20/10/12

“Verity, you have a choice. We eat, we talk, we pass the evening with an attempt at civility. Or we f***. It’s up to you.”

amourfouLa divine Soraya, la plus célèbre courtisane du pays, décide de prendre sa retraite sans en avertir ses admirateurs. Son dernier protecteur, le duc de Kylemore, son amant durant un an, avait choisi de lui demander sa main pour provoquer son insupportable mère. Hélas pour lui, il découvre une maison vide. La belle s'est fait la malle et lui voit rouge.

Il décide de retourner le pays pour la retrouver. C'est dans un petit village au bord de mer qu'il tombe nez à nez avec Verity Ashton, parée d'une robe noire guindée et d'un chignon strict. Elle est froide, distante, ne lui doit rien et le lui rappelle. Alors il l'enlève sur le champ et l'enferme dans sa maison au fin fond de l'Ecosse.

La jeune femme entre en résistance, elle veut se racheter une vertu, lui est trop blessé pour la comprendre, il agit comme un gamin frustré d'avoir été privé de son jouet préféré, il est bête, borné et brutal. Ses intentions sont claires : il veut la briser, bafouer sa fierté, salir son âme. Il va s'y employer avec des gestes rudes, pour ne pas dire choquants et révoltants.

Car ce roman m'a sérieusement posé un cas de conscience. Pour la première fois, une liaison tumultueuse m'est apparue malsaine, ce n'est plus de la passion animale, ni un coup de folie, ça ne ressemble pas du tout à de l'amour, c'est dérangeant. Il y a trop de scènes violentes, avec des actes forcés et de la brutalité (le premier rapport, entre eux, après leurs retrouvailles, a été pour moi le plus abominable !). A cause de tout ça, je n'ai pas aimé le duc, son attitude est exagérée et inexcusable. Je n'ai pas compris non plus comment les sentiments de Verity avaient pu s'éclairer aussi soudainement. Que de frustration, que d'amertume. J'avais bien aimé le début, pourtant.

L'amour fou, par Anna Campbell
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, éd. 2010 - traduit par Viviane Ascain


To catch a bride >.<

uneladyRafe Ramsey n'envisage nullement de se marier, aussi profite-t-il de l'occasion de rendre service à une vieille dame qui prétend que son unique petite-fille est toujours en vie, quelque part, en Egypte, pour échapper à des fiançailles arrangées. Il n'attend pas une seconde, fouille les rues du Caire, tombe sur des jeunes mendiants, en chope un pour servir d'appât car il a compris que sous les fripes de l'un d'eux se camoufle une certaine demoiselle au charmant minois.

Ramsey se frotte les mains, il a retrouvé Alicia Cleeve, la disparue, et veut la ramener en Angleterre. Mais celle qui se présente sous l'identité d'Aïsha refuse farouchement de le suivre, elle souhaite rester proche de ses amis, de ses racines et a un autre secret aussi (mais il fait la sourde oreille !). Alors il va l'amadouer, assurer le confort de sa famille d'adoption, la protéger et lui assurer un bel avenir ailleurs. Si, si, c'est promis. Les résistances de la demoiselle faiblissent enfin.

Vous obtenez ainsi une histoire charmante, mais pas très palpitante malgré son résumé. C'est effectivement très long pour une romance, dans le sens où les deux protagonistes opèrent un soupçon de rapprochement au bout de 200 pages. Pas moins ! C'est vous dire comme c'est mou, pas très convaincant, très lisse, trop poli et délicieusement guindé. Le style de Mme Gracie ne m'étourdit pas un seul instant, ses histoires manquent de passion, je passe définitivement mon tour pour la suite.

Les Archanges du diable #3 : Une lady à épouser, par Anne Gracie
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Sophie Pertus

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I've locked my heart I'll keep my feelings there

ladamePar une journée pluvieuse, Harry croise la silhouette frigorifiée de Nell, coincée à l'arrière d'une charrette. Il lui fait cadeau de son chapeau et de sa paire de gants, puis s'en va découvrir le domaine qu'il vient d'acquérir. Sans le savoir, il s'agit de Firmin Court qui appartenait à la mère de Nell, mais que son père a vendu après avoir dilapidé leur fortune pour assouvir sa passion des jeux. Depuis, celui-ci est mort sur le bord d'une route. Nell est orpheline, sans le sou, contrainte de travailler en tant que dame de compagnie.

Harry est sous le charme ! Il propose aussitôt de l'épouser, mais elle refuse. C'est là qu'un premier malentendu s'installe, puisqu'il s'imagine qu'elle ne veut pas se rabaisser à épouser un homme de sa condition (sa mère, simple servante, a été engrossée par son patron), elle est une aristocrate, désargentée, mais aristocrate par le titre ! En fait, Nell n'y songe pas une seconde car son souci est d'un autre ordre : elle est maman d'une petite fille illégitime, qui lui a été enlevée à la naissance, depuis elle se bat pour la retrouver mais veut préserver son secret car elle suppose que jamais un homme ne daignera s'intéresser à son sort avec de tels bagages.

La rencontre entre Harry et Nell est providentielle, d'ailleurs leur romance est purement traditionnelle et privilégie le syndrome de la demoiselle en détresse. Résultat, très peu de passion et de tension amoureuse au programme ! A contrario, c'est l'idylle entre Ethan et Tibby, cf. le premier tome de la série, qui se présente comme une bouffée d'air pur. Mais l'intrigue est ailleurs, et je continue de trouver qu'il manque la petite étincelle pour rendre cette série plus croustillante. Dans un registre romantique, elle est parfaite mais ne correspond pas à mes attentes. Du coup, je donne une chance au prochain tome, avec Rafe, sinon je passe mon tour.

Les Archanges du Diable, tome 2 : La dame de mes tourments, par Anne Gracie
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Viviane Ascain

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19/10/12

La chose perdue, de Shaun Tan

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Livre et dvd du court métrage de "La chose perdue" (The lost thing) de Shaun Tan.

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Une œuvre poétique, qui raconte une drôle de rencontre...

Un collectionneur et passionné de capsules découvre sur la plage un étonnant objet (impossible à définir) que personne ne vient réclamer en fin de journée. C'est une chose perdue. L'homme va la ramener chez lui, la nourrir et tenter de lui retrouver un foyer. Et à son tour, la chose va lui ouvrir une trappe vers un univers incroyable, « un lieu où tous les objets avaient l'air assez contents d'y être ».

Le personnage prétend qu'il ne faut chercher aucune morale à l'histoire. Soit. Mais la richesse des illustrations pousse instinctivement à se pencher vers ce livre qui dégage un sentiment de secret impénétrable... Prodigieux, mais désarçonnant. 

Gallimard jeunesse, septembre 2012 ♦ traduit par Anne Krief

 

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Un bon petit diable à la fleur de l'âge, La jambe légère et l'oeil polisson, Et la bouche pleine de joyeux ramages

directement de nos étagères, nous avons : 

  • L'inspecteur Cats   inspecteurcats  

Flic un peu voyou, amateur de kung-fu, champion de boxe anglaise et grand joueur de belote, l'inspecteur Cats a pour habitude de boucler ses enquêtes avec brio. La dernière en date (la disparition du lapin magicien Pouâlane) ne devrait pas faire exception à la règle, sauf si notre grand charmeur perd la tête devant les beaux yeux de Miss Tigri, ou de la diabolique Félicia Félix, à moins d'être mis k-o par l'ignoble Rat Tafia ou l'infâme docteur Fox. Bon, rassurons-nous, le brigadier Berlioz, bon pépère un rien maladroit, veille au grain car il ne voudrait pas que Cats se débrouille tout seul.

Divine ambiance, façon vieux polar au charme rétro, cette histoire met en scène un héros de génie, des méchants vraiment redoutables, de la bagarre, un peu d'amour et beaucoup d'humour. Une recette classique mais efficace. En plus, c'est gai et dynamique, illustré à la manière des bandes dessinées, avec des mélodies d'inspiration jazzy.

par Agnès Bihl et Eric Héliot (illustrations) - Actes Sud junior, 2012   

    -)  bande-annonce à découvrir : http://youtu.be/QhUzVRAHu3I

  •  Emile et Knack au restaurant emileetknack  

Encore un livre circuit ! C'est la mode, ma parole. Heureusement le principe m'enchante. Nous suivons donc monsieur Emile et son chien Knack (une saucisse sur pattes) en route pour une petite promenade dans le quartier. Midi sonne et Knack a le déclic : aussitôt il s'échappe et monsieur Emile tente de le rattraper. Il va devoir courir, le pauvre, et se glisser dans les coulisses du resto (des cuisines au frigo, en passant par la cave et les fourneaux) pour mettre la main sur son chien, avant de passer à table et avaler un bon petit plat bien mérité.

J'ai adoré cet album, chic et rigolo ! Thomas Bass, comme il se définit lui-même, a un style plutôt old-school, un genre d'ORTF avec de l'humour. J'ai savouré tous les détails et joué le jeu, encore une fois, avec mon petit doigt qui suit les pistes du chien ou qui cherche les objets perdus. Trop, trop facile. Mais j'adore.

par Thomas Baas - Actes Sud junior, 2012   

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Régler sa dette absurdement.

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Un soir d'été, une voiture fauche un cycliste. Le corps est recroquevillé dans un fossé. La conductrice, Marie, s'arrête avant de paniquer. Elle reprend aussitôt le volant sans porter assistance à la victime. Elle va se planquer, errer au bord d'une route, rencontrer une fermière qui ne lui posera aucune question, elle va se réfugier auprès d'Alain, cet homme taiseux, qui aime mal mais qui sait admirablement écouter. A sa façon, Marie s'inflige cette punition parce qu'elle a honte d'elle-même.

Ce qui l'a bloquée va finalement s'ouvrir, parce qu'il y a toujours un moment où il faut avancer et réparer son crime. Marie va trouver du boulot et se rendre à l'Yprée, un magnifique parc dessiné par un jardinier paysagiste de renom, lequel est frappé d'une grave maladie qui est en train de le rendre aveugle. Dans ce vase clos, Marie va également rencontrer Emile... et là, on se dit que le sol va trembler, que ça va barder et que ça va se terminer en eau-de-boudin, notre histoire. C'est alors que le ton surprend, la colère fait place à la repentance, le remords est remisé au placard, on efface tout et on recommence, on aperçoit une leur d'espoir, on s'explique, on comprend, on ne juge plus, ne serait-ce point trop beau pour être vrai ?

Je n'ai pas réussi à m'attacher au personnage de Marie, ni aux petits satellites qui gravitent autour. Parmi toutes ces personnalités ravagées, je faisais grise mine. C'était clair qu'avec un tel sujet, je n'allais pas sauter de joie non plus. Et pourtant, quelque part le rendez-vous a cloché, la rencontre n'a pas suscité d'espoir ou d'émerveillement, je n'y ai pas cru une seconde. Toute cette atmosphère morose et sinistre a fini par teinter ma lecture de couleurs tristounettes. J'étais pressée d'en sortir.

La rencontre, par Isabelle Pestre
Belfond, 2012

Vivre mal aimée, se bricoler une existence au hasard. Se dire "quand même" pour continuer. Jouer au "c'est pas si mal", "c'est mieux que rien". N'être jamais soi. Jeter par terre la coupe précieuse.
Camper sur son coeur brisé ainsi une ville bâtie en hâte au bord d'un lac salé.

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18/10/12

« Le bonheur forcé est un cauchemar. »

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Discret et pudique, Spencer Ashby n'imaginait pas que son existence allait basculer dans un tel cauchemar, après une simple soirée à bosser chez lui, tandis que son épouse Christine était sortie pour jouer au bridge avec des amis. Le lendemain matin, Belle, la fille d'une copine de fac de Christine, hébergée chez eux depuis un mois, est retrouvée morte dans sa chambre. Et comme Spencer était seul dans la maison, sans alibi sinon sa parole d'honneur, le voilà désigné suspect idéal !

Aussitôt il refuse cette fatalité mais commet de nombreuses maladresses pour sa défense. Les enquêteurs le cuisinent, même Christine semble soucieuse, puis toute la petite communauté du Maine où ils habitent chuchote dans son dos, des appels téléphoniques anonymes abrutissent leur quotidien, la pression se fait de plus en plus insupportable. Spencer perd pied.

A force d'être passé à la moulinette, de subir des interrogatoires humiliants, de ressasser des faits, des gestes, d'être étudié sur un plan psychologique, Spencer endosse un sens tragique qui le dépasse. Il serait un meurtrier en puissance ? Alors, soit. Cet homme aux abois va craquer.

Dans une atmosphère pesante, chargée par la suspicion générale, on découvre un homme accablé. Et c'est sur cette corde, un mélange de fragilité, de gravité et d'affliction, que se place la narration de François Marthouret (son visage est familier, moins son nom). C'est tout à fait admirable ! La lecture révèle les angoisses, les failles, les mises en abîme. On réalise aussi qu'on ne sait plus ce qu'il faut croire, on est pris au piège de ce delirium et on attend la délivrance ... qui arrive, mais non sans nous frustrer ! Un saisissant Simenon !

Écoutez l'extrait lu par François Marthouret

La mort de Belle, par Georges Simenon
Audiolib, 2009 - Livre audio 1CD MP3 - 625 Mo / Durée : 4h30

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Asphyxie progressive.

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Vincent Fournier, salarié d'un centre d'appels, n'en peut plus de subir la pression de ses supérieurs. Son médecin du travail, le docteur Carole Matthieu, est à son écoute. Un soir, après une longue discussion, elle s'empare de son Beretta et lui tire une balle dans la tête. Hop, ni vu ni connu. Le crime est découvert dès le lendemain, la police enquête et Carole fait profil bas. Elle sait qu'elle est coupable mais ne compte pas se dénoncer dans l'immédiat. Elle a l'autre Histoire, comme elle dit, à écrire.

Se présente alors une lente plongée au sein de l'entreprise, de ses arcanes et de ses révélations perfides et dérangeantes. Un réseau oppressant, un cercle vicieux, au centre duquel Carole elle-même est prise au piège. Se consacrant à son boulot corps et âme, elle réalise avec écoeurement qu'elle a été trompée par le système dans son intégralité.

Pour l'anecdote, j'ai terminé ma lecture juste avant d'éteindre la lumière pour dormir. Quelle erreur. Impossible de fermer les yeux après ça ! C'était comme si j'avais avalé une enclume. Je ne cessais de ressasser l'histoire de Carole, femme usée, droguée, abrutie par son monde du travail. L'histoire aussi est sordide et tellement réaliste, elle fait écho aux drames des dernières années (le harcèlement moral au sein de l'entreprise, des employés au bout du rouleau, poussés au suicide, une direction qui encaisse les coups en se lavant les mains, une opinion publique alertée avec un train de retard...).

C'est conscient de cette gangrène qu'on ne décolle plus le nez du livre. Qu'on absorbe ce récit éprouvant, au rythme saccadé, effréné, poussé dans ses retranchements. Ce livre est judicieux, écrasant mais percutant dans son approche. Quelque part j'étais gênée, mais j'étais aspirée par cet appel du vide. Et c'est prise d'un frisson d'effroi que j'ai tourné la dernière page, soulagée, sonnée mais admirative du tour de force.

Les visages écrasés, par Marin Ledun
Points, coll. Thriller, éd. 2012 / Grand Prix du Roman Noir (Festival du film policier de Beaune)

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17/10/12

Juste une formule magique ! Flic floc et zut et pouic !

C'est avec une certaine nostalgie que nous avons ouvert cet album, Pakita la maîtresse magique !     Pakitalamaitressemagique   

Ma fille adorait Pakita quand elle était plus jeune, maintenant c'est plutôt lady Gaga et Glee qui composent la playlist de son ipod. La maternelle est loin derrière nous, mais on connaît des petits loulous qui n'ont pas boudé leur plaisir.

Cette lecture leur est clairement dédiée : l'histoire raconte dans ses moindres détails, avec fantaisie et bonne humeur, le déroulement d'une première journée en maternelle : la boule au ventre au moment de quitter les parents, le bonjour de la maîtresse, le classement des doudous, la gymnastique du matin pour bien se réveiller, l'apprentissage du calendrier, des couleurs, des voyelles, la marche des toilettes, la récré, la pause lecture ou celle du dessin, l'heure de la cantine, la sieste de l'après-midi...  C'est frais et ça colle à la réalité. On notera aussi beaucoup de couleurs pétantes, une musique tonique et entraînante et un petit air ravi de la crèche.

par Pakita, Marion Piffaretti (illustrations) et Eric Jacquemin (musique)

Changement de registre avec Le garçon transparentLegarçontransparent

L'histoire démarre la nuit de Noël. Le Père Noël est devant une paire de chaussons pour lequel il n'a pas de cadeau. «C'est pas grave, j'ai l'habitude...» dit une petite voix, celle d'un garçon transparent, d'un enfant qui a tellement l'habitude d'être oublié qu'il ne connaît même pas vraiment son prénom. Ému et révolté, le Père Noël emmène l'enfant sur son traîneau pour cette nuit magique, et il lui offre son clairon.

Ooooh, quelle histoire attendrissante ! Par la faute de l'indifférence de ses proches, un garçon a perdu toutes ses couleurs et est devenu transparent, quasiment invisible aux yeux des autres. Il ne compte plus, on l'oublie, alors il s'efface. Jouer du clairon sera un moyen pour lui d'exister, d'exprimer son chagrin et de retrouver les couleurs de la vie. 

Beaucoup de tendresse, de pudeur et d'émotion. Une narration pleine de retenue, mais avec beaucoup de chaleur, exprimée par Julie Depardieu, vraiment parfaite dans ce rôle, il y a infiniment de beauté dans ce qu'elle communique. Une touche de poésie dans les illustrations. Un personnage de père nono qui tape du poing sur la table, qui s'investit, qui peste et qui s'insurge (enfin !). Une histoire délicate et poignante, avec une fin porteuse d'espoir et de sourire. C'est charmant, un joli conte pour les fêtes de fin d'année. 

par Emma Chedid-Advernier, Luciano Lepinay (illustrations) et Julie Depardieu (qui interprète la chanson du garçon transparent avec la complicité d'Albin de la Simone)

http://www.deezer.com/track/ (Pakita la fée rousse à lunettes)

Vous en faites pas les gars, Moi aussi on m'a dit ça - Fais pas ci fais pas ça - Et j'en suis arrivé là !

On va souffler un peu, après toutes ces émotions... place à la détente ! 

Je vous présente donc la famille Pompon,    lafamillepompon

Monsieur et madame Pompon sont à la tête d'une tribu de six enfants. Tous les matins, c'est souvent la course pour se rendre à l'école. Il faut se hâter pour ne pas louper le bus, courir, trouver sa place, avaler un bout de pain parce qu'on a zappé le petit déjeuner, suivre les oiseaux, se donner rendez-vous près de la voiture du facteur, trouver porte close, se consoler en défilant pour le carnaval du quartier. C'est qu'on ne s'ennuie pas du tout avec cette joyeuse famille !

Mais cet album a un pouvoir secret, puisqu'il a pour mission de guider les enfants à travers un circuit composé de couleurs, qu'il faut reconnaître en guettant les indices, qu'on s'amuse aussi à suivre les petites flèches, à se faufiler entre les voitures ou les passagers du bus, à compter les lettres ou papillonner de bonheur dans un nuage de confettis, on teste, on cherche, on trouve. En somme, c'est ludique ET éducatif. J'adore le principe, on se prête au jeu à n'importe quel âge (c'est vous dire !).

Gros coup de coeur aussi pour les illustrations, les couleurs sont gaies, les petits chats sont adorables, c'est fouillé, complet, débordant de joie et de dynamisme. Avec aussi une couverture en carton-mousse pour le côté douillet et des pages cartonnées idéales pour affronter les épreuves, vous obtenez un chouette album qui fait partie d'une collection comprenant deux autres titres déjà (La famille Pompon part en pique-nique / fait des courses). 

par Gwendoline Raisson - illustrations de Nicolas Gouny (Belin jeunesse, 2012)

Et parce que cette autre histoire me faisait de l'oeil, en rapport avec une sacrée Georgette qui a marqué mon été ! voici Superfuret Superfuret

Eh oui, le vrai héros de cette histoire est un furet ! Mouche n'est pas une bestiole comme les autres, il ne sent pas la rose mais il est très intelligent, en plus il aime les glaces à la fraise. Noémie a dix ans et veut démasquer le voleur de sa classe (il pique tout et n'importe quoi, c'est usant à la fin !). Alors elle se rend à l'école avec Mouche dans son cartable et compte sur la récré pour laisser l'animal farfouiller du mieux qu'il peut. Un petit génie, vous dis-je. Il va alors désigner le fautif ... en la personne d'un garçon ordinaire, d'apparence gentil et inoffensif. Pour en avoir le coeur net, Noémie et ses deux copines se glissent dans la maison du garçon et trouvent des indices (et d'autres choses encore, pas bien jolies, mais ceci est une autre histoire que vous découvrirez si vous lisez ce roman, hé hé ! ). 

Un suspense à trois francs six sous, une belle énergie, des personnages qui en veulent et n'hésitent pas à s'impliquer pour réclamer justice, une belle-mère horrible, sans oublier notre Superfuret beaucoup plus futé que la super Georgette de ma connaissance (ha ! ha !)... une petite lecture sympathique, introduisant deux nouvelles plumes, d'où ma curiosité aussi. 

par Elisa Vix - illustrations de Chiara Dattola (Rouergue jeunesse, coll. Zig Zag, 2012)