06/06/13

“Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées.” ☺

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Dans ce troisième tome, nous avons le retour de l'ex maudit, fichtre, mais aussi une équation ô combien complexe sur les relations entre Ruby et son ami Noel, sa copine Nora et le frère de celle-ci, Gideon. Tout ça, tout ça. Forcément, cela signifie le retour des fameuses crises d'angoisse pour notre adolescente névrotique. De quoi offrir au Docteur Z de nouvelles longues séances à picorer ses Nicorette, avec stoïcisme, tout en pointant le doigt sur là où ça fait mal (la fièvre du lapin, vraiment ?!).

Vous l'avez compris, on ne s'ennuie pas une seconde. Les questions existentielles que se posent Ruby semblent tellement superficielles, elles tournent autour des garçons et de sa propension à accorder son cœur pour tel ou tel spécimen, quelle poisse d'avoir l'embarras du choix, et aussi une conscience aigüe de ne pas vouloir répéter les mêmes erreurs (son passé de supposée allumeuse, gare au retour !). Toutefois, Ruby exagère aussi, quand on songe au cas de Noel, tellement trognon, on se dit qu'elle se met des barrières ridicules, ne parlons pas de Jackson, la coupe est pleine ! ...

Il y a dans cette série une fraîcheur irrésistible à suivre les élucubrations d'une lycéenne qui exprime ses souhaits et ses espoirs afin de rendre plus harmonieuses ses relations avec les personnes de son entourage (oui, voilà en gros toute l'histoire !). L'humour ne masque pas la sensibilité de la jeune fille, sa souffrance d'être constamment jugée et incomprise, et même la fin échappe à toute mièvrerie. C'est foncièrement une lecture réjouissante, vive et espiègle, où l'on comprend que la vie est parfois riche d'un enseignement puisé dans le retro metal, avec des répliques cultes du genre : Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées ! ^-^

Ce livre a déjà été édité en 2010 sous le titre Le retour de l'allumeuse.

Le journal de Ruby Oliver #3 : Un grand moment de solitude, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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05/06/13

“I still expect life to be like the movies.”

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Donc, suite à L'amour avec un grand Z, la vie sociale et amoureuse de Ruby est au point mort, mais la demoiselle ne manquant pas de ressources, il est permis d'espérer un retour d'éclaircie sur sa petite vie d'ado névrosée. Certes, son ancien groupe de meilleures amies ne lui parle plus, son ex souffle toujours le chaud et le froid, non mais quel mufle, Ruby ne sait plus sur quel pied danser, l'andouille, ce type intoxique ses pensées et son cœur, c'est à se demander quand finira-t-elle par enfin se purifier l'esprit !!!

Et pourtant, autour d'elle, les occasions ne manquent pas, certes elle s'étourdit dans les bras d'Angelo, elle s'entend aussi à merveille avec Noel, son partenaire de sciences, mais se demande s'il serait judicieux de briser une amitié, car pour dire les choses franchement, Ruby ne sait pas ce qu'elle veut ! Elle a fêté ses 16 ans, passé son permis de conduire et décroché un job au zoo. Ce sont des petits progrès, mais elle n'est pas peu fière de les rapporter à sa thérapeute, le Docteur Z.

Si le 1er tome vous a plu, alors forcément vous allez prendre plaisir à renouer avec le ton sarcastique et les aventures mouvementées de Ruby Oliver. C'est toujours aussi fin, subtil et touchant, avec une pointe d'humour pour bien faire avaler la pilule de l'amertume, après la débandade de l'année précédente. Haut les cœurs, Ruby !  A signaler : le roman a déjà été édité en 2008 sous le titre : Le grand livre des garçons.

Le journal de Ruby Oliver #2 : L'art de perdre les pédales, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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“J'espère que tu changeras le monde, et sache que tu as été le meilleur refuge possible contre la tempête.” (Arsène)

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Arsène, c'est le petit nom que donne le narrateur de l'histoire, Georges, à la jeune fille qui vient d'emménager dans l'appartement en face de celui de ses parents. Et c'est tout un honneur, mes amis, car le garçon porte aux nues le célèbre entraîneur de l'équipe de foot d'Arsenal, monsieur Arsène Wenger himself. Cette fille, donc, est tellement tout, tellement fascinante, c'est carrément un numéro dix, selon lui, qu'elle ne pouvait mériter meilleure distinction.

Pour son entrée en 6ème, les parents de Georges lui ont offert un cadeau utile et intelligent, une paire de jumelles. Lui, le môme, se rince l'œil en balayant le quartier et découvre sa voisine en train d'accrocher des rideaux, la musique à fond, et la maladresse en bandoulière. C'est comme ça qu'il tombe amoureux, Georges. Pour la première fois de sa vie. Il décide alors une tactique d'approche en proposant de balader son gros chien, Nadja, pendant qu'elle vaque à ses petites affaires. La demoiselle est conquise, ce petit bonhomme lui plaît bien.

Mais bon, Arsène est aussi une jeune femme mystérieuse, qu'on cerne à moitié, ou seulement grâce à la perspicacité du libraire, Monsieur Ali, qui a l'œil et veut protéger son petit monde. Parce que la vérité n'est pas belle, mais finalement je m'en moque un peu. Car c'est toute une vie de quartier qui m'a été donné de découvrir et d'apprécier, avec des personnages hauts en couleur et bougrement attachants (à l'exception d'Arsène, dont la personnalité sombre et impénétrable m'a laissée de marbre). En somme, j'ai aimé la forme du récit, une histoire teintée de couleurs et de facéties, mais j'ai hélas été peu sensible au fond et suis souvent demeurée en retrait.

Ce roman est servi par une nouvelle plume, Juliette Arnaud, qui s'est déjà fait connaître pour ses talents de comédienne (Arrête de pleurer Pénélope).

Arsène, par Juliette Arnaud
Casterman, 2012 - illustration & graphisme : Djohr

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04/06/13

“Je ne sais pas s'il existe un homme de ma vie. Je crois que je préfère la variété.”

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Ce roman est en fait déjà paru sous le titre de Journal d'une allumeuse, mais l'éditeur a choisi de relancer la série au format de poche, et dans un ordre enfin cohérent. Donc, présentation de notre héroïne : Ruby Oliver, quinze ans, cinq crises d'angoisse en seulement dix jours, doit suivre une thérapie auprès du Docteur Z. Son problème, c'est de cumuler des expériences malheureuses ou illusoires avec des garçons, depuis qu'elle est en âge de conter fleurette.

Pour ses séances, il lui fallu notamment dresser la liste des garçons qui auraient contribué à son état de déconfiture. Ils sont au nombre de 15, du plus innocent au plus goujat, même si Ruby s'échine à pardonner l'inexcusable ou jouer à l'autruche pour ne pas assumer ses nombreuses erreurs. Hélas pour elle, la liste va être reproduite et glissée dans le casier de tous les lycéens de Tate. Sa réputation est fichue, elle est traitée de lépreuse et d'allumeuse, même ses meilleures copines lui tournent le dos, Ruby est seule, désemparée. Il est temps de découvrir dans quel micmac elle s'est fourrée !

Ce serait mentir que de cantonner cette série à une lecture girly, même si l'on parle essentiellement d'histoires d'amour, de baisers volés, de dragues et de pelotages en douce, ce n'est certainement pas QU'UNE série sur des sujets futiles. Le mal-être de Ruby est profond, sincère, et pas seulement traité avec légèreté. Il y a une détresse réelle dans son histoire, où l'on cerne une perte de confiance en soi et un besoin d'évacuer le trop-plein d'émotions. C'est assez distrayant, mais sensible et sincère aussi, à travers sa démarche de blablater sur tout et rien, en n'édulcorant jamais le fond du problème.

Cette série gagne à être connue, sous le ton caustique et bassement comique, se trouve un récit poignant et déstabilisant sur les rapports qu'entretiennent les adolescents, à travers leurs relations sentimentales et amicales. La suite comprend L'art de perdre les pédales, Un grand moment de solitude puis Pas très rond dans ma tête.

Le journal de Ruby Oliver #1 : L'amour avec un grand Z, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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♥ Suite Scarlett ♥

ENFIN DISPONIBLE EN FORMAT POCHE !

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Suite Scarlett raconte l'histoire d'une famille new-yorkaise qui vit dans un hôtel Art Deco, lequel hélas tombe un peu en décrépitude. Les finances de la famille Martin sont au plus mal, Scarlett le découvre le matin de son quinzième anniversaire, en recevant la précieuse clef de la Suite Empire, dont elle devra assumer seule la pleine responsabilité. Ainsi, tout l'été, elle devra répondre aux désidérata d'une cliente excentrique, Mrs Amberson, qui ne cesse de la harceler au téléphone.

Toutefois, cette Mrs Amberson est aussi une personne formidable et pleine de ressources. Elle le prouvera lorsque le frère aîné de Scarlett, Spencer, qui rêve de devenir comédien à Broadway et répète actuellement la pièce de Hamlet avec une troupe de débutants, connaîtra bien des galères pour mener son projet dans les meilleures conditions. Les deux autres soeurs de Scarlett, Lola et Marlène, sont aussi très présentes, elles butinent, elles minaudent, elles sont volubiles, excessives, discrètes et cachottières. Les anecdotes ne manquent pas non plus en ce qui les concerne.

Le roman nous embarque donc dans l'histoire de la famille Martin, nous faisant partager leurs hauts et leurs bas, les instants d'euphorie, d'entente à merveille, de combines et de débrouillardises, des journées magiques où tout se goupille comme dans un rêve, les bonnes rencontres, les nouvelles qui font du bien, les intentions les meilleures. Puis, les nuages viennent obscurir ce ciel si beau, les doutes et la jalousie sont de sortie, les jolis garçons deviennent fuyants, colériques, compliqués, les filles sont minées, compliquées, soucieuses, malheureuses. Le quotidien d'une petite vie ordinaire, en somme !

Voilà une lecture teintée de complicité familiale, de bonheur, de gaieté et d'humour, à déguster sans plus attendre !

Suite Scarlett, par Maureen Johnson
Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, 2013 - traduit par Cécile Dutheil de la Rochère

La série existe en collection Scripto, avec les couvertures illustrées par Dominique Corbasson. Un vrai bijou. Pour l'édition en format poche, l'éditeur a repris les couvertures originales.

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03/06/13

♫♪♫♪♪♫ (Un refrain sur les murs)

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Au cours de l'été 1987, Isabelle, fraîchement divorcée, envoie ses deux enfants chez leur père. A elle, maintenant, quatre semaines d'un vide intersidéral qu'il faut remplir pour garder la tête hors de l'eau... C'est ainsi qu'elle fait la connaissance d'un dénommé So What, qui joue du hautbois dans la rue. Contre le gîte et le couvert, il propose de repeindre la chambre de sa fille Romane en un orange pétant, symbole du bonheur.

Bizarrement, Isabelle accepte le deal. En effet, la jeune femme n'est pas du style à sortir des sentiers battus. Sa vie, elle la veut droite, bardée de barrières, à ne surtout pas dépasser. On lui a souvent reprocher son petit côté sage, très prévisible, son aspect froid et imperméable, comme si elle n'était pas douée pour le bonheur ou donner de l'amour en retour (d'où son échec conjugal). Mais elle n'y peut rien, Isabelle, elle est de la trempe de ces femmes transparentes, mais heureuses de leur petit bonheur sans nuages.

Par contre, sa fille Romane va grandir dans la rage et la révolte de cette vie passive et trop ordonnée. Dès que l'occasion se présentera, elle prendra la poudre d'escampette et brûlera la chandelle par les deux bouts. D'ailleurs, elle finira clouée sur un lit d'hôpital, brûlée vive, alors que sa mère livrera son dernier combat contre un cancer. Les deux femmes n'auront jamais trouvé le temps ni de se comprendre, ni de se pardonner.

Bref, c'est un petit roman absolument bouleversant, dont l'émotion et la justesse m'ont saisi à la gorge sans que je m'y attende. J'ai surtout aimé l'histoire d'Isabelle, une femme solitaire, incomprise, prisonnière de sa cage dorée, qui a conscience du regard et du jugement des autres, mais sans trouver l'énergie pour s'en échapper. Elle ploie, en silence. Elle subit, même si elle aimerait parfois taper du poing sur la table. Qu'on cesse de la trouver ennuyeuse, insipide, elle aime la physique mais déteste l'enseigner à des enfants bêtes à manger du foin, elle se conforte dans une mécanique laborieuse, rassurante, elle a des désirs, mais réprime ses élans.

C'est tout ça, une femme simple et honnête. Avec ses secrets, ses mensonges et ses tours de passe-passe. Le dernier chapitre de l'histoire m'a, par exemple, totalement bluffée et donnée envie de sourire. Il n'y a, finalement, que le portrait de Romane, cette jeune folle volage et impétueuse, qui m'a fait pousser des soupirs d'ennui. Heureusement, ses incursions étaient parcimonieuses et ne faisaient office que de faire-valoir pour percer la carapace d'Isabelle... Un doux et beau roman, donc, à découvrir le cœur vaillant. ;)

Un refrain sur les murs, par Murielle Magellan
édition Pocket, 2013  (préalablement paru aux éditions Julliard en 2011)
illustration de couverture : Marion Tigréat

“Honestly, it’s so easy to get what you want from people if they think you’re a psycho.”

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Cette lecture a été un pur délice ! Lara est une jeune femme de 27 ans, qui traverse une très mauvaise période (son petit ami vient de la larguer par mail et son associée a mis les bouts pour se payer une amourette sous le soleil, sans se soucier du devenir de leur fraîche agence de chasseuses de têtes). En accompagnant ses parents aux funérailles de sa grand-tante Sadie, 105 ans, jamais elle n'aurait imaginé que sa vie allait connaître un revers étourdissant !

Au cours de la cérémonie, plate et sans tralala, Lara se trouve nez à nez avec le fantôme de Sadie, fraîche, pimpante et exubérante. Elle a une vingtaine d'années, un look de garçonne et un sale caractère. Ce qu'elle veut, c'est récupérer son collier fétiche. Elle jure, elle supplie, elle ordonne Lara de tout mettre en œuvre pour le retrouver. Prise d'une impulsion folle, la jeune femme crie à l'assassinat et gagne ainsi un temps précieux avant l'incinération fatale.

Et les voici, tous les deux, Lara et son fantôme, dans les rues de Londres, à tenter d'élaborer un plan d'action et mener une petite enquête brinquebalante (mais absolument jouissive, tellement c'est cocasse !). Lara va aussi céder aux moindres caprices de sa grand-tante, comme de s'habiller comme dans les années folles, inviter un inconnu à danser et flirter avec lui en souvenir du bon vieux temps. Si jamais Lara ne chipote, ou si peu, c'est qu'elle se sent coupable d'avoir négligé Sadie du temps où elle croupissait seule dans sa maison de retraite, sans la moindre visite.

Mais cette aventure lui offrira l'occasion de s'épanouir, d'élargir son réseau relationnel, de tirer un trait sur le passé (out, Josh !) et de tomber amoureuse. Elle découvrira aussi l'étonnante personnalité de sa grand-tante, débroussaillera un secret de famille et résoudra par la même occasion le mystère d'une toile de maître. C'est une lecture qui booste le moral et vous fait vous sentir heureux, l'histoire est pleine d'entrain, avec des situations tendrement farfelues, cela fait un bien fou de s'y plonger, j'ai beaucoup aimé !

Très chère Sadie, par Sophie Kinsella
Pocket, 2013 - traduit par Daphné Bernard

31/05/13

♪♫ Don't Stop 'Til You Get Enough ♫♪

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Charlotte, bientôt trente ans, vit une liaison avec un homme marié, Richard, un réalisateur qui vient justement de sortir son nouveau film ... qui parle de son histoire avec sa jeune maîtresse, qu'il tourne en ridicule. Le goujat ! Charlotte, pigiste pour un journal de cinéma, se fait un plaisir de défouler sa rage et son désespoir dans un article assassin, en jurant ses grands dieux qu'elle ne veut plus entendre parler de lui.

Dans l'intervalle, la demoiselle a fait la connaissance de Martin, charmant, charmeur et disponible. Charlotte n'écoute que son cœur et savoure son bonheur. Mais disons que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, et de nouvelles aventures cocasses et amusantes vont jalonner le récit. Pour notre plus grand plaisir ! Car j'ai dévoré ce livre en deux coups de cuillères à pot. Slurp, c'était délicieux. Je n'ai pas manqué de pouffer en lisant deux, trois scènes hallucinantes (la tentative de fuite par la lucarne des toilettes de La Closerie des Lilas, le serveur bien aimable, le coup du karaoké dans la cour d'école, le déjeuner cauchemardesque que Charlotte subit en tentant de retenir le zèle du groupe de gospel, la soirée anniversaire, etc. etc.).

Le ton est vif, sans temps mort, avec des répliques tordantes, des jeux de mots parfois ridicules, une mise en scène survoltée (et un final en clin d'œil au film Elle et lui de Leo McCarey), bref c'est du petit lait à boire, de la chick-lit légère, enjouée, drôle, coquine et charmante, j'avais besoin de rire et décompresser, cette lecture a su pleinement remplir son office, j'ai adoré !

Apocalipstick, par Charlotte Marin & Marion Michau
Pocket, 2012 - illustration de couverture : Diglee

Charlotte Marin est également chanteuse (clic) et double la voix de Katherine Heigl dans Grey's Anatomy.

30/05/13

All my worries fade away ... as soon as I start to play (Une guitare pour deux)

A été lu par notre miss C., guitariste, 13 ans :

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Lyla Marks et Tripp Broody n'ont rien en commun, mais vraiment rien. Elle caracole en tête avec ses résultats scolaires irréprochables, elle joue du violoncelle, elle participe à des tonnes d'activités qui remplissent sa vie sociale, c'est une Miss Parfaite. Tripp, lui, est un solitaire, il aime jouer de la guitare dans son coin, il est mauvais élève, pas franchement populaire, même sa mère lui prend la tête pour faire des efforts.

Au collège, ils vont partager la même salle de répétition, un jour sur deux. Fidèle à sa réputation, Tripp est brouillon, ne range pas le matériel, abandonne des détritus, ce qui a le don d'agacer Lyla, très à cheval sur les principes. Elle décide alors de lui adresser un petit mot salé pour rouspéter. Surprise ! le garçon lui répond. Taquin, drôle, sympa. Commence alors une correspondance guillerette entre eux, qui donnera lieu à une connivence très forte.

Rapidement, ils vont réaliser qu'ils peuvent tout se dire, partager leurs problèmes, échanger des tuyaux, se lancer dans des projets musicaux, ils se comprennent instinctivement. Ils créent ainsi la Thrum Society, ambitionnent de se produire sur scène, dans des mariages ou dans le métro. Ils multiplient les idées, les envies, ils se sentent inspirés et enfin sur la même longueur d'onde.

En fait, les deux adolescents ont pourtant de gros soucis personnels. Lyla voudrait que son père cesse de la pousser à se dépasser constamment, elle n'aime pas le violoncelle, si ce n'est pour lui faire plaisir et lui rappeler le souvenir de sa mère qui est morte dans un crash d'avion. Tripp, lui, a le sentiment d'être abandonné par tous ceux qu'il aime, il joue de la guitare pour se rapprocher de son père, décédé lui aussi, mais sa mère ne le comprend pas.

C'est donc un roman bouleversant, qui donne envie de rire et de pleurer, selon ma fille de 13 ans, c'est beau, très touchant et il met vraiment du baume au cœur. Cela raconte non seulement l'amitié (amoureuse) entre deux adolescents, mais aussi l'importance qu'occupe la musique dans leur vie. La relation entre Lyla et Tripp est vraiment attachante, on se prête à rêver que leurs sentiments l'un pour l'autre vont au-delà des rapports platoniques qu'ils entretiennent avec soin (et sincérité). Après tout, chacun interprétera les gestes, les petits mots et les attentions de l'un et l'autre à sa guise !

C'est un chouette roman, qui plaira aux adolescents qui jouent eux-mêmes de la musique et apprécient les bonnes histoires avec de l'amitié, de l'authenticité, du partage, des sentiments, des émotions fortes, de l'humour.

Une guitare pour deux, par Mary Amato
Nathan, 2013 - traduit par Anne Guitton

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Ne faites confiance à personne, même pas à vous-même !

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Suite à l'enthousiasme suscité par Starters, j'étais impatiente de lire le second volet des aventures de Callie. *** Attention, risque de spoilers ! *** La société du Vieux a été démantelée, mais celui-ci s'est fait la malle et les autorités le recherchent activement. Callie mène désormais une existence confortable, avec son petit frère et son ami d'enfance (Michaël). Mais très vite, elle réalise que la puce qui a été insérée dans le cerveau des Starters constitue toujours un moyen de pression pour le Vieux, qui fait d'ailleurs une démonstration de sa puissance en commettant un attentat en plein centre commercial.

De nouveau, la traque infernale s'engage. Callie veut échapper à son tortionnaire, le retrouver et mettre un terme à ses ambitions démentielles. En chemin, elle rencontre Hyden, un adolescent passionné d'informatique, qui se dit proche du Vieux, mais a une dent contre lui, donc il entend bien prêter main forte à Callie pour déjouer ses maudits plans. La chasse à l'homme est effrénée, encore une fois on ne pourra pas reprocher au roman de manquer d'action, car c'est intense, haletant, sans cesse remuant. On ne s'ennuie pas une seconde.

Et pourtant, j'ai été moins emballée par ce qu'on me proposait. J'ai peut-être trouvé que cela manquait d'émotion, qu'on passait trop de temps en voiture, après un ennemi insaisissable, et même les révélations de la fin n'ont pas su me surprendre car j'avais deviné le pot-aux-roses depuis le début ! Ceci dit, les amateurs de sensations fortes en retireront beaucoup de satisfaction et ne bouderont pas leur plaisir.

Enders, par Lissa Price
Robert Laffont, coll. R (2013) - traduit par Cécile Ardilly

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