02/02/18

Pêle-Mêle : Pas poli ? - Le cache-cache des animaux - La vengeance de Germaine

pas poliTadam ! Arrivée fracassante du petit loup d'Alex Sanders dans la peau du gros dur. Tremblez, jeunes gens !

D'abord il entre sans toquer à la porte, sans dire bonjour, sans demander la permission pour manger une banane, sans s'il vous plaît... Et il dit des gros mots, il parle la bouche pleine, il jette ses détritus par terre ! Tout ça, tout ça.  

Vraiment, rien ne va plus. Le lecteur est outré. Il rouspète, il vitupère, il va prévenir la police. Nanméo.

Mais voilà, face à une bosse de la taille d'un œuf de pigeon, boum sur la tête, le lecteur est compatissant. Le loup est sonné et doit rentrer fissa chez lui, au revoir et à bientôt.

Cet album est franchement drôle ! L'enfant se marre tout du long à suivre le dialogue avec un loup insolent, qui dit caca et prout (ça fonctionne toujours) et qui fait exactement tout ce qu'il ne faut pas faire !

Ce guide décalé des bonnes manières est impayable ! 

Pas poli ? d'Alex Sanders

loulou & cie de l'école des loisirs, 2018

-----------------------------

 

le CACHE-CACHE DES ANIMAUX

C'est jour de cache-cache.

Le petit chien s'y colle pendant que ses copains se planquent partout dans la maison. Il compte jusqu'à dix et la partie peut commencer.

L'opération camouflage est en place. Le chien doit débusquer tigre, lapin et mouton, tous fondus dans le décor, parmi les tissus colorés et aux motifs bariolés, au milieu des pantoufles, des coussins ou des manteaux.

Le lecteur aussi peut trouver les indices et s'amuser à surprendre qui se cache où. C'est simple, mais très rigolo. Les illustrations sont ravissantes et apportent une vraie touche de fraîcheur à l'histoire.

Un bon goûter vient également récompenser les petits amis... après quelques poussées de tension et des secondes de stress face à “l'immense silhouette noire” qui se profile dans la cuisine. Brrr ! ☺

Le cache-cache des animaux, de Tomoko Ohmura

l'école des loisirs, 2018

-----------------------------

 

la VENGEANCE DE GERMAINE

Réédition d'un titre déjà paru en 2002. Mais c'est tellement bon qu'on ne s'en lasse pas !

Germaine et Lulu sont deux cocottes qui partagent la même basse-cour, mais toutes deux se disputent constamment. En fait, Lulu a tout pour elle - elle est gracieuse, coquette, dodue et a la cote auprès des coqs. Tout le contraire de Germaine, affreusement jalouse.

Plus le temps passe, plus la rancœur est tenace. Lulu réussit tout, tandis que Germaine est la risée du poulailler. Et puis un jour, Germaine décide d'offrir à son ennemie jurée un gâteau. Puis un autre. Tous les jours, elle apporte une pâtisserie en signe de contrition.

Lulu est ravie et se régale. Tant et si bien que... La vengeance est un plat qui se mange froid. Gnak gnak gnak.

Je n'ai rien vu venir de la ruse finale et j'applaudis bien fort ce tour de passe-passe. Cet album est absolument jubilatoire dans son genre et s'adresse à tous les amateurs d'humour noir ! ☺

La vengeance de Germaine, d'Emmanuelle Eeckhout

pastel de l'école des loisirs, 2018

 


01/02/18

Pêle-Mêle Clarabel : Sens dessus dessous - L'autobus - Allez, au Nid !

sens dessus dessousDans cet album aux couleurs pimpantes et aux illustrations acidulées, la lecture nous embarque vers une drôle d'épopée qui fait à la fois sourire, réfléchir... donc apprendre en s'amusant !

Les contraires, on connaît. Je dis gauche, tu dis droite. Dedans, dehors. Jour et nuit. Jusque-là, ce n'est pas compliqué. Mais qu'advient-il du minuscule sans le poids immense ? ou le petit sans le grand ?

Eh oui, ça se corse. Et plus on avance dans la réflexion, plus on note que le sens dépend réellement d'où l'on se place ou d'après ce qu'on peut voir. Réflexion, réflexion. 

Les petites cellules grises vont se dérouiller en parcourant ce joli album qui donne une réelle ampleur à la discussion et à la démonstration. C'est assez philosophique - n'est haut que ce l'on regarde du bas, ou lent si l'on est rapide. Qui est près, qui est loin ? qui est devant, derrière ? le plus fort n'est finalement que le plus faible de quelqu'un ?

Voyez, voyez... Cela peut porter très loin, et c'est réjouissant ! J'ai beaucoup aimé cet album - pour son esthétisme rafraîchissant d'abord - pour sa perspective d'ouverture et ainsi encourager le jeune lecteur à élargir son champ de vision sur le monde.

C'est charmant ! Épatant, dans le sens noble. Clap-clap-clap des deux mains.

Sens dessus dessous ! Mon livre des contraires, de Susan Hood & Jay Fleck

De la Martinière Jeunesse, 2018

Trad. Sébastien Cordin

--------------------

L'Autobus

Grande journée pour Clara ! Pour la première fois, la fillette va prendre l’autobus seule, comme une grande. Excitée par cette aventure, elle fait de grands signes à sa maman en lui assurant que tout va bien se passer. Avec son petit panier et sa veste rouge, elle peut s'installer sagement sur un siège et contempler le paysage à travers la fenêtre, ou imaginer la vie des autres voyageurs, partager ses galettes avec un petit loup de passage, compter les arrêts avant le sien, démasquer un voleur et tirer la langue en le poussant vers la sortie...

Quelle joyeuse virée à travers la forêt, les champs ou même un tunnel ! Avec son format à l'italienne, l'album souligne au mieux la longueur de l'autobus, son allée principale, ses rangées de fauteuils, ses déplacements incessants des passagers, dans tous les sens. De plus, chaque double page réserve des indices cachés, des détails à retrouver (il y a quelque chose qui cloche après la traversée du tunnel et la plongée dans le noir complet, à toi de le découvrir !).

En bref, c'est un album ravissant... évidemment inspiré du conte classique de Perrault, car la fillette part rejoindre sa grand-mère mais on avait largement compris la référence avant le dénouement. La lecture grouille de détails cocasses et amusants, pour une lecture pétillante et qui donne le sourire !

L' Autobus, de Marianne Dubuc

La Martinière Jeunesse, 2018 

--------------------

Allez au nid

 

Autre rendez-vous incontournable - le coucher du soir et son rituel immuable ! La toilette, les bisous, les histoires, les câlins, les doudous... Ici, tout est prodigieusement mis en scène pour préparer à merveille l'enfant et le rassurer pour la nuit (la séparation, la solitude, l'obscurité...). Bref, on le sait, ce moment est à appréhender avec douceur, tendresse et sérénité. Jo Witek et Christine Roussey - magiciennes en chef - ont ajusté leurs pinceaux et servi une lecture délicieuse, tout en charme et en poésie. Elles glissent “des mots flocons tout ronds, tout tendres, si rassurants” parmi de fabuleuses pirouettes colorées. Elles déclinent les étapes du coucher, alternent la fantaisie et le miel, elles chuchotent à l'oreille et annoncent “l'heure bleue du coucher”, avant de promettre - juré, craché - “demain, quand le soleil s'éveillera, le monde entier de nouveau chantera”.

Tout simplement PARFAIT ! ♥

Allez, au Nid ! de Jo Witek & Christine Roussey

De la Martinière Jeunesse, 2018

 

 

30/01/18

Bilan du mois : Janvier 2018 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

happily ever after starts here

Arroser ce début d'année 2018 avec du miel du sucre de la guimauve & résister aux spirales infernales.

Lire, en conséquence. Parmi mes préférences du mois, retrouvons :

 

Les premières enquêtes de Miss Silver, de Patricia Wentworth [#]

Amours et autres enchantements, de Sarah A. Allen [#]

P.S. I love you, de Cecelia Ahern [#]

Rendez-vous au Cupcake Café, de Jenny Colgan [#]

Éparse, de Lisa Balavoine [#]

Calpurnia & Travis, de Jacqueline Kelly  [#

Star Trip, d'Éric Senabre  [#]

La légende de Podkin le brave, de Kieran Larwood [#]

Le sourire de l'homme poisson, de Tom Avery [#]

 Passenger, d'Alexandra Bracken [#]

Audrey retrouvée, de Sophie Kinsella [#]

Encore plus de bonheur, de Rachel Corenblit [#]

♥ Quatre sœurs, Tome 4 : Geneviève, de Cati Baur & d'après Malika Ferdjoukh ♥

 

Image associée

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Quatre sœurs, Tome 4 : Geneviève, de Cati Baur & d'après Malika Ferdjoukh

Genevieve Quatre soeursDernier tome de la série Quatre sœurs, et croyez-moi, le rendez-vous était attendu avec un certain pincement au cœur ! J'ai tout lu trop vite, tout aimé et j'ai profondément soupiré. 
Neuf ans. 584 pages.
Forcément, comme Cati Baur, l'instant est solennel. Et on se sent un peu perdues. Orphelines d'une famille. Avec un vide si grand au moment de tourner la dernière page.
À ce propos, je vous mets au défi de ne pas avoir envie de tout relire et de replonger depuis le début dans cet univers tant aimé des Quatre Sœurs. On en reparle ?
Moi, c'est fait. ☺

Dans cet émoustillant, et néanmoins émouvant, épisode, on focalise notre attention sur la benjamine de seize ans, Geneviève, qui aime l'ordre, la boxe et ses sœurs. L'été venant, toute la tribu Verdelaine a la bougeotte - Bettina part faire du camping avec ses meilleures amies, Enid et Hortense vont rendre visite à leurs cousins vivant à Paris, Geneviève vend des glaces à la plage et Charlie fait le vide dans sa tête en retapant sauvagement la Vill'Hervé. Toutes les cinq nous font partager leurs folles aventures estivales, parfois saupoudrées de mystère, de sensualité et de danger. La jolie Geneviève tombe sous le charme du ténébreux Vigo, Bettina se découvre une passion pour la campagne, les jeunes parisiennes font l'expérience du bruit, du monde, de l'inconstance et de la précarité. Une nuit cauchemardesque plus tard, tout ce petit monde rentre au bercail... dans une Vill'Hervé qui déborde d'âmes esseulées et de petites mains utiles. Ne manque plus que la tante Lutèce pour compléter le tableau ! Mais chut...

On sent venir le dernier tour de piste, trop tôt, trop vite. Mais il est temps pour les sœurs Verdelaine de faire leurs adieux à leurs parents, chacun tire sa révérence, se fait la bise, merci pour les souvenirs et au revoir. Je vous recommande également la lecture en page finale des remerciements de Cati Baur qui expriment avec tendresse cette inexplicable relation qui se noue entre une lecture et un public. 
Tout est parfait. ♥

RUE DE SÈVRES, 2018

 

Posté par clarabel76 à 11:00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

29/01/18

Encore plus de bonheur, de Rachel Corenblit

Encore plus de bonheur

Nouvelle saison pour l'héroïne de Que du bonheur ! dans laquelle Angela est décidée à tout déchirer et se défaire de son image de boulet du lycée.
Donc, maintenue en seconde après des résultats très moyens l'an passé, l'adolescente prend de haut ses camarades qu'elle juge mal dégrossis, en particulier ce Félix Arthaud immédiatement classé parmi les irrécupérables. De toute manière, Angela a d'autres priorités et encore le cœur  brisé par ses précédents déboires.
Sur le plan familial, tout part en sucette - son père est partisan vegan, sa mère a viré sa cuti et son grand-père en Ariège casse sa pipe. Le monde s'effondre. Angela a tout juste eu un mois de répit avant de renouer avec les embrouilles. 
Vis ma vie d'ado teigneuse et accablée de malchance ! Cest le programme du jour, à travers cette lecture réjouissante et débordante de pep's. Un rendez-vous léger et distrayant, sympa aussi dans la forme (mise en page façon journal, petits dessins rigolos). La formule est sans doute moins surprenante, mais le ton est toujours aussi mordant, plein de mauvaise foi et de dérision. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête.
À suivre, j'espère...

éditions du Rouergue, coll. doAdo, 2017 

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Audrey retrouvée, de Sophie Kinsella

Audrey retrouvée

Victime de harcèlement au collège, Audrey vit maintenant cloîtrée chez elle et ne quitte plus ses lunettes noires. Elle tente de gérer au mieux ses émotions, suit une thérapie auprès du docteur Sarah et s'enferme à la maison où elle trouve une tranquillité d'esprit qui l'apaise et la rassure, même si le quotidien est loin d'être de tout repos chez les Turner !
En effet, sa mère a décrété l'état d'urgence pour son aîné, Frank, qu'elle juge dépendant des jeux en ligne. Le garçon a beau se défendre de s'entraîner pour le prochain tournoi international de Lord Of Conquerors, Mme Turner campe sur ses positions. Qu'il varie ses centres d'intérêt ou l'ordinateur vole à travers la fenêtre.
Caméra au poing, Audrey n'en loupe pas une miette. Sa psychiatre lui a en effet demandé de tourner un film sur sa famille pour l'obliger, à travers cet exercice, d'aller vers les autres et sortir de sa bulle. Résultat, elle rencontre Linus qui va accomplir l'exploit de percer la solide carapace de la jeune fille, rien qu'en communiquant par petits messages sur papier. 
Une révolution est en cours. Et c'est royal. Car il y a une formidable énergie qui se dégage de l'histoire et une ambiance fofolle qui fait grandement plaisir. La touche Sophie Kinsella se retrouve dans l'enchaînement des situations cocasses et dans le ton positif pour traiter des troubles paranoïaques de l'adolescente (Audrey souffre de phobie sociale, anxiété généralisée et épisodes dépressifs). Au fond, la maladie est présente, avec sa courbe tordue, ses hauts et ses bas, mais elle n'est pas envahissante, ni considérée avec commisération. L'équilibre est tout bon (au départ, je craignais que sa guérison dépende de sa relation amoureuse, mais au final on va dire que le garçon arrive juste au bon moment dans sa vie car elle est enfin prête à reprendre le train en marche).
J'ai apprécié qu'on distille de l'humour dans un sujet a priori sensible. On dévore la lecture et on sourit tout du long. Cela fait un bien fou ! C'est sensible, comique, touchant, attachant. Vraiment un très bon roman de l'auteur qui s'adresse pour la première fois à un public jeunesse ! Une réussite... une expérience à renouveler. ☺

PKJ (2016) - Trad. Juliette Lê

 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

MDR - Menteuse Drôlement Raleuse, de Kody Keplinger

Menteuse Drôlement Raleuse

Sonny est une menteuse compulsive - c'est plus fort qu'elle. Au lieu de jouer cartes sur table, elle baratine sans cesse pour se sortir des mauvais pas. Mise à la porte par sa mère devenue dingue, la jeune fille squatte en douce la chambre de sa meilleure amie mais refuse de l'avouer aux parents de celle-ci qui risqueraient de s'immiscer dans sa vie et y découvrir une vérité peu reluisante. Car Sonny est une acrobate du faux-semblant, qu'elle pratique pour mieux se protéger. C'est comme avec Ryder Cross. Ce garçon vient de débarquer de Washington D.C., où son père est membre du Congrès, et se montre affreusement snob en prenant ses camarades de haut. Sonny le déteste et ne s'en cache pas. Lui aussi le lui rend bien et l'envoie souvent sur les roses. Seule la jolie Amy Rush trouve grâce à ses yeux (cela reste à sens unique). Et lorsqu'il cherche à entrer en contact avec elle, par mail, il reçoit une réponse cinglante... rédigée sur le ton de la plaisanterie par Sonny, qui n'est autre que la meilleure amie de Amy ! Prise de remords, Sonny va néanmoins s'excuser et entamer avec lui une longue discussion sur internet. Mais au moment de se quitter, la jeune fille découvre que Ryder s'est mépris sur son compte et croyait être en ligne avec Amy. Sonny veut rapidement dissiper le malentendu, seulement toutes ses tentatives tombent à l'eau. Comble du comble, la demoiselle est sérieusement en train de craquer pour l'individu... tout en le trouvant insupportable dans la vraie vie !

Le scénario est basique et attendu, avec des personnalités fortes et piquantes pour accompagner la lecture vers un divertissement assuré. De plus, Kody Keplinger avait déjà goûté au succès grâce à The Duff, un roman sexy et rigolo, sans jamais tomber dans la vulgarité. Et là, bingo on retrouve Wesley & Bianca, la famille Rush & Amy... la petite frangine. Je me voyais déjà tout en haut de l'affichage, blablabla, sauf que la chute a été rude. Et pour une désillusion, c'est une grande désillusion. Je n'ai pas du tout accroché au couple Sonny / Ryder malgré les boutades et l'ambiance Cyrano décomplexée. L'héroïne est trop vindicative et pleine de contradictions ; l'alchimie avec Ryder n'est pas palpable et les échanges sur messenger sont lisses et ressemblent davantage à une relation copain-copine. Il n'y a pas de séduction flagrante dans tout ça. Je suis restée un peu de marbre, ça ne m'a jamais touchée et ça manquait de crédibilité aussi (Sonny porte un lourd fardeau sur ses épaules... pourquoi les auteurs en rajoutent-ils toujours autant ?!). Pour moi, le rendez-vous est loupé - la lecture trop quelconque et décevante. SNIF. 

Hachette, 2017 - Traduction par Aude Gwendoline

 

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

28/01/18

Un petit quelque chose en plus, de Sandy Hall

Un petit quelque chose en plus

L'histoire se déroule sur un campus universitaire, où les premiers rôles sont tenus par Gabe et Lea, deux étudiants qui partagent le même cours d'écriture créative et qui n'auront de cesse de se frôler tout au long de l'année, sans totalement franchir le premier pas.

Leur petit numéro est pourtant scruté à la loupe par une foule d'admirateurs, qui retiennent leur souffle face à leur rapprochement balbutiant. Outre les amis ou camarades de classe, on compte aussi une prof, une serveuse, un chauffeur de bus, et même un écureuil ou un banc ! C'est dire combien la sérénade est suivie avec  une attention collective.

Pourquoi eux ? pourquoi ce cœur qui bat à l'unisson ? Simplement parce qu'ils sont tous convaincus que Gabe et Lea forment LE couple parfait, tous les signes sont sous  leurs yeux mais ils sont les derniers à les voir. Du moins, l'une est affligée d'une timidité maladive, l'autre est incroyablement pataud et socialement inadapté. Même s'ils se tournent autour ou se lancent des petits regards en coin, la promesse d'idylle est loin d'être décantée.

Tout ça est évidemment charmant, mignon et onctueux... mais finalement assez long et mou aussi. La romance est vécue à travers le regard des personnages secondaires, une idée assez originale, mais qui ne suscite ni surprise ni ne justifie l'emballement des foules. Pour moi, les tourtereaux ne sont pas crédibles dans leur genre ! Le temps s'écoule beaucoup trop vite et leur relation reste au point mort. C'est déconcertant. Vendu comme un cupcake, le roman est donc aussi goûteux et ravissant en apparence, nettement moins à la dégustation. 

Hugo Roman - New Way - 2017
Trad. Pauline Vidal

« Ils ne parlent pas beaucoup mais se regardent par-dessus leurs livres. Ils n'ont pas besoin de paroles pour flirter.
Ce serait insupportable si ça n'était pas aussi adorable. »

 

Posté par clarabel76 à 17:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

27/01/18

Emmy & Oliver, de Robin Benway

emmy et oliver

Voisins et amis d'enfance, Emmy et Oliver sont inséparables... jusqu'au jour où, à l'âge de sept ans, le garçon est enlevé par son père et disparaît des radars. Dix ans plus tard, il resurgit sans crier gare. Pour Emmy, ce retour est celui d'un nouveau départ. Le petit garçon insouciant, qui se disait amoureux de son amie, est plus grand, plus large, plus mystérieux. Et étranger à leur vie. Sa mère, malgré l'indéfectible espoir de revoir son fils, se sent impuissante et désemparée. La disparition d'Oliver avait créé une faille et impacté la vie du quartier, d'où l'attitude surprotectrice des parents d'Emmy. Aussi, pour leur éviter des angoisses inutiles, elle leur ment depuis dix ans et dissimule qu'elle a appris le surf, se rend à des fêtes alcoolisées et s'est inscrite à l'université de San Diego, à deux heures de route de la maison. Vis-à-vis d'Oliver, Emmy se tient à distance tout en le scrutant. Résultat, elle se met à loucher et lui tire la langue la première fois qu'il pose les yeux sur elle ! Pétrifiée de honte, la jeune fille n'en mène pas large.

En fait, c'est très, très drôle. On imagine la scène et on sourit grandement. Car tout est incroyablement doux, tendre, attachant et amusant. C'est ce qui m'a immédiatement conquise. On perçoit une réelle connivence et une franche camaraderie autour d'Emmy - ses copains de toujours, Caro et Drew, sont impayables. Sa relation avec Oliver se construit sans mièvrerie et avec beaucoup de naturel. Tous les vieux réflexes se remettent en place. C'est adorable. En même temps, on suit l'évolution des uns et des autres, petits et grands, à travers des conflits de taille - comment trouver sa place dans un monde où l'on ne se retrouve pas, comment quitter le nid sans crainte du séïsme, comment lâcher la bride, comment évoquer le passé sans blesser ni accuser... C'est étonnant, en bien ! Suggéré sans prétention et avec tact. Au final, le roman possède un charme fou et fait la part belle à l'amitié comme étant un rayonnement essentiel pour s'épanouir dans l'existence. Une lecture qui réchauffe notre petit cœur tout mou. ☺

Nathan, 2017 - Trad. Anne Delcourt

 

Posté par clarabel76 à 17:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26/01/18

La Femme de l'ombre (Trilogie des ombres 2), par Arnaldur Indridason

La femme de l'ombreAlors qu'elle est sans nouvelles de son compagnon, une jeune femme quitte à regret le Danemark en guerre en montant à bord de l'Esja pour rentrer en Islande. Elle croise par hasard son ancien amant et apprend avec horreur que son fiancé est entre les mains des allemands. Au cours de ce voyage mouvementé, elle découvre aussi qu'un homme a fait une chute mortelle... peu après avoir prétendu être en mesure d'apporter des informations utiles sur la résistance et l'origine de l'arrestation du fiancé. Dès leur arrivée au pays, le frère du disparu va s'entêter à démasquer ce qui semble, à ses yeux, un crime crapuleux.

À Reykjavik, le tandem Flovent & Thorson fait face à plusieurs casse-tête - identifier la dépouille d'un jeune garçon battu à mort et jeté non loin d'un bar fréquenté par les soldats des troupes alliées, mais aussi rechercher une cliente mystérieusement disparue... Le souci majeur pour les enquêteurs revient surtout à marcher sur les plates-bandes des militaires, car l'entreprise va s'avérer délicate et houleuse. Ceci met toutefois en exergue la douloureuse cohabitation vécue comme une intrusion pour les locaux, même si certains en tirent profit pour s'enrichir ou s'évader en attendant des jours meilleurs.

Au final, on a une lecture structurée et hyper conformiste - c'est bien, mais peu surprenant. J'ai surtout eu le sentiment de me retrouver dans le prolongement du premier (Dans l'ombre). La conduite des intrigues criminelles est correcte, l'ambiance est toujours aussi dépouillée, le contexte de la guerre évoqué de loin en loin, les relations politiques sont tendues, et on tourne toujours autour du thème de la disparition (rappel à Erlendur). Par contre, calme plat sur les personnages. Il n'y a strictement aucune évolution, aucune épaisseur.  Rien, du vent. Je m'attendais à ce qu'ils tombent le masque, qu'ils sortent des clous, qu'ils entrouvent une petite porte... Que nenni. On stagne.

Suite aux promesses vendues, je trouve qu'on bute sur la marche avec ce deuxième tome. La série apparaît un peu fade, même si elle n'est pas déplaisante à lire. Je regrette aussi que Philippe Résimont donne à certains personnages des voix ridicules et caricaturales (Thorson, en premier). Et comme d'habitude, les personnages féminins sont loupés. Je prends néanmoins rendez-vous avec le prochain et dernier tome (Passage des ombres) à paraître dans le courant de l'année. 

 

© Éditions Métailié, Paris. Traduit par Eric Boury.  (P)2017 Audiolib.

Lu par Philippe Résimont. Durée : 9 h env.

 

Le Tome 1 est repris en poche chez Points : parution 8 février 2018