02/10/12

Mais qui veut la peau des ours nains ?

Alors là, c'est TROP fort ! ! ! 

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Nous retrouvons nos sept ours nains, complètement accros à leur télévision, et Blanche Neige, avec ses bigoudis sur la tête, qui n'en peut plus de faire la popote et qui aimerait davantage qu'on s'occupe d'elle. Comprenant que son destin se trouve ailleurs, elle prend son baluchon et laisse en plan ses copains les ours. En chemin, elle croise Peau d'Âne et lui refile l'adresse. Mais le problème, c'est que les ours ne lui font pas du tout confiance (c'est quoi cette allure de souillon ?!). Tiens, ça ne loupe pas, peu de temps après, se pointe Barbe Bleue sous sa peau d'ours. Une peau de quoi ?! Oh misère, nos petits amis doivent fuir sur le champ. Alors, qui pourra leur venir en aide pour déloger ces deux intrus ? Les musiciens de Brême ou le Grand Méchant Loup ? 

J'adore cet univers complètement barré, où l'auteur s'amuse à détourner les contes traditionnels pour une histoire plus loufoque. Les expressions et les dialogues sont au poil ! Plus d'une fois j'ai rigolé comme une folle. C'est le 4ème opus de la série imaginée par Emile Bravo, après Boucle d'or et les sept ours nains, La Faim des sept ours nains et La Belle aux ours nains. Fous rires assurés ! 

Mais qui veut la peau des ours nains ? - Emile Bravo
Seuil Jeunesse, coll. La bande des Petits, 2012

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“My enemies are everywhere. And sometimes, those we least suspect turn out to be our biggest threats.”

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Je me suis replongée avec angoisse et excitation dans la série The Lying Game, avec ce deuxième tome qui s'inscrit dans la directe lignée du premier. Emma tente de résoudre le meurtre de sa soeur Sutton en se faisant passer pour elle, même si cela lui réserve toujours autant de désagréables surprises. Les jumelles ont des tempéraments opposés, Emma est donc décontenancée par le déferlement de haine et de jalousie qu'a su exacerber Sutton. Celle-ci, qui intervient in petto, est également spectatrice de sa pitoyable existence et prend conscience du mal qu'elle a fait autour d'elle, sauf que c'est un peu tard pour réparer les dégâts !

Ce deuxième tome va se focaliser sur les Jumelles Twitteuses et revenir sur l'incident du train, où Sutton aurait une nouvelle fois joué un rôle peu honorable. La pression est poussée à son maximum, car il est impossible de ne pas remettre en question l'honnêteté de tous les personnages, entre les copines qui se comportent comme des garces entre elles, les garçons qui sont trop beaux pour être vrais et dégainent habilement leur amertume au moindre faux pas, sans oublier les parents, pourquoi pas, leur rôle aussi est trouble et peut-être dangereux. Le climat est basé sur une telle tension psychologique qu'on n'a jamais l'esprit en paix. On doute de tout, et de tous.

Il y a notamment un passage où les filles partent en randonnée dans le désert et qui montre bien la perversité du scénario, car on a franchement les chocottes à ce moment-là. Les nanas sont de vraies folles, la frontière entre le jeu et l'enjeu est tellement mince, ce n'est plus étonnant que l'une d'elles ait finalement trouvé la mort ! Bref, pour ceux qui apprécient les ambiances angoissantes et les intrigues avec des noeuds impossibles à délier, voilà une série qui ne devrait pas les décevoir. On mord très vite à l'hameçon et on n'a qu'une envie, passer au chapitre suivant et en découvrir toujours plus, en supputant des tas de théories !

The Lying Game, tome 2 : Ne jamais dire jamais, par Sara Shepard
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduit par Isabelle Troin 

-) à découvrir : le nouveau morceau de -M- (sortie de l'album en novembre) youhou !!!

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01/10/12

"I know you can hear me. The guy I love is still in there. Come back to me."

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** Spoilers droit devant ! ** Nous retrouvons la spectrale Bianca et le très vampirique Lucas, condamnés à retourner à Evernight où Mrs Bethany, cruelle et impitoyable, promet de ne pas rester les bras croisés, avec ce sourire énigmatique et ce regard hautain plaqués sur le visage, pour bien longtemps ! En effet, elle prépare un projet fou en cherchant à emprisonner les fantômes ancrés aux humains. Pourquoi, comment ? Notre couple va se donner la peine de trouver des explications.

Ce n'est pourtant qu'une goutte d'eau dans un océan, pas seulement parce que l'ambition démesurée de la directrice représente une vraie menace pour toute l'humanité, c'est surtout la nouvelle condition du couple qui pose un gros dilemme. Ils ont été maudits, condamnés, seuls contre tous... Maintenant, ils sont pire que tout : immortels, mais sans espoir de vivre ensemble. C'est compliqué, je sais, mais si je lâche le morceau, ce ne sera plus drôle pour les prochains lecteurs.

En fait, j'ai trouvé ce dernier tome assommant de romantisme, de lyrisme et d'absolutisme... que du -isme gonflant dont certaines séries pour ados s'abreuvent, à tort, car cela représente tout ce qui me pompe l'air dans ce créneau ! Donc, vraiment dommage. Un peu d'humour, par exemple, ne fait jamais de mal. J'ai apprécié le retour à Evernight (l'académie me manquait), mais les idées sur l'immortalité, le retour à la vie, le mélange des sangs, les sacrifices et tout ça, pfff, j'ai eu du mal. Je regrette aussi la présence effacée de Balthazar, personnage qui deviendra le héros exclusif du 5ème livre, avec la jeune Skye Tierney, mais ce sera un roman totalement indépendant de la série. Donc, voilà la fin de l'histoire, sans surprise, sans éclat, et tellement sirupeuse. Finalement seuls les deux premiers tomes de cette saga valaient le coup d'oeil, le reste... c'est moyen.

Evernight (Livre IV), par Claudia Gray
Pocket jeunesse, 2012 - traduit par Cécile Chartres

“You’ll live forever and being remembered by you is the only immortality I’ll ever need if I only live on as a part of you – Bianca, that’s my idea of heaven.” 

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28/09/12

“Forget normal.” He grinned. “We’re going to be extraordinary.”

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** risque de spoilers ** Ce troisième tome fait suite aux tragiques évènements survenus précédemment, avec l'attaque de l'école, Bianca et Lucas sont en fuite, aux côtés de la Croix Noire. Techniquement, la position de la jeune fille est délicate. Aussi, elle affiche un profil bas et se contente de coller son petit copain du mieux qu'elle peut. Sa couverture est menacée dès lors que Balthazar a été capturé après un raid sanglant mené par Mrs Bethany.

Mais l'histoire ne tourne pas éternellement autour des intrigues secrètes au sein des tueurs de vampires, Bianca et Lucas veulent fuir, ce sont les amants maudits par excellence, lui est un traître aux yeux de ses proches, elle est un monstre à abattre, ils sont seuls contre le monde entier. Ajoutez aussi que Charity la folle est de retour en ville, toujours aussi cinglée et déterminée à se venger de son frère, sans oublier les spectres qui rôdent non loin de Bianca, lui susurrant qu'elle leur appartient, hein, il ne faudrait pas l'oublier, ses parents et elle ont des comptes à régler.

Enfin bref, tout ça nous place dans une configuration particulière, la mise en scène de ce tome est aussi très appuyée sur le mélodrame, mais vraiment, que de théâtralité ! La fin, surtout, décroche le pompon. C'est un peu dommage. On sort les violons, on tire les ficelles jusqu'au bout, on joue à fond avec la corde sensible, on en rajoute une couche avec l'amour impossible, huuuu, c'est moi ou c'est franchement pénible ? Parce que, dans tout ça, Bianca n'est pas une héroïne très digne ou remarquable, elle est plate, gnangnan, sans jugeote et passive. Alors je ne sais pas ce que j'attendais en vrai, mais ce tome a presque failli me décevoir. Je trouve qu'il est désespérément sérieux et grave, c'est triste, non ? Un grain de fantaisie ne ferait pas de mal à cette série, et puis je dois avouer que le cadre d'Evernight m'a beaucoup manqué.

Evernight (Livre III), par Claudia Gray
Pocket jeunesse, 2012 - traduit par Cécile Chartres

“People get stupid when they're in love; people want what they can't have; and the years between ages twelve and eighteen always, always suck.” 

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27/09/12

“Come on, Mercer. Me, you, the cellar. What could go wrong?”

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Ce tome est la conclusion parfaite d'une série qui a su jouer avec intelligence avec les codes des romans pour jeunes ados, en mêlant romance, action, magie et humour sans se prendre au sérieux. Résultat, le cocktail est enivrant ! On retrouve une Sophie Mercer rescapée d'un désastre sans nom survenu à Londres, ses alliés les plus fidèles ont disparu et c'est au sein du clan des soeurs Brannick, ses ennemies, qu'elle trouve refuge. Bizarre, bizarre. L'auteur a réussi là une belle pirouette, un projet de série spin-off est d'ailleurs à l'étude, quelle coïncidence !

Pendant toute la première partie, nous explorons l'univers de ces sorcières chasseuses de démons et faisons connaissance avec de nouveaux personnages, en soupirant bien fort pour les retrouver tôt ou tard. Puis, retour aux sources, à Hex Hall, le lieu de tous les dangers... je n'en dévoile pas davantage, mais la tension va être poussée d'un cran et on va subir des bouffées d'angoisse et de stress au fil des chapitres, d'autant plus que le rythme va vicieusement ralentir, l'intrigue piétiner et nous faire râler in petto. Dans la dernière ligne droite, subitement ça s'énerve, les solutions affluent mais les dangers ne sont pas écartés, ni les sacrifices non plus (une pensée particulière pour UN personnage dont on taira l'identité, cette scène est douloureuse !!!).

J'ai relu ce roman en une soirée et l'ai pleinement savouré. J'y ai retrouvé tous les éléments qui avaient su m'enchanter dès la première lecture, avec le tome 1. Pour moi, c'est l'exemple parfait de la série qui sait divertir sans forcément rouler des mécaniques, et cet enthousiasme est communicatif. Vous connaissez des petites lectrices de 12-13 ans qui ne savent pas quoi lire ? Conseillez Hex Hall, c'est le succès assuré !

Hex Hall, tome 3 : Le sacrifice, par Rachel Hawkins
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Raphaële Eschenbrenner


♠ Sombre célébration ♠

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Changement de décor pour ce 3ème tome : Lily retourne à Bartley, sa ville natale, pour le mariage de sa soeur Varena. En feuilletant le journal local, elle découvre une vieille histoire de bébé kidnappé, huit ans plus tôt, puis reçoit la visite surprise de Jack Leeds. De nouveau, tout s'écroule autour d'elle : un médecin et son assistante sont retrouvés morts dans leur cabinet, puis une petite dame inoffensive est poignardée dans son jardin. Lily capte tout de suite les premiers signes de panique, la menace devient rampante et elle se sent prise au piège, car elle a compris que cette série d'évènements morbides pouvait ébranler le fragile équilibre familial.

Concernant la relation naissante entre Lily et Jack, c'est du petit lait à boire. Rien n'est simple, mais une chose est sûre : ces deux-là se sont trouvés. Toutefois, point d'empressement, entre le passé de Lily et celui de Jack, les vieux démons sont à la fête et les cicatrices sont encore vives. J'aime beaucoup ce qu'il se passe entre eux : Jack n'est pas un type gentil, il est surtout solide, un peu jaloux et possessif aussi, en plus d'être impulsif. Il faut une personnalité aussi complexe pour s'accorder avec Lily, méfiante et terrorisée par ses sentiments, par ce semblant de retour à la normalité dans son existence qu'elle vouait à la solitude.

J'apprécie de plus en plus cette série, à la tonalité morose du fait du caractère triste de Lily. J'ai juste un souci avec les silences inexpliqués et les visages trop expressifs dont raffole l'auteur (je ne sais pas décoder les messages subliminaux, les intentions ne sont pas claires). L'intrigue criminelle est sordide et dérangeante, on ne se sent jamais très à l'aise à lire tout ça, de plus Charlaine Harris sait gratouiller là où ça fait mal. Du coup, comme pour soulager nos esprits tourmentés, on suit avec placidité l'obsession ménagère de Lily et ses séances d'abdos, en attendant la suite du programme. C'est bon aussi d'apprendre à mieux connaître les parents et la soeur de Lily, je m'attendais à un tableau bien pire, ce qui est loin d'être le cas (parfois c'est même drôle !). Le prochain tome paraîtra en février 2013, je m'en réjouis d'avance !

Sombre Célébration (Lily Bard #3) - Charlaine Harris
J'ai Lu, 2012 - traduit par Tiphaine  Scheuer

26/09/12

Pêle-mêle Clarabel #53

C'est l'automne ! Voici donc un panaché de lectures savoureuses, et de saison (tant qu'à faire). Les trois albums s'inscrivent dans des registres différents, le premier est volontairement désopilant, le deuxième nous transporte vers un dépaysement total mais plante sa petite graine dans notre coeur parce qu'on ressent beaucoup de chaleur et de confort pour l'histoire, et enfin le troisième, tout simplement superbe, réveille en nous notre fibre artistique, mais surtout notre sensibilité à la poésie. Vous verrez, vos yeux vont rouler dans tous les sens pour ne pas louper le moindre détail. 

Catégorie Lecture désopilante : 

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Pour ravir les papilles de sa dulcinée Leila-la-laie, Jean-Glier se met en quatre pour lui préparer son menu préféré, à savoir : un caneton farci aux oeufs de grenouilles, des marrons grillés et une glace à l’eau. La belle est exigeante, il ne faudrait pas la décevoir. Alors il lui demande de venir le trouver chez lui, sitôt qu'un filet de fumée s'échappera de sa cheminée. Les mois vont passer, Jean-Glier va chasser et pêcher ses ingrédients, il va les installer chez lui, les engraisser et les bichonner, oui c'est bizarre, on commence à se poser des questions. Notre sanglier instaure une relation de plus en plus proche avec ses ingrédients, lesquels deviennent de grands enfants intelligents. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie et vont comprendre les motivations cachées de leur hôte... bouh, quelle horreur ! Panique à bord, les amis. Mais Véronique Komai ne va pas franchir les limites interdites et peaufiner son dénouement. La tendresse est de mise, dans ce texte ponctué d'humour et de jeux de mots qui prêtent à sourire. 

Le menu préféré de Leila-la-laie, par Véronique Komai (Pastel, 2012)

Catégorie Lecture Cocooning : 

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Tout commence quand Suzie Truie et Simon Cochon partis en vadrouille rentrent chez eux et découvrent leur petit nid occupé puis ravagé par Léone Oursonne et Vincent Elan. Bon, pas besoin de se mettre en pétard car tout ce petit monde se connaît et s'apprécie. Pourquoi ne pas vivre tous ensemble et construire une grande maison pour l'hiver ? ! Après avoir passé un coup de fil aux castors, les travaux débutent aussitôt et voient sortir de terre une demeure imposante et pleine de charme. Ça sent le confort douillet, la chaleur du feu de bois, les bonnes odeurs en cuisine, la tisane qu'on avale le soir avant de filer sous la couette... La description de la routine est saisissante de familiarité, et c'est ce qui fait qu'on se sent heureux et à son aise entre les pages de cet album. Les animaux se comportent comme des humains (ils se servent du téléphone, ils conduisent des camions, ils se rendent en ville pour faire des emplettes). Et puis la facture s'élève à une montagne de sandouiches au beurre de cacahuètes ! C'est tellement bon de se plonger dans ce royaume de la simplicité, de l'amitié et de l'entraide. Une lecture pleine de révélations, pour moi ! 

La maison dans les bois, par Inga Moore (Pastel, 2012)

Catégorie Lecture pour épater la galerie : 

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J'avais lu et beaucoup apprécié le premier album de Gwendal Le Bec, Le Roi des Oiseaux, qui a reçu la Pépite de l'album 2011, Prix du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. J'avais aussi déjà vu fleurir sur les blogs des libraires leurs avis élogieux concernant ce nouveau titre et, ma foi, je n'ai pas été déçue non plus. L'auteur nous prend par la main et nous invite à nous pencher sur son livre, et plus particulièrement sur les détails de la faune et la flore d'un bois. Là, le mulot pointe son museau mouillé sous les feuilles craquantes, ici la belette se glisse entre deux pierres froides, ou un faisan se fraie un chemin parmi les fougères, un blaireau laboure l'humus de son museau pointu et le sanglier se roule bruyamment dans une mare de boue (oui, c'est peut-être Jean-Glier attendant sa belle Leila-la-laie !).

Les couleurs de cet album sont superbes, elles soulignent le jour déclinant, les mouvements des animaux et de la forêt, certains cherchent un coin pour se cacher ou dormir, d'autres se réveillent et entament une ronde nocturne. C'est beau, tout simplement. Précis et délicat, assez poétique aussi dans sa façon de raconter son histoire. L'auteur s'emploie également à trouver les mots justes, les mots vrais pour décrire cette nature si belle et énigmatique aux yeux des enfants. C'est ce qu'on pourrait nommer un petit bijou, non ?

Un bois, par Gwendal Le Bec (Albin Michel jeunesse, 2012)
pour vous convaincre, lisez le magnifique billet de Bauchette -) ICI ! 

Tu vas kiffer le navet !

Avec un titre pareil, je sentais la base de ma nuque me picoter et se crisper... mais faisons preuve un peu d'humour ! Aujourd'hui, soyons jeune, soyons fou. Ce cahier de recettes simples et gourmandes est une idée pas forcément originale mais attentive à décomplexer nos bambins en matière de saveurs inconnues, de produits de saison et des bases essentielles en cuisine (la mayonnaise, tout bêtement, ou la pâte à tartiner au chocolat). L'approche du cuisinier est simple, mais sincère. Sébastien Guénard a envie de communiquer son goût des bonnes choses, à partager son amour du métier et à réconcilier les plus récalcitrants avec des aliments bons et sains. Enfin bref, il y en a pour tous les goûts (tajine de poulet, carottes et mirabelles ; feuilletés de poires au roquefort ; salsifis gratinés au jambon blanc ; smoothie abricot-coco...), pour toutes les bourses et tous les niveaux ! Et si vos enfants continuent de faire la fine bouche devant un plat d'épinards, d'asperges ou de haricots, n'hésitez pas à les renier ! ^-^

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Sébastien Guénard, chef du restaurant Miroir (Paris 18e), explique ses motivations : J'ai voulu, avec ce cahier, montrer que cuisiner n'est pas difficile et qu'il suffit d'un peu d'imagination pour faire des plats simples et goûteux. Si certains aliments n'inspirent pas confiance au premier abord, c'est en apprenant à les cuisiner, en s'appropriant ces recettes, en les personnalisant, en les accomodant selon les goûts et les envies du moment, qu'on découvrira leurs saveurs et les surprises gustatives qu'ils recèlent ! 

Tu vas kiffer le navet ! (cahier de recettes simples et gourmandes) par Sébastien Guénard et Adeline Monnier (éd. Thierry Magnier, 2012)

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25/09/12

Collection : Le tube des tout-petits

Une toute nouvelle collection de livres-CD pour charmer les lecteurs et les éveiller aux talents de la chanson française (Camélia Jordana et Arthur H en l'occurence...) ! 

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J'ai été complètement charmée par ces deux albums, j'ai aimé les couleurs et les illustrations (Anouk Ricard pour Mikado, et Vincent Mathy pour Barnabé). Les histoires sont toutes simples, mais adorables. Et la musique aussi n'est pas déplaisante, sans oublier les voix de Camélia Jordana et Arthur H qui jouent les conteurs d'occasion (avec brio !). Ma foi, cette collection se veut adorable et divertissante, sans friser le ridicule ou la niaiserie.

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Mikado est un chat de gouttière intrigué par une petite grand-mère qui porte un drôle de bonnet rose en prenant son bain. Alors qu'elle est en train de pousser la chansonnette, Mikado n'hésite pas à s'approcher de la mousse et du savon, qu'il va goûter, parce qu'il est gourmand, mais berk ! ça pique et ça chatouille, et le voilà qui pique du nez dans le bouillon. Très mécontent de son sort, Mikado cherche à s'échapper de cet enfer parfumé et glissant...  

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Barnabé est un garçon inventif et habile de ses dix doigts. Il a construit une fusée à partir de boîtes d'oeufs. C'est alors que le miracle s'accomplit, la fusée décolle vers les étoiles. Une folle aventure attend notre jeune héros, une aventure parsemée d'embûches (avec attaque aux rayons laser !) mais aussi teintée de rencontres amicales (avec un étrange garçon aux cheveux argentés). Il n'y a que l'atterrissage qui s'annonce épique et douloureux ! ... 

En somme, ces deux lectures sauront séduire les enfants, en les touchant par les mots, les sons ou les illustrations. L'ensemble est parfait, une vraie réussite ! 

Collection Le tube des tout-petits : Mikado tombe à l'eau, une histoire et une chanson de Yann Walcker, illustrées par Anouk Ricard, mises en musique par Babx et interprétées par Camélia Jordana

& Barnabé et la fusée, une histoire de Yann Walcker illustrée par Vincent Mathy avec une chanson originale d'Arthur H.

Gallimard jeunesse, 2012

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Sans le savoir, ce satrape venait de sanctionner la mort du star-system, au sens où les studios l'entendaient depuis l'invention du terme en 1911. Pour la première fois, une grande vedette populaire allait se voir refuser l'accès d'un festival. Ici, en Californie, les ciné-clubs venaient de naître, les intellectuels commençaient à s'importer à cause de l'emprise des professeurs de faculté et des étrangers fraîchement débarqués d'Europe, mais les movie stars régnaient depuis déjà soixante ans, soit l'équivalent, en chronologie hollywoodienne, de plusieurs dynasties d'Egypte. Jayne Mansfield, symbole de l'ancien Hollywood, créature de Frankenstein lancée par la régie publicitaire de la Fox contre Marilyn Monroe, un simple buste, une paire de seins qui poussait l'arrogance jusqu'à n'avoir jamais tourné de film correct, un monstre engendré par la presse poubelle et le néant des vieux studios poussiéreux, allait retourner dans le chaudron d'où tout le cinéma d'antan était sorti. Star déchue à trente-quatre ans, avant même la consécration, Jayne Mansfield jouerait la victime expiatoire de la seconde chasse aux sorcières, celle des stars populaires, par les tenants d'une Amérique culturelle, inspirée du modèle européen. Refuser Jayne Mansfield, c'était se venger de l'arrogance d'une Elizabeth Taylor ou d'un Frank Sinatra sans risque de brouille avec les puissants du spectacle. Cela sous couvert de lutte contre la pornographie.

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L'ouvrage s'ouvre sur l'accident de voiture qui a coûté la vie de Jayne Mansfield, le soir du 29 juin 1967, et pendant de longues pages, nous avons droit à un descriptif de la scène, dans ses moindres détails. Franchement, c'est glauque. Par la suite, l'auteur s'attarde à raconter la déchéance de cette actrice, broyée par la machine hollywoodienne, avec notamment cet aperçu d'une Amérique qui voulait faire peau neuve et chasser les actrices populaires, trop représentatives du mauvais goût et de la vulgarité.

Je ne connaissais pas cet ouvrage, pourtant lauréat du prix Femina 2011, aussi l'ai-je ouvert avec curiosité quant à la personnalité dont il était question. On sait très peu de choses sur Jayne Mansfield, après avoir tourné dans des comédies bon public, elle a fini sa carrière dans des films discutables et était victime de son image de bimbo, blonde à forte poitrine. Je m'attendais bêtement à en apprendre davantage, hélas j'ai été bien décomposée à la lecture de ce récit sinistre et accablant. Ce n'était vraiment pas la lecture indiquée! Je n'ai pas du tout apprécié l'approche de l'auteur, son écriture sèche et froide, son regard sur les dernières années de l'actrice, sans juger, sans complaisance non plus, mais sans attachement. Je n'ai pas du tout adhéré, et j'étais pressée d'en finir (158 pages seulement, ouf).

Jayne Mansfield 1967, par Simon Liberati
J'ai Lu, 2012

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