui peut séduire les plus jeunes lecteurs, dès 10-11 ans.

La maison des secrets, tome 2 : Le livre des sorts par Jacqueline West
Seuil jeunesse, 2012. Traduction par Jimmy Montrose.
illustrations de Poly Bernatene 



28/12/11

You are my winter

Nos lectures du soir, 

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Ogres, brigands et compagnie par Tomi Ungerer (Ecole des Loisirs, 2011). Cette édition comprend Les trois brigands (à voir la couverture, on s'en doutait !), Jean de la Lune, Le Géant de Zeralda et Zloty. Une édition spéciale pour fêter les 80 ans de l'auteur.
Contes choisis des frères Grimm, illustrés par Adolf Born (Seuil jeunesse, 2011). Vingt contes sélectionnés, parmi lesquels : Le loup et les sept chevreaux, Les trois fileuses, Hansel et Grethel, Les musiciens de la ville de Brême, Le roi grenouille ou Henri de fer...
A déguster !  

21/12/11

A l'école des pages du Roy Soleil, Tome 2 : Le manuscrit volé

(lu par ma fille, 11 ans)

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Voilà un tome avec pas mal de suspense, où jusqu'au bout le secret est bien gardé. La mise en scène est théâtrale, Jean joue beaucoup la comédie, avec des scènes cocasses (comme lorsqu'il prétend être malade et se maquille à outrance). Prunelle est fidèle au poste, toujours charmante et attentive, très réfléchie, indispensable pour aider Jean et son enquête à avancer, même si elle ignore l'objet de leurs recherches (Jean doit effectivement tenir au secret la disparition du manuscrit du Roy). On fait connaissance avec un nouveau personnage, pour constituer le trio qui mènera l'enquête, il s'agit donc du marquis de VilleMandais. C'est un jeune homme avenant et qui cultive un certain humour. C'est aussi un roman qui introduit des faits historiques véridiques, ici on apprend l'existence de Louis Auguste, autrement dit le duc de Maine, le fils "préféré" de Louis XIV. Pour la première fois, on quitte Versailles pour se rendre à Paris (de nuit). De toute façon, le rythme de l'histoire n'offre pas le temps de souffler, Jean n'a que trois jours pour trouver le manuscrit volé. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer ! En gros, ce tome 2 confirme tout le bien pensé après la lecture du premier (du mystère, de l'action et un peu d'amour, tout ce que j'aime !).

Résumé de l'histoire (pas par nous) :

Le page Jean de Courçon assiste à un événement inouï à la cour de France : un courtisan mauvais joueur se lève d'une table de jeu et dans sa colère bouscule Louis XIV.
Cet incident aura pour logique conséquence de mettre fin à la présence de ce marquis à Versailles. Le lendemain, le secrétaire particulier du roi, Toussaint Rose, se rend en grand émoi chez M le Grand Ecuyer de France, pour lui confier un grave souci qui ne doit pas être éventé : il a perdu le manuscrit du souverain, intitulé « Manière de montrer les jardins de Versailles ». A moins qu'on ne le lui ait volé.
M le Grand Ecuyer charge le page Jean de Courçon de mener une discrète enquête. L'apprenti détective dispose de trois jours pour aboutir. Aidé de la jolie et subtile Prunelle, fille d'un des maîtres jardiniers de Versailles, et duc de Maine, fils du roi, Jean va partir sur les traces du manuscrit, jusque dans les coins les plus malfamés de Paris, là où tente de se reconstituer une cour des Miracles et où se déroule une meurtrière guerre des chefs.
Le danger devient pressant lorsque le fils du roi se retrouve mêlé à cette guerre entre clans de truands. Et le manuscrit ? Il sera retrouvé, certes, mais de la plus singulière manière et restitué de manière encore plus incroyable… et pourtant historiquement vraie.

A l'école des pages du Roy Soleil, Tome 2 : Le manuscrit volé par Arthur Ténor
Seuil jeunesse, 2011. Illustrations de Benjamin Lacombe.

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13/12/11

Rose et la princesse disparue

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La vie de Rose a connu un grand chamboulement depuis son entrée au service du magicien Aloysius Fountain. Elle qui était orpheline a pu trouver une place en or en tant que domestique, avant de découvrir qu'elle possède de véritables dons pour la magie. Depuis, et aussi parce qu'elle a démasqué une kidnappeuse d'enfants, Rose est désormais l'apprentie de A. Fountain. Toutefois, elle tient à garder son métier, surtout pour ne pas couper contact avec ses proches amis, comme Mrs Jones ou Bill. Difficile de concilier ses deux univers si différents, car d'un autre côté elle passe aussi beaucoup de temps avec Freddy, qui apprend la magie comme elle, et Isabella, la fille d'Aloysius.

De nouveau, Rose va devoir prêter ses services et ses capacités, à la demande du roi lui-même, depuis la disparition de la princesse Jane. En tant que conseiller, Aloysius mène son enquête tandis que Rose, sous l'effet d'un charme, prend les traits de la princesse disparue. L'illusion doit durer le temps du banquet d'anniversaire, au cours duquel les masques vont tomber, et permettre à la jeune Rose d'accomplir de nouveaux exploits ! 

Il s'agit donc de la suite de Rose et la maison du magicien. Aussi ravissante soit-elle, la couverture laisse supposer une lecture un peu trop enfantine, alors qu'elle renferme davantage de potentiel. L'intrigue est simple, le schéma se répète assez souvent, mais c'est loin d'être niais. Les personnages sont jeunes, ils découvrent un monde nouveau et nous font partager leurs expériences. C'est mignon, c'est frais, ce n'est pas nouveau mais c'est du plaisir garanti. Pour jeunes lecteurs !

Rose et la Princesse disparue par Holly Webb
Flammarion, 2011. Traduit de l'anglais par Faustina Fiore 
Couverture Artwork : Lisa Evans 2010 

Le tome 3 paraîtra en avril 2012.

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06/12/11

Une porte super mystérieuse

Elinor est une petite fille ordinaire, sauf qu’elle se moque trop des autres. Depuis qu’elle a ouvert une mystérieuse porte, rien ne va plus. Jack est un garçon ordinaire, sauf qu’il vit dans un univers parallèle. Depuis qu’Elinor est apparue dans son monde, rien ne va plus. Tandis qu’Elinor veut rentrer chez elle, Jack rêve de trouver le monde doré. Pour y parvenir, ils devront braver ensemble mille dangers.

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Voilà une bande dessinée vive, colorée et rythmée avec des personnages fort sympathiques. D'un côté, Elinor est une ravissante pimbêche, un peu soupe-au-lait et autoritaire. Jack, lui, est décrit comme étant un garçon valeureux et très courageux, d'ailleurs il se prête sans hésiter au jeu du chevalier servant pour les beaux yeux de la miss, laquelle  est un peu menteuse sur les bords, ça tombe bien, lui aussi (il a une passion folle pour tout ce qui est doré, il accepte de venir à sa rescousse en pensant qu'elle est réellement une princesse, sauf qu'il s'agit tout simplement d'un costume pour un spectacle scolaire !).
La rencontre entre ces deux-là est désopilante, cela se passe dans une quatrième dimension, avec des mondes parallèles et des portes qui apparaissent comme par magie (et qui disparaissent tout aussi vite). Elinor a atterri dans cette galère sans rien y comprendre, elle ne rêve que d'en sortir mais ignore comment (alors elle va se servir un peu de Jack en prétendant être ce qu'elle n'est pas, mais chut !). De toute façon, ce ne sont pas les surprises qui manquent !
Le scénario est basique, mais entraînant (cela se destine pour un lectorat jeune, dès 8-9 ans). C'est très drôle aussi. Et le méchant, celui qu'on nomme à juste titre le Malveillant, me fait bizarrement penser à l'empereur Zurg dans Toy Story ! J'ai beaucoup aimé le lion Léonide et la famille des nains bleus également. De toute façon, la palette des personnages est vraiment réussie. Tous parviendront à séduire le lecteur. 
C'est une première rencontre enthousiasmante, absolument charmante, sur un schéma classique mais proprement jubilatoire. Le deuxième tome (suite et fin) est déjà disponible. 

Elinor & Jack, tome 1 : Une porte super mystérieuse, par Raul Arnaiz & Mari Paz Villar.
Delcourt, 2011. 

Pour en savoir plus : http://elinor-et-jack.blogspot.com/

un extrait : elinor_et_jack_image

une découverte :babelio

 

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02/12/11

Le souffle d'un matin

Faisons encore le plein d'émotions, avec d'abord de la tendresse, un peu de douceur, de l'amitié et beaucoup d'amour. C'est l'histoire d'un grand timide, Titus, qui voudrait bien inviter la petite nouvelle, jolie comme un coeur, pour le bal de la Saint-Valentin. Alors il fait appel au génie facétieux de son grand-père, l'incroyable Papyrus, pour lui donner le coup de pouce nécessaire (avec un gâteau d'affection par exemple) pour faire craquer l'élue de son coeur. C'est le deuxième livre mettant en scène Titus et son grand-père Papyrus, et la magie est toujours au rendez-vous. Isabelle Jarry a donné vie à des personnages tellement attachants, l'univers de Papyrus est unique et fabuleux, d'ailleurs les dessins d'Aurore Callias en sont l'interprétation joyeuse et parfaite, c'est sensationnel. On rêverait tous d'avoir un Papyrus dans sa vie ! 

LEBALDE

Place maintenant aux frissons avec une histoire de fantôme : la famille March prend ses quartiers à Forrest Lodge, une belle demeure perdue dans la campagne écossaise ; on y trouve le père, le grand-père, le fiston (Horace), la cousine (Olivia) et la gouvernante. La maison traîne la réputation d'être hantée, c'est vrai qu'on entend souvent des bruits bizarres la nuit dans les couloirs, mais Horace veut le voir pour le croire. Et chose promise, le voilà nez à nez avec le fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh. Qui est-il ? que veut-il ? Et pourquoi sa cousine Olivia prend soudain des airs rêveurs, en jouant à l'infini des mélodies mélancoliques à la harpe ? Une petite histoire surprenante, à lire le soir dès que la nuit est tombée. Frissons garantis pour les plus impressionnables, avec une touche (petite) de romantisme pour ceux qui veulent, voilà qui nous rappelle les romans anglais du 18ème et 19ème siècle.

LAFIANCEEDE

Et pour finir, une lecture minuscule par la taille et pour le temps qu'on passe à feuilleter les pages du livre, mais alors un texte qui sonne les cloches de notre moi inconscient / indifférent / insouciant. Un jour, peut-être, viendra le temps où il sera interdit de planter des fruits et des légumes, où il faudra se cacher pour accomplir ce miracle, et où rien que le goût d'une petite tomate, qui a rougi après avoir vu les fesses d'un petit garçon, vous apparaîtra comme étant la saveur la plus exquise de votre vie ... Han, han. Voilà de quoi rappeler les plaisirs simples de la vie, mais pas que. Car parfois la désobéissance, c'est aussi un acte de liberté. Voili, voilà. C'est encore un texte de Christophe Léon, le seul, l'unique, dont j'apprécie infiniment le tact et l'intelligence. Merci ! 

LEGOUTDE

  • Le Bal de la Saint-Valentin, par Isabelle Jarry & dessins d'Aurore Callias (Gallimard jeunesse, 2011)
  • La fiancée du fantôme, par Malika Ferdjoukh & illustrations d'Edith (Mouche de l'école des loisirs, 2011) =) ce texte est paru en 1990 aux éditions Syros sous le titre Le fantôme de Forrest Lodge.
  • Le goût de la tomate, par Christophe Léon (Petite poche des éd. Thierry Magnier, 2011)

01/12/11

Angora

Encore une tournée de petites lectures, pour le plaisir de vivre des rêves qui pincent le coeur et nous font comme des papillons dans le ventre. Ceux qui nous feraient courir à l'autre bout de la Terre même sous la pluie, même sous la neige ou le soleil brûlant. Marika ne rêve pas d'aller à la mer (voyage offert par le Secours Populaire) mais elle rêve de galoper sur un pur-sang arabe. C'est un rêve inaccessible parce que cela représente beaucoup trop d'argent, et ses parents, comme tous ceux de la cité des Muguets, ne roulent pas sur l'or. Alors, ce sera une journée à la plage en compagnie de sa meilleure amie Sofia. Et quelle journée ! Les filles vont s'amuser, barboter dans l'eau, faire des batailles de sable, découvrir le talent caché de Christian... Voilà une lecture qui donne du baume au coeur, et du rose aux joues. Et des étoiles dans les yeux ! C'est important d'avoir des rêves et de s'y attacher très fort (on ne sait jamais). Très beau texte d'Agnès de Lestrade, avec des illustrations au poil de Nathalie Choux.

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Après le temps des rêves, le temps de rire. Janin s'interroge sur son identité, à savoir s'il est bien le fils de son père. C'est suite à la réflexion de l'épicier italien qu'il s'est mis à douter, en se regardant dans le miroir. Autant il est blond comme les blés, autant son père est brun, très brun, avec une fossette au menton, la marque de fabrique, comme il dit, même le petit frère en a hérité et pas lui ! Janin est un garçon à l'imagination débordante, il va d'abord croire que ses parents ont été le choisir dans un supermarché de nourrissons, au prix de cinquante-cinq euros le kilo. Cela va lui coller une fièvre phénoménale et le droit de rester à la maison le lendemain. L'occasion de se rendre au Monoprix, d'acheter une coloration pour cheveux, de rentrer ni vu ni connu chez lui, et le soir dans la salle de bains, il passe à l'action. Alors, là, c'est vraiment le moment le plus drôle du roman. J'ai ri, mais qu'est-ce que j'ai ri ! C'est un petit livre très attachant, qui fait dire aux enfants qu'on doit ressembler goutte pour goutte à ses parents, sinon c'est inquiétant. Cette introspection est vécue avec tout le charme et la folie de l'imagination débordante du jeune héros. Les illustrations de Gabriel Gay sont très expressives et ont su plus d'une fois m'enchanter.

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Ce n'est pas nouveau de lire des romans où les enfants s'interrogent sur qui ils sont, où ils vont, à quoi ils ressemblent, etc. Raphaëlle, neuf ans et des pépettes, est confrontée à un corps qu'elle ne comprend plus. Tout fout le camp : des poils par ci, des seins par là... mais à quoi elle ressemble ? A une créature monstrueuse, pense-t-elle. A moitié fille, à moitié garçon ? Ne supportant plus son image, Raphaëlle se camoufle sous des piles de vêtements, qu'on lui fiche la paix ! Perdue dans la galaxie entre deux planètes inconnues, elle est à la recherche de ses semblables et, allez savoir pourquoi, son vaisseau ne répond plus... Tellement vrai et juste, ce texte de Charlotte Moudlic fait dans la simplicité et parle de la préadolescence avec tendresse. Et tant mieux, j'ai envie de souligner, c'est un passage qu'on oublie trop souvent de raconter ou de mettre en mots, pourtant ça aiderait les petites demoiselles ! 

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On termine sur une note d'émotion avec le très, très beau texte de Thierry Lenain : l'histoire d'une rencontre entre une jeune fille, très proche de son père, et d'un bébé abandonné à l'autre bout du monde. Marion prend très à coeur sa mission à l'orphelinat, aussi elle se sent insultée lorsqu'une infirmière lui reproche de trop s'attacher au bébé, en lui donnant goût au bonheur, aux petites attentions... C'est une remise en question, où l'on se demande si l'on peut faire du mal en croyant faire du bien, et on découvre aussi que c'est un formidable apprentissage pour Marion, qui vient de son pays doré, qui aime et est aimée en retour et qui réalise ainsi que c'est un luxe. Qu'est-ce que j'ai aimé cette façon de tout raconter à travers le regard du papa ! Très beau, très touchant. Qui fait réfléchir, pleurer et sourire aussi.

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Toutes les références : 

  • Tout le monde veut voir la mer, par Agnès de Lestrade (illustrations de Nathalie Choux) - Rouergue, coll. Zig Zag, 2011
  • Ma tête à moi, par Xavier-Laurent Petit (illustrations de Gabriel Gay) - Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2011
  • Presque ado, par Charlotte Moundlic - Ed. Thierry Magnier, coll. Petite poche, 2011
  • Lali l'Orpheline, par Thierry Lenain (illustré par Olivier Balez) - Oskar éditeur, coll. Trimestre, 2011

23/11/11

A bas le lait de vache. Vive les graines de sésame et l'huile de pépins de pamplemousse.

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Et tandis que l'encens de bois de cèdre se répandait dans sa chambre d'enfant ordinaire, j'ai enfin compris ce que le petit nuage d'Elianor me raconte depuis le premier jour. 
Il me dit que nous sommes pareils, elle et moi. Que chez nous on respire le même air, qu'on voit la même tristesse chez nos parents, qu'on a beau vivre dans un manoir en ruine ou dans un appart HLM, on a beau se gaver de graines macrobiotiques ou de biscuits Nestlé, on en revient toujours au même problème, à la même sensation que quelque chose ne tourne pas rond. 
Car Elianor a perdu sa mère, et moi j'ai perdu mon père.

Noah ne cesse de s'interroger sur la nouvelle élève de sa classe, Elianor, secrète, silencieuse et gracieuse à sa façon. Tous ses camarades se moquent d'elle, notamment sur son odeur, mais elle s'en moque et s'isole dans la bibliothèque ou tourne en ridicule la grosse brute de la récré avec un sourire mutin. Noah est perplexe, admiratif. Oui, il se pose mille questions. Après une période d'observation, le garçon tente donc une technique d'approche et découvre une fillette remarquable, intelligente et futée. Elle cultive aussi un régime alimentaire très strict, en proscrivant tous les acides gras, et recommande à Noah d'agir en conséquence (manger des graines ou boire du lait de soja). Il accepte, mais sur le bout des lèvres (Noah aime la viande, le sucre, les colorants. A qui la faute ?). 
Bon, on s'en doute, c'est loin d'être simple et le garçon va inévitablement craquer et faire des tonnes de reproches ridicules à son amie, Elianor aussi va se fâcher avant d'expliquer pourquoi ce régime lui tient tant à coeur. (Elle le fait en souvenir de sa maman, pour respecter son souvenir et se sentir proche d'elle.) C'est ce qu'elle reproche d'ailleurs à Noah, d'oublier volontairement son père (également décédé) pour ne pas avoir à affronter son chagrin. C'est plus facile d'en vouloir aux absents que de reconnaître ô combien ils nous manquent.
Les deux amis vont heureusement se réconcilier, le papa d'Elianor, qualifié de gourou du bonheur et passeur d'amour, va également sortir de sa bulle pour retoucher Terre et la maman de Noah va retrouver le sourire et l'étincelle dans les yeux (non, non, je vous rassure, pas d'histoire d'amour entre ces deux-là !). Il est aussi question d'odeur corporelle dans ce livre (les enfants entre eux sont sans pitié), alors il est donc clairement expliqué qu'il s'agit effectivement d'un mystère de la science, avec possibilité d'alchimie lorsque nos petits nuages (de phéromones) se rencontrent, se comprennent, se reconnaissent ou se fuient. 
C'est un petit roman tendre et généreux, frais et drôle, terriblement attachant, avec des personnages adorables, qui tient un discours sur tout et rien, qui touche et fait réfléchir, en plus d'une couverture illustrée par Lili Scratchy qui donne vraiment envie d'en savoir plus. Une belle promesse de lecture.

Mayo, ketchup ou lait de soja par Gaia Guasti
Ed. Thierry Magnier, 2011 - illustration de couverture : Lili Scratchy. 

22/11/11

"Pour séduire une bibliothécaire de quarante ans, il suffit de lui dire qu'elle ressemble à Jane Austen." (*)

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C'est l'histoire d'une pauvre petite fille riche, qui confond la fiction et la réalité, et qui a terriblement besoin qu'on s'intéresse à elle. Sa mère est l'auteur célèbre d'une série mettant en scène un personnage s'appelant comme sa fille, Bathsheba Clarice de Trop, une héroïne super glamour, dont l'existence est faite de strass, de paillettes, de sorties branchouilles, de copines canons, de petit copain irrésistible, d'aventures palpitantes et ô combien futiles. Le problème, c'est que la vraie Bathsheba s'y accroche comme une moule sur son rocher ! Elle a bien du mal à dissocier le vrai du faux, ou disons qu'elle préfère vivre dans ce monde d'illusions au lieu de reconnaître que son existence n'est faite que d'amertume et de solitude. Sa mère est donc trop accaparée par son boulot et ne prend plus le temps de se soucier de sa fille, son père est aux abonnés absents depuis des lustres, Bathsheba vit dans le luxe, son mets préféré est constitué d'un savoureux mélange de caviar et de tarte à la salade, mais sous l'artifice c'est creux, vide et triste à mourir. Pour seule compagnie, la fillette a Natasha, l'employée de maison, qui ne la supporte pas d'ailleurs, et qui va finir par lui présenter sa filleule, Keisha, dont les origines plus modestes vont permettre à Bathsheba de s'ouvrir vers l'extérieur, de se comporter de moins en moins en petite fille égoïste, capricieuse et snob. De plus, elle va rencontrer son père, pour de vrai ! Elle sera très déçue par lui (son physique est quelconque, il s'appelle Bill et c'est un ancien escroc qui a fait de la prison). La claque ! Son retour sur Terre est donc brutal mais bénéfique, puisqu'elle cessera de se prendre pour une petite princesse et envisagera enfin d'apprécier des choses simples et ordinaires, comme les frites par exemple, même si sa mère déteste ça parce que c'est mauvais pour la santé ! 
Bien entendu cette lecture se destine à des jeunes lecteurs, dès 10 ans.

Maman, papa, les frites et moi par Leila Rasheed (Bayard jeunesse, 2011)
Traduit de l'anglais par Thomas Leclere - illustration : Regis Faller

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Toujours aussi irrésistible ! Jess Jordan doit passer ses vacances en famille, lesquelles consistent à errer dans la campagne anglaise pour visiter les églises médiévales, en compagnie de sa mère et de sa grand-mère, voilà donc un programme qui ne l'enchante guère car Jess est follement amoureuse de Fred et veut passer tout son temps libre auprès de lui. Là où ça se corse, c'est que sa mère ignore l'existence de cette relation amoureuse, essentiellement parce que sa mère est fâchée avec la gente masculine (plus pour longtemps, je vous rassure !). La séparation temporaire du jeune couple est donc vécue comme une véritable torture, Jess se languit de son Fred et devient jalouse à en crever rien qu'à l'imaginer avec sa meilleure amie Flora, soudainement trop belle pour être honnête. Elle l'abreuve donc de SMS et se fait des films improbables, dont le scénario vire toujours au cauchemar, les retours du garçon se font rares et provoquent des crises de jalousie. Jess ne peut que mijoter dans son jus, parfois l'amour ça vous use une prétendante en clownerie, je vous jure... Bref, c'est anglais, drôle, adolescent et impertinent, ça se lit en deux coups de cuillère à pot et on en redemande ! Dans ce tome, Jess apprend aussi la raison de la séparation de ses parents et se prépare à une révélation qui pourra paraître stupéfiante sur son paternel. Des retrouvailles au top, je vous le garantis !

16 ans ou presque, torture absolue, par Sue Limb (Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2011)
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux - illustration de couverture : Soledad Bravi 
(première édition en 2006, coll. Hors Série)

(*) réflexion de Jess Jordan à propos de sa mère et de son amoureux chéri

09/11/11

"A tout jamais elle occupe mes pensées."

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Intriguée au départ par cette nouvelle série de Lenia Major, je ne m'imaginais pas une seconde me passionner autant pour les aventures d'Ascane et de sa licorne. Il s'agit en effet d'un monde très différent de celui rencontré dans Le Prince des Maudits, mais il n'est pas sans intérêt non plus car il promet de nous balader vers des contrées tout aussi fantastiques que merveilleuses. 
Ascane de Livarot est la première fille à être envoyée en apprentissage auprès de Maître Séber pour devenir licornière. Son arrivée déplaît fortement et l'homme compte bien lui en faire voir de toutes les couleurs. C'est ainsi qu'il lui confie la charge d'une licorne sauvage, sérieusement blessée depuis sa capture, et qui refuse qu'on s'approche d'elle. A force de patience, Ascane va accomplir un petit miracle ! 
Un lien très fort va l'unir à la créature, un lien qui expliquerait aussi une particularité chez la jeune fille. C'est un don, assez rare, seul son grand-père en avait déjà fait montre, mais toute l'histoire ne doit pas se dévoiler si vite. 
En ligne de fond, on découvre aussi la présence d'un individu fou dangereux, assoiffé de vengeance, qui fomente un complot meurtrier dans lequel il impliquerait les licornes. Cette part de l'intrigue sera plus largement développée dans la suite, pour l'heure c'est une première approche, le temps de faire connaissance avec l'héroïne, de se familiariser avec les licornes, de mieux connaître le monde des licorniers. 
Cette lecture s'est finalement révélée enthousiasmante, il y a peut-être moins d'humour et d'action, mais le style fluide et entraînant de Lenia Major rend ce rendez-vous fort agréable. Cette rencontre s'est opérée avec un zest de magie et un soupçon de mystère et de suspense qui promet un bel affrontement. Je m'en réjouis !  

La Fille aux Licornes, tome 1 : La rencontre par Lenia Major
Talents Hauts, 2011 - 160 pages - 12,50€
illustration : Elodie Marze 

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