03/04/09

Boomerang ~ Tatiana de Rosnay

 

Mélanie voulait dire quelque chose à son frère, Antoine, lorsqu'elle a eu cet accident de la route. Ils rentraient de Noirmoutier, une escapade surprise pour célébrer les quarante ans de la jeune femme, ils étaient bien, sereins. C'était la première fois qu'ils y retournaient, depuis l'été 73.
A l'époque, Antoine et Mélanie avait dix et six ans. Un an après, ils perdaient leur maman. La très belle Clarisse, brune, une sourire éclatant, une silhouette fluette. Foudroyée par une rupture d'anévrisme. Cette perte a brisé toute une famille qui s'est enfermée dans le secret.

Antoine comprend qu'il n'a jamais soigné les blessures du passé et que son chagrin est resté une plaie béante. Il est aujourd'hui un homme défait, il s'en rend compte. Marié puis divorcé, architecte à Paris, dégoûté par son associé. Toujours amoureux de son ex, jaloux de l'homme qui a pris sa place, et père dépassé par des enfants devenus adolescents. Il subit sa vie plutôt qu'il ne l'entreprend. Il a d'ailleurs le corps lourd et engraissé par quelques kilos en trop.
Et pourtant, à Nantes, vient une rencontre impromptue avec une superbe gazelle brune, élancée, avec des yeux dorés, et qui roule en Harley. Il s'agit de la très crâneuse Angèle Rouvatier.

boomerang

De la passion dévorante, il y aura !
Des secrets de famille, des larmes et des révélations, il y aura encore !
Et un homme, qui tenait debout par miracle, va apprendre à se redresser pour de bon, à camper sur ses deux jambes, à bomber le torse et à ranger sa panoplie de Droopy au placard ! (ouf)
Dans ce roman où on comprend que l'amour donne des ailes, et qu'un simple baiser peut offrir un vrai souffle de vie, Tatiana de Rosnay déjoue les lignes du destin pour permettre à son héros masculin de s'échapper d'une prison et de se libérer de la douleur.

C'est très long, près de 400 pages à parcourir dans un souffle, avec beaucoup de langueur et de mystère pour commencer, puis une vraie tornade émotionnelle vient abattre vos remparts de défense. Comme Antoine, on se prend le boomerang du passé (et de la vie !) en pleine figure, ça fait un mal de chien, surtout quand on comprend que la mort est partout, elle surgit sans prévenir, et pas seulement sous les traits d'une Morticia très sexy. Quel électrochoc aussi ! On saisit vite qu'il faut souffrir pour mieux avancer. Car dès le début, on n'en peut plus de savoir, on ne souhaite plus se contenter des miettes laissées par une image floue et fuyante, celle de Clarisse, tellement fascinante par ses énigmes !

Et plus, encore...

Pendant la lecture du roman, j'ai fredonné deux mélodies, d'abord Angie... puis Comme un boomerang. Parce que, Je sens des boums et des bangs Agiter mon cœur blessé L'amour comme un boomerang Me revient des jours passés C'est une histoire de dingue Une histoire bête à pleurer !

Editons Héloïse d'Ormesson, 2009 - 377 pages - 22€
traduit de l'anglais par Agnès Michaux

c'était sans savoir, mais Laure en parle en même temps que moi !!! ^_^

l'avis de cuné

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A signaler, la sortie en format poche de MOKA : moka

Une émouvante histoire du combat d'une mère pour sauver son fils, plongé dans le coma, après avoir été renversé par une voiture qui a pris la fuite, et cette maman fera tout pour retrouver le coupable (on la comprend !).

J'ai lu ce roman en décembre 2005 (huuuu !) et je me souviens d'un goût de café, le moka... on s'en doute, mais aussi de Depeche Mode. Lisez, vous comprendrez.

Livre de Poche, 2009 - 6,50€

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Il n'y a pas de petits lecteurs ! #4

Zoé Tout Court, C.M. Harper
Ecrit et illustré par Charise Mericle Harper

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Elève de CE2, Zoé Stewart fulmine car, dans sa classe, il y a 4 autres Zoé ! La maîtresse a choisi de les distinguer en précisant l'initiale de leur nom de famille. Mais Zoé riposte et suggère d'être appelée Zoé tout court, sans se douter qu'elle allait être prise au pied de la lettre, et devant toute la classe, humiliée et désemparée, Zoé devient Zoé Tout Court. Fin de la discussion.

Dépitée, la fillette se rend chez sa voisine, Augustine Dupré, une hôtesse de l'air d'origine française, qui lui raconte une histoire encore plus triste pour la consoler. Dans le quartier, Mme Luther (une enseignante pour les plus grands) vient de se casser la jambe et porte un plâtre de couleur rouge. Or, son chat Chiffon ne veut plus rester cher lui car il a peur du rouge. Pour réconforter Mme Luther, Zoé imagine d'envoyer des cartes postales avec la photographie du chat Chiffon dans des situations originales... l'idée est brillante, mais les conséquences ne seront pas celles espérées. De quiproquos en situations loufoques, voire inattendues, l'histoire s'annonce pleine de délicieuses surprises !

Voilà un livre à mi-chemin entre le journal intime et le carnet de notes, truffé d'illustrations rigolotes et qui raconte, avec esprit et humour, la petite vie d'une américaine de 8 ans. 
Ce ravissant livre à la couverture rose va enthousiasmer vos enfants, on y trouve, pêle-mêle, des aventures pleines de rebondissements, des personnages auxquels nos enfants peuvent s'identifier aisément, des situations cocasses, de l'imagination et de l'intelligence, le tout saupoudré de charme, d'élégance, d'humour et ... que sais-je encore ?

Zoé est une petite fille qui aime les émissions de divertissement, du style Héros d'un jour. Forcément celui lui donne des idées, et pas seulement pour dessiner des bandes dessinées, elle s'imagine accomplir des miracles grâce à des super pouvoirs (ici, l'empathie) pour devenir un superhéros du quotidien (en attendant, on se contentera d'une Amélie Poulain en culottes courtes...). Non, ce n'est pas gnan-gnan ! Pas complètement dingue non plus. C'est BIEN !
Ce livre a remporté un franc succès à la maison. Il est le premier tome d'une série qui s'annonce gaie, colorée et pétillante.
(Le tome 2 sort en mai 2009 !)

Nathan, 2009 - 160 pages - 8€
Couverture cartonnée
Traduit de l'anglais (USA) par Anne Delcourt
 

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Apprécié par notre petit comité de lecteurs ! ;o)

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02/04/09

En poche ! #24 : Le mec de la tombe d'à côté

« Méfiez-vous de moi !
Seule et déçue, je suis une femme dont la vie sentimentale n'est pas très orthodoxe, de toute évidence. Qui sait ce qui pourrait me passer par la tête à la prochaine lune ?
Vous avez quand même lu Stephen King ?
Juste là, je suis devant la tombe de mon mari, assise sur un banc de cimetière vert bouteille lustré par des générations de fesses, en train de me monter la tête contre sa dalle funéraire.
»

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Désirée a 35 ans, elle est trop jeune pour être veuve. Benny en a 36, il est célibataire et agriculteur. Tous deux se rencontrent au cimetière, ils sont assis sur le même banc et c'est sur un délicieux malentendu que commence leur histoire. Il a suffi d'un sourire, mais pas n'importe lequel..., pour que Désirée et Benny tombent dans les bras l'un de l'autre. Et ainsi naît une passion dévorante.

Ce roman a tout pour lui : il est romantique, fou, actuel, coquin, humoristique, cocasse et virtuose ! Il parle d'amour, mais aussi de la difficulté des couples à accorder leurs violons, grâce à des personnages mémorables et adorables (Désirée est bibliothécaire, citadine, indépendante et cultivée ; Benny travaille la terre, s'occupe de ses vaches, il vit dans la maison de ses parents, qui est vieillotte, sale et en pleine campagne, et il lit un livre par an).

Et malgré tout, c'est une histoire d'amour, une vraie, qu'on va suivre. Avec les bons moments et les versants glissants. Rien de sérieux, du genre prise de tête ! Et pas trop de miel, ni de clichés écoeurants. Non, c'est franchement drôle. Simple. Un vrai coup de coeur.

ENFIN DISPONIBLE EN POCHE !!!!

Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti

Babel, 2009 - 254 pages - 7,50€

roman traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

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Mon coup de coeur de l'année 2006 : j'en parlais ICI !

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01/04/09

Le remplaçant ~ Agnès Desarthe

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Ce livre était censé être un portrait d'un pédagogue polonais, mais dès les premières pages « le lapsus a oeuvré ». Et au lieu de lire un livre sur Janusz Korzack, directeur d'un orphelinat du ghetto de Varsovie, on découvre une autre figure humaine, celle de Triple B, pas un type exemplaire, mais « un exemplaire d'homme » !

Triple B, parce qu'il avait trois prénoms, Bouz, Boris et Baruch, était donc le grand-père d'Agnès Desarthe, du moins c'était le deuxième mari de sa grand-mère. Après la guerre, elle s'est retrouvée veuve, lui aussi. Ils se connaissaient, ils ont uni leur destin. Mais Triple B reste une énigme, un homme sans histoires qui pourtant en raconte des tonnes. Alors que dans la famille, on cultive de façon très aristocratique l'art de raconter des histoires drôles, il devient un figurant de second plan. Oh, bien sûr Triple B était cocasse à sa façon, il aimait arrondir les angles, il n'était pas un bon artisan, il avait souvent les poches vides, ou alors il flambait et s'enflammait, prétendait être un héritier des grands tsars de Russie. Il était d'ici et d'ailleurs, la tête dans les étoiles, et pourtant il vit toujours dans un appartement à Paris, il est seul, il a vieilli mais il conserve toute sa lucidité quand il trouve que le bébé de cinq mois n'est pas très bavard, et j'en passe.

Figures libres, collection indépendante et rêveuse, permet à un auteur de laisser sa plume vagabonder. Agnès Desarthe s'y emploie à merveille, elle nous balade d'un bout à l'autre de ses envies, de ses souvenirs, de ses questions, de ses joies et de ses peines, jusqu'à friser l'extase avec le miracle (ou le mirage ?) de l'apfel strudel. « A cause des choses perdues et jamais retrouvées, à cause de l'enfance si lointaine. » Je ne dirai pas de ce texte qu'il est émouvant, juste ou sincère, pudique ou intelligent, il est simplement vrai. C'est un livre très court, de 87 pages, où comme l'auteur le suggère, on a plus d'une fois le sentiment de lire l'histoire d'à côté avec le héros d'à côté, celui qui est devenu le remplaçant. Bref, pour moi ce livre était incontournable parce qu'il est signé d'Agnès Desarthe, un auteur que j'affectionne particulièrement, et j'espère que vous aussi vous l'apprécierez à sa juste valeur.

Bonne lecture !

Editions de l'Olivier, coll. Figures Libres, 2009 - 87 pages - 12,50€

31/03/09

Un tueur à Munich ~ Andrea Maria Schenkel

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Nous sommes en Allemagne, dans les années 30. Josef Kalteis est jugé, condamné coupable et exécuté par guillotine pour avoir violé, torturé et assassiné des jeunes filles, sans jamais reconnaître la gravité de ses actes. Le roman raconte avec quelle froideur et quelle folie l'homme a plongé dans cette spirale infernale, celle de la violence et de l'acharnement.

Le roman commence gentiment, lorsque la jeune et naïve Kathie arrive à Munich pour trouver une place de bonne. Au lieu de ça, elle se laissera séduire par la proposition d'une amie qui lui suggère de vivre de ses charmes pour obtenir un bel appartement, de ravissantes toilettes et un cadre de vie comme jamais sa mère n'aurait pu lui offrir. On suit longuement son parcours, avant de comprendre où l'auteur nous conduit, brouillant même les pistes en jalonnant l'histoire avec d'autres jeunes filles, qui seront enlevées, violées et massacrées, ou portées disparues. La plongée est lente, insupportable, pourtant le suspense est là, terriblement accrocheur, pas du tout pervers. 

L'histoire est d'autant plus percutante car on vit les tragédies en se glissant tour à tour dans la peau des proches, de la victime puis de l'assassin. Je ne sais pas quelle place est la plus terrifiante, parce que c'est systématique : l'angoisse monte, la peur s'associe à la panique, et la douleur se ressent très vite... C'est un livre abominable, très charnel malgré les apparences ! On sent des frissons sur tout le corps. Lorsque Joseph Kalteis, le tueur, intervient avec ses dépositions faites au juge - pas besoin de préciser l'incohérence de ses propos - ses discours nous prennent à la gorge, ils nous scotchent par leur teneur insensée. C'est tout simplement révoltant, mais cela dessine la mesquinerie de sa réflexion, ce type est un malade, certes, mais c'est aussi et surtout un traqueur.

Comme avec La Ferme du crime, Andrea Maria Schenkel s'est inspirée d'un fait divers, et nous livre un roman oppressant, accablant et déroutant. Le portrait du tueur de Munich nous pousse dans nos retranchements, c'est à la fois flippant et réussi, mais cela crée un profond malaise.

Actes Sud, coll. Actes Noirs, 2009 - 168 pages - 16€
traduit de l'allemand par Stéphanie Lux

Du même auteur, je vous rappelle la sortie en format poche de La ferme du crime ICI !

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lectures du mois #3

Amis de la lecture, bonjour !

En mars, j'ai aimé :

  • La chambre mortuaire de JL Bizien chambre_mortuaire
  • Dis oui, Ninon de Maud LethielleuxDisouininon
  • Chocolat amer de Laura Esquivel
  • Chasseur noir de Michel Honaker
  • La dernière enquête du chevalier Dupin de Fabrice Bourland
  • Sur les trois heures après dîner de Michel Quint
  • Et qu'on m'emporte de Carole Zalberg
  • Ljaimerais'office des vivants de Claudie Gallay
  • Un temps fou de Laurence Tardieu
  • J'aimerais tant te retrouver de Fanny Brucker
  • La ferme du crime d'Andrea Maria Schenkel
  • En cage de Kalisha Buchkanon

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EN STOCK : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

cercle_litteraire

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève péniblement des drames de la guerre, Juliet se demande quel va bien pouvoir être le sujet de son prochain roman. Lorsqu'elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, cette petite île anglo-normande oubliée, lui parlant d'un cercle littéraire et de tourtes aux pelures de pommes de terre, la curiosité de Juliet est piquée.
Au fil des lettres qu'elle échange avec les habitants - aussi fantasques qu'attachants - de Guernesey, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté sans pareille sous l'Occupation et le destin héroïque et bouleversant d'Elizabeth, une femme d'exception...

Rédigé sous la forme épistolaire, ce roman se lit d'une traite. C'est savoureux ! Au début, on pense vaguement à Helene Hanff et son 84, Charing Cross Road pour très vite l'oublier ! C'est encore mieux ici. On s'embarque rapidement dans une aventure insulaire, à Guernesey, au sein d'une communauté bougrement attachante. Ses habitants ont connu la guerre, en plus de leur isolement. Bien entendu ils se sont serrés les coudes, ont trouvé le moyen de se divertir en créant un cercle littéraire pour parler de leurs lectures. Mais en fait ses réunions servaient d'alibi pour des actes de résistance (han-han). Je n'en dis pas plus !

Vous allez adorer !

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Editeur : Nil, 2009 - 19€
en stock sur amazon.fr

titre vo : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society

Avant-première ICI

En poche ! #23 : La ferme du crime

 

ferme_du_crime_pocheEn 1950, en Bavière, dans le village de Tannöd, Barbara, son père, sa mère et ses deux enfants sont retrouvés assassinés dans la ferme familiale. Que s'est-il passé ? 

Dans un climat froid, une mise en scène implacable et avec un suspense redoutable, le livre se présente comme une succession de témoignages - instituteur, curé, voisin... - jusqu'au dénouement final. Impossible d'échapper à l'engrenage, qui emprisonne le lecteur au coeur de cette tragédie en huis-clos, où sommeillent histoires de famille et secrets inavouables.

Un vrai roman noir. A ne pas louper !   

J'en parlais ICI !

La ferme du crime, d'Andrea Maria Schenkel
Babel Noir, 2009 - 128 pages - 6,50€
traduit de l'allemand par Stéphanie Lux

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30/03/09

FAN DE : Pomelo est éléphantastique !

nous avons plusieurs personnages coup de coeur dans les livres, je pense à Rita et Machin, à la fée Coquillette ou à l'inspecteur Lapou... il était temps de présenter le petit dernier de la bande :

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^ Pomelo ^

C'est un éléphanteau, ou un petit machin tout rose et avec une trompe très, très longue. Il dort sous un pissenlit, il vit dans un carré de jardin et il a beaucoup d'amis. C'est aussi un curieux, un rêveur et un grand explorateur. Il aime les balades et les voyages. C'est un amoureux de la nature, il aime le radis, la pluie, la lune, la patate... il aime la vie tout simplement ! Aventurier philosophe, Pomelo a parfois des humeurs bougonnes ou moroses, il a envie d'être triste, alors il part... il s'en va à l'autre bout du jardin et il explore un monde nouveau. Avec un air de déjà-vu. Comme quoi, il y a toujours dans la vie « quelque chose en moins, quelque chose en plus ».

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Dans Pomelo voyage , le dernier titre qui vient de paraître, trois histoires permettent une nouvelle fois à Pomelo de découvrir le monde : lorsqu'on évoque l'inconnu, pour l'éléphanteau, cela a le goût d'une exploration pleine d'imprévus et d'imagination dans une maison (la plongée dans la théière, quel délice !) puis Pomelo va toujours plus loin, voyage dans une caisse de pommes avant d'atterrir dans un champ de pommes de terre... bienvenue en Patatie, où on parle une langue inconnue mais l'amitié n'a pas de frontière et encore moins des codes ! On trouve toujours le charabia adéquat pour s'entendre !  ;o)

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Ce n'est pas parce que cette série est classée parmi les albums pour les 3-6 ans qu'il est interdit aux autres de la découvrir et de l'apprécier !!!
Pomelo, c'est pour tous les âges !
Lorsqu'on a 30 ans passés, on se surprend même à rire de bon coeur, ou alors j'ai un esprit tordu, ou alors je ne suis pas très mature, mais j'ai souvent l'impression qu'il y a
plusieurs degrés de lecture .
Voilà pourquoi je l'associe à des séries fétiches comme Rita & Machin ou l'inspecteur Lapou - parce que ça peut se lire dans tous les sens, on a toujours le sentiment d'en avoir pour sa pomme !  :))

Cette série, sous la conspiration de Ramona Badescu et Benjamin Chaud, ne s'essoufle jamais ! Elle est pétillante, drôle, offre un regard enfantin sur le monde qui nous entoure, sait poser les bonnes questions avec pertinence, et cultive toujours un esprit truffé de fantaisie et de malice.   

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monsieur benjamin chaud, papa de la fée coquillette, tu l'ignores encore, mais tu comptes une demoiselle parmi tes fans inconditionnels... prends garde à toi, elle VEUT tout lire qui paraîtra sous ta signature ! et dire qu'il a suffi d'une banale rencontre, et un album a aussitôt pris une importance mirifique ! ... ouaip ! ://

Pomelo voyage, de Ramona Badescu et Benjamin Chaud
Albin Michel jeunesse, 2009 - 11,90€

l'avis de Gaëlle

Existe aussi : Pomelo est bien sous son pissenlit ; Pomelo est amoureux ; Pomelo rêve ; Pomelo se demande ; Pomelo s'en va de l'autre côté du jardin.

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L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman

Un trailer pour commencer :

 

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Les avis de lecture ont fleuri en nombre concernant ce roman de Neil Gaiman... Pour ceux qui seraient passés à côté, voici quelques mots.

nobody_owensUne famille a été massacrée par un individu appelé le Jack. Seul un bébé a pu se sauver en se réfugiant dans le cimetière voisin. L'enfant sera recueilli et adopté par un couple de fantômes, les Owens. Ainsi naquit Nobody Owens, déclaré Citoyen Libre du cimetière, pouvant aller et venir comme bon lui semble, dans un univers peuplé de créatures surnaturelles, imaginaires et folkloriques.

Mais la vie à l'extérieur du cimetière intrigue Bod qui grandit, curieux, avide d'apprendre, de se faire de nouveaux amis. Or le dange rôde partout, et le fameux Jack n'a toujours pas renoncé à lui faire la peau !

C'est un roman tout gris, tout noir et tout blanc. Comme le préfigure la couverture française. Un livre qui donne la chair de poule, et en même temps qui mêle l'humour, la tendresse et l'humanité avec brio.
C'est l'histoire d'un enfant orphelin qui s'adresse à d'autres enfants, qui montre l'exploration d'un monde magique, et/ou fantaisiste, et qui raconte aussi l'apprentissage de la vie, avec ses plaies et ses bosses, mais aussi ses émerveillements et ses bonheurs.

Plus que tout, j'ai été sensible à la beauté des personnages, qui nous font oublier la mort, leur nature et l'incongruité de la situation. L'ensemble n'est pas qu'étrange, mais aussi inquiétant et merveilleux. Macabre et poétique, captivant et dangereux, sombre et lumineux.

A la fin du roman, Neil Gaiman nous apprend qu'il est un passionné du livre de Kipling (Le livre de la jungle) et qu'il lui a fallu pas moins de vingt ans pour écrire ce roman ! Ces précisions nous étonnent à peine... L'étrange vie de Nobody Owens  est un livre qui se déguste lentement. Personnellement il m'a tenu compagnie durant de longues semaines, non par manque de motivation, mais parce que je trouvais que l'histoire prenait une saveur particulière en s'intercalant dans mes habitudes littéraires et qu'elle réussissait sans problème à s'ancrer dans mon esprit, pas besoin de refeuilleter les pages d'avant pour se rappeler l'histoire.

Une troublante exploration du monde qui sépare les vivants et les morts, avec toute la poésie et l'imagination chères à un grand auteur !   

Ce livre a remporté la Newberry Medal 2009.

Illustrations de Dave McKean
Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 310 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

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Rappelons la sortie de CORALINE, l'animation réalisée par Henry Selick.  En France : le 10 juin 2009 !

De quoi ça cause ?

 

coralineLa famille Jones vient d'emménager dans une grande maison avec des pièces si nombreuses qu'elles ne peuvent être toutes occupées. Profitant que ses parents soient occupés à travailler sur leurs ordinateurs, Coraline entreprend d'explorer l'endroit. Elle découvre l'existence d'une porte noire fermée à clef et qui s'ouvre sur un mur en briques. Du moins, à la première tentative. Lorsqu'elle choisit de recommencer l'expérience, Coraline fait face à un univers identique à celui qu'elle connaît, avec des parents qui ressemblent aux siens, sauf qu'ils semblent plus disponibles. Petit détail non anodin : ils ont des boutons cousus à la place des yeux.
Toutefois ils se montrent aimables et aimants. Prêts à lui offrir tout ce qu'elle désire. Qu'est-ce que cela cache ?

Neil Gaiman, maestro des contes fantastiques, nous introduit dans un doux monde influencé par les oeuvres de Lewis Caroll et même par La famille Addams. L'univers est onirique, savamment inquiétant, et il ne faut pas s'arrêter aux simples apparences, mais traverser le miroir. Dans tous les sens du terme.
Suspense garanti. Ambiance délicieusement noire. Pas bien méchante non plus. Accessible pour les plus jeunes.

Albin Michel, coll. Wiz, 2003 - 152 pages - 10€
Traduit de l'anglais (USA) par Hélène Collon

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