07/03/10

You're like Danny Zuko in Grease.

You smoke, you're in a gang, and you've dated the hottest bad girl around. Brittany is like Sandy ... a Sandy who'll never show up to school in a black leather jacket with a ciggie hangin' from her mouth. Give up the fantasy.

Oh. My. God.
Alejandro Fuentes. Encore un béguin à inscrire en top-list de mes modern Crush-worthies...

perfect_chemistry

Alex est d'origine mexicaine, il habite dans les quartiers sud de Fairfield et appartient au gang des Latino Blood, Brittany est la reine du lycée, capitaine des pom-pom girls, elle sort avec le quaterback vedette, blonde aux yeux bleus, c'est une poupée parfaite qui est adulée et admirée par tous. Entre eux, cela commence par un cours de chimie alors que leur professeur décide de les incrire comme partenaires de paillasse...

Calm down, guys ! Je vous vois bondir et froncer les sourcils, les poings en l'air, rhaaa toujours la même histoire. Nan, nan. Ici c'est à mille lieues des délicieuses niaiseries déjà lues. Brittany et Alex se détestent, se conforment à l'image que l'autre renvoie et se nourrissent des potins qui courent sans se soucier de leur véracité. Fairfield High School, ou ton univers impitoyable... avec ses clans, ses rôles à jouer, chacun à sa place, pas un pour sortir du rang, sinon c'est la guerre ou la mise en quarantaine.

C'est alors qu'Alex relève un défi lancé par un pote : réussir à coucher avec Brittany avant Thanksgiving. Brittany The Untouchable. Miss Perfecta. Le lecteur se gausse, croit connaître le scénario et se frotte les mains. En fait, l'histoire nous apprendra qu'il ne faut pas se fier aux apparences et qu'on pourrait se voir en boucher un coin plus d'une fois !

J'ai tout simplement adoré. Le jeu de séduction, le caractère des deux protagonistes, la superbe de Brittany qui dissimule des blessures secrètes, et parallèlement le poids qui pèse sur les épaules d'Alex, lequel est un foutu bad boy par excellence, hmm...  Et jamais, jamais leur histoire ne sombre dans la mièvrerie, c'est tout de suite intense, passionné et passionnel, ça s'envoie les pires vannes en pleine figure, ça s'aime et se déchire au même tempo. Apportez-moi mes sels, j'ai comme une faiblesse.

Le roman mêle beaucoup l'humour à la tension dramatique, c'est l'effet de se dire ça reste léger mais le problème n'en demeure pas moins entier : l'appartenance au gang, par exemple. C'était un sujet qui me rebutait au début, et puis finalement c'est indéniablement le piment du livre. (En plus de la tension sexuelle, ne nous mentons pas !) Il y a aussi le fait d'être piégés par une image ou une attente, Alex et Brittany en sont les deux représentants, et pas un ne peut prétendre avoir remporté la palme du sort le plus pitoyable. C'est ce qui d'ailleurs finira par les rapprocher, la vérité derrière la façade...

Enfin, enfin, la bonne nouvelle maintenant, ce roman n'est pas disponible en français. Aucune information quant à une éventuelle traduction ou parution prochaine (ne nous leurrons pas). C'est tant pis pour ceux qui ne peuvent s'y coller en anglais, je suis désolée pour vous, c'est louper un grand moment de swoushitude puissance 10. (Clin d'oeil à my little g.)

Quelques films auxquels le lecteur songera : West Side Story, The Outsiders, Grease, Sexy Dance, Dirty Dancing, Mean Girls ...

Perfect Chemistry ~ Simone Elkeles
Walker Publishing Company, 2009 - 360 pages.

challenge Lire en VO - 12

LireEnVo

 


04/03/10

Mine, tu crois que trop ressembler à ses parents, ça rend malheureux ?

Deux récentes lectures viennent se télescoper dans ma tête, avec leurs petites phrases qui cherchent à se brusquer les unes et les autres, des questions d'une part, des réponses de l'autre, c'est un peu le bazar mais ça me force à réfléchir et à discuter longuement avec ma propre demoiselle de fille. Nous parlons de notre relation, de notre lien qui est considéré par beaucoup comme fusionnel, et ce lien entre nous fait peur, moi la première. Je sens qu'il faut qu'entre elle et moi nous devons apprendre à nous détacher, à mieux nous séparer, à nous aimer autrement. Disons, je ne suis pas non plus comme la maman de Marcia, qui étouffe son enfant, qui copie-colle ses goûts, son style et son parfum pour n'être plus qu'une. J'additionne nos différences, certes ma fille est aussi façonnée à mon image, mais comme le souligne Clarika, c'est moi en mieux. Cette bafouille n'a nulle vocation nombriliste, ce sont juste quelques mots qui découlent de mes lectures, donc.

les_anglaisesPour commencer, j'ai terminé le nouveau roman de Marie Chartres, à la jolie couverture rouge, et qui porte le titre facétieux : Les anglaises. En référence aux boucles folles, à cette chevelure sauvage et indomptable qu'a la petite Suzie, presque dix ans. J'ai d'ailleurs aimé y retrouver une petite fille qui avait le même âge que la mienne, c'était comme me dire, alors ça fonctionne comme ça une bestiole de cet âge... Bref. L'histoire de Suzie commence par un terrible constat : on lui a menti. Elle a forcément été adoptée. Pourquoi, comment. On ne le sait pas tout de suite. Et ce sont en tout seize lettres qu'elle adresse à Mine, probablement sa véritable mère, qui l'aurait abandonnée. Tout au long du roman, Suzie se remet en question, se juge dans les miroirs et juge aussi ses parents, elle devient farouche, renfermée, elle fait la tête et veut même se venger sur la vendeuse à la queue de cheval. On n'imagine pas à quel point ça se bouscule dans la caboche d'une fillette de cet âge, pourquoi ses folles anglaises lui mènent la vie dure. C'est dit, la vie n'est décidément qu'une sombre affaire capillaire. Dans le roman, on découvre aussi Marcia, j'en parlais ci-dessus, et c'est la meilleure amie de Suzie. Elle vit seule avec sa maman qui la couve trop. Et lorsque Marcia tombe malade, tout se complique. Suzie elle-même va plonger, elle se sentira plus perdue que jamais, jusqu'à l'arrivée de Tante Odile et son fer à lisser. C'est une merveilleuse petite histoire qui parle d'identité et de personnalité, d'indépendance et de reconnaissance, et aussi de ce que l'on voit avec les yeux ou le coeur, ce qu'on souffre de ne pas dire et ce qu'on entend parfaitement dans les silences... Beaucoup d'intelligence et de sensibilité derrière ce parcours d'une fillette qui ne manque pas d'imagination, mais qui justement va s'en servir pour comprendre ce qu'elle n'arrive pas à expliquer, et permettre ainsi à mieux cerner la vérité qui ne se voit pas toujours dans les miroirs.

Et parce que j'adore ce passage (entre autres) ...

La première fois que je l'ai vue, ce sont ses cheveux qui m'ont sauté au visage. Mine, ça ressemblait à une attaque orange. Elle est rousse, tellement rousse : je suis persuadée que, si les gens dans l'univers entier n'arrivaient plus à connaître la signification des mots, tous au même moment, et devaient tout réapprendre, eh bien, le monsieur chargé d'inventer le dictionnaire mettrait la photo de Marcia face à ce mot de six lettres et tout le monde comprendrait, c'est sûr.
Ce serait lumineux, comme définition.

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2010 - 100 pages - 8,50€
illustration de couverture : Gwen le Gac

L'autre roman est le coup de coeur du moment de mademoiselle ma fille, nous l'avons lu ensemble, tandis qu'elle s'extasiait et s'emballait en tournant les pages comme une folle, j'avais un avis plus réservé. J'ai bien aimé ce livre, mais je pense que c'est davantage pour l'enthousiasme qu'il a su susciter chez ma jeune lectrice.

ma_mere_est_une_etoileMa mère est une étoile, roman de Marie Leymarie, raconte une autre relation très fusionnelle entre une mère et sa fille. Allons donc. Laurie vit seule avec sa maman qui est danseuse à l'Opéra. C'est une femme précieuse, raffinée, qui consacre l'essentiel de sa vie et de son temps à sa passion, et à sa fille. Celle-ci est éperdue d'admiration, tout ce que dit, pense ou vit sa mère est le modèle absolu. Laurie calque sa propre existence sur celle de sa mère, le cerclé est fermé, on parle même d'un père qui serait parti aux Etats-Unis en ne voulant jamais connaître sa fille. Aucune place pour un élément extérieur, c'est vif et tranchant. Or, Laurie voit d'un très mauvais oeil la nouvelle liaison de sa mère avec le père d'un copain. D'abord elle n'y croit pas, puis elle se fâche, elle fait un tas de reproches (muets) à sa mère, elle trouve le couple mal assorti, elle ne cesse de critiquer cet homme, refuse de partir en vacances avec lui ou de manger au restaurant s'il s'y trouve. L'attitude de Laurie relève du pur égoïsme, jusqu'à ce qu'on comprenne que ce n'est pas totalement sa faute non plus. Elle a été élevée dans l'ombre d'une mère qui elle-même s'est façonnée une image de faïence et qui s'est entourée de barricades lorsque cela l'arrangeait. L'histoire de Laurie nous raconte la difficulté de grandir et de voler de ses propres ailes, de s'accepter telle qu'on est, sans se référer à quelqu'un d'autre. Laurie comprend qu'elle doit cesser de protéger sa mère et oser mener enfin une vie qui soit vraiment la sienne. En réussissant ce pari, elle se sentira mieux dans sa peau et acceptera aussi l'amour des autres. La fin est ouverte, mais il a fallu que je l'explique à ma demoiselle de fille.

Ce fut intéressant de voir qu'à travers cette lecture, deux regards se sont penchés. Et une discussion a suivi...

Tempo, coll. de Syros, 2009 - 128 pages - 5,90€
illustration : Ilya Green

dès 9-10 ans !

 

03/03/10

Je lis aussi des Albums ! #5

Un conte ! Pour changer...

frere_lune_et_soeur_soleilFrère Lune et Soeur Soleil est un conte très populaire de Corée, qui nous apprend les origines de la lune et du soleil. L'histoire se rapproche du Loup et des sept chevreaux, avec une pincée du Petit chaperon rouge. En effet, une maman très pauvre part travailler tous les jours et recommande à ses enfants de ne pas ouvrir la porte car le tigre rôde dans la montagne. Or, la bête croise la route de la maman et lui pique ses galettes une par une, avant de la dévorer. Aussitôt, il revêt les vêtements de la pauvre femme et se rend chez elle où les enfants ne reconnaissent ni la voix ni la main de leur mère. Et pourtant, ils le laissent entrer dans la maison. Petit Frère et Petite Soeur décident de se sauver, en se cachant dans l'arbre, et appelle à l'aide le ciel...
Ce que j'ai apprécié dans cet album, outre l'allure du tigre qui me paraissait comique et à peine terrifiante, c'est bien sûr la pointe d'espièglerie dans le texte, en plus des illustrations qui reposent sur la technique de la gravure sur bois, réhaussée de couleurs à l'aquarelle. La fin, par contre, me laisse songeuse...
Un bel ensemble, très sobre et de facture classique. A conseiller aux amateurs de contes et à ceux qui aiment voyager à travers les histoires.
(Le Sorbier, 2010 - 13,50€)

On change de registre !

Kattie est une chipie ! Elle a peut-être les plus belles pattes blanches, les plus beaux yeux (couleur vert pomme !), c'est tout de même une chipie. Dès qu'elle voit Splat, elle lui tire l'oreille, lui tape le ventre, lui noue la queue et lui dit qu'il sent mauvais. Ce n'est pas gentil, d'autant plus que Splat l'aime beaucoup (encore plus que la glace à la sardine !).
Alors pourquoi elle fait ça ?
Son ami Harry Souris ne comprend pas non plus.
Le jour de la Saint Valentin, Splat a écrit une belle carte pour sa douce. Or, il y a un sérieux concurrent sur les rangs. Et notre Splat est encore plus démoralisé.
Autant abdiquer de suite pour conquérir le coeur de sa dulcinée...
C'était sans savoir le proverbe : qui aime bien, châtie bien ! Courage Splat !  A toi, bientôt, la langue en caramel mou, les pattes qui flageolent comme de la gelée et le ventre qui gargouille fort...

splat_est_amoureux

Comme moi, Lael a aussi trouvé cet album ADORABLE ! Fantastique Rob Scotton, après Russell le mouton, voici un autre sympathique héros de papier ! Joli coup au coeur.
(Nathan, 2010 - 12,90€) Existe également Splat le chat.

 

 

 

Un petit dernier pour la route ?

Dans toutes les histoires,  les belles-mères sont des créatures abominables.
Alors, quand le papa de Léa lui annonce qu'il a une nouvelle copine, c'est la panique !
Paulette = une sorcière qui aurait ensorcelé son papa.
C'est pourtant évident !!!
Mille prudences donc sur le gâteau (peut-être est-il empoisonné), sur la promenade au zoo (peut-être la donnera-t-elle à manger aux lions), et le soir après la garderie (peut-être va-t-elle la perdre exprès), ou lorsqu'elle vient s'installer chez eux (peut-être lui donnera-t-elle toutes les corvées à faire).
Comme dans Cendrillon !
Au fur et à mesure, la belle-mère se révèle bonne cuisinière, gentille, prévenante, bref pas abominable du tout ! Et Léa ne la trouve plus si effrayante, ni dangereuse.
Voilà un charmant album qui traite avec humour de la situation délicate d'accepter une nouvelle personne au sein de son cercle fermé, en l'occurence accepter une belle-mère ! ...
(Mon abominable belle-mère, Catherine Lepage. Les 400 Coups, 2009 - 10€)

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Une lecture à rapprocher avec Ma super famille de Gwendoline Raisson et Magali Le Huche + Le jeu de cette famille d' Annie Agopian et Claire Franek.

Morgan nous en offre un joli aperçu.

challenge Je lis aussi des albums - 11

challenge2jelisaussidesalbums

 

02/03/10

Crac !... Le bruit est à peine audible, mais il réveille tout le monde.

J'ai très souvent croisé la série d'Yves Grevet sans jamais oser lui accorder une minute de mon précieux temps, j'avais très envie de m'y plonger, la couverture illustrée par Thomas Ehretsmann ne me laissait pas indifférente, je ne la trouve pas particulièrement belle mais elle m'incite à m'interroger sur ce que cela cache, et quoi de mieux pour entraîner le lecteur vers un sentier qu'on n'ose pas souvent emprunter, si ce n'est le sens de l'aventure et un zest de curiosité.

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Mine de rien, Méto est une série qui a fait son petit bout de chemin. Le premier tome a été honoré du prix Tam-Tam Je Bouquine en 2008, et les lecteurs émettent tous des avis très positifs. J'avais envie, plus qu'envie. Et comme toujours, dans pareil cas, je traîne les pieds. Allez comprendre.

Trêve de blabla. Je me suis donc jetée dans le grand bassin et je remonte tout doucement à la surface, en scrutant l'horizon car j'attends la sortie imminente du tome 3. Voilà ce qui est bien avec cette série, c'est une trilogie et les trois tomes sont déjà disponibles (soit, le troisième sera là dans quelques jours). Pas la peine de s'arracher les cheveux de la tête, vous pouvez enchaîner la lecture tome après tome en vous pourléchant.

De toute façon, c'est préférable : une fois lancés dans le premier livre, vous n'avez qu'un désir en souhaitant lire la suite aussitôt (prévoyez donc vos achats, ne vous faites pas avoir sous peine de grosse frustration !).

Mais de quoi ça parle, dis-moi Clarabel ?  Han han. En fait, je n'ai PAS DU TOUT envie de vous raconter l'histoire. Moins vous en savez, et mieux c'est.

OK. Parce que je suis une gentille fille, je vous glisserai ces quelques mots : Une Maison sur une île, une soixantaine d'enfants, tous distincts selon des rubans de couleur, avec la trouille du crac (le lit ou le ruban), parce que qu'est-ce qu'il se passe après ? Dans cette Maison, les règles sont strictes, les repas pris à heure fixe selon un rituel établi, les corvées ne manquent pas, les enfants doivent se dépenser physiquement en pratiquant du sport et suivent des cours sur la culture de la pomme de terre ou la chaudière (tout un programme !).

Le reste, c'est suspense. Mystère et boules de gomme.

Allez, allez... je vous garantis que vous allez être scotchés et que vous lirez les trois tomes sous moufter. Prenez le temps de respirer, fermez un peu cette bouche béante, vous risquez de baver.

Bonne lecture !

Méto, une série écrite par Yves Grevet
Syros, 246 pages.
Tome 1 : La Maison  (2008)
Tome 2 : L'île (2009)
Tome 3 : Le Monde (2010)

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Et un petit extrait :

- Tu dois compter jusqu'à 120 avant de toucher tes couverts et laisser un espace de cinquante secondes entre deux bouchées. A part cela, tu peux manger autant que tu veux dans la limite du temps imparti pour le repas.
J'entends Crassus qui respire fort près de moi. Il a les yeux dans le vague et semble perdu.
- Ecoute les petits qui comptent à voix basse...
- 115... 116... 117... 118... 119... 120...
Crassus est surpris par le bruit que font... d'un coup soixante-quatre mains qui empoignent une fourchette. Quelques secondes plus tard, il me regarde en mâchant. On n'entend presque plus rien. Bientôt, on perçoit de nouveau la voix de petits qui égrènent 46... 47... 48... 49... 50... Moi, il y a longtemps que je ne compte plus. Je sens, à chaque fois, le moment exact où je peux piquer ma fourchette. Crassus mange jusqu'à la dernière seconde. Il a planté soixante-douze fois : le maximum. Je le sens fatigué soudain, sans doute le stress que génère, au début, ce rituel du repas. J'ai oublié de lui dire que c'est dangereux de manger trop, surtout après avoir connu la faim comme lui, mais à quoi bon ? M'aurait-il entendu ?
Nous nous levons. Je le soutiens un peu. Marcus me frôle.
- Surveille-le, il ne dois pas vomir.
- Je sais.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? demande Cassus.
- Rien. Je te propose de faire une petite promenade pour t'aider à digérer. Tu es trop lourd pour aller jouer.
- On va où ?
- Au phare. De là-haut, on peut voir toute l'île. Il y a beaucoup d'escaliers, mais on va y grimper doucement.
- J'ai un peu mal au ventre.
- Si ça ne va pas, parle-moi. Evitons les catastrophes.

 

 

Merci beaucoup Anne !

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01/03/10

"Je suis désolée." Tels sont ces mots.

Et chaque fois que j'entendrai quelqu'un dire qu'il est désolé, je ne pourrai m'empêcher de penser à elle.

Voilà un très, très bon roman que je vous conseille vivement de découvrir. Il vous donnera le sentiment de plonger en apnée, de lire jusqu'à n'en plus pouvoir pour arriver aux dernières pages et connaître tous les secrets d'Hannah Baker.
Avant de se donner la mort, cette demoiselle a enregistré son histoire sur 7 cassettes, destinées à 13 personnes. Toutes sont liées au drame d'Hannah, "elle est morte pour 13 raisons, tu es l'une d'elles" dit la couverture.  Et c'est parfaitement bien résumé. Clay Jensen, le narrateur, figure sur la liste. Il ne sait pas encore pourquoi, il était fou amoureux d'Hannah, et puis...
La lecture vous absorbe immédiatement, vous place au début dans la délicate position du voyeur, avec ce méchant sentiment de ne pas comprendre, de trouver le principe tordu et dérangeant. Qu'importe les motivations... celles-ci nous apparaissent évidentes au fil des pages. Ce n'est plus du malaise qu'on éprouve, mais de l'empathie, du chagrin, de la révolte, de l'impuissance aussi. Fatalement. C'est ce qui est admirablement exprimé, à travers la lecture croisée de Clay en train d'écouter via un walk-man la confession de celle qu'il aimait secrètement. Un sentiment, donc, de date dépassée, d'arrivée tardive et, en sus, un gros et pesant poids qui vous tombe dans le ventre.
Du gâchis aussi.
C'est ce que je me disais, en ne quittant pas des yeux ce livre, en tournant les pages avec fébrilité et en pestant contre ce qu'on nomme banalement l'effet boule de neige.
Hannah Baker a emménagé dans une nouvelle ville, a fait son entrée dans un nouveau lycée et a été la cible des rumeurs les plus folles. On n'imagine pas à quel point un petit bout de ceci ajouté à un morceau de cela peut prendre une proportion infernale, jusqu'à ce que la machine se mette en branle et actionne un processus de démolition. Ce n'est jamais la faute de personne, mais l'histoire d'Hannah prouve qu'on porte tous une petite responsabilité quelque part.
Ce livre est vraiment poignant et déclenche mille émotions. Ce n'est pas une façon détournée d'accuser, après tout Hannah assume aussi ses propres erreurs, c'est un constat juste et sans appel qui renvoie chacun dans ses petits papiers. Après cela, vous ne vous sentirez plus de la même façon.
Bon pour un coeur gros et la tête sonnée.
Vous n'imaginez pas à quel point... 

« Treize Raisons est un mystère, une apologie, une cérémonie. Je sais que, dans les années à venir, je reviendrai souvent à ce livre. »
Sherman Alexie, auteur du Premier qui pleure a perdu.

*

Traduction française de Nathalie Peronny

Treize Raisons / Jay Asher

Albin Michel, coll. Wiz, Mars 2010

treize_raisons

 

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28/02/10

Je suis devenue invisible.

(...) Je me déplace sans bruit, comme un fantôme. Invisible à l'oeil nu. Et quand j'attaque, c'est fulgurant. Tu pourrais recevoir un coup mortel sans jamais savoir qui t'a tué.
Mais je ne dégainerai pas mon épée contre toi. Parce que tuer sans raison, de sang-froid, est contraire au bushi, le code des samouraïs.
Et je suis un samouraï.

Ceci signe le lancement d'une excellente série, avec deux tomes déjà disponibles :

les_filles_du_samourai_1      les_filles_du_samoura_2

Les filles du Samouraï de Maya Snow : 1. La Trahison  2. Le Guet-Apens.

Et j'ai tout simplement adoré !
C'est une histoire qui vous transporte au 13° siècle, au Japon. Les deux héroïnes, Kimi et Hana, sont les filles du Jito, élevées dans la tradition pour devenir des demoiselles accomplies, bien qu'elles rêvent avant tout de devenir des samouraïs. Du fait de leur sexe et de leur rang, c'est une chose impossible, mais leur père, sur la bonne foi de savoir ses filles prêtes à se défendre en toutes circonstances, a toléré qu'elles s'entraînent avec des armes d'homme, aussi n'est-il pas étonnant de voir Kimi et Hana manier l'épée avec une grande dextérité.
Beaucoup de bonheur, de richesse et de sérénité baignent chez les Yamamoto, mais tout sera balayé en une soirée.
Kimi et Hana doivent fuir et se refugient dans la forêt avant de tenter leur chance dans une école de samouraïs tenue par Maître Goku. Elles masquent leur réelle identité et se font passer pour des paysans. A défaut d'être acceptées pour élèves, les soeurs sont reçues pour devenir des serviteurs.
La vie au dojo leur offre un havre de paix temporaire, le temps de se former et d'asseoir leurs maigres acquis, elles vont aussi mijoter un plan pour retrouver le reste de leur famille et laver l'honneur des Yamamoto, qui a été souillé par une haute trahison.

C'est une série que j'ai découvert avec grand plaisir. Une série où se mêle la richesse de la culture japonaise, à travers les arts martiaux, les samouraïs et les ninja, mais aussi qui révèle l'importance des castes sociales, l'éducation des plus nobles à travers les cérémonies du thé, la danse et la calligraphie, et puis le code de l'honneur des samouraïs, le bushi.
Respect et tradition, à première vue, mais pas seulement.

L'histoire nous montre le tourment des ambitions politiques, des complots et des trahisons, les soeurs ne vivent plus dans la douce illusion de confort et de paix. La belle époque est révolue, les héroïnes, loin d'être des pleurnicheuses, sont fortes et courageuses et ont vite fait le deuil de leur cocon.

La lecture se révèle parfaitement réjouissante, j'ai même dévoré les deux tomes à la suite, je me suis régalée. C'est plus enfantin que Le clan des Otori, car cela peut se destiner aux lecteurs dès 11 ans, mais c'est aussi une passionnante série qui ne fait pas dans la dentelle (les combats sont assez sanguinaires). Il y a beaucoup d'action, le récit oscille entre un tempo classieux et le rythme trépidant, dans le tome 2, par exemple, l'aventure ne faiblit pas un seul instant. Nous suivons les soeurs accompagnées de leur ami Tatsuya, la province est au bord de l'implosion, on ne compte plus les ennemis, mais heureusement des alliés inattendus font aussi leur apparition. Si le lecteur peut, a priori, reprocher un certain manque de style et quelques maladresses, il ne boudera pas longtemps son plaisir. C'est une très bonne série, qui aura à coeur de nous étonner encore et toujours.

Il s'agit d'une tétralogie. Le tome 3 doit prochainement paraître.

 

Traduction française de Alice Marchand

illustration de couverture : Brandon Dorman

Flammarion, 2009

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27/02/10

Nos français qui s'exportent !

... 

               

        wintersendcombat_d_hiver

Jean-Claude Mourlevat : Le Combat d'Hiver  -) Winter's End

mangez_moi     chez_moi

Agnès Desarthe -  Mangez-moi  -)  Chez moi

  larmes_de_lassassinthe_killers_tears

Anne-Laure Bondoux - Les Larmes de l'Assassin  -) The Killer's Tears

 

 

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lectures du mois #2

j'aime le mois de février parce qu'il ne compte que 28 jours, parce que ça donne l'impression qu'il faut très vite passer au chapitre suivant, ce qui signifie basta l'hiver, basta la saison triste, grise, glaciale et pluvieuse, il faut des jours nouveaux, un souffle printanier... encore un mois et ça sera bon !

qu'est-ce que je garde en souvenir de ce mois de février ? pas grand-chose. j'ai été beaucoup occupée, donc éloignée du blog et de mes lectures... et puis, je suis branchée sur une autre planète, me sens parfois et souvent déconnectée, ce qui ne m'empêche pas de belles rencontres.

en février j'ai donc aimé :

  • 7hu2U4T6Co6phmbl6ggZsQWro1_400le final de Shiver, le roman de Maggie Stiefvater,  juste ohlala et trop argh  [#]
  • City of Glass, la série de Cassandra Clare, qui m'a pompé toute mon énergie  [#]
  • Métal Mélodie de Maryvonne Rippert, roman qui m'interroge et me remet en question (pour un bien)  [#]
  • Intruse de Nicolas Jaillet, une lecture virevoltante, pleine de fraîcheur, j'en avais besoin à ce moment-là [#]
  • Aggie change de vie, de Malika Ferdjoukh, beaucoup trop court !  [#]
  • La forêt des Damnés, Carrie Ryan  [#] ... qui mérite une lecture attentive et passionnée, selon Sophie Pilaire, et je suis bien d'accord !
  • Suite Scarlett, de Maureen Johnson, parce que petite bulle légère  [#]
  • Un endroit où se cacher, de JCO, même si ce ne fut pas toujours facile [#]

et le concert de clarika, qui m'en a mis plein les yeux, les oreilles et le coeur, c'est une artiste qui se révèle sur scène, c'est puissant, tour à tour charmeuse et bavarde, drôle, sensible et sincère, une très belle soirée, oh oui ! sinon, quelques-unes des musiques du mois, toutes associées à des instants de lecture...

ce mois-ci, j'ai aussi craqué pour un nouveau parfum... juste parce que cela m'était prédestiné :

scarlett_cacharel

(en avance ! ...)

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mangamaniac #9

The Prince and I

private_prince_kaze_manga_3Le défi Moi-s-Manga n'est plus d'actualité, mais il n'est jamais trop tard pour vous parler de mes dernières lectures de manga, et là je suis sourire gaga jusqu'aux oreilles, je viens de lire le tome 3 de Private Prince quand, emportée dans mon élan, j'ai cherché sur le net les scans en anglais des deux tomes suivants. (La série est effectivement bouclée en 5 volumes, actuellement en cours de traduction.)

J'ai donc tout lu, je connais la fin, et j'ai aimé, j'ai rigolé, j'ai senti battre mon coeur un peu fort, j'avais parfois honte, qu'importe, j'ai pris beaucoup de plaisir. Je continue de penser que c'est 100% cocasse et bêta, haussement d'épaules, j'assume la midinette en moi. Et puis, c'est un vrai, un bon, un gros, un adorable conte de prince et princesse. Oh oui.

Cela commence par il était une fois... un jeune prince qui débarque de son royaume au Japon, où il s'inscrit à l'université pour apprendre les moeurs et coutumes d'un pays étranger, lequel est aussi celui de son ancêtre, une princesse japonaise qui fait l'objet d'étude du mémoire de Miyako, notre héroïne. Cette dernière est, comme on pourrait la décrire, un vrai rat de bibliothèque, elle bûche tout le temps, elle vit dans ses livres, elle ambitionne d'être chercheur et se bat contre sa mère qui veut qu'elle reprenne le ryokan familial. L'amour, basta ! Miyako n'est pas franchement sexy, mais sous ses tenues se cache un corps de pin-up, ce n'est pas moi qui m'emballe, mais l'idée farfelue de la mangaka. En effet, le prince Will est un fétichiste des fortes poitrines. Lorsqu'il croise pour la première fois Miyako, il n'a d'yeux que pour son décolleté vertigineux ! Cette rencontre est aussi l'occasion de situations délirantes, limite vicieuses, mais heureusement tout se lisse par la suite.

Donc, Will a connaissance du projet de Miyako (obtenir des documents importants qui parlent de son ancêtre) mais en échange il compte abuser de son autorité et rend complètement folle notre étudiante !!! Au cours des cinq tomes, leur relation ne cesse d'évoluer, c'est très drôle, mêlé à beaucoup de tendresse, de romantisme et de quelques coups de canif. Au final, il en reste une adorable histoire d'amour où tout se termine bien (ça reste un shôjo !), c'est un conte, une histoire de prince et princesse, avec tout le tralala. (Seul détail qui casse le mythe des amants qui se contemplent dans le blanc des yeux, ici notre couple consomme et croque la pomme avec gourmandise !). Yep.

Et puis, le prince Will est vraiment très sexy. Est-ce un argument ?  private_prince_v04_ch17_p024

(clic pour voir plus grand)

 

Autre série déjà présentée par le tome 1 et que j'ai envie d'évoquer à nouveau...  Switch Girl !

switch_girl_2Amis de la poésie, bonjour. Vous attendiez du glamour, des émotions, des mamours ? Passez votre chemin. Ici, place à la dérision, au second degré, à l'humour cash et graveleux, aux détails parfois crasseux, mais sans jamais tomber dans le mauvais goût non plus. Cette série est irrésistible ! Qu'est-ce que j'ai pu rigoler (5 tomes lus à la suite, s'il vous plaît !).

Nika est une héroïne très populaire dans son lycée, elle dégage une image bon chic bon genre qui passe pour être le modèle d'un grand nombre de jeunes filles. Or, côté off, c'est une nana méconnaissable avec look de mémère et attitude vulgaire. Ce serait le drame si cela venait à se savoir, aussi Nika veille scrupuleusement à protéger son secret.

Hélas, elle s'est grillée auprès de son voisin, Arata, qui est également nouveau au lycée. Cependant, elle sait qu'il ne dira rien car lui-même se cache sous un déguisement qui l'enlaidit (alors qu'il est d'une beauté indécente), sous prétexte qu'il ne veut pas être exposé.  C'était sans se douter que la tornade Nika allait tout bouleverser dans sa petite vie solitaire : elle n'en loupe pas une, de situations tordues aux scènes qui frisent la catastrophe nucléaire, aux rencontres impromptues à ses explosions de colère, et toujours besoin de sauver le monde et de sauver sa peau aussi ! Sa réputation, coûte que coûte. Personne ne doit savoir qu'elle est une switch girl.

Nika et aussi excessive et exubérante que Arata se révèle froid et renfermé. Mais les deux font la paire. Et de fil en aiguille, ces deux-là vont tomber amoureux. La jeune fille va devoir ramer pour le faire sortir de sa réserve, alors que le lecteur a déjà deviné qu'il en pinçait aussi pour elle. C'est bateau, meuh c'est mignon ! Je crois me souvenir que ça dure le temps de deux ou trois tomes, et puis zou...

switch_girl_5En fait, l'intérêt de cette série ne réside pas exclusivement dans l'intrigue amoureuse. On craque pour le couple, forcément, mais c'est encore plus drôle de s'attarder sur ce qu'il se passe à côté. Le grain de folie est partout, la famille de Nika qui est experte dans l'art de manger le plus de produits chers servis dans un buffet à volonté, ou la meilleure ennemie Queen Guenon, redoutable pour les plans foireux, Binoclard aussi, qui est un très bon élève de leur classe et qui est totalement subjugué par Arata (au début il est très discret mais il revient de plus en plus au fil des tomes), et bien sûr, Masamune et monsieur Someya, qui sont là pour séparer le petit couple et qui finalement prennent leurs aises et s'installent au fil des tomes... Tant mieux, car ils cassent la routine en relançant par des piques charmantes la série.

L'histoire de ce manga, en gros, c'est de savoir jusqu'où Nika va pouvoir préserver son image et ainsi rire aux pitreries que suscite son attitude de switch girl. C'est tout un mode de vie, croyez-moi ! Au fond, c'est purement débile. Qu'importe, j'adore l'humour trash et les situations délirantes de cette série !

(Série en cours, actuellement 11 tomes sont sortis au Japon contre 6 traduits en France.) (1er tome à découvrir en anglais ici)

 

Posté par clarabel76 à 11:15:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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mangamaniac #8

moi_s_mangas

Moi-s-Manga, acte II.

Au programme : des suites, des nouveaux tomes, du bon, du moins bon, des étoiles, des papillons, du manga, quoi !

Twinkle Stars (le chant des étoiles), t.2

twinkle_stars_2J'ai toujours du mal à me prononcer sur cette série, l'histoire est étrange et mystérieuse, centrée sur la personnalité troublante de Chihiro. Ce garçon a surgi dans la vie de Sakuya en s'inscrustant pour son anniversaire, puis s'est évaporé. Ensuite, Chihiro a révélé un autre visage :  froid, distant, affirmant la détester et ne voulant plus jamais la revoir. Ce sera difficile car il vient d'intégrer sa classe, le voir tous les jours pose des problèmes à Sakuya qui se sent extrêmement mal à l'aise et qui est en droit, aussi, d'avoir des réponses à ses nombreuses questions. Au lieu de ça, Chihiro continue de la snober... jusqu'au jour où Sakuya, en train de tenir son discours pour son club des étoiles, se ridiculise devant tous et perd ses moyens, Chihiro intervient et la prend dans ses bras !
Hiiiii.... Semblant de palpitation intense chez le lecteur.
Mais vient le seau d'eau (froide) !
Pfff. Je ne comprends rien, pourquoi Chihiro agit de cette façon, c'est quoi cette girouette, qu'est-ce qu'il cache. De son côté, Sakuya est quelque part émouvante : elle se sent gonflée d'un optimisme étincellant, son coeur bat pour Chihiro, elle a confiance et reste persuadée qu'il viendra vers elle, les mots doux en plus. Elle sait qu'il ne faut pas le brusquer, elle prend donc son mal en patience. Mais qu'est-ce que c'est dur !!! J'éprouve de la pitié pour elle, Chihiro est tellement blessant et odieux, comment peut-elle autant encaisser et garder le sourire.
L'histoire, qu'on nous présente comme poétique, intimiste et drôle, est avant tout déconcertante. J'ai du mal, beaucoup de mal. C'est très lent, je ne suis pas particulièrement fan, j'ai besoin de pistes, d'indices.... besoin de savoir sur quel pied danser ! 

Sweet Relax t.1

sweet_relax_1Mon verdict : sympa, mais sans plus.
Cela casse l'ambiance, tant pis. Ou si vous êtes accro aux massages shiatsu, n'attendez pas, ce manga est fait pour vous. C'est également vendu comme un manga rempli de bonne humeur, mais aussi bourré d’informations pour se sentir bien dans son corps. Si j'avais su...
Bref. Chiaki est élève de seconde, incrite au club de massage de son école, c'est même la plus douée de sa promotion, les élèves se battent pour recevoir des massages gratis de sa part, en échange la jeune fille s'éclate, c'est sa passion, elle rêve d'en faire son métier. Seul Yôsuke, le garçon le plus populaire de l'école, fait barrage et refuse que la demoiselle le touche. Ou à une seule condition : il faut qu'elle craque pour lui. Traduction : qu'elle tombe amoureuse. Mais en fait, le garçon cherche à venger son petit frère qui s'est fait larguer par Chiaki Tôgû, présentée comme une peste qui l'a fait horriblement souffrir, sans savoir que la vipère en question est la soeur jumelle, Saya, qui prend un malin plaisir à se faire passer pour une autre.
L'histoire est platounette, pas follement excitante, mais c'est beau de voir le garçon fondre pour celle qu'il pensait détester. C'est une relation mielleuse et dégoulinante de guimauve, le garçon a quand même un caractère de cochon, mais l'histoire est brouillonne, ça vole dans tous les coins, et puis on ne traite essentiellement que de massage, de façon délirante, certes, mais aussi ultra détaillée. Disons qu'il n'est pas dit que des âneries là-dedans !
Dernière chose, je n'ai pas aimé les dessins ! Je ne pense pas lire la suite...

My first love, tomes 3, 4 & 5

myfirstlove3J'aime de plus en plus cette série ! Les couvertures ne sont pas forcément réussies, mais les illustrations à l'intérieur sont beaucoup mieux. J'ai déjà évoqué l'histoire, un petit rappel ne fera pas de mal. Mayu et Takuma se connaissent depuis l'enfance, ils se sont promis un amour sans limite avec mariage lorsqu'ils auraient vingt ans. Hélas, Takuma est atteint d'une maladie cardiaque, les médecins pensent qu'il lui reste peu de temps à vivre. L'un et l'autre vont alors commettre beaucoup de bêtises en pensant protéger l'autre, Mayu veut entourer Takuma, lui prouver son amour, être à ses côtés le plus possible tandis que le garçon recule et la repousse estimant que cela pourrait l'aider à tourner la page pour éviter d'être malheureuse après sa mort. Il va même revoir une autre fille, Teru, avec laquelle il va prétendre sortir. Mayu aura le coeur brisé, continuera de s'accrocher à lui, avant de se rendre à l'évidence, de s'oublier dans les bras d'un autre etc.  Aaaargh, cette histoire déchire le coeur mais c'est vraiment bien.
Au début, ils sont encore jeunes, ils ont douze, treize ans. Leur attitude est un mélange d'enfantillages et de maturité précoce. La maladie complique tout, elle les précipite aussi à agir différemment de ce qu'on attend de personnages de cet âge. Et puis, au tome 5 Takuma et Mayu ont dix-sept ans. Et c'est toujours bizarre entre eux, à l'instar de leur entourage, le lecteur sait qu'ils sont faits l'un pour l'autre, donc c'est frustrant de les voir se faire autant de mal, de perdre du temps bêtement.
Mais sans cela, ce serait trop facile et plat. La série est bouclée en 12 tomes, je m'accroche sans souci car je suis à cran pour tout un tas de raison et j'aime ce que je ressens. On parle de sujets très sensibles, comme un amour d'enfant peut-il être sérieux ? Ou est-il sérieux d'aimer lorsqu'on se sait condamné ? Et plus encore.
J'aime vraiment beaucoup.

myfirstlove4   myfirstlove5 

Prix Shogakukan du meilleur shojo en 2007 !

 

 

Posté par clarabel76 à 11:00:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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