13/11/17

You don't know my name, de Kristen Orlando

You dont know my nameHabituée depuis toujours à masquer la vérité et jouer un rôle de composition, Reagan préserve en fait le secret de sa famille - ses parents sont tous deux membres d'élite d'une branche spéciale de la CIA, les Black Angels. Or, cette vie sans attache et faite de faux-semblants a un goût amer pour l'adolescente, lassée de mentir et de déménager en coupant tout contact avec ses amis. Il n'est pas rare que Reagan laisse entendre qu'une telle carrière ne l'attire guère, au grand dam de ses parents qui croient en son potentiel. Le climat à la maison est donc tendu. L'adolescente se sent incomprise et n'ose pas avouer qu'elle est tombée amoureuse de son voisin car elle a conscience des risques qu'elle fait courir à sa famille. Tiraillée entre cet amour naissant et sa loyauté envers ses parents, leur mission et leur couverture, Reagan perd un peu les pédales, elle s'embrouille avec sa mère, elle trahit son petit copain, puis elle s'enferme dans sa chambre avec ses doutes et ses angoisses. Cellule de crise chez les MacMillan. Seulement, la réalité ne laissera guère de temps aux atermoiements puisqu'une alerte rouge est lancée. Les parents de Reagan sont impliqués dans une prise d'otages qui vire au désastre, leur tête est mise à prix et leur fille court également un grand danger. Et c'est tout aussi soudainement que le roman bascule dans le chaos - action, traque, violence. Et beaucoup d'émotions au compteur.

C'est donc une lecture qui se découvre en deux temps, d'abord l'histoire dresse le portrait d'une adolescente en quête d'elle-même, qui remet en question les choix de ses parents et qui s'interroge sur ses propres désirs, puis la deuxième partie de l'histoire prend une ampleur plus dramatique, avec la mise en place de la filature et l'enquête pour couper l'herbe sous le pied de l'ennemi. On passe ainsi d'une entrée en matière lente et prospective, pour chavirer sur une exécution brutale et riche en sensations fortes. C'est plutôt déconcertant, car inégal, ce qui m'a d'ailleurs assez peu convaincue. La lecture est certes distrayante et entraînante, mais j'avais personnellement d'autres attentes - comme retrouver un roman d'espionnage, façon Nom de code : Digit d'Annabel Monaghan ! ☺

Milan, 2017 - Trad. Marie Cambolieu

 

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Magnetic Island, de Fabrice Colin

MAGNETIC ISLANDSe sentant broyé par une histoire familiale trop lourde pour lui, Cyan noie son désespoir dans l'alcool et est sujet à des crises d'angoisse qui l'ont déjà conduit à l'hôpital. Il faut dire que ça ne manque pas de secrets ni de mystères autour de lui - quatre ans plus tôt, sa sœur jumelle a disparu lors d'une sortie scolaire sur Magnetic Island, pas loin du lieu de tournage du film de leur père. Artus Fisher, célèbre réalisateur, est englué dans cette super production et n'a guère de temps à consacrer à son fils. Son épouse, France, a quitté le foyer pour son avocat et harcèle son ex pour signer les papiers du divorce. L'ambiance à la maison tourne donc en eau de boudin. Rien ne va plus, chacun est replié sur soi, ça gronde à chaque coin de page, et voilà qu'arrive une autre disparition - Divine, l'aînée de la fratrie, n'a plus donné signe de vie depuis cinq jours. La folie obsessionnelle de Cyan reprend de plus belle, son père le pousse à se rendre chez une addictologue, sa mère menace d'alerter la police et le fantôme de Holly refait surface. Ouhlàlà, quelle sombre histoire ! Mais le roman n'en demeure pas moins captivant. J'ai plongé tout de go dans les arcanes de cette intrigue aux nombreux revers familiaux, où les silences pèsent dans la balance et viennent noyer le poisson. On a, de plus, une perception biaisée des enjeux puisque tout est rapporté d'après Cyan, définitivement paumé et carrément désaxé. Le môme est en pleine déroute, il se cherche et cherche aussi la part de vérité parmi les mensonges qui gravitent autour de lui. Certaines révélations auront tout lieu de le désarçonner, par leur violence et leurs conséquences, même si la guérison exige de passer par là. L'atmosphère générale baigne dans le flou, ce qui est parfois déroutant et, malgré tout, enivrant. Car la petite musique du roman est ensorcelante et fait tourner les pages avec avidité pour connaître le dénouement. C'est cependant moins léger que dans Le pays qui te ressemble où l'auteur s'éclatait à dresser le portrait d'une autre famille dysfonctionnelle. Ici, c'est un roman qui vous happe dans sa bulle, où l'on pressent que tout n'est pas rose ni innocent.
Ce titre figurait parmi les 10 sélectionnés pour le Prix Vendredi, premier prix national de littérature ado, qui a finalement récompensé L'Aube sera grandiose d'Anne-Laure Bondoux.

Albin Michel coll. Litt' - 2017

 

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10/11/17

David Bowie n'est pas mort, de Sonia David

David Bowie n'est pas mortJe suis clairement dans une thématique à fendre l'âme, ces temps-ci, et j'enchaîne les lectures bouleversantes à un point... Je ne suis plus qu'une flaque de larmes, c'est dit. Ce roman de Sonia David a également fait big-bang dans mon cœur et ma tête. Il a pour lui de parler de famille dysfonctionnelle, de parents qui s'éteignent, de deuil à absorber, de souvenirs à redorer, de portraits sans fard à dessiner... C'est tout ça, mais c'est surtout terriblement personnel, ça résonne partout, ça vous touche et ça vous interpelle.
Hélène a 52 ans et deux sœurs, Anne et Émilie, qui ont respectivement 55 et 49 ans. Elles mènent chacune une existence autonome et se voient une fois par an pour conforter leur lien sororal. Fin mai 2015, Hélène apprend par téléphone la mort de sa mère. Un choc, plutôt qu'un chagrin, car Hélène avait pour sa mère, égoïste et fantasque, des sentiments contradictoires. Un an plus tard, c'est au tour de son père de tirer sa révérence - un père doux et mystérieux, qui aimait défendre ses idées avec ardeur.
Hélène et ses sœurs, Anne et Émilie, sont donc tiraillées entre la tristesse et la colère, jugeant, blâmant, condamnant. Leur mère était une “connasse” sans cœur, qui ne montrait jamais son affection, mais exerçait un chantage affectif à sa façon. A contrario, leur père brillait en société, se passionnait pour les débats et luttait contre les injustices, il avait abandonné le foyer familial, refait sa vie et s'était brouillé avec l'une de ses filles, il en souffrait mais avançait sans se retourner. Hélène et ses frangines ont ainsi grandi entre le marteau et l'enclume, se forgeant au mieux leur force de caractère et leur désir d'indépendance. Elles ont rapidement mis les voiles pour échapper au naufrage, mais se retrouvent pour gérer ensemble le deuil, pour évoquer leurs souvenirs, pour ranger, jeter, classer les papiers, pour organiser les funérailles, et disperser les cendres, pour se lancer dans des démarches administratives et renoncer à leur héritage.
Au milieu de ces deux disparitions, vient se glisser David Bowie. L'artiste est décédé début janvier 2016. Et avec lui, s'envole une autre part de l'enfance et déferlent les réminiscences d'un passé oublié. C'est toutefois à travers lui que la narratrice parvient à tisser les liens familiaux, à reconstruire son arbre bancal et à retrouver sa place sur l'échiquier. Elle nous raconte son histoire avec force et authenticité, c'est tout à la fois émouvant et bouleversant. D'une grande justesse, et d'une sincérité aussi magnifique que déconcertante.
En somme, j'ai beaucoup, beaucoup aimé. 

Fantastique Micky Sebastian qui est la lectrice pour Audible Studios de cette histoire renversante. 


>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2017 Robert Laffont (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Micky Sebastian - Durée : 4 h 18 

 

 

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09/11/17

Cinq centièmes de seconde, de Lois Lowry

Cinq centièmes de secondeL'université où travaille le père de Molly lui offre un an pour achever son roman. Profitant de l'occasion, la famille part s'installer à la campagne et loue une maison appartenant à un certain Will Banks. Le vieil homme, attaché à sa terre, livre à l'adolescente son histoire personnelle avec des trémolos dans la voix, mais va surtout lui inspirer ses premiers clichés photographiques et conduire à une passion qui ne faiblira pas. À la maison, l'ambiance aurait pu être meilleure si seulement Molly et sa sœur Meg ne partageaient pas la même chambre. Meg est l'aînée de quinze ans, c'est une jeune fille solaire, toujours entourée d'amis et très à l'aise dans le monde. Contrairement à Molly, sa cadette de deux ans, qui se juge quelconque et transparente. Malgré leur attachement, leur relation n'est pas de tout repos car les deux sœurs ont du mal à se comprendre et se chamaillent pour des broutilles. Toutefois, lorsque les sautes d'humeur de Meg viennent révéler un mal plus profond, c'est toute la vie de Molly qui prend un nouveau tournant. La jeune fille se voile la face et court se réfugier chez Will, avec qui elle parfait sa technique photo, et rencontre ses nouveaux voisins, Ben et Maria, qui attendent un heureux événement.

Cinq centièmes de seconde, c'est le temps qu'il faut pour “figer à jamais une émotion, une image, une révélation”. Et croyez-moi, la lecture de ce roman m'a broyé le cœur. J'ai fondu en larmes alors que l'histoire pressentait le drame et les sanglots, mais voilà, un soir de blues, plus à fleur de peau que jamais, j'ai lâché les écluses. L'histoire est attendrissante, et forcément émouvante. Elle parle de la famille et des relations parfois tendues entre sœurs, surtout à l'adolescence où les passions sont exacerbées et les malentendus nombreux viennent creuser inutilement le fossé. Ce roman, qui date en fait de 1977, dégage aussi une ambiance vintage délectable et dépaysante. J'ai aimé flâner dans cette campagne silencieuse et isolée, regarder à travers l'objectif de l'appareil photo, bêcher le jardin et planter des légumes, admirer la couture du patchwork... C'est une ambiance hors du temps, qui cadre à merveille avec ce portrait de famille tout en délicatesse. Très beau, très touchant.

Et je fais mienne cette citation : « Le temps passe et la vie continue ; il faut bien la vivre. Au bout d'un certain temps, on se souvient davantage des bonnes choses que des mauvaises. Puis, petit à petit, tout ce que le silence a vidé se remplit à nouveau de rires et de mots et les bords ébréchés de la tristesse sont lissés par les souvenirs. »

Casterman, 2017 pour la présente édition (préalablement paru sous le titre “Un été pour mourir” en 1993)

Traduction de Laurence Kiefé [A Summer to Die]

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08/11/17

La Belle et la Bête : Histoire éternelle, de Jennifer Donnelly

LA BELLE ET LA BETEPrisonnière du château de la Bête, Belle a su rapidement toucher le cœur de ses résidents. Les domestiques sont fous d'elle et, malgré ses dehors bougons, la Bête aussi s'adoucit en sa présence. Pourtant, la jeune fille est préoccupée par la santé de son père, sachant hélas qu'elle n'obtiendra jamais gain de cause pour le voir. Prisonnière elle est, prisonnière elle restera. Désireux de lui plaire, la Bête offre à Belle l'accès exclusif de la bibliothèque du château, espérant que son amour de la lecture chasse son humeur chagrine. Belle est charmée et explore les moindres recoins de ce cocon douillet. C'est ainsi qu'elle tombe sur un livre enchanté, qui la fait basculer dans un décor tout aussi féerique. À Nevermore, elle rencontre une comtesse qui la chouchoute et lui fait la promesse de retrouver son père dans ce monde, si elle accepte de rester. Belle pense vivre un rêve éveillé et succombe à la tentation.

Jennifer Donnelly propose ce charmant interlude pour accompagner l'histoire originale de La Belle et la Bête et ne lésine pas sur les douceurs sucrées pour engourdir le lecteur. Tout est onctueux, romantique et magique. On voit venir toutes les ficelles de l'intrigue, on soupire d'agacement devant la naïveté de l'héroïne et on ne tremble pas d'impatience dans l'attente du dénouement. Mais le rythme est vif et piquant, de quoi proprement emballer un jeune public. Pour ma part, peu sensible à la magie de Disney et n'aspirant aucun goût pour le film de Bill Condon, avec Emma Watson, cette Histoire éternelle n'a pas eu l'effet escompté - pas d'envoûtement, ni de fascination avec étoiles dans les yeux, ça m'a semblé plutôt godiche et sentimental. Mais je ne doute pas que la magie opère pour les incurables romantiques, qui jugeront la lecture adorable et merveilleuse.

Techniquement, la version audio est lue par Manon Azem, la voix française de l'actrice Emma Watson. Tout, ou presque, est impeccable - j'ai juste trouvé la prononciation des termes anglais trop exagérée. Et l'absence de toute bande sonore est assez déconcertante. C'est la première fois que cela arrive chez Audiolib ! 

©2017 Disney Enterprises, Inc.  / Hachette Livre. Traduit par Christophe Rosson

(P)2017 Audiolib. Lu par Manon Azem, la doubleuse officielle d’Emma Watson, notamment dans Harry Potter. 


Les fondus de l'Arctique, par Erwan Seznec

LES FONDUS DE L’ARCTIQUE

Voilà où ça peut mener de manger des poissons panés ! Antoine Delamoute vient de gagner un concours organisé par la société Celsius, qui a choisi d'emmener quatre collégiens sur leur navire scientifique pour une expédition jusqu'au Groenland. Julien, Joris et Marie sont les trois autres petits veinards à embarquer avec leur valise, leur slip chauffant et leurs moufles pour une aventure ô combien déjantée.
J'avoue, c'est très, très drôle à lire. Il ne se passe pas une page sans un élément désopilant, une réplique qui fait  mouche, un détail qui coince, un événement inattendu. On n'en perd pas une miette et c'est vraiment trop bon ! Car tout va rapidement de travers, à bord de La Suspicieuse, comme de démasquer un intrus parmi nos jeunes lauréats, puis d'apprendre que le capitaine est héminégligent, sans oublier le syndrome islandais qui frappe nos petits camarades, ou la crise de nerfs du patron des panés devant les caméras de la télévision, et que dire de la concurrence déloyale où tous les coups fourrés semblent permis !
L'histoire est complètement dingue et saugrenue, mais c'est de l'humour bon enfant et opportun. On trouve aussi des petits clins d'œil sympas, comme les noms des personnages (Roger Rouscaille ou Ernest Shackleton) et des illustrations adorables venues mettre leur grain de sel pour agrémenter de loufoquerie les 135 pages du roman. 
Une excellente découverte et une lecture distrayante au possible. À partager autour de soi. ♥☺

Neuf de l'école des loisirs, 2017

Illustrations de Vincent Bourgeau

 

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07/11/17

Lotto Girl, de Georgia Blain

lotto girlRéfugiée dans le désert sous une fausse identité, Fern attend qu'on vienne l'exfiltrer. Car Fern est en réalité une ancienne “lotto girl” - une fille au profil génétique haut de gamme. Son sort a été joué à la loterie, du fait des revenus trop modestes de ses parents, qui visaient un avenir meilleur pour leur progéniture. Dès l'âge de cinq ans, Fern a donc rejoint l'institut Halston dirigé par la société BioPerfect pour y suivre une éducation de qualité. Elle y rencontre Lark, Ivy et Wren, également des lotto girls, et est chaperonnée par une gouvernante, Miss Margaret. Fern s'adapte rapidement au rythme des études et comble également toutes les attentes... contrairement à ses camarades, plus en difficulté et rongées par la nostalgie de leur enfance. Le parcours de Fern se découvre au fil des chapitres où s'entrecroisent son présent et son passé. La jeune fille est actuellement réfugiée dans une communauté rudimentaire, où un certain Chimo la prend sous son aile en la traitant de princesse. Fern est cependant sur ses gardes, après avoir été alertée que BioPerfect avait envoyé des espions pour la retrouver coûte que coûte. Et de s'interroger alors sur le cataclysme qui a suscité cette descente en enfer !

J'ai été séduite par cette lecture, dont l'ambiance est hypnotisante à force d'être énigmatique et néanmoins captivante. Rien ne se devine, tout se dessine avec lenteur. J'ai beaucoup aimé, retrouvant dans Halston les esquisses et l'atmosphère de Never let me goFern est une narratrice troublante, pas une rebelle dans l'âme, mais une fille imparfaite, parfois égoïste, et c'est tout à son honneur de ne rien cacher de ses doutes et autres faux pas. Elle est aussi un pion entre les mains des uns et des autres, normal qu'elle repousse farouchement toute forme de contrainte, la privant de son libre-arbitre. Par contre, j'ai été frustrée par le dénouement hâtif et confus. J'aurais préféré une suite, mais Georgia Blain étant décédée en décembre 2016, mes espoirs s'éteignent à leur tour. Je ressens la même amertume que celle inspirée par Version Beta de Rachel Cohen (publié sans suite chez Robert Laffont). Profonds soupirs.

Casterman, 2017 - Trad. Alice Delarbre [Special]

 

 

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Agatha Raisin enquête #7: À la claire fontaine, de M. C. Beaton

À la claire fontaine

À Ancombe, village voisin de Carsely, les passions se déchaînent autour d'une source d'eau douce qu'une société chercherait à exploiter au grand dam des autochtones. Peu soucieuse des tensions, Agatha Raisin accepte le poste d'attachée commerciale de l'entreprise conspuée. Et tombe sous le charme de son président, le jeune et fringant Guy Freemont, malgré les ricanements désobligeants sur la différence d'âge. Inutile de préciser combien Agatha se sent seule et délaissée face à l'indifférence de James Lacey. Ce dernier est enfermé chez lui, n'a plus de temps à lui consacrer, se montre froid et distant, vraiment pas cool. Son attitude frise l'insulte et la goujaterie. Je soutiens fermement Agatha dans son désir d'oublier son désespoir dans les bras de son toy-boy ! Au diable, James... D'ailleurs, même leur tandem d'enquêteurs est rompu et c'est avec Roy Silver qu'elle choisit de jouer les fouineuses après qu'un nouveau drame est venu perturber la tranquillité de la campagne anglaise. Ceci dit, James n'a pas dit son dernier mot et trace sa route en parallèle, non sans manifester sa désapprobation et ses sautes d'humeur. Better luck next time, James. 

Tome après tome, cette série me régale et ne me déçoit pas. Elle possède un charme tourbillonnant qui est aussi l'assurance de bonnes heures agréables à passer en compagnie de notre Miss Marple version rock. C'est délicieusement loufoque et déjanté. Sentimentalement, notre héroïne a encore du chemin à parcourir et demeure incurablement inconstante. Croisons les doigts pour que sa sage décision finale tienne la distance ! ☺

>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2017 Albin Michel. Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Françoise Carrière

 Go Agatha ! ♥

06/11/17

Le Magicien d'Oz, par Maxime Rovere & Charlotte Gastaut

Gros coup de cœur pour cette nouvelle adaptation du classique de L. Frank Baum - Le Magicien d'Oz - par Maxime Rovere et la fantastique Charlotte Gastaut ! En plus d'y apporter sa touche personnelle avec ses illustrations raffinées, c'est aussi la narratrice de l'histoire à écouter dans cette édition avec CD. 

LE MAGICIEN D’OZ

C'est donc l'éternelle histoire de Dorothy qui vit dans une ferme au Kansas et qui se réveille au pays d'Oz, suite à un violent cyclone qui a tout ravagé sur son passage. Abasourdie, la fillette découvre qu'elle vient de mettre k-o la méchante sorcière de l'Est et hérite ainsi de ses souliers en argent. S'aventurant dans ce pays imaginaire, en compagnie de son chien Toto, Dorothy croise en chemin un épouvantail en paille, qui rêverait avoir un cerveau, puis un bûcheron en fer blanc, qui voudrait un cœur, et enfin un lion craintif, désireux de trouver du courage ! Ils partent ainsi rencontrer le puissant magicien d'Oz avant d'affronter une autre vilaine sorcière et sa redoutable armée des singes ailés...  La route s'annonce longue pour rentrer à la maison !

Cette œuvre classique a déjà été lue, relue, adaptée et revisitée dans d'autres éditions prestigieuses (cf. Le magicien d'Oz chez Didier Jeunesse), mais cette revisite portée par le talent de Charlotte Gastaut réunit le charme, la poésie et la magie ! On y trouve en effet un graphisme époustouflant, des illustrations élégantes, des traits fins et des dorures, de l'entrain et de l'émotion, des rebondissements, du mystère, des surprises et de l'allégresse. Ce sont ainsi de pleines pages féeriques qu'on parcourt, avec des champs de coquelicots... capables d'endormir votre vigilance, on voit du pays et on croise des créatures effarantes, comme les Munchkins ou les kalidahs, avant de rencontrer l'énigmatique magicien, parfaitement insaisissable, puisqu'il apparaît sous différentes formes selon ses interlocuteurs. Dorothy fait néanmoins preuve de courage et tient la dragée haute à ses adversaires, même s'il lui arrive parfois de craquer en doutant de retrouver le Kansas. J'ai adoré le look de la fillette - son béret, ses chaussettes et ses souliers magiques - et son arrivée à la cité d'émeraude réserve aussi de splendides pages d'émerveillement !

C'est donc une lecture assez conséquente, mais passionnante à suivre tous les soirs, qui comporte parfois des séquences fortes et inquiétantes, comme lors des attaques des singes, mais heureusement le souvenir de celles-ci est balayé par un dénouement jovial et de bon aloi. La lecture faite par Charlotte Gastaut est plaisante et douce à l'oreille. Sincèrement rafraîchissante à découvrir. Bon public et passionnée de cette histoire intemporelle, je suis fatalement conquise. ♥

Milan, 2017

Suivre l'actualité de Charlotte Gastaut  : https://www.instagram.com/charlotte.gastaut/

 

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Pêle-Mêle : Peau d'Ane - Glouton croqueur de dinos - Le Livre de mes émotions - Mes petits moments de méditation

Peau d'Ane

Cette nouvelle collection, Les contes de Jeanne & Baptiste, se propose de dépoussiérer les grands classiques en livrant des versions écrites en rimes, mais qui font pouffer de rire ! Voyez donc... On se souvient de l'histoire de Peau d'Âne : un roi devenu veuf a juré de n'épouser qu'une femme dont la beauté surpasserait sa chère disparue, pas de doute, seule sa fille peut prétendre au trône. Or, celle-ci refuse obstinément de convoler avec son propre père et demande de l'aide à sa marraine la fée. « Votre père est sympa, mais jamais ma filleule n'épousera son papa ! »

Toutes deux pensent piéger « ce cher Bob » en lui commandant des robes toutes plus insensées les unes que les autres, sauf que le roi exécute sans frémir les moindres desiderata de la princesse, qui se morfond de plus belle. « Il nous prend pour des poires ou des glaces au café ? » Les deux complices pensent frapper un grand coup en réclamant la peau de l'âne aux crottes d'or. Misère ! Notre héroïne n'a plus d'autre choix que celui de s'enfuir du château pour sauver son honneur et ainsi devenir « paysanne, hideuse et repoussante ».

Et l'histoire de s'écouler aussi joyeusement, tout en suivant les grandes lignes conductrices du conte classique - la recette du cake d'amour, s'il vous plaît ! C'est un régal. Une découverte charmante et audacieuse, que les illustrations pimpantes de Colonel Moutarde viennent souligner avec allégresse. Très chouette !

Les contes de Jeanne (Cherhal) & Baptiste (Vignol) : Peau d'Âne - Illustrations de Colonel Moutarde

Gründ, 2017

 

Existe aussi : Boucle d'Or et les trois ours - La princesse au petit pois - Les trois petits cochons

 

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Glouton croqueur de dinos

Retrouvons désormais ce cher GLOUTON, connu pour ses exploits précédents en tant que croqueur de livres ! Après avoir bien semé la zizanie, le voici de retour dans cette aventure sur les dinosaures, sauf qu'il n'écoute toujours pas les conseils de prudence et parcourt sans réfléchir les tribus des tricératops, des diplodocus et des vélociraptors. Et partout où il passe, il grignote goulûment. Forcément ça grogne à chaque coin de page et tous les dinosaures ne rêvent que de l'attraper. Ce sera finalement le grand T-Rex qui gagnera le coquetier. Âmes sensibles, s'abstenir ? Vous n'avez pas tout lu. ☺

C'est drôle et ingénieux, merveilleusement trituré ci et là pour parfaire l'illusion du croqueur de livres qu'on ne contrôle plus. Une lecture surprenante et qui soulève une vraie excitation de joie chez les jeunes enfants. La combinaison insolite du dinosaure avec un petit monstre intrépide est éminemment une combinaison réussie !

Glouton croqueur de dinos, par Emma Yarlett

Gründ, 2017


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Le Livre de mes émotions

Voilà une autre lecture étonnante, où l'on suit la semaine pleine d'émotions de Simone. Le lundi, la fillette est d'humeur grincheuse et s'emporte pour un oui pour un non, mais tout va de travers et sa colère finit par exploser. Viiite... pour calmer tout ça, il suffit de respirer profondément en maîtrisant sa respiration. Simone se sentira beaucoup plus apaisée.

Les jours suivants, Simone ressent tour à tour de la peur, de la fierté, de la timidité, de la jalousie ou du chagrin. À chaque situation, l'histoire propose un petit conseil pertinent pour aider le lecteur à se libérer. C'est loin d'être idiot, car l'histoire a été créée par une auteure sophrologue qui connaît les mots justes et pertinents pour toucher les enfants.

Résultat, j'avais un sourire aux lèvres au moment de fermer l'album, tant j'étais imprégnée par la petite musique générale et me sentais envelopper par une douce sensation de bonheur. C'est donc tout à fait efficace ! Une jolie histoire pleine de tendresse et de poésie sur les émotions, avec des flaps et des exercices pour apprendre à maîtriser ce qui remue dans notre corps et dans notre tête. 

Le livre de mes émotions, de Stéphanie Couturier & Maurèen Poignonec

Gründ, 2017

 

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mes petits moments de meditation

Et pour prolonger cette découverte, Stéphanie Couturier, psychomotricienne et sophrologue, nous invite à un petit moment de méditation. Grâce à une petite puce sonore, l'enfant écoute une voix qui le place en condition : imagine que tu es à la plage ou à la campagne, imagine-toi en train de caresser le sable ou écoute le bruit du vent, imagine que tu es un arbre ou un soleil... En gros, c'est une lecture qui pousse l'enfant à adopter une position et à fermer les yeux, puis à ressentir les sensations inspirées par son imagination. 

C'est une collection qui s'adresse aux tout-petits et qui promet un moment de calme et tranquillité.

Mes petits moments de méditation, de Stéphanie Couturier & Séverine Cordier

Gründ, 2017

 

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Mes animaux dans la musique classique

Après ce tour de piste aux émotions diverses, on boucle en musique avec ce petit recueil charmant, issu d'une collection dont le succès n'est plus à prouver. Ce titre est, comme son nom l'indique, une invitation à la découverte des animaux à travers de grands airs de musique classique : Le Vol du bourdon de Rimski-Korsakov ; Le Ballet des poussins dans leurs coques de Moussorgski ; La Marche royale du lion de Saint-Saëns ; La Truite de Schubert ; Le Lac des cygnes et L'Oiseau bleu de Tchaïkovski.

Bien sûr, l'enfant doit retrouver la petite puce sonore pour déclencher la musique et taper dans les mains ! Ludique, incontournable et adorable. 

Mes animaux dans la musique classique, d'Émilie Collet & Séverine Cordier aux illustrations

Gründ, 2017