29/05/09
Grignotin et Mentalo présentent... ~ Delphine Bournay
voici déjà le quatrième volume d'une série très, très agréable à découvrir. il n'est pas utile de les lire dans l'ordre, toutefois une fois qu'on a goûté on ne peut pas s'empêcher de tout croquer !
les personnages principaux sont donc grignotin, le lièvre (ou lapin ?) jaune, et mentalo, la grenouille verte. ce sont de très grands amis, ils sont inséparables, ils s'amusent beaucoup, notamment à jouer la comédie, parfois ils se fâchent mais ça ne dure jamais longtemps. dans ce numéro, mentalo est exaspéré par l'insouciance de grignotin. alors qu'il aimerait de l'aide pour planter les légumes du jardin, il remarque que grignotin préfère se prélasser au soleil. mentalo crie son ras le bol et tourne les talons, il a déjà sa petite idée derrière la tête.
après trois jours à bouder chacun dans son coin, grignotin et mentalo se retrouvent et s'enthousiasment à l'idée d'interpréter la cigale et la fourmi de jean de la fontaine. en deux, trois mots mentalo raconte l'histoire et la morale, mais grignotin est choqué. comment est-ce possible ? et l'entraide ? et l'amitié qu'on se jure croix de bois croix de fer ? car un ami c'est sacré et ça ne vous abandonne jamais... mentalo n'est pas d'accord, c'est pêché de trahir la pièce d'un auteur, sans compter qu'il cherche à exploiter la fable de la fontaine pour manifester son propre mécontentement, alors grignotin jette l'éponge et se retire de la distribution. heureusement l'esprit de la fontaine (comprenez, un grand masque d'imitation africaine qui surgit derrière un arbre !) intervient pour réconcilier nos deux petits amis, et suggère d'arrondir les angles.
la préparation du spectacle leur donne une belle idée : inviter en guest star jean de la fontaine ! c'est tout à fait possible, il suffit de jeter un coup d'oeil dans les pages vertes, d'y trouver un jean-claude fontaine, car oui ça y ressemble donc c'est forcément lui ! ;o) je ne vous raconte pas la tête de leur ami cerf quand il apprend la nouvelle ! ! ! c'est désopilant !
mais tout le livre s'inscrit dans cette tendance, une succession de situations inattendues, rigolotes et facétieuses, l'amitié est à la fête, on ressent toute la connivence entre chaque personnage, et attendez-vous à une brochette de personnages secondaires qui valent le coup d'oeil ! l'originalité aussi dans cette série réside dans sa présentation : bien entendu il y a beaucoup d'illustrations, dans des tons essentiellement pastel, c'est très coloré, salué par un trait fin, simple et frais, on pourrait ensuite beaucoup penser à une bd (ou à un roman graphique) grâce à l'écriture cursive, il n'y a pas de bulles comme dans une bd, par contre il y a une couleur distincte pour chaque parole selon le personnage... tout ceci n'est pas facile à décrire, voilà pourquoi c'est mille fois mieux de le découvrir soi-même !!!
Mouche de l'école des loisirs, 2009 - 108 pages - 9,50€
existe aussi : grignotin et mentalo / grignotin des bois et mentalo de la vega / le correspondant de grignotin et mentalo
*****
bienvenue parmi les personnages fétiches de la maison, au même titre que Pomelo, Rita et Machin, l'inspecteur Lapou, Apolline et M. Munroe, Bogueugueu, Oscar et Arabella, la fée Coquillette et Zoé tout court ...
28/05/09
des oiseaux, des albums
c'est beau comme ça...
La môme aux oiseaux, elle,
ne me connaissait pas.
Mais déjà je la savais ma soeur,
ma pente,
mon miel,
ma semblable
et mon autre.
A force de l'écouter s'écouter longuement
fouiller en elle
à force de la voir arracher un oiseau de son poing
comme on arrache un diamant de sa gangue,
de la sentir étudier cet oiseau,
chercher à le comprendre,
lui parler,
lui sourire
ou lui tirer la langue
et le lâcher ensuite,
j'ai compris.
Je crois que chaque oiseau était un peu d'elle-même.
Une humeur profonde.
La môme du jour.
Ses états d'âme et de plumes.
Depuis le sol,
la môme vous dévisage et s'envisage.
Pour mieux se voir
elle se regarde de loin, d'en bas,
et sous d'autres couleurs.
Volez soucis,
volez bonheurs.
Libre comme l'air, dans l'air, en l'air,
La môme est libre, aussi, quand vous êtes en haut !
-- extraits de La môme aux oiseaux --
texte de Henri Meunier
illustrations de Régis Lejonc
avec la participation d'Antoine Lejonc
** encore merci la Gre ! **
tu t'en doutes, nous avons énormément aimé !
"des loups dans les murs" aussi... mais c'est particulier, il faut qu'on en parle, mais à part et plus tard... ;)
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et une autre histoire avec des oiseaux...
La lettre des oiseaux, texte d'Agnès Bertron-Martin
Illustrations d'Aurélie Blanz
Album Nathan, 2009
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Dans le joli village de Petrovna, Vania le facteur est un jour amené à remettre une lettre dans cette mystérieuse maison isolée qui l'effraie. Ce courrier va bousculer son univers.
c'est donc l'histoire d'un facteur heureux, il aime distribuer les lettres à ses amis les villageois et un jour il lui vient l'idée d'avoir sa propre boîte aux lettres pour recevoir, peut-être, une lettre rien que pour lui... les jours passent, sa besace reste vide, sauf une fois... il découvre un oiseau blessé qui protège farouchement une enveloppe jaunie et fripée destinée à la résidente de la vieille isba, une maison maudite, envahie par les ronces, et forcément abandonnée ; toutefois notre vaillant facteur décide de s'y rendre et rencontre en chemin des embûches inimaginables, mais il s'accroche parce que...
Vania était un bon facteur et il savait,
lui qui n'avait jamais reçu de lettre de toute sa vie,
le bonheur que ça devait être d'en recevoir une !
Encore un très bel album, avec des illustrations d'une grande beauté, qui sont composées comme des tableaux et qui suivent le fil des saisons. C'est aussi une histoire qui nous parle d'amour, de courage et de recherche du bonheur. Qu'espériez-vous d'autres ?
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NB : Les illustrations présentes dans ce billet sont des clichés personnels, merci de ne pas les reproduire... je m'excuse également auprès des auteurs pour cette liberté, n'hésitez pas à vous manifester si cela vous ennuie.
27/05/09
du chronopost avant 13 heures...
ouah !
merci Gaelle "la Grenouille" !
... une belle aventure à vivre ici, grâce à deux folles, Ori & Charlotte ! ;o)
La Maison du magicien ~ Mary Hooper
L'histoire se passe dans l'Angleterre d'Elizabeth Ière, alors que Lucy, une jeune gantière, rêve des belles toilettes et de la prestance des nobles dames, en vénérant la reine et la vie à la cour. Or Lucy n'appartient pas à ce beau monde, sa famille trime pour joindre les deux bouts, le père dépense le peu d'argent récolté dans l'alcool. Un jour, après une énième dispute soldée par les coups et les menaces, Lucy choisit de partir. Elle suit la Tamise pour gagner Londres et finit par s'arrêter aux abords du palais de Richmond. Elle croise deux fillettes et leur singe en train de jouer dans la boue et vient à leur secours quand l'une d'elles manque de s'embourber jusqu'à la taille. Suite à cela, Lucy est accueillie dans la Maison Noire, une habitation à l'aspect rébarbatif qui correspond parfaitement à son nom, avec un toit de chaume envahi par la mousse, des murs goudronnés et de minuscules fenêtres poussiéreuses. Cette maison appartient au Dr Dee, qui est le magicien et conseiller personnel de la reine.
Lucy est engagée comme nourrice et trouve vite ses marques dans cette demeure immense, qui n'a pourtant plus l'étoffe d'antan. L'argent manque, la femme du magicien est alitée après un accouchement douloureux, et le Dr Dee ne quitte jamais sa lugubre bibliothèque. Un soir, Lucy s'y faufile, piquée par sa curiosité maladive et se sauve en courant, pensant être tombée dans l'antre de Satan ! Peu après, la jeune fille a vent d'étranges histoires qui sont rapportées sur le compte du fameux magicien. Est-il un charlatan, ou un être doté d'un vrai pouvoir ? Fait-il apparaître les esprits, converse-t-il avec les anges ?
La reine en personne lui fait confiance, son arrivée à Mortlake est annoncée, avec dans son sillage des rumeurs de complot contre sa royale personne.
Magie et mascarade sont au coeur de ce passionnant roman, dont la configuration historique, plus que soignée, est admirablement reproduite. L'auteur apporte des notes de précision en fin de roman, pour expliquer le contexte et l'importance des personnages rencontrés dans cette fiction (le docteur Dee, par exemple, a bel et bien existé). A l'instar de La messagère de l'au-delà, le précédent roman de Mary Hooper, La Maison du magicien procure une sensation d'immersion totale et immédiate. C'est par la voix de Lucy qu'on suit l'intrigue, de telle sorte qu'il nous est impossible de deviner la suite, impossible aussi d'emprunter un autre chemin que celui suggéré par la jeune fille. On vit l'histoire à son rythme, c'est prenant et saisissant. Et c'est instantané, on se surprend à tourner les pages à une vitesse, c'est vraiment très agréable.
L'histoire est racontée de façon limpide, vue à travers la sensibilité de la narratrice et héroïne. Lucy est une jeune fille attachante, portée par une curiosité qui frise l'indécence (ou l'inconvenance). Il lui faudra du culot, en plus du courage, pour démêler les fils de l'imbroglio auquel elle sera, malgré elle, associée. Cette aventure pleine de suspense s'enrichit également d'une touche romanesque, car notre demoiselle fera une rencontre charmante, avec un jeune homme intrépide auquel la lieront bientôt de tendres sentiments.
Seule la suite nous en dévoilera plus. Ce roman est en fait le premier titre d'une trilogie qui m'enchante à l'avance !
Et la couverture est encore plus belle en vrai.
Gallimard jeunesse, 2009 - 285 pages - 12€
traduit de l'anglais par Bee Formentelli
A lire aussi du même auteur : La messagère de l'au-delà (Panama, 2008)
26/05/09
Demain la lune ~ Cécile Roumiguière
Cette année 1969 va être un grand tournant dans la vie de Michel, onze ans. Ses parents se séparent, son père a quitté la Bretagne pour vivre dans le Sud. L'été approchant, Michel et sa soeur Liliane, seize ans, le rejoignent pour passer des vacances au camping. Mauvaise surprise dès l'arrivée : leur père s'affiche avec une nouvelle femme, les enfants sont déçus et jurent de leur faire payer cette déconvenue.
C'est donc l'été, il fait chaud, le 14 juillet fête son feu d'artifices avec son bal annuel, Michel rencontre une fille de son âge, Corinne, qui lui parle en long en large et en travers de la lune et du prochain voyage dans l'espace. Peu à peu, Michel adopte les luneries de Corinne et comprend qu'un monde nouveau est en train de naître. C'est beau, c'est mystérieux, cela donne des frissons partout.
Cécile Roumiguière nous raconte cet été 1969 avec une affection manifeste, tout semble comme pour de vrai, c'est chaleureux, tendre et touchant, avec des clins d'oeil pour ceux qui connaissent et une attention particulière pour les plus jeunes afin qu'ils ne se sentent pas écartés. Elle s'est entourée de personnages attachants, comme Liliane, cette rouquine coiffée à la Sylvie Vartan, qui écoute La Californie de Julien Clerc sur son mini-cassette, ou Corinne, avec ses couettes brunes, son nez cramoisi et son savoir tel un puits sans fond pour tout ce qui touche la technologie, la conquête spatiale et les étoiles.
Sa fascination pour les premiers pas de l'homme sur la lune illustre bien la page nouvelle qui est en train de s'écrire, tout comme l'histoire de ce roman nous parle d'amitié et d'espoir en général, mais aussi d'amour qui dure une vie entière, d'amour qui s'estompe, d'amour qui recommence avec d'autres personnes. C'est aussi un livre sur les illusions qui se perdent et se brisent, et pourtant ce n'est pas un livre triste. Il porte l'espoir en lui, il prend aussi le lecteur à bras le corps, il donne le sourire. La nostalgie qu'on y trouve n'est pas mélancolique, elle est revigorante, on sent que ce n'est plus la même époque, mais on aime aussi ce passé nécessaire pour l'avenir. J'ai été séduite, totalement bercée par cette belle nostalgie, ce monde d'hier qui croyait très fort s'offrir le monde de demain.
A noter que 2009 est l'année du 40ème anniversaire des premiers pas de l'homme sur la lune. Je ne sais pas comment l'exprimer, mais pour moi qui n'appartiens pas à cette génération - pas plus que les jeunes qui liront ce livre - j'ai ressenti une grosse bouffée d'espérance en lisant ce roman, j'ai partagé les rêves et j'ai perdu mes illusions comme Michel et Liliane, j'ai été éblouie par cette nuit dans l'épicerie pour guetter la diffusion par l'ortf des images bouleversantes des américains qui marchent sur la lune, j'ai chanté, j'ai rêvé, j'ai mangé des spaghetti aux fruits de mer, j'ai traîné sur la plage, j'ai pêché des anguilles, je me suis sentie dans le bain... Totalement.
A signaler aussi que la Lune reste au coeur de nombreuses expressions : décrocher la lune, être dans la lune, demander la lune, promettre la lune... C'est dire son importance !
Seuil jeunesse, coll. Chapitre, 2009 - 105 pages - 8 euros.
illustration de couverture : Olivier Tallec
Le site de l'auteur : http://www.cecileroumiguiere.com/
Le Cérémonial des ombres ~ Michel Honaker
L'histoire s'ouvre sur une mission commando dans la jungle de Guinée, puis revient trois mois plus tard à New York. Deux jeunes sdf s'introduisent dans un bâtiment abandonné, mais apparemment possédé par une présence maléfique. Le jeune homme est tué, la jeune fille est sauvée grâce à un clochard venu de nulle part. Confiée aux bons soins de la police, Elsie devient un témoin important, sauf qu'elle refuse de parler et demeure prostrée sur son lit d'hôpital. C'est Bob Single, récemment promu lieutenant dans un bouge du Bronx, qui vient d'hériter du dossier. Son ancien collègue, Trevor Meredith, a été poussé à la retraite, suite au fiasco précédemment lu dans Chasseur noir. Le jeune inspecteur se jure de ne pas tremper dans les affaires louches pour éviter pareille punition, mais sa promotion s'annonce déjà descendante. Ebenezer Graymes est d'ailleurs de retour en ville, prêt à assumer sa charge de Chasseur noir contre les forces occultes. C'est lui qui est intervenu pour sauver Elsie. Single est farouchement allergique à ses théories, selon lesquelles des actes de sorcellerie et de vaudouisme séviraient dans le Bronx. De même, un émissaire d'Afrique, qui s'oppose à des forages pétroliers dans son pays, exprime les mêmes menaces envers une ombre maléfique, prête à tout, même à kidnapper la jeune Elsie, pour accomplir son funeste dessein.
L'action est de plus en plus riche, l'ambiance très noire, portée par un personnage difficile à cerner. Ebenezer Graymes, cet expert en démonologie, est un solitaire, qui cherche à accomplir une vengeance personnelle en plus de veiller contre les forces du mal qui grouillent dans l'ombre. Il semble enfin prêt à assumer la lourde charge qui l'attend, devient le locataire officiel du 1, Montague Street mais refuse d'obéir aux ordres d'une confrérie supérieure. Le personnage du policier Bob Single permet heureusement d'alléger cette atmosphère oppressante, grâce à son humanité, sa jeunesse, ses valeurs naïves et héroïques, son rationalisme. Le mélange des deux personnalités promet une belle cohésion, dans ce climat sans cesse plongé dans le clair-obscur. J'aime beaucoup.
Flammarion, coll. Tribal, 2009 - 257 pages - 10€
Existe aussi : Chasseur Noir
25/05/09
La brigade l'Oeil ~ Guillaume Guéraud
roman paru chez le rouergue en collection doAdo noir, en septembre 2007, enfin disponible en poche (je ne trouve pas la couverture très belle)
chez folio SF.
Quatrième de couverture
Rush Island, 2037. La loi Bradbury interdit toutes les images depuis vingt ans sur l'ensemble du territoire. La propagande matraque : «Les photographies sont nocives. Le cinéma rend fou. La télévision est l'opium du peuple.» Les agents de la Brigade de l'OEil, les yeux armés du gouvernement, traquent les terroristes opposés à cette dictature. Brûlent les images encore en circulation et les pupilles de ceux qui en possèdent. Parce qu'un bon citoyen est un citoyen aveugle.
Mon avis... ICI
Ce roman de Guillaume Guéraud est une pure réussite ! Ôde au cinéma, au pouvoir des images, aux messages véhiculés par leur magie et à leur puissance sur les consciences et la mémoire, le livre est en somme une déclamation à garder les yeux ouverts, à ne pas les fermer devant l'endoctrinement et le pouvoir absolu et arbitraire.
Outre le sens incontestable de ce livre, il dégage aussi une incroyable puissance, une frénésie dramatique et émotionnelle. On sent derrière ces lignes toute la vénération de l'auteur pour le style cinématographique, sa plume ici s'y fond à merveille.
De chapitre en chapitre, on suit tour à tour les personnages de Kao et du capitaine Falk. Il est donc facile de deviner que leurs sorts sont liés, implicitement. Par contre, il n'est pas sûr de deviner l'issue, de retenir la fuite en avant et c'est pourquoi le lecteur est happé par cette histoire, hypnotisé et ne lâchant pas une seconde ce livre.
C'est superbe ! Beaucoup d'habileté dans l'intrigue, un sens lapidaire pour la formule qui tranche comme une lame de couteau, des personnages charismatiques et une portée considérable derrière cette histoire ... n'attendez plus !
A partir de 15 ans.
Folio SF, 2009 - 317 pages - 7€
La noce d'Anna ~ Nathacha Appanah
Pourquoi j'ai tout personnellement aimé ce roman ? Car je me suis sentie toute concernée par ce portrait de maman, qui regarde sa fille se marier. Se rappelant l'enfant blonde et rieuse devenir une jeune femme plus modérée, Sonia se demande pourquoi sa fille finalement lui ressemble si peu. Il y a au fond d'elle une envie de bousculer son enfant, de vouloir la placer dans un autre cadre, plus semblable à ses idéaux. Se marier en rouge, les cheveux au vent, un hibiscus derrière l'oreille, les pieds nus.. pourquoi pas ? Mais Anna, elle, trouve ça "ridicule". Etre mère et le devenir, ce roman pose toutes les questions délicates. Etre fille, assumer sa propre identité, couper le cordon, c'est une autre problématique. "La noce d'Anna" m'a renvoyé un portrait de maman que je risque d'être, de devenir, que je suis peut-être déjà... Car je me suis aussitôt sentie dans la peau de Sonia, je me suis vue dans cette noce, actrice indépendante ou spectatrice malgré elle, regardant ma fille poudrée de blanc, les lèvres rouge carmin, la trouvant belle mais si loin de moi... Je me suis plongée dans ce livre avec un vrai bonheur, j'ai purement et simplement aimé. La journée apporte à Sonia beaucoup de réponses à toutes ses questions, la berce à force d'introspection et de regards vers un passé libérateur. Je n'ai plus de mots pour évoquer mon enthousiasme, déjà fort éloquent avec Blue Bay Palace, son deuxième roman. Tout bonnement, j'ai adoré.
Quatrième de couverture
« Aujourd'hui je marie ma fille, je laisserai de côté mes pensées de vieille folle, je serai comme elle aime que je sois : digne, bien coiffée, bien maquillée, souriante, prête à des conversations que je suivrai avec un enthousiasme feint et qui ne me laisseront aucun souvenir, parée pour butiner d'invité en invitée, mère parfaite que je serai aujourd'hui. »
Pendant la noce d'Anna, sa mère se souvient. De la jeune femme qu'elle a été, si différente de sa fille, de ses dix-huit ans, de sa liaison, brève et passionnée, avec Matthew rencontré à Londres, de son retour à Paris, seule et enceinte. Au fil de cette journée les souvenirs resurgissent accompagnés de regrets, d'espoirs et d'envies ; parce qu'elle en a encore, des envies, cette femme célibataire qui marie sa fille...
La noce d'Anna, par Nathacha Appanah
Folio, 2009 - 192 pages - 5,50€
Mon avis ICI
24/05/09
La coquetterie du malheur ~ Nata Minor
Une femme tente de trouver son chemin dans le dédale d'une nécropole et se tord les chevilles en escaladant les pavés inégaux avec ses talons hauts. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Cette promenade dans le cimetière éveille en elle des souvenirs, son enfance et son arrivée en Europe, son départ de Russie, ses origines oubliées, son père brillant, sa mère neurasthénique, sa grand-mère gourmande, et les visiteurs qui tambourinent à la porte, les blouses blanches qui emportent sa mère, les enfants dans les parcs qui s'esclaffent en écoutant son accent, toutes les glaces à la vanille avalées pour suivre l'exemple de sa grand-mère, qui aimait aussi s'allonger dans le canapé pour lire des romans français, le porte-monnaie de la ménagère et les virées chez guerlain...
Un roman court, très agréable à lire, servi d'une langue élégante et généreuse, pleine de vie, avec une histoire teintée des couleurs de l'enfance, pas vraiment nostalgique... Le texte se perd un peu dans ces chassés-croisés entre le passé et le présent, au cours duquel la narratrice fait une rencontre. Une ancienne danseuse, Anna, devenue boiteuse, lui confie un manuscrit rédigé en cyrillique. Qui, pourquoi, où va-t-on ?
Une lecture étrange, pleine de charme, mais qui nous conduit nulle part. J'ai bien aimé, mais sans comprendre pourquoi.
Grasset, 2009 - 106 pages - 11€
Nata Minor est également l'auteur de La Partie de Dames, un roman que j'ai lu il y a très longtemps (en 2003 ou 2004). On peut lire ici l'avis de Cathe sur Zazieweb.
En couverture, il s'agit bien du portrait de l'auteur enfant (archives de l'auteur).
22/05/09
B.O.D.Y. ~ Ao Mimori
Un coup de coeur, ou presque... pour cette série qui a fait son entrée en France l'année dernière, en février 2008. On y rencontre Sakura, une jeune fille dynamique et fofolle, qui est amoureuse de Fuji parce qu'il a un look sérieux, avec ses lunettes, son cartable bien rempli et sa discrétion. Ses copines la charrient, mais Sakura s'en moque. Après l'école, elle se surprend à suivre le garçon qu'elle aperçoit en compagnie de voyous, puis en train d'embrasser une jeune femme qui s'est jetée à son cou. Sakura met aussitôt les deux pieds dans le plat et intervient en s'imaginant que Fuji a besoin d'aide. Hilare, le garçon lui apprend qu'il est en train de faire son job. C'est un hôte, il est payé pour escorter des femmes. Sakura tombe des nues et prend la mouche. Mais le charme de la demoiselle semble avoir agi, car Fuji lui fait une déclaration empressée. La jeune fille tombe des nues et l'envoie paître. On comprend que Sakura reste méfiante, un expert en séduction n'a aucun mal à entuber une lycéenne de seize ans, inexpérimentée et naïve comme elle !
Les débuts de la série sont savoureux, plus Fuji insiste et plus Sakura s'emporte, mais dans le fond la jeune fille commence à s'amouracher et cela ne tient plus qu'à un fil avant qu'elle ne tombe dans ses bras. Et d'ailleurs, le garçon est vraiment sérieux. Dans le premier tome, il apparaît espiègle et effronté, c'est assez pour offrir quelques bonnes scènes rigolotes. Ok, je reconnais, c'est puéril mais j'aime bien. Par la suite, le couple va cesser de se chercher des poux dans la tête parce que le boulot de Fuji va s'immiscer entre eux. Entre alors le patron de cette boîte d'escort-boys, un type vénal et immonde, qui refuse de lâcher la poule aux oeufs d'or. Avant cela, il y avait déjà eu le kidnapping de Sakura orchestré par une femme qui était folle amoureuse de Fuji et voulait le récupérer à tout prix. Puis c'est l'arrivée d'un lycéen qui exerce dans le plus grand secret la même profession que Fuji, mais qui a des attitudes louches. Il va s'amuser à sortir avec une copine de Sakura, or celle-ci est intimement convaincue qu'il cherche à se venger (c'est une histoire un peu longue, j'ai trouvé, mais la fin offre un rebondissement très intéressant !).
Ce nouvel individu va apporter un peu de piment dans la relation entre Sakura et Fuji. Tant mieux ! Ce n'est pas qu'on commence à s'ennuyer, mais j'ai remarqué que la mangaka avait une fâcheuse tendance à esquiver tout rapport à l'érotisme, pour privilégier le romantisme. Effectivement tout est très mignon, adorable, craquant entre Sakura et Fuji, mais c'est aussi très chaste. Cela peut paraître contradictoire avec l'idée du début : Fuji est un hôte, pardi, il monnaie son corps pour de l'argent. C'est bizarre, mais pas bien grave non plus... ça me plaît aussi ! ^_^ Pour l'instant j'ai donc lu les 5 tomes (une commande tarde à arriver, elle passe par tombouctou, ce n'est pas possible de souffrir pareil délai !?!). Des questions arrivent, avec un peu plus d'action et de rebondissements. Le couple va-t-il résister à cette nouvelle tempête ? Les secrets et les mensonges auront-ils une conséquence sur leur relation future ? Et que penser du baiser volé ??? Han-han. J'aime beaucoup cette série, les dessins sont jolis, les personnalités intéressantes, l'histoire est simple et banale, mais si vous aimez l'amour romantique, ou pas seulement, vous serez quittes pour un sourire béat. Comme moi.
La série est éditée en français chez Panini Manga, 1ère publication en février 2008. Actuellement 8 tomes sont disponibles, la série est en cours au Japon.
6,80€ le volume.



















