16/12/13

Tout l'amour de nos pères, de Christian Signol

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Pour garder la mémoire de leurs aïeux, quatre descendants d'une même famille, les Marsac, vont prendre la plume et raconter une destinée à la fois classique et extraordinaire. Tout commence à la fin du XVIIIe siècle, Pierre Marsac, le fondateur de cette dynastie, est orphelin, sans nom, sans terre, et pourtant... C'est à force d'acharnement, de passion et d'envie qu'il va bâtir un domaine (le Grand Castel), élever une famille et se lancer dans une carrière de médecin. Il a connu son lot d'infortunes, versé sa contribution sur l'autel du sacrifice en faisant son devoir patriotique, il a été soldat, blessé et meurtri dans sa chair. Rien que de suivre son parcours, on comprend que la vie n'est jamais simple mais elle vaut toujours la peine d'être vécue.

La suite est reprise par Albine, dont la fabuleuse histoire d'amour sera brisée trop tôt, tragiquement. Elle se retroussera les manches pour s'occuper de ses enfants et faire bouillir la marmite, se fâchera avec son frère, devenu ambitieux, violent et aigri, il convoitera le domaine viticole et n'épargnera jamais sa sœur pour la pousser dans ses retranchements. Et ainsi de suite, à travers les histoires d'Aurélien, puis de Ludivine, ce sont des fragments de vie bouleversante, des pages de la grande histoire aussi qui se réécrivent sous nos yeux. Ce sont des époques difficiles, agitées par l'instabilité politique, ravagées par des guerres, au cours desquelles la famille Marsac va payer de lourds tributs.

La lecture audio est faite par quatre comédiens, Patrick Descamps, Nathalie Hons, Jean-Paul Landresse et Gudule Zuyten, ce qui permet une plongée immédiate dans chaque histoire, respectant ainsi l'alternance des narrateurs. L'histoire, elle, est fabuleuse, autour d'une famille attachante, avec laquelle on partage les joies et les malheurs. On se prend vite au jeu, on se surprend à suivre avec intérêt chaque destinée (seule la dernière partie est, pour moi, la plus décevante dans le sens où elle est lente à se lancer et ressasse trop de faits déjà connus). En bref, l'histoire de la famille Marsac ressemble à un immense album photo qu'on consulte avec une pointe de nostalgie, mais sans jamais se lasser. Car ce sont souvent à travers des vies simples et ordinaires qu'on trouve parfois une véritable force romanesque ! Cela m'a beaucoup plu.

Audiolib, novembre 2013 - durée d'écoute : 10 h 30 - Texte intégral lu par Patrick Descamps, Nathalie Hons, Jean-Paul Landresse et Gudule Zuyten.


13/12/13

L'Étang aux libellules, par Eva Ibbotson

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Pour éloigner de Londres sa fille Tally à l'annonce d'une guerre imminente, le docteur Hamilton décide de l'inscrire au pensionnat Delterton dans le Devonshire. Cette école est réputée pour prodiguer un enseignement progressiste et laxiste. La jeune fille est d'abord décontenancée, puis parvient à s'adapter au sein de cette communauté très attachante : nouveaux amis, professeurs atypiques, cours excitants... Tally prend rapidement goût à sa nouvelle vie.

Saisissant l'occasion de participer au festival de danse folklorique, organisé par le petit royaume de Berganie, la jeune fille mobilise les troupes pour se joindre à cette entreprise risquée (et se payer le luxe de rencontrer le roi Johannes, qui résiste vaillamment à Hitler). Leur spectacle est d'un amateurisme confondant, aux mille couleurs bariolées, paré de fleurs et de gesticulations insensées, mais au moins les enfants sont follement enthousiastes et motivés. Et puis, le drame arrive, c'est le cafouillage, il faut lever le camp sans plus attendre ... avec en mission secrète, celle de sauver le jeune prince Karil.

J'essaie d'en dévoiler le moins possible, car en fait ce roman est un véritable tourbillon d'aventures et d'émotions. Il se compose en plusieurs parties, aux multiples pistes de lecture, et nous en fait voir de toutes les couleurs. L'effet est magique, absolument fascinant. Il y a à la fois une dimension historique, romanesque et fantastique dans ce livre, qui est un incroyable mais fabuleux fourre-tout. On a aussi le sentiment d'être hors du temps, au cœur d'une ambiance intimiste et d'une histoire fantasque. Bien entendu, j'ai été immédiatement séduite par cette magnifique lecture, j'en suis sortie avec un sourire ravi jusqu'aux oreilles !

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, octobre 2011 - traduit par Cécile Arnaud - illustration de couverture : Pierre Mornet

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Les filles de Cùchulainn, de Jean-François Chabas

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L'île de Greene, pas très loin des côtes irlandaises, est un petit coin de paradis, où il fait bon vivre auprès de son amoureux, à ressasser au coin du feu des vieilles légendes, à bercer son enfant dans les bras, à trembler dès que le vent se met à souffler plus fort et à accepter son destin lorsque la mer vous prend votre pêcheur d'époux, comme c'est souvent le cas pour la plupart des femmes.

Mary est seule, elle a perdu Conrad mais attend un bébé de lui. Finalement, elle mettra au monde deux petites filles, des jumelles prénommées Esther et Rebecca, deux beautés qui font la fierté de leur maman. Et pourtant, en grandissant, les fillettes sont comme deux coquilles vides, qui communiquent entre elles dans un dialecte inconnu, elles sont coupées du monde extérieur. Seul Cùchulainn, un cheval de race d'une musculature impressionnante, né borgne, paraît comprendre les filles. Il les accepte sur son encolure, se promène avec elles et va même risquer sa peau pour les sauver.

Car le soir où une bande de malfaiteurs tente de s'introduire dans la maison de Mary et la menacer de mort, l'animal noir et puissant va entrer dans une fureur vengeresse et va tout massacrer sur son chemin ! C'est spectaculaire, vraiment poignant. Ce petit roman de JF Chabas se lit d'une traite, il est beau, tellement doux et merveilleux, l'histoire baignant dans un cadre enchanteur et magique. J'ai beaucoup aimé cette ambiance !

Médium de l'École des Loisirs, janvier 2013 - (très belle) photographie de couverture : Franck Juery

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12/12/13

Hérétiques, I : Le Mystère Isolde, de Philippa Gregory

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La jeune Isolde vient d'être dépossédée de son héritage, suite à la mort de son père, et doit prendre ses fonctions d'abbesse à la tête de l'abbaye de Lucretili. Elle n'a guère le choix de s'opposer à la décision de son frère et prend le voile avec un profond sentiment d'amertume et d'injustice.

Trois mois plus tard, Luca Vero, un jeune novice, est envoyé en tant qu'inquisiteur pour comprendre l'origine du trouble qui frappe les sœurs depuis l'arrivée d'Isolde. En effet, celles-ci manifestent des comportements erratiques, elles déambulent la nuit, ont des visions et certaines portent des stigmates. On murmure déjà que c'est la faute de la nouvelle abbesse et de sa servante maure.

Isolde ne se défend pas, mais prête son concours au jeune Luca. Sa franchise et ses blessures secrètes lui sont, par contre, défavorables et font pencher la balance vers sa culpabilité. Mais notre représentant de l'Ordre papal est tout de même ému par la détresse de la jeune fille et ne va pas se contenter des faits qui lui sont offerts sur un plateau.

Toute la première moitié du roman va donc s'intéresser à cette enquête, qui est réellement fascinante du fait de son cadre religieux qui rappelle vaguement Le Nom de la rose. Toutefois, l'histoire reste en surface, elle tente des pistes mais n'ose pas dépasser les codes du genre (roman jeunesse oblige). Et donc c'est gentillet, avant de basculer vers une issue improbable et mielleuse (désolée, mais la fuite en avant m'a inspiré beaucoup d'ennui !).

Je retiendrai, néanmoins, de cette lecture une belle introduction à un XVe siècle sclérosé par sa foi religieuse, sa croyance aux superstitions et la chasse aux sorcières sitôt qu'on sort des sentiers battus - une femme qui pratique la médecine ou qui revendique son droit à l'indépendance est une idée farouchement combattue et scandaleuse ! L'auteur a su transmettre ce poids qui accablait les femmes et leur ôtait toute identité à travers un récit réaliste.

Un bon roman historique, certes, accessible pour les plus jeunes (dès le niveau collège), mais qui est bancal et maladroit dans sa conduite générale.

Gallimard jeunesse, octobre 2013, traduit par Alice Marchand

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Le Cercle des confidentes, 1. Lady Megan par Jennifer McGowan

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Londres, 1559. Meg Fellowes, 17 ans, comédienne de la troupe de la Rose d’Or, est arrêtée pour vol et se sait condamnée à la potence. Pourtant, on lui propose une alternative : accepter de faire partie d’un groupe de demoiselles d’honneur très spéciales - des espionnes au service de la reine Élisabeth d’Angleterre. Meg est chargée d'être les yeux et les oreilles de la souveraine, auprès de qui elle doit faire un rapport sur tout ce qu'elle entend et voit (la jeune fille est dotée d'une mémoire exceptionnelle, elle est notamment capable de réciter une conversation entière en espagnol alors qu'elle n'y comprend goutte).

Mais les intrigues de la cour sont nombreuses, fourbes et tordues. Meg doit jouer sur plusieurs fronts et se retrouve forcée de faire des choses qui vont à l'encontre de sa conscience (trahir ses amis, espionner la reine elle-même, avoir un faible pour un courtisan peu recommandable). De plus, elle a appris que la précédente jeune fille qui avait tenu son rôle a été assassinée au cours de ses fonctions, de quoi lui donner le tournis et quelques frayeurs supplémentaires. Meg vient de pénétrer dans une arène cernée de dangers, d'interdits et de mensonges.

Superbe introduction d'une nouvelle série historique alliant charme et mystère (dans la même veine que The Agency de Y.S Lee ou La maison du magicien de Mary Hooper) ! La lecture rassemble une intrigue efficace, avec du suspense et de l'espionnage, des trahisons et des complots politiques à foison. L'héroïne est une fonceuse, qui ne doute de rien et qui fait aussi preuve de droiture et de noblesse du coeur. Par contre, l'action est assez lente, l'histoire est ultra détaillée, compacte et parfois confuse, elle est également ralentie par des éléments insignifiants (les discussions, les leçons, les passages secrets à débusquer...). C'est un ensemble, certes, mais c'est générateur d'une pointe d'ennui à mi-parcours du livre.

Sans quoi, l'intrigue amoureuse, aussi minime soit-elle, est mignonne et croustillante, il me tarde d'en connaître les développements dans les prochains tomes à paraître ! Car cette série est attachante, riche d'un contexte historique qui refuse de faire tapisserie. Quelques défauts seront à corriger, sinon c'est très bien pour un début ! Cela donne envie d'en lire un peu plus...

éditions Milan, coll. Macadam, septembre 2013 - traduit par Marie Cambolieu

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11/12/13

Les Enfants du Roi, de Sonya Hartnett

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Jeremy et Cecily Lockwood quittent Londres avec leur mère pour vivre à la campagne, chez leur oncle Peregrine. C'est le début de la guerre, la ville a décrété un blackout et les premiers raids aériens se font attendre. En route, les Lockwood recueillent une jeune évacuée, May Bright. Elle a dix ans, elle est toute mignonne et timide, Cecily décide d'en faire “sa chose”, mais la demoiselle est rebelle.

Finalement, sans prévenir, elle part se promener dans les jardins ou les bois, elle fait même une découverte étonnante dans les ruines du château et propose à Cecily, revêche, de la suivre. Deux garçons, deux frères, sont là. Méfiants, blessants, moqueurs. Cecily prend la mouche, tandis que May est intriguée. Peu de temps après, l'oncle Peregrine leur fait part d'une vieille légende (triste et effrayante) au sujet de Richard III et du mystère des Princes de la Tour.

Plus qu'un simple roman historique, c'est aussi une plongée dans un monde chimérique (avec des fantômes, des mystères, des secrets). On y trouve aussi une ambiance surannée, des personnages crispants (surtout Cecily), du charme, une écriture remarquable, tout en poésie et en subtilité. On se laisse séduire, en dépit de nos doutes ou de nos réticences, ce qui est assez inhabituel. Je pense d'ailleurs que c'est une lecture qui plaira davantage aux adultes, mais qui risque de laisser les enfants dans une certaine perplexité. 

éditions (Les Grandes Personnes), avril 2013, traduit par Fanny Ladd et Patricia Duez, illustration de couv. : Gérard Dubois

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L'Innocent de Palerme, de Silvana Gandolfi

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Santino a 6 ans et vit à Palerme avec ses parents et ses grand-parents. La vie à la maison serait plus facile si l'argent ne venait pas à manquer autant, surtout pour organiser le repas de la première communion du garçon. Alors le père, en homme d'affaires pas toujours avisé, va accorder sa confiance aux mauvaises personnes, et puis paf, ses associés le rappellent à l'ordre. Sauf qu'en Sicile, ça vire forcément en bain de sang...

Le garçon, témoin du massacre, finira cloué sur un lit d'hôpital. Traumatisé, il refuse de parler. Son oncle lui parle d'honneur et d'infamie, jusqu'au jour où Santino rencontre un type, Francesco, qui est aussi magistrat et qui va lui donner toutes les clefs pour se sortir de ce dilemme. Pour briser l'omerta.

En parallèle nous suivons l'histoire de Lucio, 11 ans. Il vit à Livourne, en Italie. Son père est parti trouver du travail au Venezuela, c'est donc lui le nouvel homme de la maison, lui qui doit s'occuper de sa petite sœur et secouer sa mère qui se prétend malade et refuse de sortir. Un jour, sur la plage, il rencontre la jolie Monica et se prête à rêver d'une vie insouciante et légère.

La connexion entre les deux histoires demeure longtemps invisible, elle est cachée mais prête à pointer son museau au moment où on ne l'attend pas. Et c'est ce qui est très appréciable, aussi, dans cette lecture, car on prend le temps d'avancer dans le roman en se posant des questions, mais en savourant ce qu'on découvre. C'est touchant, tendre et révoltant. Il y a aussi beaucoup de suspense et d'émotion, et même si la fin est facile et peu crédible, c'est tout de même un roman poignant sur l'innocence brisée, qui se reconstruit sur le fil du rasoir.

éditions (Les Grandes Personnes), septembre 2011, traduit par Faustina Fiore, illustration de couv. : Jean-François Martin

Prix Sorcières du Roman Ados 2012

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10/12/13

Destinée, de P.C. Cast & Kristin Cast

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Cette série devenue interminable, mine de rien, n'est pas avare pour nous servir des petites histoires sympathiques autour de Zoey Redbird et ses amis, tous unis contre un même ennemi : la très belle et puissante Neferet, qui dupe son monde et tisse sa toile dans l'ombre pour anéantir la Déesse Nyx. Sa nouvelle arme : un beau gosse du nom d'Aurox, qu'on sait être le Taureau Blanc (dangereux, très dangereux !).

Mais pas un seul soupçon de fourberie contre elle, alors qu'il est de notoriété publique que Neferet est la Peste incarnée et qu'elle ne “vit” que dans le but d'assouvir son ambition dévorante... Zoey a quelques doutes, la présence d'Aurox la perturbe, c'est seulement dans le dernier chapitre qu'elle comprendra pourquoi. (Par contre, je ne suis pas sûre d'adhérer à cette nouvelle perspective !)

Pour l'heure, Zoey est en plein deuil donc elle a la tête à l'ouest. Ses amis ont repris le chemin des cours, c'est lent, c'est plat, les jumelles se fâchent, Damien est déprimé, Aphrodite nous sort quelques réparties de sa cuvée, Lucie a gagné en puissance, Lenobia est tombée sous le charme d'un cowboy, Dragon le maître d'armes est aigri. Rephaïm et son père Kalona nous jouent un couplet tragico-comique cuisiné aux petits oignons (“tu es mon fils, tu m'as trahi”, “j'ai trouvé la lumière, trouvé l'amour, toi aussi tu peux montrer patte blanche”).

Whoop. De. Doo. Mais enfin, que se passe-t-il ?! Je n'ai pas eu l'impression qu'on avançait beaucoup dans la série, que l'action ici présente aurait pu se greffer à un autre tome. Et puis je reste persuadée que les 12 livres prévus par les auteurs relèvent d'un appétit gargantuesque, ou d'une certaine forme de mégalomanie, parce que c'est beaucoup trop ! On se lasse, la série traîne en longueur et l'action pêche un peu.

Tome 9 de La Maison de la Nuit - PKJ, juin 2013 - traduit par Julie Lopez

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La gardienne d'éternité, de Julie Kagawa

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Voici la suite tant attendue de Je suis une Immortelle, dans laquelle nous retrouvons Allie en route vers New Covington, là où tout avait commencé pour elle (sa transformation en vampire par Kanin). Aujourd'hui elle sait que son créateur est en danger et vient donc à son secours, en compagnie d'un personnage pour le moins discutable ... Ahem, s'il avait fallu parier sur un individu croisé lors du premier tome, non, vraiment, je n'aurais jamais misé sur lui.

L'histoire prouvera d'ailleurs que je n'avais pas totalement tort. Ou peut-être pas non plus.
Car c'est très difficile de résumer cette intrigue, qui est capable de nous mettre la tête à l'envers et de jouer avec nos nerfs en toute innocence. Une prouesse dont Julie Kagawa a coutume de nous servir ! (Cf. sa série des Royaumes invisibles)

Ce deuxième tome est tout aussi sombre que le premier, très âpre, très douloureux, avec des retrouvailles qui font chaud au coeur (Ezekiel Crosse ♥), même si elles compliquent aussi la situation. En effet, c'est extrêmement touchant et excitant de voir Allie et Zeke ensemble, ces deux-là nous réservent de jolis moments de tendresse et d'affection (et dans ce monde de brutes, c'est particulièrement agréable de se fondre dans du miel et se gaver de sucreries !), il n'en demeure pas moins que leurs sentiments l'un pour l'autre sont conflictuels.

Toutefois, l'action reprend vite ses droits, c'est tendu, tout le temps. C'est confondant de machiavélisme, on ne sait plus à qui accorder sa confiance, l'univers est chamboulé, les anciennes alliances sont trahies, les nouvelles cartes distribuées sont biaisées, enfin bref tout est sens dessus dessous.
Même la fin est impitoyable, cruelle et résonne en nous comme une terreur inimaginable. Quelle suite l'auteur donnera-t-elle à ce gros, immense et déchirant sacrifice ?

Cette série, dont le potentiel ne fait que se confirmer, s'inscrit parmi les valeurs sûres, grâce à ce deuxième tome aussi noir et implacable que le premier !

Harlequin, coll. Darkiss, novembre 2013 - traduit par Maryline Beury

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09/12/13

Plus qu'une vie, de Kate Kae Myers

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La mort brutale de son frère jumeau, Jack, a conduit Jocelyn à regagner la ville de Watertown où ils ont séjourné, durant leur enfance, au foyer Seale House qui est désormais une ruine calcinée. Tant de mauvais souvenirs s'y trouvent encore ! En fait, Jocelyn a reçu un message crypté de son frère et pense qu'il est toujours en vie. Elle a donc décidé de se lancer sur sa piste avec l'aide de leur vieil ami Noah.

L'enquête s'annonce compliquée, dès lors que Jocelyn comprend qu'elle est suivie par un homme dangereux, prêt à tout pour s'emparer du secret qu'elle traque elle aussi. Que cachait donc son frère qu'il tient encore à préserver aussi scrupuleusement ? De plus, Jocelyn est déboussolée de devoir fouiller dans un passé qu'elle avait enterré, mais qui revient la hanter. Son retour à Seale House, par exemple, est une épreuve douloureuse, au cours de laquelle surviennent des incidents surnaturels.

Heureusement, Jocelyn peut s'appuyer sur l'amitié indéfectible de Noah, qui connaît les jumeaux depuis toujours, qui comprend ses traumatismes et le réveil de ses vieilles peurs. C'est un garçon formidable, impressionnant aussi, très beau, charmant et séducteur en puissance. Oui, oui, des sentiments enfouis vont également remonter à la surface, pour notre plus grand plaisir ! ^-^

En somme, voilà un roman ébouriffant, mené tambour battant, dans une ambiance insolite et mystérieuse. C'est passionnant ! On suit la folle course de Jocelyn, une jeune fille attachante, qui affronte ses angoisses et ses démons avec courage et par amour pour son frère. La vérité au bout du chemin n'est peut-être pas celle à laquelle on s'attendait, mais c'est bluffant, absolument épatant. La lecture s'est parfois révélée déroutante, mais à aucun moment on ne manifeste de l'ennui ou de la réprobation, c'est une intrigue bien tournée, palpitante et à recommander pour tous les amateurs de thriller !

éditions Thierry Magnier, septembre 2013, traduit par Jean Esch

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