03/10/18

Pêle-mêle : Super Hamster - Le petit éléphant rose - La Grande échelle - Sèche tes larmes, Petit Lapin ! - Rouge de colère

super hamster

Petit Hamster part à la découverte du monde et tombe en pâmoison devant la beauté de la vache, le chic du blaireau, l'allure de la pintade et le costume du poisson. Désireux de leur ressembler, il se barbouille de boue et de pollen pour y remédier. Taches, rayures, pois, carreaux... le voilà tout bariolé ! Son arbre le somme de prendre un bain, puis lui suggère de trouver une autre parade.

Notre petit hamster a alors une idée géniale : s'envelopper dans une cape de Super Hamster, faite sur mesure évidemment. Du grand art ! Comme cette histoire, adorable et pleine de fraîcheur, dont nous avons beaucoup aimé les illustrations et le peps qu'elles dégagent. C'est top.

Super Hamster, de Jeanne Boyer

loulou & cie, chez l'école des loisirs, 2018

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le petit éléphant rose

Aujourd'hui, le petit éléphant rose a une imagination débridée et se prend, tour à tour, pour un singe, une grenouille, un oiseau, un serpent... Sa maman suit ses lubies avec patience, tout en l'entraînant vers le bain et le dodo. Au final, quelle a été sa meilleure interprétation ? Maman est catégorique : son animal préféré, c'est le petit éléphant rose.

Les albums d'Isabelle Gill sont reconnaissables entre mille, avec leur esthétisme très marqué. Ce sont en effet des photographies d'objets tirés du quotidien qui sont mis en scène pour raconter une histoire attachante. Forcément, ce petit éléphant rose, en tricot, est adorable. Et rappelons la complicité entre l'éléphant et sa maman, pleine de tendresse et merveilleusement mise en avant !

Le petit éléphant rose, d'Isabelle Gill

loulou & cie, chez l'école des loisirs, 2018

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la grande échelle

Wooow, attention les yeux ! Cet album propose un final étourdissant.

Dans la caserne des pompiers, la sirène retentit : vite, au feu ! L'éléphant pompier part avec le camion tandis que la souris pompier s'envole dans la montgolfière. Sur place, notre pompier pachyderme commence à déplier la grande échelle, puis à faire l'ascension de l'immeuble pour sauver ses occupants.

Sous vos applaudissements, s'il vous plaît. Car on tombe sur un pliage étonnant, qui procure au jeune lecteur la sensation de grimper toujours plus haut pour accomplir sa mission. On s'y croirait, pour de vrai. C'est excellent !

La Grande échelle, de Ramadier & Bourgeau

loulou & cie, chez l'école des loisirs, 2018

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sèche tes larmes petit lapin

Attention, attention, cet album peut heurter la sensibilité des plus fragiles.

Petit Lapin est tombé. Ouille, il a mal au bras. Pire que tout, ça saigne ! Il faut vite le consoler. Pour bien faire, il n'y a qu'à suivre les instructions (souffle sur ses larmes, essuie son nez, pose un pansement etc.) et le tour sera joué.

Cette petite série enchante les amateurs de lectures interactives, où le lecteur est directement interpellé et prend part à l'action tout en tournant les pages du livre. Toujours ingénieux pour tenir en haleine et capturer l'intérêt de l'enfant ! Et puis ce Petit Lapin a une bouille adorable !

Sèche tes larmes, Petit Lapin ! de Jörg Mühle

pastel chez l'école des loisirs, 2018

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rouge de colère

Au moment de prendre leur goûter, Malo et Lola découvrent que leurs gâteaux ont disparu. Pour l'oursonne, c'est la goutte d'eau en trop. Elle accuse, tape des pieds, enrage et explose ! Sa colère est si forte qu'elle est devenue toute rouge.

Stoïque, Malo va tenter de la calmer. Il l'entraîne en douceur dans le jardin, même si Lola boude. À force de patience et de petits gestes tendres, l'oursonne retrouve peu à peu ses teintes normales. Ouf. Précisons aussi que les voleurs de gâteaux vont être démasqués au détour d'une page !

Cette lecture nous en fait voir de toutes les couleurs, dites donc. Alors que la sérénité de Malo est parfaitement communicative, la fureur incandescente de Lola est impressionnante. On loue cependant les qualités de l'album : vrai, sincère et vibrant d'émotions... Très, très bon !

Rouge de colère, de Kimiko

loulou & cie, chez l'école des loisirs, 2018

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à ce soir

La 4ème de couverture raconte tout, et très bien : 

Quand on passe la journée loin l'un de l'autre, c'est bon de se la raconter. Mais quand on est tout petit, comme Sam, ou un peu plus grand, comme Léa, on n'a pas encore de mots, ou si peu, pour en parler.

À ce soir ! est un livre pour dire avec des images les paroles rassurantes et le gros baiser du matin, les jouets, les copains, la peinture à l'eau, la purée, les pipis, le dodo, les disputes et les câlins, la fatigue du soir et la joie de se retrouver ! 

Un album FORMIDABLE, avec toute la tendresse de Jeanne Ashbé. Cette lecture inspire confiance, confort et bien-être. À glisser dans toutes les garderies, crèches et chez les nounous !

À ce soir ! de Jeanne Ashbé

pastel de l'école des loisirs, 2018

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adorable c'est tout moi

Lola a bien envie d'être une héroïne de télévision, comme dans son émission préférée, Qui sera la plus adorable ? Alors elle s'entraîne à la maison et à l'école. Elle se murmure une petite mélodie pour se donner du courage, car parfois c'est dur de ne pas répondre aux provocations et de courir dans tous les sens sans obtenir de récompense.

Mais voilà que son projet est dévoilé, tous ses camarades se moquent d'elle. Lola ne se sent plus l'âme bienveillante, perd patience et court se réfugier chez sa grand-mère pour faire le plein de lectures réconfortantes.

Les illustrations de Claude K. Dubois illuminent cette série qui dégouline de charme et de tendresse. La petite Lola est une héroïne intrépide, avec ses défauts qui la rendent si proches de ses lecteurs. Simple et attendrissant.

 

Adorable, c'est tout moi ! de Carl Norac & Claude K. Dubois

Pastel de l'école des loisirs, 2018

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Pêle-mêle : Le plus méchant des grrros méchants loups - Nino dans tous ses états - Choupette arrête - Il était une fois...

Le plus méchant des grrros méchants loups

Mina est une petite fille qui ne s'ennuie jamais. En effet, elle détient trois crayons magiques qui lui permettent de dessiner à l'infini et au gré de sa fantaisie. Elle part ainsi sur le chemin de son imagination, qui l'entraîne loin, très loin. Ce jour-là, Mina trouve un petit oiseau blessé, terrorisé par le loup. Ce monstre aux dents longues ne cesse de hurler qu'il est le plus méchant des grrros méchants loups.

Mina est brave et dégaine de sa pochette magique une gomme, avec laquelle elle va effacer deux des quatre pattes de l'animal. Et hop, un kangourou inoffensif ! Mina et son nouvel ami Zozio sont comblés. Ensemble, ils peuvent enfin retrouver le nid familial et se promettre de vivre d'autres aventures palpitantes.

Voilà un album sensible et drôle dans lequel le jeune lecteur aura plaisir à gambader, se délectant des illustrations naïves et de l'imagination débordante de l'héroïne. C'est une lecture délicieuse !

Mina et les Magicrayons : Le plus méchant des grrros méchants loups, de Fanny Joly & Christine Davenier

les albums Casterman, 2018

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Nino dans tous ses états

Nino n'est pas qu'un simple petit garçon, c'est aussi le fils de ses parents, le petit-fils de sa grand-mère, le neveu de sa tata, le petit frère de Martin, l'attaquant de foot, l'élève dans la lune, le petit terrien qui se fait gronder par sa maîtresse, le lecteur vorace, l'écrivain volubile, l'acteur majestueux, le patient et l'impatient, le sujet parfait, le citoyen comme les autres, l'invité et même le meilleur copain...

En bref, Nino est beaucoup de choses, avec des pensées encombrantes, des histoires à inventer, des coups de pied volontaires, des rêves en grand et des secrets qui rendent l'enfance à la fois entière et unique dans son genre. Le portrait est croqué avec beaucoup de malice, de poésie et de tendresse. Et les illustrations sont superbes !

Nino dans tous ses états, de Susanna Mattiangeli & Mariachiara Di Giorgio

les albums Casterman, 2018

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Choupette arrete

Choupette est une petite fille pétulante. Comme les jeunes lecteurs de son âge, elle chipote pour s'endormir, elle ne tient jamais en place pour se coiffer, elle ne fait que des bêtises au moment de se brosser les dents, elle refuse de finir son assiette, elle ne tient pas en place au cinéma, elle oublie ses chaussons et elle adore patauger dans les flaques d'eau.

Cette lecture se décline sous la forme d'une bande dessinée, avec 12 scénettes rigolotes mettant en scène des situations courantes, rythmées par les sempiternelles injonctions parentales (mange, dors, tiens-toi tranquille, chut, dis bonjour etc.). On accueille avec plaisir cette nouvelle héroïne irrésistible !

Choupette, arrête ! de Sibylle Delacroix

casterman, 2018

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il était une fois n'importe quoi

Ce n'est plus une nouveauté, car cette collection propose de revisiter des comptines avec beaucoup de dérision. Ainsi, ne soyons guère surpris de croiser un grand méchant loup en p'tite culotte à froufrous, une délicieuse petite fée avec une baguette complètement cassée ou un dragon maléfique qui adore faire de la gymnastique ! Les exemples ne manquent pas et sauront vous régaler au fil des pages.

Côté pile, ce que l'on sait et croit acquis. Côté face, ce qu'on ne soupçonne pas et nous explose en pleine figure. À chaque fois, c'est l'étonnement général et les rires fusent ! Gros succès auprès du jeune public. Une collection charmante et qui cartonne !

Il était une fois... n'importe quoi ! de Mimi Zagarriga & Marianne Vilcoq

casterman, mes comptines à rigoler, 2018

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02/10/18

Pêle-mêle : Une histoire à grosse voix - Le loup, le canard & la souris - Minusculette en automne - Ouiii - Cache-cache surprise

Une histoire à grosse voix

Trois petites grenouilles réclament à leur papa une histoire à grosse voix, à l'heure du coucher. Mais à peine celui-ci s'échauffe la voix et commence à proclamer “il était une fois”, les petites grenouilles tentent de se débiner. Un doudou par ci, un pipi par là, un verre d'eau encore, une petite veilleuse en plus... Bref. L'histoire à grosse voix, finalement, ce n'est pas une si bonne idée.

L'album est, par contre, extra dans la relation qui se développe entre le père et les enfants. Il y a de la complicité, de la tendresse, des câlins et des clins d'œil. C'est adorable. Et Émile Jadoul ne manque pas d'humour pour boucler son histoire, sur une bonne GROSSE voix. On imagine déjà l'interprétation à donner chaque soir, avant d'éteindre les lumières. Franchement TOP !

Une histoire à grosse voix, d'Émile Jadoul

pastel de l'école des loisirs, 2018

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Le loup le canard et la souris

Une souris croise un loup dans la forêt. Et couic, elle est avalée !

Heureusement, l'histoire ne s'arrête pas là. Car la souris se retrouve dans le ventre du loup, où elle rencontre un canard qui fait sa popote depuis belle lurette. Elle explique qu'elle aussi a été avalée, mais pas mangée. Tout est dans la nuance. Depuis, le canard vit à son rythme, dodo, petit déjeuner, soupe, festin de temps à autre. Jamais il n'aurait pu envisager une vie plus excitante (et tranquille) en restant dans la forêt ! Eh oui, les prédateurs sont partout. Le loup, lui-même, est la cible du chasseur. Sentant le danger proche, la souris et le canard deviennent des alliés redoutables... et vont sauver la mise de la bête féroce !

Ha, ha ! Quelle fable ! Tel est pris qui croyait prendre. Ou comment croquer avec humour une histoire de piège tendu par plus petit que soi... Mac Barnett et Jon Klassen sont sacrément tordus et concoctent un album plein de dérision, qui remporte un succès fou auprès d'un public en délire. Nous applaudissons haut et fort la prouesse.

Le loup, le canard & la souris, par Mac Barnett & Jon Klassen

pastel de l'école des loisirs, 2018

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Minusculette en automne

C'est l'automne. Alors que Minusculette virevolte parmi les feuilles qui tombent, elle rencontre un muscardin aux abois. Maurice a égaré sa famille ! Tous se préparaient à bichonner leur nid pour l'hiver, et bim, ils ont disparu du radar. Minusculette n'est pas inquiète, elle lui propose de partir à leur recherche. Son ami Gustave, l'écureuil, apporte aussi sa contribution et - malgré lui - sa cachette pour hiberner. 

Cette série, qui égrène les saisons, nous raconte de jolies histoires, simples et charmantes, avec une héroïne dynamique, toujours prête à rendre service et soulager les petits tracas du quotidien. Des couleurs aux illustrations, la combinaison est harmonieuse. C'est mignon comme tout. 

Minusculette en automne, de Kimiko & Christine Davenier

loulou & cie, chez l'école des loisirs, 2018

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ouiii arnaud denis

Dans cet album, l'imagination carbure à fond les ballons : ce qu'on suppose être le lever du soleil est, en fait, un œuf sur le plat. Non, ce n'est pas une chenille rose, mais des pieds dans l'herbe. L'escargot de la laitue remplace le monstre de l'espace, et la purée toute chaude, un volcan qui fume. Même le gros bisou est confondu avec le papillon rouge. Et la couette toute douce avec le nuage tout blanc !

Au fil des pages, on voyage, on rêve, on redécouvre le monde qui nous entoure. Autant de suggestions fantaisistes pour combler cet imagier ludique, tantôt fou, tantôt surprenant. En tout cas, sa lecture suscite des exclamations de joie et d'étonnement. Très chouette ! On dit OUIII.

Ouiii ! d'Arnaud Denis

loulou & cie, de l'école des loisirs, 2018

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cache-cache surprise

Viens jouer à cache-cache avec le livre ! 7 cochons, 6 moutons, 4 chèvres, 10 lapins, 2 cerfs, une biche et 2 faons s'y planquent joyeusement. Au lecteur de faire le compte, de déjouer la roublardise du loup, de faire la fête, de pousser des cris d'orfraie, de repartir en vadrouille et de tromper l'animal aux dents longues...

Une lecture rigolote pour un album tout-cartonné aux illustrations pimpantes et savoureuses. On le tourne dans tous les sens pour déjouer les pièges du loup. Et l'attention de l'enfant est occupée pendant de précieuses minutes. Que demander de plus ? :)

Cache-cache surprise ! de Ramadier & Bourgeau

loulou & cie chez l'école des loisirs, 2018

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Pêle-mêle : Merci, Miyuki ! - Jungle - La rentrée de Pinpin - Lison et la propreté - La Princesse au don perdu

Merci Miyuki

La jeune Miyuki trépigne d'impatience, car elle veut jouer, bondir, croquer la vie à pleines dents, tandis que son grand-père danse lentement, inspire, expire, prend soin de son corps, contemple la nature, se plonge dans la méditation. Pour la fillette, c'est terriblement abstrait. Elle aussi veut partager cette communion avec le monde qui l'entoure, avec du thé froid, des tasses ébréchées, du babillage incessant. Grand-père ne change rien à ses habitudes, il marche lentement, incite l'enfant à se poser et à prendre le temps d'admirer la course des nuages par exemple... Peu à peu, Miyuki se perd dans la réflexion et absorbe à son tour les secrets de l'univers. “Ça sent bon, ça sent doux d'être là - ça sent le bonheur d'être ici et maintenant, avec toi.”

La communion entre les illustrations et le texte est parfaite : d'une poésie raffinée et pointilleuse. Chaque détail compte, chaque note est ajustée, chaque nuance est choisie avec un soin jaloux. En somme, cet album est admirable ! On se gave de son charme, de sa lumière, de sa sagesse. On sourit aussi face à cette tendre complicité qui se noue entre l'enfant et son grand-père. C'est une lecture intergénérationnelle, qui enchantera petits et grands. C'est de toute beauté, vraiment.

Merci Miyuki ! de Roxane Marie Galliez & Seng Soun Ratanavanh

de la martinière jeunesse, 2018

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Jungle

Quelle magnifique exploration de la jungle que celle proposée par l'américaine Helen Borten (inspirée par un voyage au Guatemala) ! Oui, c'est magnifique ! Les couleurs, les gravures, les sons, les mots... la sensibilité du lecteur est interpelée de toutes parts. Comment résister ?

Dans la brume matinale apparaît un vaste océan de feuillages. Ce qui se cache en dessous : la vie fourmillante et surprenante de la faune et la flore. Animaux, plantes et cycle de la vie se livrent à un ballet pudique et élégant. On en prend plein les yeux, ça roule de gauche à droite, de haut en droit, le spectacle est impressionnant. Le “mystérieux monde vert” s'épanouit sous nos yeux ébahis. Et c'est silence obligatoire jusqu'à la page finale.

« La jungle semble déserte. Mais des milliers de petits farceurs se cachent sous l'exubérant feuillage. Un bout d'écorce tombe... et devient lézard. Une feuille tremble... et c'est une sauterelle. Une fleur se déploie... et voici un papillon. Une petite boule hirsute de mousse se défait... et voilà un paresseux. Une vigne se déroule... et danse lentement un serpent. Un petit éclair de lumière... et cligne l'œil du jaguar. »

Jungle, de Helen Borten

de la Martinière jeunesse, 2018 - traduction de Shaïne Cassim

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la rentrée de pinpin

Premier jour d'école pour Pinpin ! Et première fois qu'il quitte sa maman. Pinpin a le cœur lourd et le moral à zéro. Ses nouveaux camarades viennent aussitôt à sa rescousse pour chasser ses idées noires : le tigreau évoque les chatouilles au ventre, l'ânon la douceur des joues qu'on caresse, le girafeau raffole des papouilles aux oreilles, ou le petit hippopotame se rappelle la complicité rigolote qui rend l'heure des retrouvailles moins longue à attendre...

De beaux instants sont ainsi partagés, avec toute la douceur et la tendresse de He Zhihong dont les illustrations inspirent une immense sérénité. Que de poésie à lire cet album !

La rentrée de Pinpin, de He Zhihong

seuil jeunesse, 2018

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Lison et la propreté

Cette chère Lison nous avait manqué ! On la retrouve dans des petites séquences rigolotes, qui pourront également être lues et relues en classe, en garderie ou autres lieux de collectivité, et ainsi mieux rappeler quelques règles de base : on éternue, on se lave les mains, on se brosse les dents, on se lave tous les jours, même si ça ne se voit pas, on change aussi de petite culotte, le shampooing ne pique pas les yeux, la poussière et la boue, ça va deux secondes, les microbes ça se propage donc on élimine avec du savon...

Rien de gnangnan dans cette lecture, au contraire, le ton est drôle et l'héroïne espiègne et adorable ! La série poursuit son petit bonhomme de chemin et c'est une réussite.

Lison et la propreté, d'André Bouchard

seuil jeunesse, 2018

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La Princesse au don perdu

Pour boucler cette tournée des petites merveilles, place au conte ! Où il est question d'un royaume et de cinq princesses, toutes dotées d'un pouvoir exceptionnel, à l'exception de la dernière. Iris, la plus jeune, a seize ans et n'a révélé aucune sensibilité, aucun don particulier qui pourrait participer à l'harmonie du monde. Quel drame, quelle catastrophe. Ses parents s'en inquiètent et convoquent les aïeuls. Tous poussent la princesse à trouver son don - ou le royaume va boîter et sombrer dans le chaos. Persévérante, mais malheureuse, Iris finit par se résoudre : et si elle était la princesse de rien ? Après tout, “le bonheur n'est finalement pas grand-chose : une douce mélodie, une brise dans les cheveux, la première feuille d'un arbre ou un joli coquillage. Un bonheur se cache dans les infimes et minuscules détails. Dans les grands et les tout petits riens.”

Cet album réserve une lecture passionnante et entraînante, avec des princesses, de l'aventure, du drame, du suspense... dans la pure tradition des contes qui font palpiter le cœur. Et les illustrations sont superbes !

La princesse au don perdu, de Paule Ferrier & Xavière Devos

de la martinière jeunesse, 2018

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01/10/18

Pêle-mêle : Une histoire très en retard - Coyote et le chant des larmes - Les feuilles volantes - Denis Fifty-fifty

une histoire très en retard

Il était une fois une page blanche… qui ne resta pas blanche très longtemps.

Ils sont cinq potes à attendre que l'histoire se pointe, sans se presser. L'un d'eux finit par perdre patience et se met à dessiner dans son coin, en fait sur la page de gauche. Et plus le temps passe, plus les compères s'interrogent, n'osant plus bouger de peur de louper le rendez-vous, tandis que le lapin continue son œuvre. Son imagination se déploie : un arbre, un dinosaure, des oiseaux, une balançoire, une maison bleue, une licorne, la pluie et le beau temps...

En bref, ce sont deux histoires qui se lisent en parallèle, l'une plus volubile avec ses créations colorées, l'autre plus cocasse avec ses espoirs et ses attentes désespérées. C'est drôle, c'est beau, c'est poétique. Oui, vraiment, Marianna Coppo est une enchanteresse et offre au lecteur le pouvoir de s'évader rien qu'en tournant les les pages d'un album. Superbe !

Une histoire très en retard, de Marianna Coppo

seuil jeunesse, 2018

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Coyote et le chant des larmes

Une petite colombe fait provision de graines dans la plaine, mais se blesse à la patte et se met à gémir sa douleur. Pas loin de là, un coyote perçoit son chant éploré et tombe en amour ! Il court la rejoindre pour complimenter la qualité de son chant et lui demande de répéter cette douce mélodie qu'il souhaite rapporter chez lui.

La colombe le traite de tartempion, avant de se raviser car elle craint d'être dévorée. Elle lui confie son chant, le coyote part en courant, bim, il chute et perd ses précieuses notes, du coup il revient et intimide la colombe, qui beugle à nouveau, et rebelote. Cette sérénade va se répéter. Trois fois.

Finalement, la colombe va se rebeller et duper le coyote ! Gare aussi au corbeau qui tournoie dans le ciel, encore “ un crétin sans oreilles”... Ha, ha ! Muriel Bloch nous régale avec ce conte surprenant et très drôle (inspiré d'après une légende indienne). L'auteur a le sens de la formule et de l'humour : on sourit tout du long à la lecture du dialogue improbable entre une colombe (une proie qui se refuse de l'être) et un coyote (un prédateur en quête d'inspiration). 

Coyote et le chant des larmes, de Muriel Bloch & Marie Novion

seuil jeunesse, 2018

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les feuilles volantes

Dans une vallée secrète, cinq personnages vont se croiser au cours d'une aventure palpitante. Sara la renarde décide de suivre les feuilles qui s'envolent vers un horizon incertain, Yula la louve, trop accaparée par sa peinture, se met en retard pour dire au revoir à son ami, Yuki l'oiseau, trop impatient de rejoindre la chaleur du sud, et qui se demande ce qui retient son artiste peintre préférée...

Ce premier tome des Contes de la vallée, qui se déclinent au fil des saisons, nous plonge dans une ambiance magique et fascinante. Ici, place à l'automne, au vent qui souffle, aux arbres qui se déplument, aux couleurs rousses et aux premiers frissons qui font tourner le dos à la langueur estivale. En clair, l'espagnol Carles Porta nous impressionne avec sa dextérité à mêler les techniques picturales et propose une lecture impressionnante, et de toute beauté.

On se familiarise avec un univers, mais on rencontre aussi des personnages, en assistant à la naissance d'une nouvelle amitié. L'histoire est adorable et un brin lyrique. On adore cette vision de l'automne, son atmosphère et son histoire qui tourbillonne. La mise en scène est franchement épatante. Il nous tarde déjà de lire la suite, Bonjour M. Froid (disponible en novembre). Les deux tomes suivants sont annoncés en 2019, au gré des saisons. C'est fantastique !

Contes de la Vallée : Les feuilles volantes, de Carles Porta

seuil jeunesse, 2018

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Denis Fifty-fifty

Denis Fifty-Fifty a six ans et demi, et il fait tout à moitié. Le matin, il mange une demi-baguette, boit un verre de lait à moitié vide et un bol de chocolat chaud à moitié plein. Il passe la moitié de sa vie à jouer, l'autre à s'amuser. Au foot, ce qu'il préfère, c'est la mi-temps. À la piscine, il a la moitié du corps qui flotte, et l'autre qui coule. Il ne fait que des demi-longueurs. Et ses notes à l'école sont moyennes (5 sur 10 ou 10 sur 20). Bref.

Le soir de son anniversaire, Denis ne dort que d'un œil. En fait, il voudrait que son chien Bowie souffle également ses bougies. Tous deux se faufilent dans le salon. Une chose entraînant une autre, un incendie et une inondation vont dévaster la moitié de la maison. Oui, oui. Son père et sa belle-mère n'en reviennent pas. Puis relativisent. Après tout, “c'est parce que Denis fait tout à moitié que nous sommes tous entiers”.

Voilà une joyeuse histoire, truffée de jeux de mots et de gags rigolos ! Où l'on perçoit aussi un portrait de famille recomposée sans mélo et qui raconte une vie ordinaire, avec ses anecdotes courantes, que le tempérament malicieux du jeune héros transforme en péripéties incroyables. 

Denis Fifty-Fifty, d'Olivier Costes & Laurent Simon

seuil jeunesse, 2018

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Pêle-Mêle : Quelle horreur ! - Billy cherche un trésor - L'Antarctique de Simon - La nuit de Berk - Les pois de Toni

quelle horreur

Catastrophe pour Paty ! Il lui reste seulement trois jours pour préparer son exposition et elle n'a pas avancé d'un pouce. Elle demande donc à ses amis de lui servir de modèles. À peine installée derrière son chevalet, Paty sent la fibre artistique lui chatouiller les ailes et se lance dans plusieurs techniques de dessin (aquarelle, collage de papiers, encre de Chine).

Face à leurs tableaux, les amis découvrent le résultat en faisant la grimace. Ils sont déçus. Paty est déçue. Impossible de s'exposer devant tout le monde - après tout, personne n'aime son travail. On va se moquer d'elle. Et patati et patata. Paty est à deux doigts d'annuler, quand arrive déjà le grand soir.

Se traînant comme une âme en peine jusqu'à son atelier, elle perçoit un joyeux tohu-bohu. Surprise ! le public est emballé et se pâme devant ses toiles. Bravo à cet album qui évoque l'art, la création, la sensibilité, les goûts et les couleurs... il n'y a qu'à demander : Claire Lebourg vous régale avec simplicité et tendresse. Très chouette lecture !

Quelle horreur ! de Claire Lebourg

l'école des loisirs, 2018

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Billy cherche un trésor

Notre ami Billy le hamster est de retour, dans de pimpantes aventures. Avec son pote Jean-Claude, tous deux décident de retrouver le trésor perdu de son grand-père. Pour les guider, ils ont une carte (difficile à décrypter), du courage (du moins, pas dans le noir...) et un casque avec torche intégrée (caramba, la géante araignée au détour du tunnel !).

Cette lecture est drôle, pétillante et cocasse. Son duo de personnages attachants, lancés dans des histoires palpitantes, est aussi la clef de la réussite de cette série créée par Catharina Valckx. On adore son humour malicieux et fantaisiste ! Tout est parfait, comme toujours.

Billy cherche un trésor, de Catharina Valckx

l'école des loisirs, 2018

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l'antarctique de simon

Bientôt minuit et Simon est incapable de fermer l'œil, seul dans son lit. Notre héros, fringant lapin blanc, ressasse ses vacances en Antarctique : un voyage mouvementé et riche en émotions.

Pour rendre visite à son ami Bob, Simon n'a pas hésité à enchaîner train, bateau et avion, à sauter en parachute, à dormir sous une tente, à braver la tempête, à croiser des manchots, puis à vivre sur une base isolée, prendre des bains dans l'eau froide, aller à la pêche et contempler les aurores australes.

Oui, vraiment, ce voyage lui a laissé des souvenirs impérissables ! La beauté des paysages, l'apprentissage d'une nouvelle culture, la reconnaissance d'une nature belle et sauvage, les retrouvailles avec son ami Bob... c'est beaucoup de sensations pour un petit lapin qui a le blues de la rentrée. 

Adrien Albert sait si bien raconter de belles histoires, simples mais enrichissantes, qui nous transportent dans des décors époustouflants, avec des créatures inattendues ! On en prend plein les yeux, on dévore chaque détail, et on retient la poésie des yukimarimos. Vous ne connaissez pas ? Rejoignez vite Simon en Antarctique. 

L'Antarctique de Simon, d'Adrien Albert

l'école des loisirs, 2018

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Après une épuisante journée à l'école, vous réalisez avec effroi avoir oublié votre précieux doudou dans le coffre à jouets. Vos parents vous rassurent, il est en sécurité et attend votre retour en toute tranquillité.

Mais c'est sans se douter des événements terribles qui se déroulent dans les classes, la nuit. Heureusement, Berk va tout vous raconter : l'escapade nocturne, l'escalade sur le bureau, le truc vert et gluant, les couinements bizarres et qui font peur... Tout ça, tout ça.

Croyez-moi, Julien Béziat a l'art du suspense et de la mise en scène ! Son album se lit avec la boule au ventre, dans l'impatience de connaître la suite de l'histoire. C'est rondement bien ficelé, palpitant et excitant comme il faut. Berk est un personnage désormais familier dans la vie des jeunes lecteurs, cf. Le mange-doudous et Le bain de Berk

C'est plein de Sprouitch Sprouitch qui fait glousser de plaisir ! Une lecture au TOP.

La nuit de Berk, de Julien Béziat

Pastel, de l'école des loisirs (2018)

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les pois de toni

Toni adore les bâtonnets de poisson. Il est capable de les avaler en trois bouchées. Par contre, il déteste les petits pois... trop ronds, trop verts, trop blurp. Papa n'est pas content et le menace : s'il ne termine pas son assiette, il sera privé de dessert. Sa petite sœur Lina fait moins de manières et peut déjà se régaler avec sa glace au chocolat. La vie est VRAIMENT trop injuste, se dit Tony, qui bougonne, qui peste, qui grogne et qui fait des caprices.

Alors il ruse et pense rouler son papa... lequel, pas dupe, le sermonne vertement. Sauf qu'au final, Tony a quand même droit à sa glace ! Et là, je ne comprends pas. Cet album se veut facétieux et complice avec le jeune lecteur, tout en renonçant à la carte moralisatrice. Après tout, pourquoi pas ? 

Les pois de Toni, de Maria Jönsson

pastel de l'école des loisirs, 2018

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28/09/18

Bilan du mois : Septembre 2018 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

quirky vintage girl

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Lus (cet été, mais rapportés en septembre) :

La dernière confidence d'Hugo Mendoza, de Joaquin Camps

Chère Mrs Bird, de AJ Pearce

Pas facile d'être une fille facile, d'Anna Premoli

Sans plus attendre, de Kristan Higgins

Comment le faire craquer en 10 leçons, de Joanna Bolouri

Trop beau pour être vrai, de Kristan Higgins

Poppy Wyatt est un sacré numéro, de Sophie Kinsella

On n'est jeune que deux fois, d'Adena Halpern

Les proies du lac, Kate Watterson

 

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Vus :

Spring Tide (Springfloden) : série suédoise (2016) inspirée d'après le roman Marée d'équinoxe

spring-tide

Une étudiante enquête sur un meurtre vieux de vingt ans (une inconnue a été enterrée vivante sur une plage et est morte noyée par la marée), parce que son père avait également bossé dessus avant de mourir. En voulant retrouver son ancien collègue, elle apprend qu'il est devenu SDF mais déterminé à venger ses semblables violentés par des voyous qui filment leurs exploits avant de les poster sur internet. Voilà une bonne série, au scénario poignant, qui ne montre pas que le bon côté de la Suède idyllique et idéalisée. Sinon, cela m'a donné envie de reprendre la lecture des romans écrits par Cilla & Rolf Börjlind (Cinqs lames d'acier, Colère blanche).

 

Trapped : série islandaise créée par Baltasar Kormakur (2015)

Trapped

Un cadavre mutilé est repêché dans le port d'une petite ville au nord de l'Islande, bientôt coupée du reste du monde à cause du blizzard. Un ferry tout juste arrivé du Danemark est contraint de rester à quai. La cohabitation avec les locaux s'annonce tendue, d'autant plus qu'un criminel se cache vraisemblablement parmi eux. Et le chef de la police n'est pas à la fête, depuis que son ex est de retour en ville. Ambiance glaciale dans ce polar qui tient en haleine et nous plonge dans une histoire sombre et implacable. On frissonne, on enchaîne les épisodes et on n'en revient pas des tours et détours du scénario. Très bon, tout ça !

 

The Rain : série danoise créée par Jannik Tai Mosholt, Esben Toft Jacobsen et Christian Potalivo (2018)

the rain netflix

Le synopsis faisant fortement penser au roman de Virginia Bergin, j'ai régardé par curiosité la saison 1 de cette série danoise. Tout commence par une pluie toxique qui décime la population. Un jeune frère et sa sœur sont envoyés par leur père (scientifique) dans un bunker pour y vivre en cachette. Au bout de quelques années, ils vont chercher à retrouver leur père et comprendre ce qui est arrivé au reste du monde. À l'extérieur, pourtant, le danger rôde toujours... dans l'air, mais aussi chez les rares survivants qui vont croiser leur route. Cela s'annonçait pas trop mal : un monde post-apo ravagé, des origines du mal encore énigmatiques, manipulation politique et un extrémisme scientifique qui enflamme les esprits... On y croit, et puis le résultat est assez bancal avec des personnages (jeunes adultes, principalement) débordés par leurs émotions et leurs hormones. En fait, c'est parfois risible et à côté de la plaque. Pas trop mon délire non plus. La série n'est peut-être pas mauvaise, juste inégale et perfectible.

 

The Innocents : série britannique créée par Hania Elkingon & Simon Duric (2018)

the innocents

Deux adolescents amoureux décident de s'enfuir loin de l'autoritarisme du père de la jeune fille. En route, ils croisent un type louche qui cherche justement à la kidnapper. L'adolescente va complètement paniquer et révéler une particularité dont elle-même ignorait l'existence. Après quoi, la série ne va cesser de nous surprendre. On est loin d'une banale romance interdite, l'histoire vire plutôt à la quête infernale pour comprendre un lourd secret de famille, avec en sus une touche fantastique et une ambiance captivante. Les ramifications de l'intrigue sont d'ailleurs plus nombreuses et opaques qu'en apparence. Les acteurs sont très attachants (excellent Harry Polk, alias Percelle Ascott). Et la musique, géniale !

 

Dark : série allemande créée par Baran bo Odar (2017)

dark netflix

Des phénomènes étranges se produisent dans la ville de Winden, autour d'une grotte et d'une centrale nucléaire. Ses habitants sont d'ailleurs tous impactés. En menant l'enquête pour retrouver son fils, un policier replonge dans son enfance alors que son jeune frère disparaissait dans des circonstances similaires. En fait, il faut bien s'accrocher car l'histoire va mélanger passé et présent à travers la destinée de plusieurs familles (depuis 1953 à 2019). C'est complètement fou, mais le scénario est habile, surprenant et compliqué aussi. Il ne faut surtout pas en perdre une miette tant l'ensemble est entremêlé. L'ambiance de cette petite ville allemande est également flippante, ce qui rend la fascination encore plus forte.

 

Anne with an E : série canadienne créée par Moira Walley-Beckett,
d'après le roman
de L.M. Montgomery (Anne of Green Gables)

anne with an e

Aaaaah, j'ai adoré ! Une belle bulle de fraîcheur dans cette grisaille : cette nouvelle adaptation du grand classique de Lucy Maud Montgomery est discutable (on s'éloigne beaucoup de la trame romanesque) mais inspire bonheur et bien-être. Impossible de résister. Les acteurs sont parfaits (Gilbert Blythe, en tête). Et les thèmes abordés sont multiples et avant-gardistes (féminisme, homosexualité, comment vivre sa différence dans un monde uniforme). Vivement la suite !!! 
PS : Le générique est superbe.

 

 

 

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27/09/18

Toute la vérité sur Ella Black, d'Emily Barr

Toute la vérité sur Ella BlackElla Black n'est pas toute seule dans sa tête : son double démoniaque (Bad Ella) lui empoisonne l'esprit et la pousse souvent à débrider toute sa rage contenue. Jusqu'alors, la jeune fille avait réussi à sauver les apparences. Ni ses parents ni ses amis proches n'ont conscience de ses troubles de la personnalité. 
Mais la situation lui échappe le jour où elle est arrachée brutalement du lycée, mise dans le premier avion pour Rio de Janeiro. Ce projet fou ne masque pas la fébrilité de sa famille. Et les réponses hasardeuses à ses nombreuses interrogations ne dissipent pas non plus le doute qui s'immisce en elle : Ella court un grand danger. Elle le sent, elle le sait. Même communiquer avec ses parents relève de l'impossible.
À l'hôtel, elle croise « le plus beau garçon du monde » et parvient à s'échapper de sa chambre pour filer en cachette à leur rendez-vous. Plage et caïpirinhas étourdissent de bonheur l'adolescente qui en oublie tous ses soucis. Le lendemain matin la rappelle, toutefois, à une cruelle réalité.
Et là, on s'accroche aux pages du livre. Car ce roman va vous étonner, vous balader, vous dérouter : mensonges, non-dits, secrets et révélations coulent en cascade. Il y a une vraie concentration des genres (suspense et crise d'ado, thriller et quête initiatique, romance et espionnage). C'est très excitant.
Comme Flora Banks, Ella Black est une héroïne complexe. Elle est fragile, sensible, difficile à cerner. Elle agit de manière irresponsable, se montre égoïste et vit des aventures assez peu crédibles (ou comment explorer les favelas au mépris des clichés). C'est un peu fort de café, mais on se retient de pester car ça reste une bonne lecture, rythmée et entraînante, riche en émotions et pleine d'exotisme. 
Résultat, on applaudit frénétiquement ! Autre lecture, autre ambiance... Le roman d'Emily Barr est franchement confondant et inattendu. 

Casterman, 2018 - traduit par Nathalie Bru

 

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Kaplan, de Sébastien Gendron

Kaplan

Sous la gouverne du général Dramek, le duché de Cushinberg a toujours marché à la baguette. Seul un quartier de la ville a résisté et, au terme d'une longue guerre civile, acquis son indépendance en devenant la République de Leeton. Depuis, les deux parties se regardent en chiens de faïence et multiplient les coups bas.
Responsable de la Force contre-insurrectionnelle, dans le Cushinberg, Kaplan reçoit l'ordre de s'introduire chez l'ennemi pour y implanter une petite graine virale. Il fait donc une entrée fracassante, au volant de son Oxian Dard rouge vif, et explose les barricades. Blessé, Kaplan est secouru par un môme du quartier.
Rimbold a seize ans et vit à Leeton dans une famille déjà marquée par la disparition du frère aîné. Le garçon va planquer l'inconnu en attendant sa guérison. Il lui explique alors les bombardements, les enlèvements, les familles sous pression... Kaplan est chamboulé par ce qu'il découvre. Il a le sentiment de ne plus être un étranger car il se sent également connecté avec cette ville. Peu à peu, sa conscience est mise à mal et sa mission compromise.
Et bim... Ne croyez rien de tout ça ! Car ce roman est malicieux. Son histoire n'est qu'imposture et faux-semblants. Mensonges et jeux de dupes. Vous allez vite découvrir que nul ne dit toute la vérité, que les personnages sont des manipulateurs patentés et que les apparences sont vaines. C'est donc une grosse arnaque qu'on nous raconte (et c'est tellement bien ficelé).
On y trouve aussi une pointe d'amertume dans cette vision d'une démocratie qui a viré en dictature. C'est retors. C'est ingénieux. C'est culotté. Ça se lit en une goulée tant c'est captivant. Un vrai tour de force, bravo.

Syros (2018)

 

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26/09/18

La cité des âmes perdues (The Mortal Instruments 5), de Cassandra Clare

La cité des âmes perdues

Clary et Jace savourent à peine leurs retrouvailles que le sort s'acharne encore sur eux. Jace a finalement cédé à ses pulsions démoniaques pour suivre Sebastian dans sa folie vengeresse. Il est désormais considéré comme un traître aux yeux de l'Enclave mais Clary s'imagine qu'il est possédé et ne répond plus de ses actes. Résultat, elle fonce bille en tête et va remettre son destin entre les mains de son frère et de son amoureux. 

En fait, quand on élimine tous les passages sur les prises de tête, les confusions amoureuses, les interrogations, les doutes, les quêtes impossibles et interminables, bref que du creux, on se retrouve avec une intrigue bien pauvre ! C'est triste de penser que la série est en train de s'épuiser de la sorte. Peu d'action et absence de renouveau. On tourne autour des mêmes problématiques (amour impossible, âmes tourmentées et non perdues). Je suis un peu déçue du constat, même si je trouve l'univers des Shadowhunters formidable et la puissance narrative de Cassandra Clare toujours conséquente, cela ne suffit plus pour épater la galerie.

Il me reste un dernier épisode, que j'espère riche en intensité et plus surprenant, avant de regarder la saison 3 sur Netflix (là aussi, une production hyper décevante mais passons). Côté technique, la voix de Bénédicte Charton est agréable à écouter, mais je trouve qu'elle module trop certaines intonations pour incarner les personnages (un Jace viril ou un Magnus snob), du coup ça paraît ridicule car trop caricatural. C'est ennuyeux.

©2012 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit par Julie Lafon (P)2018 Audible Studios

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