25/04/12

Beware of the lioness, little sister.

IMG_7300

Une nouvelle inespérée vient chambouler toute la famille de Max et Isabelle : une lettre du grand-père Théo vient leur rappeler à tous que celui-ci n'est pas mort, mais qu'il est retenu en Afrique, où il était parti effectué un reportage animalier huit ans plus tôt. Les circonstances sont encore floues, mais Mamicha met sur place une expédition de rapatriement de toute urgence. Les jumeaux sont du voyage, qui s'annonce mouvementé, car lors de leur escale à Amsterdam, leur grand-mère est victime d'une chute et est hospitalisée.
Max a de plus en plus la trouille, tandis que Isabelle part bille en tête, à la découverte de cette force invisible qui veut empêcher Mamicha de s'approcher de son mari. Les jumeaux débarquent à Nairobi, capitale du Kenya, dans une atmosphère brûlante et cacophonique. Ils sont complètement dépaysés, tâtonnent avant de trouver un guide, un guerrier Masaï du nom de Kembele, un garçon très beau, gracieux et mystérieux. Ils s'aventurent en pleine brousse pour une expédition mémorable et palpitante, où les ombres des créatures sauvages ne sont rien en comparaison des images qu'Isabelle perçoit par télépathie. La présence de son grand-père est vague, elle sait toutefois qu'elle s'approche de lui et qu'une puissance occulte tente de la combattre à distance.
J'ai beaucoup aimé ce troisième tome, essentiellement pour son décor exotique et ensorcelant, le dépaysement est total mais grandement excitant. J'apprécie davantage le personnage d'Isabelle, au détriment de son frère, plus fade et ennuyeux, Max apparaît souvent bougon et un peu immature, il faut bien le dire. L'écriture d'Angèle Delaunois fait encore preuve d'élégance, c'est raffiné et très classique, avec des expressions typiquement québécoises qui font gentiment sourire.

Chroniques d'une sorcière d'aujourd'hui : 3. Kembele - Angèle Delaunois
Editions Michel Quintin, 2012 - illustration de la page couverture : Magali Villeneuve 

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


24/04/12

Teaser Tuesday

IMG_7693

IMG_7694

IMG_7695

IMG_7696

Le journal de Philol, par Yaël Hassan (Plon jeunesse, 2012)

Posté par clarabel76 à 19:35:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

Clarence Flûte : Un duo presque parfait

IMG_7316

Ce deuxième titre avec Clarence Flûte pour héros a une nouvelle fois été une lecture réjouissante ! Avec sa couverture orange pétant et son format souple, il a déjà deux atouts de charme pour intriguer le lecteur. J'ai, de plus, été encore plus enchantée par cette histoire, notamment parce que les présentations avaient déjà été faites et qu'on entre plus vite dans le vif du sujet.
Clarence est un héros qui manque d'assurance, il est ébloui par la jolie Sybille, une camarade de classe plus réservée et secrète, et il aimerait tant attirer son attention ou éveiller chez elle une pointe d'admiration. La maîtresse va lui donner un coup de pouce en l'inscrivant en binôme avec Sybille pour un exposé scientifique, son rêve, il va tout faire pour l'épater et partager avec elle sa passion.
Mais pris par son enthousiasme, Clarence va déraper et placer sa petite copine en fâcheuse position devant tous leurs camarades. Sybille a le sentiment d'avoir été trahie et refuse de lui pardonner. On imagine très bien le désarroi du garçon, c'est tellement bien décrit qu'on le partage aussi, ça ressemble à ceci : Clarence, désemparé, erra longtemps dans la rue comme une feuille baladée par le vent avant de rentrer tristement chez lui.
Sandrine Bonini a distillé autant de tendresse, de poésie et de finesse dans un petit livre, qui évoque les états d'âme des enfants à des échelles différentes, cela peut concerner une détresse sentimentale ou le sentiment de ne pas être compris et d'être la victime d'une moquerie pour sa différence. Les illustrations aussi ponctuent par petites touches colorées et fantaisistes ce texte généreux, très touchant et amusant.

Clarence Flûte, livre 2 : Un duo presque parfait par Sandrine Bonini smileyc219
Autrement jeunesse, 2012 

Posté par clarabel76 à 13:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Les Polipoil #1

IMG_7294

La famille Polipoil se compose du papa, de la maman et des quatre enfants : Polly, Pliko, Archi et Mitzi. A première vue, on croirait une famille ordinaire, qui aime partager toutes leurs activités ensemble, mais il apparaît finalement que cette famille a un don pour la démesure et l'enthousiasme exacerbé.

Pour occuper une journée qui commence tôt et sur un air d'opéra, la famille Polipoil a l'idée audacieuse d'organiser un pique-nique, où l'on jouerait de la musique et danserait quelques pas de valse, en plus d'avaler des gaufres avec du confit de noisettes, mais comme la famille n'a plus de noisettes en réserve, maman Polipoil se charge de voler en chercher à bord de son avion. Oui, en avion ! Malheureusement l'engin tombe en panne d'essence et échoue dans le désert. Madame Polipoil n'a plus que son courage pour rentrer à la maison, tandis que sa famille s'inquiète et tente de partir à sa recherche en pleine nuit. De cette expérience, la famille Polipoil en tirera la conclusion qu'un pique-nique est un exercice beaucoup trop périlleux, autant préférer un petit goûter sur l'herbe devant la maison, avec des framboises et des beignets. C'est tellement plus simple ! 

C'est le premier titre d'une nouvelle collection pleine de fraîcheur et d'humour, mettant en scène une famille qui transforme l'évènement le plus simple en aventure extraordinaire. J'aime beaucoup les illustrations naïves de Pauline Martin (Les rêveries d'un hamster solitaire, c'était elle déjà, avec Astrid Desbordes !). Le texte aussi cache des petites perles d'humour, comme la petite Polly qui veut jouer de la contrebasse (choix peu judicieux compte tenu de sa taille), maman Polipoil qui veut allumer un feu avec des cailloux comme dans les histoires qu'elle lit aux enfants (les indiens ont sûrement des allumettes, mais ça on ne le dit pas), ou l'expression de bonheur de Pliko se glissant dans son lit (si seulement goûter était aussi simple que cela, se dit-il), et les recherches qui font chou blanc (avec cette remarque désopilante, surtout prise dans son contexte : un imprévu affaiblit aussitôt l'espoir général, cette maison, c'est la leur)... Bref, ce sont autant de situations et d'anecdotes qui font sourire et apprécier grandement cette charmante lecture, qui ne paie probablement pas de mine, et pourtant elle offre un vrai plaisir de lecture ! 

Le goûter des Polipoil, par Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel jeunesse, 2012)

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23/04/12

"Allons-y, ma petite. La vie va reprendre son cours..."

IMG_7312

Que dire sur cette suite des aventures d'Eugénia et la bouche de la vérité, à part qu'elle était très attendue et que j'ai honteusement mis six mois pour m'y replonger ... Eh bien, le plaisir n'a pas été boudé et la patience récompensée !
Premier constat : c'est toujours aussi fou, aussi virevoltant, aussi délicieusement barré, même dans les situations les plus désespérées. Nous retrouvons Eugénia, flottant sur des eaux inconnues, au milieu de nulle part, tandis que Oliver, la fée qui ressemble à Brigitte Bardot dans sa jeunesse, n'est pas au mieux de sa forme non plus. Tout va de mal en pis pour nos joyeuses héroïnes, et nous suivons leurs parcours en parallèle, avec gourmandise, ravissement et inquiétude aussi.
L'imaginaire de l'auteur fait encore une fois des merveilles, c'est bariolé, coloré, vif, éclatant. C'est même tellement rebondissant qu'on manque de louper le coche et de ne pas tout comprendre, mais ce n'est pas trop grave non plus, il y a toujours des branches qui bandouillent et qu'on peut saisir à la volée pour ne pas se paumer.
Je retiens de cette lecture un charme indéniable, une imagination débordante, un langage truffé d'expressions rigolotes et peu communes, en plus d'une galerie de personnages attachants et des personnalités fortes, excentriques, qui ne manquent pas de bagout. Cette aventure déclinée en deux livres peut surprendre, à sa façon elle est délurée et indomptable, mais il y a une telle fraîcheur et un désir de raconter une histoire originale que ce serait dommage de ne pas s'y intéresser. Je recommande donc cette découverte à tous les amateurs d'univers enchanteurs et à l'humour décalé.

Eugénia et le Crépuscule des fées, par Emmanuelle Caron
Médium de l'Ecole des Loisirs, 2011 - illustration de couverture : Loren Capelli 

Posté par clarabel76 à 19:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


“Clare. Give me a reason to stay.”

IMG_7299

Voilà donc la suite de Visions, un premier roman très enthousiasmant, qui savait mêler avec dextérité la romance au suspense policier. Nous renouons avec Claire et sa famille dont les capacités de voyance suscitent toujours la curiosité à Cape Cod, la saison estivale tire sur sa fin et le lycée est chamboulé par la nouvelle de la disparition d'une élève de dernière année. La mère de cette fille est aux abois, la police n'a pas ouvert d'enquête parce que tous les indices laissent penser à une fugue, mais Claire va accepter de l'aider.
L'affaire est vécue de façon plus distancée cette fois-ci, Claire n'est pas personnellement concernée, même si son frère Perry fait toujours grise mine et s'enferme dans ses secrets, son attitude dérange et l'ambiance à la maison n'est pas à la fête. De son côté Claire se découvre une soudaine popularité à l'école, avec toute une bande de copines et des projets de sorties entre filles, plus ses déboires sentimentaux qui font doucement sourire (franchement, choisir entre Gabriel et Justin relève du casse-tête chinois, c'est mignon, pas du tout agaçant, les deux garçons se valent et le choix à la fin ne décevra pas grand-monde...  je pense!).
Néanmoins, on trouve une nouvelle donnée dans ce livre avec l'apparition d'un admirateur secret, qui fait livrer des fleurs ou d'autres cadeaux à Claire, au départ la jeune fille prend ça à la légère avant de réaliser que c'est une attitude malsaine et qui fiche la frousse. Et là, franchement, j'ai trouvé l'auteur futé dans sa tactique, parce qu'elle a su détourner notre attention alors que tous les indices sont sous notre nez, elle nous balade doucement mais sûrement, et c'est un peu bêtement qu'on découvre le dénouement, pas que celui-ci soit renversant, mais ... bon.
Bref, je me suis prise au jeu, j'ai tremblé et suspecté tout le monde, j'ai connu ma valse des hésitations et des préférences avec les amoureux de Claire. Malgré tout, j'ai trouvé que c'était moins excitant que la première fois. (On retrouve les mêmes codes et recettes, c'est souvent le cas avec ce genre littéraire. Au début c'est neuf et séduisant, après ça se répète... d'où une petite déception.) Il n'en demeure pas moins que j'ai beaucoup aimé ces deux romans de Kim Harrington (surtout le premier), ils sont frais et pétillants, l'héroïne est une chic fille, les intrigues sont rondement menées, ne vous attendez pas à une révolution non plus, mais ce sont des livres qui ont tout compris du genre qu'est le thriller romantique. A la lecture, c'est parfaitement efficace !

Perception, par Kim Harrington
Seuil jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Perrin 

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21/04/12

You can dance, you can jive, having the time of your life...

IMG_7298

L'idée de base du roman est tellement tentante : pouvoir parler à celle qu'on était trois ans plus tôt, la prévenir des erreurs à éviter, des mauvaises rencontres à contourner, des devoirs à travailler, des efforts à fournir, etc. L'avenir n'en serait-il pas meilleur ? C'est ce que cherche à nous raconter ce roman. Devi se trouve au centre commercial au moment où son téléphone valdingue dans une fontaine. L'appareil n'est pas mort, mais une nouvelle option s'offre à elle : être en ligne directe avec l'adolescente qu'elle était, en seconde.

C'est trop beau pour être vrai, Devi a 17 ans et demi, son coeur est brisé par la faute de son petit copain, elle choisit de prévenir son passé de ne pas sortir avec ce garçon. Et c'est là que tout s'emballe, son présent se modifie au fur et à mesure que la Devi de 14 ans opère des changements, ces derniers ont des conséquences plus ou moins lourdes, de quoi exciter notre héroïne, jamais contente, toujours à l'affût, elle-même déstabilisée par une vie de tous les jours qui ne cesse de connaître des soubresauts. Les Devi sont à la fête, car faire la navette entre le passé et le présent a de quoi vous donner le tournis !

Pour le lecteur, c'est une vraie partie de plaisir. C'est surtout la découverte des situations nouvelles qui s'offrent à la Devi du présent qui sont hilarantes, un jour elle est réconciliée avec ses meilleures amies, l'heure d'après elle embrasse un type, quelques temps plus tard c'est une autre histoire, et tout ça avec l'expérience du vécu qu'elle croyait sien jusqu'à présent (c'est très compliqué, je sais !).

L'intrigue est virevoltante, jamais reposante, heureusement elle montre aussi qu'on ne peut pas toujours jouer avec le destin, et qu'en voulant changer le passé on bouleverse certaines cartes en générant des crises d'une autre envergure. La valse des lettres pour les entrées à l'université, par exemple, est un excellent point de repère quant au tourbillon que vit Devi. C'est aussi devenu le leitmotiv de notre héroïne en Terminale, à tel point qu'elle finit par harceler son double plus jeune.

Et la question se pose : jusqu'où peut-on dicter sa vie, s'empêcher de s'en remettre au hasard, accepter les coups du sort, admettre que cela fait partie du jeu aussi... car c'est à partir de ses erreurs qu'on apprend à se construire ! C'est sur cette note que le roman se boucle, d'ailleurs : non, on n'échappe jamais à son destin. Voilà de quoi faire réfléchir et s'interroger sur qui l'on est et ce qu'on le veut dans la vie (à part grandir !).

Parle-moi !, par Sarah Mlynowski
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Claudine Richetin 

20/04/12

A la rencontre de Tranche-Trognes & Akissi

IMG_7296

Déjà le retour d'Akissi (alors que je désespère après celui de Bienvenue...), ne nous privons pas d'un tel plaisir ! Akissi est une fillette rigolote et intrépide, à qui il arrive toujours de folles aventures. Cette fois, elle part en vacances avec son frère chez leurs grands-parents. Connaissant le tempérament hardi de l'héroïne, il faut s'attendre à une série de péripéties tumultueuses : ça commence d'ailleurs par un vol plané de mouton (le car transportant les vacanciers roule à toute berzingue et finit par crever un pneu, le mouton sur le toit est expédié dans la nature), et ça continue dans un cadre de vie charmant, à la campagne, mais où il n'y a pas de toilettes privées. Pour se soulager, il faut courir dans la nature, creuser un petit trou pour y déposer ses besoins... et éviter les sangliers qui raffolent de la bonne sauce graine de mémé.

Ce sont en tout sept histoires pétillantes et survitaminées, au cours desquelles mémé va tomber dans les pommes par la faute d'une coco et la cousine Fernande va récolter d'un cheveu flamboyant (Akissi, tu es trop petite pour jouer avec les bougies !). Akissi par ci, Akissi par là... ce sont des vacances qui promettent monts et merveilles pour l'entourage de la fillette (et aussi pour le lecteur, nous on rigole même si on plaint la famille devant l'ampleur des catastrophes). La lecture est toujours aussi amusante, les personnages sont sympathiques, les situations sont savoureuses et ne manquent pas de nous surprendre. Et parce qu'elle est la championne des bêtises, Akissi est une héroïne envers laquelle les jeunes lecteurs s'identifient facilement! 

Akissi, tome 3 : Vacances dangereuses, par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin 
Gallimard, coll. Bayou, 2012 

Autre nouveauté, particulièrement rigolote :

IMG_7297

L'arrivée du nouveau bourreau ne bouleverse pas les foules au village (on le confond au départ avec le nouveau bouffon !), mais Tranche-Trognes a de l'ambition à revendre ... en plus d'un manque de jugeotte évident. Dès sa première mission, il tombe sous le charme de la sorcière Abigaëlle (cette dernière lui a jeté un sort et s'amuse désormais à allumer la flamme de l'espoir en chantant les louanges de l'amour courtois). Pauvre Tranche-Trognes, avec un nom pareil il était voué à son destin, et c'est finalement celui-là même qui lui joue des mauvais tours. Bourreau aveuglé par l'amour, il ne comprend pas que sa dulcinée interfère dans ses mandats pour sauver la peau des condamnés ou sauver la mise de ses soeurs les sorcières (la chasse est ouverte !). Tranche-Trognes est également assisté par son neveu, Crépin, troubadour de son état, au grand dam de la famille, d'où un petit séjour chez le tonton pour lui mettre du plomb dans la cervelle...  

J'avais déjà apprécié le tandem Christian Jolibois - Joëlle Passeron via sa série Lucy poids plume, je retrouve leur ton humoristique et déjanté à travers cette comédie burlesque, qui offre une incursion fantaisiste dans le folklore du Moyen-Âge. C'est une lecture tendrement décalée, mais vraiment divertissante. Je suis partante pour la suite ! 

Tranche-Trognes, tome 1 : Artisant bourreau par Christian Jolibois et Joëlle Passeron
Gallimard, coll. Bayou, 2012 
-) les 10 histoires ont été prépubliées dans le magazine Moi je lis !  

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19/04/12

Un souhait d'amour s'impose tandis que la pâte repose...

Peau d'Âne, c'est MON histoire de quand-j'étais-petite, pas loin d'être mon histoire préférée, surtout parce que j'aimais le film avec Catherine Deneuve d'un amour candide. En vieillissant, j'ai relu l'histoire d'un oeil différent (cette histoire de père qui veut épouser sa fille... brrr !) mais je reste attachée à ce joli conte. 

IMG_7291

Un veuf éploré jure sur le lit de mort de son épouse de ne jamais se remarier, sauf si sa nouvelle femme est plus belle et plus sage que la défunte. Les années passant, le roi réalise que seule sa douce fille répond aux critères exigés, lui vient donc la lubie d'épouser sa progéniture. La princesse est effrayée, sa marraine la fée hurle par tous les saints que ce mariage est impossible, mais pour ne pas effaroucher l'homme à l'orgueil piqué, mieux vaut adopter une rebuffade en souplesse. C'est ainsi que la jeune fille passe commande de plusieurs robes, des robes qui doivent répondre à ses désirs les plus fous, comme une robe couleur du temps ou couleur de lune, mais le tailleur du roi accomplit tous les miracles. En dernier recours, la marraine suggère de sacrifier l'âne du roi (celui qui proute de l'or) afin de se parer de sa peau. Erk ! 

Face aux accomplissements de tous ses caprices, la princesse panique et décide de fuir le château. Elle devient une souillon dans une ferme où elle s'occupe des cochons. Un jour, un jeune prince aperçoit son charmant minois et tombe fou amoureux d'elle. Il se languit d'amour et brûle de la revoir, il demande alors qu'on lui confectionne un cake d'amour, manque d'avaler un anneau d'or spécialement glissé dans la pâte par Peau d'Âne elle-même, puis il convoque toutes les donzelles du royaume pour trouver sa promise...

Ce qui me ravit dans cette nouvelle édition, ce sont les illustrations de toute beauté de Charlotte Gastaut, avec un pantone doré sur chaque page (je viens d'apprendre ce nouveau terme, je ne connaissais pas). Cela rend l'histoire encore plus précieuse et l'album plus luxueux. C'est fascinant et apporte une véritable portée poétique à l'histoire (texte adapté par Kochka, une valeur sûre).

IMG_7292  IMG_7293

Les robes de Peau d'Âne correspondent à merveille à notre imaginaire ! C'est splendide, parfaitement réussi. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Peau d'Âne, adapté par Kochka d'après Charles Perrault, illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor, 2012 

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

“I'm not stupid, stupid. Leave this whole thing in my extremely capable and well-manicured hands.”

IMG_7288

On ne pourra pas reprocher à ce tome d'apporter des solutions faciles et précipitées, parce qu'il faut reconnaître que l'histoire s'étire un peu en longueur (c'est le risque, quand on se lance dans une série à rallonge, snif !). Nous retrouvons donc Zoey en sale posture : son âme a été brisée et s'est envolée vers l'Au-Delà tandis que son enveloppe corporelle est restée sur Terre. Il va sans dire que ses jours sont comptés et que tous ses proches sont désespérés, mais déterminés à la sauver. Stark décide donc de la rejoindre, et c'est Aphrodite, assistée de Stevie Rae (je ne me résous pas à la considérer en tant que Lucie dans l'édition française), qui va lui apporter toutes les combines.

Bon, rien ne se déroule en un claquement de doigts, c'est long mais ça permet aux auteurs de développer une belle mythologie, originale et enrichissante. Par contre, j'ai trouvé l'ambiance bizarre, plutôt spirituelle en fait, comme une conséquence aux évènements dramatiques qui bouleversent la série. On suit une Zoey éplorée, bouleversée d'avoir perdu son meilleur ami, préférant se réfugier dans son cocon pour ne pas affronter la triste réalité. Stark démontre aussi un formidable sens de l'honneur et du sacrifice, j'avais déjà souligné ô combien sa dévotion m'effrayait un chouïa... ça se confirme ici !

Livrée à elle-même, Stevie Rae se révèle une personnalité marquante et pratiquement incontournable, et bien entendu elle est confrontée à ses propres tourments sentimentaux, là je ne suis pas sûre d'adhérer à la sauce, mais Rephaïm est tout de même un être fascinant. Grand absent, Kalona n'en demeure pas moins impérieux et redoutable, tout comme Neferet, qui tisse sa toile en coulisses. Bref, cette série n'en finit pas de surprendre et de varier les tonalités dans sa gamme d'émotions... On passe des doutes à l'inquiétude, de la tristesse à la morosité, de l'ennui à l'excitation. Ce n'est probablement pas le meilleur tome lu jusqu'à présent, mais l'intrigue est toujours prenante.

House of Night #7 : Burned - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Brûlée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2012