16/03/08

Pourquoi j'aime les mangas ?

A ceux qui posent encore la question, voici un billet à lire :

http://lsj.hautetfort.com/archive/2007/02/13/j’aime-les-mangas-parce-que.html

Parce que, moi aussi :

  1. Ma génération a été grandement influencée par le Japon et ses dessins animés.

  2. Le manga couvre large : amour, science-fiction, policier…

  3. On peut trouver de tout à des petits prix, selon le titre et l’éditeur.

  4. Comme dans la BD, on trouve des grands noms, signe en général de bons titres.

  5. Après un certain temps d’adaptation, j’ai pu sélectionner les titres qui m’attiraient le plus et rejeter ceux qui au premier abord m’avaient semblé intéressants mais qui ne valaient pas la peine que je débourse tous les mois.

  6. Je ne préfère pas les mangas aux autres lectures.

  7. Les mangas complètent ma culture littéraire, et m’apportent un peu de détente dans ce monde de stress.

  8. J’aime donc les mangas PARCE QUE !

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Parce que ce slogan est devenu incontournable ! ...

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Du tri dans mes mangas !

hot_gimmick_1Belle surprise que ce manga, au-delà de l'affreuse couverture qui n'augurait rien de bon ! Le début aussi laissait présager un goût amer, un peu niais, mais l'action semble bien se reprendre et propose une vision intéressante de la hiérarchie sociale au Japon. Il existe, par exemple, des résidences qu'on appelle shataku et qui abritent les employés d'une même compagnie. Pour Hatsumi, cette situation représente l'enfer, car il lui faut sans cesse composer, faire bonne figure et céder à la pression existante pour éviter le blâme sur ses parents. Le cauchemar devient réel, car il y a toujours des personnes malveillantes pour vous prendre au piège (madame Tachibana, la mégère responsable de la résidence, et son fils Ryôki). Cela commence sur un malentendu, Hatsumi est surprise avec un test de grossesse, et Ryôki s'empresse d'exercer un chantage abusif. Heureusement intervient Azusa, qui est de retour en ville. Le garçon avait grandi dans la même résidence aux côtés d'Hatsumi, avant de déménager à l'étranger. Aujourd'hui il est devenu le mannequin vedette pour un magazine, et ainsi la coqueluche du lycée. Hatsumi a retrouvé son meilleur ami d'enfance, prête à tout partager  avec lui. Elle reste pourtant muette sur l'étrange ascendant dont fait usage Ryôki - toujours à cause de cette terrible pression sociale ! - et se laisse humilier sans moufter.

La série est terminée, elle comprend 12 volumes. Les critiques lues à son sujet sont toutes très positives et soulignent la finesse du scénario à mettre en avant les rouages compliqués de la hiérarchie dans la société japonaise. Mais c'est aussi une histoire d'amour et de haine, où les méchants et les gentils ne sont toujours ceux que l'on croit. Il existe toutefois un certain sadisme dans les rapports, où l'on comprend que la tyrannie et l'acharnement pèsent lourds dans la balance. Je gage que cette complexité prenne un rôle important dans l'intrigue !

Genre(s) : Shôjo, Comédie, Romance

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academie_aliceEncore une couverture grotesque, pour un contenu finalement plus pertinent. L'Académie Alice est une école pour surdoués, un cadre assez spécial où l'on accueille exclusivement des enfants possédant un don inné, autrement dit un Alice. Hotaru est une gamine insupportable, élevée à la campagne, qui va décider de tout quitter pour retrouver sa meilleure amie Mikan, partie depuis six mois à l'Académie Alice sans donner de nouvelles. Est-ce un miracle si Hotaru est admise dans cette école, ou possède-t-elle véritablement un Alice, comme le suppose son professeur ? La jeune fille a une semaine pour prouver aux camarades de sa classe qu'elle est des leurs. Or, son arrivée n'est pas bien accueillie et Hotaru s'attire aussitôt l'antipathie de Natsume, un garçon populaire et redoutable, qui possède un Alice puissant et incontrôlable.

Un peu de magie, de fantastique, quelques doses d'humour et de facétie... Ce manga possède beaucoup de charme et L’Académie Alice rappelle par certains côtés l’univers aigre doux de Card Captor Sakura, et par d’autres l’école Poudlard des petits sorciers en herbe d’Harry Potter (selon l'éditeur). C'est une lecture légère, qui conviendra aussi pour les plus jeunes. (La série est en cours au Japon.)

Genre(s) : Shôjo, Comédie, Fantastique

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parfait_tic_1Un amour de manga ! J'en tiens encore un ! C'est Parfait-tic, une série en 22 volumes (en cours de traduction) qui raconte une histoire sentimentale entre une fille et deux garçons. D'un côté, il y a Fûko, une demoiselle pétillante et enjouée, âgée de 15 ans. La veille de la rentrée au lycée, elle voit emménager deux nouveaux locataires au-dessus de son appartement. Ce sont deux cousins, Ichi et Daiya. L'un est plus froid qu'un glaçon, l'autre a un charisme dévastateur. Sans cesse rembarrée par le premier, Fûko finit par se rapprocher de Daiya mais doit s'en méfier car le jeune homme a une réputation de tombeur !

Encore un scénario sur le triangle amoureux, mais ceci dit c'est tendre et attachant. Que souhaiter de plus ? L'histoire est gaie, elle parvient à nous faire aimer les personnages (très bien dessinés, j'avoue, ils sont tous très beaux !) et les situations cocasses dans lesquelles est plongée l'héroïne (oui, en plus, c'est assez drôle !). La mangaka a tendu une perche à ses lecteurs, en suggérant que l'élu ne serait pas forcément celui auquel on penserait le plus. Alors, ça veut dire quoi ? Tous les espoirs sont permis - permis de rêver et fantasmer ! Décidément, cette série me plaît énormément !

Genre(s) : Shôjo, Romance

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I_wishAprès la mort de ses parents et de son frère, Ryujin prend rendez-vous avec K, un magicien qui prétend pouvoir réaliser n'importe lequel de vos voeux. En contrepartie, il vous prend la chose qui vous est la plus précieuse. Ryujin lui demande de ressusciter sa famille, mais K refuse. Cependant, il décide de la prendre comme assistante...

Bof, je ne m'attarde pas. Je n'ai pas su entrer dans ce manga, les illustrations me rebutaient, l'histoire est sombre et, bref, ça n'a pas collé. C'est tout ! (La série est terminée, en 7 volumes.)

Genre(s) : Action, Fantastique, Magie

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Say_LoveChae-Won est un lycéen qui a été déçu par une jeune fille plus âgée. Depuis, il ne veut plus s'intéresser aux filles plus vieilles que lui. Mais, un jour, ses camarades de classe organisent un rendez-vous avec des étudiantes. Chae-Won cède finalement et rencontre Seulgi. Après une soirée bien arrosée, ils se réveillent dans une chambre d'hôtel sans se souvenir de ce qu'il s'est passé ! Le lendemain, Seulgi croise Chae-Won en tenue de lycéen ! Elle le gifle en découvrant qu'il lui a menti, et qu'il n'est pas étudiant...
Trois mois plus tard, Seulgi réapparaît et annonce à Chae-Won qu'elle est enceinte.

Encore une déconfiture ! Les illustrations dans ce manga sont épouvantables, il y a un contraste dérangeant entre la beauté de la jeune fille (cf. la couverture) et les traits exagérément grossis, enlaidis des autres. C'est pour moi le point faible de cette série, du coup je ne suis pas séduite, pas entraînée à pénétrer dans l'histoire, pas sensible du tout...

 

 

 

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Libellés : Hot Gimmick ; L'Académie Alice ; Parfait-tic ! ; I wish ; Say love.

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15/03/08

Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire

melle_oishi_01Kon Ôishi, 28 ans, est célibataire, bosseuse, débordante d'enthousiasme et prête à rencontrer le prince charmant. C'est sous les traits de son collègue, Henmi, qu'elle pense décrocher le gros lot. Divorcé, père de deux enfants, l'homme promet mariage et confort, mais demande à Kon-chan de quitter son job parce qu'il compte s'occuper d'elle. Premier couac. La jeune fille ne moufte pas, elle obtempère mais choisit de décrocher un petit boulot de vendeuse dans une mercerie. Bien lui en a pris, suite à une restructuration du personnel, Henmi perd son emploi. Il est effondré, incapable d'assumer ce revers. Aussi Kon-chan lui propose d'emprunter une somme rondelette  à ses parents pour soulager leurs soucis d'argent. Autant la jeune fille redouble d'efforts pour mettre du beurre dans les épinards, autant Henmi est totalement inactif, végétatif et inconséquent. Pour preuve, il achète une voiture flambant neuve, cache ses nombreuses dettes et passe tous les week-ends chez son ex pour le bien des enfants (dit-il). Kon-chan supporte la situation de plus en plus mal, se confie à son frère, Yukari, et à son meilleur ami, Tetsu, un coiffeur au look destroy. Tous, y compris ses parents, la forcent à quitter Henmi et surtout de refuser tout engagement (dans le mariage) avec cet irresponsable.

Oui, le mariage est sacré et brille de mille feux devant les prunelles de notre héroïne. Elle a déjà 28 ans et, selon elle, gâché ses chances pour décrocher le pompon. Tout ce qu'elle souhaite, c'est un mari, des enfants et un joli appartement. C'est un peu pour toutes ces raisons qu'elle rechigne à franchir le cap de la rupture avec Henmi, même si elle ressent de plus en plus d'amertume auprès de lui. Ce n'est pas vraiment la vie de couple qu'elle rêvait.

melle_oishi_02Et puis, vient la rencontre avec Kanji, un camarade de Tetsu. Il est plus jeune que Kon-chan, insouciant, drôle et charmant. Il est rempli d'attentions qui touchent notre demoiselle, mais celle-ci va vouloir encore une fois tout précipiter. La trentaine approche à grand pas, elle refuse de ne pas être mariée, de ne pas avoir de petit ami, d'être toujours célibataire. Kanji est un bon prétendant, mais il est souvent absent, très indépendant. Cette attitude déconcerte Kon-chan qui ne voudrait pas l'étouffer non plus, pour  ne pas le perdre. Elle attend donc ses coups de fil, et chaque instant passé à deux est pur, sublime et fusionnel. Il est difficile de ne pas craquer pour Kanji, malgré ses (légers) défauts. Au début, cela s'annonce plutôt mal pour Kon-chan - quoi ? encore un drôle de numéro ! - mais finalement leur relation est particulière, parce qu'elle n'est pas entrée dans une case et parce que Kanji refuse tout ce qui est plan-plan.

Malheureusement, Mlle Ôishi n'est pas douée pour le bonheur, pas vernie du tout ! Quand la situation entre Kanji et elle connaît enfin une certaine sérénité, c'est le destin qui vient tout remettre à plat. Implacable, douloureux. Quelle claque !

Tetsu aussi est dans une sale impasse, coincé dans une liaison improbable avec une fille qui le harcèle et qui est complètement folle. De son côté, Yukari, le frère de Kon-chan, va tomber dans un goufre profond où relations d'un soir se mélangent à une radicale baisse d'estime de lui-même. C'est la panade ! Le point de non-retour.

melle_oishi_03J'ai découvert ce manga par un pur hasard. Le titre me séduisait, et les couvertures aussi. De plus, il n'y a que quatre titres pour cette série. Pas besoin d'en rajouter, j'ai foncé et je n'ai pas regretté un seul instant. C'est une lecture ordinaire, un truc de fille qui surfe sur la vague de la célibattante qui cherche sa moitié promise, le tout à la sauce japonaise (il faut reconnaître que les auteurs japonais savent aborder la sexualité de la jeunesse avec une grande justesse et un aplomb remarquable !).

Tout de suite, j'ai été marquée par cette ambiance très proche de l'univers de Kiriko Nananan : la mangaka Q-Ta Minami possède un style graphique simple et aéré, presque classique, et une narration elliptique, où les dialogues se font rares. Cette sobriété sied à merveille à ses récits ancrés dans la vie quotidienne, dans lesquels elle s'amuse à mettre en avant ces petits détails qui font le sel des situations comme des personnages (dixit l'éditeur). Voilà pour le cadre. Maintenant, le fond.

Très sincèrement, j'ai été scotchée. Je sais déjà, dans ma petite tête, vers quelles lectrices je peux conseiller ces livres par exemple. Toute l'histoire est touchante, sensible, poignante. On accompagne Kon-chan - Mlle Ôishi, autrement dit - dans son éducation sentimentale, un parcours semé de maudites rencontres, avec des bougres mal embouchés. La conclusion pourra décevoir plus d'une lectrice, comme moi, car elle fait comprendre qu'un confort est plus appréciable qu'une folle passion. Cette solution ne me satisfait pas, mais je la respecte car j'aime beaucoup Kon-chan pour ses nombreux choix, pour son caractère et pour l'autonomie qu'elle gagne en bout de course. Plus d'une fois, cependant, elle m'a agacée car elle fait partie de ces filles qui ne se résignent pas à la solitude et préfèrent rester mal accompagnées... Mais ne noircissons pas le tableau hâtivement, car notre Kon-chan est très, très sympathique. C'est une chic fille, gentille, qui tout le temps se pose les (bonnes ?) questions. Je l'aime beaucoup car elle peut ressembler à n'importe quelle nénette de la tranche d'âge des 25-30 ans. Elle construit son avenir, sur le plan professionnel et sur l'aspect social, sentimental, etc. Elle fait des erreurs, mais elle est toujours de bonne volonté. Sincère, volontaire, elle veut croire en sa bonne étoile. Son choix, à la fin, ne me plaît pas, c'est déjà dit, mais c'est louable. Et qui ne craquerait pas pour une issue raisonnable ? (L'histoire propose d'ailleurs un intéressant contre-pied à ce qu'entreprend Kon-chan, à travers une autre jeune femme qui apparaît au cours du tome 4 ...)

melle_oishi_04Avant de conclure, une dernière petite chose, parce qu'il n'y a pas que Kon-chan dans cette histoire ! Je pense aux électrons libres comme Tetsu, notre coiffeur rebelle et amateur de conquêtes faciles, qui ne s'attache pas, ne tombe jamais amoureux. Il dragouille notre Kon-chan pendant quelques temps, mais c'est indéniablement en ami fidèle qu'il est le plus efficace. Ce qu'il vit de son côté ne manquera pas d'accrocher le lecteur, surtout au final du tome 2. Autre électron libre : Yukari, le frère de Kon-chan. Homosexuel, il n'assume pas ses choix au grand jour et se commet dans des histoires sordides. (Mais j'avoue n'avoir pas trop accroché à son personnage !) Tous ces acteurs ont en commun d'être confrontés à un événement douloureux et de chercher à leur façon de vivre leur traumatisme pour en sortir plus forts.

Agréable découverte, joli portrait de femme et quelques mouchoirs bien trempés... voilà le résultat !

Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire - tomes 1 à 4 - Q-ta Minami

Casterman, coll. Sakka.

9,50 € le volume.

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14/03/08

Soleil de minuit - Vendela Vida

soleil_de_minuitA la mort de son père, Clarissa découvre que ce dernier n'était pas son géniteur biologique. Son fiancé Pankaj lui apprend alors avoir toujours été dans la confidence, au grand dam de la jeune femme. Bouleversée, elle décide de tout quitter et part en Finlande pour rencontrer son père qui est prêtre sami. Le voyage est lent, il permet ainsi de réfléchir, de ressasser des souvenirs liés à l'enfance. Quinze ans plus tôt, sa mère Olivia avait disparu sans laisser de traces. Clarissa et son 'père' Richard avaient tenté de la retrouver, en vain. C'était la deuxième fois que la femme prenait la poudre d'escampette, sans crier gare. Son premier mari, Eero, le prêtre sami, en avait fait les frais, perdant épouse et enfant du jour au lendemain. Olivia a la capacité de se rayer de la vie des gens qui l'aiment avec une facilité déconcertante. 

Clarissa quitte l'Amérique pour retrouver un père, mais elle va gagner en Laponie bien plus : une nouvelle identité, la vérité sur ses origines, un départ de zéro, une vie neuve. La démarche ne sera pourtant pas simple : de rencontres singulières en révélations étonnantes, Clarissa fera son bout de chemin. Elle découvrira auprès du peuple sami (une communauté qui se rapproche des Amérindiens, proche de la nature, et qui vit grâce à l'élevage de rennes) un apprentissage plus large de ce que sont le secret de famille, la quête de l'autre et le souci de discrétion. La vérité va éclabousser, mais fera pousser des ailes à notre jeune femme qui était complètement désoeuvrée à son arrivée.

C'est le deuxième livre que je lis de Vendela Vida, après Sans gravité qui m'avait énormément touchée. Cette californienne fait partie des jeunes auteurs qui montent, comme Julie Orringer, Aimee Bender, Maile Meloy..., et participe ainsi à l'avant-garde américaine de la Côte Ouest qui assume le romanesque tout en y insufflant fantaisie, sens du décalage et humour (dixit l'éditeur). Ce roman qui parle des liens familiaux, de ce qui n'est pas dit ou avoué, et de ce qui se répète inconsciemment, de génération en génération, est une histoire au charme irrésistible. Le cadre du cercle polaire accentue le mystère. C'est dans ce pays où il faut transpirer pour libérer ses démons que Clarissa va exorciser son propre traumatisme, le mettre à la lumière du jour pour la première fois. L'histoire a été inspirée d'après le titre du poème de Marry Ailoniedia Somby, Let the Northern Lights Erase Your Name (titre original du livre). Un beau programme !    

Editions de l'Olivier,  236 pages. 21 €

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Adèle Carasso.

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13/03/08

(Histoire du soir)

Qui aurait lu le dernier Emily Gravett ?

drole_d_oeuf

Nous venons de le lire, ma fille et moi. Et je vous avoue en être toute retournée !!!

C'est l'histoire d'un Canard et d'un oeuf. Canard est triste d'être le seul oiseau à ne pas avoir pondu un oeuf. Puis un jour, il trouve un oeuf énorme, très joli, moucheté de vert. Les autres oiseaux se moquent. Trop gros, pas possible, qu'est-ce que ça va donner...

Oui, qu'est-ce qui se cache dans l'oeuf ? Bientôt tous les oeufs éclosent les uns après les autres, à l'exception de l'oeuf de Canard. Un peu de patience, pardi ! Quand le Jour J arrive... surprise !

Je ne peux pas vous dire ce qu'il y a dans l'oeuf, cela gâcherait tout l'effet désiré. Mais c'est vraiment saisissant ! De plus, comme toujours chez Emily Gravett, la maquette est astucieuse, elle jongle avec les petits bouts de page, lesquels cachent des détails pour créer roulement de tambour suivi du tadam magique. C'est ainsi qu'on découvre peu à peu ce que cachent tous les oeufs, jusqu'au plus gros. Canard est tombé amoureux de son oeuf, pour lui c'est le plus beau. Qu'importe l'avis des autres... C'est un peu confus à vous expliquer, mais dites-vous bien que c'est judicieusement pensé. Comment ne nous manipule-t-elle pas, cette Emily Gravett, avec son histoire ! Fichtre, c'est renversant. Vous venez au bout de l'album sur une note inattendue. Mais plus étonnant, encore, sera la réaction de votre enfant : bouche grande ouverte, yeux ronds comme des billes, trois points de suspension et ... éclat de rire assuré !

Chapeau Madame !

Drôle d'oeuf - Emily Gravett

Kaléidoscope - 12.50 €

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100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner - Stéphanie Janicot

100_romans_de_premiere_urgenceVous souffrez de cette maladie de grand lecteur qui pense farouchement qu'on peut guérir tous les maux par les mots, alors soyez sûrs que ce guide de survie (littéraire) écrit par Stéphanie Janicot est fait pour vous ! D'avance, je vous préviens d'un grand risque de dépendance et de la fâcheuse manie de (re)copier les références suggérées dans ce livre, au péril de vos piles à lire déjà brinquebalantes dans vos chambres, bureaux ou bibliothèques personnelles. Voilà, c'est dit. Sachez qu'au-delà de cette limite, je ne répondrai plus des graves tourments qui vont vous frapper !

Stéphanie Janicot a ainsi recencé 100 ouvrages pour répondre à tous vos tracas, car selon elle, la lecture possède une vertu pharmacologique indéniable. (Je suis tout à fait d'accord avec elle !) Ainsi, vous trouverez des remèdes pour soigner des problèmes liés à l'enfance, des soucis de couple, des peines de coeur, des dépendances intolérables, des ennuis d'ego et même le simple fait de ne pas aimer lire, oui l'auteur a une solution à toutes vos questions.

En partant de ce principe assez basique et gentillet, elle s'embarque dans une aventure livresque passionnante. J'ai été totalement entraînée du début à la fin, et même dans des cas de figure qui ne me touchent pas, j'ai été envoûtée d'office par le charisme de Stéphanie Janicot qui vous parle de chaque roman avec une limpidité et une fraîcheur qui rendent jaloux et font friser l'oeil ! Tout fait envie. Malheur !

Il y a cependant un léger souci, imprimé noir sur blanc, un erratum à signaler d'urgence. Le personnage fétiche de Jane Austen (p. 80) ne se prénomme pas Marc, mais Fitzwilliam Darcy ! (à ne pas confondre avec le Journal de Bridget Jones, d'Helen Fielding !)

Bref, nous avons tous nos propres suggestions de lecture pour guérir et surmonter un obstacle, l'auteur propose alors de vous livrer au même exercice, de noter votre Symptôme et son Remède littéraire, puis de l'envoyer par mail à lireguerit@albin-michel.fr . Peut-être, alors, un deuxième livre verra le jour... (chouette !)

NB : Je signale, au passage, que les 100 romans référencés sont à la fois des Classiques et des romans récents, francophones et étrangers, la plupart disponibles en poche.

Albin Michel - 227 pages. 15 € non remboursés par la Sécu.

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12/03/08

banniere_lectures_de_miss_C

Il y a des livres qui, derrière leurs jolies couvertures et leurs histoires tendres, cachent en fait des messages pour éveiller la conscience des jeunes lecteurs, pour leur rappeler que tous les enfants n'ont pas la chance d'être bien dans leur peau, en bonne santé, ou qu'il faut savoir préserver celle-ci et ne pas jouer avec.

Un peu de lecture, donc, ça ne fait de mal à personne...

marchand_de_glace_a_la_vanille

Un marchand de glace est victime d'un sort jeté par deux fées capricieuses : pour assouvir leur gourmandise, le vieil homme devra faire de la glace à la vanille sinon il mourra. Un jour, une toute petite fille chétive entre dans le magasin. Elle se lie d'amitié avec le marchand. Mais Olga ne doit pas manger de sucre, elle n'ose pas le dire à son ami Jiguzavey de peur qu'il ne puisse plus fabriquer de glace et finisse par mourir. Alors elle goûte un peu de glace, un peu chaque jour. Et puis, brusquement, Olga ne vient plus, Jiguzavey n'a plus de nouvelles avant d'apprendre qu'elle est hospitalisée et qu'une opération est nécessaire pour la sauver. Mais ses parents n'ont pas assez d'argent, et cette opération coûte très cher. (L'histoire finit bien !)

Un conte pas comme les autres, écrit par Kochka et illustré par Violaine Leroy. Lily en a parlé d'abord, et cela avait piqué notre curiosité. J'admets volontiers avoir été totalement surprise par ce texte, vraiment sensé et sensible, qui ne laisse pas indifférent. Il explique, entre autres, ce qu'est le diabète. Pas facile... Pourtant l'histoire est incroyablement belle, portée par l'amitié qui existe entre la petite fille et le marchand de glace, et qui se transformera en amour. Le vrai, le seul et unique.

Nathan poche, pour les 6-9 ans. 5,50 €

cerise_griotte

Cerise adore les romans, le chocolat et le gorgonzola, et déteste les griottes. Lorsqu'à la fourrière où travaille son père on recueille une petite chienne sharpei, Cerise la surnomme Griotte et elles deviennent inséparables. Cerise s'attache à ce chien car elle n'a pas d'amis. A l'école, les enfants chuchotent en parlant d'elle, ils se moquent de son physique. Le chien Griotte apparaît comme un rayon de soleil dans sa vie tristounette (elle vit seul avec son papa, depuis le décès de sa mère). Mais Griotte n'est pas encore à elle, il faut attendre un mois, délai légal, pour déclarer le chien abandonné et disponible à l'adoption. Et finalement, ce petit chien va vraiment lui apporter plus que de l'amitié ... un peu d'attention et le sourire retrouvé (et un coeur qui bat plus fort !!!).

Vous savez, ce livre est l'oeuvre de Benjamin Lacombe. Je crois avoir déjà tout dit en indiquant son nom !!! Ambiance (faussement) sombre, couleurs chaudes, personnages craquants, des situations douloureuses, jusqu'à la rédemption finale ! J'aime la petite Cerise, qui souffre de sa solitude, de se sentir différente des autres. J'aime qu'un chien puisse lui donner des ailes, lui apporter le soleil qui manquait dans son quotidien...

Seuil jeunesse, dès 3 ans. 14 €

Le blog de Benjamin Lacombe : http://benjaminlacombe.hautetfort.com/

corps_de_ballerine

Élodie rêve de devenir danseuse. Chez elle tout le monde est gros, lourd, enrobé. S’agit-il d’une fatalité familiale ? Si oui, va-t-elle la couper de son rêve ? Leur ressemble-t-elle déjà ? Et puis être gros, c’est quoi au juste ? Pour réussir à atteindre son but, Elodie va commencer à manger de moins en moins. Au début, chouette elle devient mince ! Et puis, squelettique ... et personne ne s'en aperçoit. Jusqu'au clap de fin.

Le sujet avait de quoi me rebuter, mais Gawou a su me convaincre d'y aller doucement, mais sûrement. Merci à elle, je n'ai pas regretté. J'ai trouvé ce livre poignant, où seuls le noir et le rose se donnent la main pour accompagner la jeune héroïne dans son rêve insensé. La quête de la perfection est ici démontrée dans son absurdité (le paraître, la minceur, l'excès) et pointe donc le doigt sur le danger. L'histoire se termine bien, et Elodie va pouvoir retrouver le goût des bonnes choses, réussir sa vie, sans se priver.

MaxMilo jeunesse, à partir de 5 ans. 13,00 €

Texte de Sébastien Perez, illustrations de Justine Brax.

Direction artistique et mise en couleur par Benjamin Lacombe.

Le blog de Sébastien Perez : http://sebastienperez.hautetfort.com/

corps_de_ballerine_2

(cliquez pour agrandir l'image)

Ce livre m'amène cependant à pousser mon ras-le-bol contre les messages de prévention pour la santé de nos enfants, les spots incessants qui préconisent cinq fruits et légumes par jour, ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé, évite de grignoter dans la journée, etc. Je ne sais pas vous, mais moi ça me gonfle. Ces messages prennent de plus en plus l'emprise sur le comportement de ma fille, qui n'est déjà pas bien grosse et ne mange pas beaucoup. J'ai très peur de ce qui me semble désormais un harcèlement, très peur du chemin qui se fait dans la tête des enfants, très soucieuse de me dire qu'ils vont regarder à deux fois avant de craquer pour un deuxième kinder, déguster une troisième crèpe, ne pas tremper un morceau de sucre dans le café, prendre un biscuit bn pour le goûter à l'école (c'est interdit !)... Qu'on fiche la paix aux enfants, qu'on éduque davantage les parents qui donnent du coca en mangeant, ou qui passent trop de temps dans les mcdo !

Alors, pour décomplexer un bon coup, rejoignez-moi chez Patricia dans sa Cuisine Rouge qui vous parle d'une chanson qui me tenait à coeur : Des frites, bordel !

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11/03/08

Ker Violette - Karine Fougeray

Ker_VioletteUne jeune femme de 36 ans arrive dans un village breton, elle recherche son cheval. Elle est très mince, a de gros seins, elle est blonde, avant de virer au jaune. Dans le premier bar venu, elle commande un kir-champagne et rencontre Félix, un pêcheur devenu artiste peintre. Elle tombe dans ses bras, ivre morte, et débarque chez Violette, une septuagénaire propriétaire d'une maison d'hôtes, les Albatros.

Clara doit absolument retrouver son cheval. Pour comprendre pourquoi, il faut faire le chemin en arrière et grandir dans un foyer où brillait l'amour, entre la radieuse de mère et le père qui s'absentait en mer. La naissance de Clara est venue. Clara comme une eau claire. Clara comme la clarté de son bonheur. Suivie par l'arrivée de Clarence.

Longtemps Clara a cru être libre, légère, butinant d'un point à l'autre, d'homme en homme, de trois petits tours et puis s'en vont. Tous ont craqué en la voyant : un sourire, un s'il te plaît, des yeux noirs qui scrutent le fond de l'autre. Mais Clara se sent morte à l'intérieur, alourdie par ses fantômes, pressée de rejoindre son cheval pour reprendre le cours de sa vie, pour revivre. Tout bonnement. Un cheval ?! pense-t-on. Alors je vous vois venir, mais non chassez de votre esprit les images de Robert Redford, le monsieur n'a pas sa place ici. Pas dans cette histoire qui se contruit comme un jeu de lego, petit bout par petit bout. Un peu compliquée l'histoire que tu cherches à nous vendre, rétorquez-vous. Ah mais non.

Que je vous dise... Ceci est un roman qui parle d'amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C'est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu'on se frôle... C'est l'histoire d'une tristesse, d'un abandon, d'un deuil, d'un chagrin. C'est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s'encroûte avec les années. C'est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s'unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l'air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l'eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l'admire, on court après, on s'y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n'est pas tout. La mer, ou la mère ?...

Je ne vous cache pas que Ker Violette offre un bonheur de lecture instantané. Première page ouverte, plouf ! c'est l'éponge. Les mots nous collent aux doigts, les lignes s'inscrivent sur notre peau, les personnages sortent du livre pour nous offrir une bolée de cidre et nous partons de suite dans leurs aventures. On s'attachera aussitôt à Clara, la jolie petite fille qui cherche son cheval ; on voudra se pendre au cou de Félix et on cherchera compulsivement dans le bottin si la pension de Violette existe pour de vrai ! ... Ce sont trois personnages jetés sur le tapis vert, les dés sont joués, à eux de tenir les paris.

Faut-il vous préciser ? Ker Violette sait aussi préserver ses secrets. Pour en savoir plus, lisez le livre !!!!

Editions Delphine Montalant - 250 pages - 18 €

Un gros, gros, gros merci à Karine !!! Merci pour cette nouvelle bouffée d'oxygène, après le goût des galettes, miam le champagne, une Clara plus vraie que nature, et des larmes, des rires, un coeur qui palpite plus fort sur certaines pages... C'était bon ! Et déjà, ils me manquent tous... ils me manquent aussi les pages 251, 252, 253, 254, 255, etc.

Et merci pour les graines de violettes !

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« Les premiers jours en Irlande, je n'ai fait que me nourrir des prairies aspirées par la mer. Je n'ai fait qu'enjamber les murets des champs liliputiens où fleurissent des pierres. Je n'ai fait qu'écouter la plainte des violons et des accordéons constellés d'éclats de bière brune. Je n'ai fait qu'observer les visages, les trognes tordues et ouvertes sur des dents décalées et jaunies. L'Irlande avait en elle une tristesse qui me bouleversait, une chaleur qui me consumait, une nature qui m'anéantissait. Je l'ai trouvée fière et humble. Triste et bravache. Claironnante de ses herbes grasses, déversant ses seaux d'eau sur la tête de ceux qui la vénéraient autant que sur les épaules de ceux qui manquaient d'amour pour elle. Je l'ai trouvée honnête. L'Irlande respirait fort de ses poumons gavés de gens aux vies pleines de trous. Et tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces vieux et tous ces jeunes qui comblaient leurs trous de chansons, de pleurs, de rires et d'alcools, qui riaient en chantant, qui chantaient en pleurant, qui buvaient en riant et vomissaient en pleurant. »

Echappée belle de Ker Violette, roman de Karine Fougeray (éd. delphine montalant)

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10/03/08

A marée basse - Jim Lynch

A_maree_basse

Miles O'Malley, 13 ans, sort souvent de chez lui en secret pour explorer les eaux de la baie de Puget Sound, dans l'Etat de Washington. Une nuit, à marée basse, il découvre un calmar géant échoué dans la vase, puis, quelques jours plus tard, un ragfish en piteux état. Ces deux découvertes extraordinaires s'accompagnent d'autres phénomènes étranges, pour cette petite parcelle du globe, et pour un garçon assez banal, qui souffre de sa petite taille et qui dévore les livres parlant de biologie marine. C'est un fan absolu de l'auteur Rachel Carson. Il est aussi fou amoureux de son ancienne babysitter, Angie Stegner, la fille du Juge, qu'il souhaite conquérir grâce à ses histoires. Avec son meilleur ami Phelps, Miles va s'apprêter à connaître un été hors du commun.

Intriguée par ces trouvailles que pêchent l'adolescent, la presse vient quérir des informations et lui consacre plusieurs articles en première page. Mais Miles ne tire aucun orgueil de cette soudaine popularité, il a bien d'autres préoccupations : le divorce annoncé de ses parents, les chutes libres d'Angie, la santé fragile de Florence, une vieille médium qui perd un peu la boule... Et progressivement, Miles ne supporte plus d'être traité en Messie qui percevrait les choses, entendrait la mer lui parler, annoncerait d'autres faits surprenants à venir. Il aimerait reprendre le cours d'un été tranquille, comme avant, avec son mètre 47 et sa peau rougie par le soleil, ses parties de rire avec Phelps et leurs discussions pour comprendre ce qu'est l'amour, en pratique. Puis passer du bon temps en compagnie d'Angie, qui fume toutes sortes de drogues, et qui se déclare bipolaire. Et enfin aider Florence à ne pas finir ses jours dans une maison de retraite, la laisser en sursis dans son bungalow qui sent la mer et lui donner ses pilules...

J'ai bien du mal à exprimer combien ce roman a su me toucher et m'enchanter. D'abord ce fut une rencontre éblouie par cette magnifique couverture bleue, puis la promesse faite en moi-même que j'allais beaucoup aimer cette histoire, pourquoi ? Je ne sais pas, mais peut-être avais-je le pressentiment que Miles O'Malley était un garçon formidable, attachant et à qui il allait arriver une aventure qui sortait de l'ordinaire, donc cela allait forcément me plaire. Et ça marche ! L'histoire de Miles est captivante car elle est simple. Sa façon de parler de cet été et des événements autour ne s'encombre pas de longueurs, et même sa passion sur la vie marine coule de source sitôt les premiers mots sortant de sa bouche pour décrire qu'environ 80 % de la vie sur terre se trouve dans l'océan, et que la moitié de l'océan environ est si profonde que la lumière du soleil n'y pénètre jamais, il fait tout noir au fond depuis le commencement. Miles est un passionné, c'est aussi un garçon sensible et intelligent, bref il a un charisme dévastateur ! Il vous sera impossible de ne pas souhaiter faire sa connaissance, cet enfant a un don, en plus de savoir vous transmettre une émotion plus intime, vous communiquer un message de conscience écologique quand il déclare qu'il faut être attentif à l'océan.

A marée basse est un roman initiatique, doublé d'une grande profondeur poétique, qui se lit en toute simplicité et avec beaucoup de plaisir. On passe du rire aux larmes tout au long des 360 pages, et on en sort avec un sourire béat tellement la plénitude s'accroche aux mots de Jim Lynch. Ne loupez pas ce beau roman !

Editions des 2 Terres - 360 pages - 21,50 €

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch

Crédit bannière livre : éditions des 2 terres.

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