31/07/15

Bilan du mois : Juillet 2015 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Citrus

 

Blog en V.A.C.A.N.C.E.S !

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Reading Swimming 

 

   

 

 .... à bientôt ! ♪♫♪ ♫♪

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Ça peut pas rater ! de Gilles Legardinier

CA PEUT PAS RATER

Humiliée par son petit copain, qui la largue après dix ans de vie commune, Marie décrète qu'elle en a assez des hommes et entend se passer d'eux... Mais voilà qu'elle reçoit la lettre d'un admirateur secret, qui la rend toute guillerette ! Qui, parmi son entourage, se languit d'elle en soupirant ? À peine le temps de dresser une liste de potentiels qu'elle s'embarque dans de folles péripéties !

D'abord, sauver la boîte où elle travaille, contre le plan de redressement préparé en douce par le patron. Puis, rendre la pareille à son ex goujat, qui exhibe sa nouvelle conquête sous son nez, et préparer avec gourmandise le sabotage de sa soirée déguisée. (Quel grand moment !) Jouer l'entremetteuse pour sa meilleure amie, et échafauder des ruses pour démasquer sa groupie de l'ombre, au risque de se ridiculiser.

Jackpot gagnant avec cette lecture enjouée et délirante, qui parvient à alterner les séquences cocasses, sensibles et vraies sans jamais dramatiser, et en assumant pleinement son goût pour la dérision ! J'adore. C'est très, très drôle, avec un portrait de femme, blessée et malheureuse, mais à l'énergie débordante. On ne peut que s'attacher à Marie, à travers laquelle on se reconnaît insidieusement dans son désir de repli de la scène amoureuse, sa profonde amertume et sa confiance bafouée.

Le roman fait aussi montre d'une certaine lucidité concernant la vie de couple, pas toujours parfaite, et de l'antagonisme entre les hommes et les femmes, même si cela reste la plus vieille valse du monde ! On peste, on râle mais on y revient sans cesse. Bref, j'ai été transportée à l'écoute de Clémentine Domptail, qui a su offrir une lecture agréable et pétillante. Ce sont 10 h 30 passées en un clin d'œil, pour un rendez-vous toujours très apprécié avec cet auteur. G. Legardinier conforte l'idée que toute prescription littéraire devrait être obligatoire contre le blues !

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Clémentine Domptail (durée : 10h 30) ♦ Fleuve Noir, 2014

La Ville orpheline, de Victoria Hislop

LA VILLE ORPHELINE CD

Été 1972. La ville de Famagouste, à Chypre, héberge la station balnéaire la plus enviée de la Méditerranée. Le couple Papacosta fête l'inauguration de son complexe hôtelier, le Sunrise, avec faste. L'avenir leur apparaît radieux et ambitieux. Pourtant, deux ans plus tard, le pays sombre dans le chaos, avec un putsch militaire qui va diviser l'île peuplée de communautés grecques et turques. On suit alors deux familles voisines, les Georgiou et les Özkan, tentant de survivre dans la ville enclavée où ils ont choisi de se cacher. 

Tristesse et mélancolie composent l'essentiel de cette histoire, mais sa puissance romanesque demeure remarquable. J'ai été enveloppée par les descriptions de ce décor de rêve (le soleil, les plages dorées, les complexes hôteliers et les boîtes de nuit). C'était magique, franchement dépaysant ! Quand la situation tourne au vinaigre, j'ai été autant tenue en haleine par la tension dramatique et le destin des familles croisées. Ce titre ne possède peut-être pas les mêmes atouts que L'île des oubliés, mais cette escapade sur l'île chypriote n'en demeure pas moins captivante.

L'enregistrement audio est également un succès et un choix judicieux pour les vacances. Maia Baran, la lectrice pour Audiolib, parvient à nous charmer par son intonation calme et envoûtante. Elle s'accompagne aussi d'une réalisation sonore de grande qualité, qui prolonge à merveille la sensation de dépaysement.

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Maia Baran (durée : 12h 26) ♦ Traduit par Alice Delarbre pour les éditions Les Escales (The Sunrise)

30/07/15

La Bicyclette bleue, de Régine Deforges

La Bicyclette Bleue

Août touchait à sa fin. Léa, la deuxième fille de Pierre Delmas, qui venait d'avoir dix-sept ans, les yeux mi-clos, assise sur la pierre encore chaude du petit mur de la terrasse de Montillac, tournée vers la plaine d'où montait certains jours l'odeur marine des pins, balançait ses jambes nues et bronzées, aux pieds chaussés de bazardaises rayées.

Vivant dans l'insouciance de ses 17 ans et la certitude d'être aussi belle que farouche, Léa Delmas règne sur son essaim de prétendants avec une insolente assurance. Mais nous sommes en août 1939, la guerre éclate. La jeune fille est désespérée. Elle vient de voir l'élu de son cœur en épouser une autre et lui arracher la promesse de veiller sur celle-ci. Camille est fade, douce, assommante. Tout le contraire de notre rousse volcanique. Pour plaire à Laurent, elle accepte tous les compromis.

Car Léa est fougueuse, sensuelle et impudique. Elle réclame de l'amour des étreintes passionnées, pouvant l'arracher du chaos ambiant et de cette guerre cauchemardesque. Aussi, la jeune femme se donne sans compter et multiplie les amants... entre Mathias, son ami d'enfance, insatiable et impatient, sans oublier l'inaccessible Laurent, qu'elle tente de séduire à maintes reprises, ou François, pour lequel elle ne peut réprimer son attirance, et qui la comprend mieux que personne. « Votre désir sera toujours plus fort que votre intelligence et votre instinctive prudence. Vous êtes une enfant gâtée qui n'hésite pas à prendre le jouet d'une autre même si, une fois en votre possession, le jouet vous semble moins beau. Vous voulez tout, Léa, et tout de suite. »

Cette saga s'ouvre sur un premier tome flamboyant, que j'ai dévoré le cœur battant fort, fort, fort, quand bien même je l'avais déjà lu vingt ans plus tôt ! Si les premiers chapitres rappellent immanquablement que la trame d'Autant en emporte le vent constitue effectivement la base du roman, en guise d'hommage ou de pastiche, on bascule vite dans un autre monde, une autre époque, un autre combat et d'autres amours interdites. Et sulfureuses. Léa folâtre pour conquérir sa liberté et défier la mort, avec cette candeur et cette gourmandise qui la caractérisent tant. R. Deforges n'a pas fini de nous transporter dans les affres de la passion, avec pour toile de fond les ravages d'une guerre destructrice et implacable. Tout simplement, captivant !

Fayard ♦ éditions Ramsay / 1ère édition : 1981 ♦ Couverture de Jerome Lo Monaco

 

# été 2015 : Je relis la saga #

La Bicyclette Bleue SAGA

 

 

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La Renarde, de Marine Blandin & Sébastien Chrisostome

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Oyez, oyez, les lecteurs accros aux lectures décapantes, vous allez vous délecter avec cette Renarde sournoise, qui tourne en bourrique le poulailler et la faune environnante. Le ton est particulièrement féroce (elle croque tous les bébés lapins et rend dépressive leur maman), parfois graveleux et grossier (elle se moque vertement du chien de garde et du chasseur). L'humour est donc sacrément irrévérencieux et obscène, mais malgré tout jouissif, il n'y a qu'à croiser le loup déglingué, qui suinte la mort, ou Kevin le cheval qui rêve d'aventures (et est trop gras et lourd pour s'échapper du pré en passant par le portillon ouvert)... C'est à mourir de rire ! Les ados de la maison en sont particulièrement friands, et je dois dire qu'ils ont du nez en la matière ! La dernière BD à nous avoir autant faire rire, c'était Coucous Bouzon d'Anouk Ricard. ;-)

Résumé de l'éditeur (tout simplement alléchant) : Amis des bêtes, passez votre chemin ! Amoureux des lapereaux mignons, des fermiers sympathiques ou des chiens de gardes efficaces, cet album n est pas pour vous. Car la Renarde, monstre de drôlerie, obtient toujours ce qu'elle veut, quoi qu'il en coûte à ses adversaires ! Cette pro de l'arnaque au pelage chatoyant met sens dessus dessous la petite communauté rurale qui l'entoure. Elle mange les bébés de madame lapine, bouffe les poules du fermier et les fait tous tourner en bourrique... même Kevin le cheval. Un personnage à la malice méphistophélique qui aligne les gags à la mécanique parfaite. Ne vous fiez pas à leur graphisme tout en rondeur, Marine Blandin et Sébastien Chrisostome distillent un humour au cynisme implacable. En refermant l'album, il y a de bonnes chances que vous murmuriez à vous-même : « quelle saloperie cette renarde, tout de même... »

Ah, ah ! ☺ ♥

Casterman / Professeur Cyclope - Mai 2015

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La Main heureuse, de Frantz Duchazeau

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Apprenant que leur groupe mythique donne un concert à Bordeaux, deux potes parcourent 100 bornes, en mob, pour s'éclater sur la Mano Negra en live. Leur échappée est aussi belle que folle et décoiffante, avec des allures psychédéliques hallucinantes mais aux effets galvanisants ! J'ai été scotchée. Clairement. L'histoire vous tient aussitôt par la bride et vous embarque dans une frénésie juvénile, qui fait la part belle à la liberté adolescente, à la puissance des rêves et au pouvoir de l'absolutisme (quand on veut, on peut !).

On savoure alors l'ambiance insouciante et culottée, les délires exponentiels, les frasques et les rencontres des deux gamins dopés à un élixir décapant, celui de la « Main Noire », dégainé comme un sceau protecteur. Et c'est juste wahou. Tout ça sur fond des années 90, époque bénie du rock alternatif, des concerts désinhibés, de la joie partagée et du public jamais rasséréné. Adieu les galères et l'impossible, place aux idéaux et à l'aventure. 

En gros, cette lecture fait un bien fou, pour son incroyable nostalgie, son énergie débordante, son imaginaire, ses fantasmes et sa passion immortelle. On plonge dans de pleines pages en noir & blanc, au graphisme épuré, mais aux évocations saisissantes. Cela vous allume du début à la fin, c'est vif, fringant, exaltant. Logique pour une lecture qu'on vit à fond tant elle est revigorante, incongrue et définitivement éclatante ! 

Casterman / Professeur Cyclope - Mai 2015

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29/07/15

La Forêt des totems, de Muriel Zürcher

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« Je connais plein de films où les gens avancent en file indienne dans la jungle. La machette du guide s'abat sur les troncs, shlac, shlac, shlac. Derrière lui, les explorateurs restent attentifs. Il ne s'agit pas de passer à côté d'un temple chamanique, d'un crâne sculpté en cristal ou d'une flaque de lave fraîche sans les repérer. Quelle arnaque ! Dans la réalité, ça se passe tout autrement.
Déjà, c'est moi qui marche devant, et le shlac-shlac-shlac résonne dans mon dos : Tobias balise le chemin du retour.
Ensuite, j'ai les paupières à moitié fermées et une main sur ma bouche et mon nez. Mon visage déchire les toiles d'araignées à chaque pas. C'est immonde ! Pire qu'une pleine louche de courgettes cuites à l'eau. Je n'ai pas du tout envie d'avaler une de ces sales bêtes ! Surtout qu'ici, les araignées picolent sûrement de l'engrais : elles sont énormes.
Enfin, les vestiges des temps anciens ne courent pas la jungle. Ou alors, les ancêtres du coin les ont mieux planqués qu'un trophée de Koh-Lanta. Par contre, que de trésors ! Des plantes incroyables, des feuilles même pas imaginables en rêve. Je m'arrête toutes les trois secondes pour les récolter. Avec tout ça, mon herbier déborde, de quoi rendre jaloux n'importe quel botaniste ! »

Quelle partie de rigolade ! Cette lecture vous fera voyager, en plus de vous apprendre quelques rudiments de survie dans la jungle hostile et sauvage. Mais franchement, c'est très, très drôle. Max vient de rejoindre sa mère anthropologue, actuellement en Amazonie, à la recherche d'une nouvelle tribu à étudier. Pour le garçon, ces vacances s'annoncent douloureuses et accablantes... car il aurait préféré rester chez lui à bouquiner ses bandes dessinées ou potasser son herbier. Ses parents, trop accaparés par leurs activités professionnelles, ignorent tout de leur fiston. Ils l'imaginent aventurier casse-cou, alors qu'il est simple poète. Jusqu'à présent le garçon n'a jamais osé les détromper.

Il débarque donc en forêt amazonienne et fait connaissance avec le cuistot du camp, Tobias, avec qui il part explorer les alentours en attendant le retour de sa mère. Et c'est la catastrophe... ils boivent une eau droguée et sont kidnappés par des indigènes. Ignorant tout de leurs intentions, le garçon n'en mène pas large et tente une approche craintive et passablement amicale. Un gamin de la tribu bondit devant lui et roule dans la poussière pour un concours de force. Peine perdue. Max n'oppose aucune résistance, tandis que le prénommé Enal possède « une force dingue, un Hulk sans la couleur épinard »

Ce roman d'aventure s'amuse à nous servir toute la série de clichés habituels sur les natifs des régions reculées et épingle aussi notre fâcheuse manie à vouloir imposer aux autres notre manière de penser, parler et vivre. C'est raconté sur un ton vif, joyeux et hilarant. Tout jeune lecteur sera, de plus, forcément touché par la détresse du héros, noyée sous de bonnes rasades de dérision, et vivra à ses côtés un récit palpitant et riche en surprises ! Cette collection (En voiture Simone !) réserve de bien belles trouvailles et ne cesse de m'enchanter. On lui doit aussi la série des Cousins Karlsson de Katarina Mazetti. ;-)

éditions Thierry Magnier, coll. En voiture Simone ! / septembre 2014 ♦ illustration de couverture : Aurélie Henquin

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Capitaine Triplefesse : À l'abordage ! de Fred Paronuzzi

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Rien que la première phrase du livre m'a donné furieusement envie de poursuivre la lecture ! Imaginez... « Lorsque le professeur remplaçant d'arts plastiques, M. Garneray, fut présenté à la classe de Lila et Hugo par Mme Zinc, la principale du collège, ils furent nombreux à sentir des chauves-souris affolées se cogner aux parois de leurs estomacs. » J'avais un sourire jusqu'aux oreilles ! 

La suite n'a su que confirmer la très bonne appréciation du début. Une classe d'arts plastiques doit préparer un exposé sur une série de tableaux et se rendre au Louvre pour se familiariser avec les œuvres en question. Hugo, en binôme avec la jolie Lila, doit étudier Le Radeau de la Méduse. Or, sur place, la foule pressante les bouscule et les empêche de s'imprégner de la peinture. Ils décident alors de se planquer, après la fermeture du musée, mais vont assister alors à un étrange phénomène.

Car le tableau va s'animer, comme par magie ! Et trois individus aux mines patibulaires vont en surgir, un géant au nez écrasé, une jeune femme aux longs cheveux noirs et leur chef portant tricorne, boucles d'oreille, barbe noire et jambe de bois, avec un iguane sur l'épaule. Les enfants en restent abasourdis mais décident de suivre en catimini ce trio de pirates égarés, qui  courent se prosterner devant le portrait de la Joconde ! 

Quelle aventure, quel spectacle ! Franchement, l'histoire n'a pas fini de surprendre en dévoilant une aventure pleine de verve, d'exubérance et de fantastique. Le lecteur ne peut que se régaler en lisant ce récit inventif, au rythme entraînant et saupoudré d'un style alerte et fleuri. J'ai beaucoup aimé. Fred Paronuzzi nous réserve déjà un tome 2 pour novembre 2015. ;-)

éditions Thierry Magnier, coll. En voiture Simone ! / mai 2015 ♦ illustration de couverture : Till Hafenbrak

Sus aux lâches et aux menteurs !

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Drôle de fille, d'Iris de Moüy

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Lune et Victoire sont deux amies inséparables, même si tout les oppose : l'une est fille unique, élevée comme une princesse, dans un royaume de rêve éveillé, avec toilettes à foison, peluches, jouets et parents omniprésents. L'autre grandit auprès de frangines qui jouent les rebelles en fumant, en fricotant avec des garçons et en écoutant de la musique à plein volume, tandis que leur maman bosse toute la journée.

Malgré tout, Lune est une fillette optimiste et heureuse, même si elle récolte souvent des mauvaises notes en dictée. Elle ne manque pas de ressources et voit ses journées sur un tapis volant. Plus les heures passent, et plus les nouvelles sont excellentes ! Ainsi, la demoiselle est excitée comme une puce en recevant son carton d'invitation pour l'anniversaire déguisé de son amie Victoire. Toutes ses copines afficheront des tenues roses de princesse, de reine ou de fée.

Or, Lune a choisi de sortir du lot en privilégiant l'originalité. Avec la robe noire de sa mère, une vieille cape de Zorro, un chapeau en carton et le balai de la voisine, elle se bricole un costume de sorcière. Au moment de débarquer à la fête, Lune fait aussitôt son petit effet et papillonne de plaisir, espérant avoir également séduit Alexandre, ce garçon du CM1, qui la taquine gentiment. 

Voilà un petit bouquin génial, qui parle d'amitié, de différence et d'exubérance avec simplicité et tendresse ! Lune est une héroïne fantasque et rêveuse, qui a du mal avec les études et préfère de loin les travaux manuels ou faisant appel à son imagination. Pas facile de grandir dans un monde aussi formaté... surtout quand les chipies s'en mêlent et la traitent de pauvre. « C'est toi qui es pauvre dans ta tête ! » réplique notre sorcière, hélas, cabossée.

Mais la force de l'amitié indéfectible consolera vite notre drôle de fille ! ;-) Ajoutez les illustrations d'Iris de Moüy qui apportent une touche de fraîcheur à cette lecture aux idées pimpantes et au ton décalé. Ce roman fera le bonheur des enfants (dès 6 ans).

Mouche de l'École des Loisirs / mai 2015

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28/07/15

Folio junior Version Originale : The Mozart Question, de Michael Morpurgo

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Une jeune journaliste doit interviewer l'illustre violoniste, Paolo Levi, avec pour seule consigne de ne pas aborder la question Mozart. Mais face au musicien, elle s'embrouille et lâche le morceau. L'homme réagit de façon tout aussi inattendue en murmurant : « Someone once told me that all secrets are lies. The time has come, I think, not to lie anymore. ». Sur ces mots, il lui raconte l'émouvante histoire de son père, ou comment un brillant violoniste est devenu barbier à Venise, après avoir renoncé à jouer de son instrument.

L'enfant a neuf ans et serine ses parents pour connaître la raison. Mais ces derniers se ferment comme une huître. Paolo finit par rencontrer dans la rue un musicien de 62 ans, Benjamin Horowitz, qui joue du Mozart à n'en plus pouvoir et va accepter de donner des leçons au garçon, en cachette des siens. Le jour où ses parents découvriront la supercherie, au lieu d'exploser de colère, ils se jetteront dans les bras de Benjamin. Toutes larmes dehors. Les langues vont se délier et raviver le souvenir de leur rencontre.

Vingt ans plus tôt, tous trois sont juifs et envoyés en camp de concentration, où ils sont recrutés pour jouer dans l'orchestre, d'abord pour divertir les soldats et officiers nazis, puis pour accueillir les convois et noyer l'angoisse des prisonniers, toujours plus nombreux. Du Mozart pour endormir leur vigilance. Les accompagner jusqu'aux portes de la mort. Tromper le monde et les apparences. Quelle ironie. Après quoi, Gino et Laura, traumatisés à vie, ont rangé leurs instruments au fond d'un placard. Pour tout oublier.

On lit cette histoire avec la boule au ventre, à mesure qu'on découvre le drame de ces musiciens brisés. C'est beau et poignant, raconté avec élégance et pudeur. Michael Morpurgo rend un formidable hommage de mémoire (« the memories we have are like nightmares, and we want to forget, but there is a time for truth ») en rappelant l'importance de la transmission. Un roman fabuleux, à découvrir dans sa langue originale. Accessible et bouleversant.

Folio Junior, coll. Version Originale / Juillet 2015 ♦ Illustration de couverture : Michael Foreman

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