10/07/18

Sur un mauvais adieu, de Michael Connelly

sur un mauvais adieuHarry Bosch ne travaille plus pour le LAPD, suite à sa retraite forcée. Mais notre homme a depuis rebondi et prête son concours à la police de San Fernando aux affaires classées. Il travaille en équipe avec Bella Lourdes et Danny Sisto sur le cas du Screen Cutter, un violeur en série qui court depuis des années sans être inquiété.
En parallèle, Bosch a été embauché par un milliardiaire en quête de descendance. Des décennies plus tôt, sa famille n'a pas accepté sa liaison avec une jeune mexicaine, tombée enceinte. L'homme voudrait retrouver cet enfant avant de mourir mais dispose de maigres informations sur la mère. Cette enquête vaut toutefois à Bosch de raviver ses vieux souvenirs du Vietnam, alors que sa fille Madeline balaie ce détail d'un revers de la main en l'invitant au resto. Détail cocasse, mais non négligeable.
On retrouve tous les fondamentaux de la série - avec un inspecteur Harry increvable, son évolution de carrière, ses nouveaux collègues, son ADN de flic, sa fille étudiante et son frère avocat bossant dans sa Lincoln... Des retrouvailles toujours plaisantes et qui inspirent un sentiment de familiarité.
En somme, la lecture est divertissante, dans le genre polar classique et efficace. Et Jacques Chaussepied est excellent dans l'exercice audio.
Une valeur sûre sur tous les plans.

©2018 Calmann-Lévy. Traduit par Robert Pépin. (Titre VO : The Wrong Side of Goodbye)

(P)2018 Audiolib. Lu par Jacques Chaussepied (durée : 12h 40)

 

 


Le songe de l'astronome, de Thierry Bourcy & François-Henri Soulié

Le songe de l'astronome

Nous sommes à Prague, en 1601. L'empereur Rodolphe II de Habsbourg a prévu une somptueuse cérémonie en l'honneur de l'astronome Tycho Brahé. Ce dernier promet en effet une grande annonce au cours de la soirée, ce qui n'a pas lieu d'enchanter l'assemblée car l'homme est retrouvé mort dans sa chambre.
Suspectant un empoisonnement, tous les convives sont assignés à résidence et ne doivent pas quitter le palais jusqu'à nouvel ordre, le temps que le capitaine Joseph Kassov mène son enquête, assisté de son neveu Mattheus.
La cour, rassemblant les plus grands penseurs, artistes et notables de l'époque, gronde de mécontentement. Mais tous sont des assassins plausibles et n'auront de cesse de brouiller les pistes à force de dissimulations et de révélations étonnantes.
Parmi eux, on trouve le peintre Sprangler, l'alchimiste Michael Maier et l'inquisiteur Roberto Bellarmin... mais également des intrigantes, doublées d'espionnes pour la cour d'Angleterre, un nain lubrique et comploteur, des courtisanes sans vergogne et des domestiques faibles et abusées.
Le tableau dressé est vraisemblable d'authenticité. Les auteurs ont en effet habilement mélangé le romanesque à des faits historiques (la mort de l'astronome est demeurée longtemps une énigme... jusqu'à la récente conclusion, en 2012). On apprécie donc ce voyage dans le temps, avec une peinture de la Renaissance fastueuse et haute en couleurs.
Plus largement, on ressent également la pression de l'enquête tenue à huis clos. La facture est classique mais efficace. Quelques longueurs à mi-parcours mais sans pénaliser la lecture qui s'avère distrayante et instructive ! 
Très bonne écoute audio : texte lu par Patrick Donnay avec une emphase tout à fait séduisante.

©2016 10-18 Grands Détectives. 

(P)2018 Lizzie. Texte lu par Patrick Donnay (durée : 7h 30 env.)

 

En poche ! Tu avais promis que tu vivrais pour moi - Emporter nos rêves

TU AS PROMIS QUE TU VIVRAIS POUR MOI

Inconsolable depuis la mort de Marie, sa meilleure amie depuis l'enfance, Molly a la surprise de recevoir un mystérieux paquet contenant douze lettres à découvrir mois après mois. Une façon pour la défunte de motiver notre héroïne à se lancer de nouveaux défis et vivre enfin la vie qu'elle mérite. Pour l'heure, Molly est serveuse à Paris et vit avec Germain, un gentil garçon, adorable et prévenant... mais tellement plat et ennuyeux. Pas vraiment le candidat idéal aux yeux de Marie qui a toujours rêvé d'un John pour son amie. Sur une idée de la disparue, Molly part donc en weekend à Grenoble pour s'initier au ski. Sur place, elle répond spontanément à une annonce, devient prof de danse et plaque tout pour s'installer dans les montagnes. Sa décision en effraie plus d'un - sa mère, son amie Viviane, son fiancé - mais Molly a désormais la certitude d'être à un tournant de sa vie. 

Ce court roman est efficace par son rythme, son effervescence, son dynamisme et son optimisme à toutes épreuves. C'est plein d'espoir et d'entrain là-dedans, le tout laisse peu de place à l'atermoiement. C'est aussi réconfortant et chaleureux et ça fait un bien fou. On se passionne vite à suivre Molly dans ses prises de risque, à suivre son audace et à partager sa bonne humeur. Concrètement, il règne une ambiance guillerette non dénuée de charme et de légèreté... même si le propos demeure trop succinct et artificiel, avec de nombreuses scènes surjouées (la romance en tête) et une sensation de situations téléphonées assez banales. L'histoire met finalement à l'honneur l'amitié féminine, la belle communion des âmes fragilisées, leur souffle conjoint à affronter les aléas de la vie et se construire un nouveau destin. À envisager, donc, comme une lecture digestive, sans prétention. Ses effets bienfaisants sont certes avérés.

Tu avais promis que tu vivrais pour moi, de Carène Ponte

Pocket (2018)

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emporter nos reves

Letty a toujours fui ses responsabilités de maman, laissant à ses parents le soin d'élever ses deux enfants, Alex, quinze ans, et Luna, six ans. Mais lorsqu'ils décident de rentrer au Mexique couler une retraite paisible, Letty doit soudainement renoncer à ses vieilles habitudes - adieu les soirées alcoolisées, à s'oublier dans des étreintes sans lendemain, Letty doit désormais penser à nourrir ses enfants, s'assurer qu'ils sont en sécurité quand elle part au boulot et envisager pour eux un meilleur avenir. Serveuse dans un restaurant, situé dans un aéroport, elle ressasse avec amertume son parcours chaotique, entre rendez-vous loupés et mauvaises décisions prises. Comme ne jamais avouer sa grossesse au père de son fils, Wes Riley, voulant remettre à plus tard l'annonce et reculant toujours plus loin l'échéance. Quinze ans plus tard, Letty ignore que son garçon a finalement retrouvé sa trace et rôde autour de sa maison. L'heure de la raison a donc sonné pour la jeune femme, qui décide de changer son fils de lycée pour réussir dans ses études... Mais Alex aimerait sauver sa petite copine, Yesenia, contre la violence de son école et la menace d'être expulsée - la jeune fille vit en situation illégale sur le sol américain -  quitte à prendre des risques insensés. Pour Letty et sa famille, la paix des ménages n'est pas encore au coin de la rue !

J'ai été agréablement surprise par cette lecture, entamée sans attente précise, me fiant simplement au nom de l'auteur et à la promesse d'un rendez-vous de douceur et d'émotion. Le contrat a été pleinement rempli - on suit l'histoire d'une jeune femme paumée, qui va remettre sa vie sur les rails et entraîner ses proches dans ce grand élan d'espoir et d'optimisme. On lit tout ça avec beaucoup de complaisance et d'attendrissement. Les personnages sont en effet attachants, cabossés, écorchés mais vrais. Leur histoire s'écrit en toute simplicité, sans pathos, sans sentimentalisme exacerbé. C'est une belle leçon d'abnégation, riche en tendresse et pleine d'espérance. Un joli roman sur la poursuite du bonheur coûte que coûte.

Emporter nos rêves, de Vanessa Diffenbaugh

Pocket (2018) - traduit par Isabelle Chapman

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09/07/18

Pêle-Mêle : Presque maintenant - Dept. H : Meurtre en grande profondeur

Presque maintenantAnna, violoniste au conservatoire de Paris, fait la rencontre d'Alexis, étudiant en lettres et féru de Russie, et son colocataire Félix, un étudiant en biotechnologies qui rêve de sauver l'humanité.
Les trois jeunes gens deviennent inséparables. Ils s'aiment plus que des amis mais une frontière invisible semble s'être établie entre eux. Anna est le centre de leurs attentions, mais demeure inaccessible. Félix et Alexis ont conscience de cette sacralisation, sous peine de trahison.
Et finalement, un couple se forme. Le trio est dissous.
Le temps passe et Félix touche au but de sa vie : des Nanopills sont élaborées, conçues pour l'organisme humain et visant à améliorer l'espérance de vie. Sauf que cette quête de la perfection va vite virer à l'obsession... Pour Félix, pour Anna et pour Alexis, la vie  est aspirée par un nouveau tourbillon.
Cette allusion à Jules & Jim n'est pas anodine car on y pense beaucoup au début de la lecture, pour finalement s'atténuer car la lecture se renferme sur le besoin tyrannique de gérer une hygiène de vie sans défaut, faisant exploser les limites du tolérable.
Peut-on tout contrôler et renoncer à la notion de désir ? Que vaut une vie, longue et lisse, si celle-ci n'est jalonnée que de privations (plus de vin, plus de glace, plus de voyage à New York, plus de plaisir) ? Peut-on réellement déjouer la mort ? Quels contrecoups subit le corps à force de tout verrouiller ?
Vieillir, oui... mais vivre vieux et en bonne santé en refusant de vivre. Pfiou... tordu ! En fait, Félix a été traumatisé par la perte de son père, depuis il a condamné son entourage à vivre dans une bulle sanitaire pour se préserver des risques.
Même si les émotions des personnages m'ont paru artificielles, la lecture est entraînante, dans un style graphique très séduisant. Une BD pleine d'élégance et qui évoque la vie, la jeunesse, l'amour et la mort. 

Presque maintenant, de Cyril Bonin 

Futuropolis (2018)

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dept h Meurtre en grande profondeur

Le docteur Hari Hardy a été assassiné dans sa station sous-marine, le Dept H. Bravant tous les risques, sa fille Mia se rend sur place et ouvre une enquête.

Ses premières conclusions sont terrifiantes : l'un des sept scientifiques est le coupable. Qui, parmi Lily, l'amie d'enfance rancunière depuis une dispute, Bob, l'expert en armes, Aaron et Jérôme, l'assistant et le directeur de recherches, Q. le chef de sécurité, son frère Raj et Roger, l'associé et meilleur ami de son père, a pu commettre ce crime odieux ? Mia les connaît tous et se trouve face à un casse-tête.

Mais la vie sous-marine recèle évidemment des mystères. Peu à peu, les caractères vont se révéler, le passé va remonter à la surface et les secrets viendront dévoiler d'autres vérités. Autre élément perturbant, le temps est compté à bord de la station où les incidents techniques se multiplient et où le risque d'une contamination bactériologique serait avérée. Après tout, sur quoi bossait son père ?

Entre récit d'espionnage et crime mystérieux dans un univers huis-clos, cette série en 4 tomes est juste bluffante ! Au départ, j'étais peu sensible au graphisme et aux illustrations... mais j'ai vite revu mon jugement. J'ai finalement été sous le charme des décors, de l'ambiance et du scénario à suspense. J'attends le dénouement avec impatience !

DEPT.H : Meurtre en grande profondeur, de Matt Kindt & Sharlene Kindt

Futuropolis (2018) - série en 4 tomes

 dept h Meurtre en grande profondeur 2

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Les mille et une vies des urgences, de Dominique Mermoux & Baptiste Beaulieu

LES MILLE ET UNE VIES DES URGENCESJe ne connaissais pas le roman de Baptiste Beaulieu, Alors Voilà, lui-même tiré de ses chroniques de blog : Alors Voilà. | Journal de soignées/soignantes réconciliées. Mais j'ai adoré cette adaptation illustrée par Dominique Mermoux.
C'est une lecture à la fois drôle, touchante et pleine de sincérité. Un témoignage sensible, mais sans sensiblerie futile, de la vie des urgences et des petites fourmis qui s'y bousculent. On y croise des internes au top, des hommes et des femmes avec leurs bagages, leurs désirs et leurs secrets, des chefs grincheux, des malades qui vont et viennent, des cas insolites ou farfelus, d'autres bouleversants, d'où les anecdotes à la pelle !
Tout commence avec la dame de la chambre 7 du cinquième étage - celle que Baptiste surnomme L'Oiseau de Feu, du fait de sa chevelure flamboyante. Gravement malade, cette femme est en train de s'éteindre mais résiste jusqu'au retour de son fils bloqué en Islande à cause du volcan en éruption. Pour combler cette attente, Baptiste décide de lui raconter des histoires.
Entre joie et peine, ce rendez-vous aux urgences est un patchwork d'émotions. On en sort le cœur plus gros, plus lourd, plus compatissant aussi. On éprouve une grande admiration pour le dévouement de Baptiste, Anabelle, Frottis, Chef Pocahontas, Blanche, Fabienne, Poussin, Brigitte, Solveig, Amélie, le commandant Viking etc. On rit et on pleure à leurs côtés (bienvenue aux soirées camouflage). En bref, on s'installe dans un coin et on les écoute...
C'est sans artifice, sans pathos. Juste de l'humanité et de la vie 
Très, très bon !

Rue de Sèvres (2017)

 

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Streamliner #1. Bye-bye Lisa Dora & #2. All-in Day, de 'Fane

Streamliner byebye lisa dora

Cristal O'Neil vit seule en plein désert avec son vieux père Evel, une ancienne légende des courses de vitesse au volant de sa mythique Black Widow. Ils sont propriétaires d'une petite station service sur des hectares à perte d'horizon.
Leur tranquillité va être mise à mal avec l'arrivée de Billy Joe, clope au bec, blouson en cuir et sourire carnassier. Leader des Red Noses, il a l'intention d'organiser une course sauvage, réunissant des milliers de pilotes intrépides.
Abusé par ce rassemblement de têtes brûlées, le père de Cristal va précipiter son malheur et mettre en jeu le titre de propriété de la station, contraignant sa fille à conduire la Black Widow pour sauver leur gagne-pain.
Tous ont la rage de vaincre et se contrefichent des règles. Mais tous sont alléchés par l'appât du gain ou par le désir de changer de vie. D'ailleurs le casting ne manque pas d'être époustouflant : outre la chanteuse de rock Calamity, les amazones des Black Panties ou les mystérieux frères Jarret, on trouve aussi  William Boney alias « The Kid » cherchant à échapper aux fédéraux à ses trousses...
On sent à la lecture de cette série (en deux volumes) la poussière du désert, la poudre de la carabine, la sueur et le sang des challengers, le sel des larmes aussi.
Et c'est avec fascination qu'on plonge dans cette ambiance - à la fois âpre et sexy, mais sans racolage. On s'attache aux personnages, leurs parcours et leurs histoires se dévoilent. On découvre plus loin la course médiatique et les magouilles politiques. Les autorités sont dépassées, le run du siècle est lancé.
Bref on suit les pleins et les déliés, les courbes impeccables, les freinages implacables, les moteurs qui chauffent et le caoutchouc qui brûle. La mort est défiée à chaque instant et la vie vécue à mille à l'heure...
Autant dire que j'ai gobé cette lecture avec exaltation. C'était intense et j'ai adoré !

Rue de Sèvres (2017)

 

Streamliner allin day

SÉRIE EN 2 TOMES - 'Fane offre avec Streamliner une œuvre sensible, explosive et déroutante qui lui ressemble.

 

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07/07/18

Spill Zone, de Scott Westerfeld & Alex Puvilland

spill zoneTrois ans plus tôt, la ville de Poughkeepsie a été frappée par une étrange catastrophe, réduisant la population à un état de zombies figés sur eux-mêmes. Seuls quelques animaux (des rats, des chats des loups) ont survécu mais l'énigme reste entière car la zone a depuis été complètement interdite d'accès.
Addison n'hésite pourtant pas à enfreindre les règles et s'y faufile sur son bolide, avec pour seule arme un appareil photo. Elle mitraille tout ce qu'elle y voit et revend ses clichés à une riche collectionneuse. Tout ça pour subvenir aux besoins de sa petite sœur, Lexa, traumatisée et muette suite aux événements.
Leurs parents, qui travaillaient à l'hôpital, ont disparu. Les deux sœurs vivent dans une ferme isolée, à la frontière de la Spill Zone, et connaissent le coin comme le fond de leur poche. Toutefois, la cliente new-yorkaise propose à Addison un contrat plus juteux... et plus risqué : se rendre dans un local du centre hospitalier pour y récupérer un étrange coffret.
Parallèlement, un jeune militaire vient s'assurer que tout va bien chez Addison et sa sœur... risquant ainsi de découvrir les activités illicites de la jeune fille. Un jeune coréen débarque en ville, désireux de rencontrer la célèbre photographe. Et n'oublions pas la poupée en chiffon Vespertine, qui communique par télépathie et qui ne semble pas se contenter d'un rôle de simple figurante !
Tout est désormais en place pour que l'intrigue déploie ses ailes, car ce premier tome est assez évasif et curieux. Il règne une ambiance singulière - pas très attirante de prime abord - mais qui est à la fois angoissante et fascinante. J'attends de lire la suite pour mieux juger, car pour l'instant tout est mystérieux et incite à se poser beaucoup de questions ! 

Rue de Sèvres (2018)

 

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06/07/18

Pêle-Mêle : Riquette à la Coque - Calpurnia apprentie vétérinaire - Papa Coq

Riquette à la coquePar une belle nuit du mois de mai de l'an 2000, la reine de Washington et la reine du Mexique donnent respectivement naissance à un enfant : un bébé biscornu pour la première et un bambin d'une beauté éblouissante pour la suivante. Elles vont aussi se rendre chez le même médecin, la docteure Corazon, qui possède des dons de fée.

Celle-ci fait passer un examen aux bébés et diagnostique - sans surprise - une intelligence inégalable pour Riquette et un niveau plus limité pour Beau, qui porte bien son prénom mais qui est bête comme chou. La docteure leur prédit pourtant qu'en grandissant l'amour va les métamorphoser.

Allons donc. Au fil des années, les deux enfants vont se croiser durant les goûters et autres bals guindés, mais leurs tempéraments diamétralement opposés ne créent aucune étincelle. L'une est souvent grondée, l'autre pleurniche sans cesse. Résultat, au cours de leur quinzième année, Riquette et Beau font grise mine et se rencontrent dans la forêt, à l'abri des regards indiscrets.

Après quoi, tous deux vont disparaître. Les familles sont en état d'alerte. Sur quoi, la fée Corazon débarque enfin pour expliquer son entremise... La suite appartient au grand peut-être ! Mais c'est une histoire fabuleuse, aux illustrations savoureuses et parsemée de notes d'humour qui rendent le lecteur béatement heureux. On a là un très bel album, librement inspiré du conte de Charles Perrault.

Riquette à la Coque, de Daniel Hénon

L'école des loisirs, 2018

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Calpurnia apprentie vétérinaireDeuxième titre à paraître dans la collection Neuf, adapté des romans (en Médium) de Jacqueline Kelly et s'adressant aux plus jeunes grâce à leur format court (95 pages illustrées).

Cette fois, Calpurnia doit aider la brebis à mettre bas mais doit se débrouiller seule car le vétérinaire a été appelé sur une autre urgence. Et c'est sous le nez de sa maman qu'elle va prodiguer des soins insoupçonnés... Bravo Calpurnia !

On aime le charme de la campagne, la vie à la ferme, le portrait d'une famille nombreuse, l'éducation à l'ancienne, la curiosité scientifique de l'héroïne, ses frères malicieux, son grand-père bienveillant, les papillons et les agneaux... En bref, c'est enfantin mais adorable. Je préfère néanmoins les gros romans à la texture plus croustillante ! ☺

Calpurnia apprentie vétérinaire 2. À saute-mouton, de Jacqueline Kelly

neuf de l'école des loisirs (2018)

traduit par Dominique Kugler - illustrations de Daphné Collignon

 

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Papa CoqEt une petite mignardise pour boucler la boucle...

Au poulailler, papa Coq aimerait que son poussin pousse le plus puissant cocorico jamais entendu. Seulement, le poussin est assez nigaud. Sa mère poule réclame un peu de patience, tandis que les autres animaux de la ferme se réunissent pour soutenir l'exercice !

Simple et adorable : un petit texte délicat et qui prête à sourire.

Papa Coq, de Jean-Charles Sarrazin

lutin poche de l'école des loisirs (2018)

 

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04/07/18

Un petit pois pour six (Histoires des Jean-Quelque-Chose) de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Un petit pois pour sixC'est toujours à la saison estivale que je retrouve ma famille des Jean-Quelque-Chose - une marmaille de six garçons turbulents et leurs parents d'une patience d'ange - dans une série de petites chroniques de la vie quotidienne.
Et ainsi, on se rend à la bibliothèque chaque jeudi après-midi, on couvre les rendez-vous secrets de Jean-A, on part à la pêche aux lançons, on écoute les conseils aguerris de papa, on s'inspire des palpitantes enquêtes du Club des Cinq, on écrit et on réécrit de belles histoires, on organise une super fête des mères, on découvre chez Papy Jean une cabane dans les arbres et on s'imagine passer toute une nuit là-haut, même pas peur, même si la nuit des Robinsons vaut bien quelques frissons...
En somme, c'est savoureux et tendre à lire. On replonge au pays de l'enfance et de l'imagination foisonnante. On se fond une place confortable parmi une joyeuse tribu attachante. On vit au rythme de leurs bagarres et de leurs jeux. C'est merveilleux.
La lecture est adorable. On sourit tout du long et on se sent comme dans un cocon douillet. Un territoire familier.
Mais bien sûr je ne vous apprends rien : il suffit de replonger dans la nouvelle compilation de cette famille aux petits oignons pour goûter le parfum du bonheur !  

Gallimard jeunesse (2018) - illustrations de Dominique Corbasson

 

Le 21 février 2018, Dominique Corbasson s'éclipsait avec sa poésie, sa douceur, sa fraîcheur et son charme discret... 
Jean-Philippe Arrou-Vignod lui a rendu hommage.

J'ai eu le bonheur de faire une dizaine de livres avec Dominique Corbasson. Durant près de vingt ans, elle a donné un visage à mes Jean-Quelque-chose. Son trait lui ressemblait : élégant, lunaire et drôle.
Elle envoyait ses délicieuses saynètes sur des bouts de papier, l'air de rien, et chaque fois, c'était juste, piquant, poétique. Elle seule savait rendre émouvante une rangée de bottes d'enfants ou un bracelet scoubidou.
Parfois, dans l'euphorie, il lui arrivait d¹ajouter quelques Jean à ma petite tribu. On en riait ensemble. « Six frangins, Dominique, tu ne crois pas que c¹est bien suffisant ? » Tant pis, je changeais la scène pour elle ou en écrivais une autre. Elle se savait étourdie, oubliait ses lunettes partout, mais son coup de crayon, lui, était net, précis, étrangement doux et tranchant et à la fois.
Il y a quelques semaines encore, elle livrait trois couvertures, si fraîches, si pétillantes de vie.  Aujourd'hui, les Jean sont un peu orphelins. On ne leur dessinera plus de cabanes dans les arbres, de soirée au cirque ou de 404 familiale surchargée de bagages jusqu'au toit. 
Dominique va salement nous manquer.

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Je ne suis pas un auteur jeunesse, de Vincent Cuvellier

je ne suis pas un auteur jeunesseVincent Cuvellier aime bien, de temps en temps, faire le point sur ses débuts, son métier, son parcours, son style, ses envies (cf. La fois où je suis devenu écrivain). Et plus largement sur la littérature jeunesse, son manque d'estime, sa faible rémunération, son circuit, ses branches, sa morale...
Il l'exprime à sa manière, simple et décomplexée, racontant ici sa vie dans les salons ou les salles de classe, avouant parfois son ras-le-bol ou ses frustrations, reconnaissant ses attentes ou ses doutes. Évoquant enfin son horizon, comme explorer davantage la période de la Seconde Guerre mondiale “parce que son souvenir s'estompe, il faut l'accepter” et néanmoins continuer d'en parler “sans pathos, sans chantage affectif, sans grandes phrases toutes faites”.
C'est donc un Vincent Cuvellier caméléon qui se livre : à la fois le joyeux drille qui raconte ses petites histoires rigolotes, avec des gros mots et des idées folles à l'intérieur, mais aussi le type touchant et attachant, aux émotions qui se barrent dans tous les sens, le cowboy solitaire qui assume ses défauts, l'écrivain qui a fait son chemin et qui pense à son papa pas peu fier de son cancre attitré.
En bref, tout ce qu'on lit est infiniment intéressant (sur la prescription, le monde éditorial, les fonds publics, la transmission etc.). On est d'accord ou pas avec lui, mais on apprécie grandement son honnêteté et son authenticité. Car pour finir, c'est aussi une lecture qui prête à sourire, où l'on se rend compte que Vincent Cuvellier n'est pas tout seul dans sa tête - hello Claude François, Lino Ventura ou tiens ! le général de Gaulle himself... Et c'est justement cette petite touche d'impertinence qui fait la différence.
En bref, on pioche copieusement des envies de lecture ou de relecture dans cet exercice de style réjouissant !

Gallimard jeunesse Giboulées (2017) - illustrations de Robin

 

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