21/03/13

C'est qui le petit ?

Avec ce cowboy en couverture, c'était obligé que j'ouvre cet album !

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Être petit, devenir grand...
Se faire tout petit, faire comme les grands,
être trop petit ou être trop grand, être le petit dernier ou le plus grand,
avoir un petit frère, une grande soeur.

Enfant, petit, tous nos désirs et
toutes nos préoccupations nous portent à devenir grand. Grandir, devenir fort,
autonome, indépendant. Mais pour cela, il faut d'abord être petit, habiter, se
représenter et jouer sa petite enfance.
Ce livre conçu à deux présente des
couples d'images en miroir qui nous entraînent dans un jeu de perspectives, de
projections.
Les images, toujours liées à l'enfance, inspirées de comptines,
contes et jeux, posent questions, mettent en abîme, tiennent à distance,
s'amusent de ces notions de petit et de grand qui se révèlent imaginées,
construites, appropriées, relativisées, déjouées.

C'est quoi être grand ?

(intro de Corinne Dreyfuss)

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Comme il est facile de tomber amoureux de cet album ! Des photos, rien que des photos. C'est ce que les deux auteurs nous proposent. A nous, la lecture libre de toute interprétation. Et franchement, c'est un pur régal. Page après page, on trouve donc un parallèle facétieux et intelligent entre deux idées. En ligne conductrice, il est bien sûr question de grandir (sauf qu'il faut aussi redéfinir l'idée d'être grand ou d'être petit). C'est beau, c'est drôle, c'est fin. Cela fait rêver, réfléchir, observer et travailler l'imagination.

J'ai sélectionné tout un éventail de photos qui transmettent de chouettes messages, mais aussi des photos dont je ne me lasse pas d'admirer la beauté, qui me font penser à d'autres histoires, qui m'invitent à m'évader ou qui me donnent tout simplement envie de sourire et de partager. C'est vraiment un ouvrage de très grande qualité, sans texte, car il se base sur la proposition de 'confier les clés de la maison' au lecteur. C'est une autre façon d'envisager la lecture, ça a le don de me plaire et j'en redemande !

C'est qui le petit ? par Corinne Dreyfuss et Virginie Vallier (éditions Thierry Magnier, 2013)

 

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Sous cloche !

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Honor a dix ans quand elle emménage avec ses parents sur l'île 365. D'abord réfractaire aux nouveaux principes d'éducation que tente de lui inculquer la Old Colony School, la fillette va peu à peu se glisser dans le rang et accomplir ce qu'on attend d'elle. Par contre, ses parents agissent toujours comme s'ils ne dépendaient de personne, ils sont désorganisés, irresponsables et font des cachotteries. Ils ont même eu le culot d'avoir un deuxième enfant ! Honor n'en peut plus de supporter cette décadence, aussi va-t-elle prendre une très grave décision qui aura des répercussions terribles sur son existence.

Sinistre ambiance que voilà ! Et pourtant, on aime ça et on se surprend à tourner les pages du livre, à force de curiosité titillée. C'est de bonne guerre. Ce roman, qui affiche un ton froid, glaçant et effroyable, à vous décourager de vous lancer dans une telle aventure, réussit tout de même la prouesse de vous embarquer dans son univers : propagande, régime autoritaire, annihilation des esprits critiques, déréglements climatiques, suite à nos actes irréfléchis bien entendu... C'est fort joliment tourné. Ajoutez à toutes ces réjouissances le portrait d'une fillette confrontée au regard extérieur, jeune donc influençable, et qui heureusement va s'affranchir de tous les dogmes en apprenant de ses erreurs. 

Une histoire futuriste à destiner à nos jeunes têtes pensantes, soucieuses du monde qui les entoure.

De l'autre côté de l'île, par Allegra Goodman
Editions Thierry Magnier, 2013 (première édition du roman en 2009, en grand format) - traduit par Jean Esch

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20/03/13

Si douce sera la mort, par Charlaine Harris ☠

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Suite à la mort accidentelle de ses parents, six mois plus tôt, Catherine Linton est rentrée au bercail, à Lowfield, petite ville du Mississippi. Après avoir tenté de convaincre le shérif James Galton d'enquêter sur cette tragédie, en pure perte, la jeune femme s'est repliée sur elle-même et mène une existence recluse et solitaire. Elle sort juste pour se rendre à son job pour la Gazette locale, tenue par Randall Gerrard, ou pour s'entraîner au tir dans les champs.

C'est seulement après avoir découvert le cadavre d'une femme, sur les terres de sa famille, que les inspecteurs vont enfin la prendre au sérieux. Leona Gaites, la victime, était l'ancienne infirmière qui travaillait avec son père. Son corps a été battu à mort, puis jeté dans une cabane paumée. Etrangement, sa présence sur les lieux du crime fait de Catherine la nouvelle attraction de la ville. Les gens s'inquiètent, ils s'interrogent aussi, surtout lorsqu'elle va encore tomber sur un deuxième corps, cela commence à faire trop de coïncidences.

Alors, mine de rien, ce roman date déjà de 1981 et accuse un peu le coup. Il n'est pas fondamentalement dépassé, ou vieillot, si ce n'est un petit côté kitsch que je trouve plutôt charmant. Par contre, l'héroïne, Catherine, n'inspire pas franchement l'empathie. Elle se révèle, à tour de rôle, grincheuse, colérique ou négligée. Malgré tout, son histoire m'a plu. L'intrigue policière est classique, dans la tradition du whodunit, mais l'ensemble est prenant. J'avais très vite deviné le fin mot de l'histoire, toutefois cela ne m'a pas empêchée de suivre le fil sans moufter.

Et puis, il y a cette ambiance du Sud, si chère à l'auteur, reconnaissons que c'est tout de même quelque chose... la ségrégation raciale, le culte de la réussite, le souci des apparences, les secrets, les mensonges, le chantage, les mentalités étriquées ... Eh oui, tout ça, tout ça ! Voilà qui nous cadre un moment de lecture particulièrement dépaysant, mais pas désagréable non plus.

Si douce sera la mort, par Charlaine Harris
J'ai lu, 2012 - traduit par Anne Muller

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19/03/13

Anton et les rabat-joie de Ole Könnecke

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Anton arrive tout joyeux avec de quoi partager un bon goûter, mais il pose ses conditions : Greta, Nina et Lukas doivent le lui demander très gentiment.

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Vexés, ils refusent de se joindre à lui : ils ont trop de travail, disent-ils. Ils doivent ratisser, bêcher, biner.

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Anton se venge : il fait le mort !

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Mouhahaha !

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Un album facétieux, qui fait preuve d'humour autour de l'absurdité et de l'entêtement (hmm, disons que c'est tout pareil !).

Anton et ses copains sont de chouettes personnages, je viens même de découvrir qu'il existait d'autres albums de la même série, ce qui me réjouit particulièrement car je sens que je vais tous les lire maintenant !

C'est tout à fait le genre d'albums que j'aime : l'histoire fait preuve d'humour, les dessins sont épurés, les expressions sont tendres et cocasses... C'est un délicieux cocktail que voilà !

Anton et les rabat-joie de Ole Könnecke (Ecole des Loisirs, janvier 2013)

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Quel bazar à la maison!, de Martine Perrin

Un album tout-carton au graphisme fort pour jouer avec les tout-petits à reconnaître les objets du quotidien, se familiariser avec les couleurs, et exercer sa mémoire !

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 La page de gauche présente un bric à brac d'objets agencés de façon désordonnée. Un à un, les objets disparaissent pour réapparaître sur la page suivante.

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Il s'agit donc de bien observer et de deviner quel objet a disparu... avant de le retrouver. Pour cela, l'enfant va trouver des indices dans le texte et s'aider du petit trou dans la page qui laisse deviner l'objet passé sur la page suivante.

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Les dix objets aux couleurs vives font partie du quotidien et tournent autour du repas : le pot, la lampe, le transat, la pendule, le biberon, la chaise, la chaise haute, la bouteille, la table et la plante.

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Dernier exercice : à la fin, l'image reconstituée est reproduite au trait pour que l'enfant tente de se souvenir des couleurs de chacun des objets.

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Album d'observation et de réflexion, idéal pour exercer la mémoire.

Moins facétieux que Petite main petit pouce ou Pop' Up Zoo, que j'avais davantage aimés.

Quel bazar à la maison! de Martine Perrin (Seuil jeunesse, mars 2013)

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“My butt has specific requirements for pants.” ♥

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Depuis le temps que j'entendais parler de cette série, couverte d'éloges plus enthousiasmants les uns que les autres, il fallait que je me penche sur ce phénomène. Et là, quel bonheur ! Je crois que cette série mérite amplement tout l'amour que les lectrices lui portent : c'est une lecture fraîche, pétillante et captivante.

On y découvre l'histoire de quatre amies, Carmen, Léna, Tibby et Bridget, inséparables depuis leur naissance, et d'un jean déniché dans un magasin de fripes. Croyez-le ou non, ce jean est magique ! Il transforme votre silhouette, vous rend plus belle, plus forte et plus confiante. Alors, toutes les quatre décident de se le prêter car ce jean ne peut que leur faire vivre des aventures merveilleuses. Justement, c'est l'été et les quatre filles ont toutes des projets distincts : Léna part en Grèce chez ses grand-parents, Carmen rejoint son père divorcé, Bridget s'est inscrite dans un camp sportif et Tibby bosse dans un supermarché pour pouvoir se payer une voiture.

A tour de rôle, on suit leurs péripéties, marquées par des instants drôles et palpitants, mais aussi des moments de doute, où l'on se sent trahi, perdu, seul, où l'on a envie de plaire, de rattraper ses erreurs, où l'on se sent à côté de ses pompes, où on préfère se planquer sous la couette pour pleurer, ou crier son désespoir en jetant des cailloux... En gros, on rit et on pleure, c'est grandiose. C'est le petit livre idéal pour les adolescentes, parfait aussi pour ressentir l'adolescente en soi ! On s'attache aux filles, à leurs histoires, on a le cœur qui bat et le ventre noué. C'est très bon, et on se sent merveilleusement bien dans cette petite bulle de lecture.

Quatre filles et un jean (livre I), par Ann Brashares
Gallimard jeunesse, 2009 pour la présente édition - traduit par Vanessa Rubio
existe aussi en format poche, dans la collection Pôle Fiction

Teaser Tuesday #44

Parfois, on découvre de drôles de choses dans sa boîte aux lettres...

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18/03/13

“There's a difference between really loving someone and loving the idea of her.”

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Nick et Amy sont mariés depuis cinq ans. Comme chaque année, la jeune femme organise une chasse aux trésors pour fêter leur anniversaire de mariage. Or, ce jour-là, Nick rentre chez lui et découvre sa maison saccagée. Sa femme, elle, a disparu. Aussitôt l'enquête pèse sur le mari dont le stoïcisme affiché attise les foudres de la vindicte populaire. En filigrane, nous découvrons le journal intime d'Amy, et soudainement l'histoire prend une vilaine tournure.

Les doutes s'installent, bien ancrés, poisseux et dérangeants. Puis, résonne le gong de la deuxième partie, nos certitudes de nouveau vacillent et l'histoire revêt un voile trouble qui finit de nous rendre complètement dingue. Qu'est-ce que j'ai pu aimer ce livre ! Le scénario est machiavélique, avec une mise en scène sophistiquée et au suspense saisissant. L'auteur nous raconte l'idée qu'on se fait d'une histoire d'amour, selon le principe qu'on aime plus souvent l'idée qu'on se fait d'une personne, plutôt que la personne elle-même. Et ainsi, elle nous déroule son intrigue avec un aplomb incroyable, une finesse exemplaire, le tout ponctué de coups de théâtre retentissants.

J'ai été bluffée. La version Audiolib nous propose deux lecteurs, Julien Chatelet pour les passages concernant Nick, et Odile Cohen (la voix française d'Uma Thurman) pour toutes les parties d'Amy. Ces deux voix racontent chacune leur histoire, elles se font écho, proposent une version, puis une autre, et nous, au milieu, nous avons le tournis. Mais c'est grandiose ! Singulièrement prenant, stupéfiant et bien campé. J'adopte définitivement les romans de cet auteur, que je vais découvrir sans plus attendre.

Les apparences, par Gillian Flynn
Sonatine, 2012 / Audiolib, 2013 - traduit par Héloïse Esquié
Livre audio 2 CD MP3 - durée : 18 heures

15/03/13

"The same wind that blows us off course can turn and carry us home."

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Tout commence par un rapport de force entre Nora Sutherlin, un célèbre auteur de romans érotiques, et son éditeur, Zach Easton, fraîchement débarqué de Londres. Elle souhaite publier un livre différent de ses écrits habituels et a sollicité l'aide d'une prestigieuse maison new-yorkaise, pour laquelle travaille Zach. Celui-ci est farouchement opposé au projet (imposé son supérieur) et compte mener à la baguette la jeune femme en lui faisant bien sentir que c'est “un écrivain du ruisseau, qui n'écrit que des histoires de caniveau”. Pas très sympa, donc. Ceci dit, Nora est une jeune femme rebelle, sarcastique et plus encore.

Elle a connu une liaison d'une dizaine d'années avec Soren, qui l'a initiée aux tourments de la soumission. Éreintée par cette passion dévastatrice, elle a pris la fuite pour se lancer dans une vocation opposée, celle de devenir la plus grande Dominatrice d'une boîte privée. Autant dire qu'elle n'est pas effarouchée à l'idée d'être bousculée par Zach ! Au contraire, elle y trouve du plaisir et l'envisage comme un véritable stimulant. Elle cherche aussi à le déstabiliser, à flirter et à le pousser dans ses retranchements, mais Zach est un homme secret et aigri. Il sort d'une rupture amoureuse douloureuse, le fantôme de son ex est partout présent dans ses pensées, au risque de le rendre fou.

N'oublions pas non plus l'irrésistible Wesley, un jeune Apollon qui vit sous le toit de Nora et officie en tant qu'assistant personnel. Or, c'est un intouchable. Ses convictions religieuses sont profondes, le garçon est vierge, fou amoureux de Nora, elle-même n'est pas insensible à son charme, et pourtant ces deux-là ne cèdent jamais à leurs pulsions. Là aussi, l'histoire est intéressante à suivre.

Car c'est tout l'intérêt de ce livre, multiple et moins racoleur que ses confrères. Sans Limites vous raconte une histoire d'amours désabusées, d'amitié, de confiance et de découvertes de ses désirs les plus sombres, les plus inavouables. C'est un livre qui m'a finalement grandement surprise, car l'histoire est teintée d'une certaine amertume. Tour à tour, elle est capable de se révéler complexe et fascinante, avec des passages déstabilisants sur la violence que l'héroïne est capable de s'infliger. On ressent alors vivement son désespoir, son impuissance et sa fragilité. Détail non négligeable, l'écriture est belle et sensuelle. Elle dépouille l'aspect graveleux auquel la romance érotique trop souvent s'acoquine. Rien que pour ça, pour l'aspect original et peaufiné, je recommande cette lecture qui donne l'impression de lire autre chose qu'une simple fiction du genre.

Sans limites, par Tiffany Reisz
Harlequin, coll. Mosaïc, 2013 - traduit par Alba Neri 

"I know people think erotica is just a romance novel with rougher sex.  It's not.  If it's a subgenre of anything, it's horror.

- Horror? Really?

- Romance is sex plus love.  Erotica is sex plus fear."

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14/03/13

"Lily, pourquoi vous fourrez votre nez dans les affaires des autres ?"

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Un lundi matin, en se rendant au boulot, Lily Bard découvre une voiture rouge dans les bois, avec à l'intérieur le cadavre de Deedra Dean. Allons donc, c'est reparti pour un tour. Lily contacte la police, tente d'éventer leurs soupçons, s'interroge sur cette mort brutale. Elle ne connaissait pas particulièrement la victime, mais faisait des ménages chez elle et savait, un peu comme tout le monde, que Deedra avait des mœurs légères. Tout de suite, il est établi que le crime serait d'ordre sexuel.

Quelques jours plus tard, Lily sauve in extremis un vieil homme piégé dans sa maison, alors qu'on venait d'y mettre le feu. La jeune femme étant somnambule, elle a coutume de déambuler dans les rues et de prévenir la police au moindre agissement suspect. Cette fois, elle se trouve davantage impliquée, passée sur le grill. Mais plus personnellement, cela réveille des souvenirs de sa propre agression. De plus, Lily s'inquiète car son business de femme de ménage est en train d'en prendre un coup dans l'aile. Depuis trois livres déjà, elle ne cesse de perdre des clients !

Quid du mystérieux et irrésistible Jack Leeds ? Il est hélas très peu présent dans cet épisode, coincé entre Little Rock et la Californie. Le couple se téléphone, mais le manque est là. Lily commet d'ailleurs un petit impair, avec Bobo Winthrop, c'est bête. Par contre, dès lors que Jack fait son apparition, on ne joue plus dans la même cour et on comprend qu'un grand pas va être franchi d'ici peu. Chic !

J'aime vraiment beaucoup cette série, qui se termine avec le 5ème livre ( Shakespeare's counselor). L'ambiance à Shakespeare n'est pas chaleureuse ni guillerette, c'est tout le contraire, mais quelque part on s'y attache, et comme on connaît de plus en plus les personnages, chaque coup dur ne nous paraît plus si anodin. Ce sont peut-être des bouts de vie sordides, parsemés à travers la lecture, mais heureusement on y trouve aussi un peu d'humour, de bonne humeur et de l'amour vrai, sincère, authentique.

Lily Bard, tome 4 : Libertinage fatal, par Charlaine Harris
J'ai Lu, 2013 - traduit par Tiphaine Scheuer

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