26/10/11

Encore un pêle-mêle !

(ce sont les vacances, ma fille retrouve un peu de temps pour bouquiner...)

IMG_5629

Théodore Chipmunk est inquiet : les animaux commencent à commettre les mêmes erreurs que les humains... Il décide de se rendre en bateau avec ses amis Chloé, Oscar et Brun, à l'Institut Mattakeunk pour faire des recherches plus approfondies sur la disparition des hommes. Seulement, en chemin, ils sont capturés par un terrible homme-loup : Upsilon. De leur côté, les ourses Olive et Rosa ont dû partir en catastrophe vers la Cité des Ruines envahie par les crabes mutants et les rats-visons de la Dragonne. Théodore et ses amis réussiront-ils à repousser l'attaque et à sauver les habitants de la Cité ?

C'est une parfaite conclusion à une série qui a su séduire à la fois un public jeune et adulte, non seulement l'histoire est plaisante à suivre, les personnages sont attachants et surtout l'esthétisme de l'ouvrage force l'admiration. Toutes les réponses sont apportées, et notamment concernant le mystère de la disparition des humains et pourquoi les animaux parlent. Les vilains sont vaincus, de nouvelles rencontres ponctuent l'aventure, comme Upsilon, un homme-loup qui raffole de viande crue et de légendes. Et l'idée de présenter la naissance de cette série au sein de l'histoire elle-même est un clin d'oeil judicieux.

Le Mont des Brumes, tome 3 : Le rêve de Théodore par Jon Buller et Susan Schade
Bayard jeunesse, 2011.  

IMG_5627

Un recueil de neuf histoires très courtes (seulement six pages pour chacune d'elles) où Super Juju et Super Aglaé se transforment la nuit en super héros pour rendre service à la population (casser la solitude d'un vieux monsieur, réaliser le rêve d'un enfant d'avoir des poissons rouges, consoler un copain hospitalisé qui s'ennuie après son cheval, récupérer un doudou perdu dans l'arbre, aider un ami à réussir son contrôle de maths pour éviter que sa fête d'anniversaire soit annulée...). Résultat, c'est drôle, en dépit du scénario facile (la preuve que la simplicité reste un atout efficace), et les illustrations de Lucie Durbiano sont pleines de poésie, marquées par le rêve et l'humour. C'était sûr que nous allions aimer !

Les Super Super, tome 1 : Semeurs d'énigmes par Laurence Gillot et Lucie Durbiano
BD Kids pour Bayard jeunesse, 2011.
Les aventures des Super Super sont également à découvrir dans le magazine Astrapi. 

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


25/10/11

Pêle-mêle Clarabel #44

IMG_5623

Des retrouvailles au poil ! Monsieur Stan fait sa star, depuis qu'il a été retenu par un réalisateur de cinéma pour jouer le premier rôle dans un film. La ville ne parle plus que de lui ! Conséquence, l'animal se la pète, avec ses caprices de vedette, ce qui exaspère Antoine. Le garçon perd tout - l'attention de ses parents, et de son meilleur pote. Du coup il se lie d'amitié avec le p'tit nouveau, Pierrot, dont la famille, aussi extravagante soit-elle, remet monsieur Stan à sa place. Ce n'est qu'un animal, après tout ! De quoi le piquer au vif.
Humour sarcastique judicieusement dosé. Illustrations tout aussi fines et délirantes, en symbiose avec l'histoire. Cette suite est une réussite !

Monsieur Stan n'a qu'à bien se tenir, par Claudine Aubrun et Delphine Perret
Syros, 2011. 

IMG_5622

Clarence, éminent scientifique de 8 ans passés, est le roi des expérimentations farfelues. Si certaines se révèlent parfois peu fructueuses, il ne désespère pas de faire un jour une découverte de la plus haute importance, et de démontrer son talent à la classe entière. Ce matin, c'est le grand jour. Clarence est sur le point d'achever son très élaboré "Système solaire n° 2", moyen infaillible et révolutionnaire de comprendre les individus même les plus secrets, tels Sybille Espelette, sa jolie camarade de classe. Mais pour achever son prodigieux plan, il doit d'abord lui dérober un objet très personnel... 

Démonstration habile et astucieuse, à la sauce scientifique, mais pas trop, de la naissance des sentiments amoureux entre deux enfants que tout oppose. Sybille est discrète, silencieuse, rêveuse tandis que Clarence fourmille d'idées et d'envies, fait parfois preuve de maladresse et veut trouver une explication claire, nette et précise aux petites choses de la vie.
C'est mignon, les illustrations sont charmantes et l'approche des deux héros devient la promesse d'autres aventures qui prouvent que la science et la poésie font bon ménage.

Clarence Flûte et le secret de Sybille, par Sandrine Bonini
Autrement jeunesse, 2011. 

IMG_5619

Six petites aventures de Zouk, sorcière new-yorkaise, qui aime l'école, sa maîtresse, ses meilleures copines, son amoureux secret, et son copain aussi collant qu'un chewing-gum. Les sorts jetés ne sont jamais méchants, parfois ils permettent de mettre en sourdine les cris de la maîtresse ou de se venger des camarades trop moqueurs, et même de voyager du temps de la Préhistoire pour découvrir un autre mode de vie. Aucune grosse surprise au cours de la lecture, le schéma narratif se répète assez souvent, c'est simple et sympathique, un peu trop basique pour de grands lecteurs car cela s'adresse essentiellement à des premières lectures.

Zouk, une sorcière à l'école par Serge Bloch et Nicolas Hubesch
Bayard jeunesse, 2011.  
A savoir : le magazine Les Belles Histoires publie chaque mois une nouvelle aventure de Zouk. 

Teaser Tuesday #29

IMG_5615 IMG_5614

L'histoire formidable d'une famille de hamsters qui doit quitter son nid devenu trop petit pour découvrir le monde... et trouver son nouveau chez soi. Folles aventures en perspective, avec des cascades, des rencontres à faire dresser les poils et autres grands dangers qu'il m'est difficile de raconter ... sous peine d'effrayer le lectorat.
Encore une chouette lecture portant la signature de Viviane Schwarz ! 

Bien mieux qu'une maison par Alexis Deacon & Viviane Schwarz
Pastel de l'Ecole des Loisirs, 2011. 

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21/10/11

(...) il me restait de toute cette aventure en Bretagne une incroyable impression d'irréalité.

IMG_5607

De retour au pays, après leur périple breton, Isabelle et Max pensent reprendre une vie normale mais les événements et les révélations sur la nature de la jeune fille ont fragilisé les relations entre frère et soeur. Max, surtout, est fuyant. Il a trouvé un petit boulot, a repris les cours et vient de rencontrer Alicia, une beauté blonde d'origine argentine, une danseuse de tango, sensuelle et sulfureuse... Cette passion lui fait tourner la tête ! A la maison, l'ambiance est électrique, les parents imposent des règles, le garçon claque la porte. Au milieu, Isabelle se sent paumée et veut aider son grand escogriffe de frère. 
Aussi, lorsque celui-ci l'appelle à l'aide, elle accourt sans réfléchir. Alicia est malade, elle est fièvreuse, Isabelle a recours à son don de consoleuse pour l'apaiser. En remerciement, la copine de Max lui offre un bouquet de fleurs ... empoisonnées ! Trop, c'est trop. Isabelle et Max se fâchent. Comprenant que son frère est envoûté, Isabelle cherche à cerner les secrets de son amoureuse... trop belle, trop mystérieuse. 

Ce deuxième tome allait déterminer si, oui ou non, j'avais eu du flair en appréciant le précédent volume. La plume est toujours aussi belle, l'auteur parvient à créer un vrai roman à l'atmosphère hypnotisante, et ce parfum des fleurs, qui envahissent l'appartement d'Alicia, en plus des danses de tango, font véritablement tourner les sens. Oui, le charme latin est très présent, c'est sensuel et en même temps dangereux.
Toutefois, je n'y ai pas retrouvé le même attrait qu'avait su générer l'aura du manoir de Bellotte. En fait, j'ai trouvé ce deuxième tome moins cohérent, puisque l'intrigue est centrée sur Max, on a souvent l'impression de faire du surplace à suivre les observations d'Isabelle, qui ne comprend pas, ne ressent pas, ne perçoit pas les évènements de la même façon. Elle pense agir pour le bien de son frère, ou elle boude et ne décide d'intervenir qu'au moment opportun, du coup l'action est plus lente. 
Même si je parais moins enthousiate avec ce deuxième roman, je conserve un attachement profond pour la série, riche d'une ambiance qui ne cesse de se renouveller au fil des tomes. Le résumé du prochain épisode apparaît encore plus exotique et palpitant en voyages et découvertes ! 

Chroniques d'une sorcière d'aujourd'hui : 2. Alicia - Angèle Delaunois
Editions Michel Quintin (2011) - 228 pages - 14,50€
illustration de la page couverture : Magali Villeneuve 

Posté par clarabel76 à 12:30:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20/10/11

Non-Non a perdu un truc mais ne sait plus quoi

IMG_7679

IMG_7680

IMG_7681

Ce matin, Non-Non a perdu un truc. Le problème : il ne sait plus quoi. Il demande alors l’aide de ses amis Bio, Grouillette, Zoubi et Grocroc.”Vous savez, mon truc jaune”, “Vous savez... C’est un truc jaune et dur aussi”, “Ce n’est pas un truc ovale... Il est plutôt rectangulaire”. Chacun propose une idée mais sans succès ! Et même dans la collection d’objets bizarres de Grouillette, il n’y a pas le “truc” de Non-Non. Mais où peut-il bien être ?

A chaque double page, des flaps révèlent des détails désopilants de l’illustration de Magali le Huche. L’enfant peut ainsi aider les amis de Non-Non à chercher ce fameux “truc”. Une histoire drôle qui stimule la curiosité et l’observation du jeune lecteur.

ABSOLUMENT HILARANT ! CETTE SERIE EST INCONTOURNABLE, AVEC UN SUPER HEROS TRES ATTACHANT ET LES ILLUSTRATIONS DE MAGALI LE HUCHE A SE ROULER PAR TERRE !

par Magali Le Huche (Tourbillon, 2011)

Posté par clarabel76 à 14:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


Une jeune fille que nul ne louait et que très peu aimaient !

IMG_5613

Voici donc les retrouvailles avec Flavia de Luce, subtile héroïne de seulement onze ans (sa maturité m'épate !), autour d'une nouvelle enquête criminelle, laquelle ne surviendra - fait surprenant - qu'à la moitié du roman ! Alors oui, j'ai trouvé ça un peu long, je me demandais quand l'action allait toquer à la porte ... non pas que l'entrée en matière ressemble à un soufflé ramolli non plus. Il est toujours exquis de suivre les pérégrinations de la petite anglaise, douée en chimie et en observation de la faune locale, explorer la campagne alentour en pédalant sur Gladys, sa bicyclette. Ses soucis avec ses soeurs aînées sont toujours à l'ordre du jour, Flavia jure qu'elle se vengera de leur mesquinerie à l'aide de poisons bien dosés dans du chocolat. Pourquoi pas ? 
Au cours de ses balades en solitaire, la demoiselle a rencontré Rupert Porson et son assistante Nialla confrontés à une panne mécanique. Lui est un célèbre marionnettiste, qui travaille à la BBC et qui se produit à droite et à gauche sur scène. Le bon pasteur, qui passait également par là, propose de leur venir en aide, en échange d'une ou deux représentations pour la communauté de Bishop's Lacey. Et puisque Flavia est aux premières loges, elle n'hésite pas à s'impliquer auprès des artistes pour les aider à s'installer chez les Ingleby. 
Ce couple de fermiers est étrange, vit à l'écart de tous. Ils ont été frappés par un drame familial, cinq ans plus tôt. Leur fils Robin s'est pendu accidentellement dans le pigeonnier. Qui peut survivre à un tel choc ? Pas Grace Ingleby. La femme est complètement allumée, tandis que son époux cultive en cachette du chanvre indien. 
Mais ceci est une autre histoire, l'essentiel est à venir. Qui va passer de vie à trépas ? quand, comment, où ? A mi-parcours de lecture, n'ayant aucun indice, le lecteur est en droit de s'exciter dans son fauteuil. 
Aussi, j'ai refermé mon livre avec un sentiment de contentement, et de frustration. L'intrigue est virevoltante, mais le meurtre est long à venir ! Ceci dit, j'avais déjà souligné que c'était un détail dans le premier tome, Les étranges talents de Flavia de Luce, parce que le charme de l'ouvrage se situe bel et bien dans son atmosphère, très proche d'un roman d'Agatha Christie, et s'attache à l'étonnante personnalité de son héroïne. Flavia fait souvent preuve d'un humour froid et assassin, mis au service d'une intelligence redoutable, avec un goût prononcé pour les détails macabres et les expériences chimiques. La demoiselle a du pif, sa connaissance des lieux et de ses habitants lui permet de se faufiler partout, afin de mieux écouter et analyser. La police est bluffée ! 
Vivement le prochain tome.

La Mort n'est pas un Jeu d'Enfant (Une enquête de Flavia de Luce #2), par Alan Bradley
Msk, 2011 - 373 pages - 17€
traduit de l'anglais par Hélène Hiessler 

Posté par clarabel76 à 12:00:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,

J'ai un ours

Un tout petit enfant, pas plus haut que trois pommes, a pour meilleur ami un grand ours brun à la douce fourrure. L’ours lui raconte tout sur sa terre : les petits-déjeuners frais et sucrés, les longues baignades, les siestes et surtout les espaces infinis... Mais il ne peut pas retourner là-bas. Et c’est pourquoi le petit enfant vient le voir au zoo. Il est derrière les barreaux alors l’enfant va trouver pour lui le plus beau des cadeaux.

IMG_6148

Voilà un très bel album crayonné noir et blanc pour illustrer l'ours, en contraste avec les tons pastel représentant l'enfant. C'est du plus bel effet ! L'histoire est une réflexion sur la liberté (en appuyant bien sur ceux qui en sont privés). C'est un travail remarquable, parce qu'il est simple mais efficace.

J'ai un ours, par Mariana Ruiz Johnson (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Une ou deux bêtises

ôde à la gourmandise,

IMG_5328 IMG_5329

Une histoire mettant en scène quoi ? ... Des oursons en guimauve et chocolat. Ouiiii, bingo ! Avec la participation exceptionnelle d'une chouquette, d'une sardine, de la chantilly... et de la pâte à modeler.
Pour slurper de plaisir. 

Une ou deux bêtises, par Isabelle Gil (Ecole des Loisirs, coll. Loulou, 28 pages cartonnées)
dans le même goût, salivez sur Oursons !

L'occasion de redécouvrir les Couleurs à sensationIMG_5600

de la collection Yapasphoto du Rouergue, édition 2010. Il s'agit d'une palette de douze couleurs pour partir à la découverte de ses sens. Rose ? La mousse trouée d'une éponge ou le nuage nacré d'une barbe à papa. Orange ? La pulpe acide du fruit ou la peluche soyeuse d'un jouet. Rouge ? Le goût sucré des fraises ou les pétales veloutés d'une rose rouge... Car voir, c'est aussi sentir, toucher, goûter et... imaginer !

IMG_5601

ça donne clairement envie de toucher et de croquer ! 

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19/10/11

(...) du jour où il partit sur les routes, il s'éprit de chevalerie, de bonté, de dignité, de liberté et de courtoisie...

Le jeu du chevalier          

Depuis le décès de leur mère, les enfants Bell ont choisi de se réfugier dans le jeu du chevalier pour oublier leur chagrin. Le jeu a été spécialement créé par l'aîné, Sébastien, qui s'est autoproclamé Lancelot, autour de la Table Ronde, dans leur cabane transformée en Camelot, et chacun des membres de la famille est soit écuyer, page ou chevalier. Corrie, onze ans, est en totale admiration devant son grand frère. Toutefois, elle se rend compte que des petits détails ne collent pas, Sébastien s'éloigne de la réalité, parce qu'il veut oublier ses soucis personnels, c'est un garçon très émotif et sensible, mais plus il s'enferme dans son jeu, plus il perd toute notion de perspicacité. 
Corrie est la seule à s'alarmer, elle ne veut pas prévenir son père, enfermé dans son bureau, occupé à préparer ses cours ou à rédiger son roman. Sa soeur Rose préfère tourner le dos et veut vivre une vraie vie d'adolescente, elle se moque du jeu et compte bien passer à autre chose. Tout le monde tourne autour du pot, mais jamais personne ne veut taper du poing sur la table. Plus le temps passe, et plus Corrie est moralement minée. 
Sa nouvelle meilleure amie, Meredith, tente de lui changer les idées. Au lieu de s'en réjouir, Corrie trouve qu'elle empiète trop dans son existence et cherche à s'immiscer dans sa famille. Or, la famille, c'est sacré ! Bouclier intégral autour de la maison. Il faut préserver le cocon. C'est ce que Sébastien s'échine à expliquer, Corrie est du même avis. C'est tellement plus réconfortant de se réfugier chez soi parmi ses rêves, ses jeux et ses lectures. Le monde y apparaît plus doux et rassurant, au diable la vie qui veut vous faire grandir. Corrie n'est pas prête. 

Kit Pearson a su donner le ton en décrivant une ambiance du quotidien délicieusement désuète (nous sommes en 1958 après tout), la grande maison familiale apparaît accueillante et rassurante, on comprend le désir des enfants Bell à ne pas vouloir en sortir pour se confronter au monde extérieur. Et pourtant, ils n'ont plus le choix. Sébastien est en train de sombrer dans une spirale dangereuse pour sa santé mentale, il est temps de se ressaisir et d'assumer ses responsabilités. 
Pour y parvenir, l'auteur n'a nullement recours à la sensiblerie, point de morale ou de divine providence non plus. Jusqu'au bout, le roman peaufine son rythme ronronnant, éclairant les contrariétés et la détresse des protagonistes, avec justesse et intelligence. Plus que tout, j'ai savouré cette ambiance délicate et me suis lovée parmi les pages avec un sentiment de bien-être et de compassion. Car on s'attache à la famille Bell, on les aime tellement qu'on leur souhaite de tout coeur de trouver les bonnes voies et d'être les plus heureux possible. 
Un très bon roman, révélant un auteur prodigieux. 

Le Jeu du Chevalier, par Kit Pearson smileyc002
Albin Michel jeunesse, 2011 - 280 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Alice Seelow 

Perfect Gentle Knight  -) l'édition originale, avec sa très belle couverture ! 

Posté par clarabel76 à 11:15:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , ,

18/10/11

Earth Mother is always watching... And one brave girl is about to find out why.

IMGP8440

Honor a dix ans quand ses parents décident d'emménager sur l'île 365, où elle réussit son examen d'entrée à la Old Colony School. Du matin au soir, l'esprit de l'enfant est gavé de leçons insipides et mensongères, contre lesquelles Honor va d'abord résister, du fait de son éducation loin des carcans et parce qu'elle sait bien que ce n'est pas vrai tout ce qu'on raconte sur les îles du Nord. 
Sur l'île 365, la politique est axée sur l'obéissance et le devoir, la population est en effet redevable envers la Mère Nourricière. Après le Déluge, c'est Elle qui a pris sous son aile les brebis égarées et a fourni aux habitants de l'île un confort douillet, à l'abri des intempéries. 
Honor et ses parents savent que tout est faux. Sur l'île, l'illusion est entretenue par un dôme masquant le ciel avec les vraies étoiles et la vraie lune, les couleurs du lever ou du coucher du soleil sont entretenues artificiellement, la chaleur est tropicale, il n'y a pas de vent, cela fait trop penser à un souffle de liberté, et il est strictement interdit de s'éloigner dans la forêt, au risque de s'approcher de l'eau - un élément dangereux à éviter à tout prix. 
Parce qu'elle est jeune et donc influençable, Honor va vouloir se conformer aux règles et avoir honte de ses parents. Tout d'abord, ce sont les seuls à avoir deux enfants ! Un comble. Et plus ils sont désorganisés, irresponsables, ils se moquent du couvre-feu, font des cachotteries. 
La situation paralyse d'angoisse la fillette, et plus ses parents mènent leur double vie, plus elle va vouloir rentrer dans le rang. Finalement le dilemme va devenir insoutenable, et c'est Honor qui va commettre la bêtise. 
C'est une lecture au ton monotone, et qui pourtant parvient à nous intéresser de bout en bout au sort des habitants de l'île, de Honor, ses parents et leurs amis. Le mystère qui plane laisse supposer des tas d'hypothèses, et franchement la fin n'était pas si évidente à trouver ! Le roman dénonce aussi la propagande, les régimes autoritaires, l'annihilation des esprits critiques, mais aussi les conséquences de nos actes sur la planète, les dérèglements climatiques etc. 
Enfin, et surtout, c'est aussi le portrait d'une petite fille, qui grandit en se questionnant sur ce qu'elle voudrait être, qui ne comprend pas toujours ce qu'on attend d'elle, qui cherche et qui tente des solutions, qui fait des erreurs et qui va apprendre de celles-ci pour mieux trouver sa place. 
Une lecture entraînante, qui connaît un coup de mou à mi-parcours avant de se ressaisir pour offrir une dernière partie riche en éclaircissements !

De l'autre côté de l'île, par Allegra Goodman
éditions Thierry Magnier, 2009 - 373 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Jean Esch 

IMGP8434

Posté par clarabel76 à 12:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,