24/04/12

Les Polipoil #1

IMG_7294

La famille Polipoil se compose du papa, de la maman et des quatre enfants : Polly, Pliko, Archi et Mitzi. A première vue, on croirait une famille ordinaire, qui aime partager toutes leurs activités ensemble, mais il apparaît finalement que cette famille a un don pour la démesure et l'enthousiasme exacerbé.

Pour occuper une journée qui commence tôt et sur un air d'opéra, la famille Polipoil a l'idée audacieuse d'organiser un pique-nique, où l'on jouerait de la musique et danserait quelques pas de valse, en plus d'avaler des gaufres avec du confit de noisettes, mais comme la famille n'a plus de noisettes en réserve, maman Polipoil se charge de voler en chercher à bord de son avion. Oui, en avion ! Malheureusement l'engin tombe en panne d'essence et échoue dans le désert. Madame Polipoil n'a plus que son courage pour rentrer à la maison, tandis que sa famille s'inquiète et tente de partir à sa recherche en pleine nuit. De cette expérience, la famille Polipoil en tirera la conclusion qu'un pique-nique est un exercice beaucoup trop périlleux, autant préférer un petit goûter sur l'herbe devant la maison, avec des framboises et des beignets. C'est tellement plus simple ! 

C'est le premier titre d'une nouvelle collection pleine de fraîcheur et d'humour, mettant en scène une famille qui transforme l'évènement le plus simple en aventure extraordinaire. J'aime beaucoup les illustrations naïves de Pauline Martin (Les rêveries d'un hamster solitaire, c'était elle déjà, avec Astrid Desbordes !). Le texte aussi cache des petites perles d'humour, comme la petite Polly qui veut jouer de la contrebasse (choix peu judicieux compte tenu de sa taille), maman Polipoil qui veut allumer un feu avec des cailloux comme dans les histoires qu'elle lit aux enfants (les indiens ont sûrement des allumettes, mais ça on ne le dit pas), ou l'expression de bonheur de Pliko se glissant dans son lit (si seulement goûter était aussi simple que cela, se dit-il), et les recherches qui font chou blanc (avec cette remarque désopilante, surtout prise dans son contexte : un imprévu affaiblit aussitôt l'espoir général, cette maison, c'est la leur)... Bref, ce sont autant de situations et d'anecdotes qui font sourire et apprécier grandement cette charmante lecture, qui ne paie probablement pas de mine, et pourtant elle offre un vrai plaisir de lecture ! 

Le goûter des Polipoil, par Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel jeunesse, 2012)

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


23/04/12

"Allons-y, ma petite. La vie va reprendre son cours..."

IMG_7312

Que dire sur cette suite des aventures d'Eugénia et la bouche de la vérité, à part qu'elle était très attendue et que j'ai honteusement mis six mois pour m'y replonger ... Eh bien, le plaisir n'a pas été boudé et la patience récompensée !
Premier constat : c'est toujours aussi fou, aussi virevoltant, aussi délicieusement barré, même dans les situations les plus désespérées. Nous retrouvons Eugénia, flottant sur des eaux inconnues, au milieu de nulle part, tandis que Oliver, la fée qui ressemble à Brigitte Bardot dans sa jeunesse, n'est pas au mieux de sa forme non plus. Tout va de mal en pis pour nos joyeuses héroïnes, et nous suivons leurs parcours en parallèle, avec gourmandise, ravissement et inquiétude aussi.
L'imaginaire de l'auteur fait encore une fois des merveilles, c'est bariolé, coloré, vif, éclatant. C'est même tellement rebondissant qu'on manque de louper le coche et de ne pas tout comprendre, mais ce n'est pas trop grave non plus, il y a toujours des branches qui bandouillent et qu'on peut saisir à la volée pour ne pas se paumer.
Je retiens de cette lecture un charme indéniable, une imagination débordante, un langage truffé d'expressions rigolotes et peu communes, en plus d'une galerie de personnages attachants et des personnalités fortes, excentriques, qui ne manquent pas de bagout. Cette aventure déclinée en deux livres peut surprendre, à sa façon elle est délurée et indomptable, mais il y a une telle fraîcheur et un désir de raconter une histoire originale que ce serait dommage de ne pas s'y intéresser. Je recommande donc cette découverte à tous les amateurs d'univers enchanteurs et à l'humour décalé.

Eugénia et le Crépuscule des fées, par Emmanuelle Caron
Médium de l'Ecole des Loisirs, 2011 - illustration de couverture : Loren Capelli 

Posté par clarabel76 à 19:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

“Clare. Give me a reason to stay.”

IMG_7299

Voilà donc la suite de Visions, un premier roman très enthousiasmant, qui savait mêler avec dextérité la romance au suspense policier. Nous renouons avec Claire et sa famille dont les capacités de voyance suscitent toujours la curiosité à Cape Cod, la saison estivale tire sur sa fin et le lycée est chamboulé par la nouvelle de la disparition d'une élève de dernière année. La mère de cette fille est aux abois, la police n'a pas ouvert d'enquête parce que tous les indices laissent penser à une fugue, mais Claire va accepter de l'aider.
L'affaire est vécue de façon plus distancée cette fois-ci, Claire n'est pas personnellement concernée, même si son frère Perry fait toujours grise mine et s'enferme dans ses secrets, son attitude dérange et l'ambiance à la maison n'est pas à la fête. De son côté Claire se découvre une soudaine popularité à l'école, avec toute une bande de copines et des projets de sorties entre filles, plus ses déboires sentimentaux qui font doucement sourire (franchement, choisir entre Gabriel et Justin relève du casse-tête chinois, c'est mignon, pas du tout agaçant, les deux garçons se valent et le choix à la fin ne décevra pas grand-monde...  je pense!).
Néanmoins, on trouve une nouvelle donnée dans ce livre avec l'apparition d'un admirateur secret, qui fait livrer des fleurs ou d'autres cadeaux à Claire, au départ la jeune fille prend ça à la légère avant de réaliser que c'est une attitude malsaine et qui fiche la frousse. Et là, franchement, j'ai trouvé l'auteur futé dans sa tactique, parce qu'elle a su détourner notre attention alors que tous les indices sont sous notre nez, elle nous balade doucement mais sûrement, et c'est un peu bêtement qu'on découvre le dénouement, pas que celui-ci soit renversant, mais ... bon.
Bref, je me suis prise au jeu, j'ai tremblé et suspecté tout le monde, j'ai connu ma valse des hésitations et des préférences avec les amoureux de Claire. Malgré tout, j'ai trouvé que c'était moins excitant que la première fois. (On retrouve les mêmes codes et recettes, c'est souvent le cas avec ce genre littéraire. Au début c'est neuf et séduisant, après ça se répète... d'où une petite déception.) Il n'en demeure pas moins que j'ai beaucoup aimé ces deux romans de Kim Harrington (surtout le premier), ils sont frais et pétillants, l'héroïne est une chic fille, les intrigues sont rondement menées, ne vous attendez pas à une révolution non plus, mais ce sont des livres qui ont tout compris du genre qu'est le thriller romantique. A la lecture, c'est parfaitement efficace !

Perception, par Kim Harrington
Seuil jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Perrin 

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21/04/12

You can dance, you can jive, having the time of your life...

IMG_7298

L'idée de base du roman est tellement tentante : pouvoir parler à celle qu'on était trois ans plus tôt, la prévenir des erreurs à éviter, des mauvaises rencontres à contourner, des devoirs à travailler, des efforts à fournir, etc. L'avenir n'en serait-il pas meilleur ? C'est ce que cherche à nous raconter ce roman. Devi se trouve au centre commercial au moment où son téléphone valdingue dans une fontaine. L'appareil n'est pas mort, mais une nouvelle option s'offre à elle : être en ligne directe avec l'adolescente qu'elle était, en seconde.

C'est trop beau pour être vrai, Devi a 17 ans et demi, son coeur est brisé par la faute de son petit copain, elle choisit de prévenir son passé de ne pas sortir avec ce garçon. Et c'est là que tout s'emballe, son présent se modifie au fur et à mesure que la Devi de 14 ans opère des changements, ces derniers ont des conséquences plus ou moins lourdes, de quoi exciter notre héroïne, jamais contente, toujours à l'affût, elle-même déstabilisée par une vie de tous les jours qui ne cesse de connaître des soubresauts. Les Devi sont à la fête, car faire la navette entre le passé et le présent a de quoi vous donner le tournis !

Pour le lecteur, c'est une vraie partie de plaisir. C'est surtout la découverte des situations nouvelles qui s'offrent à la Devi du présent qui sont hilarantes, un jour elle est réconciliée avec ses meilleures amies, l'heure d'après elle embrasse un type, quelques temps plus tard c'est une autre histoire, et tout ça avec l'expérience du vécu qu'elle croyait sien jusqu'à présent (c'est très compliqué, je sais !).

L'intrigue est virevoltante, jamais reposante, heureusement elle montre aussi qu'on ne peut pas toujours jouer avec le destin, et qu'en voulant changer le passé on bouleverse certaines cartes en générant des crises d'une autre envergure. La valse des lettres pour les entrées à l'université, par exemple, est un excellent point de repère quant au tourbillon que vit Devi. C'est aussi devenu le leitmotiv de notre héroïne en Terminale, à tel point qu'elle finit par harceler son double plus jeune.

Et la question se pose : jusqu'où peut-on dicter sa vie, s'empêcher de s'en remettre au hasard, accepter les coups du sort, admettre que cela fait partie du jeu aussi... car c'est à partir de ses erreurs qu'on apprend à se construire ! C'est sur cette note que le roman se boucle, d'ailleurs : non, on n'échappe jamais à son destin. Voilà de quoi faire réfléchir et s'interroger sur qui l'on est et ce qu'on le veut dans la vie (à part grandir !).

Parle-moi !, par Sarah Mlynowski
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Claudine Richetin 

20/04/12

A la rencontre de Tranche-Trognes & Akissi

IMG_7296

Déjà le retour d'Akissi (alors que je désespère après celui de Bienvenue...), ne nous privons pas d'un tel plaisir ! Akissi est une fillette rigolote et intrépide, à qui il arrive toujours de folles aventures. Cette fois, elle part en vacances avec son frère chez leurs grands-parents. Connaissant le tempérament hardi de l'héroïne, il faut s'attendre à une série de péripéties tumultueuses : ça commence d'ailleurs par un vol plané de mouton (le car transportant les vacanciers roule à toute berzingue et finit par crever un pneu, le mouton sur le toit est expédié dans la nature), et ça continue dans un cadre de vie charmant, à la campagne, mais où il n'y a pas de toilettes privées. Pour se soulager, il faut courir dans la nature, creuser un petit trou pour y déposer ses besoins... et éviter les sangliers qui raffolent de la bonne sauce graine de mémé.

Ce sont en tout sept histoires pétillantes et survitaminées, au cours desquelles mémé va tomber dans les pommes par la faute d'une coco et la cousine Fernande va récolter d'un cheveu flamboyant (Akissi, tu es trop petite pour jouer avec les bougies !). Akissi par ci, Akissi par là... ce sont des vacances qui promettent monts et merveilles pour l'entourage de la fillette (et aussi pour le lecteur, nous on rigole même si on plaint la famille devant l'ampleur des catastrophes). La lecture est toujours aussi amusante, les personnages sont sympathiques, les situations sont savoureuses et ne manquent pas de nous surprendre. Et parce qu'elle est la championne des bêtises, Akissi est une héroïne envers laquelle les jeunes lecteurs s'identifient facilement! 

Akissi, tome 3 : Vacances dangereuses, par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin 
Gallimard, coll. Bayou, 2012 

Autre nouveauté, particulièrement rigolote :

IMG_7297

L'arrivée du nouveau bourreau ne bouleverse pas les foules au village (on le confond au départ avec le nouveau bouffon !), mais Tranche-Trognes a de l'ambition à revendre ... en plus d'un manque de jugeotte évident. Dès sa première mission, il tombe sous le charme de la sorcière Abigaëlle (cette dernière lui a jeté un sort et s'amuse désormais à allumer la flamme de l'espoir en chantant les louanges de l'amour courtois). Pauvre Tranche-Trognes, avec un nom pareil il était voué à son destin, et c'est finalement celui-là même qui lui joue des mauvais tours. Bourreau aveuglé par l'amour, il ne comprend pas que sa dulcinée interfère dans ses mandats pour sauver la peau des condamnés ou sauver la mise de ses soeurs les sorcières (la chasse est ouverte !). Tranche-Trognes est également assisté par son neveu, Crépin, troubadour de son état, au grand dam de la famille, d'où un petit séjour chez le tonton pour lui mettre du plomb dans la cervelle...  

J'avais déjà apprécié le tandem Christian Jolibois - Joëlle Passeron via sa série Lucy poids plume, je retrouve leur ton humoristique et déjanté à travers cette comédie burlesque, qui offre une incursion fantaisiste dans le folklore du Moyen-Âge. C'est une lecture tendrement décalée, mais vraiment divertissante. Je suis partante pour la suite ! 

Tranche-Trognes, tome 1 : Artisant bourreau par Christian Jolibois et Joëlle Passeron
Gallimard, coll. Bayou, 2012 
-) les 10 histoires ont été prépubliées dans le magazine Moi je lis !  

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


19/04/12

Un souhait d'amour s'impose tandis que la pâte repose...

Peau d'Âne, c'est MON histoire de quand-j'étais-petite, pas loin d'être mon histoire préférée, surtout parce que j'aimais le film avec Catherine Deneuve d'un amour candide. En vieillissant, j'ai relu l'histoire d'un oeil différent (cette histoire de père qui veut épouser sa fille... brrr !) mais je reste attachée à ce joli conte. 

IMG_7291

Un veuf éploré jure sur le lit de mort de son épouse de ne jamais se remarier, sauf si sa nouvelle femme est plus belle et plus sage que la défunte. Les années passant, le roi réalise que seule sa douce fille répond aux critères exigés, lui vient donc la lubie d'épouser sa progéniture. La princesse est effrayée, sa marraine la fée hurle par tous les saints que ce mariage est impossible, mais pour ne pas effaroucher l'homme à l'orgueil piqué, mieux vaut adopter une rebuffade en souplesse. C'est ainsi que la jeune fille passe commande de plusieurs robes, des robes qui doivent répondre à ses désirs les plus fous, comme une robe couleur du temps ou couleur de lune, mais le tailleur du roi accomplit tous les miracles. En dernier recours, la marraine suggère de sacrifier l'âne du roi (celui qui proute de l'or) afin de se parer de sa peau. Erk ! 

Face aux accomplissements de tous ses caprices, la princesse panique et décide de fuir le château. Elle devient une souillon dans une ferme où elle s'occupe des cochons. Un jour, un jeune prince aperçoit son charmant minois et tombe fou amoureux d'elle. Il se languit d'amour et brûle de la revoir, il demande alors qu'on lui confectionne un cake d'amour, manque d'avaler un anneau d'or spécialement glissé dans la pâte par Peau d'Âne elle-même, puis il convoque toutes les donzelles du royaume pour trouver sa promise...

Ce qui me ravit dans cette nouvelle édition, ce sont les illustrations de toute beauté de Charlotte Gastaut, avec un pantone doré sur chaque page (je viens d'apprendre ce nouveau terme, je ne connaissais pas). Cela rend l'histoire encore plus précieuse et l'album plus luxueux. C'est fascinant et apporte une véritable portée poétique à l'histoire (texte adapté par Kochka, une valeur sûre).

IMG_7292  IMG_7293

Les robes de Peau d'Âne correspondent à merveille à notre imaginaire ! C'est splendide, parfaitement réussi. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Peau d'Âne, adapté par Kochka d'après Charles Perrault, illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor, 2012 

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

“I'm not stupid, stupid. Leave this whole thing in my extremely capable and well-manicured hands.”

IMG_7288

On ne pourra pas reprocher à ce tome d'apporter des solutions faciles et précipitées, parce qu'il faut reconnaître que l'histoire s'étire un peu en longueur (c'est le risque, quand on se lance dans une série à rallonge, snif !). Nous retrouvons donc Zoey en sale posture : son âme a été brisée et s'est envolée vers l'Au-Delà tandis que son enveloppe corporelle est restée sur Terre. Il va sans dire que ses jours sont comptés et que tous ses proches sont désespérés, mais déterminés à la sauver. Stark décide donc de la rejoindre, et c'est Aphrodite, assistée de Stevie Rae (je ne me résous pas à la considérer en tant que Lucie dans l'édition française), qui va lui apporter toutes les combines.

Bon, rien ne se déroule en un claquement de doigts, c'est long mais ça permet aux auteurs de développer une belle mythologie, originale et enrichissante. Par contre, j'ai trouvé l'ambiance bizarre, plutôt spirituelle en fait, comme une conséquence aux évènements dramatiques qui bouleversent la série. On suit une Zoey éplorée, bouleversée d'avoir perdu son meilleur ami, préférant se réfugier dans son cocon pour ne pas affronter la triste réalité. Stark démontre aussi un formidable sens de l'honneur et du sacrifice, j'avais déjà souligné ô combien sa dévotion m'effrayait un chouïa... ça se confirme ici !

Livrée à elle-même, Stevie Rae se révèle une personnalité marquante et pratiquement incontournable, et bien entendu elle est confrontée à ses propres tourments sentimentaux, là je ne suis pas sûre d'adhérer à la sauce, mais Rephaïm est tout de même un être fascinant. Grand absent, Kalona n'en demeure pas moins impérieux et redoutable, tout comme Neferet, qui tisse sa toile en coulisses. Bref, cette série n'en finit pas de surprendre et de varier les tonalités dans sa gamme d'émotions... On passe des doutes à l'inquiétude, de la tristesse à la morosité, de l'ennui à l'excitation. Ce n'est probablement pas le meilleur tome lu jusqu'à présent, mais l'intrigue est toujours prenante.

House of Night #7 : Burned - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Brûlée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2012

18/04/12

"Don't forget the world isn't black or white," he said. "It's grey and if someone tells you otherwise, they're lying."

IMG_7148

Dans cette suite à Magie de feu, Lily prend une part plus active au sein des Adeptes mais n'en demeure pas moins ignorante quant aux secrets du monde obscur qu'elle côtoie avec Scout, Jason et Michael. C'est finalement en la présence de Sebastian qu'elle réalise que le monde n'est ni tout noir, ni tout blanc, et que certaines vérités lui seraient volontairement omises pour la préserver (les activités de ses parents, par exemple, mais aussi la nature profonde de Jason, l'école Sainte-Sophia elle-même et ses gargouilles, les séquences où Scout s'isole et ne partage pas ses secrets...). Il y a vraiment matière à proposer une lecture chargée en énigmes, avec une petite touche romantique et une grosse louchée d'humour, mais hélas j'ai été un peu moins séduite par cette suite.

L'histoire évolue lentement, c'est même assez simpliste et banal (la plupart du temps il s'agit de suivre la routine de jeunes gens qui vont à l'école, sortent entre amis, se taquinent, se plaisent, prennent leur petit déjeuner, vont en cours, se prennent la tête avec les snobs du groupe...). Cela reste très sympathique et amusant à lire, mais c'est un peu léger. Et je déplore aussi les trop rares apparitions de Sebastian, bien que j'imagine que cela participe à son charme mystérieux. Il est temps de bousculer tout ce petit monde, de brouiller encore les pistes et de générer une véritable excitation avec plus d'action et de révélation. J'espère que ça se développera dans ce sens dans le tome 3 (peut-être le dernier tome de la série, à ce jour l'auteur n'a pas confirmation car seules les ventes motiveront la signature d'un nouveau contrat, ou pas.) !

Dark Elite 2. Marque de l'ombre - Chloe Neill
Castelmore, 2012. Traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 
-) le tome 3 sort en juin !  

Posté par clarabel76 à 17:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

“I learned long ago that it does no good to think too far into the future. There is only here. Only now.”

IMG_7224

Cette suite est toujours aussi sombre et pesante, ce qui lui confère définitivement tout son charme ! Lia et son amie Sonia se sont réfugiées à Londres, avant d'entreprendre un voyage jusqu'à une île nommée Altus, afin de retrouver les pages manquantes du livre légué par son père. La prophétie a éloigné les deux soeurs, Alice a basculé dans la magie noire et son âme est dévorée par la jalousie et la folie. Lia prend aussi conscience qu'une réelle menace pèse sur elle et ses proches, d'ailleurs ça ne manque pas et un nouvel élément vient brouiller les pistes. Lia doit repenser son voyage, revoir sa confiance, surveiller son sommeil durant lequel ses rêves l'emportent vers des ailleurs terrifiants.
Un nouveau personnage fait également son apparition : Dimitri Markov. C'est peu de dire que sa relation avec Lia relève du coup de foudre. J'aime beaucoup, je me demande ce que tout ça va donner, pour l'instant je suis totalement séduite par les qualités, assez rares en jeunesse / young adult, de cette série : un rythme nonchalant, une atmosphère mystérieuse et un brin inquiétante, un cadre gothique, des personnages complexes et attachants, bref c'est envoûtant !

Maudites, tome 2 par Michelle Zink
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2010 - traduit de l'anglais (USA) par Laurence Kiefé
le tome 1 est disponible en Livre de poche 

17/04/12

“In the end you can't always choose what to keep. You can only choose how you let it go.”

IMG_7223

Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé cette suite de Promise, notamment parce qu'il est permis de mieux découvrir la personnalité de Ky, ce garçon qui fait battre le coeur de Cassia, l'héroïne. L'histoire est d'ailleurs racontée de leurs deux points de vue, car leurs parcours sont exposés en parallèle et tendent à se rejoindre.
Exilé dans les Provinces Lointaines, Ky va s'enfuir avec un compagnon d'infortune pour regagner le village dans les montagnes où il a grandi avec son père. De son côté, Cassia s'est portée volontaire dans un camp de travail et va s'échapper avec une autre fille dans le Labyrinthe afin de retrouver Ky.
Pendant une grande partie du roman, on suit leurs chemins de croix, et c'est loin d'être inintéressant. On se rend vite compte que l'histoire travaille en sous-marin, que l'intrigue est beaucoup plus roublarde qu'en apparence et que d'étonnantes révélations vont apparaître pour nous empêcher de penser que les jeux sont faits (des nouvelles idées apparaissent avec le mythe du Pilote et le mouvement révolutionnaire baptisé le Soulèvement que Cassia veut à tout prix rejoindre).
C'est probablement parce que l'histoire se passe dans un cadre totalement différent du premier tome (un milieu poussiéreux, dangereux, parsemé d'embûches, hanté par des fantômes et des souvenirs), que je me suis passionnée pour cette suite. Il y a une réelle évolution, c'est beaucoup plus riche et intriguant, les personnages aussi s'étoffent, je trouve que ce tome 2 a permis au caractère de Cassia d'acquérir davantage de force et de détermination. Même le personnage de Xander, pourtant peu présent dans le roman, n'en est pas moins imposant et mystérieux.
Très franchement, j'ai trouvé cette suite bien meilleure et plus grisante pour l'avenir, promettant une série nettement plus palpitante qu'elle ne paraissait à ses débuts.

Insoumise, par Ally Condie smileyc219
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Vanessa Rubio-Barreau