26/04/12

Ferdinand, est-ce que c'est toi qui fais tomber la neige ?

ferdinandPour la première fois de sa vie, Ferdinand, qui vit chez son grand-père, va enfin connaître une existence stable en s'installant pour de bon dans cette nouvelle ville et en allant à l'école. Il intègre aussi une classe pour les enfants qui ont du mal à suivre le cursus classique, lui, Ferdinand, souffre d'un manque de concentration, son copain Babouche pousse des cris sans prévenir, sa petite copine Gaufrette n'ouvre jamais la bouche, Ibis se planque sous la table, Aria refuse qu'on la touche et tape tous ceux qui l'approchent, et ainsi de suite... Leur maîtresse, mademoiselle Mouette, se bat régulièrement avec la directrice qui désapprouve ses méthodes de travail, d'ailleurs une nouvelle fermeture de classe est annoncée et Ferdinand veut trouver une solution.

Par trois fois dans le roman, Ferdinand va rencontrer des personnes qui vont lui venir en aide en lui confiant un objet qui peut le tirer d'affaire (un porte-clef en forme de fusée pour faire léviter son plateau de cantine, un collier de chien qui permet de se télétransporter, ou un skate-board pour remonter dans le temps). A sa façon, Ferdinand est donc un superhéros avec des micropouvoirs, et ça turbine à fond la caisse dans sa tête pour solutionner toutes ses petites contrariétés. Mais le garçon a encore une épine dans le pied : il est fou amoureux de Zibeline, une ravissante pimbêche, qui le fait tourner en bourrique.

Est-ce qu'il parviendra à l'amadouer ? C'est ce qu'on découvrira par la suite, cf. Les nouveaux micropouvoirs de Ferdinand. Cette première approche est tout simplement savoureuse, très drôle, écrite sous l'inspiration de la fantaisie et du grain de folie, c'est un joli mélange, pas du tout absurde, de plus les observations de Ferdinand à la fois nous touchent et nous donnent envie de sourire. On y découvre également toute une brochette de personnages atypiques, et qu'on a très envie d'adopter. C'est un univers fantasque qu'a voulu partager Hélèna Villovitch, qui montre aussi que le monde des enfants n'est pas toujours tendre ou candide, c'est en tout cas une chouette invitation à accepter !

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ferdinand2Ferdinand s'est probablement réjoui trop vite de la bonne conclusion de ses aventures dans le livre précédent, puisque son grand-père risque de lui bouleverser l'existence en lui annonçant qu'il a trouvé le boulot de ses rêves, mais qu'il faut partir aux Etats-Unis et quitter tous leurs amis. Rarement cette perspective lui a fichu un coup au moral, car Ferdinand se sent bien dans ses baskets et ne veut pas rompre avec cette existence qui lui sied à merveille. Un nouveau pacte doit être conclu : Ferdinand peut rester, mais ça se complique très vite...

L'adulte qui est censée l'héberger doit être hospitalisée, le voilà donc chez Babouche parmi sa nombreuse fatrie, puis chez Zibeline... sa douce et tendre Zibeline, qui vit dans le secret dans une grande maison abandonnée, sans responsable légal à ses côtés, et ça, Ferdinand ne peut l'entendre. Comment une fille aussi époustouflante peut vivre dans le mensonge ? Voilà donc sa nouvelle mission : percer son mystère, comprendre ce qui la dérange chez les enfants du foyer, pourquoi se voile-t-elle la face, etc. etc.

A l'occasion, Ferdinand va aussi réaliser deux souhaits : devenir invisible et croiser son double. Dans une certaine limite, bien entendu. Cette nouvelle découverte du monde de Ferdinand m'est apparue moins légère et insouciante, puisqu'on suit deux enfants livrés à eux-mêmes, deux enfants dont les histoires comportent des zones d'ombre et de silence (les parents disparaissent, donnent très peu de nouvelles, vivent leur vie sans souci de leur progéniture). Cela peut paraître délicat, mais le traitement de l'histoire ne se veut pas du tout dramatique, même quand deux pyromanes tentent de commettre leur crime en attaquant la grande maison de Zibeline (un passage qui rappelle Maman, j'ai râté l'avion, d'ailleurs cité en exemple). La lecture offre son quota de situations loufoques, c'est appréciable, pas du tout triste, et cela reste une belle découverte !

Ferdinand et ses micropouvoirs  &  Les nouveaux micropouvoirs de Ferdinand, par Hélèna Villovitch
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2011 - 2012  /  illustration de couverture : Stephanie Blake  smileyc219


Vive la fête ! ♥

Cette pochette aux couleurs de Marc Boutavant (un festival de couleurs et de personnages adorables) renferme tout le nécessaire pour inviter ses potes à faire la fête. Yapluka, les gars. Ça sent la surprise party !  ** dédicace spéciale pour une demoiselle toute grande aujourd'hui **

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Idéal pour préparer une fête, ce set comprend 16 cartes, 16 enveloppes et 40 autocollants pour les décorer. En découpant le bas des cartes sur les pointillés et en pliant alternativement les languettes vers l'avant et l'arrière, elles peuvent tenir debout. Génial ! Vive la fête !

illustrations de Marc Boutavant (Mango jeunesse, 2012)

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25/04/12

“You make me feel things, Beth. That's why you have to stay. Hell's whole lot brighter with you in it.”

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Cette suite de Halo est intéressante sur un certain plan, l'auteur nous fait découvrir un autre univers, celui de Hadès, le royaume des enfers, avec de nouveaux personnages confrontés à leurs horreurs, et les assumant pleinement. C'est véritablement la face sombre de la trilogie, après la démonstration des talents des anges, de la nécessité de leur présence et de leur mission sur Terre...
Bethany a donc été enlevée par Jack Thorne, conduite à Hadès pour y être consacrée princesse du Troisième Cercle. Elle se voit dans l'incapacité d'en sortir ou de contacter ses proches. Cette situation la mine, mais elle tient tête à son tortionnaire, lequel fait étrangement preuve de délicatesse et de patience avec elle. C'est aussi l'élément qui rend ce tome plus excitant, Jack nous apparaît toujours aussi diabolique et dangereux, mais il n'en est pas moins mystérieux. Il semble sincèrement attiré par Bethany, sensible à ne pas la décevoir pour gagner ses faveurs. Il n'ignore pas l'amour qu'elle porte à Xavier, simple mortel, sauf que cet amour est interdit et qu'il a encore toutes ses chances de son côté. 
Dans cette optique, on pense que des personnages comme Ivy ou Gabriel vont être relégués au second plan, mais pas tant que ça. Après un léger flottement, ils vont organiser la contre-attaque pour sauver Bethany, et c'est par un procédé ingénieux que l'auteur nous permet de suivre l'histoire en parallèle. C'est ainsi que nous retrouvons un Xavier plus acharné que jamais pour arracher sa douce des mains de l'Enfer... 
Globalement l'histoire n'est pas déplaisante, mais j'avais trouvé qu'elle était plus mignonne et romantique dans le premier tome. Cette fois, j'ai été gênée par l'influence religieuse et l'affrontement entre le Bien et le Mal qui est très marqué, à mon goût. L'épilogue aussi a des risques de vous soutirer quelques larmes d'amertume, alors qu'une certaine déclaration fait véhiculer un message à prendre avec des pincettes (pour moi, ce sont des valeurs niaises, attention car cette lecture s'adresse essentiellement à des jeunes lectrices de 12 ans, il ne faudrait pas qu'elles prennent ça pour du pain bénit, mais ceci n'est que mon humble avis !). L'histoire se termine en chute libre, de quoi espérer un troisième tome final qui exigera encore plus de sacrifices chez notre jeune couple. 

L'amour interdit, tome 2 : Hadès par Alexandra Adornetto
Pocket jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (Australie) par Leslie Boitelle

Beware of the lioness, little sister.

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Une nouvelle inespérée vient chambouler toute la famille de Max et Isabelle : une lettre du grand-père Théo vient leur rappeler à tous que celui-ci n'est pas mort, mais qu'il est retenu en Afrique, où il était parti effectué un reportage animalier huit ans plus tôt. Les circonstances sont encore floues, mais Mamicha met sur place une expédition de rapatriement de toute urgence. Les jumeaux sont du voyage, qui s'annonce mouvementé, car lors de leur escale à Amsterdam, leur grand-mère est victime d'une chute et est hospitalisée.
Max a de plus en plus la trouille, tandis que Isabelle part bille en tête, à la découverte de cette force invisible qui veut empêcher Mamicha de s'approcher de son mari. Les jumeaux débarquent à Nairobi, capitale du Kenya, dans une atmosphère brûlante et cacophonique. Ils sont complètement dépaysés, tâtonnent avant de trouver un guide, un guerrier Masaï du nom de Kembele, un garçon très beau, gracieux et mystérieux. Ils s'aventurent en pleine brousse pour une expédition mémorable et palpitante, où les ombres des créatures sauvages ne sont rien en comparaison des images qu'Isabelle perçoit par télépathie. La présence de son grand-père est vague, elle sait toutefois qu'elle s'approche de lui et qu'une puissance occulte tente de la combattre à distance.
J'ai beaucoup aimé ce troisième tome, essentiellement pour son décor exotique et ensorcelant, le dépaysement est total mais grandement excitant. J'apprécie davantage le personnage d'Isabelle, au détriment de son frère, plus fade et ennuyeux, Max apparaît souvent bougon et un peu immature, il faut bien le dire. L'écriture d'Angèle Delaunois fait encore preuve d'élégance, c'est raffiné et très classique, avec des expressions typiquement québécoises qui font gentiment sourire.

Chroniques d'une sorcière d'aujourd'hui : 3. Kembele - Angèle Delaunois
Editions Michel Quintin, 2012 - illustration de la page couverture : Magali Villeneuve 

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24/04/12

Teaser Tuesday

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Le journal de Philol, par Yaël Hassan (Plon jeunesse, 2012)

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Clarence Flûte : Un duo presque parfait

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Ce deuxième titre avec Clarence Flûte pour héros a une nouvelle fois été une lecture réjouissante ! Avec sa couverture orange pétant et son format souple, il a déjà deux atouts de charme pour intriguer le lecteur. J'ai, de plus, été encore plus enchantée par cette histoire, notamment parce que les présentations avaient déjà été faites et qu'on entre plus vite dans le vif du sujet.
Clarence est un héros qui manque d'assurance, il est ébloui par la jolie Sybille, une camarade de classe plus réservée et secrète, et il aimerait tant attirer son attention ou éveiller chez elle une pointe d'admiration. La maîtresse va lui donner un coup de pouce en l'inscrivant en binôme avec Sybille pour un exposé scientifique, son rêve, il va tout faire pour l'épater et partager avec elle sa passion.
Mais pris par son enthousiasme, Clarence va déraper et placer sa petite copine en fâcheuse position devant tous leurs camarades. Sybille a le sentiment d'avoir été trahie et refuse de lui pardonner. On imagine très bien le désarroi du garçon, c'est tellement bien décrit qu'on le partage aussi, ça ressemble à ceci : Clarence, désemparé, erra longtemps dans la rue comme une feuille baladée par le vent avant de rentrer tristement chez lui.
Sandrine Bonini a distillé autant de tendresse, de poésie et de finesse dans un petit livre, qui évoque les états d'âme des enfants à des échelles différentes, cela peut concerner une détresse sentimentale ou le sentiment de ne pas être compris et d'être la victime d'une moquerie pour sa différence. Les illustrations aussi ponctuent par petites touches colorées et fantaisistes ce texte généreux, très touchant et amusant.

Clarence Flûte, livre 2 : Un duo presque parfait par Sandrine Bonini smileyc219
Autrement jeunesse, 2012 

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Les Polipoil #1

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La famille Polipoil se compose du papa, de la maman et des quatre enfants : Polly, Pliko, Archi et Mitzi. A première vue, on croirait une famille ordinaire, qui aime partager toutes leurs activités ensemble, mais il apparaît finalement que cette famille a un don pour la démesure et l'enthousiasme exacerbé.

Pour occuper une journée qui commence tôt et sur un air d'opéra, la famille Polipoil a l'idée audacieuse d'organiser un pique-nique, où l'on jouerait de la musique et danserait quelques pas de valse, en plus d'avaler des gaufres avec du confit de noisettes, mais comme la famille n'a plus de noisettes en réserve, maman Polipoil se charge de voler en chercher à bord de son avion. Oui, en avion ! Malheureusement l'engin tombe en panne d'essence et échoue dans le désert. Madame Polipoil n'a plus que son courage pour rentrer à la maison, tandis que sa famille s'inquiète et tente de partir à sa recherche en pleine nuit. De cette expérience, la famille Polipoil en tirera la conclusion qu'un pique-nique est un exercice beaucoup trop périlleux, autant préférer un petit goûter sur l'herbe devant la maison, avec des framboises et des beignets. C'est tellement plus simple ! 

C'est le premier titre d'une nouvelle collection pleine de fraîcheur et d'humour, mettant en scène une famille qui transforme l'évènement le plus simple en aventure extraordinaire. J'aime beaucoup les illustrations naïves de Pauline Martin (Les rêveries d'un hamster solitaire, c'était elle déjà, avec Astrid Desbordes !). Le texte aussi cache des petites perles d'humour, comme la petite Polly qui veut jouer de la contrebasse (choix peu judicieux compte tenu de sa taille), maman Polipoil qui veut allumer un feu avec des cailloux comme dans les histoires qu'elle lit aux enfants (les indiens ont sûrement des allumettes, mais ça on ne le dit pas), ou l'expression de bonheur de Pliko se glissant dans son lit (si seulement goûter était aussi simple que cela, se dit-il), et les recherches qui font chou blanc (avec cette remarque désopilante, surtout prise dans son contexte : un imprévu affaiblit aussitôt l'espoir général, cette maison, c'est la leur)... Bref, ce sont autant de situations et d'anecdotes qui font sourire et apprécier grandement cette charmante lecture, qui ne paie probablement pas de mine, et pourtant elle offre un vrai plaisir de lecture ! 

Le goûter des Polipoil, par Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel jeunesse, 2012)

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23/04/12

"Allons-y, ma petite. La vie va reprendre son cours..."

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Que dire sur cette suite des aventures d'Eugénia et la bouche de la vérité, à part qu'elle était très attendue et que j'ai honteusement mis six mois pour m'y replonger ... Eh bien, le plaisir n'a pas été boudé et la patience récompensée !
Premier constat : c'est toujours aussi fou, aussi virevoltant, aussi délicieusement barré, même dans les situations les plus désespérées. Nous retrouvons Eugénia, flottant sur des eaux inconnues, au milieu de nulle part, tandis que Oliver, la fée qui ressemble à Brigitte Bardot dans sa jeunesse, n'est pas au mieux de sa forme non plus. Tout va de mal en pis pour nos joyeuses héroïnes, et nous suivons leurs parcours en parallèle, avec gourmandise, ravissement et inquiétude aussi.
L'imaginaire de l'auteur fait encore une fois des merveilles, c'est bariolé, coloré, vif, éclatant. C'est même tellement rebondissant qu'on manque de louper le coche et de ne pas tout comprendre, mais ce n'est pas trop grave non plus, il y a toujours des branches qui bandouillent et qu'on peut saisir à la volée pour ne pas se paumer.
Je retiens de cette lecture un charme indéniable, une imagination débordante, un langage truffé d'expressions rigolotes et peu communes, en plus d'une galerie de personnages attachants et des personnalités fortes, excentriques, qui ne manquent pas de bagout. Cette aventure déclinée en deux livres peut surprendre, à sa façon elle est délurée et indomptable, mais il y a une telle fraîcheur et un désir de raconter une histoire originale que ce serait dommage de ne pas s'y intéresser. Je recommande donc cette découverte à tous les amateurs d'univers enchanteurs et à l'humour décalé.

Eugénia et le Crépuscule des fées, par Emmanuelle Caron
Médium de l'Ecole des Loisirs, 2011 - illustration de couverture : Loren Capelli 

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“Clare. Give me a reason to stay.”

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Voilà donc la suite de Visions, un premier roman très enthousiasmant, qui savait mêler avec dextérité la romance au suspense policier. Nous renouons avec Claire et sa famille dont les capacités de voyance suscitent toujours la curiosité à Cape Cod, la saison estivale tire sur sa fin et le lycée est chamboulé par la nouvelle de la disparition d'une élève de dernière année. La mère de cette fille est aux abois, la police n'a pas ouvert d'enquête parce que tous les indices laissent penser à une fugue, mais Claire va accepter de l'aider.
L'affaire est vécue de façon plus distancée cette fois-ci, Claire n'est pas personnellement concernée, même si son frère Perry fait toujours grise mine et s'enferme dans ses secrets, son attitude dérange et l'ambiance à la maison n'est pas à la fête. De son côté Claire se découvre une soudaine popularité à l'école, avec toute une bande de copines et des projets de sorties entre filles, plus ses déboires sentimentaux qui font doucement sourire (franchement, choisir entre Gabriel et Justin relève du casse-tête chinois, c'est mignon, pas du tout agaçant, les deux garçons se valent et le choix à la fin ne décevra pas grand-monde...  je pense!).
Néanmoins, on trouve une nouvelle donnée dans ce livre avec l'apparition d'un admirateur secret, qui fait livrer des fleurs ou d'autres cadeaux à Claire, au départ la jeune fille prend ça à la légère avant de réaliser que c'est une attitude malsaine et qui fiche la frousse. Et là, franchement, j'ai trouvé l'auteur futé dans sa tactique, parce qu'elle a su détourner notre attention alors que tous les indices sont sous notre nez, elle nous balade doucement mais sûrement, et c'est un peu bêtement qu'on découvre le dénouement, pas que celui-ci soit renversant, mais ... bon.
Bref, je me suis prise au jeu, j'ai tremblé et suspecté tout le monde, j'ai connu ma valse des hésitations et des préférences avec les amoureux de Claire. Malgré tout, j'ai trouvé que c'était moins excitant que la première fois. (On retrouve les mêmes codes et recettes, c'est souvent le cas avec ce genre littéraire. Au début c'est neuf et séduisant, après ça se répète... d'où une petite déception.) Il n'en demeure pas moins que j'ai beaucoup aimé ces deux romans de Kim Harrington (surtout le premier), ils sont frais et pétillants, l'héroïne est une chic fille, les intrigues sont rondement menées, ne vous attendez pas à une révolution non plus, mais ce sont des livres qui ont tout compris du genre qu'est le thriller romantique. A la lecture, c'est parfaitement efficace !

Perception, par Kim Harrington
Seuil jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Perrin 

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21/04/12

You can dance, you can jive, having the time of your life...

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L'idée de base du roman est tellement tentante : pouvoir parler à celle qu'on était trois ans plus tôt, la prévenir des erreurs à éviter, des mauvaises rencontres à contourner, des devoirs à travailler, des efforts à fournir, etc. L'avenir n'en serait-il pas meilleur ? C'est ce que cherche à nous raconter ce roman. Devi se trouve au centre commercial au moment où son téléphone valdingue dans une fontaine. L'appareil n'est pas mort, mais une nouvelle option s'offre à elle : être en ligne directe avec l'adolescente qu'elle était, en seconde.

C'est trop beau pour être vrai, Devi a 17 ans et demi, son coeur est brisé par la faute de son petit copain, elle choisit de prévenir son passé de ne pas sortir avec ce garçon. Et c'est là que tout s'emballe, son présent se modifie au fur et à mesure que la Devi de 14 ans opère des changements, ces derniers ont des conséquences plus ou moins lourdes, de quoi exciter notre héroïne, jamais contente, toujours à l'affût, elle-même déstabilisée par une vie de tous les jours qui ne cesse de connaître des soubresauts. Les Devi sont à la fête, car faire la navette entre le passé et le présent a de quoi vous donner le tournis !

Pour le lecteur, c'est une vraie partie de plaisir. C'est surtout la découverte des situations nouvelles qui s'offrent à la Devi du présent qui sont hilarantes, un jour elle est réconciliée avec ses meilleures amies, l'heure d'après elle embrasse un type, quelques temps plus tard c'est une autre histoire, et tout ça avec l'expérience du vécu qu'elle croyait sien jusqu'à présent (c'est très compliqué, je sais !).

L'intrigue est virevoltante, jamais reposante, heureusement elle montre aussi qu'on ne peut pas toujours jouer avec le destin, et qu'en voulant changer le passé on bouleverse certaines cartes en générant des crises d'une autre envergure. La valse des lettres pour les entrées à l'université, par exemple, est un excellent point de repère quant au tourbillon que vit Devi. C'est aussi devenu le leitmotiv de notre héroïne en Terminale, à tel point qu'elle finit par harceler son double plus jeune.

Et la question se pose : jusqu'où peut-on dicter sa vie, s'empêcher de s'en remettre au hasard, accepter les coups du sort, admettre que cela fait partie du jeu aussi... car c'est à partir de ses erreurs qu'on apprend à se construire ! C'est sur cette note que le roman se boucle, d'ailleurs : non, on n'échappe jamais à son destin. Voilà de quoi faire réfléchir et s'interroger sur qui l'on est et ce qu'on le veut dans la vie (à part grandir !).

Parle-moi !, par Sarah Mlynowski
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Claudine Richetin