26/01/18

Défaillances, de B.A. Paris

défaillances audibleVoulant rentrer au plus vite chez elle, un soir de pluie, Cassandra emprunte une route isolée et croise une voiture sur le bas-côté avec une femme à son bord. Mais Cassandra ne s'arrête pas et poursuit son chemin... n'imaginant pas une seconde qu'elle apprendrait le lendemain l'assassinat de cette inconnue peu de temps après son passage.
Sidérée, Cassandra n'ose pas confier à son mari ce dont elle a été témoin. Elle ne dit rien à sa meilleure amie non plus. Se confond en excuses à l'écoute des appels répétitifs de la police pour obtenir des renseignements. Cassandra est mortifiée, honteuse et culpabilise.
À force de ressasser, la jeune femme multiplie les crises d'angoisse et ressent les premiers symptômes d'une démence précoce - elle est convaincue de souffrir de la même maladie que sa mère. Malgré les protestations de ses proches, Cassandra s'enfonce dans la paranoïa, ne sait plus ce qu'elle fait, pense perdre la tête et être victime d'hallucinations.
Pour le coup, la démonstration de la folie douce est proprement exécutée. La spirale est lancée et ne semble plus s'arrêter. C'est grinçant, agaçant, dérangeant. Le rôle de la narratrice est flou. On suit sa logique, et pourtant on doute. Par contre, j'ai tout vu venir à des kilomètres et j'en ai été fortement incommodée. J'ai pesté tout du long au vu des ficelles trop grosses et du scénario hyper convenu. J'ai néanmoins poursuivi ma lecture jusqu'au bout, toujours dans l'espoir d'être surprise. Et là... 
À vous de juger maintenant ! ☺

Lecture faite par Maud Rudigoz - à qui je dois mon intérêt persistant, car son interprétation est toujours agréable à écouter, mais cela n'occulte pas les défauts du roman. L'auteur se repose sur ses lauriers et surfe sur la mode en cours du «domestic noir». Rien de neuf sous le soleil.



>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.
©2018 Darley Anderson (P)2018 Audible Studios
Traduction de Vincent Guilluy
Lu par Maud Rudigoz. Durée : 13h env.

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25/01/18

Éparse, de Lisa Balavoine

éparseFragile et impudique, sincère et émouvante, Lisa Balavoine – la quarantaine, divorcée et mère imparfaite de trois enfants – se livre par fragments et à grands renforts de clins d'œil.
Évoquant avec timidité son enfance solitaire et silencieuse, sa mère qui l'accueille un dimanche soir avec une perruque façon Chantal Goya, son père qui a déjà pris la poudre d'escampette, ses vacances à fantasmer sur Betty, l'héroïne de 37°2 le matin, son grand-père qui fait semblant d'avaler un café avant le coucher et s'applique au rituel du broc couleur vert d'eau, sa grand-mère qui patiente devant un épisode de Dynastie, puis dévoilant sans rougir la mer en plein hiver, ses virées nocturnes, ses concerts, les pistes de danses enflammées, les soirs de verveine, le sex-friend, les dragues trop lourdes, les lendemains et les regrets, sans oublier les amours, les enfants, les doutes, les rêves, les angoisses, les pleurs.
Une vie faite de rock et de blues. Avec ses disques, ses livres, ses films... par saccades et par extraits. Son bovarisme, envers et contre tout. Ses audaces, son glamour, sa banalité, sa sensualité, ses excès, sa légèreté, ses mots doux, sa vulnérabilité, ses illusions. Sans filtre. Sans tricherie.
Une abondance de hauts et de bas pour un roman mi-nostalgique mi-poétique, acide et sucré. Se lit comme un vaste puzzle qui est tombé en vrac de sa boîte, et qu'on nous tend crânement pour le recomposer. On y saisit des bouts de soi, des bouts de nous, des bouts de Lisa. Et c'est très troublant.
Car j'aurais pu quasiment souligner tout son texte, tant celui-ci a des résonances particulières et intimes. On se raccroche aux souvenirs, on se reconnaît et on s'y retrouve. C'est vraiment bien écrit, d'une fraîcheur et d'une authenticité très appréciables. Tout est dit. Ou presque.

 

« Je laisse des morceaux de moi à chaque passage dans cette maison, je viens souvent les retrouver, et au chaud de cette amitié, panser doucement mes plaies. »

 

« Les enfants, ça vous colle aux jambes, aux doigts, aux hanches, ça colle et ça tient bien même, ça ne s'envole pas comme ça. »

 

« Il y a des moments - rares - où je prends conscience que je suis vivante et que je respire encore.
Je souris parfois lorsqu'on me regarde.
Rien n'est perdu. »

JC Lattès - 2018

 

« On voudrait que la vie ressemble toujours à un festival d'été, au générique des séries télé des années 70, à une boule à facettes qui se reflète sur la piste de danse, à l'insouciance des débuts, aux secrets de l'enfance écrits dans des cahiers sur des feuilles à grands carreaux, à une aventure bretonne du Club des Cinq, à du pop-corn qui éclate, à un compliment qui fait monter le rouge aux joues, à une robe à paillettes qui brille dans la nuit (...) »

 

* * * * * * * * * *

« Et de garder au fond de moi l'assurance qu'un jour les regrets peuvent devenir de doux souvenirs. »

 

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Dans ÉparseLisa Balavoine fait l'inventaire de sa vie sur fond de culture pop. Le roman est parsemé de références musicales, à découvrir avec cette playlist.

 

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24/01/18

Le jour d'avant, de Sorj Chalandon

le jour d'avantUn matin de décembre 1974, deux jours après Noël, 42 mineurs trouvent la mort dans la fosse 3bis de Liévin. Toute une région est sous le choc, d'autant plus révoltée que la catastrophe aurait pu être évitée. La famille Flavent aussi est frappée de plein fouet par le drame - le fils aîné, Joseph, un jeune mineur, a été grièvement blessé avant de décéder sur son lit d'hôpital dans l'indifférence générale. Le père est brisé et met fin à ses jours. La ferme et les terres sont bradées. Le fils cadet, Michel, quitte le bassin minier pour y revenir quarante ans plus tard, avec en poche une lettre testamentaire : « venge-nous de la mine ».

Premier constat après lecture : voilà un roman bouleversant, qui ne dit pas tout et qui nous prend au dépourvu. Son histoire de famille traumatisée nous happe dès les premières pages. De suite, on plonge dans une enquête et une soif de vengeance aux côtés d'un  homme marqué par son passé. L'ambiance mortifère, le décor grisâtre, le caractère taiseux de Michel Flavent, tout est ancré dans une réalité sinistre et une volonté farouche de ne jamais se complaire des solutions faciles. L'écriture est sèche, exempte de toute affection. Le roman remue de vieux souvenirs et évoque les “gueules noires” en tant que héros sacrifiés. C'est assez lourd et néanmoins intense.

Mais la lecture est encore plus riche, plus poignante, une nouvelle lame de fond surgit, soudaine et violente... Un véritable coup de massue. J'avoue être restée sur le carreau au tournant, complètement sonnée. Dès lors, c'est une histoire encore plus complexe et déchirante qui se dévoile... mais d'où l'on extirpe toujours les mêmes spectres, les vieilles angoisses et les plaies béantes. C'est Sorj Chalandon lui-même qui m'avait donné envie de lire son roman, lors d'une interview entendue à la radio. Et j'avais biché son évocation (famille, non-dits, culpabilité et remords) sans me douter du chemin qu'il allait emprunter. C'est un vrai tour de force. Une écoute captivante - texte lu par Stéphane Boucher, avec une grande sobriété - et un contexte “Germinal” beaucoup moins oppressant et pourtant nécessaire à la portée de l'intrigue. Une lecture comme une onde de choc qui n'en finit plus de se propager. 

Très bon roman !

 

©2017 Éditions Grasset & Fasquelle (P)2017 Audiolib

Lu par Stéphane Boucher. Durée : env. 8h

Figure parmi les dix titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2018 !

 

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L'enfant perdue (L'amie prodigieuse #4), d'Elena Ferrante

Dernier tome de la saga d'Elena Ferrante, après L'amie prodigieuse, Le nouveau nomCelle qui fuit et celle qui reste !

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Bien que menant une confortable vie bourgeoise à Milan, auprès de son mari et ses filles, Lena plaque tout au nom de sa liaison tumultueuse et passionnelle avec Nino Sarratore. Elle rentre à Naples, revoit son amie Lila. Et miracle, leur relation est au beau fixe. Stable et authentique. Il faut dire que Lila a également su rebondir et occupe désormais une position respectable dans le quartier ; elle partage la vie d'un homme sincère et généreux et a monté sa propre entreprise florissante.
La carrière littéraire d'Elena Greco ne faiblit pas, de plus son retour aux sources apporte une âpreté jamais égalée dans son écriture et les sujets qu'elle ose aborder. Or, son intrusion dérange les mafias locales, en voulant dénoncer les trafics douteux, l'insécurité galopante, la pauvreté et l'abandon du secteur, tandis que d'autres murmurent qu'elle est l'instrument de vengeance de Lila.
Cette dernière, pathologiquement acerbe, ne se défend pas et a fait jurer à Elena de ne jamais parler d'elle dans ses livres... une promesse que l'écrivaine va considérer à la légère.

On retrouve dans ce bouquet final tous les ingrédients de la saga - amitié toxique, obsession maladive, brouilles, famille, chaos et bouleversements sociétaux. C'est tout un quartier qui reprend forme, avec les copains d'enfance, les clans, les mariages, les divorces, les naissances, les décès, les accidents, les maladies... et même le tremblement de terre du 23 novembre 1980.
Les héroïnes ont 36 ans et voient défiler trente ans d'une existence sous tension. Car rien n'est limpide dans leur tête, où l'on devine que se jouent des drames et des crises en puissance. Les deux amies se jalousent depuis toujours et ont usé l'une sur l'autre d'une influence pernicieuse et envahissante. L'une des filles 
de Lena lui reproche d'ailleurs que seule Lila a jamais compté dans sa vie, à part ses romans peut-être. Une sentence impitoyable et si juste.

Au cours des quatre épisodes de la série, on a ainsi participé aux montagnes russes de cette amitié, qui aimait s'infiltrer dans les failles, s'y nourrissait goulûment et s'épanouissait de la sorte. Lena étant la seule narratrice de l'histoire, impossible de déterminer les véritables roueries de Lila ou de la détacher du regard imposé. Acrimonieuse, dissimulatrice, rancunière ? Plus on avance dans les entrailles de leur histoire, plus on abandonne l'espoir de la comprendre.
De fait, Lena et Lila ne sont vraiment pas attachantes et n'inspirent aucune réelle compassion. Pourtant, leurs mots  nous accrochent. Nous emportent. Leurs imperfections nous parlent. Nous renvoient à nos propres approximations. Parce qu'elles sont impudiques, égoïstes et intransigeantes, ce sont symboliquement des héroïnes - elles nous donnent du fil à retordre, mais nous avons appris à composer avec. J'ai franchement aimé les accompagner, quitte souvent à les détester, car je ne m'attendais pas à éprouver cette sensation de manque après le point final... 

Une série découverte en livre audio - du premier au quatrième volume - à l'écoute de Marina Moncade, parfaitement indissociable à mon plaisir de lecture ! Une formidable conclusion. 

 

Trad. de l'italien par Elsa Damien  [Storia della bambina perduta] 

Lu par Marina Moncade pour la Collection Écoutez lire, Gallimard 

Durée d'écoute : env. 16 h 

Parution : Janvier 2018

l'enfant perdue

 

 

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En poche ! Celle qui fuit et celle qui reste (L'amie prodigieuse III) d'Elena Ferrante

EN POCHE ! REPRISE EN FOLIO DU TOME 3 DE LA SÉRIE D'ELENA FERRANTE.

Celle qui fuit et celle qui reste FOLIO

Fin des années 60. Lena se glorifie du succès inattendu de son premier roman et part s'installer à Florence avec son fiancé. De son côté, Lila trime dans une usine de salaisons et bousille sa santé. Alors que l'une brille au sein d'un microcosme intellectuel, l'autre se sensibilise à la cause syndicale et se lance dans des revendications pour défendre les droits de la femme. Et lorsque les deux amies vont reprendre contact, elles se tirent la bourre, par jalousie ou simple incompréhension. Leur relation n'en finit plus d'être “le reflet de leurs insuffisances” et se couvre d'amertume.

Ce troisième tome n'est pas seulement celui des engagements politiques (luttes syndicales, dénonciation des inégalités et du harcèlement au travail), il évoque aussi la sexualité, la maternité, l'épanouissement personnel et le besoin d'accomplissement. Lena et Lila sont des féministes malgré elles - loin d'être des mères exemplaires, elles recherchent un autre sens à leur vie mais sont enfermées dans des rôles et des carcans établis de longue date dans leur quartier napolitain. De plus, les deux jeunes femmes se perdent dans leur course à l'intelligence, à la beauté, à la richesse, l'une est lâche, l'autre méchante, les deux sont égoïstes, et la cruauté de leur relation est flagrante. 

La conclusion de cette sombre histoire se passe dans L'enfant perdue, quatrième & dernier tome de la série enfin disponible !

FOLIO, 2018

Trad. Elsa Damien

"Storia di chi fugge e di chi resta"

 

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23/01/18

The Memory Book, de Lara Avery

The Memory BookSamantha est atteinte de la maladie de Niemann-Pick de type C, autrement dit Sam souffre d'une dégénérescence mentale précoce, qui se manifeste par des troubles de la mémoire. Une maladie rare et irréversible. Ok. Pour Sam, la perspective de partir à l'université de New York s'éloigne à grands pas... mais l'adolescente n'a pas dit son dernier mot. Déterminée, elle va déployer l'artillerie lourde pour démontrer à ses proches qu'elle peut - au moins - accomplir un semestre d'études et réaliser son rêve d'explorer la Grosse Pomme. Pour cela, elle a l'ambition de terminer première de sa promotion, de remporter le concours du club de débat et de proclamer comme une grande le discours de fin d'année devant le lycée entier ! Autre objectif non avouable : ouvrir son cœur à son béguin de toujours, Stuart Shah. Et finalement reprendre contact avec son voisin et ami d'enfance, Cooper Lind. 

Pour mettre toutes les chances de son côté, Sam a eu l'idée de rédiger un journal qu'elle s'adresse à elle-même dans les cas éventuels où elle ferait quelques crises. D'où ce gros roman débordant de souvenirs, d'anecdotes, de consignes, de rappels, de fous rires, de balbutiements, de doutes et de minuscules... On accompagne au mieux Sam dans son combat et on s'attache terriblement à ce petit bout de femme au caractère bien trempé. Attachante et exceptionnelle, Samantha Agatha McCoy est une héroïne inoubliable. Moi qui, d'habitude, rouspète contre les auteurs qui pondent des histoires à fort potentiel lacrymal, lesquelles touchent notamment des enfants malades, me suis donc embringuée dans une aventure fort encombrante. J'admets avoir été rétive, puis étonnée et enfin totalement séduite par ma lecture. C'est étonnamment jovial et euphorisant, une belle leçon de vie et d'espérance, avec du charme, de l'amour, de l'amitié, des larmes... eh oui. J'ai encore une fois pleuré comme une madeleine à la dernière page du livre. Submergée par l'émotion. 

N'empêche que c'était une belle rencontre et je ne regrette pas une seconde d'avoir versé ma petite larme !

Lumen, 2016 - trad. Julie Lafon

« Parfois, la vie peut se montrer vraiment cruelle. Parfois, la vie vous colle une drôle de maladie sur le dos. Parfois aussi, la vie peut se montrer généreuse, mais jamais de façon évidente. Au moins, quand je regarderai en arrière, je saurai que j'ai essayé. »

 

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22/01/18

Star Trip, par Éric Senabre

Star_trip

Au cœur de cet été 1968, May Peeples soupire d'ennui dans la ferme familiale, au fin fond de l'Idaho. Et comme ses parents ont disparu du jour au lendemain, sans prévenir, elle doit s'occuper de son petit frère de sept ans, Sam, qui souffre d'un léger handicap après sa chute accidentel du toit de la grange. Depuis, le garçon est scotché devant la télévision et voue une totale admiration pour la série Star Trip et son héros le capitaine Burke.  Cherchant à tout prix à le distraire, May a l'idée de lui fabriquer une réplique du vaisseau spatial et se rend au centre commercial où elle croise, en dédicace, l'acteur Benjamin Spike. La jeune fille lui propose spontanément de rendre une visite-surprise à son plus grand fan... mais se voit sèchement rembarrer par le malotru.
De retour chez elle, May ne cesse de rager et maudire son sort. Le lendemain matin, tadam, le capitaine Burke affiche une mine contrite sur le pas de sa porte et demande à rencontrer le jeune Samuel. Surprise, mais pas dupe, la demoiselle accède à sa demande. Elle cherche néanmoins à comprendre ce brusque revirement de situation et fait appel à son petit copain, Will Finnegan, pour la soutenir dans toutes ses épreuves. Car May Peeples n'a pas fini d'être bousculée dans son quotidien... entre le harcèlement du révérend Brown à participer aux activités de son groupe de chant, la perspective d'un pique-nique champêtre, les visites flippantes du shérif Cassidy et la télévision qui tombe en panne. C'est plié ! La jeune fille pousse tout le monde dans la camionnette brinquebalante du père de Will, prend en remorque le vaisseau spatial et direction l'Utah pour son lancement dans les étoiles... 

Je ne vous cache pas que j'ai passé un vrai bon moment à tourner les pages du roman. Tout est follement extravagant et finement mis en scène. Que de plaisir à partager cette aventure conduite avec humour et dérision. On y croise une belle brochette de personnages farfelus - un sorcier indien, un couple de vieux garagistes intraitables, un propriétaire de motel façon Norman Bates - le tout dans un décor d'Amérique profonde délicieusement rétro, mais où May Peeples se sent à l'étroit. J'ai beaucoup aimé son franc-parler, son caractère indépendant, son ambition dévorante et sa complicité avec Will, si charmant et dévoué...  C'est un super road-trip à emprunter le cœur battant et le sourire aux lèvres. On ressort de là avec une sensation de bonne humeur contagieuse et distillée avec efficacité dans cette lecture fabuleusement décalée. ☺

Encore un titre de la sélection du Prix Vendredi 2017, dont Magnetic Island de Fabrice Colin & Power club : L'apprentissage d'Alain Gagnol faisaient également partie. Promis, je lis prochainement le titre lauréat !

Didier Jeunesse, 2017 

Lauréat du Prix des Ados du Festival Livres et Musiques de Deauville et  dans la sélection du Prix Vendredi 2017.

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19/01/18

Le sourire étrange de l'homme-poisson, de Tom Avery

Le sourire étrange de l'homme poissonNed et Jamie ont treize ans et sont frères jumeaux. Vivant sur l'île de Portland, dans le Dorset, les garçons aiment se ruer sur la plage, après chaque déferlement de tempête, toujours en quête de trésors (bouts de bois flottés, chaussures, vaisselles ou os de baleine) qu'ils collectionnent précieusement dans le garage. 
Un jour, pourtant, les garçons trouvent une créature étrange et méconnaissable, planquée sous des algues, un homme poisson qu'ils vont cacher, sans rien dire à personne. Ned est convaincu qu'ils vont vivre le début d'une aventure extraordinaire, tandis que Jamie pense que la créature est venue sauver son frère.
En effet,
Ned est atteint de mucoviscidose. Gravement malade, le garçon multiplie les traitements et doit souvent rester au chaud, allongé sur le canapé à regarder l'intégrale de Star Trek. Les deux frères ont également grandi en écoutant les légendes de leur grand-père, ancien pêcheur, et sont intarissables sur les étoiles, les poissons et les sirènes.
C'est donc en toute quiétude, et avec beaucoup d'admiration, que j'ai partagé la routine de cette famille, jouant des parties de Risk ou buvant du thé. J'ai aussi beaucoup aimé devenir la complice des jumeaux et préserver le secret sur Leonard (clin d'œil au Dr McCoy, médecin-chef sur L'Enterprise), tout en me posant légitimement des questions sur lui. J'ai adoré me perdre dans ce petit coin paumé de Chesil Beach, pédalant sur un vélo, bravant la pluie, le vent, le tonnerre, les vagues et le froid. Criant colère et détresse face à la mer. Espérant un chant lointain, une étoile brillante et solitaire. Soupirs.
Il y a dans ce petit roman un maelström d'émotions, qui nous fait passer du tout au tout, du rire aux larmes, de la stupeur à l'incompréhension, du rêve à la réalité, du mensonge à la triste évidence. Ce sont 200 courtes pages, qui se lisent parfois comme un conte et qui surtout ont le poids d'une lecture bouleversante. J'ai cru tenir bon, mais j'ai pleuré comme une madeleine à la fin. Suis définitivement irrécupérable.
Enfin, c'était vraiment bien... Doux, poétique et plein de finesse. Vraiment bien. Un roman qui parle de la mer et de la famille. Tout ce que j'aime. ☺

Seuil jeunesse, 2018

Traduit par Amélie Sarn. Titre VO : Not As We Know It.

Illustration de couverture : Lisa Zordan

Prolongement de lecture : À marée basse, de Jim Lynch

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#Wanted : Les étranges sœurs Wilcox, de Fabrice Colin

Londres, 1888. Qui sont ces deux orphelines qui s'aventurent la nuit dans les rues mal famées ? Ignorent-elles que Jack l'Éventreur et d'autres créatures plus terrifiantes encore y livrent une lutte sans merci ? Mais Amber et Luna Wilcox ne sont pas des jeunes filles comme les autres. Sous leur frêle apparence se cache un terrible secret...

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Dans cette histoire énigmatique et néanmoins passionnante, on croise les figures tutélaires de Sherlock Holmes, du Docteur Watson, de Bram Stoker, pour ne citer qu'eux, mais surtout on plonge littéralement dans un univers fascinant, bien campé, sombre et enivrant. Une société secrète lutte contre des forces obscures, tous les coups sont permis - meurtres, kidnappings, incendies criminels, poursuites endiablées... Et au milieu, les sœurs Wilcox tentent de comprendre l'inextricable écheveau dans lequel leur famille s'est engouffrée. Leur père a disparu, leur belle-mère joue à cache-cache et retient des informations précieuses... Amber et Luna vont être aspirées dans un tourbillon infernal. Toutefois, c'est du plaisir sur toute la ligne. Les clichés sont rebattus, revisités, bref dépoussiérés. Le lecteur n'en perd pas une miette et avale en une goulée les pages du roman.  Le rythme est enlevé, l'épopée ébouriffante. À ceci s'ajoutent des émotions à tous les étages. Des personnages attachants. Une intrigue habilement tissée. Et des personnalités légendaires. C'est envoûtant, raffiné, démoniaque. 

Je lance maintenant un appel international (#cristina_inside) pour espérer l'éventuelle parution du tout dernier tome (Le Dernier Sacrifice) promis depuis 2014.

Collection: Folio Junior - N°1629 

Illustrateur de couverture : Erwann Surcouf

 

Premier #Wanted d'une longue série.

 

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18/01/18

Tortues à l'infini, de John Green

G01531Aza Holmes, 16 ans, est une adolescente ordinaire, en apparence heureuse, si ce n'est qu'elle souffre de troubles obsessionnels compulsifs. En vrai, elle a des spirales de pensées obsédantes, une voix entêtante lui serine dans la tête, la rendant phobique des bactéries. Cette pathologie est épuisante et l'entraîne toujours plus loin dans ses névroses, créant aussi un profond mal-être.
Il n'est donc pas rare qu'elle se ferme comme une huître, en train de ressasser ses angoisses et invoquer des spectres de contamination et de mort imminente, tandis que sa Meilleure et Plus Intrépide Amie, Daisy Ramirez, babille joyeusement à ses côtés, évoquant sa passion pour Star Wars et ses fanfictions. Après tout, la maladie d'Aza est désormais une vieille ritournelle, envers laquelle son intérêt est devenu volage. 
Bref. Sans cesse à l'affût de projets farfelus, Daisy tombe sur la disparition d'un milliardaire du nom de Russell Picket et la promesse d'une récompense donnée à quiconque serait en mesure de fournir des renseignements. Or, le fils de celui-ci est aussi un ancien copain de colo de son amie. Davis Pickett. Daisy commande Aza de le recontacter, et pourquoi pas grappiller des indices pour retracer le fugitif. Les filles ont bien besoin d'argent pour se payer des études et enjoliver leur quotidien.
L'opération d'infiltration peut commencer. Et miraculeusement, tout se déroule comme dans un rêve, Davis se rappelle d'Aza, accepte de la revoir etc. Le petit groupe devient inséparable, mais voilà...
Aza et ses pensées infernales. Ses bouffées de stress. Ses idées folles et ses délires vertigineux.
Aza sombre de plus en plus dans l'excès et dans la psychose.
Et bim, la jeune fille perd les pédales.

Comme beaucoup d'autres lecteurs, j'étais curieuse de lire le nouveau roman de John Green, mais pas impatiente non plus. Je reconnais à l'auteur de grandes qualités, sans m'avouer une fan hystérique ou acharnée. C'est donc avec une certaine désinvolture que j'ai écouté ce roman pour, finalement, l'apprécier grandement. Oui, voilà un roman très touchant, très fort, sans réelle action mais tellement juste et attachant.
On y trouve encore et toujours des jeunes gens fragiles et délicats, des adolescents jouer les funambules sur une corde raide. On les sent fébriles et en détresse, parés du besoin de trouver leur place ou de comprendre le monde qui les entoure. Ce sont des mômes déstabilisants et qui se rappellent à nous. Des adolescents qui essayent d'être des amis à la hauteur, des enfants obéissants, des élèves studieux, des amoureux flamboyants. Dur, dur.
Ce regard que pose John Green sur la jeunesse est égal à lui-même - lucide, tendre et sans détour - même s'il y ajoute une pointe d'excentricité et de complaisance. Toutefois, c'est drôlement bon et franchement attendrissant. J'ai aimé vivre dans la tête d'Aza, comprendre ses raisonnements et toucher du doigt sa logique implacable. John Green a d'ailleurs avoué s'être inspiré de son propre vécu et son expérience de la maladie pour attribuer à l'histoire d'Aza une note authentique et poignante. C'est difficile à expliquer, mais j'ai été personnellement émue et concernée. Je me suis surprise à écouter d'une traite le roman, regrettant presque le point final. Gros big up à la complicité entre Daisy et sa fidèle “Holminette” - je me sentais bien en leur présence !

À découvrir seulement si vous vous moquez bien de la réputation de Nos étoiles contraires... 

Lu avec tendresse et sans fausse note par Élodie Huber.

Collection Écoutez lire, Gallimard (2018). Durée : env. 6h 30

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Catherine Gibert [Turtles All the Way Down]

Tortues à l'infini

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