27/08/09

Moi sauvage ~ Isabelle Rossignol

Médium de L'école des Loisirs, 2009 - 150 pages - 9,00€

moi_sauvageLéa a loupé sa dernière année scolaire, ses parents ont adopté la mesure d'urgence en l'inscrivant dans une école privée et huppée. C'est la catastrophe pour l'adolescente, issue de la banlieue populaire, et la rentrée lui confirme toutes ses craintes. Des bourges, que des bourges. Jugement implacable. En tête, le beau gosse qui n'arrête pas de relever sa mèche en regardant la plèbe autour de lui, d'un air tellement frimeur. Sur lui, ce sont mille euros de fringues qui suffiraient à nourrir un village africain.

Et la mauvaise foi, elle connaît ? Léa se plante en agressant mentalement ce garçon, car Vincent est charmant. Il tente de l'intégrer auprès de ses camarades, il est gentil, à l'écoute, il cherche à la sortir de son désarroi et la mettre à l'aise dans ses baskets. De son côté, la demoiselle fait sa mauvaise tête, remontée par sa copine Rania, experte en discours antisocial-tu-perds-ton-sang-froid. Léa ne sait plus dans quel camp elle se situe. Comble de tout, en rentrant chez elle le vendredi soir, elle a horriblement honte de son père, qu'elle trouve subitement moche et plouc. C'est la crise !

Le roman n'est pas mauvais, il est même trèsintéressant, le problème c'est que la narratrice est particulièrement imbuvable. Léa est une pauvre fille paumée, on lui offre le monde sur un plateau, ou disons une chance de s'en sortir, et la nana choisit de casser la baraque. En clair, elle va fuguer. Tout au long du roman elle ne cesse d'avoir une attitude capricieuse et agaçante, je n'en pouvais plus de la supporter, mais oui, je sais, j'ai passé l'âge, je suis une ^adulte responsable^ maintenant, et j'oublie de me mettre dans la peau de cette fille, car tout est là : les sautes d'humeur, la haine crachée à la face du monde, l'ennui et l'envie de mourir, la peur collée au ventre, les jugements à l'emporte-pièce, la révolte à deux sous, la vérité qu'on n'affronte pas, la honte à admettre, car derrière tout ceci se cache le besoin de redevenir une petite fille à protéger.
Il en aura fallu du temps pour qu'elle comprenne ! Mais que vous voulez-vous, c'est compliqué de grandir...

(A me voir aussi exaspérée, c'est dire le potentiel du livre : il est très, très bien écrit et il a parfaitement su cerner les tourments de l'âge ingrat !)

 

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26/08/09

Mon enfant de Berlin ~ Anne Wiazemsky

Gallimard, 2009 - 250 pages - 17,50€

J'ai aimé d'amour ce roman, impossible à expliquer pourquoi, comment, c'est arrivé comme ça, un amour immense qui a gonflé, gonflé... Bonheur absolu. 

mon_enfant_de_berlin

Ce livre raconte l'histoire de Claire Mauriac, ambulancière à la Croix-Rouge française durant la 2nde guerre mondiale. Elle a vingt-sept ans, c'est une très belle femme, issue de la classe bourgeoise et catholique, fille de l'illustre écrivain.

Elle a pourtant le souci de faire oublier son pedigree et voudrait qu'on l'apprécie pour elle. Nous sommes en septembre 44 et depuis quelques mois la jeune femme a le blues. Son boulot à la Croix-Rouge lui plaît, elle n'entend plus rentrer à Paris mais ses fiançailles avec Patrice, prisonnier en Allemagne, l'étouffent.

Entre les lettres qu'elle envoie à ses parents et les extraits de son journal intime, se dessine un portrait en finesse d'une jeune femme en plein épanouissement, elle qui était une petite fille gâtée, choyée, dorlottée, se découvre délivrée des convenances depuis sa récente émancipation.

C'est seulement en partant pour Berlin qu'elle prendra la pleine mesure de son envol, lorsqu'elle fera la rencontre du prince russe, Yvan Wiazemsky, réfugié politique et expulsé de son pays depuis la révolution. Wia est un homme charmant, plein d'entrain, extraverti et drôle, il affiche très rapidement son amour pour Claire. Un tel empressement ferait fuir la plus prude des jeunes filles, mais Claire n'est plus cette jouvencelle parisienne, ou juste un peu. Très attachée à sa famille, elle continue d'écrire des lettres nunuches pour s'attacher le consentement de ses parents, qui jugent sévèrement sa récente toquade.

Le temps file, on parle d'amour, mais pas seulement. Car dans la foulée on suit les activités de la fière équipe du 96 Kurfürstendamm (Rolanne, Mistou, Plumette, Olga, Leon de Rosen...). Ils sont jeunes, ils vivent à Berlin les plus belles années de leur vie, les plus intenses. Ils ont le désir fou d'oublier les souffrances de la guerre, d'aider les autres. Rechercher les personnes disparues, les retrouver, les sauver devient un idéal à la hauteur de leurs exigences. D'office, le lecteur les adopte. Il les aime d'une amitié forte et indéfectible.

Et puis il y a cet amour entre Claire et Wia. « Un amour qui nous éblouissait, qui rejaillissait sur nous et qui nous soudait tous ensemble. Quelque chose qui nous rendait incroyablement heureux et solidaires de leur bonheur. ». Cette romance au coeur d'un quotidien plus morose devient la touche qui illumine le texte. Tout ce qui a trait à la guerre et ses conséquences ne s'avère pas barbant ou rédhibitoire. Bien loin de là. C'est un ensemble. Le lecteur se sent immédiatement intégré à l'histoire, et particulièrement à l'équipe du 96 Kurfürstendamm, comme s'il partageait leur routine, leur mission, leurs heures de gloire, de faiblesse. C'est totalement prenant.

Mon enfant de Berlin est une parenthèse enchantée, l'histoire d'un amour fou vécu à un moment incrusté dans le temps, la solidarité d'un groupe et leur amitié soudée dans la communion d'une même vocation - aider les autres, oublier les heures sombres. C'est un très, très beau roman, le cadeau d'une fille pour ses parents, car c'est elle, Anne, l'enfant de Berlin. Livre après livre, elle nous raconte son incroyable destin romanesque, sans déballage impudique, et c'est tout bonnement admirable.
J'aime infiniment.

Ce billet est dédié à Alice.

Nota Bene :

Comme une ombre bienveillante, on retrouve bien évidemment la figure paternelle. Oui, celle de François Mauriac. J'ai notamment aimé cette petite phrase, chuchotée avec tendresse, débordante de complicité : « Je suis content que tu l'épouses, lui saura te rendre heureuse. C'est que tu es difficile, ma petite fille, très difficile... »   

 

 

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25/08/09

Dix petits indiens ~ Sherman Alexie

10_18 , 2009 - 276 pages - 7,90€
traduit de l'anglais (USA) par Michel Lederer

dix_petits_indiensJ'aime beaucoup l'écriture de Sherman Alexie, je m'en suis aperçue en lisant son roman pour la jeunesse, Le premier qui pleure a perdu. Depuis, je n'avais pas renouvellé l'expérience même si je m'étais promis de ne pas en rester là. Ainsi, nos retrouvailles ont eu lieu sous le signe d'un recueil de nouvelles, Dix petits indiens. Neuf textes au compteur, pas seulement des petits bouts d'histoire jetés sur le tapis, non, ce sont des récits qui s'installent dans le temps, et qui donnent envie d'en avoir un peu plus, parce que le format de la nouvelle est adéquat pour picorer, mais c'est aussi terriblement frustrant pour qui s'attache et se retrouve le bec dans l'eau quand le point final arrive.
Bref, ce que j'aime chez Sherman Alexie c'est son style alerte, écriture fluide, sans fioritures, un ton humoristique, à la limite du sarcasme, l'auteur a un jugement implacable sur la société, et notamment sur la communauté indienne, il ne baigne pas dans le sentimentalisme et ne joue pas sur la corde sensible, laquelle voudrait qu'on s'apitoie sur ce peuple qui en a bavé dans le passé. Alexie n'y va pas avec le dos de la cuiller, et selon lui l'indien est aussi coupable de son état dépressif, de sa tendance à l'alcoolisme ou sa trop grande facilité à s'apitoyer sur son triste sort. Indien ou blanc, après tout, c'est le même combat pour survivre dans la jungle (hostile et urbaine !).
Comme bon nombre de lecteurs, j'ai beaucoup apprécié le premier texte de ce recueil, Moteur de recherche. C'est l'histoire d'une étudiante d'origine Spokane qui découvre dans les rayons de la bibliothèque universitaire un livre de poésie signé d'un auteur indien, totalement inconnu. Un Spokane ignoré de sa propre communauté ! ? Comment est-ce possible ? Corliss décide de partir à sa recherche. A noter que tous les amoureux des livres et la lecture y savoureront des passages qui leur parleront sans équivoque !
Un petit extrait, en passant, qui explique toute l'histoire de l'identité indienne résumée en quelques lignes : 
« Corliss n'ignorait pas combien les Indiens sont obsédés par l'authenticité. Colonisés, exterminés, exilés, les Indiens avaient forgé leur identité en interrogeant l'identité des autres Indiens. Remplis de haine de soi et de doute, ils avaient fait de leurs tribus des sectes nationalistes. Mais peut-on nous reprocher notre folie ? se demandait Corliss. Nous sommes des gens exilés par d'autres exilés, par des puritains, des pèlerins, des protestants et tous ces autres cinglés de Blancs jetés hors de cette Europe plus cinglée encore. Nous qui étions jadis indigènes en ce pays, nous devons immigrer dans sa culture. »
Ce livre est un bon recueil truffé d'autodérision, de grands éclats et des petitesses attachés à notre société, avec des histoires drôles et dramatiques. J'ai bien aimé !

Sherman Alexie est un magicien de la langue et un virtuose de la narration, annonce Florence Lorrain sur Atout-Livre.

l'avis d'elfe 

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23/08/09

Une année étrangère ~ Brigitte Giraud

Stock, 2009 - 208 pages - 17€

une_annee_etrangereJuste une précision avant de présenter ce roman de Brigitte Giraud, évitez de lire la quatrième de couverture qui raconte TOUT le roman. Je n'ai pas saisi le but...
Ensuite, si vous pouviez lire ce roman en écoutant en musique de fond Seventeen seconds de The Cure, ce serait parfait ! Totalement dans l'ambiance.
De quoi ça parle, donc ?
Laura, une française de 17 ans, part en Allemagne, dans la ville de Thomas Mann, en tant que jeune fille au pair. Elle est accueillie chez les Bergen, le couple et ses deux enfants. Tout semble extraordinairement calme et tranquille chez eux, ça repose et ça change. La française vient de quitter une famille brisée, à la maison l'atmosphère est étouffante, chacun se rejette la faute de la mort de Léo, le petit frère de Laura. Elle-même a beaucoup de mal à soulager sa peine, à exprimer la douleur de ce deuil brutal. Elle a préféré fuir et se plonge dans le quotidien d'une famille allemande, au mode de vie totalement opposé du sien.
Tout est lent, étrange sur le long terme. Laura se sent maladroite et encombrée de son inaptitude. Elle ne parle pas un allemand fluide, elle n'arrive pas à se faire comprendre ni à comprendre les autres. L'ennui s'installe, comme elle le décrit si bien, tout devient mélancolique et sans relief.
Tout doucement, Laura s'installe donc dans une routine, elle dépose la petite fille devant la navette scolaire, elle épluche des pommes de terre et cuisine des gratins dauphinois, elle se rend au supermarché ou à la bibliothèque, elle lit La Montagne magique de Thomas Mann, elle promène le chien tous les soirs, elle étend le linge, elle repasse. Le soir, elle écrit de longues lettres à son frère Simon.
Les échanges avec les Bergen restent rares et bredouillants. Toutefois, l'ordinaire de cette famille commence à se fissurer. Laura s'en rend compte, et c'est avec son consentement tacite qu'elle coule avec eux dans la tragédie qui va les frapper.
A croire que le malheur des autres va réveiller cette jeune fille endormie, anesthésiée par sa propre affliction.

Une année étrangère est un roman qui peut paraître bien amer et morose. Il ne faut toutefois pas s'arrêter à cette impression, l'histoire dresse le portrait d'une jeune fille vidée, passive, qui a largué les amarres et espère être détournée de son passé pour mieux supporter son présent.
Elle s'est coupée de tout - du noyau familial, de sa langue maternelle, de son rythme de vie, de son apparence aussi. Même son propre corps lui semble étranger.
C'est lent, c'est sombre, c'est étrange. Je ne vous dis pas le contraire.
Pourtant c'est aussi un livre intéressant, qui parle de la fin de l'adolescence, du passage vers l'âge adulte, avec coups et blessures, qui ne se voient pas forcément. Cela parle du déracinement, de la perte et de la douleur, on sent perpétuellement la frontière entre la vie et la mort à travers le récit de la narratrice, mais non, non, ce n'est pas du tout morbide, c'est juste le cheminement nécessaire pour sortir du deuil. Puiser le mal jusqu'à la racine (Laura va aller jusqu'à lire Mein Kampf).
Et il faut placer l'histoire dans un décor allemand, frappé par l'isolement, le ciel gris, le froid, la pluie pour comprendre qu'il règne dans ce livre un sentiment de dénuement en plus de la désolation.
Je conçois que tout ceci semble empreint de désespoir, et c'est vrai que ce n'est pas un livre très rigolo ni léger.
Toutefois je ne l'aurais loupé pour rien au monde, parce que j'aime les livres de Brigitte Giraud, avec des hauts et des bas, comme pour tous les auteurs que j'apprécie et que je suis fidèlement. Chaque rendez-vous n'est pas systématiquement gagnant, mais c'est aussi ce qui rend le challenge excitant.

lire les premières pages sur le site de L'Express

 

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22/08/09

non, non, l'été n'est pas fini !

encore une semaine, bon sang ! on s'y accroche avant de rentrer tête basse dans l'automne et avec ça la terriiiible reprise de l'école, qui implique son rythme contraignant des horaires à respecter, des devoirs du soir, des réveils du matin, des impôts à payer (sic), et des copines qu'on retrouve, des blablas interminables autour d'un café, des nouveaux projets à réaliser, des travaux qui voient enfin le bout du tunnel, pfiou... c'est chaque année la même rengaine, après le 15 août, je suis dans un état d'esprit qui touche le fond pour aussitôt rebondir et atteindre le nirvana, je suis lasse et impatiente à la fois, je ne sais pas, je devrais être habituée à la longue...

un petit de musique pour me consoler ^-^

 

petit passage en revue des lectures de cet été 2009, *programme de la Miss, 9 ans*, avec pour commencer :

 

les_grandes_vacances

Les grandes vacances de Maja Celija est un album sans paroles, où l'histoire se passe dans une maison abandonnée le temps des vacances par ses habitants, elle est alors hantée par ceux et celles qui ornent les photographies, jour de délivrance oblige, ils vont profiter du foyer en toute liberté et vivre leurs vacances à fond avec juste les moyens du bord. Au programme : beaucoup d'imagination, jamais de soucis ! 
Un album qui n'appelle pas les grands discours, mais juste la force de l'imagination.
Très belles illustrations de l'italienne Maja Celija, où il flotte un petit air de nostalgie et une atmosphère onirique. A feuilleter longuement, et plusieurs fois. Ce ne sera jamais la même histoire !
(autrement, 2006 - 12,50€)

lete_ou_jai_grandi

L'été où j'ai grandi de Jo Hoestlandt est un parfait petit roman pour ma jeune Miss C. qui grandit. L'histoire se déroule en 1960, la narratrice a dix ans et elle passe toutes ses journées à la plage avec son petit frère, ou à bouquiner tranquille dans sa chambre. Le hic pour la demoiselle c'est ce slip de bain tricoté laine (hic), qui la cantonne au rang de petite fille, mais en entendant la remarque d'un adulte la fillette rougit et prend conscience de son corps, heureusement la maman intervient avec tact pour lui offrir ce maillot une pièce qui lui fera sentir la douceur de vivre et le bonheur de grandir !  (actes sud junior, 2006 - 6,00€)
illustré par Camille Jourdy

des_vacances_en_chocolat

Des vacances en chocolat de Jean-Philippe Arrou-Vignod est enfin disponible en folio junior puisqu'il était jusqu'à présent vendu avec l'édition spéciale, Une famille aux petits oignons, en texte inédit. L'histoire : Cet été, la famille des Jean-Quelque-Chose au grand complet part à l'Hôtel des Roches Rouges. Au programme, excursions à la mer avec le canoë et les chaussures en plastique qui donnent des ampoules, visite clandestine de l'hôtel à l'heure de la sieste, représentation exceptionnelle du grand cirque Pipolo, sans oublier te passage du tour de France... Et surtout, quelques cartes postales bien senties aux cousins Fougasse !
Plus besoin de clamer combien j'adore la famille des Jean Quelque-Chose et je trouve qu'il n'y a d'ailleurs pas d'âge pour apprécier leurs aventures !

Extrait : Chers cousins Fougasse,
On voulait vous remercier pour les vieux shorts déjà portés que vous nous avez envoyés. Ils nous boudinent juste un peu parce qu'on est plus costauds que vous, mais ça va. En échange, est-ce que vous voulez nos super tee-shirts rayés de La Famille Moderne ? On vous les donne avec plaisir, si maman est d'accord... A part ça, on est dans un hôtel trois étoiles avec frites à volonté. On fait du bateau, de la plongée, on va au cirque... Ah ! tiens, on a aussi rencontré Eddy Merckx et Poulidor. Dommage pour vous que le Tour de France passe trop loin de votre camping surchauffé. C'est vraiment pas de chance !
On vous embrasse très sincèrement.

(folio junior, 2009 - 4,00€)

cet_ete_la

Cet été-là d'Arnaud Alméras illustré par Robin est une petite merveille ! L'histoire est simple, on suit deux amis qui se rencontent sur la plage et vont se revoir au fil du temps. Suivant les âges, les centres d'intérêt et les occupations évoluent, ce qui ne change pas ce sont les bagarres et les réconciliations, sans compter que ces deux-là ne se quitteront plus ! Mais ça, ils ne le savent pas encore. L'histoire possède ce charme délicat de raconter combien un être est précieux dans votre vie, sans que ça vous saute aux yeux, il est là, et c'est ce qui compte, mais il suffit d'une pécadille pour que la terre tremble et que les oeillères tombent. Je me comprends ! ^-^
J'ai déjà aperçu ce livre présenté de nombreuses fois sur d'autres sites / blogs, ce n'est plus une nouveauté, toutefois n'attendez plus pour le découvrir, car c'est tendre, doux, drôle, charmant, ça vous parlera obligatoirement !
(éditions sarbacane, 2009 - 12,00€)

et pour conclure, mais c'est juste un avant-goût pour une prochaine bafouille :

lete_de_garmannla_rue_de_garmann

^L'été de Garmann & La rue de Garmann par Stian Hole ^

bel fin d'été à tous !

 

 

 


mangamaniac #6

Five ~ shiori furukawa

five_4La fête de l'école touche à sa fin, le groupe des garçons et de la princesse a atteint son objectif, c'est donc quartier libre pendant toute une matinée. Hina, comme à son habitude, est bernée par la faute de sa naïveté et, encore une fois, Toshi vient à sa rescousse. Et c'est une partie de tennis, les opposant au président Yamachika et miss Nakagome, leurs ennemis, qui va nous tenir en haleine, pendant plusieurs chapitres, donnant lieu à des scènes fantasques et fantaisistes, où l'humour souvent sauve la mise. Néanmoins c'est un peu long aussi.
La fin du tome 4 apporte une révélation intéressante sur Nao, retenu en otage par une fiancée trop gourmande, mais en attendant on savoure, on s'ébaubit devant Toshi, toujours très classe, très gentleman, très séducteur. Sa relation avec Hina - la princesse - reste pour l'instant toujours (trop) chaste, en souhaitant de prochains balbutiements romantiques... j'espère !

kana, 6,25€

un petit extrait en anglais (en cliquant dessus, vous les verrez en plus grand format) le sens de la lecture est ici de gauche à droite, pour la sélection des pages (mais pas des bulles, car sens de lecture japonais !).

five_23five_24_25five_26

en sélectionnant les tags, vous suivrez mes lectures de cette série, toujours en cours de parution (nous en sommes au tome 4 tandis qu'au japon, le tome 11 vient de sortir). gné !

 

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21/08/09

Journal d'un dégonflé ~ Jeff Kinney

Seuil, 2008 & 2009 - 224 pages - 9,95€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Zimmermann
titre vo : Diary of a Wimpy kid

journal_dun_degonfle_1Greg Heffley est un collégien de douze ans, ni beau ni moche, pas intello mais pas cancre non plus, pas du tout sportif, ni très drôle, donc pas populaire pour deux sous, mais il y travaille. Cette année scolaire sera placée sous le signe de la réussite, quitte à abuser de la crédulité de son meilleur ami Robert, gentil et naïf, mais franchement pas futé.
Les mois défilent à une bonne cadence et sont racontés dans ce carnet de bord, qu'il ne faut surtout pas appeler journal intime (c'est pour les nazes !). On y découvre sa vie de famille, entre un grand frère musicos et le petit dernier chouchouté par les parents, sa vie au collège qui n'est qu'une irrésistible série de coup bas mis en oeuvre par ce dégonflé qui s'ignore, ou qui ne s'assume pas.
Greg n'a qu'une idée en tête : devenir célèbre, s'afficher sur la page des favoris dans l'annuaire du collège. C'est ça ou rien.
L'histoire est ponctuée par des croquis d'une fausse placidité qui accentuent le comique de situation et soulignent l'absurdité et le cocasse des anecdotes. C'est la touche en plus, qui rend cette histoire drôle et très divertissante.
Journal d'un dégonflé est un roman en bd, comme il est écrit en couverture, le premier d'une longue série, qui m'a fait beaucoup rire.

 

*-*-*-*-*-*

Et déjà le deuxième volume est disponible !

journal_dun_degonfle_2bisGreg est soulagé de reprendre le chemin du collège, après avoir passé des vacances épouvantables. La cause : son grand frère, Rodrick. Il est dur et impitoyable avec lui, le fait chanter sans vergogne, et pourquoi ? Parce qu'il s'est passé un événement que Greg aimerait oublier, mais Rodrick sait tout et se fait un devoir de le lui rappeler.
Si l'humour du premier tome avait été une réelle surprise, accueilli avec une sensation de fraîcheur et de distraction plus qu'appréciable, ce tome 2 ne déroge pas à la règle et se veut également désopilant. Ce sont strictement les mêmes ingrédients qu'on retrouve : un pauvre type qui se débat avec lui-même pour ne pas finir crétin, et son meilleur ami pas mauvais pour deux sous, hélas mou du genou, mais c'est un brave garçon, je l'aime bien, surtout parce qu'il supporte son copain Greg sans réaliser combien il est malhonnête.
Et comble de tout, Robert a de plus en plus la côte auprès des filles, ce qui devrait servir d'exemple à Greg, le forcer à réfléchir pour changer d'attitude, mais un garçon de treize ans, ça reste un garçon de treize ans... ça réfléchira plus tard.
C'est probablement pour toutes ces raisons que les lecteurs plébiscitent les romans de Jeff Kinney, parce que le personnage de Greg Heddley n'est pas un héro conventionnel, et leur ressemble davantage. Il a ses qualités, ses défauts et ses failles. Et comme ce n'est pas un type extraordinaire, sinon qu'il est quelconque, limite odieux (mais la morale est sauve !), ses aventures ne peuvent que concerner la cible idéale des 10-12 ans (et plus).

 

le blog : http://journaldundegonfle.wordpress.com/

le site américain : http://www.wimpykid.com/

 

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Brûlés par le désir ~ Johanna Lindsey

Editions J'ai Lu 1997 - 314 pages - 6,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Dallain
Titre vo : Love me forever

brules_par_le_desir_1L'Ecosse, le clan des MacGregor, un maraudeur prêt à tout pour sauver un château en ruines, bref j'en salivais d'avance. Et puis, plouf. Adieu l'Ecosse. Toute la clique rejoint la saison londonienne pour la chasse à l'épouse (riche, de préférence) car le chef du clan doit absolument renflouer les caisses désespérément vides (la belle-mère, devenue veuve, a pris la poudre d'escampette avec l'héritage de la famille).

Yan MacGregor est un type très, très grand, au charme dévastateur... mais c'est aussi un épouvantable coeur d'artichaut ! On le découvre au début amoureux éperdu d'une dénommée Megan, dont la beauté lui a fait perdre la tête, il y a un an elle était en chemin avec son fiancé lorsque l'Ecossais a commis la folie de la kidnapper pour la faire sienne. La belle a été sauvée, sa vertu restée intacte, elle est désormais l'épouse du duc de Wrothston, et c'est dans le manoir de Sherring Cross que Yan va déposer ses valises (car, ne le sait-il pas encore, mais il est un cousin éloigné du mari de Megan !).

Les retrouvailles s'annoncent chaudes, chaudes, chaudes.
Que nenni. Megan est une épouse fidèle, elle est insensible aux déclarations enflammées de l'Ecossais, en fait elle a pour projet de lui faire épouser la jeune Lady Kimberly Richards, priée par son horrible père de trouver au plus vite chaussure à son pied. Or voilà, d'après la description faite de la jeune fille, ce n'est pas une beauté ravageuse, elle a un beau sourire, elle est mince, presque trop grande, ses cheveux blonds couronnent de boucles un visage qu'elle juge plutôt fade, malgré d'immenses prunelles en amande d'un vert aussi pur que l'émeraude.

La première rencontre entre Yan et Kimberly est donc un Grand Moment. Lui fait son entrée comme un bourrin, et elle a la morve au nez (oui, oui) et s'essuie avec la manche de sa robe (erk) tandis qu'elle bave d'envie devant l'apollon qui s'offre à elle. Le laird est passablement dégoûté, d'ailleurs il n'a d'yeux que pour la très belle Megan, auprès de laquelle il conte fleurette sans tarder. La relation entre les promis n'en restera bien évidemment pas là, il y aura enfin du rapprochement, avec une nuit d'amour, la première, assez particulière (la demoiselle est tellement imbibée, trop de champagne bue durant une soirée, qu'elle croit rêver qu'un type se glisse dans son lit et la déflore sans le réaliser concrètement !). Eeek.

Yan MacGregor a maintenant opéré un virage à 180° puisqu'il est fou de lady Kimberly (coeur d'artichaut, vous dis-je) mais il tente une dernière entreprise auprès de Megan, en ignorant que sa promise est témoin de la scène. Dé-goû-tée ! Kimberly rompt toutes idées d'alliance avec l'Ecossais, elle s'étourdit dans les bras d'autres prétendants, ce qui exacerbe la jalousie du laird ! J'ai d'ailleurs trouvé toute cette partie excellente. C'est d'un classique, tu me tiens, je te tiens, par la barbichette, etc. mais c'est un roman de Johanna Lindsey (la même qui a écrit la Viking insoumise, rrrrh !) et donc on a droit à beaucoup d'humour, de passion et d'aventures.

Par contre, grosse déception, dès la page 200, les carottes sont cuites ! Tsss. A mon goût, le roman va remplir les 120 pages restantes avec du n'importe quoi, de façon trop académique aussi, chaque dossier est traité un par un, chaque solution apportée avec une facilité absolument pas crédible, c'est énervant. J'ai donc fini mon petit bouquin rouge passion en poussant d'énormes soupirs (de frustration, d'ennui, de rage, de désespoir) et en pensant déjà au prochain Aventures & Passions que j'allais dévorer. Pour me consoler, cela s'entend.

Et j'en profite pour signaler qu'il existe deux autres romans jamais traduits en français de la série des Highlanders, par notre chère Johanna Lindsey (après deux livres lus, j'estime que nous sommes intimes), en premier Man of my dreams, qui raconte les folles aventures passionnantes entre Megan et Devlin, incluant le kidnapping insensé de l'Ecossais ^-^, et The pursuit, la suite, qui n'a pas remporté un gros succès auprès des lectrices, et qui raconte les amours de la prochaine génération.

Avant de conclure, voici notre petit comparatif des couvertures ! ^-^

la première édition française de 1997 (contre celle de 2009 ci-dessus) /  la couverture de l'édition américaine, trèèès trèèès fade à côté !

brules_par_le_desir_2  brules_par_le_desir_vo

no comment, dirons-nous.

version courte :

Mon commentaire va être plus modéré que celui des autres internautes, car j'ai trouvé cette lecture agréable, mais décevante également. Le personnage masculin est un épouvantable coeur d'artichaut, il papillonne de fille en fille sans ciller, et la demoiselle ne cesse de rougir du début à la fin, elle semble aussi très souvent subir ses actes et ceux de son séducteur sans réelle opposition (la première nuit d'amour dépasse l'entendement, l'abus d'alcool a tout de même ses limites !).

J'ai cependant beaucoup apprécié la partie durant laquelle Kimberly, ayant réalisé que Yan était amoureux d'une autre, rompt toutes idées d'alliance avec lui et s'étourdit dans les bras d'autres prétendants, ce qui exacerbe la jalousie du laird. C'est d'un classique, tu me tiens, je te tiens, par la barbichette, etc. mais c'est un roman de Johanna Lindsey (la même qui a écrit
La viking insoumise, rrrrh !) et donc on a effectivement droit à beaucoup d'humour, de passion et d'aventures.

Par contre, grosse déception, dès la page 200, les carottes sont cuites ! Tsss. A mon goût, le roman va remplir les 120 pages restantes avec du n'importe quoi, de façon trop académique aussi, chaque dossier est traité un par un, chaque solution apportée avec une facilité absolument pas crédible, c'est énervant. J'ai donc fini mon petit bouquin rouge passion en poussant d'énormes soupirs (de frustration, d'ennui, de rage, de désespoir) et en pensant déjà au prochain Aventures & Passions que j'allais dévorer. Pour me consoler, cela s'entend. 

 

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20/08/09

Cinq jours par mois dans la peau d'un garçon ~ Lauren McLaughlin

Pocket jeunesse, 2009 - 320 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Sidonie Mezaize
Titre vo : Cycler

cinq_jours_par_moisLe titre et la couverture vous inspirent une certaine répulsion, du genre, pouah un livre pour jeunes adultes très cucul la praline, non merci ! Vous vous trompez !!! Ce roman est absolument hallucinant. Dès le départ, la première scène s'ouvre sur une métamorphose qui défie le lecteur, c'est un grand moment d'incompréhension et de stupéfaction mélangées, un peu dégoûtant aussi, je ne vous cache pas. Jill est une lycéenne de 17 ans qui mène une existence tout ce qu'il y a de plus ordinaire.  Elle a pourtant un gros souci, tous les mois, avant chaque cycle menstruel, et ce durant cinq jours, elle devient un garçon ! Aucune explication scientifique ou médicale existe, c'est à prendre ou à laisser.
Vous prenez ? C'est très bien.
Le double de Jill s'appelle Jack. C'est un type charmant, qui n'a pourtant pas le droit de se mêler à la vie de famille et doit rester dans la chambre, à manger et tuer le temps du mieux qu'il peut, car Jack exaspère, on le traite comme une vilaine verrue sur la jolie joue de Jill, et comble de tout, il s'avère un véritable obsédé sexuel, en pleine crise de libido.
A la place de Jill, nous n'en mènerions pas large. Aussi, la jeune fille s'adonne tous les mois à son plan B pour se remettre dans sa peau et chasser les pensées de Jack. Un bon décrassage mental et physique s'impose. Jusqu'à présent, elle gère bien sa barque.
Les choses se compliquent quand elle tombe amoureuse de Tommy, puis lorsque Jack s'amourache de Ramie, la meilleure amie de Jill. Tout va se mélanger, se confondre dans un monstrueux désordre sentimental et sexuel. De pleines, pleines pages de sensualité sont d'ailleurs à noter ! (page 240, notamment, avis aux curieux)

Je ne m'attendais vraiment pas à un roman qui aborde avec autant de franchise et de culot la question de l'identité sexuelle chez les adolescents. C'est une histoire hors du commun, pas du tout le genre de comédie américaine pour teenagers aux dents blanches, non, non. C'est comique, parfois absurde, souvent tiré par les cheveux, et ça frise le grand n'importe quoi à la toute fin du livre.
Malgré tout, j'ai trouvé que c'était une réussite. Ce roman se lit d'une traite, il parvient à séduire de suite, tant il déborde de fraîcheur et d'humour. Les deux personnages partagent le même corps, mais pas les mêmes pensées, si bien qu'elles ont tendance à polluer l'esprit de l'autre contre son gré. Jack, pour ne pas le dénoncer, est d'ailleurs trèèèès porté sur le dessous de la ceinture, je vous laisse juger, tandis que Jill se débat avec ses pulsions, ses envies, ses questions. Cela donne un équilibre intéressant, et matière à des malentendus et  autres situations compromettantes.
Voilà donc un roman qui possède de nombreux atouts pour attirer le lecteur, et qui ose ou tente de proposer quelque chose de nouveau, de façon divertissante.

la suite (re)cycler (titre vo) est déjà disponible en anglais ! 

le blog de l'auteur : http://www.laurenmclaughlin.net/wordpress/

en librairie le 20 août.

 

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19/08/09

Le Voyage vers l'enfant ~ Vonne van der Meer

Editions Héloïse d'Ormesson, 2009 - 172 pages - 17€
Traduit du néerlandais par Daniel Cunin

le_voyage_vers_lenfant"Jamais encore depuis le début de cette longue période de réflexion, de papiers à remplir et d'entretiens, Julia n'avait été aussi convaincue que ça allait réussir. De même qu'elle avait été convaincue de vouloir un enfant après avoir vu une bicyclette au guidon de laquelle était fixé un petit siège, de même la réponse sans équivoque de Ronald fit naître en elle des séries d'images. Elle se vit à toutes sortes de moments différents - elle et son enfant. Chaque image renforçait sa conviction. Comme si elle avait eu devant elle des clichés restituant des instants déjà vécus et que plus rien ni personne ne pouvait les lui retirer."

Voici toute l'histoire d'un roman qui aura été pour moi une déception. Vonne van der Meer avait su m'enthousiasmer avec ses deux premiers romans (pour rappel : La maison dans les dunes, devenu : Les invités de l'île ; et Le bateau du soir). Les couvertures françaises sont toujours d'une élégance précieuse et raffinée. Et l'auteur n'a pas manqué de faire un clin d'oeil à la maison de Vlieland, puisque l'histoire s'ouvre sur cette partie isolée du monde.
Un couple, Julia et Max, désire un enfant plus que tout. La machine est en panne, le couple se tourne vers la procédure de l'adoption, longue et laborieuse. Julia est désespérée. Elle rencontre un type qui lui offre un voyage vers l'enfant, au Pérou, avec l'assurance pour elle de repartir avec un bébé rien qu'à elle. Le sien. Max n'est pas d'accord, mais suit son épouse.
Sur place, les démarches ne sont plus si simples et la déconvenue sera encore une fois au rendez-vous. Imaginez cette femme, prête à tout, rendue folle d'envie et de désespoir... C'est alors qu'elle va rencontrer Pablo.
Je n'en dis pas davantage, mais la tournure du roman ne m'a pas plu du tout. De même, j'ai trouvé l'histoire sordide et plate. Je n'ai pas su retrouver ce qui avait su me plaire et me toucher dans ses précédents livres. Et je suis déçue d'être déçue. Très triste, aussi.
A noter que Heddy Honigmann, réalisatrice née au Pérou, a acquis les droits cinématographiques de ce roman et vient d'en commencer l'adaptation.

en librairie le 20 août.

cf. le billet de cathulu qui a beaucoup aimé (naturellement) ! ;o)

 

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