11/04/14

Confessions d'une accro du shopping, de Sophie Kinsella

Confessions

Maintenant que j'ai vu le film, je peux relire le roman avec un plaisir double, puisque j'ai désormais des visages à mettre sur les personnages (et je trouve Isla Fisher parfaite et Hugh Dancy, ... !!). Rebecca Bloomwood a un gros problème : son addiction au shopping, aux achats compulsifs et aux dépenses folles. Pour elle, les mots soldes ou ventes privées sont magiques et la mettent dans tous ses états. Incontrôlable, elle serait capable de tout dévaliser dans les boutiques.

Toutefois, Becky a un budget à tenir, un budget qu'elle crève à chaque fois, lui faisant atteindre un gouffre très profond, que son banquier cherche à combler, à force de courriers répétitifs ou autres coups de fil pour convenir d'un rendez-vous. Becky, elle, se voile la face. Elle cache les lettres, invente des excuses bidon, fuit ses responsabilités. Plusieurs fois, elle tente de se prendre en main, de se raisonner, de faire un bilan, de retenir ses pulsions... Peine perdue.

J'adore les aventures de Becky, qui rivalisent d'une imagination folle et insensée, et qui résument la jeune femme à une créature frivole et insouciante, mais sans jamais nous la rendre détestable. Au contraire, on s'attache, on sourit, on soupire aussi, mais on la trouve géniale, dynamique, entière et généreuse. Dans ce 1er tome, nul ignore encore l'ampleur de sa décadence, Becky ment à son entourage et s'en tire bien, ses parents, Suze sa meilleure amie et même Luke Brandon ne sont pas au bout de leurs découvertes !!!

À suivre avec délice. C'est frais, pétillant, exaltant et ça file la pêche. ♥

Pocket ♦ mars 2006 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond ♦

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10/04/14

Te voilà ! d' Anaïs Vaugelade

Où l'on découvre la formidable épopée du bébé qui flotte dans le ventre de la maman et qui s'apprête à faire son grand voyage vers la sortie. Une libération sous forme d'explosion de couleurs, de poésie, de fantasmagorie... Effet prodigieusement magique et éblouissant !
Où l'on s'inspire aussi d'une la légende disant que les bébés avant la naissance ont la connaissance universelle mais qu'un ange la leur fait oublier en posant un doigt sur leurs lèvres (d'où le petit creux de la lèvre supérieure)...
Où l'on se dit que cet album se lit de façon libre et légère, libre de toute interprétation, complètement éthéré dans son esthétisme.
Et moi, j'ai beaucoup aimé les couleurs et les illustrations de cet album psychédélique...

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Petite description théorique

Pourquoi avons-nous tous un petit creux entre la base du nez et les lèvres ? Un récit talmudique célèbre nous l'explique : à la naissance de chaque enfant, un ange arrive pour lui interdire de révéler tout ce qu'il a appris dans les limbes. Il pose son doigt sur la bouche du bébé puis le retire en laissant cette empreinte, et c'est alors que le nouveau-né peut crier. Anaïs Vaugelade a choisi de réécrire une version malicieuse et laïque de cette légende. Voici révélés quelques secrets de la vie antérieure du bébé !

Alors qu'il avait un an tout juste, le petit garçon d'Anaïs Vaugelade s'est trouvé nez à nez avec un téléphone, modèle 1960. Quand, avec le plus grand naturel, il a porté le combiné à son oreille, Anaïs est restée perplexe : «D'où sait-il que cette chose est un téléphone, alors qu'au cours de la seule année de sa vie il n'a vu que des modèles rectangulaires et à boutons ?» Puis, c'est en lisant un livre de morphogenèse, qui compare le tout premier instant du foetus à un big bang, qu'Anaïs a trouvé le point de départ de son histoire. 
Cet album contient aussi un hommage appuyé aux sages-femmes, qui portent bien leur nom (surtout celles de la maternité des Lilas).

Ecole des Loisirs, novembre 2013

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Elle marchait sur un fil, de Philippe Delerm

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Marie, cinquante ans, partage sa vie entre Paris et la Bretagne. Attachée de presse indépendante, elle tient à défendre des ouvrages de qualité, dont un petit roman qui va connaître un succès fulgurant, duquel elle se détachera très rapidement, ne se reconnaissant plus dans le système et la soif de reconnaissance de l'auteur.

En fait, Marie vient de rencontrer une jeune troupe de comédiens, avec qui elle a décidé de monter un spectacle. Forte de son expérience, de sa passion dévorante pour le théâtre, elle se lance dans ce nouveau projet avec une énergie folle, quasi intransigeante. Une manière de la consoler du choix de son fils, comédien prometteur, qui a mis un terme à sa carrière pour une profession plus conventionnelle, et avec lequel elle a aujourd'hui bien du mal à accorder ses violons.

Aussi apprécie-t-elle chacun instant passé en compagnie de sa petite-fille Léa, chez laquelle elle entretient amoureusement la fibre artistique, dans le dos des parents. Finalement, je crois que ce qui m'a le plus touché dans ce roman, c'est la sensation de familiarité, de retrouver un vieil ami, de me sentir chez moi, à l'aise, parmi les pages du livre. Sans quoi, le personnage de Marie n'est pas du tout attachant, car trop froid, indifférent, rigide et au caractère exclusif et entier (au vu de la fin).

L'histoire aussi s'écoule lentement, timidement, avec des petites notes toujours appréciables sur la vie, les livres, Proust, la Bretagne, la vie parisienne, la vie précieuse et le théâtre, le don de soi, l'amour filial, conjugal, etc. De belles petites choses, à apprécier au compte-goutte, mais sur lesquelles on referme la dernière page du livre, en sachant pertinemment qu'elles s'évanouiront tout aussi vite dans les airs. Des retrouvailles savoureuses, mais trop fugaces... 

Seuil ♦ avril 2014 ♦

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09/04/14

Les Suprêmes, par Edward Kelsey Moore

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Totale surprise encore une fois, ce roman s'est offert à moi avec sa couverture craquante et la promesse d'un rendez-vous à mi-chemin entre La couleur des sentiments (pour la communauté noire) et les Beignets de tomates vertes (pour la bande de copines inséparables et attachantes). Sans me douter du reste, je me faisais une joie d'aller au-devant de cette découverte. Et effectivement, j'ai adoré l'histoire de ces trois femmes extraordinaires.

Odette, Clarice et Barbara Jean ont grandi dans le même quartier populaire de Plainview (Indiana) dans les années 60 et ont très tôt instauré des petits rituels sacrés, comme le rendez-vous dominical chez Big Earl, à leur table attitrée, près de la baie vitrée. C'est tout aussi naturellement qu'elles ont été surnommées les Suprêmes, en hommage au groupe de Diana Ross, puisqu'elles sont apparues comme des filles intouchables, mais fascinantes.

Trois filles aux personnalités dissemblables mais complémentaires, et aux choix de vie souvent discutables, mais jamais discutés. « Entre Suprêmes, nous nous traitions avec beaucoup de délicatesse. Nous fermions les yeux sur les défauts des autres et faisions preuve de prévenance, même quand cela n'était pas mérité. » Aussi, lorsque Odette, le pilier du groupe, découvre qu'elle est malade, ses amies aussi décident de revoir leur existence soit en virant un mari trop volage ou en cessant de noyer un vieux chagrin d'amour dans l'alcool (de la vodka bue dans une petite tasse en porcelaine, avec un exemplaire de la Bible ouvert sur les genoux !). 

J'ai ressenti un formidable élan de tendresse, de sympathie et d'affection pour les Suprêmes et leur petit monde de maris, de voisins, de cancans, de sermons, de blagues, de fantômes, de légendes, de coups durs, de grandes joies, de secrets et d'envies... Un joli univers, bouillonnant de vie et d'humanité. On sourit beaucoup, parfois on a le cœur gros, mais c'est juste un trop-plein d'amour. Cela déborde de partout, c'est touchant, léger, doux et attendrissant. Difficile à résumer, mais cette lecture est un remède miracle contre les baisse de régime, moral en berne, coup de mou et autre sensation vagabonde.

Actes Sud, avril 2014 ♦ traduit par Cloé Tralci, avec la collaboration d'Emmanuelle et de Philippe Aronson

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08/04/14

Teaser Tuesday #56

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“ Billy vint s'asseoir à côté de moi et me tendit une coupe de champagne. Je la pris comme si j'avais l'habitude de me voir offrir ce genre de chose - merci chéri ! Ce n'est pas de refus ! Une gorgée de ce breuvage et je me sentis violemment, brillamment vivante. Le jardin même en fut soudain grandi, les branches du vieux cerisier sous lequel nous étions assis semblaient nous étreindre. Nous mangions sur la vieille table en fer rouillé, dont les quatre pieds se terminaient en pattes de lion, et je sentis l'herbe encore tiède s'infiltrer entre mes doigts de pied, tandis que le papillotement des bougies posées au milieu de la table par Matilda projetait une clarté douce, mutine, qui mettait sur nos visages des ombres surprenantes.
« Je ne plaisantais pas quand je t'ai proposé de faire un disque, dit-il.
- Vraiment ? » Ma voix me parut aiguë, anxieuse et excitée à la fois. Je vis du coin de l'oeil un hibou fantomatique s'envoler d'un hêtre pourpre, tout au bout de la pelouse.
« Absolument.
- Vas-y, le pressa Matilda. Fais-leur part de ton idée. 
- Quelle idée ? demanda Lucy d'un ton sec.
- Bon, voilà. Si vous veniez toutes les deux passer un petit moment à Londres ? »
Je regardai Lucy et elle fronça les sourcils. ”

Londres par hasard, par Eva Rice ♦ éditions Baker Street, septembre 2013 - traduit par Martine Leroy-Battistelli ♦   

... une lecture à picorer en toute félicité, je risque de ponctuer les pages du blog avec d'autres extraits ! ☺

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Les dieux sont vaches, par Gwendoline Hamon

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Terrible et bouleversant ouvrage que voilà ! Je l'ai accueilli en toute innocence, séduite par la couverture, sans connaître l'auteur, ni le propos. Et puis les mots imprimés noir sur blanc sont apparus, m'ont sauté aux yeux, j'ai immédiatement su que ce livre allait me mettre le cœur en miettes.

La maman de Zélie, même pas soixante ans, est gravement malade, un cancer à l'utérus qui la ronge de l'intérieur, le médecin annonce laconiquement plus que dix jours à vivre... Branle-bas de combat, la famille se réunit, cache la vérité, supporte les crises, les caprices, se serre les coudes, pleure, est atterrée.

Un an plus tôt, Caroline avait sabré le champagne en annonçant sa guérison. Cette femme fantasque, exubérante, insatiable, irresponsable et tellement spontanée est une maman invivable, qui sans le savoir a fait subir à ses filles une relation vorace et conflictuelle, mais malgré tout, elles pardonnent, elles oublient, elles ne sont pas prêtes à devenir orphelines.

C'est un livre poignant, très personnel, et qui renvoie fatalement à sa propre histoire, donc forcément c'est une lecture coup-de-poing, douloureuse et accablante. Pourtant, le portrait de Caroline est tellement touchant dans sa volonté d'authenticité, de sincérité. C'est une femme complètement folle, instable mais animée par la générosité et la franchise. Une femme entière, sans jamais de demi-mesure.

J'ai tout absorbé, en souriant, en pleurant, en m'identifiant, parfois, souvent. C'était une rencontre imprévue, qui m'a fichue à terre, mais une belle rencontre, nécessaire et vivifiante.

JC Lattès, mars 2014

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07/04/14

Canada, de Richard Ford

« D'abord, je vais raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard. C'est le hold-up qui compte le plus, parce qu'il a eu pour effet d'infléchir le cours de nos vies à ma soeur et à moi. Rien ne serait tout à fait compréhensible si je ne le racontais pas d'abord. 
Nos parents étaient les dernières personnes qu'on aurait imaginées dévaliser une banque. Ce n'étaient pas des gens bizarres, des criminels repérables au premier coup d'oeil. Personne n'aurait cru qu'ils allaient finir comme ils ont fini. C'étaient des gens ordinaires, même si, bien sûr, cette idée est devenue caduque dès l'instant où ils ont bel et bien dévalisé une banque. » 

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Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Le hold-up échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite et l’orphelinat. Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada.

Trop calme, trop mou, trop indolent. Rarement un roman n'aura autant multiplié les efforts pour réveiller mon intérêt somnolent ! La faute aussi à Thibault de Montalembert, dont l'interprétation trop maîtrisée a rendu l'ensemble ronronnant, fastidieux et lassant. Eh oui, hélas. Pourtant je me souviens d'une lecture enthousiasmante de La vérité sur l'Affaire Harry Quebert. Cette fois il adopte une posture trop guindée, à laquelle je n'ai pas adhéré.

L'histoire aussi se donne un style “je me révèle lentement”, mais l'effet laisse franchement à désirer. On s'ennuie, à force d'errance, de retour en arrière, de lenteur et de descriptions interminables. Le narrateur fait pitié, tant il est passif. On a envie qu'il se bouge, qu'il prenne sa vie en main, qu'il agisse, et puis non... C'est déprimant. Je n'ai pas du tout été emballée par ce roman morne et assommant, qui n'a pas été sauvé par une lecture à voix haute au ton solennel, pas très concluant. Déception !!!

Audiolib, mars 2014 ♦ texte intrégral lu par Thibault de Montalembert (durée : 14h 27) ♦ traduit par Josée Kamoun pour les éditions de l'Olivier

Au revoir là-haut, par Pierre Lemaître

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Deux soldats démasquent la duperie de deux officiers sur le champ de bataille, quelques jours avant l'armistice. Cela va les plonger dans un chaos d'infortune et de misère, d'où ils espéreront en sortir (et clamer ainsi leur vengeance) en élaborant la plus grosse arnaque d'après-guerre.

La période de démobilisation décrite par Lemaître offre un aperçu d'une société en déroute, dépassée par les événements et souvent prête à bafouer le sacrifice des disparus (en se livrant notamment au commerce des morts). C'est ainsi qu'on va suivre le parcours d'individus tristement ordinaires, Eugène, Albert, Henri, M. Péricourt, Madeleine etc., sans charisme pour la plupart, et qui nous laissent donc dans l'indifférence totale.

En toute honnêteté, j'ai été déçue par le roman. Le début s'annonçait prometteur mais le reste s'est étiré en longueur, c'est devenu lassant. Par contre, la lecture audio offre un moment très agréable d'une lecture faite par l'auteur lui-même, qui vous colle l'impression d'une communion entre celui-ci, son texte et le lecteur. Symbiose totale et parfaite. Pierre Lemaître a pris plaisir à lire son propre livre, cet enthousiasme est perceptible, très convaincant, une vraie bouffée d'oxygène dans un univers grisâtre et pétri d'amertume.

Audiolib ♦ mars 2014 ♦ texte intrégral lu par l'auteur (durée : 16h 57) ♦ suivi d'un entretien avec l'auteur 

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05/04/14

Maths à la petite semaine, par Rachel Corenblit et Cécile Bonbon

Ce weekend, on découvre une nouvelle série “à la petite semaine”, qui se présente sous la forme d'un cahier d'école et s'acharne à revisiter les matières scolaires avec drôlerie. On y découvre Léna, élève en primaire, mais pas forcément bonne élève, qui se pose plein de questions, en pose aux autres et interroge aussi le pourquoi et le comment de ce qu'on lui enseigne. 

Léna ne comprend rien aux maths, mais il y a Yvon dans sa classe qui est un vrai génie des chiffres ! Yvon et elle se parlent et se croisent de plus en plus, au cours de cette semaine-là... Et si l'amour, comme les mathématiques, était un langage secret qu'il faut savoir déchiffrer ? Histoire d'amour naissante, sous l'angle des mathématiques... le parallèle entre les deux est pertinent et drôle ! (Lu plusieurs mois auparavant, j'avais adoré !) ♥

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 Un petit roman pour les 8/11 ans, qui mêle texte et images dans un joyeux désordre et une grande fraîcheur.

éditions du Rouergue, août 2013 ♦ existe aussi : Philo à la petite semaine 

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04/04/14

Et quand viendra la fin du voyage...

Impossible de ne pas avoir une pensée émue en apprenant ce matin la disparition de Régine Deforges, 

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J'ai adoré sa saga avec La Bicyclette bleue, dévorée durant mes années au lycée. Mais aussi La révolte des nonnes, Blanche et Lucie, Le Cahier volé...  Que de souvenirs.

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