08/02/12

“Just like there's always time for pain, there's always time for healing.”

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Valérie doit se reconstruire après le massacre orchestré par son petit copain, Nick. Tout est parti d'une liste recensant tout ce (et surtout ceux) qu'ils détestaient au lycée. Val et Nick étaient les victimes des petites mesquineries qui se jouent dans les cours de récré, c'est violent, c'est injuste, c'est dur mais cela n'excuse pas.
Désormais Valérie est seule face à ses questions, à ses souvenirs et à sa responsabilité. Après de longs mois d'hospitalisation et de séances chez le psy (formidable docteur Hieler !), Valérie retourne au lycée et affronte ses camarades. Ce qu'elle y retrouve ressemble à ce qu'elle a connu, la culpabilité en plus. 
D'emblée, ce que j'ai surtout apprécié dans ce roman, c'est sa grande part d'humanité. Valérie est une jeune fille accablée, non seulement elle se sent coupable pour Nick, pour la liste et pour ce jeu débile qui a dérapé, elle s'en veut aussi pour son ignorance et pour son amour, parce qu'elle ne peut pas oublier alors qu'elle devrait.
Elle ne comprend plus le monde dans lequel elle vit, ses parents lui mènent la vie impossible, la confiance s'est envolée, même ses amis de toujours lui ont tourné le dos, et c'est bizarrement auprès d'une fille qui lui a mené la vie dure qu'elle trouve un appui, sauf qu'elle ne se sent pas prête. 
C'est un roman poignant, glaçant mais remarquable. Impossible à reposer. Et pourtant, qu'est-ce qu'il vous serre le coeur à force de lire et découvrir le calvaire de Valérie, sa solitude et sa détresse, même sa propre famille n'a pas su être présente au moment où elle en avait le plus besoin. Pff, ce n'est pas gai. 
Mais il y a des choses tellement vraies, tellement fortes dans ce livre qu'il ne faudrait surtout pas passer à côté. Dès les premières pages, on ne peut plus se retenir de lire pour en savoir plus. L'histoire de Valérie et Nick apparaît par intermittence, et bizarrement ce qu'on découvre sur elle est attendrissante. Comme je le soulignais, ce roman sait véritablement nous toucher, comme à vouloir décrire Nick comme un être sensible et généreux, et pas seulement comme celui qui s'est tiré une balle dans la tête après avoir zigouillé ses camarades de la cafétéria...
Le roman ne cherche pas à accuser, pas à excuser non plus, et encore moins à comprendre, je me rends compte. Il expose une réalité sordide, notre responsabilité à tous dans nos actes et nos paroles, notre égoïsme aussi. La haine fait partie de la vie, ce qui ne veut pas dire qu'il faut basculer dans les extrêmes, c'est juste que c'est là, qu'on vit avec...
Et tous nos ressentiments apparaissent plus amers, plus lourds soudain.
C'est un grand roman que celui-là. Un roman bouleversant, avec une fin très émouvante. 

Hate List, par Jennifer Brown
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduction de Céline Alexandre. 

People hate. That's our reality. People hate and are hated and carry grudges and want punishments.


07/02/12

☆ Carte blanche ☆

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Cinquième tome de la série, et aucun coup de mou ! 
Plusieurs scènes cocasses ont retenu notre attention : d'abord l'anecdote du poignet cassé parce que Greg s'est étalé en se levant des cabinets, où il était resté des plombes, et ses jambes étaient engourdies. Humour potache, je sais, mais humour tout de même ! 
Ensuite la mère décide de reprendre ses études et demande aux garçons de la maison de se gérer comme des grands. Ahem. Place à une série de catastrophes, qui vont du linge à trier, de la cuisine à assurer, du réveil le matin, des devoirs à réviser... Et même le passage avec Isabella, la femme de ménage, donne droit à de bons moments de rigolade. 
C'est une série de la loose, qui assume son anti-héros, pour ça et pour son ton humoristique, le lecteur s'y retrouve et en redemande. 

Journal d'un dégonflé, tome 5 : La vérité toute moche par Jeff Kinney
Seuil jeunesse, 2012. Traduction par Natalie Zimmermann 

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Deuxième tome de la série, qui confirme toutes les bonnes qualités déjà aperçues.
Olive cherche un moyen pour sauver son ami Morton, prisonnier des peintures magiques, à travers lesquelles il était possible de voyager grâce à une paire de lunettes (bon, celles-ci sont cassées !). Aidée des trois chats qui parlent, et d'un petit voisin passionné de dinosaures, Olive doit trouver un livre des sorts qui pourrait détenir la solution. Toutefois, ce petit jeu-là peut s'avérer plus dangereux qu'une simple partie de chasse enfantine...

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Une ambiance à la Neil Gaiman, une héroïne courageuse, trois chats qui parlent, des peintures magiques, un ami en détresse, un livre des sorts à retrouver, un petit voisin qui en sait beaucoup, des parents perdus dans leur monde, une grande maison au style baroque, un dénouement stupéfiant, beaucoup de charme et de mystère pour cette série qui peut séduire les plus jeunes lecteurs, dès 10-11 ans.

La maison des secrets, tome 2 : Le livre des sorts par Jacqueline West
Seuil jeunesse, 2012. Traduction par Jimmy Montrose.
illustrations de Poly Bernatene 

Je le jure, je suis innocent, et c'était pas de ma faute.

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Julien, seize ans, végète dans son canapé à regarder sans intérêt une émission de télé lorsque sa mère le tire de sa torpeur pour aller lui acheter du beurre et de la farine pour la galette. Pas trop motivé, le gamin sort de son immeuble et tombe sous le choc : une superbe BMW lui fait de l'oeil et lui ne peut qu'y répondre. Il s'installe à son bord, se sent à l'aise et tout dégénère lorsque Johnny, le caïd de la cité, apparaît en vitupérant. Flûte, c'est sa caisse ! Et là, notre ami n'y comprend rien : il s'enferme dans la voiture, passe la vitesse et démarre en trombe.
Le voilà sur le périph, puis sur une route de campagne, il ne réfléchit plus, il file à toute allure, et les ennuis s'enfilent comme des perles sur un collier : il vole de l'essence, découvre du fric dans la boîte à gants, embarque deux auto-stoppeurs, les suit jusque dans le Sud, prend du bon temps, tombe sur le mauvais gars, provoque une bagarre, vomit ses tripes, devient fou amoureux, croit à la dolce vita... mais la réalité le rattrape ! 

C'est un roman très court, seulement une quarantaine de pages, mais il est mené à un train d'enfer. Et le ton du garçon prête à sourire, il se confond en excuses, ne comprend pas trop ce qu'on lui reproche, après tout ce n'est pas de sa faute, c'est le destin qui a pris rendez-vous avec lui pour lui filer toutes les sales galères du moment, c'est écrit sur son front : ici, bonne poire ! 
Une lecture rapide, un brin cynique, qui pourra plaire aux garçons réfractaires dès qu'il s'agit d'ouvrir un roman. 

Dans la voiture de Johnny, par Louis Atangana
Rouergue jeunesse, 2011 

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06/02/12

Inventer l'immensité et la beauté du monde tel qu'il aurait voulu le voir.

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L'histoire se passe dans un village en Afrique, perdu en pleine brousse. Les jeunes passent leur temps à ne rien faire, du coup Jonas, celui qui a vécu vingt ans en Europe, décide d'aller en ville pour ramener un instituteur. Car l'instruction, c'est la vie. La survie. Félix, le fils de Ma Eléonore, est un adolescent de quatorze ans solitaire, il sait lire et aime se perdre dans les livres de son ami Jonas, malgré les colères de sa mère. Un jour, Félix aperçoit Magali en train de se baigner dans la rivière, elle lui chipe son roman et promet de lui rendre s'il décide d'accomplir ses quatre volontés. Personne n'aime Magali dans le village, c'est une orpheline débarquée de nulle part, sauf que son histoire, aux accents dramatiques, va apparaître à Félix après une nuit de cauchemars. 
C'est une petite chronique d'un village africain, sans prétention, mais proposée avec humour et tendresse. On y découvre des personnages aux caractères forts, des scènes cocasses et des révélations émouvantes. C'est tout un ensemble, mais jamais ça ne frise le ridicule, ou le pathos, et encore moins le misérabilisme. C'est par ce petit roman que je découvre aussi la plume de Louis Atangana, un ton délicat, qui emprunte parfois la verve du conteur, bref je suis séduite et sûr que je vais en prendre une deuxième part !

Ma, par Louis Atangana  (Rouergue jeunesse, 2012)

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“The Gods know what it is to be eternal, and they love to toy with mortals who use absolutes.”

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Hélène vit avec son père sur l'île de Nantucket, un petit coin paradisiaque où tout le monde se connaît, si bien que l'arrivée d'une nouvelle famille ne passe jamais inaperçue. Les Délos aussi sortent de l'ordinaire, ils sont tous beaux, riches, intelligents, ils vivent dans une grande maison entre frères et cousins, ils suscitent l'admiration et la curiosité. Seule Hélène éprouve des sentiments opposés : la première fois qu'elle a posé les yeux sur Lucas Délos, elle lui a sauté dessus pour lui tordre le cou ! Ces deux-là ne peuvent pas se croiser dans le couloir du lycée sans avoir envie de se battre. Comme c'est bizarre, déjà Hélène se sentait mal dans sa peau - bon, c'est une bombe atomique mais elle se tient voûtée et a toujours le sentiment de déranger, ahem - et depuis quelques jours, l'adolescente est encore plus mal dans ses baskets, entre ses maux de tête, ses cauchemars et sa perte d'appétit, rien ne va plus !

Starcrossed est une nouvelle saga adolescente qui offre une relecture de la mythologie grecque de manière originale et captivante. Oui, j'ai pris énormément de plaisir à lire ce roman. Les premiers chapitres se lisent en toute facilité, et l'idée de voir la jeune fille se jeter au cou du beau gosse pour d'autres raisons que la sempiternelle sérénade sentimentale, ma foi, c'était très drôle ! Après quoi, on rentre vite dans le moule et on retrouve nos bons vieux classiques. Hélène et Lucas s'apprécient mutuellement, mais leur relation demeure platonique, ce qui agace notre héroïne. Bon, c'est sûr que les atermoiements adolescents ne sont pas ma tasse de thé, et parfois j'ai un peu rouspété contre cette vilaine manie de pleurnicher sur son sort. Heureusement, il y a une forte capacité de rebondissements dans l'histoire, même nos chéris frappés d'une malédiction vont prouver qu'ils peuvent offrir un visage frais et un humour salvateur au-delà du reste.

La lecture n'est pas novatrice dans son genre, mais cela fonctionne toujours bien. Je pense que cela tient du fait que les personnages sont bien campés, ils sont tous attachants et font preuve d'humour, l'intrigue aussi tient la route, et puis le cadre est splendide, on se croirait dans un petit cocon, c'est apaisant. Les derniers chapitres soulèvent de plus en plus d'interrogations, avec en prime des retrouvailles et une révélation qui devrait laisser pantois (sauf que, pour moi, ça a l'effet d'un pétard mouillé). Objectivement, l'auteur s'est emmêlée les pinceaux à deux, trois reprises mais on lui pardonne. La lecture a accompli son office : divertir et intriguer, du coup je suis partante pour la suite !

Starcrossed, par Josephine Angelini
Pocket jeunesse, 2012. Traduction de Marie Leymarie. 

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05/02/12

« Ecrire, c’est emmener les mots en promenade. »

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Le roman de David Almond ne se raconte pas, et se résume encore moins. Il s'agit en fait du carnet de Mina, une demoiselle qui ne va plus à l'école, où elle ne se sentait pas à sa place. Elle était régulièrement rabrouée par son institutrice, Mme Scullery, jusqu'au fameux jour des évaluations, le jour de trop, le jour où Mme McKee est venue récupérer sa fille, sans gronder, mais avec compassion. Elles sont reparties toutes les deux dans leur maison, en jurant qu'elles ne mettraient plus jamais les pieds dans cette école. Et depuis, Mina suit ses cours chez elle. Elle passe son temps à écrire ce qui lui passe par la tête, elle se perche sur un arbre et parle aux oiseaux, elle observe ses voisins, la vie dans le quartier est sinistre, soupire-t-elle, Mina a envie de vie et de joie, alors elle gribouille encore plus ses idées folles dans son carnet. 

Son carnet ne ressemble qu'à elle : il est sincère, vrai, touchant, bizarre, très personnel, onirique, poétique et j'en passe. Il fait fi des règles et des conventions, il s'ébroue comme un jeune chien fou, égaré en pleine nature, il souffle, il respire, il est heureux. Et nous aussi. J'ai été très touchée par ce roman, pas facile à expliquer pourquoi il donne autant le sourire, pourquoi il touche et pourquoi les mots de Mina, en apparence simples et naïfs, renferment plus de vérité et de beauté que tous les discours de grands. C'est a priori un méli-mélo de pensées farfelues, de rêves et de comptes-rendus qui nous embarque dans un univers enfantin et routinier, mais c'est aussi et surtout une façon d'expliquer le pouvoir des mots, de l'imagination et de l'écriture. Graphiquement, le livre est également un petit miracle et ne ressemble pas à un roman classique. C'est ce qui nous rapproche de la narratrice, Mina est la petite camarade de Michaël, le héros de Skellig, un autre roman de David Almond qu'il faut lire ou relire après celui-ci.  

Je m'appelle Mina, par David Almond
Gallimard jeunesse, 2012. Traduction de Diane Ménard. 

“Words should wander and meander. They should fly like owls and flicker like bats and slip like cats. They should murmur and scream and dance and sing.” 

aux Mina aussi recherche un peu de bonheur, elle s'appuie sur les mots, parfois elle en invente, elle raconte des histoires à dormir debout, elle raconte ses rêves aussi, où elle part visiter les enfers en pensant retrouver son père... Parce qu'à travers ce méli-mélo des mots, il y a cette petite détresse d'avoir perdu son papa. Le besoin de se reconstruire. D'effacer le chagrin.

Je suis née, je m'y habitue.

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Shosha est née en colère, dit sa mère. Depuis toute petite, la jeune fille n'a jamais voulu qu'on lui impose d'agir ou de penser dans un sens si elle souhaitait faire autrement. L'adolescence venant, Shosha est en pétard contre son changement de maison et de lycée. Elle se sent seule, sa prof de philo lui cherche des poux, ses camarades se moquent d'elle, elle se plante lors de ses examens, ses parents sont fermés à toute discussion, alors Shosha se réfugie dans de sombres réflexions. Elle repense notamment à la disparition de son oncle, pendu chez lui, le drame de la famille. Depuis, personne n'ose en parler. A côté de ça, Shosha part en croisade contre le projet de son prof d'histoire (visiter le camp d'Auschwitz), et se défoule par écrit. Y'en a marre de de ces histoires de misère, de déportation, de haine, d'extermination.

Cela vous donne une idée d'ensemble de la colère de la demoiselle, très vive, et je crois que cela a fini par m'échapper. J'ai apprécié la façon dont l'auteur a amené son sujet, c'est un texte bien construit et intéressant, souligné de références littéraires de qualité irréprochable, tout ça fait élégant et raffiné, vraiment pas de problème. A ce portrait d'adolescente en quête d'identité, se présente un secret de famille dont on avait déjà deviné la teneur (difficile d'en faire un mystère, rien que par le titre et le prénom de la narratrice). Que dire, donc, si ce n'est que je n'ai pas été alpaguée par la révolte de Shosha. Ou alors je pense que cela ne me concerne plus, ou bien est-ce trop réaliste pour avoir envie de m'y frotter même en lecture... je ne sais pas, la rencontre n'a pas provoqué d'étincelle. C'était bien, mais un peu éreintant.

Je renaîtrai de vos cendres, par Elisabeth Brami
Flammarion, 2012. 

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03/02/12

Quand papa était petit, c'était il y a très très longtemps, au temps des hommes des cavernes...

Edition collector de l'album de Vincent Malone et André Bouchard à tirage limité et accompagnée d'un tiré à part : la couverture toilée est superbe ! 

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Le contenu ne change pas : on retrouve une succession de gags à travers des scènes anachroniques. Ton papa, à force de raconter son jeune temps, passe aux yeux de ses enfants pour un homme de la préhistoire. A ce petit jeu-là, l'auteur a recensé des idées loufoques, comme la distribution des cadeaux de Noël absolument hasardeuse, ou les transports en commun à dos de dinosaure, ou l'invention du feu et du barbecue pour le même prix, l'absence d'antibiotiques, de montre ou de bureau (en gros, si tu attrapes la grippe, ben tu meurs ! En plus, tu n'as pas l'heure, tu es en retard au bureau... mais les bureaux n'existent pas !). Bref, il y a toute une série d'exemples ainsi repris et mis en scène. C'est très, TRES drôle. Si vous ne connaissiez pas encore, c'est l'occasion ! 

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Ou encore : Quand papa était petit, Batman, Superman et l'homme-araignée n'avaient pas encore les bons costumes. Comme musique, il n'y avait que le roc. Etc, etc. 

Quand papa était petit, y'avait des dinosaures - par Vincent Malone et André Bouchard (illustrations)
Seuil jeunesse, rééd. 2012. Collector. 

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02/02/12

“Is it better to have had a good thing and lost it, or never to have had it?”

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Hadley vient de louper son avion, à quatre minutes près. Elle doit à tout prix rejoindre son père à Londres, assister à son (re) mariage. Or, il apparaît très clairement que Hadley en veut énormément à son père de les avoir abandonnées, sa mère et elle. La jeune fille tente de se raccrocher à ses souvenirs d'enfance, à se rappeler tous les bons moments partagés ensemble, mais viennent -hélas- tous les instants plus compliqués, teintés de reproches muets, que l'adolescente a infligés à ses parents depuis leur séparation.

Dépitée, Hadley patiente donc pour le prochain vol et c'est ainsi qu'elle fait la rencontre d'Oliver, vêtu d'une chemise bleue saupoudrée de sucre. Il est de souche anglaise, il a un charme irrésistible, et un humour dont les anglais ont le mystère. Tous les deux vont engager la conversation, prendre le même avion et papoter, papoter... des heures durant. C'est évident qu'il se passe un truc entre eux, le lecteur en a bien conscience mais doit prendre son mal en patience. Et ce n'est pas plus mal, car finalement le roman n'est pas du tout ce qu'il prétend être !

En effet, ce roman m'a très sincèrement surprise ! Moi qui m'attendais à une romance gentille et adorable, j'ai finalement découvert une histoire plus profonde, plus attachante et plus bouleversante. De quoi me déconcerter au début de ma lecture. C'est seulement dans la deuxième partie où je me suis totalement sentie à l'aise, où j'ai adoré les répliques et les pensées des personnages, où j'ai été touchée par leur histoire aussi. Et cela ne se résume pas à  une simple rencontre dans un aéroport, cela parle plus précisément de nos liens avec nos familles, nos sentiments enfouis et nos rancunes tenaces, si difficiles à exprimer. Bref, ce livre prouve qu'il faut lâcher prise et savourer chaque seconde de la vie !

La probabilité statistique de l'amour au premier regard, par Jennifer E. Smith
Hachette jeunesse, 2012. Traduction de Frédérique Le Boucher. 

“Hadley grabs the laminated safety instructions from the seat pocket in front of her and frowns at the cartoon men and women who seem weirdly delighted to be bailing out of a series of cartoon planes. Beside her, Oliver stifles a laugh, and she glances up again. 
“What?” 
“I’ve just never seen anyone actually read one of those things before,” 
“Well,” she says, “then you’re very lucky to be sitting next to me.” 
“Just in general?” 
She grins. “Well, particularly in case of an emergency.” 
“Right,” he says. “I feel incredibly safe. When I’m knocked unconscious by my tray table during some sort of emergency landing, I can’t wait to see all five-foot-nothing of you carry me out of here.”

01/02/12

Jeu de loup

Le grand Philippe Jalbert est de retour avec une histoire de LOUP ! Un instant de lecture drôlissime. Oui, parce que c'est l'histoire d'un loup qui gambade dans la forêt enneigée alors que son ventre crie famine, mais vraiment, le loup a très, TRES faim. Heureusement la délicieuse odeur de son mets préféré vient effleurer ses narines, et le loup est soulagé. La chasse peut commencer ! C'est alors que l'histoire prend un tournant étonnant, dont Philippe Jalbert a particulièrement le don, le secret et le génie. Souvenez-vous, Podlapin : c'était lui ! A ce propos, suite aux retours sur cette lecture, il m'est permis de rassurer les parents échaudés quant à la morale de l'histoire. Cette fois, il s'agit tout simplement d'une lecture pour se faire peur, dans un grand éclat de rire. 

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Il y a une richesse dans le dessin et les détails pour entretenir le suspense, franchement c'est impressionnant. Le résultat est TOP ! Humour garanti. 

Jeu de loup, par Philippe Jalbert (éd. Thierry Magnier, 2012)

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