03/03/08

Le fantôme de Baker Street - Fabrice Bourland

fantome_de_baker_streetNous sommes à Londres en 1932. Andrew Singleton et son ami James Trelawney ont quitté le nouveau continent pour s'installer dans la capitale anglaise en espérant faire prospérer leur agence de détectives. Ils résident à Montague Street, qui était aussi la première adresse fictive de Sherlock Holmes. D'ailleurs, l'animal semble leur servir de bon samaritain, car les voilà vite honorés de la visite de lady Conan Doyle, la veuve de l'illustre écrivain, qui vient requérir leur service pour démasquer une affaire douteuse dans le quartier de Baker Street. Depuis que la municipalité a attribué le n°221 à la maison du major Hipwood, le salon du premier étage semble hanté. Les amateurs de séances spirites y voient là l'interpellation de l'esprit du détective, qui chercherait à exister au-delà de la mort de son créateur.

Lady Conan Doyle est bien perplexe. En revenant sur la nuit précédant la mort de sir Arthur, elle se rappelle certains faits étranges et attire l'attention des apprentis détectives sur une série de meurtres qui frappent les bas quartiers de Londres et qui ne semblent pas connaître d'accalmie. Forte de la réputation du paternel d'Andrew Singleton, éminent conseiller en spiritisme outre-atlantique, lady Conan Doyle confie à nos férus d'enquêtes à la Sherlock Holmes l'occasion de mettre la main à la pâte.

Et en effet, l'influence est grande car l'enquête se dessine sur les pas de l'écrivain et de son fin limier ! Singleton et Trelawney vont se rendre au 221 Baker Street, assister à une séance de spiritisme, se rendre compte par leurs propres yeux de l'improbable situation dans laquelle ils se trouvent confontrés ! Singleton, grand passionné de littérature, réalise également que la série de meurtres lui rappelle des faits survenus ... dans les oeuvres romanesque ! Il semblerait alors que des héros fictifs soient en libération et courent dans les rues de Londres, des personnages aussi redoutables que Jack l'éventreur, Dracula, Mr Hyde ou Dorian Gray !

Bizarre, bizarre ? Que vous ayez les deux pieds ancrés sur le sol ferme n'y changera rien, ce roman de Fabrice Bourland va vous transporter au-delà des limites du réel. Amateurs de fantômes ou de Sherlock Holmes, vous en aurez tout votre soûl ! Le livre est formidablement renseigné, truffé d'indices et de références à la littérature victorienne, c'est une plongée superbe et réaliste, dans un Londres des années 1930 et qui flirtent sans vergogne avec l'époque des monstres sacrés du genre policier (Conan Doyle, Wilkie Collins, H.G. Wells, Stevenson, etc.). C'est un délicieux cocktail qui mélange la littérature dans le roman, avec moult détails savants, et le fil rouge du Grand détective (toutefois, l'enquête n'est pas transcendante, mais on s'en moque !). Tout est dans l'esprit, dans l'atmosphère ... ça s'apprécie ainsi, et moi j'ai adoré !

10 - 18, coll. Grands Détectives. 245 pages.

A été également lu par Lou et Charlie Bobine

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02/03/08

Peines perdues - Emmanuelle Peslerbe

peines_perduesUn homme atteint de la maladie d'Alzheimer est retrouvé mort chez lui. C'est sa fille Ghislaine qui découvre le corps. Le commissaire Jean Brisson conclue à un assassinat et met le doigt sur l'appartement fermé à double tour. La liste des suspects se réduit, et très vite il porte son intérêt sur les deux soeurs Boudard. Trop d'amnésie, trop d'ambiguité dans les emplois du temps, trop de propreté sur les lieux du crime... Le commissaire Brisson a décidé de serrer la vis, mais comment faire craquer ces deux carpes complètement muettes ?
Après une entrée en matière très conforme au genre du polar, l'ambiance qui était judicieusement sombre et oppressante finit par tomber dans le glauque. Et ça s'enfonce un peu plus, vers une issue complètement prévisible. Bien dommage d'avoir lâché la bride en cours de route ! Ce roman s'annonçait assez intriguant.

Editions du Rouergue, coll. La Brune - 116 pages. 12 €

Du même auteur : Un bras dedans, un bras dehors

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01/03/08

Le joli mois de mars !

Que de belles choses pour ce mois de mars ! Cela annonce le printemps, bientôt le temps d'enlever les peaux mortes et de casser nos tirelires pour succomber aux formidables tentations.

la_consolante

Quatre ans après Ensemble c'est tout, Anna Gavalda revient avec une bonne petite brique rouge de 630 pages et des lecteurs impatients font déjà la queue au portillon (de leur librairie) pour ne pas louper cet événement !

Livre à paraître le 11 mars !

( A noter que la couverture a été dessinée par la dame en personne...)

Pour connaître l'histoire, il y a soit l'option 'effet de surprise', soit le résumé sur le site de l'éditeur (le dilettante) ... au choix ! - Moi je mise sur la surprise. -

valse_lente_des_tortuesVous aviez craqué pour les personnages de Katherine Pancol dans Les yeux jaunes des crocodiles, vous allez les retrouver dans un nouvel ouvrage - une bonne grosse brique bleue - de 650 pages encore !!! C'est le mois des folies, le mois des pagivores ! Fichtre.

Après les crocodiles, place aux tortues ... Elles vous promettent une tendresse authentique, souvent désopilante, parfois sombre, mais toujours poignante, une trame virevoltante, une vivacité contagieuse ...  ça promet !

Disponible dès le 3 mars (et même avant ... ! car il est déjà dispo dans certaines crèmeries !!! ).

Un peu de BD maintenant, avec l'incontournable Manu Larcenet et son 4ème tome de la série Un Combat Ordinaire.

combat_ordinaire_5Présentation de l'éditeur
Le chantier naval ferme, Marco est devenu père, sa mère apprend à vivre seule, un homme meurt dans la campagne, un journaliste craque. A partir de petites choses, de moments rares, de tristesses banales, Manu Larcenet continue de dresser le portrait d'un homme ordinaire, imparfait en lequel chacun d'entre nous reconnaît l'un des siens. Planter des clous, dernier tome du Combat Ordinaire, clos, magnifiquement l'une des plus belles réussites de la bande dessinée contemporaine.

Si vous ne connaissiez pas encore, il faut s'y mettre. Que vous n'aimiez pas trop la BD, ok. Cette série vous fera changer d'avis, cependant ... :o) Il s'agit, de plus, du dernier tome qui conclue une plus que belle et grande réussite de la bande dessinée contemporaine (à mon tour de planter et d'enfoncer le clou !). N'est-ce pas Tamara ?

A paraître début mars.

Petite cerise sur le gâteau, pour finir ...

treizieme_conteLe Treizième Conte, roman découvert et fort apprécié dès l'ouverture de l'année 2007, va enfin être disponible en poche - chez Pocket aux environs du 20 mars !

Présentation de l'éditeur
Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l'écart du mond, s'est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd'hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l'extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l'invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l'imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida. Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité. Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de sœurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres.

( A souhaiter que la couverture soit aussi belle en poche ! )

Et ne pas oublier le nouveau livre de Karine Fougeray  « Ker Violette » disponible depuis fin février ... 

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Le joli mois de mars (bis) !

Parmi les autres nouveautés dans la pochothèque, il faut noter ...

  • Dans l'or du temps, de Claudie Gallay (Babel) : C'est l'histoire d'une famille qui passe ses vacances d'été sur la côte normande. Tranquillement. Un jour l'homme fait la rencontre d'une vieille dame, Alice, qui habite une belle et dans_l_or_du_tempsgrande maison non loin de là. Un peu mystérieuse, Alice accueille les allers et venues de l'homme parfois sèchement, parfois dans le silence, mais toujours avec courtoisie. Une passion va les unir, celle de la culture des indiens Hopi. Car dans les années 40, Alice et son père ont parcouru le désert d'Arizona et fait l'acquisition de bien étranges masques et statuettes. Elle lui raconte toute cette histoire, aussi celle d'André Breton, également réfugié aux Etats-Unis à la même époque. Merveilleuse écriture que celle de Claudie Gallay, déja relevée dans son précédent roman Seule Venise. Il faut découvrir cet écrivain, c'est un univers à part, qui se renouvelle sans cesse. Ici, ce sont des vacances qui ont le goût sâlé des larmes, de la vieillesse et de la mort. Le roman est complètement déboussolant, bouleversant servi par un titre qu'on doit à Breton lui-même...

  • Le théâtre des rêves, de Bernard Foglino (10-18) : Baptiste Flamini, le narrateur, aide les collectionneurs à theatre_des_revesdénicher les perles rares. Il réunit les articles les plus saugrenus, mais une mission d'abord anodine va finalement le conduire à explorer des zones fort sombres, voir redoutables. Flamini devra fouiller plus loin qu'il ne le pensait. Entre le Paris 9ème et quelque part en Normandie, près de Sainte-Mère-Eglise, l'histoire mêle les rencontres depuis un mage, un esprit africain, et un ancien commentateur sportif qui oeuvre dans le lieu-dit sacré, le Théâtre des Rêves, un bistro d'aficionados de football - celui de l'âge d'or, c'est-à-dire tout ce qui s'est passé avant 1970. "Le théâtre des rêves" est le premier roman de Bernard Foglino et crée une bien agréable surprise : le ton général est enchanteur, il balance le lecteur dans des contrées fantaisistes. Le genre est à la fois policier, risque-tout et gouailleur. Le héros partage son quotidien entre un écrivain manchot et un travesti tordu - jolie palette de personnages ! Enquête captivante + personnages déconcertants = un ensemble tout bonnement jubilatoire. A tenter.

  • Babel Noir ressort de ses tiroirs deux romans de Michèle Lesbre : Que la nuit demeure & Une simple chute . Avis aux amateurs ! (Je pense à Lily et Amanda ...)

  • Dickens, barbe à papa : Et autres nourritures délectables, de Philippe Delerm (Folio) : Toujours dans ce livre il est question de petits textes, d'instantanés de l'existence, centrés essentiellement autour des plaisirs de la nodickens_barbe_a_papaurriture, des sensations du boire, du manger et du plaisir des livres ! Si vous appréciez les plaisirs simples, les plaisirs des papilles, les mots coulants, sans ronds-de-jambe ni révérences, eh bien fondez dans ce recueil. Chaque séquence apporte une satisfaction toute personnelle, même si la qualité de certains est décevante par rapport à d'autres, beaucoup plus aboutis, recherchés. Toutefois Philippe Delerm nous pond lui aussi des "nourritures délectables", du genre : "C'est l'envie des autres qu'on envie" ou "Quelle image de soi faut-il donner sur table basse ?", et j'en passe ... "On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C'est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage. On peut aussi manger la vie. Alors plus tard, peut-être, on en fera des livres." -

  • L'histoire de l'amour, de Nicole Krauss (Folio) : Oui, c'est un roman qui parle d'amour, assez fou d'ailleurs. C'est histoire_de_l_amourun livre entier sur le sentiment amoureux, sur le droit à la mémoire, à la fidélité au-delà de la mort, au respect de la création littéraire. Ce roman de la new-yorkaise Nicole Krauss est écrit avec une maîtrise étourdissante, il est dense, foisonnant, respectueux et d'une très grande élégance. C'est un roman puissant et intelligent, qui ne perd jamais le fil de son histoire et qui repêche son lecteur en toute simplicité. Et hop qu'il nous emmène du côté de la Shoah, à New-York, en Israël ou au Chili, dans le coeur d'une adolescente ou d'un vieillard, et surtout au coeur d'un roman dont l'histoire alimente l'histoire de l'amour du début à la fin. Cela paraît brouillon à lire comme ça, mais c'est un roman 5 étoiles et qui est, en toute honnêteté, EPATANT !

  • Que la paix soit avec vous, de Serge Joncour (J'ai Lu) : C'est une impression de sursis qui règne dans le roman de que_la_paix_soit_avec_vousSerge Joncour, d'abord par l'aspect géopolitique avec la crise en Irak (l'histoire débute en novembre 2002) puis par la menace grandissante des promoteurs avides de racheter l'immeuble dans lequel loge le narrateur. Ce dernier est sans emploi, il loue un studio qui appartient à une autre, et il passe ses journées à regarder la télé. Un jour, il croit surprendre de la lumière et du remue-ménage chez son voisin, dans un appartement qui lui semblait inhabité depuis des années. Des petites investigations auprès d'une voisine vont titiller sa curiosité et évoquer des familles juives, déportées durant la guerre. Il lui faudra, cependant, encore du temps pour comprendre ce qu'est devenu son mystérieux voisin. L'idée de fantômes effleure l'esprit, aussi celle des murs témoins du passage du temps et de la vie de ses gens. Comme dans le roman de Sorj Chalandon (Une promesse), il y a l'esquisse du culte de l'absent pour préserver sa présence avant de faire le deuil. Un roman très plaisant à lire, agréable et distrayant.

  • La traversée de l'été, de Truman Capote (Le Livre de Poche) : L'héroïne de "La traversée de l'été" s'appelle Grady McNeil, elle a 17 ans et vit dans un appartement qui surplombe Central Park. Ses parents partent en croisière pour l'Europe mais Grady a décidé de passer l'été caniculaire à New York. Ce qu'elle ne mentionne pas c'est son béguin pour Clyde Manzer, un gardien de parking à Broadway, qu'elle fréquente depuis le mois d'avril en cachette. Avec lui, Grady vit des sensations jamais explorées jusqu'alors. Cependant, le garçon se découvtraversee_de_l_etere peu, se dévoile difficilement, sa famille, ses amis, ses amours figurent parmi son jardin secret qu'il n'ouvre pas à sa dulcinée. Or, il y a également Peter Bell, le meilleur ami de Grady, puis une mystérieuse Anne et une encombrante Rebecca...

    Eté incendiaire, ainsi aurait pu se nommer ce roman "inédit" de Truman Capote. On connaît son histoire : le manuscrit a été retrouvé dans les affaires d'un concierge, remarqué par Sotheby's avant d'être mis aux enchères. "Summer Crossing" (titre original) figure en fait comme l'un des premiers romans écrit par l'auteur, à un très jeune âge (il avait commencé son histoire vers 19 ans). C'est un projet qui a plus ou moins évolué et été entretenu pendant dix ans, pour finalement ne jamais voir le jour. Le manuscrit n'est d'ailleurs pas fini, mais les nombreuses notes de Capote ont permis de porter sa touche finale. Résultat ? C'est une histoire fraîche, pinçante et mesquine, ce n'est pas une oeuvre étourdissante de talent, elle révèle des défauts mineurs en partie à cause de la jeunesse de son auteur. Toutefois, elle annonce déjà des qualités à mûrir, les prémices de Breakfast at Tiffany's, un esprit pointilleux et rebelle, une volonté de chiffonner les données de la société de convenance, et aussi de parler de New York. Le personnage central, Grady McNeil, n'a pas l'étoffe d'une Holly Golightly, mais c'est également une héroïne en souffrance, un être fragile, secret et désespéré. Elle est fascinante, en un sens. Et cela aurait été fort intéressant que l'auteur travaille davantage sur ce projet, mais s'il y a renoncé c'est sans doute pour une raison ?

En vrac, à paraître :

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  • La fille du cannibale, de Rosa Montero (Points) : Si votre mari va aux toilettes dans un aéroport et disparaît, si ensuite vous recevez une demande de rançon venant d'une organisation terroriste et que vous êtes l'auteur d'une série de livres pour enfants dont le héros est Belinda la cocotte, que faire ? Pleurer d'abord puis décider de comprendre ce qui vous arrive. Et si la chance veut que vous rencontriez vos voisins de palier dont l'un se révèle être un vieil anarchiste octogénaire, ancien torero, compagnon de Durruti, dont les récits de la guerre d'Espagne vont former la toile de fond de vos soirées, et l'autre un garçon de 20 ans naïf et terriblement attirant, vous découvrez comme Lucia que vous ne tenez finalement pas tant que ça à ce mari disparu et qu'il est temps de donner un sens à votre vie. Un roman qui fouille dans plusieurs genres (initiatique, policier, suspense),  c'est assez drôle, avec des personnages haut en couleurs ! Le titre n'est pas le porte-drapeau d'un contenu gore ou terrifiant, loin de là ...

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29/02/08

Les fantômes du soir - Sébastien Doubinsky

fantomes_du_soirAvec une jolie couverture et une quatrième alléchante, me voilà plongée dans ce livre... pour lequel je m'enchante prématurément ! L'histoire est celle d'un écrivain de 52 ans, dont le 12ème roman figure sur la liste finale du Goncourt. Enfin les lauriers de la gloire ? Cela commence par un passage dans une émission pour la télévision, et c'est le fiasco. Le type s'écroule de son siège, en direct, impossible de sauver la face, de moucher l'animateur arrogant, qui exulte par la même occasion d'obtenir une séquence aussi pendable que dérisoire ! ... La nuit s'enfonce dans l'invraisemblable pour Paul Rubinstein, car en rentrant dans son appartement, il découvre Henry Miller, Lawrence Durrell et Blaise Cendrars assis dans son salon. Illusion d'optique, contre-coup d'un choc violent ou sombre conséquence d'une alcoolémie avancée ?
Parce que le roman va se résumer à cette errance inqualifiable, dans un Paris tantôt austère, tantôt envoûtant, c'est la sinistre complainte d'un écrivain à qui le succès sourit soudain, mais qui refuse de saisir sa chance. Pas avare de confidences, l'homme va nous raconter quelques jours de son incroyable fantasme littéraire. Un chant d'amour ironique à la littérature, qui guérit de tous les maux - selon l'éditeur.
Hélas, j'attendais plus ! Ce livre possède un charme certain, mais qui va s'oublier avec le temps...

Le Cherche Midi - 176 pages - 13 €

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28/02/08

Les Constellations du hasard - Valérie Boronad

constellations_hasardUn aspirant écrivain débarque à New York avec pour seul bagage son sac marin et une sacoche contenant son manuscrit. Son rêve américain est de rencontrer Paul Auster pour lui remettre son roman et tous ses espoirs d'être édité. Hélas, le garçon se fait voler ses papiers et manque devenir fou. Il erre dans la rue, rencontre un chien puis un vieil aveugle avec qui il fait le deal de mettre sur papier le livre qui court dans sa tête en échange du gîte et du couvert. Très vite, Luc prend en pleine figure toute la beauté de la prose du vieillard, de son parcours et de son histoire. Il s'appelle Alejandro Asturias, c'est un poète qui a quitté l'Europe au début des années 40, pour retrouver son grand amour prénommé Cécilia.

Luc ambitionne toujours de rencontrer Paul Auster et téléphone auprès des attachées de presse pour obtenir un entretien, puis met en place une lecture publique de l'oeuvre d'Alejandro, sous le prétendu parrainage de l'écrivain, et sans consultation du vieil homme. Celui-ci s'en moque, il sent ses jours toucher à leurs fins, pour seul conseil d'auteur à auteur il suggère à Luc d'apprendre à nager dans l'océan. Et Luc s'y emploie avec application !

C'est un rêve américain raconté avec toute la maladresse et l'espoir insensé d'un jeune homme plongé en état de grâce. Il a un mois pour boucler son pari, fait à lui-même. Peu à peu, on ressent toute l'influence de l'oeuvre de Paul Auster, « son Maître », dans cette histoire, mais sans toucher le génie de l'auteur. La copie est aisée, l'imitation impossible. Ce n'est pas une sentence implacable, c'est un constat et un encouragement. Car on ne peut écarter de son esprit les images de Mr Vertigo ou du jeune M.S. Fogg dans Moon Palace pour suivre l'étrange exploration de Luc Kervalec qui le mène sur la voie d'une quête intérieure. Il y a dans ce livre de Valérie Boronad tous les ingrédients austeriens, c'était d'ailleurs un projet audacieux, mais pas totalement abouti. La fin, par exemple, peut être excellente, mais carrément illusoire.

« Parce que drogué je l'étais, je dois bien l'avouer. J'étais complètement shooté, par elle pour commencer, par la longueur de ses jambes et son coeur à vif posé comme un fer rouge sur son visage, par le génie de son grand-père, par l'océan qui m'emportait, par l'écriture qui me faisait plonger tout au fond de moi-même en compagnie d'un poisson, descendant en apnée dans l'inconnu de son sillage. »

Belfond - 184 pages - 17 €

Merci Mathilde W. pour l'envoi !

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27/02/08

L'enfant d'argent - Cliff McNish

 

Un univers étrange et fantastique, qu'on pénètre avec quelques frissons... Bien vite, la chair de poule se confirme, surtout ressentie à travers l'ambiance (glauque), les descriptions (réalistes) et le flot d'émotions et d'actions. Impressionnant.

enfant_d_argent_1Cela commence presque normalement, un dimanche, autour d'un repas de famille. Milo, un garçon comme un autre, se met à dévorer de plus en plus les patates, les légumes rôtis et le maïs. Il n'arrête plus et son comportement alarme sa mère et sa soeur. Incontrôlable, l'enfant découvre son corps en pleine mutation et décide de fuir le foyer au plus vite. Direction : Coldharbour. Une ville étrange, proche de l'océan, prise d'assaut par des gangs d'enfants. Thomas aussi vient d'arriver après un long voyage depuis la maison qu'il a quittée, sans savoir pourquoi, si ce n'est qu'il a été poussé par une force invisible, irrésistible. Il fait la rencontre des jumelles Emily et Freda qui flairent dans les décharges pour trouver les enfants hors du commun, et Thomas est du nombre. Viendra se joindre au groupe la petite Helen, puis Walter un géant, et Milo. Ce dernier est le plus impressionnant, le plus énigmatique. Il subit une transformation pénible et douloureuse, face à laquelle ses camarades ne sont que de pauvres spectateurs. En présence de Milo, Thomas perd son énergie car Milo se nourrit de sa Beauté pour supporter sa métamorphose. Toutefois, la vie de Thomas court un grand danger. Alors le garçon décide de bondir et de réagir contre Milo. Apparaît ainsi Le Moment Crucial. (Quel est-il ? Suspense ! ) ...

Dans ce Livre 1, on découvre le deuxième tome de la trilogie de McNish intitulée La Ville d'Argent. La situation semble plus nette depuis l'Arrivée à Coldharbour de l'Enfant d'Argent. Nos jeunes héros mutants ont compris qu'ils allaient être rejoints par tous les enfants du monde, dont Jenny, la soeur de Milo. Tous ont conscience qu'ils sont appelés à guetter la Rugissante, une créature brutale, une bête immense et affamée, une créature venue des étoiles, selon Helen qui est capable de lire dans les pensées. Thomas va partir de son côté pour accueillir cette nouvelle génération d'enfants spéciaux et il va atterrir chez les Déterreurs, dont le chef naturel est Tanni, et sa coéquipière, Parminder. Ce drôle de couple n'a pas fini de surprendre notre jeune héros...  

La première partie montre la rencontre des six enfants originels qui vont former le commencement d'une défense contre la Rugissante - cette chose qu'on entend d'abord en fond sonore, sorte de grondement féroce et guère rassurant. C'est aussi l'approche de cette équipe avec des dons spéciaux, qu'on cerne peu à peu. Dans la deuxième partie, la résistance se met en place et l'ennemi prend enfin forme, après n'avoir existé qu'à travers le terme de Rugissante. Elle apparaît vorace et répugnante, accompagnée de deux nouveaux-nés, prêts à engloutir tout sur leur passage, et détourner la vigilance des Protecteurs. Leur cible : les enfants ! Dans ce livre, on assiste avec effroi à la première attaque de la créature.

« Qu'y avait-il de commun entre nous tous ? Je pensai à Walter, à ses hanches colossales. Et les jumelles : leur rapidité d'araignées, leur flair exacerbé. Tous les trois étaient des enfants très spéciaux. Moi aussi j'avais un don, ma beauté. Comme Freda le disait souvent, nous formions une sorte de famille. Je crois même que la fille, Helen, était des nôtres. Dès la première seconde, j'avais eu cette impression. Puis Milo était arrivé. Tout allait bien entre nous, jusqu'à ce qu'il rampe hors des ténèbres ! Qu'était-il ? Simplement un être désespéré et en danger ? Quelqu'un à prendre en pitié, à aider ? Je le croyais, d'abord. Mais si je repensais à ce qui s'était passé, comment nier l'évidence ? Ne s'était-il pas incrusté en moi dès le début ? N'avais-je pas vomi dès mon premier regard sur lui, comme si je savais déjà ? A la seconde même, il avait attaqué, aspirant ma beauté ! Au début, ça ne me gênait pas, mais il n'arrêtait pas d'en prendre ! Et maintenant, alors que je n'en avais pratiquement plus, il en prenait encore ! Depuis qu'il était entré dans ma vie, j'étais malade, si malade maintenant que je pouvais à peine me déplacer ! A chaque minute, je me sentais plus mal. »

 

enfant_d_argent_2Les enfants ont enfin découvert qu'il existait un ennemi de la Rugissante qui l'avait combattue dans le passé et qui vit aujourd'hui au fond des flots. Une équipe d'enfants-océan va donc s'employer à le libérer des algues et de la vase, mais la créature est affaiblie. Le Protecteur peut aussi communiquer par l'esprit et entretient Helen de sa faible consistance. Ses duels avec la Rugissante et sa situation actuelle l'ont profondément amenuisé. Il va cependant aider du mieux qu'il peut les enfants de Coldharbour, car la Grande Attaque approche.

D'autres vérités apparaissent dans ce deuxième livre et concernent Jenny. Son don a été révélé à la fin du livre 1 et aujourd'hui il peut servir d'arme contre l'opposant. En clair, chaque enfant originel doit maintenant exploiter son don spécial pour battre la Rugissante qui, en plus d'être une créature démoniaque, pousse le vice à court-circuiter la télépathie d'Helen pour brouiller les cartes. Le face-à-face promet d'être bouillant !   

Un deuxième livre fidèle à l'annonce du départ. Ici l'épisode est plus stratégique, les personnages sont bien en place, leurs caractères affirmés. Ils sont tous attachants à leur manière, et puis finalement on fait abstraction de l'atmosphère lugubre et dégoûtante (bah oui, ça se passe dans la vase, les déchets, etc.). L'idée est bien construite, la narration captivante... bref j'ai été entraînée malgré moi dans cette épopée incroyable.

Il faut noter que les éditions Gallimard ont publié la série en deux livres, alors que l'éditeur anglais proposait trois livres. Petit bémol pour les couvertures françaises, que je ne trouve pas attrayantes. Elles sont dans l'esprit du livre, mais elles inspirent davantage d'y aller à reculons que la curiosité piquée du premier coup d'oeil... 

 

 

A partir de 14 ans.

Folio Junior - 648 + 247 pages.

Traduit de l'anglais par Bruno Krebs.

Le site de l'auteur : http://www.cliffmcnish.com/

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banniere_lectures_de_miss_C

Téo est un fier chevalier, qui joue à sauver les princesses et tuer les méchants. Lorsque sa petite cousine Luce vient s'installer à la maison pendant quelques jours, avec ses yeux tout ronds de bébé, il fait le serment de toujours la défendre. En secret elle est devenue sa vraie princesse, même si ses copains se moquent de lui quand il préfère passer son temps avec elle plutôt qu'au foot... Bientôt Luce va repartir au pays des mangas et Téo aimerait tant la rejoindre !

petit_samourai

Une histoire très tendre, très touchante qui a su enthousiasmer la Miss. Elle a adoré cette histoire, été tristounette au moment de la séparation mais a trouvé la fin géniale ! Même si au départ les illustrations en noir & blanc n'étaient pas destinées à la conquérir, elle a su craquer pour le bébé Luce qui est adorable. La relation entre le garçon unique et la petite demoiselle a su lui parler intimement, en plus des clins d'oeil aux mangas (un univers de lecture qu'elle commence à cerner). Ce livre est un mélange de conte féérique à une (presque) initiation à la culture nippone, en quelques clichés, qui n'occulte pas le sujet sur la relation non-conflictuelle entre un bébé et un jeune enfant. Adorable !

Petit Samouraï, texte de Sylvie Deshors, illustrations de Magali Bardos.

Le Rouergue, coll. Zig Zag. 96 pages - 6 €

Pour les 6 - 9 ans.

A suggérer pour les enfants dès 3 ans : la série du Monde Animaginaire des éditions Balivernes, qui proposent un univers enchanteur et poétique, avec des illustrations sucrées (ou c'est tout le sentiment qu'elles donnent !) ...

koalas_chocolat

Trois petits koalas ont un gâteau préféré, qui est meilleur qu'un bonbon, plus délicieux qu'une gaufre ou qu'une crêpe, plus exquis que les desserts les plus compliqués... Miam ! C'est tout ce que cela nous inspire !  En bonus, dans ce livre, la fameuse recette du gâteau au chocolat de Baba !  (Un délice !) 

hippopo_tam_tam

L'hippopotame Tam-Tam ne veut plus jouer du tam-tam tout seul et part convaincre ses amis de venir faire de la musique avec lui.  Une manière ludique d'apprendre les noms des instruments ... et des animaux ! Une petite devinette boucle l'histoire.

Koalas Chocolat & Hippopo Tam-Tam - texte de Pierre Crooks, illustrations de Julie Mercier.

Balivernes, coll. Monde Animaginaire. 12 €

Pour les plus jeunes, dès 2 - 3 ans.

course_folle_a_l_ecoleLa rentrée des classes est un grand événement, toujours un peu stressant. Certains enfants adorent l'école, d'autres moins. Antoine déteste sans hésitation, tellement qu'il planifie la grande évasion. Un petit tour aux toilettes et hop !  le voilà qui disparaît.

En voilà une classe invraisemblable ! Un élève disparaît et la maîtresse organise une chasse à l'homme pour les apprentis détectives. Tous les petits camarades débordent d'imagination folle et abracadabrante, et la maîtresse récompense leurs efforts par une sucette ! Incroyable, non ? !

Ceci a été étudié spécialement pour dédramatiser les craintes et les refus des enfants qui n'aiment pas l'école, ou refusent d'y aller, à travers ce texte rigolo et fort joliment illustré (beaucoup de couleurs). Autre aspect facétieux : le livre propose de retrouver le coquin caché à travers les pages de l'enquête (à la façon d'un Où est Charlie ?...).

Course folle à l'école, texte de Catherine Karnas, illustrations de Fil et Julie.

Les 400 Coups, coll. Ma langue au chat. 8 €

A partir de 5 ans.

26/02/08

La Fin des Mystères - Scarlett Thomas

fin_des_mysteresAriel Manto découvre dans une bouquinerie un livre rare intitulé La fin des mystères du sombre auteur victorien, Thomas E. Lumas. Excitée, la jeune fille s'accapare cet ouvrage réputé maudit, tous ceux l'ayant lu ont soit disparu soit succombé à une mort terrible. Ceci expliquerait sans doute le départ énigmatique de Saul Burlem, son directeur de thèse, autre passionné par les travaux de Lumas, connaissant l'existence du livre rare mais n'en ayant jamais touché mot, sauf lors de leur toute première rencontre. A la lecture de La Fin des Mystères, Ariel parvient à comprendre ce que l'homme aurait pu chercher à dissimuler. L'histoire fait état d'une formule donnant accès à la Troposphère, un lieu étrange qu'on pénètre en rêve, qui vous entraîne au-delà de l'espace et du temps, dans une sorte de quatrième dimension. Mais Ariel a bravé l'interdit et se trouve poursuivie par deux types blonds, avec une allure d'agents de la CIA, qui veulent mettre la main sur le livre de Lumas en cherchant à s'immiscer dans sa tête !...

Un très beau livre, que voilà, par sa couverture, et par le résumé excitant de l'éditeur. Le livre traîne aussi la réputation de faire un malheur en Angleterre, abreuvé de louanges par des auteurs comme Jonathan Coe et Philip Pullman... Il faudrait être bien difficile pour ne pas risquer un oeil dans cette folle aventure ! Et pourtant, l'espoir fut peut-être trop fort car le résultat ne fut pas à la hauteur de mes attentes. J'ai été profondément déroutée par ce livre, mais alors baladée comme une misérable dans ses rouages ! C'est un roman érudit, captivant, fort mystérieux et admirablement écrit, je le clame haut et fort. Malheureusement toutes ces qualités deviendraient-elles aussi des défauts, au fur et à mesure qu'on progresse dans la lecture ? ... Plusieurs fois je n'ai pas tout compris ce que je lisais, d'autres fois je trouvais certains passages assez longs ou carrément glauques (je pense, notamment, aux scènes de sexe qui ne s'intégrent pas toujours dans le propos) et puis il y a des moments où j'étais totalement transcendée par ce que je lisais, enchantée, emballée, éblouie par la richesse de ce livre.

Impossible, donc, d'être totalement négative ou positive à son sujet. La Fin des Mystères est un roman très divertissant, qui ne repose pas les neurones mais cherche plutôt à les activer, c'est brillant sur plusieurs aspects. Pourtant cela n'enlève pas le sentiment d'incompréhension perçu au cours des 490 pages. C'est un livre étrange, qui vous parle de thèmes aussi divers que la foi, le langage, la pensée, la science-fiction, l'imagination, la mécanique quantique, la littérature et la philosophie. Oui, c'est un opus dense, passionnant, fertile et étourdissant, il mérite qu'on lui laisse une chance, tout en sachant qu'il peut autant charmer que décontenancer. Je crois bien que c'est un livre à ranger parmi les inclassables !

Anne Carrière - 488 pages - 23 €

Traduit de l'anglais par Marie de Prémonville

Le blog de la traductrice

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25/02/08

Glaise - David Almond

glaiseUn jour, à Felling, petite ville anglaise bercée dans le culte chrétien, arrive un vieux taxi pétaradant avec, à son bord, Stephen Rose. Nous sommes dans les années 60. Davie et son meilleur ami Geordie, témoins de la scène, observent le garçon se rendre chez sa vieille tante dévote, surnommée Mary-la-Folle. Quelques temps après, Stephen vient à leur rencontre et s'empare de leur morceau de glaise pour faire montre de son talent de sculpteur. Très vite, Stephen Rose leur apprend son projet délirant de vouloir créer un monstre. Davie est fasciné et ne lâchera pas d'une semelle son nouveau camarade.

Toutefois, les rumeurs sur la famille de Stephen commencent à naître. Sont-ce des malades mentaux, des partisans du satanisme, des exorcistes ? Le garçon devient bizarre. A Felling, la mort soudaine de la brute locale frappe toute la communauté, et particulièrement Davie, qui était souvent martyrisé par ce type. Cette horrible coincidence le plonge dans l'embarras. A partir de là, il va peu à peu chercher à se détacher de Stephen Rose. 

Voici un roman qui rappelle par bien des côtés le mythe de Prométhée, avec quelques clins d'oeil à Frankenstein ci et là, tant l'histoire est sobre, tendue et établie dans une atmosphère étrange. L'art du mystère est tressé avec un talent indéniable, la mise en scène est impeccable, très pointilleuse, angoissante et troublante. Impossible de lâcher le livre avant la fin. Difficile, aussi, de sortir complètement indemne, car le roman force à se poser des tonnes de questions sur la création, sur l'emprise, sur le bien et le mal. Un roman qui accroche, tout simplement, et qui dérange.

Gallimard, coll. Scripto - 286 pages / 10,50  €

Traduit de l'anglais par Julie Lopez. 

La chronique de Madeline Roth (Citrouille)

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