15/10/12

“Are you suggesting a woman is some sort of … piece of fruit to you? One squeeze, and you know if she’s ripe?”

IMG_8022

Rien ne prédestinait Amelia d'Orsay à rencontrer le sémillant duc de Morland, autrement surnommé le duc de Minuit. (Celui-ci honore de sa présence chaque bal en se pointant aux douze coups de minuit, danse une valse avec une partenaire au hasard puis regagne son domaine en toute discrétion.) Amelia est issue d'une famille noble désargentée, elle a vingt-six ans et un physique quelconque. Elle a donc coutume de faire tapisserie !

Et puis, ce soir-là, elle danse avec le duc, elle se veut audacieuse et spirituelle, l'homme est troublé et veut s'échapper, mais elle s'accroche. Alors il la prend à bras-le-corps et quitte la salle. Dans la foulée, deux hommes viennent prévenir Spencer qu'un membre de leur club de gentlemen, le Stud Club, vient d'être assassiné dans les rues de Mayfair. Tout ce petit monde est en émoi, mais discute jetons et chevaux avant de se rendre chez Lily Chatwick que l'un d'eux doit épouser pour l'honneur !

Cela ne fait pas 50 pages, il me semble, que l'intrigue vole déjà dans tous les sens et j'adore ça ! La relation qui va naître entre Spencer et Amelia démarre sur les chapeaux de roue, jamais elle ne faiblira, elle sera passionnelle et tumultueuse, ou je ne m'y connais pas. Le duc est un homme froid, orgueilleux, un vrai Darcy en puissance, il masque ses faiblesses, ses sentiments, il est parfois sec et rabat-joie, mais quel homme ! En face, Amelia ne lâche jamais prise, elle craint de tomber amoureuse, suite à leur accord, et fait tout pour tenir son prétendant à distance (peine perdue). Rarement une romance ne m'aura autant donné l'occasion de sourire comme une bécasse, de hausser les sourcils, de pouffer, de grincer des dents, de cligner des yeux comme une allumée. Tout ça pour dire que j'ai adoré !

Le Club des Gentlemen, tome 1 : Valse de minuit, par Tessa Dare
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Cécile Ardilly


Betrayed by a kiss on a cool night of bliss

IMG_8019

Sans le vouloir, l'héroïne, Gabrielle Jerningham m'a fait beaucoup rire ! Décrite comme étant potelée et maladroite, elle rebute son fiancé attitré, Peter Dewland, qui a honte d'elle et refuse de l'épouser. C'est donc l'autre frère, Quentin alias Quill, qui se dévoue. Son problème, c'est qu'il a été accablé par une terrible maladie et doit désormais ménager ses efforts (physiques) pour éviter toute migraine. En gros, il est incapable d'accomplir ses devoirs conjugaux et d'offrir un héritier à sa lignée. Huhuhu.

On n'en finit plus de nous le présenter comme un type sombre et taciturne, sauf qu'il en pince pas mal pour la petite Gabrielle, dont la fraîcheur et la naïveté le comblent honteusement. Elevée aux Indes par un père excentrique, Gabby découvre les coutumes et moeurs anglaises avec une franche innocence. Pour masquer sa vulnérabilité, elle ne cesse de bavarder sans réfléchir. Bref, c'est l'association de deux individualités totalement opposées. Donc, forcément ça ne peut que coller !

Et pourtant... Au final j'ai été plus que déçue par ma lecture, parce qu'elle ne ressemble à rien, c'est excessif et ridicule à plus d'un titre. C'est dommage, car il y a des passages où la maladresse de Gabrielle prend des tours inattendus et offre de grands moments de rigolade (la scène du décolleté pigeonnant, par exemple) ! Une prochaine fois, peut-être, c'était le premier titre d'Eloïsa James que je découvrais, j'espère que le suivant ne me décevra pas autant.

Plaisirs interdits, par Eloïsa James
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, rééd. 2012 - traduit par Catherine Plasait

13/10/12

“Would you play the gallant and find me a glass of lemonade?" "I assume 'lemonade' is code for wine?”

IMG_8011

Marissa a choisi de se débarrasser de son encombrante virginité en couchant avec un soupirant mais refuse de l'épouser ! La famille York pousse des cris d'orfraie et réclame des fiançailles avec le premier venu : ce sera Jude Bertrand, un ami proche, rejeton des amours d'une courtisane et d'un duc.

Le hic, c'est que Marissa trouve qu'il a un physique de jardinier, la demoiselle est superficielle et apprécie la beauté. Elle aime les mignons, qui ont de belles cuisses moulées dans leurs culottes, c'est avec eux qu'elle flirte en toute impunité. Ses frères lui font de gros yeux, sa mère tombe dans les vapes, mais Jude ne s'offusque pas : il la met au défi de se rendre irrésistiblement désirable. A l'entendre, elle ne pourra plus se passer de lui !

Que de prétention, que d'arrogance ... et que d'inconvenance aussi ! En gros, c'est génial ! Voilà une romance impertinente et coquine, dont le succès repose entièrement sur la magie du couple  (une héroïne chipie et un héros aux répliques mordantes, *applause*). J'ai adoré ! C'est drôle, sexy, effronté et charmant. (La parfaite petite lecture en ce weekend pluvieux.)

La Famille York, tome 1 : Coeur rebelle, par Victoria Dahl
Milady, coll. Pemberley, 2012 - traduit par Constance de Mascureau

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12/10/12

Prends garde à toi méchante ogresse : y'a des filles qui sont malignes !

En ce moment, c'est carrément la folie avec toutes les nouveautés, je ne sais plus où donner de la tête, tout me fait envie, envie de lire, de découvrir, de partager, voici déjà un échantillon ! 

IMG_7933

D'un seul coup d'oeil j'ai reconnu qu'il s'agissait des illustrations de Nathalie Choux, hmm, j'adore ! Cette couverture me plaît infiniment. Plus une seconde à perdre, je glisse le CD dans un lecteur et je m'installe. J'ouvre l'album et j'attends... Rhooo, quelle surprise ! les deux conteuses que sont Fabienne Morel et Debora Di Gilio m'enchantent aussitôt ! Avec leur accent chantant, elles rendent cette lecture truculente et pittoresque ! J'étais sur un petit nuage, plus que comblée.

L'histoire est une version détournée du Petit chaperon rouge. Nous avons une fillette qui se rend chez sa grand-mère, avec un panier de beignets, pour récupérer la poêle qui sert à faire les crêpes. L'ogresse poilue croise son chemin, la fillette ne s'en méfie pas et livre, sans savoir, sa mémé aux flammes de l'enfer. Bref, la suite est drôlissime, l'enfant trouve effectivement que sa mémé est différente, elle ne cesse de poser des questions et l'ogresse y répond sans se départir. Alors, tous ces poils sur les bras, les mains, la poitrine, c'est un peu la faute des bijoux et des talons hauts, par exemple... Et les commentaires ne s'arrêtent pas là, parce que la fillette est butée, pas si naïve. Mais pourquoi l'ogresse se retient-elle de ne pas l'engloutir en souper ?!  

L'histoire n'est qu'une succession de petits plaisirs et de gloussements de rire, c'est franchement hilarant, merveilleusement bien raconté et mis en scène, en plus des illustrations rondes et colorées de Nathalie Choux, cet album ne peut que remporter tous les suffrages ! Durée du CD : 16 minutes approximativement. Fabienne Morel et Debora Di Gilio forment le pétillant duo Huile d'olive & Beurre salé.

L'ogresse poilue, par Fabienne Morel et Debora Di Gilio (illustrations de Nathalie Choux)
Syros, 2012

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Mademoiselle Zazie en folie !

IMG_7919    IMG_7923

Cette édition, avec couverture cartonnée à rabat, comprenant 1 crayon et d'autres surprises, réunit 4 histoires de mademoiselle Zazie + une inédite.
L'occasion de :
-) faire connaissance avec cette héroïne espiègle et au charme fou (si ce n'est pas déjà fait)
-) compatir avec son meilleur pote Max (vous apprendrez par la suite qu'il peut se révéler goujat à ses heures perdues)
-) s'intéresser à l'étude des Avec-Zizi et des Sans-Zizi (hihi ! étude fondamentale...)
-) ricaner sans honte en découvrant *une tête de maîtresse qui se demande si les enfants ne sont pas devenus fous*
-) lire et relire des aventures rigolotes (au cas où vous ne l'auriez pas compris)
-) accompagner le délire de Zazie qui veut un bébé  (oui, oui, il est bien question de câlinous !!!)
-) faire porter une robe à Max ! (bravo Zazie)
-) découvrir le Love Burger, nouvelle histoire qui ne compte pas d'illustrations, snif, mais des mots cachés à découvrir avec le révélateur magique (alors, oui, d'accord, les enfants s'amusent mais moi j'ai regretté que cette histoire dénote du ton habituel, pas d'illustrations, non vraiment ça ne se peut pas !)

A été lu par ma grande fille, toujours fidèle à ses premières amours.

IMG_7922

Bon, alors, si vous connaissez déjà, considérez que ce livre-coffret sera un parfait collector, sinon il faut l'offrir autour de vous car la demoiselle Zazie et son pote Max sont deux champions de la littérature enfantine à adopter d'urgence. 

Mademoiselle Zazie en folie ! par Thierry Lenain & Delphine Durand (illustrations)
Nathan, 2012

Posté par clarabel76 à 11:15:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Un enfant comme les autres. Presque comme les autres. #2

Emile est de retour ! Youhou ! *danse de la joie*

IMG_7993    IMG_7994    IMG_7995    IMG_7997

Deux nouveaux titres et quelques aperçus plus tard, voici donc le retour de l'enfant terrible. Emile veut faire la fête, mais pas inviter une horde de copains qui vont tout dévorer et lui piquer ses jouets. Il veut aussi un anniversaire en avance, du moins c'est selon le cadeau qu'on lui offre. Emile veut aussi un plâtre. Bah oui. Histoire de prouver que c'est un dur et qu'il est à plaindre. Par contre, il ne faut ni bosses ni sang ni coupures ni plaies ni fractures ... Vouloir un plâtre, ça ne veut pas dire vouloir se faire mal. Non mais oh.

Je suis toujours aussi fan de ce cher Emile, il n'y en a pas deux comme lui ! Ce garçon est impayable (enfin, c'est sa bouille qui est impayable, et puis ses expressions d'éternel imperturbable, ha ! ha !). Jamais il ne sourit. Tout se passe dans le regard ! Et les petites répliques en accompagnement valent le détour... Humour pince-sans-rire, mais humour ravageur.  Bref. J'aime Emile. 

Emile fait la fête / Emile veut un plâtre, par Vincent Cuvellier et Ronan Badel
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

11/10/12

Les fées, les ours et moi

IMG_8530

La valise de Papa est posée dans le couloir. Il part en voyage en Afrique. Tout à l'heure, Lola l'aidera à préparer ses bagages, mais pour l'instant elle a un grave mystère à résoudre : les ours en peluche ont disparu. Ils s'appellent Kika, Neige et Bibou. Ils ont longtemps habité sur une étagère où ils s'ennuyaient, jusqu'à ce que Lola vienne les délivrer, avec l'aide des fées. Ce sont des ours un peu vieux, et un peu fragiles, ils n'ont pas pu quitter l'appartement tout seuls. Lola se demande si les fées ont emmené les ours jouer sans elle. - Les fées n'existent pas, lui dit Tom, son frère. Bien sûr que les fées existent. Avril, la voisine, les a vues de ses yeux.

Un petit roman tout doux, à l'histoire étrange et fantaisiste, portée par les jolies illustrations de Kimiko.

Les fées, les ours et moi, par Kéthévane Davrichewy - illustrations de Kimiko
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2012

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Assez de ce monde qui tourne de travers. Rien, personne ne polluera cette journée. C'est décidé. Craché, juré !

Arthur aimerait un peu de calme et de douceur. Il aimerait juste un peu de tranquillité. Il aimerait croire un instant que le monde recèle de la magie et aussi de l'humanité. Il aimerait qu'on lui raconte des histoires légères qui montrent des visages amusés ou riants. Il aimerait croire que le bonheur est un mot, un vrai et pas seulement quelques lettres qui n'ont pas de sens. Arthur aimerait être tranquille, et pourquoi pas, joyeux.

IMG_7925

Quelle petite merveille de douceur et de vérité ! Enfin une histoire qui met des couleurs dans la tête et qui redonne un sens au mot BONHEUR. Autour de nous, il n'y en a que pour les mauvaises nouvelles, on accumule les drames, les angoisses, c'est sinistre et déprimant. On en oublierait presque qu'il existe un droit au bonheur ! Arthur a donc choisi de s'échapper et de profiter de la vie autour de lui, il regarde passer une procession de chenilles, écoute les rossignols énamourés se susurrer des chansonnettes avec coquinerie, puis rencontre Alice la merveilleuse et vole à ses côtés dans une montgolfière. Ensemble ils évoquent les voyages, les rêves, l'autre côté du miroir. Ils partagent chocolat, biscuit chocolat et bonbons chocolat, avec du rose aux joues, et ils échangent un baiser, des promesses, parlent d'amour.  

Enfin voilà, c'est beau, c'est poétique, c'est contemplatif. Cet album nous rappelle qu'il est permis d'être heureux et d'oublier le reste du monde, qu'il faut aussi apprendre à regarder le monde autrement, un monde où fruits, fleurs et baisers fondent sous la langue, dans le bonheur d'exister. Que de délicatesse dans les mots de Julia Billet et dans les illustrations d'Alice Bohl ... c'est un mariage classique et élégant, vraiment magnifique !

- Tu crois, toi, qu'il y a de la place pour nous dans tout ce fatras de drames, là-bas, en bas ?
- J'en suis sûre et certaine. Je sais qu'il y a le devant mais aussi le derrière des choses : j'en connais quelque chose ! Il suffit de prendre le temps de faire des détours et aussi, de ne pas se laisser hypnotiser par les images dans les boîtes ou sur les murs des villes. Elles viennent souvent cacher mille autres images, bien plus belles. 

 

Une bonne nouvelle, par Julia Billet & Alice Bohl (Océan Ti Lecteurs, 2012)

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

“We're the same. Two sides to the same coin.”

IMG_7991

L'action reprend exactement là où nous l'avions laissée à la fin de Lueur de Feu. ** spoilers - spoilers ** Cassian a retrouvé Jacinda, mis en déroute les chasseurs et reconduit la jeune fille et sa famille au sein du clan. Un miracle s'est produit, avec la manifestation de Tamra, désormais un draki estompeur. Elle a ainsi pu effacer la mémoire de Will et des siens pour prendre la fuite. C'est donc un retour en disgrâce pour Jacinda, le clan lui fait chèrement payer son histoire d'amour avec un humain, seul Cassian continue de lui manifester intérêt et protection.

J'adore cette série ! C'est un plaisir coupable sur toute la ligne, mais j'assume complètement. Cette suite cherche à raconter les moeurs des Drakis, une communauté très fermée, dictée par des règles strictes et archaïques. On a envie de compatir avec Jacinda pour toutes les épreuves infligées, mais dans le fond on ressent également de l'agacement pour son personnage. La jeune fille se montre égoïste, bornée et stupide. Elle est totalement obsédée par Will, un jour elle se résoud à l'oublier, le lendemain elle réalise que c'est impossible, qu'elle l'aime en dépit de tout, malgré les interdictions. Bref, c'est pire qu'une girouette et c'est gonflant ! C'est finalement sa soeur Tamra qui se dévoile, plus sensible, plus touchante, plus forte aussi. Toutes ces années à être traitée avec indifférence ont forgé son caractère, en bien. Par contre, le titre français induit le lecteur en erreur, car je n'ai nullement constaté de rivalités entre les deux soeurs. Au contraire, leur relation gagne en connivence. En fait, c'est juste un prétexte pour Jacinda de résister à Cassian, son élu désigné par les Anciens. Alors lui, vraiment, il ne se contente pas d'être beau et fort, il est vaillant, stoïque, conquérant. Pour une raison que j'ignore, il est dingue de Jacinda et fait tout pour la protéger ! Pfiou, petit coeur en émoi...

J'ai donc trouvé ce deuxième tome aussi bon que le premier, avec des passions interdites et folles et sauvages (on comprend mieux lorsqu'on sait que Sophie Jordan écrit beaucoup de romances pour adultes ! elle a le chic pour décrire les émois sentimentaux et les contacts physiques qui filent des frissons partout ! hihi). J'ai ressenti mille sensations en lisant ce livre, ne voulant jamais le reposer pour souffler, j'aime l'histoire, j'aime les personnages, j'aime râler et pester et soupirer, enfin c'est tout ce que j'attends d'une série : enthousiasme et distraction.

Lueur de Feu, tome 2 : Soeurs rivales, par Sophie Jordan
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit par Alice Marchand

Posté par clarabel76 à 07:45:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

10/10/12

“What are we, if not an accumulation of our memories?”

IMG_7928

Une femme se réveille dans un lit, la mémoire en vrac. Un homme dort à côté d'elle. Un sentiment de frayeur la gagne aussitôt. Dans le miroir de la salle de bains, son image lui fait pousser des cris d'effroi : elle a vingt ans de trop. Qu'est-ce que cela veut dire ? Et c'est ainsi, chaque matin, le même rituel. Christine souffre d'une amnésie rare (elle n'a plus aucun souvenir et ne peut stocker de nouvelles données). Elle a été victime d'un accident à l'âge de vingt-neuf ans, le temps a passé, la mémoire aussi, désormais elle tente de se reconstruire et de s'accrocher à sa vie en cherchant à comprendre. La lecture de son journal l'aidera peut-être à débroussailler son esprit ravagé. Jour après jour, Christine doit enregistrer les mêmes informations. Son présent est morne, son passé est évanoui, elle tente de cerner les ombres, de combler les vides et cherche à reconstituer le puzzle. C'est long, troublant, assez répétitif, tous les matins elle repart de zéro, doit encaisser le même choc et ainsi ingurgiter vingt années d'une vie qui s'est déroulée sans elle. Alors pourquoi un tel traumatisme ? qu'est-ce qui a pu provoquer son accident ? pourquoi son mari Ben refuse de rencontrer les médecins ? Quel est le vrai du faux, en somme ?!

Car l'histoire, aussi habile et terrifiante soit-elle, nous plonge dans un climat de paranoïa d'où germe un sentiment de doute qui ne fait que grossir. Heureusement j'aime être baladée de la sorte, ne plus savoir ce qu'il faut penser, se méfier de tout et de tout le monde, imaginer le pire scénario, craindre un dénouement encore plus tordu qu'il n'est en réalité. Tout du long, la tension psychologique est parfaitement maîtrisée. Le format livre-audio permet aussi une nouvelle approche de la lecture, c'est une expérience excitante et bien frustrante aussi, puisqu'il faut s'en tenir au rythme de la narratrice et qu'il est impossible de sauter des passages. Je l'avoue, parfois j'ai eu envie d'aller plus vite que la musique. Mais je ne regrette pas ce format non plus ! Pour info, le texte est lu par Françoise Cadol, la voix française d'Angelina Jolie et de Mary Alice dans Desperate Housewives. (Prévoir 11 heures d'écoute !)

Avant d'aller dormir, par S.J. Watson
Audiolib, 2012 (Livre audio 1CD MP3 - 644 Mo) ou éditions Sonatine, 2011
traduit par Sophie Aslanides / Prix  SNCF du polar-roman 2012

Posté par clarabel76 à 10:15:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,