03/05/12

"Les enfants sont des énigmes lumineuses."

Le match du jour oppose les enfants contre les parents. Bah oui. 

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Les enfants sont méchants, c'est bien connu. Ils sont bruyants, insupportables, ils crient, font des caprices, ils mordent, ils crachent leurs épinards, ils ne disent pas bonjour à la dame, ils font du chantage, ils donnent des câlins quand ça leur chante, en somme ils sont épuisants et limite ingrats. C'est fort d'une tendre ironie que Vincent Cuvellier nous livre un portrait de notre progéniture, avec un bagout hors du commun. Impossible de ne pas sourire en parcourant cet éventail de situations toutes plus grotesques (et authentiques !) les unes que les autres.

C'est ainsi un festival de patience et de flegme qui s'offre à nous, et le constat s'impose : les enfants sont de gentils monstres qu'on aime comme ils sont, c'est-à-dire imparfaits. On doit aussi au rituel de l'histoire du soir de réconcilier tout ce petit monde, ouf les journées peuvent paraître longues, elles savent aussi se boucler sur un sentiment d'apaisement quand on retrouve l'enfant endormi dans son lit, sourire aux lèvres et heureux... Après tout, les enfants sont gentils. 

-) A découvrir pour l'ironie de la situation, pour l'humour de Vincent Cuvellier et pour les illustrations d'Aurélie Guillerey (j'adore). 

Les enfants sont méchants, par Vincent Cuvellier & Aurélie Guillerey (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012)

Les enfants auront l'occasion de se venger en se plaignant de leurs parents, grâce au retour de ma mère ! Une mère qui ne fait rien comme les autres, qui a la tête dans les nuages, qui dit une avalanche de gros mots, qui mange des paquets de bonbons, qui promet de faire attention et qui bien évidemment n'en fait qu'à sa mode. 

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C'est déjà le troisième titre de cette collection (où le portrait de ma mère est souvent gratiné, mais c'est pour de rire !). Si ma mère est à la fête, son fiston, lui, se désespère et le lecteur rigole. Trois histoires courtes viennent faire état de situations souvent désespérantes, mais jamais navrantes, ma mère a conscience de ses défauts et préfère en rire en faisant l'orang-outang dans son dressing. Tout ça sent bon le vécu, c'est tendre et rigolo de découvrir le regard que parfois posent les enfants sur leurs parents ! Ce troisième rendez-vous a donc été placée sous le signe des facétieuses retrouvailles.

Ma mère à la fête, par Gwendoline Raisson & Magali Bardos (OFF - Pastel, 2012) 

* La citation en titre de ce billet est de Daniel Pennac. : )

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Héros dans l'herbe

Les parents de Raoul sont épiciers et découvrent un matin un drôle de chou dans une cagette. Or la créature, toute verte, se réveille en poussant des grands cris et en bondissant dans la boutique. C'est un chou vivant, un chou qui hérite du nom de Glouglou puisque c'est tout ce qu'il sait dire (et aussi Gniii !). Glouglou se révèle vite une drôle de chose qui passe son temps à manger et faire des bêtises, madame Grossel, une cliente souvent décrite comme une vieille sorcière, peut en témoigner (dès qu'il la voit, elle est victime d'une catastrophe !). Ce n'est bien sûr jamais méchant, mais vif et sympathique. Chaque anecdote est racontée sur deux pages, cela va très vite et la chute de chaque histoire apparaît encore plus percutante, car souvent désopilante. Cette bande dessinée ne peut que séduire les enfants, amateurs d'humour facile et de situations cocasses. Les aventures de Glouglou sont de plus ancrées dans un quotidien authentique (l'école, les vacances, les fêtes comme Halloween ou Noël), et puis le format est plus que convaincant : un rythme effréné, une succession de bêtises, un couple attachant... c'est tout bon ! 

Raoul et Glouglou, tome 1 : Né dans les choux par Francisco Lopez et Frédéric Thome (BD Kids, 2012)

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Retour gagnant du célèbre Captain Miaou et de sa chose jaune appelée WafWaf (oui, les choses ont le vent en poupe dans la bande dessinée pour enfants !) : leurs nouvelles aventures sont encore plus déjantées et drôles. D'abord, le capitaine doit fuir pour échapper à la pendaison (il est puni pour désertion) et rencontre en chemin un drôle de bandit qui vole de l'or pour attirer l'attention de sa belle (celle-ci s'en moque un peu, puis intervient au cours du duel qui doit déterminer lequel entre José et Miaou est capable de mourir par amour...). C'est parfaitement cocasse, et c'est justement cet humour absurde qui fait tout le charme de la série. Notre équipage va également se frotter à un troupeau de hyènes qui exerce du chantage pour un droit de passage (une partie de barbichette peut vous sauver la vie, ouf !). Et les péripéties se suivent, toujours plus insolites sans friser l'ineptie. C'est à savourer sans rougir, en se gaussant dans son fauteuil. 

WafWaf & Captain Miaou, tome 2 : Héros dans l'herbe par B-gnet (BD Kids, 2012)

Cette collection a le don de remonter les morals en berne, je ne peux que lui en être reconnaissante ! 

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02/05/12

"Freaking males, I thought, they couldn't be more obvious about their territorial dispute if they'd both peed on me."

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Sabina Kane est à moitié vampire, à moitié mage. Ses parents décédés, elle a été élevée par sa grand-mère Lavinia, chef des Dominae, l'institution qui commande les vampires, et pour laquelle Sabina travaille en tant qu'exécutrice. Sa dernière mission consistait à éliminer son meilleur ami. Pas de problème pour Sabina, elle est programmée pour ne pas décevoir les attentes de sa grand-mère, pour qu'on lui pardonne aussi d'être une métisse. Elle accepte aussitôt un nouveau contrat plus dangereux, qui consiste à infiltrer les camps de l'ennemi, dont le chef de fil est Clovis, de trouver le traître qui sévit parmi leurs troupes et d'éliminer les éléments en trop.

En chemin, Sabina rencontre Adam, directement débarqué de New York. Il officie pour les Mages et doit convaincre la jeune femme d'accepter une entrevue avec l'autre moitié de ses origines. Petit à petit, il cherche à lui faire comprendre certaines choses, mais Sabina est trop butée pour l'écouter. Dans le genre, c'est une parfaite héroïne au caractère belliqueux, sauf que sa rage de vivre ne masque en rien son mal-être. Blindée derrière sa carapace, la jeune femme se veut froide et sans état d'âme dans un premier temps, puis elle change un tout petit peu, notamment au contact de Vinca (sa colocataire fey), de Giguhl (le démon qui se transforme en chat) et même d'Adam, qu'elle n'aime pas trop côtoyer à cause des sensations qu'il fait naître chez elle.

Il n'y a pas de grande originalité au programme, et certains dénouements nous apparaissent aussi vite évidents, mais pour une première approche, cela n'a pas été désagréable. Cela manque peut-être de glamour, mais ce n'est pas rédhibitoire non plus, j'ai tout simplement bien aimé, cela ne s'explique pas et c'est comme ça. J'ai apprécié la personnalité des personnages, leurs complexités surtout, et les pointes d'humour et de séduction (infime, il faut bien le reconnaître). Et puis l'univers aussi est intéressant, on croise des vampires, des démons, des feys et des mages, cela ouvre de multiples possibilités. En gros, ce n'est pas la découverte phénoménale non plus mais ça se lit vite et bien. C'est déjà pas mal pour un début.

Red-Headed Stepchild (Sabina Kane #1) - Jaye Wells
Published April 2009 by Orbit / édition française 2011, traduction de Michelle Charrier

“Floote, what is going on? Do they think I am contagious? Should I assure them I was born with a nose this size?”

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Sous la pression sociale, Alexia quitte l'Angleterre en compagnie de son fidèle Floote et de Madame Lefoux. Toujours en colère contre son époux, elle décide de rejoindre l'Italie pour y comprendre l'étrange indisposition qui la frappe, souhaitant ainsi trouver une explication plausible auprès des Templiers. Mais son voyage est un calvaire de chaque instant, Alexia est notamment pourchassée par des vampires, mais aussi par des coccinelles meurtrières. Bref, sa vie ne tient plus qu'à un fil.

De son côté, son volcanique époux écume sa rage et sa frustration dans le formol ! Au grand dam du professeur Lyall. Je dois avouer que l'attitude du lord m'a profondément ennuyée pendant une majeure partie du roman, d'ailleurs c'est un peu le constat général, le rythme du roman peut se vouloir entraînant, il n'en demeure pas moins que la séparation du couple pèse sur l'ensemble. C'est nettement moins excitant, même si Alexia fait toujours preuve d'esprit, son aventure en solo n'offre pas non plus l'occasion de s'extasier.

Soit, de nouvelles théories sont exploitées et l'univers de Gail Carriger est une source inépuisable de découvertes et d'ingéniosité. Mais la débandade du couple vedette montre que la série tient énormément à leur alchimie, sans cela c'est plus terne, limite poussif. Même certains personnages, comme lord Akeldama ou la truculente Ivy Hisselpenny, manquent à l'appel. Soit leur apparition tarde à venir, soit elle est trop fugace... Encore un sujet de frustration ! Non, vraiment, ce troisième tome pêche un peu dans l'excellente appréciation que j'avais pour la série jusqu'à présent, je ne suis pas affligée ou déçue à un point irrémédiable, j'estime juste que cette lecture sera vite oubliée pour renouer avec une intrigue nettement plus digne de son flegme légendaire.

Blameless (Parasol Protectorate #3) - Gail Carriger
Published September 2010 by Orbit / édition française, 2012 (traduction de Sylvie Denis)

28/04/12

Dis bonjour à la dame !

dvd-les-tribulations-d-une-caissiereSolveig est caissière et est également l'auteur d'un blog qui fait grand bruit, même si elle tient à son anonymat. Son métier est le constat navrant d'une accumulation de chiffres, de sourires factices, de phrases à baragouiner comme un robot, de surconsommation aussi, de clients qui se suivent et ne se ressemblent pas, de réflexions jamais plaisantes, d'allusions grivoises, de déconsidérations de la personne, bref la caissière est une pièce interchangeable, elle ou une autre, après tout, quelle différence ?

C'est ainsi que se pose le film, en comédie sociale, souvent amère, avec des rires jaunes ou grinçants, des renvois à des situations déjà vécues ou vues, bref ce n'est pas tout rose. La grande distribution, aussi, en prend plein la figure, c'est le mal du siècle, en plus de la désillusion galopante... Sur ce constat navrant, j'ai bien failli mettre un terme à ma séance de visionnage. Parfois, trop de réalité tue aussi le rêve. Et moi, j'attendais le conte de fées annoncé en présentation. Alors, oui c'est finalement une comédie romantique : Solveig rencontre Charles, qui roule en Rolls avec un majordome, le choc des cultures. Et pourtant, Cupidon a lâché sa flèche et ces deux-là vont se chercher. Tout ça fleure bon le cliché à des kilomètres, c'est mièvre, c'est doucereux, c'est tendre et c'est mignon, mais on n'y croit pas une seconde !

C'est toute la complexité du film, il cherche à nous vendre du rêve, du rire et de la réalité. Ce mélange finit par peser dans la balance, c'est finalement peu convaincant, même si les acteurs défendent bien leurs rôles et affichent un dynamisme entraînant (et une jovialité forcée), il manque un petit élément pour rendre ce film plus percutant. Adapté du roman d'Anna Sam, lui-même adapté de son blog à succès, ce film est avant tout une réussite personnelle pour cette jeune femme. De fait, c'est un bon divertissement, mais un peu trop caricatural à mon goût.

Les Tribulations d'une caissière
Réalisé par Pierre Rambaldi
Avec Deborah François, Elsa Zylberstein, Nicolas Giraud, Gilles Cohen, Firmine Richard, Marc Lavoine... 

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Pêle-mêle Clarabel #51

Un pêle-mêle à thème, pour changer : Lorsque l'enfant paraît... ! 

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Tous les matins, Joseph a rendez-vous avec l'oiseau qui semble le guetter depuis sa branche alors que le garçon tire les rideaux de sa fenêtre. Joseph comprend que l'oiseau attend son petit déjeuner, mais un matin l'oiseau est différent et refuse les graines que Joseph lui tend. Il a plus important à lui montrer, là-haut, sur la branche de l'arbre !

Les illustrations et les couleurs de cet album sont vraiment superbes ! Cette histoire de petites graines peut être librement interprétée (les petites graines qu'on plante dans le ventre pour avoir des bébés, par exemple) car elle ne se cache pas pour exprimer tout le bonheur et aussi l'excitation qu'il y a dans l'attente d'une future naissance. Joseph, notamment, a le coeur qui chatouille... en plus de son sourire comblé et de ses yeux qui brillent, bref sa joie est contagieuse ! 

Petites Graines, par Emile Jadoul & Catherine Prieur (Pastel, 2012)

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Si les mains de papa sont si grandes, c'est pour mieux sentir bouger le bébé dans le ventre, ou pour mieux bercer son petit corps tout entier. Les mains de papa sont deux grandes coquilles derrière lesquelles l'enfant peut se réfugier en apprenant à grandir. Emile Jadoul a ainsi dessiné de très grandes mains, mais c'est de façon symbolique et les détails ont leur importance, comme ce petit doigt auquel s'accroche l'enfant, avant de se lancer dans le vide (apprendre à marcher !). C'est vraiment une belle approche, une belle lecture à partager et un cadeau à offrir aux papas ! 

Les mains de papa, par Emile Jadoul (Pastel, 2012)

Ça commence par un baiser, ça finit par un bébé.  Proverbe québécois

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Lui aussi mérite d'être offert, lu, donné, partagé... C'est un album magnifique de Rascal (ses techniques d'illustrations sont impressionnantes, j'ignore le procédé mais j'étais sans cesse attirée par l'envie de glisser ma main sur chaque page par admiration). C'est donc une histoire qui parle de la famille et des proches au moment où ils se penchent sur le berceau du bébé en allant de leurs petits commentaires. On s'y retrouve, on se rappelle, on aime, on admire...  Bauchette aussi a aimé.

Au monde, par Rascal (Pastel, 2012)

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27/04/12

A ceux qui vont Libres comme l'air

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UN ALBUM DONT LE POUVOIR DES IMAGES VAUT TOUS LES DISCOURS ! Akim menait une petite vie tranquille dans son village avec sa famille lorsque la guerre a éclaté et décimé la population. Sa maison détruite, ses proches disparus, Akim se retrouve seul et doit fuir le plus loin possible. Commence une longue errance, hantée par des images choquantes de corps déchiquetés et de flaques de sang. Des gens de passage lui viennent en aide, le guident et le consolent comme ils peuvent. Puis Akim est prisonnier et doit servir des soldats sans broncher sous peine de représailles. La guerre les rattrape, et il doit fuir à nouveau. Il finit par débarquer dans un camp de réfugiés, où une bonne nouvelle va l'accueillir... 

LECTURE PERCUTANTE ET QUI NOUS INTERPELLE. Car elle dit beaucoup de choses à travers la force des illustrations de Claude K. Dubois qui expriment là une grande pudeur et une véritable émotion grâce à son trait épuré mais ô combien rageur. C'est un exercice remarquable, une lecture indispensable qui cherche à sensibiliser le lecteur.

Le message d'Amnesty International qui soutient cet album : L'histoire d'Akim est singulière et intime. Mais elle est aussi celle de milliers d'autres enfants, hommes et femmes que la violence contraint à la fuite. Tous ont droit et besoin de la protection garantie par le droit d'asile et Amnesty International se bat pour que ce droit soit effectivement respecté partout dans le monde.

Akim court (Un enfant dans la guerre), par Claude K. Dubois (Pastel, 2012)

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26/04/12

Ferdinand, est-ce que c'est toi qui fais tomber la neige ?

ferdinandPour la première fois de sa vie, Ferdinand, qui vit chez son grand-père, va enfin connaître une existence stable en s'installant pour de bon dans cette nouvelle ville et en allant à l'école. Il intègre aussi une classe pour les enfants qui ont du mal à suivre le cursus classique, lui, Ferdinand, souffre d'un manque de concentration, son copain Babouche pousse des cris sans prévenir, sa petite copine Gaufrette n'ouvre jamais la bouche, Ibis se planque sous la table, Aria refuse qu'on la touche et tape tous ceux qui l'approchent, et ainsi de suite... Leur maîtresse, mademoiselle Mouette, se bat régulièrement avec la directrice qui désapprouve ses méthodes de travail, d'ailleurs une nouvelle fermeture de classe est annoncée et Ferdinand veut trouver une solution.

Par trois fois dans le roman, Ferdinand va rencontrer des personnes qui vont lui venir en aide en lui confiant un objet qui peut le tirer d'affaire (un porte-clef en forme de fusée pour faire léviter son plateau de cantine, un collier de chien qui permet de se télétransporter, ou un skate-board pour remonter dans le temps). A sa façon, Ferdinand est donc un superhéros avec des micropouvoirs, et ça turbine à fond la caisse dans sa tête pour solutionner toutes ses petites contrariétés. Mais le garçon a encore une épine dans le pied : il est fou amoureux de Zibeline, une ravissante pimbêche, qui le fait tourner en bourrique.

Est-ce qu'il parviendra à l'amadouer ? C'est ce qu'on découvrira par la suite, cf. Les nouveaux micropouvoirs de Ferdinand. Cette première approche est tout simplement savoureuse, très drôle, écrite sous l'inspiration de la fantaisie et du grain de folie, c'est un joli mélange, pas du tout absurde, de plus les observations de Ferdinand à la fois nous touchent et nous donnent envie de sourire. On y découvre également toute une brochette de personnages atypiques, et qu'on a très envie d'adopter. C'est un univers fantasque qu'a voulu partager Hélèna Villovitch, qui montre aussi que le monde des enfants n'est pas toujours tendre ou candide, c'est en tout cas une chouette invitation à accepter !

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ferdinand2Ferdinand s'est probablement réjoui trop vite de la bonne conclusion de ses aventures dans le livre précédent, puisque son grand-père risque de lui bouleverser l'existence en lui annonçant qu'il a trouvé le boulot de ses rêves, mais qu'il faut partir aux Etats-Unis et quitter tous leurs amis. Rarement cette perspective lui a fichu un coup au moral, car Ferdinand se sent bien dans ses baskets et ne veut pas rompre avec cette existence qui lui sied à merveille. Un nouveau pacte doit être conclu : Ferdinand peut rester, mais ça se complique très vite...

L'adulte qui est censée l'héberger doit être hospitalisée, le voilà donc chez Babouche parmi sa nombreuse fatrie, puis chez Zibeline... sa douce et tendre Zibeline, qui vit dans le secret dans une grande maison abandonnée, sans responsable légal à ses côtés, et ça, Ferdinand ne peut l'entendre. Comment une fille aussi époustouflante peut vivre dans le mensonge ? Voilà donc sa nouvelle mission : percer son mystère, comprendre ce qui la dérange chez les enfants du foyer, pourquoi se voile-t-elle la face, etc. etc.

A l'occasion, Ferdinand va aussi réaliser deux souhaits : devenir invisible et croiser son double. Dans une certaine limite, bien entendu. Cette nouvelle découverte du monde de Ferdinand m'est apparue moins légère et insouciante, puisqu'on suit deux enfants livrés à eux-mêmes, deux enfants dont les histoires comportent des zones d'ombre et de silence (les parents disparaissent, donnent très peu de nouvelles, vivent leur vie sans souci de leur progéniture). Cela peut paraître délicat, mais le traitement de l'histoire ne se veut pas du tout dramatique, même quand deux pyromanes tentent de commettre leur crime en attaquant la grande maison de Zibeline (un passage qui rappelle Maman, j'ai râté l'avion, d'ailleurs cité en exemple). La lecture offre son quota de situations loufoques, c'est appréciable, pas du tout triste, et cela reste une belle découverte !

Ferdinand et ses micropouvoirs  &  Les nouveaux micropouvoirs de Ferdinand, par Hélèna Villovitch
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2011 - 2012  /  illustration de couverture : Stephanie Blake  smileyc219

Vive la fête ! ♥

Cette pochette aux couleurs de Marc Boutavant (un festival de couleurs et de personnages adorables) renferme tout le nécessaire pour inviter ses potes à faire la fête. Yapluka, les gars. Ça sent la surprise party !  ** dédicace spéciale pour une demoiselle toute grande aujourd'hui **

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Idéal pour préparer une fête, ce set comprend 16 cartes, 16 enveloppes et 40 autocollants pour les décorer. En découpant le bas des cartes sur les pointillés et en pliant alternativement les languettes vers l'avant et l'arrière, elles peuvent tenir debout. Génial ! Vive la fête !

illustrations de Marc Boutavant (Mango jeunesse, 2012)

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25/04/12

“You make me feel things, Beth. That's why you have to stay. Hell's whole lot brighter with you in it.”

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Cette suite de Halo est intéressante sur un certain plan, l'auteur nous fait découvrir un autre univers, celui de Hadès, le royaume des enfers, avec de nouveaux personnages confrontés à leurs horreurs, et les assumant pleinement. C'est véritablement la face sombre de la trilogie, après la démonstration des talents des anges, de la nécessité de leur présence et de leur mission sur Terre...
Bethany a donc été enlevée par Jack Thorne, conduite à Hadès pour y être consacrée princesse du Troisième Cercle. Elle se voit dans l'incapacité d'en sortir ou de contacter ses proches. Cette situation la mine, mais elle tient tête à son tortionnaire, lequel fait étrangement preuve de délicatesse et de patience avec elle. C'est aussi l'élément qui rend ce tome plus excitant, Jack nous apparaît toujours aussi diabolique et dangereux, mais il n'en est pas moins mystérieux. Il semble sincèrement attiré par Bethany, sensible à ne pas la décevoir pour gagner ses faveurs. Il n'ignore pas l'amour qu'elle porte à Xavier, simple mortel, sauf que cet amour est interdit et qu'il a encore toutes ses chances de son côté. 
Dans cette optique, on pense que des personnages comme Ivy ou Gabriel vont être relégués au second plan, mais pas tant que ça. Après un léger flottement, ils vont organiser la contre-attaque pour sauver Bethany, et c'est par un procédé ingénieux que l'auteur nous permet de suivre l'histoire en parallèle. C'est ainsi que nous retrouvons un Xavier plus acharné que jamais pour arracher sa douce des mains de l'Enfer... 
Globalement l'histoire n'est pas déplaisante, mais j'avais trouvé qu'elle était plus mignonne et romantique dans le premier tome. Cette fois, j'ai été gênée par l'influence religieuse et l'affrontement entre le Bien et le Mal qui est très marqué, à mon goût. L'épilogue aussi a des risques de vous soutirer quelques larmes d'amertume, alors qu'une certaine déclaration fait véhiculer un message à prendre avec des pincettes (pour moi, ce sont des valeurs niaises, attention car cette lecture s'adresse essentiellement à des jeunes lectrices de 12 ans, il ne faudrait pas qu'elles prennent ça pour du pain bénit, mais ceci n'est que mon humble avis !). L'histoire se termine en chute libre, de quoi espérer un troisième tome final qui exigera encore plus de sacrifices chez notre jeune couple. 

L'amour interdit, tome 2 : Hadès par Alexandra Adornetto
Pocket jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (Australie) par Leslie Boitelle