02/07/10

L'Affaire Amanda

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L'affaire Amanda, c'est l'histoire d'une disparition. Une lycéenne n'a plus donné signe de vie, depuis le matin où la voiture du proviseur a été retrouvée couverte par les dessins de la jeune fille. En fait, c'est le début d'une longue suite d'indices mis en scène sciemment par celle-ci, dans quel but, c'est trop tôt pour le dire. Du moins, Callie, la narratrice, est troublée par cette autre facette qu'elle découvre chez son amie, même s'il lui faut admettre qu'elle n'a elle-même pas toujours été très honnête non plus. Callie fait partie des iGirls, un groupe de filles superficielles, prétentieuses et hautaines, pourtant la crème du bahut. Ce qui lui semblait un honneur au début lui paraît plus lourd et contraignant au fur et à mesure que l'affaire Amanda accapare son temps libre. Car Callie réalise que ses copines sont fausses, qu'elle ne peut compter sur elles pour confier ce qui lui pèse (sa mère est partie sans donner de nouvelles, son père a sombré dans l'alcool) et d'ailleurs elle aussi ment ou leur cache qu'elle était amie avec Amanda.

Cette dernière a donc orchestré une autre alliance, entre Callie, Nia et Hal. Deux parias de l'école, du moins aux yeux des iGirls. Tous trois connaissaient Amanda, mais aucun des trois n'a en fait la même version sur l'histoire de la jeune fille. Vexés d'avoir été dupés, ils vont jeter l'éponge et en vouloir à la disparue. De plus, ils subissent un harcèlement du proviseur qui est convaincu que les trois élèves savent où se cache leur camarade. Finalement, trop d'indices troublants font douter Callie, Nia et Hal. Ils décident de reprendre l'affaire, Amanda est probablement en danger. Elle n'est aussi peut-être pas loin, car elle semble toujours au courant de leurs faits et gestes, n'hésitant pas à les relancer pour continuer leurs recherches. Alors, pourquoi ? Pourquoi un tel cinéma ?

Ces derniers temps, je regarde souvent Veronica Mars et cette série m'a fait penser à L'Affaire Amanda, ou inversement. On retrouve dans cette lecture la même construction qu'une série tv : une héroïne prise entre deux eaux, avec ses secrets, des personnages secondaires attachants, qui se révèlent au fil des pages, la bande de pestes incontournable, comme un poussoir pour l'héroïne, le petit copain transparent, un proviseur qui semble en savoir plus qu'il ne prétend, un père déchu, une mère étrangement absente, tous jetés au coeur d'un mystère, une disparition mijotée aux petits oignons, et des indices qui tombent comme l'eau de pluie, un zest d'espionnage, un soupçon de chantage, pas mal de suspense, des messages codés ou des appels à l'aide...

Ce livre a été souvent comparé à Cathy's Book pour son ambition interactive (le lecteur est en effet convié à surfer sur le net afin de participer à l'enquête). J'avais beaucoup aimé ce bouquin, par contre ce ne sera pas la même chose avec celui-ci. Qu'on ne se trompe pas, j'ai aimé et j'ai été totalement captivée. C'est un bon roman à suspense, inquiétant et habile à tisser encore plus de liens étroits dans l'intrigue. Néanmoins, j'ai aussi trouvé qu'on piétinait beaucoup pour un début et que cette lecture ressemblait trop à une série tv (huit tomes sont d'ailleurs prévus).

Sous le pseudonyme de Stella Lennon, se cache un comité d'auteurs dont Melissa Kantor pour le tome 1.

L'Affaire Amanda (Livre 1) ~ Stella Lennon
Bayard (2010) - 320 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Sidonie Van den Dries
le site : http://www.laffaireamanda.fr/

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01/07/10

A l'école

Super ! a dit ma fille. Je vais pouvoir préparer mon cartable pour la rentrée ! (sic)

Et pourtant, nous sommes à la veille des vacances. Je sais, c'est strictement incompréhensible. Proprement inacceptable. Dans la bouche de ma fille, non mais, je rêve ! ! ! (Je suis prête à la renier, tsss.)

Mais peut-on lui en vouloir lorsqu'elle découvre dans son courrier ...

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une pochette d'Annelore Parot et son univers fétiche des kokeshis (nous sommes FANS !)

qui, pour cette fois, porte sur l'école avec son nécessaire indispensable pour une rentrée réussie (dans deux mois).

Ce kit comprend : un livre de conseils, un style six couleurs, un crayon à papier (ou crayon de bois), deux cahiers, une règle, une gomme, une planche d'autocollants, le tout dans une jolie pochette qu'on aimerait bien piquer à son enfant ! ...

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Totally kawai ! ! !

ça coûte 14,90€ - disponible chez Milan Jeunesse.

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30/06/10

Swap littérature jeunesse 2010

merci Mélanie !

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les titres des livres sont : forbidden, de tabitha suzuma ; raised by wolves, de jennifer lynn barnes ; possessing rayne, de kate cann ; the other countess, d'eve edwards ; generation dead, de daniel waters.

(concernant les badges, ils sont à l'effigie de vampire academy !!! hiiii)

+ des friandises, du chocolat, des surprises pour la fille, un marque-page marqué du sceau vampirique, etc.

rholala ! 

swap jeunesse 2010, repris haut la main par ori et charlotte.

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Rock & Love

Alors qu'elle brique à fond la maison, Evangeline découvre, dans la chambre de sa mère, sa planque de romans à l'eau de rose. En voilà une surprise ! Ni une ni deux, la demoiselle plonge son nez dans ces histoires pleines de types torse nu et de femmes en pâmoison. Non, ce n'est pas sa tasse de thé. Et pourtant, Evangeline ne décolle pas d'un bouquin intitulé Un baiser rouge passion et s'identifie même à l'héroïne. Elle est comme sonnée. Suite à cela, un constat s'impose, sa vie est trop triste et sans saveur (son père a quitté le foyer et sa mère est totalement déprimée). Du coup, l'adolescente change de look, range au placard sa tenue de petite fille sage et compte bien vivre ses fantasmes, à commencer par décrocher son baiser rouge passion. Plus facile à espérer qu'à concrétiser ! Evangeline embrasse les candidats tous plus canons les uns que les autres, mais point de septième ciel au bout. Terriiiiible déception.

Rock___love_de_Wendelin_Van_Draanen

J'ai trouvé le début enthousiasmant, frais, rigolo et pétillant, avant de peu à peu sombrer dans l'ennui. Autant la collection Wiz peut m'arracher des cris de joie et me faire taper dans les mains, autant j'ai du mal à prendre mon pied avec Bliss. Rock & Love, le roman de Wendelin Van Draanen, confirme. Ce n'est pas uniquement une imitation de chick-lit, le but de la ligne éditoriale est de divertir tout en ne prenant pas les lecteurs pour des imbéciles. Le fond du problème n'est donc pas ici de savoir si Evangeline atteindra ou pas son but, mais plutôt pourquoi elle agit de la sorte. Car en fait on découvre qu'elle est fâchée avec son père, elle refuse de lui parler depuis le divorce et lui fait porter le chapeau du naufrage de leur vie de famille.

Tout ceci me lasse. Finalement je n'ai pas été sensible à l'humour d'Evangeline, j'étais incapable d'excuser son attitude très girly (le gloss, la poudre, la coupe de cheveux, la tenue glamour) et encore moins d'encourager son marathon du baiser qui donne des frissons. Plus jeune, oui, j'aurais sans doute rigolé. Mais là, ce n'est plus possible. J'étais parfois tentée de trouver ça lamentable, peu crédible et superficiel. Le conflit familial sert d'excuse, mais est-ce assez pour légitimer le délire du baiser rouge passion (embrasser tout et n'importe quoi, au risque de se tailler une réputation déplorable) ? Le lecteur en jugera par lui-même.

Couverture illustrée par Pénélope Bagieu.

Rock & Love ~ Wendelin Van Draanen
Bliss chez Albin Michel (2010) - 338 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Moran
 

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28/06/10

Selon Faustin

Croyant lire un roman d'été, avec cette jolie couverture écarlate illustrant un longboard, la plage, le surf, bref je m'y voyais déjà et finalement je me retrouve en hiver ! Complètement à l'ouest, donc, j'avance dans cette histoire où Faustin, le narrateur, parle de sa vie auprès de ses potes et ses parents, tous fous de surf, alors que lui, non franchement, ce n'est pas son trip. En fait, sa passion s'appelle Lise, sa meilleure amie de toujours, celle pour qui son coeur bat très fort, celle avec qui il sait qu'un jour il quittera tout. Comme son frère, exilé à Paris, il changera de vie, il aura le goût de n'en faire qu'à sa tête, de ne plus chercher à convenir aux rêves de son père, interdit de surf depuis son accident. A lire comme ça, son existence n'est pas rigolote ni idyllique. C'est loin d'être l'extase, pas conforme à l'image d'Epinal. Sea, sex and sun.

selon_faustin

Cet hiver-là, Charlie fait son entrée dans la bande et aussitôt Lise ne voit plus que lui. Faustin assiste à son naufrage romantique avec toute la violence de ses quinze ans. Il boit beaucoup de bière, il fume, il refuse d'aller en cours, il dort et il se remet sur sa planche pour participer à une compétition, avant de tout plaquer. Le temps que durera l'amourette entre Charlie et Lise, Faustin va s'enfoncer dans la haine, la rancune et faire n'importe quoi. C'est aussi sa vie qu'il remet en cause, ses désirs qu'il affronte. Cela va partir un peu dans tous les sens, mais ça finira par toucher son but. La frustration, autour de l'amitié et de l'amour, déploie toutes ses ailes et rend ce texte poignant, charmant car poétique, teinté de mélancolie et de désarroi, mais c'est tellement propre à ce que vit, ressent Faustin qu'on ne peut que s'identifier, faire corps avec son coup de blues. Au passage, on saisit des éclats de phrases, des bouts de vie, des éclairs de lucidité, des mots justes, des mots forts. On ne sait plus pourquoi on aime ce livre, mais on sait qu'il cache toute la douceur, toute la rancune et toute la véhémence de l'adolescence. Donc, non ce n'est pas une lecture légère et tout sourire. Pas vraiment. Cela n'empêche pas qu'on aime ça aussi...

Selon Faustin ~ Emmanuelle Richard
Médium de l'école des loisirs (2010) - 180 pages - 10,00€
illustration de couverture : Hélène Millot

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J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait

Jai_quinze_ans_et_je_ne_lai_jamais_fait_de_Maud_LethielleuxCapucine et Martin ont quinze ans et sont camarades de classe, souvent assis l'un derrière l'autre, mais ils ne se parlent jamais, tout juste font-ils attention l'un envers l'autre. Capucine, la belle intello, nourrit en fait des fantasmes débridés sur son prof d'histoire, lequel a une liaison avec la mère de Martin. Ce dernier s'ennuie beaucoup en cours, il ne travaille pas beaucoup et il ne pense qu'à sa musique. Récemment, il a eu une révélation grâce au chant : porté pour une soudaine inspiration, il lâche des textes improvisés qui font vriller le coeur de ses auditeurs. Son groupe va d'ailleurs se produire pour la première fois sur scène, mais le stress lui noue l'estomac, il ne pense qu'à ça et il se sent au trente-sixième dessous.

Quel titre ! J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait, aussitôt on s'imagine... on pense... on conclut que... On a tout faux ! Ce titre se veut coquin et espiègle mais il est aussi joliment trompeur. Car il n'est pas seulement question de sexualité, mais d'amour au sens large (amour de la musique ou amour de soi, pour commencer). Chapitre après chapitre, on se glisse dans la tête de deux adolescents, on vit leurs espérances, on ressent leurs forces, leurs faiblesses, on partage leurs soucis. C'est immédiat, vif, revigorant. C'est comme revivre ses quinze ans, se rappeler cette période trouble où on ne sait pas, on aimerait bien, on cherche, on doute, on se plante et on recommence. C'est bon tout ça ! Et puis, ce n'est jamais trop tôt ni trop tard, c'est du plaisir sur toute la ligne, la gouaille de Maud Lethielleux combinée à une compréhension nette, précise et complice de cet âge ingrat, franchement je trouve que c'est un livre tout public, qu'il parle à tout le monde, qui fait rire et pleurer, et qui fait du bien, avec sa façon d'épiloguer sur un air de ne-pas-y-toucher. Je m'attendais à un bouquin plutôt girly, je me suis gourrée et c'est tant mieux !

J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait ~ Maud Lethielleux
Editions Thierry Magnier (2010) - 200 pages - 9€
illustration de couverture de Anne Bordenave

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25/06/10

Pêle-Mêle Clarabel

La reine des chats ~ Elise Fontenaille

la_reine_des_chatsNina porte un amour fou pour son chat Mina. Depuis la naissance de son petit frère, suivi par le déménagement dans un appartement sans jardin, la fillette a perdu ses repères et se console auprès de son animal et des deux chatons qu'elle vient de mettre bas. Et puis le petit frère tombe malade, les médecins informent les parents qu'il est allergique aux poils de chats et qu'il faut se séparer de Mina et ses petits. Nina ne l'accepte pas et préfère fuguer. Elle se réfugie dans un parc où elle rencontre une princesse gothique, qui l'emmène chez elle, dans sa maison biscornue où vivent déjà sept chats !
C'est une histoire inspirée d'une expérience personnelle, raconte l'auteur à la fin du roman. Mais au lieu d'être triste et injuste, son histoire se veut plus optimiste car tout se termine bien. Moi qui aime la collection ZigZag parce qu'il y a beaucoup de fraîcheur dans ses livres, je n'ai pas été déçue par ce titre, pas transportée non plus, car j'ai trouvé que c'était un titre - et c'est normal - plutôt enfantin. Par contre, je suis tombée en admiration devant les illustrations de Céline Le Gouail, tellement expressives, tendres et attachantes, elles réinventeraient presque le livre à elles toutes seules (enfin, ne minimisons pas le travail d'Elise Fontenaille non plus !).
Pour les jeunes lecteurs, notamment ceux qui adorent les chats ou qui ont un animal de compagnie à la maison, ils seront comblés par cette histoire riche en émotions !

Coll. ZigZag du Rouergue (février 2010) - 6,50€

L'été à Pékin ~ Elise Fontenaille

lete_a_pekinLa meilleure amie de Valentine, Nikita, vient de partir en Chine avec son père pour une durée de deux ans. Valentine est malheureuse comme les pierres, elle se sent seule et abandonnée. Même les liens de l'internet peinent à raccomoder le fil détendu, la demoiselle n'a plus le moral.
Pris de compassion, ses parents lui proposent de lui payer un voyage à Pékin si Valentine parvient à faire augmenter sa moyenne en maths. Le pari est risqué mais tous les moyens sont bons pour décrocher la timballe. Valentine va se réconcilier avec une ancienne copine, ensemble elles vont réviser comme des malades, d'un autre côté Valentine commence à apprendre le chinois et prendre des cours de calligraphie, bref c'est l'effervescence !
L'enthousiasme de Valentine fait plaisir à lire, le roman ne s'attache à aucune réelle difficulté, même les soucis d'argent sont réglés en un claquement de doigts, tout paraît surréaliste, et pourtant les jeunes lecteurs n'en voudront pas à cet excès de bonne humeur pour s'embarquer dans cette aventure. Le ton est léger, le propos intelligent, avec une fenêtre ouverte sur la culture chinoise. C'est simple, efficace, à conseiller pour les 9-10 ans.

Coll. Dacodac du Rouergue (avril 2010) - 5€

Le sourire de maman ~ Isabelle Rossignol

le_sourire_de_mamanLa vie de Chloé n'est pas rose. Sa maman et elle ont un secret. De l'extérieur, c'est une grande actrice, en pleine préparation pour son prochain spectacle. De l'intérieur, il n'y a que du pain de mie à manger le soir, plus d'argent pour régler la cantine, un trou dans la botte de Chloé, des hommes qui viennent prendre leurs affaires pour payer les factures. Face au monde, Chloé et sa maman gardent la tête haute et affichent un sourire forcé. Mais de plus en plus, la petite fille se crispe, elle s'isole et elle a honte si jamais l'école apprend toute la vérité.
Un soir, le directeur les convoque et propose un marché. La maman de Chloé accepte sans conviction, les petites camarades de Chloé se gaussent. Et pourtant, c'est la réalité du chômage, même si le texte n'emploie jamais le mot, et il n'y a pas de déshonneur à ne pas avoir de travail et encore moins à accepter le premier poste venu pour payer son toit et pour manger.
L'histoire est vécue d'après le ressenti de Chloé, une petite fille déboussolée, tantôt en colère, tantôt malheureuse. Isabelle Rossignol a évité de tomber dans le pathos ou le misérabilisme, elle raconte une histoire qui, hélas, concerne beaucoup d'enfants de nos jours, montrant ainsi qu'ils préfèrent se taire sous le poids de la honte. Les copines de l'école ne sont pas toujours compréhensives, trop jeunes, trop bêtes, trop attachées aux apparences. A sa façon, Chloé aussi se défend, arrondit les angles et triche mais c'est pour mieux se protéger.
Ici, l'histoire connaît un happy end qui suit la logique de l'intrigue : courage, espoir et confiance font donc bon ménage. C'est un petit texte qui sait ouvrir les yeux et dire les choses vraies en toute simplicité.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 8,00€
illustrations d'Audrey Poussier

La boîte à pleurs ~ Dorothée de Monfreid

la_boite_a_pleursHmm, étrange petit roman. Charmant, mais déconcertant. Qu'on ne me demande pas son explication, je n'en sais strictement rien ! A croire que c'est simplement un livre à prendre pour soi, pour son plaisir de lire. Chacun, ensuite, interprète ce qu'il a envie.
C'est l'histoire de Pépita qui est née en éclatant de rire. Depuis, elle ne cesse de consoler ses amis, d'écouter leurs malheurs, d'offrir son sourire et les aide à guérir leurs chagrins. En fait, en cachette de ses proches, Pépita a une boîte sous son lit qui lui sert pour recueillir toutes ses larmes. Car Pépita pleure loin du regard des autres, jusqu'au jour où elle craque. Elle se met à pleurer dans la forêt, elle ne se contrôle plus, sa boîte à pleurs déborde et c'est le déluge dans sa chambre. Un raz-de-marée de larmes. Pépita se réfugie dans sa boîte, y fait la connaissance de Boubou et ensemble ils vont vivre sur une île déserte. Le retour sur Terre signera la fin de sa tristesse et le bonheur de retrouver les siens.
Le propos de l'histoire me laisse perplexe, mais c'est merveilleusement illustré, avec des couleurs chatoyantes. Cela illumine le texte, renforce la poésie et le côté imaginaire. Il est bon de pleurer, lâchez-vous et cessez de vous cacher ! Les amis sont là aussi pour les coups de blues et pour vous soutenir en séchant vos grosses larmes.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 6,50€

Tu veux être ma copine ? ~ Susie Morgenstern

tu_veux_etre_ma_copineLes parents d'Hedwige ont quitté Paris pour vivre à la campagne où ils ont décroché un nouveau poste. La fillette entend souvent parler du directeur des ressources humaines et comprend que sa mission est de dégoter le meilleur candidat pour le poste à pourvoir.
Cela lui donne une idée. A l'école, où elle se sent seule et malheureuse, Hedwige rédige un questionnaire qu'elle fait passer à ses camarades. Son but : découvrir qui pourrait devenir sa meilleure copine. Hélas, les réponses obtenues ne la satisfont pas du tout. Hedwige est dure en affaires ! Dépitée, elle cherche à approfondir le casse-tête des ressources humaines quand ses parents lui expliquent qu'il faut parfois un peu de souplesse pour obtenir ce qu'on cherche.
De fil en aiguille, Hedwige va donc comprendre qu'en amitié, il ne faut rien brusquer, juste attendre le coup d'amitié, comme le coup de foudre en amour. Selon elle, c'est un peu la même chose, ça te tombe dessus, boum ! " On ne pose pas de questions à l'amitié, c'est l'amitié qui donne des réponses ! "
Ce qui frappe au premier coup d'oeil dans ce livre, ce sont les illustrations ravissantes de Claude K. Dubois. L'histoire, ensuite, est mignonne et intelligente. L'auteur n'est pas tombée dans le piège du discours bêtifiant, même si son sujet paraît simple et pas follement original. Le jeune lecteur, lui, apprécie et y trouve son plaisir. Que demander de plus ?

Mouche de l'école des loisirs (mars 2010) - 7,50€
illustrations de Claude K. Dubois

Talam ~ Walter Spock
T1. L'énigme du tigre (Jean-Michel Payet)
T2. L'envol de l'aigle (Cécile Roumiguière)

Sous le pseudonyme de Walter Spock, se cachent Jean-Michel Payet, Cécile Roumiguière, Maryvonne Rippert et Sigrid Baffert. Oui, la même équipe complice de la série des Blue Cerises. Ils ont remis ça, en écrivant à quatre mains une série qui s'adresse pour les plus jeunes lecteurs (dès 8 ans) et qui s'intitule Talam.

talam1Dans le premier tome, on fait la connaissance de Tennessee qui, sur le chemin de l'école, découvre un drôle de tag sur un mur. Il s'agit bien sûr de TALAM. D'autres coincidences vont la poursuivre et c'est en discutant avec sa grand-mère qu'elle apprend l'existence d'un poème, reçu alors qu'elle n'avait que sept ans, et qui aujourd'hui prend toute sa signification, ou du moins, qui commence à avoir son utilité. Ce poème parle d'un tigre, d'un lièvre, d'un aigle, des douze ans et de cinq pouvoirs. Ce n'est pas très clair, d'autant plus qu'un chat noir ne cesse de la suivre,  qu'un cirque avec un lama vient de s'installer en ville, qu'à l'école elle se métamorphe en tigresse car elle ne supporte plus les moqueries des autres filles.
Etrange, très étrange ?

talam2Dans le deuxième tome, L'envol de l'aigle, les explications se font encore désirer. Anton est nul au tennis et cartonne aux jeux vidéo et en maths. Ses parents décident de l'inscrire dans une école de cirque où il retrouve Tennessee. Lui aussi a reçu un poème à l'âge de ses sept ans, au sujet de Talam, mais il ignore ce que cela cache. Depuis quelques temps, il est sujet à des visions mais n'ose en parler à personne, de peur d'être ridicule. Au cirque, Mariposa Butterfly n'est pas une jeune femme quelconque et semble attendre beaucoup des enfants, lesquels, pour l'instant, pataugent encore dans la semoule.

C'est une série entraînante, auréolée de mystères, avec des personnages attachants, qui laisse peu à peu entrevoir ses trésors, en ne livrant qu'au compte-gouttes ses chères révélations. L'histoire se met en place lentement. Livre après livre, le mystère ne désépaissit pas. Le lecteur, de son côté, est bigrement intrigué et souhaite poursuivre sur sa belle lancée !

A suivre : T3. Skate toujours (Maryvonne Rippert - T4. L'homme-termite (Sigrid Baffert)
Milan poche cadet aventure (mai 2010) - 5,90€
illustrations de Benoît Perroud

21/06/10

Les étranges soeurs Wilcox, 2. L'ombre de Dracula

Les aventures des soeurs Wilcox reprennent sans temps mort. Après les derniers événements introduits dans le premier livre, Amber et Luna savent que leur vie est complètement chamboulée. Et les surprises ne manquent pas, avec de nouveaux coups de théâtre qui surviennent dès le début de ce deuxième tome. Amber est kidnappée tandis que Luna doit conduire une mission particulière sous la houlette d'une figure mythique - la comtesse Elizabeth Bathory. A New York, Amber recherche sa belle-mère pour récupérer un fragment du Venefactor avant qu'il ne tombe entre de mauvaises mains. Les alliés de Dracula sont sur les dents, la société des Invisibles continuent de mener une guerre sans merci mais les trahisons sont légion. La tâche de Luna est périlleuse, l'épopée d'Amber connaît des revers troublants, bref les deux soeurs, même séparées, ne baissent pas les bras et tentent de trouver des solutions à leurs propres questions : qu'est devenu leur père, pourquoi ont-elles été mordues, et quel rôle joue Rebecca, leur belle-mère ?

Les_soeurs_Wilcox_Tome_2

La série s'installe grâce à ce deuxième tome, l'histoire est toujours aussi captivante, l'action ne manque pas (surtout du côté d'Amber dans les rues de New York). Le fait d'avoir séparé les deux soeurs a permis d'enrichir l'intrigue et d'élargir les horizons. Oui, j'ai beaucoup aimé. De plus, j'ai instinctivement retrouvé mes marques en commençant ce roman, enfin le résumé était également bien accueilli pour rafraîchir les mémoires. Je pense en fait au sentiment de familiarité qui est assez frappant, c'est surprenant de voir les pages s'envoler tant l'avidité de lecture et la sensation de confort nous prennent par les deux mains. Ce roman ne possède pas le même charme que le précédent, mais il n'en demeure pas moins grisant. L'univers de Fabrice Colin autour des vampires de Londres ou de New York n'est pas proprement original, mais le cadre est chic, terriblement attirant et admirablement bien dépeint. Je suis déjà fan du décor, les personnages aussi continuent de me toucher (hélas, l'absence de certains m'a quelque peu pesé) et l'histoire est un savant mélange d'action, de prétention, d'invention, l'ensemble est ingénieux et nous convie vers de nouvelles perspectives étonnantes. En un mot, succombez ! 

Les étranges soeurs Wilcox, 2. L'ombre de Dracula - Fabrice Colin
Gallimard jeunesse (2010) - 316 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

rappel du tome 1 : Les vampires de Londres

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17/06/10

En route pour l'avenir

L'instant est émouvant : il s'agit de mon tout premier roman de Sarah Dessen. Depuis le temps que je croisais son nom sur les supports, que les couvertures de ses romans me tapaient dans l'oeil, que sa réputation me chantait une douce mélodie à l'oreille, bref l'heure était venue pour moi de faire sa rencontre. Grosse, grosse pression.

En_route_vers_lavenir

Cela a d'ailleurs failli me coûter car, non contente de ne pas accrocher à cette couverture, j'ai aussi trouvé le début peu enthousiasmant. On y présente l'héroïne, Auden, une jeune fille de dix-huit ans qui a brillamment réussi dans ses études. Elle envisage d'ailleurs de passer l'été chez son père à bûcher comme une dingue pour sa rentrée à l'université. A Colby, petite station balnéaire, Auden doit cohabiter avec la nouvelle épouse de son père, Heidi, et leur nouveau-né qui pousse des cris stridents jour et nuit. Auden n'est pas un personnage très sympathique, elle est horriblement snob, méprisante, porte des jugements sur tout, pense que s'investir socialement n'est qu'une perte de temps et d'ailleurs elle ne s'abaisse guère à fréquenter les jeunes de son âge.

Et puis, les choses lentement se mettent en place. Auden va bosser tous les soirs sur la comptabilité de Heidi, propriétaire d'une boutique de mode, où travaillent également Maggie, Leah et Esther. L'entente est d'abord glaciale, Auden se doit de faire son mea culpa car elle a osé flirter avec l'ex de l'une d'entre elles, et puis les filles vont lui paraître beaucoup moins frivoles et futiles. Leur solidarité féminine commence à la griser, Auden va peu à peu se joindre à leurs activités et s'ouvrir au monde qui l'entoure. La jeune fille a aussi un secret : insomniaque depuis des années, elle tue le temps au volant de sa voiture ou dans un café qui reste ouvert toute la nuit. C'est comme ça qu'elle va rencontrer Eliot, lui aussi ne peut pas dormir, lui aussi a le regard voilé par des démons, lui aussi a des soucis. Ensemble, ils vont beaucoup discuter, faire des courses, se rendre dans un Lavomatic, manger des parts de tarte et boire du café. En confiant qu'elle a tout échoué sur le plan social, Auden va s'engager dans une quête du temps perdu initiée par Eliot.

Finalement, j'ai vraiment beaucoup aimé lire ce roman. Je m'y suis sentie très à l'aise, confiante et heureuse de partager cette chère complicité qui unit la petite bande de Colby. De plus, ce sont les vacances, le rythme est nonchalant, on apprécie de suivre ce train-train ponctué d'instants ordinaires, touchants et nostalgiques. Sarah Dessen a vraiment su me séduire, tant son univers est doux, réconfortant, traité avec justesse, sans mièvrerie. Les lecteurs peuvent s'identifier aux personnages non sans mal, l'histoire est franchement réaliste et le tout est raconté avec simplicité et beaucoup d'authencité. Je comprends maintenant pourquoi cet auteur remporte toute l'adhésion de son public ! Je relirai très prochainement ses autres livres. 

En route vers l'avenir ~ Sarah Dessen
Pocket (2010) - 440 pages - 18 euros
traduit de l'anglais (USA) par Véronique Minder

14/06/10

L'été où je suis devenue jolie

Je me suis demandé si les amours d'enfance mouraient toujours ainsi, lentement d'abord, dans un sanglot, avant de s'évanouir comme ça, d'un coup.

Jenny_Han

L'été où je suis devenue jolie, roman de Jenny Han, est un livre sur l'été et pour l'été. J'avais ce bonheur, en le lisant, de ressentir la chaleur des rayons du soleil, de savourer l'eau qui glisse sur le corps, des bains de minuit, du sable qui file entre les doigts, de l'huile qu'on applique sur la peau, du ronronnement de la mer, de la fraîcheur du thé ou de la grenadine... C'est un avant-goût appréciable. L'histoire aussi est pleine de charme et ne manque pas de nous renvoyer vers l'été de nos quinze ans.

Belly, devenue une vraie beauté, retrouve ses amis d'enfance, Conrad et Jeremiah, avec lesquels elle a toujours passé ses vacances dans leur maison près de la mer, à Cousins Beach. Depuis ses dix ans, Belly est amoureuse de Conrad mais n'a jamais osé lui avouer ses sentiments. Et cet été, particulièrement, promet d'être différent pour l'adolescente : son corps a changé, l'attitude des garçons aussi, leurs mères ne cessent de faire des messes basses, Belly s'ennuie, elle rencontre Cam, tombe amoureuse mais se fâche avec Conrad qui a choisi de saboter leurs vacances. Il boit, il fume, il est taciturne, il repousse Belly alors qu'il ne digère pas sa relation avec un autre, et au milieu, Jeremiah, charmant, drôle, séducteur...

Au début, j'avais peur de me sentir une intruse au sein de cette famille, riche en souvenirs, soudée par des liens d'amitié et solidaire face à toutes les épreuves de la vie. Heureusement, l'histoire se déploie joliment, nous ouvre les pans du passé en sélectionnant quelques échantillons d'autres étés, et ainsi on les accompagne en toute confiance, on trouve progressivement sa place et on vit à leurs côtés, partageant leurs rires, leurs larmes, leurs colères, leurs doutes. C'est un roman touchant, juste et attachant, où l'on parle d'amitié et d'amour, de la vie vie qui change, de la douleur de grandir, de l'instant présent et fragile, de la confiance qui vacille et des certitudes qui perdent de leur superbe. C'est un roman qui se lit en quelques heures, et qu'on quitte à regret en souhaitant très vite lire la suite pour retrouver Belly au coeur de son propre tourbillon de la vie. 

Le deuxième tome (oui, il s'agit d'une trilogie) s'intitule It's Not Summer Without You. Cette lecture m'a aussi fait beaucoup penser à Toi et moi à jamais de Ann Brashares.

J'avais d'ailleurs noté cette citation à l'époque, et je la trouve également parfaitement adaptée au roman de Jenny Han, "L'amour peut-il durer toute une vie ? Peut-il passer indemne de l'enfance à l'âge adulte en survivant aux tourments et aux écueils de l'adolescence ? Est-il toujours le même à l'arrivée, simplement exprimé de façon différente ? Ou ces deux formes d'amour sont-elles radicalement étrangères et incompatibles ?"

Verdict : un roman adorable, qui nous prend par la main et qu'on lâche le coeur serré.

L'été où je suis devenue jolie ~ Jenny Han
Albin Michel, coll. Wiz (2010) - 300 pages - 13 euros
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre