17/04/13

# Pêle-mêle Clarabel #

dernièrement, ont été lus sans être commentés :

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Le pays incroyable, exploré et décrit par Norman Messenger (Seuil jeunesse, octobre 2012)

Débarqué sur une île étrange, Norman Messenger va croiser des habitants pas plus hauts que des poupées, des arbres à voile qui ne poussent que sur de petites barques en bois ou encore des oiseaux qui portent d'immenses cuissardes pour ne pas se mouiller les pieds. Détournant avec humour les planches des naturalistes du XVIIIe siècle, il dépeint un univers fantasque et merveilleux. Les inventions graphiques sont encore plus délirantes que les inventions verbales, au service d'une imagination débordante. 

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Monsieur Buvard de Bruno Heitz (Rouergue jeunesse, avril 2013)

Monsieur Buvard buvait tant qu'il en devenait tout noir. C'est pour ça qu'il avait perdu son travail. Un jour qu'il cherchait un emploi, il rencontra Papier Photo. Et Papier Photo (très sensible aux problèmes d'argent) lui fit une proposition malhonnête. C'est là que ses ennuis commencèrent. Monsieur Buvard eut bien du mal à se racheter une conduite, bref à se blanchir. 

Monsieur Buvard a été publié initialement dans les années 90 aux éditions Mango. Il fait ici l'objet d'une réédition actualisée et notamment mise à la page côté numérique.

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Lola de Olivier Douzou (Rouergue jeunesse, octobre 2013)

Lola, c'est une vache de lait, l'héritière d'une certaine Jojo qui dans sa métamorphose fit un jour apparaître une constellation.
Lola est là pour un hommage à ce livre point de départ - en 1993 - de la collection jeunesse du Rouergue.


16/04/13

Même les singes tombent.

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C'est le deuxième roman de JC Grangé que je découvre, et je m'avoue plutôt chanceuse car j'ai une nouvelle fois apprécié plonger dans l'univers de cet auteur. L'histoire se concentre sur l'enquête acharnée, limite obsessionnelle, de l'inspecteur Olivier Passan, sur les traces d'un tueur en série surnommé l'Accoucheur (car toutes ses victimes sont des femmes enceintes). L'homme est tellement pris dans sa traque qu'il en perd pied, le principal suspect a réussi à l'accuser de harcèlement, ses collègues le prennent pour un fou, et même sa vie de famille a été brisée.

En plein divorce, Olivier observe son épouse avec une certaine lassitude. Naoko est japonaise, elle possède une beauté froide et impénétrable qu'il admire toujours en secret, mais les années ont eu raison de leurs sentiments. Passan est un passionné de culture japonaise, sa femme constituait presque pour lui un joyau à sa collection. Mais Naoko n'a pas non plus livré tous ses secrets, elle entend désormais reprendre sa liberté et assurer à ses enfants un équilibre de vie que leur père n'était plus à même d'offrir.

Enfin, c'est plus compliqué. Car Passan aime ses petits avec férocité. Aussi, quand il découvre que son maniaque aurait probablement pénétré dans l'enceinte de sa maison, il voit rouge. Il ne veut pas alerter Naoko et cherche à gérer seul la situation, seulement la belle Japonaise devient d'humeur suspicieuse et alimente sa rancune avec une énergie décuplée par la colère et le sentiment de trahison.

Toute la première partie du roman se montre particulièrement glauque, avec des détails de scènes sanguinolentes, et un suspense qui ne cesse d'aller crescendo. Cela donne une certaine idée de la lecture qui nous attend, même si les rebondissements ne vont cesser d'intervenir en cours de route. La lecture de Benoit Marchand se veut solennelle, poignante et implacable. Sur un ton âpre, parfois braillard, le comédien ne nous épargne pas et nous fait basculer dans un univers de démence et de noirceur. Le dénouement de cette histoire est, d'ailleurs, assez bluffant. Le final est grandiose !

Kaïken, par Jean-Christophe Grangé
Audiolib / Albin Michel, 2012
Texte intégral lu par Benoit Marchand (durée d'écoute : 14 heures)

15/04/13

"To love light, you have to love dark."

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Mon avis sera beaucoup plus modéré, concernant cette lecture qui m'aura laissé un goût amer. Certes, la couverture est très belle et l'univers que nous réserve l'auteur est très original, aux parfums exotiques et ensorcelants. De même, la traduction met en avant une écriture peaufinée, élégante et aux pouvoirs envoûtants. Pourtant, je n'ai pas été transportée par l'histoire en elle-même.

Que je vous introduise à cet univers étrange : nous sommes dans un pays qui ressemble au Brésil, dans les années futures, qui ont été frappées par la peste, les guerres, les ravages météorologiques, nous sommes à Palmares Três, où sévit un régime matriarcal. Comme tous les cinq ans, un Roi d'Eté est élu. Il s'agit du jeune et fougueux Enki, qui occupera sa fonction durant un an avant d'être sacrifié en public.

Dès sa première sortie officielle, Enki fascine et provoque la foule au cours d'une danse sensuelle avec Gil ... le meilleur ami de June, notre héroïne. Cette dernière appartient à un milieu privilégié, et protégé. Par contre, elle est en guerre perpétuelle avec sa mère, à qui elle reproche la mort de son père. June est aussi passionnée par l'art et l'évènementiel, elle aime attirer l'attention et susciter les oh et les ah du public.

Pour l'instant elle se cherche encore, et trouve un début de piste lors de sa rencontre avec Enki, qui va la brusquer et la booster pour le Prix de la Reine (une épreuve prestigieuse, qui pourrait lui conférer succès, estime et réputation au-delà des frontières, bref une aubaine !). June est troublée par le beau et sensuel Enki qui, comme chacun sait, "baise comme un éphémère", entretient une liaison avec Gil et d'autres.. Ce dieu vivant n'a que faire de la caste supérieure, lui vient du Verde, la souche populaire et pauvre, lui aussi est fasciné par l'expression artistique, via sa version la plus excentrique.

Le roman réunit les ingrédients les plus excitants et provocants qu'on pourrait imaginer : le sexe, la sensualité, la décadence, l'amour et la mort. A travers cette histoire troublante, on suit aussi le combat d'une jeune fille qui devient femme, en conflit avec l'autorité et l'image de sa propre mère, en quête d'une autre vérité, qui se vexe, se blesse et qui aime à perdre la raison. L'ensemble est plutôt dérangeant et suscite un certain malaise, et non je n'ai pas été sensible à cette histoire pleine de promesses, mais tellement confuse. A tenter seulement par curiosité, et la sensation unique de lire quelque chose à part.

Le prince d'été, par Alaya Dawn Johnson
Robert Laffont, coll. R, 2013 - traduit par Paola Appelius

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12/04/13

Y a des souvenirs quand on les jette, Qui r'viennent sans faute dans les maux d'tête...

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Lou, quatorze ans, ne connaît pas son grand-père. Ce dernier a été placé dans une maison de retraite, car il ne pouvait plus vivre seul depuis la mort de son épouse, mais ce choix de vie n'était pas de son goût puisqu'il vient de disparaître. Il a pris la route, à 80 ans, et sa fille est sens dessus dessous.

Lou comprend que les réactions intempestives de sa maman sont liées à son enfance délavée de tendresse, puis marquée par son divorce, c'est désormais une femme en colère, qui n'entend pas recevoir une psychanalyse de la part de son adolescente de fille ! Lou serait en pleine crise ? Allons donc, elle décide avec sa copine Najette de prendre la poudre d'escampette, sous couvert de retrouver elles-mêmes le grand-père en vadrouille.

Et le roman de nous proposer un joli portrait croisé des deux bouts de la chaîne : Lou, et ses premières fois, curieuse, soucieuse, pleine d'interrogations, un peu à la découverte de son moi profond, et son grand-père, au crépuscule de sa vie, avec son lot de dernières fois, ses trouilles, son amertume, son refus d'être parqué dans un mouroir et sa ferme intention de choisir où et quand il passera l'arme à gauche.

En chemin, Lou et Najette vont apprendre à se parler et s'apprécier (ce sont leurs mères qui sont copines à la base), mettre à plat des idées reçues, partager leurs rêves, leurs espoirs et leurs histoires de famille aussi. On assiste à la naissance d'une très belle amitié, en plus de percer les travers de l'adolescence, l'heure de tous les drames et autres remises en question permanentes. C'est amené en douceur, finement, sobrement, avec une note de poésie tellement appréciable. Même les interludes avec le grand-père sont extrêmement touchants. Souvent, ça a trouvé un petit écho en moi ...

J'ai terminé mon livre en soupirant bien fort, signe que j'ai passé un très bon moment et qu'il faut désormais que ma fille le partage à son tour !

Une histoire à vieillir debout, par Carole Prieur
Oskar éditeur, 2012 - illustration de couverture : Jérôme Meyer-Bisch

Moi, j'avais le cerveau qui bouillonnait de mille idées. J'avais envie de connaissances ! Oui, tout à coup, allongée sous un bosquet, dans un pull en  laine, j'ai eu une bouffée de vie, une grande bouffée de vie : j'ai tout l'avenir devant moi, à moi de décider ce que je vais en faire ! Quelle liberté tout à coup ! Comment dormir avec cette pulsion-là, avec tous ces possibles qui naissaient en moi ! Il est possible de choisir, il est possible de fuguer, il est possible de se débrouiller seule, il est possible d'aimer ses parents loin d'eux, il est possible d'avoir de bons souvenirs... Ces nouvelles sensations ne pouvaient me pousser qu'à l'insomnie ! Y a urgence à vivre, il faut la bouffer, la vie, il faut en profiter au maximum, donc ne pas dormir, respirer le bon air frais de cette nuit à la belle étoile. Ecouter tous les bruits partout autour. Sentir que chaque partie de son corps est là, prête à bouger, à toucher, à vivre de nouvelles aventures. Mon corps est prêt, je suis prête, je suis en VIE ! Waouh, quelle ivresse !

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“Maybe your unspeakable defects give you power too?”

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Quel roman troublant, mais envoûtant ! Pendant quelques heures, j'ai perdu tout sens de la réalité et j'avais le nez plongé dans le livre, avec un léger étourdissement au moment de tourner la dernière page. Pfiou, c'est qu'il s'en passe des choses dans cette histoire !

Pour résumer sommairement, nous sommes sur une île paradisiaque, Demesne, créée spécialement pour les gens aisés, lesquels embauchent des clones pour leur tenir compagnie ou servir de domestiques. Elysia est un modèle unique, une Version BETA, jugée irréprochable et délicieuse, car généralement les adolescents sont des sujets sensibles, aux humeurs changeantes, à manipuler avec prudence. Elysia a seize ans, elle est splendide, a un corps d'athlète, tout porte à croire que son Originale était une nageuse accomplie et une excellente plongeuse. Elle réussit tout ce qu'elle entreprend et séduit la famille Bratton, qui vient d'en faire l'acquisition. Alors qu'elle est censée ne pas avoir d'âme, et donc ne rien ressentir, ni même avoir le moindre souvenir, Elysia découvre qu'elle est capable du contraire ! Mais mieux vaut ne pas l'ébruiter. En effet, sitôt qu'un modèle est perçu comme étant ingérable, il devient un Défaillant, déclaré dangereux pour leur société et aussitôt éliminé. De fil en aiguille, l'histoire s'installe et tisse sa toile, en douceur. Elysia est une héroïne programmée pour se limiter au petit monde des interactions adolescentes : elle fait des rencontres, elle teste de la drogue, elle découvre le chocolat, elle tombe amoureuse, etc. C'est basique, presque simpliste.

Et pourtant, l'histoire travaille en profondeur. Je vais d'ailleurs vous laisser sur cette expectative, afin de mieux apprécier les trésors et autres petits secrets de l'intrigue. Sincèrement, il y a un effet grisant à s'imaginer dans ce décor exotique, dans une ambiance langoureuse (et un peu crapuleuse), on tombe vite sous le charme avant le réveil en sursaut ... Ouhlala, quel final ! mais quel final ! La suite, Emergent, doit paraître en Octobre 2013. C'est aussi une série en 4 tomes. Damned.

Version BETA, par Rachel Cohn
Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit par Alice Delarbre

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11/04/13

Et si je mangeais ma soupe ? ☺

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Et si je mangeais ma soupe, qu'est-ce que ça changerait ? se demande l'enfant de l'histoire. Sûr qu'il grandirait, grandirait, grandirait. Mais à quel point ? Deviendrait-il si grand qu'il ne pourrait plus passer une porte ? ou devrait dormir recroquevillé dans son lit ? ou ne prendrait sa douche que les jours d'orage ? ou aurait besoin de jumelles pour regarder la télé ? et voyagerait de façon inconfortable ? ... L'enfant énumère, dans sa tête, toutes les situations auxquelles il pourrait être confronté si jamais, à force de manger sa soupe, il deviendrait tellement grand que sa vie deviendrait ... invivable ! C'est plus simple de s'en abstenir, non ?

Le texte est comique, les illustrations sont également ravissantes, drôles, sur un humour espiègle. Les situations données en exemple sont toutes plus farfelues les unes que les autres. Ne doutez pas qu'un enfant retiendra vite la leçon, à ce propos ! (Pas obligé de finir son assiette !) Mais surtout, l'histoire peut aussi aider à décomplexer tous les petits bouts, qui se jugent pas plus grands qu'un chien assis.

Le format de l'album, très long, assez fin, force le coup d'œil, avec en couverture cette paire de jambes interminable... Vous résistez encore ? Alors, autre détail qui compte, Coralie Saudo et Mélanie Grandgirard sont toutes deux nordistes ! Pour moi, oui ça a de l'importance.

Et si je mangeais ma soupe ? par Coralie Saudo et Mélanie Grandgirard (Seuil jeunesse, 2013)

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Bonjour, les vaches !

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Dès le lever du jour, le troupeau des vaches quitte l'étable pour se rendre dans le pré et brouter l'herbe croquante. Mécaniquement, nonchalamment, bêtement, sagement. Chacun jugera. Alors qu'elles broutent, toutes remuent la queue de gauche à droite, pour chasser les mouches. Après, elles se reposent ou boivent un peu d'eau, puis elles se remettent à brouter. Et quand le soleil se couche, le fermier les appelle et toutes galopent vers l'étable. C'est l'heure de donner du lait crémeux !

Oui, oui, c'est une histoire simple, mais pas ridicule. Au contraire, c'est charmant, assez pertinent, on partage la vie d'une vache en toute transparence. C'est calme, très routinier, mais reposant aussi. Et puis les vaches d'Yuichi Kasano sont superbes ! Les illustrations sont d'un réalisme confondant, franchement petits et grands vont se surprendre à follement apprécier cette journée dans la peau d'une vache !

Bonjour, les vaches ! par Yuichi Kasano (Ecole des Loisirs, 2013)

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"A New York, on ne fait jamais attention aux autres."

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Ethan Muller est à la tête d'une galerie d'art à Manhattan, où il tente d'asseoir sa réputation, autrement qu'en étant le fils héritier d'un magnat de l'immobilier. Son destin bascule dès lors qu'il découvre, dans un appartement délabré situé dans le Queens, une collection de tableaux exceptionnels, qui deviendra la plus grande œuvre d'art de la saison. Victor Cracke, l'artiste en question, a en fait dessiné sur une multitude de feuilles en papier un décor torturé, constitué sous forme de puzzle, où se mêlent également des portraits d'enfants. Et c'est là que tout bascule, car Ethan va recevoir le coup de fil d'un flic à la retraite, désormais un vieil homme maladif, obsédé par des crimes non résolus perpétrés par un pédophile, et dont les victimes sont représentées dans l'œuvre de Cracke ! Ce dernier a mystérieusement disparu. Il devient donc urgent de le retrouver pour l'interroger. Avec l'aide de Samantha McGrath, la fille de l'enquêteur, qui est elle-même procureur, Ethan se lance sur une piste aux allures folles et désespérées. A ceci, s'ajoutent des interludes dont on ne capte pas la portée sur le moment, si ce n'est qu'il s'agit bien de l'histoire familiale des Muller.

Bref, je dois avouer que je suis sortie de ma lecture quelque peu déconfite. En gros, j'ai été déçue. J'en attendais clairement davantage, mais le résultat m'a souvent semblé bavard, assez vide et moyennement pertinent. Le narrateur, de plus, est un type abject, ou disons qu'il m'insupportait assez vite, donc ça n'a pas facilité la poursuite des opérations. Le tort de l'éditeur aura été, probablement, de ranger ce livre en tant que thriller, je trouve que c'est surestimé car l'ensemble relève plutôt du roman noir et poisseux. Le milieu de l'art est judicieusement exploité, même s'il ne m'a pas semblé follement glamour non plus. Cela reste un roman qui se lit, avec une intrigue sordide, accablé toutefois par du blabla insipide. Il y a du bon et du moins bon, en somme.

Les visages, par Jesse Kellerman
Audiolib, 2010 /  Points, 2011 - traduit par Julie Sibony pour les éditions Sonatine
Texte intégral lu par Hervé Bernard Omnès (durée : 14 h 06)

10/04/13

“Something about you just could not be controlled, just had to be free.”

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*** attention, spoilers ! *** Zoe a pris la fuite, avec l'aide d'Adrien, et a rejoint la Fondation, le réseau de la résistance. Elle a néanmoins un gros souci avec son pouvoir de télékinésie et doit suivre un entraînement pour mieux gérer ses crises. Mais le temps est compté, car la Chancelière Bright gagne du terrain et il faut précipiter l'attaque pour l'éliminer. ***

Alors, on se souvient, avec dépit, que le premier tome était un semblant de chaudron rempli d'hormones en ébullition, c'en était délicieusement risible, à vrai dire. Et pourtant, on sentait le potentiel frétiller sous la couche. Eh bien, je dois avouer que la suite a su faire preuve de renouveau en nous servant une intrigue palpitante, bien tenue et davantage centrée sur la stratégie militaire et l'implication technologique.

C'est bien simple, dès les premières pages, on plonge dans l'action. Une centaine de pages plus loin, on baigne toujours dans l'action. Et il en va ainsi jusqu'à la dernière ligne ! L'auteur a compris qu'il fallait se débarrasser des détails encombrants (le batifolage des adolescents) et se concentrer sur son sujet. On découvre alors l'envers du décor, celui des opposants à la Communauté, qui réunit des civils, mais aussi les Glitchers et les Regs rebelles. De nouveaux personnages entrent dans l'arène, sans mettre de côté les vedettes que sont Zoe, Adrien et Max. (Oui, le retour ! Mais en mieux !!!)

C'est tout de même incroyable le décalage qu'il existe entre ce livre et le précédent, franchement le résultat est top ! Même la fin nous réserve sa dose d'adrénaline, avec surcharge émotionnelle et jolie sérénade mélodramatique, naaan je vous jure, c'est bon ! c'est meilleur ! c'est dense et prenant ! on ne décroche pas avant la fin !

Glitch, tome 2 : Résurrection, par Heather Anastasiu
Robert Laffont, coll. R, 2013 - traduit par Cécile Ardilly

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09/04/13

Qu'êtes-vous prêt à perdre pour gagner ?

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On ne présente plus Addict, ce jeu qui lance des défis par téléphone portable et qui diffuse les vidéos sur internet, créant le buzz et l'engouement auprès du public, titillant aussi les candidats en les alléchant avec des récompenses toutes plus tentantes les unes que les autres. C'est bien simple, les organisateurs d'Addict savent tout sur vos envies, vos peurs et vont jouer ainsi de vos faiblesses pour sustenter l'audience.

Au centre, nous avons Vee, costumière à l'atelier théâtre, qui s'imagine que le garçon qu'elle aime ne la voit pas et décide ainsi de paraître dans la lumière en s'inscrivant à Addict. Son meilleur ami Tommy la prévient des conséquences de son acte, de la perversité du système, mais l'adolescente est trop obnubilée par sa soif de reconnaissance et l'appât du gain pour se soustraire. Alors, elle enchaîne les défis, tous plus débiles les uns que les autres, mais qui lui confèrent un soudain succès auquel elle prend vite goût.

La dernière partie du roman met en scène le défi ultime, consistant à regrouper tous les participants, en les isolant dans une pièce cloîtrée, avec de l'alcool, de la musique et d'autres cocktails explosifs. La tension est plus que palpable, car jusqu'alors la lecture était entraînante, sur un bon rythme, arrosée de quelques considérations adolescentes (sur l'estime de soi et la confiance accordée aux autres), et des bons gags pour souligner le ridicule du voyeurisme et des jeux pervers (de la télé-réalité). La fin, donc, est stressante, avec un suspense allant crescendo, et toujours des questions sur la motivation des joueurs et des spectateurs. La paranoïa nous colle à la peau, et le rideau tombe. Fin de partie. Questions ouvertes. Une suite serait-elle envisagée ?

Addict, par Jeanne Ryan
Robert Laffont, coll. R, 2013 - traduit par Fabien Le Roy

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