09/05/13

“Imagine there was a cure, but finding it would cost you everything. It would completely ruin your life. What would you do?”

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Encore un roman futuriste, qui emprunte cette fois sa ligne conductrice au conte de fées ! Cinder est notre Cendrillon des temps modernes. Elle est à moitié humaine et à moitié cyborg. Orpheline, elle a été placée sous la tutelle d'un scientifique, qui a été foudroyé par la létumose. Cette terrible maladie est en train de décimer la population de la planète, les gouvernements s'arrachent les cheveux pour trouver un antidote, même l'empereur de la Communauté asiatique est alité, à l'article de la mort, et son fils, le prince Kai, est accablé, d'autant plus que la reine Levana, du royaume lunaire, lui met la pression pour conclure des accords de paix impliquant une alliance conjugale.

Cinder est mécanicienne, dans un petit atelier tout sale sur la place du marché. Un jour, le prince Kai lui-même se présente à sa porte et lui demande de réparer son androïde. C'est urgent. Mais les événements vont brusquement s'accélérer autour d'elle : sa sœur va tomber malade, sa belle-mère ne va pas le supporter et va choisir de léguer le corps de Cinder à la recherche médicale. C'est là qu'entre en scène le docteur Erland, avec sa science et son savoir. On craint le pire et on sent le stress nous envahir. A partir de là, le suspense ne va cesser d'enfler !

Car, après un début assez ardu, dans lequel j'avais l'impression de m'engluer avec tous les détails techniques et les cyber-trucs, je n'ai pas tardé à m'enthousiasmer pour cette histoire passionnante. L'héroïne est foncièrement attachante, loin d'être une gamine naïve et spectatrice de son sort, elle est très indépendante et volontaire, ça fait plaisir ! Même son histoire avec le prince Kai se déploie en douceur, avec beaucoup de finesse et de pudeur. C'est adorable, pas du tout mièvre, ce qui a le don de me plaire davantage. Et puis l'intrigue autour des personnages est forte, habile, redoutable, on devine certaines ficelles mais on se laisse tout de même prendre au piège, c'est diabolique et envoûtant.

La série comptera exactement quatre tomes, la suite est déjà disponible en VO ( Scarlet) mais il faudra attendre un an pour la traduction française.

Cinder, par Marissa Meyer
PKJ. (2013) - traduit par Guillaume Fournier


08/05/13

"Une vie de femme est toujours un compromis."

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Ce roman possède un charme fou, il a eu le très bon goût de me transporter littéralement à Lyme Regis, sur la côte du Dorset, bercée par le son des vagues et des mouettes, ce qui a été fortement appréciable en cette saison printanière. L'histoire se passe au début du XIXe siècle, autour de deux héroïnes, Mary Anning et Elizabeth Philpot. L'une est jeune, issue d'une famille désargentée, frappée depuis toujours par la passion du fossile, inculquée par son propre père, l'autre est une vieille fille excentrique, indépendante et généreuse. Toutes deux ne devaient jamais se rencontrer, mais les circonstances en ont décidé autrement.

Ainsi, elles affronteront ensemble bien des tempêtes au cours des longues années qui ont jalonné leur amitié. Avec une période de creux, durant laquelle les deux femmes vont s'éloigner suite à une fâcherie pour un homme, puis par la faute de leur orgueil trop prononcé, car toutes les deux n'ont jamais cessé de penser l'un à l'autre, sans vouloir franchir le premier pas pour s'excuser ou demander pardon. C'est donc un roman sur la vie, un roman qui parle d'amitié, en plus d'être un roman qui évoque la place des femmes dans la société scientifique (Mary devra batailler pour qu'on reconnaisse ses talents et autres connaissances en matière de fossiles !).

Aussi, ce roman est tout simplement formidable. Doux et apaisant. Avec un sens du romanesque absolument parfait, sans la moindre faute de goût. Dès lors qu'on glisse un doigt de pied dans cette histoire, on n'imagine plus vouloir en sortir sans connaître la suite ou la fin ! L'histoire est lue par Danièle Lebrun de la Comédie-Française, pour le rôle d'Elizabeth Philpot, et Julie-Marie Parmentier, pour celui de Mary Anning. C'est un duo qui allie la force et la douceur, en plus de la sensibilité et de la petite note qui bouleverse sans en avoir l'air. C'est une promenade littéraire ravigotante, une bouffée d'air pur et une petite parenthèse enchanteresse. A déguster, les paupières closes, le casque sur les oreilles.

Prodigieuses créatures, par Tracy Chevalier
Gallimard, coll. Ecoutez Lire (2012) - Traduction d'Anouk Neuhoff

07/05/13

Bêtes de Fabian Negrin

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En voiture avec leurs parents, Giorgia et son jeune frère réclament une pause pipi, s'éloignent derrière les bosquets, jouent avec un petit bateau qu'ils viennent de trouver et se perdent dans la forêt.

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Ils se chamaillent d'abord à propos de la direction à prendre, mais petit à petit l'inquiétude les gagne, bientôt suivie par la peur.

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Les enfants ne sont pas perdus. Ils ont tourné en rond dans un tout petit bois qui jouxte le parking. Plus de peur que de mal donc, mais leurs émotions n'en sont pas moins intenses !

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Au fur et à mesure qu'ils éprouvent de forts sentiments, l'auteur les représente sous l'apparence d'un animal qui caractérise leurs sensations.

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En les transformant ainsi, l'auteur attire l'attention du lecteur sur ce qu'ils éprouvent et la force avec laquelle ils l'éprouvent. Il montre aussi aux jeunes lecteurs que la réalité n'est pas toujours ce qu'elle semble être.

Une histoire subtile, au texte plein d'humour et aux illustrations magistrales et légèrement inquiétantes.

CET ALBUM EST DE TOUTE BEAUTÉ ! J'ai beaucoup aimé l'interprétation donnée aux sentiments via une métamorphose animale. C'est ludique et très intelligent. Un texte riche en nuances, très élégant.

Bêtes de Fabian Negrin (Seuil jeunesse, novembre 2012)

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Raymond, sexyback ! ♥

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Retour gagnant pour notre ami Raymond, avec ses cheveux roux, ses lunettes de vieux, son pull aux couleurs moches et son prénom de caniche (ça, c'est sa voisine Lucile qui le dit). Comme celle-ci vient d'ailleurs de lui faire comprendre, Raymond n'est pas un loser (un gros nul). C'est juste un rebelle, mais il ne le sait pas ! C'est sa théorie pour expliquer pourquoi il  ne fait rien comme tout le monde, pourquoi il a du mal à plaire aux filles et pourquoi il n'est jamais à la mode. D'où le look Village People peu de temps après, avec ses deux potes, Yvon et Marcello...

Ceci n'est qu'une anecdote parmi tant d'autres ! Car les nouvelles aventures de Raymond sont toutes impayables, je vous assure, j'ai pris encore plus de plaisir à bouquiner ce deuxième volume. C'est drôle, un peu débile, enfantin mais irrésistible. Prenez l'histoire de la photo de classe ... Humour très beurk, mais humour qui fait mouche ! J'ai ri, mais qu'est-ce que j'ai ri ! Et que dire du combat de Raymond pour prouver à sa petite copine Louise qu'il n'est pas un vrai gentil ? Tout ça parce qu'il est intimement persuadé que les garçons qui plaisent aux filles sont ceux qui se battent, qui répondent au prof et qui se font punir. "C'est nul d'être gentil, c'est niais, ça fait rêver personne !" ^-^

Avec son format grand cahier souple, son mariage entre le roman et la bande dessinée, cette série a le vent en poupe et assure à nos enfants (et pas seulement) un très bon moment de lecture ! Succès assuré. ♥

Raymond, tome 2 : Vive les potes ! par Romain Gadiou et Sébastien Tiquet (Nathan, 2013)

Dans la même collection, vous découvrirez aussi ce titre :

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La vie d’une bande de tout petits dinosaures dotés d’une ÉNORME imagination !

Cinq tout petits dinosaures associent leurs grands esprits pour monter les plans les plus improbables. Pas un jour sans une idée stupide : visiter les intestins d’un brontosaure, faire le voyage jusqu’à la lune en morve spatiale, attendre la petite souris (tricératops, évidemment) ou encore chercher à démontrer l’existence du terrible Voldemorve.

-) Je n'ai pas tellement accroché, mais je connais de jeunes amateurs de dinos qui ne vont pas bouder leur plaisir !

Les énormissimes aventures des Dinominus, par Gary Northfield (Nathan, 2013)

  • A quand la suite des Zioups de l'espace, la série de Florence Langlois ?!

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Nouveautés : Tranche-Trognes & Akissi ♥ cuvée 2013 ♥

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La vie de bourreau n'est finalement pas si douce. Imaginez que cela fait déjà un an que notre intrépide Tranche-Trognes exerce son métier au château, sans n'avoir jamais mené la moindre exécution jusqu'à son terme ! Le comte est très, TRES en colère. Il n'hésite d'ailleurs pas à punir notre bourreau malchanceux (oui, ce n'est jamais sa faute ! comment voulez-vous exceller dans votre besogne lorsque votre charmante épouse, également sorcière, met régulièrement son grain de sel à la barbe de son tortionnaire de mari !?!). Ultime humiliation pour Tranche-Trognes : sa sœur vient lui donner une bonne leçon dans l'art de bien pratiquer la torture.

C'est ainsi, comique et ironique, et il en restera de même jusqu'au bout ! Les retrouvailles avec notre bourreau s'effectuent donc sous le signe de l'humour et la bonne humeur. Que de facétieuses idées et anecdotes dans ces petites histoires d'à peine deux, trois pages. C'est court, mais percutant et excellent.

Tranche-Trognes, tome 2 : La douce vie de bourreau, par Christian Jolibois et Joëlle Passeron (Gallimard, 2013)

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Rentrée musclée pour notre adorable Akissi ! Elle entre en classe de CE2 mais son instituteur, monsieur Adama, souffre d'une réputation de véritable tyran. Akissi a la boule au ventre d'être assise sur son banc, juste sous son nez, frisant la crise cardique dès lors qu'il pose la moindre question. Elle n'en peut plus de ce stress perpétuel et supplie ses parents d'apaiser son calvaire.

Bon, ses plaintes ne sont hélas pas recevables. Peut-être qu'une petite pièce de 100 Francs pourrait motiver notre écolière à retrouver son chemin d'un pas plus alerte ? Un bon pain au saucisson pour la récréation, ça devrait être alléchant ? Akissi est toujours verte de trouille et regretterait presque son front percé d'un clou, lors d'un incident survenu la veille de la rentrée !

Il s'agit déjà du quatrième tome de cette série et je n'ai vraiment pas le sentiment de m'ennuyer ou de tourner en rond. L'imagination et l'humour sont toujours au rendez-vous ! Akissi vit de petites aventures assez proches de la réalité (l'école, la peur du maître, le cours de piscine, l'amitié entre les filles et les garçons, la féminité aussi ...), tout ça sur fond d'espièglerie et d'humour cocasse. La recette, déjà testée et approuvée, se révèle payante encore une fois !

Akissi, tome 4 : Rentrée musclée par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin (Gallimard, 2013)

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Teaser Tuesday #46

A découvrir !

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Une compilation des dix imagiers bilingues de la collection «Signes»,
un ouvrage de référence qui crée un pont entre l'univers des entendants et celui des sourds autour d'un seul monde : le nôtre.
Chaque mot est écrit, traduit en Langue des Signes Françaises (L.S.F.) et illustré en images...

Ont participé à cette joyeuse parade : Alexios Tjoyas, Delphine Perret, Chamo, Regis Lejonc, Lili Scratchy, Olivier Latyk, Martin Jarrie, Olivier Ballez, Claire Franek et Claude Cachin.

Seul bémol, cette édition spéciale n'inclut pas de sommaire qui aurait pu permettre au lecteur de se guider plus facilement dans cet épais volume, riche d'un vocabulaire décliné en dix catégories (école, noël, gourmandise, maisons, indiens, voyage, émotions, mer, ABCD).

Les illustrations sont superbes !

Signes (l'intégrale), par Bénédicte Gourdon et Roger Rodriguez (éditions Thierry Magnier, 2013)

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06/05/13

“I'm a monster, you know. I'm one of the dangerous ones.”

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Peut-être parce que j'avais déjà lu le premier roman d'Alexandra Bracken, Brightly Woven, que j'avais fortement apprécié, et parce que les commentaires étaient tous plus élogieux les uns que les autres sur sa nouvelle série, qui se présente avec Les insoumis, j'avais probablement de grandes espérances quant à ma lecture mais le résultat ne s'est pas avéré aussi concluant.

Ruby est une gamine de dix ans lorsqu'elle est internée, à l'instar de milliers d'autres, dans un camp pour éradiquer le virus foudroyant qui frappe toute leur génération. Ceux qui survivent sont donc considérés avec prudence et crainte, aussi le gouvernement préfère les avoir à l'œil. Six années vont passer avant que Ruby saisisse sa chance pour s'enfuir. Son secret semble avoir été démasqué et ses jours sont en danger. En effet, Ruby possède le don de télépathie. Elle est capable de fouiller les pensées et de les manipuler à sa guise.

Ils sont une poignée de jeunes à ainsi se révéler une force en puissance, c'est ce qu'elle va découvrir au hasard de sa fuite. En chemin, elle croise Liam, Zu et Chubs, trois adolescents également évadés, qu'elle va accompagner pour échapper aux chasseurs de prime et aux forces spéciales qui sont à leurs trousses, mais aussi pour tenter de trouver la fameuse Terre Promise, East River, où se rejoignent tous les insoumis.

Globalement, j'ai apprécié cette découverte, que j'ai trouvée riche en rebondissements, en action et en folles péripéties. Les émotions et les palpitations sont au rendez-vous. Par contre, je suis un peu déçue par la mécanique de l'intrigue, qui consiste à entrecouper ces séquences rythmées avec de lentes et longues considérations existentielles. On passe, naturellement, un temps fou à tout bien détailler et mettre en place : le contexte politique, l'évolution de Ruby, qui est tout sauf une rebelle dans l'âme, et ses sentiments dans toute cette aventure.

Résultat, j'ai souvent eu la méchante sensation d'être dans l'expectative pendant une grande partie du roman. Malgré les bonnes idées et la promesse d'avoir une lecture passionnante, il m'a semblé que l'ensemble était inégal et un peu long. Paradoxalement, la suite ne devrait être que meilleure car désormais toutes les cartes sont sur table !

Les insoumis, par Alexandra Bracken
La Martinière J. (2013) - traduit par Daniel Lemoine

"When a lady isn't perfect, she's a lot more perfect, I believe."

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Mack et Cece travaillent tous les deux dans le même restaurant, dans un quartier populaire, et vont rapidement tomber amoureux. Ils sont jeunes, mais déjà désespérés et désoeuvrés par la faute d'un quotidien difficile. Leur amour, donc, est pour eux une échappatoire, ils s'accrochent l'un à l'autre comme à une bouée de secours, ce qui donne à leurs sentiments un ton plus beau, plus fort, plus authentique.

Cece manque de confiance en elle et trouve en Mack cette force en laquelle elle ne croyait plus. Son frère va partir à la guerre, de son plein gré, et elle est intimement convaincue qu'il ne va jamais revenir. Mack, lui, mène son propre combat pour résister à l'appel de la violence, de la haine radicale envers le genre humain, il a d'ailleurs consacré toute sa bonté à l'espèce canine et voudrait devenir éducateur si les études n'étaient pas aussi chères. La présence de Cece l'apaise et lui devient plus que nécessaire.

Et puis le drame arrive, Cece et Mack vont être face à leurs pires cauchemars... Et là je ne vous raconte pas comment mon moral a flanché, un aller simple vers les chaussettes. J'avais senti, dès le démarrage, que la lecture ne serait pas aisée et que l'histoire ne ferait pas dans la légèreté. Mais quelque part j'avais été touchée et j'étais intimement convaincue que l'auteur allait nous porter vers le haut. La suite n'aura été que déception.

C'est sombre, oppressant, terriblement amer et défaitiste. L'histoire est triste, d'une tristesse poisseuse et remplie d'amertume. Franchement, il faut tout de même avoir le cœur bien accroché, car c'est assez déprimant ! Pourtant, j'ai aimé les personnages avec toutes leurs complexités, leurs forces, leurs faiblesses, leurs errances, mais il m'a manqué un soupçon d'éclaircie pour véritablement m'attacher à cette lecture.

Ne t'en va pas, par Paul Griffin
La Martinière J. (2013) - Traduit par Nathalie Azoulai

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03/05/13

“Mothers are all slightly insane.”

le confident

La narratrice, Camille, vient de perdre sa mère et épluche son courrier lorsqu'elle découvre la missive étonnante d'un dénommé Louis, qui s'enhardit à lui raconter une histoire ayant eu lieu bien avant sa naissance. Au départ, Camille s'imagine que c'est une tentative désespérée d'un auteur (elle est éditrice) pour attirer son attention. Certes, cette histoire mettant en scène la jeune Annie, la très sophistiquée Madame M., son époux Paul, et Louis, alors jeune et naïf, implique une série de bonnes et surprenantes nouvelles, où l'amour, la duperie et la vengeance sont fortement liés. Toutefois, ce qu'elle recèle risque bien de fragiliser ce qu'elle croyait acquis.

La construction du roman est en effet stupéfiante, car sitôt qu'on s'imagine une partie de l'intrigue, on en redécouvre une autre facette au détour d'une autre lettre, les révélations ne cessent de pleuvoir, les personnalités deviennent floues, on ne sait plus bien qui est manipulé ou qui tire toutes les ficelles. Je dois en effet avouer que tous les rôles sont sans cesse inversés, on a à peine le temps de s'apitoyer sur untel qu'on sursaute en réalisant que la vérité est ailleurs... Quel scénario habile et pervers! L'auteur a vraiment su nous balader de bout en bout.

A l'écoute, nous avons une palette de comédiens talentueux, Carole Bouquet dans le rôle de Madame M., Jacques Weber pour Louis, Sara Forestier pour Annie et même Hélène Grémillon pour Camille. Un sans-faute sur ce casting. Il m'arrivait presque d'avoir l'illusion d'un film, je n'avais plus qu'à me faire mes propres images dans la tête, les narrateurs étant tous d'expressifs interprètes ! Cette lecture s'est révélée vivante, passionnante, et m'a entraînée dans une partie de cache-cache démoniaque, sur fond de guerre, d'identité, de maternité, de folie et d'absolutisme. Une réussite !

Le confident, par Hélène Grémillon
Gallimard, coll. Ecoutez Lire (2013) - Lu par Sara Forestier, H. Grémillon, Jacques Weber et Carole Bouquet

« L’Inde change toujours les gens. »

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Pendant huit jours, un festival culturel, en Inde, devient le théâtre des petits drames bourgeois de Roland, écrivain sexagénaire, éternel séducteur, mais farouchement allergique à la paternité, sa jeune compagne Renata, d'origine italienne, Charlotte, cinéaste new-yorkaise, perpétuellement angoissée et encore sous le choc du suicide de sa meilleure amie, Raphaël, écrivain ravagé, désabusé, un vrai mufle avec les femmes, et enfin Géraldine, l'organisatrice, expatriée, mariée et mère d'un jeune enfant, mais toute tourneboulée depuis qu'elle vient de retrouver son amour d'enfance.

C'est un roman qu'on découvre avec plaisir et qui tente de nous bercer dans un paysage indien, dont on ne perçoit hélas ni le charme, ni le glamour et encore moins le folklore, ou tout ça de très loin. Ce qui nous frappe, c'est l'ironie dont se sert Catherine Cusset pour tourner en dérision ses personnages, ces derniers sont en effet malmenés par cette aventure à l'autre bout du monde, et souvent contraints de traverser des tempêtes personnelles et émotionnelles. C'est sur ce schéma classique, pas déplaisant non plus, que nous nous baladons, au son de la voix de Cécile Cassel. C'est nerveux, déluré, ça s'embrase et pourtant ça retombe vite à plat. L'ensemble n'est pas désagréable à écouter, j'ai plutôt bien aimé, mais il m'a manqué un petit quelque chose.

Indigo, par Catherine Cusset
Gallimard, coll. Ecoutez Lire, 2013  - Texte intégral lu par Cécile Cassel (environ 8 heures d'écoute)

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