13/11/08

Et une histoire d'amour !

S'il est un film que vous ne devez pas louper, le voici :

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En ce moment, il fait aussi gris dans ma tête que dans le ciel.
Mais j'ai décidé de me soigner en me gavant de douceurs, et ce film a figuré au programme.

Le titre français est : N'oublie jamais.
C'est une histoire tirée du roman de Nicholas Sparks (Les pages de notre amour).

Le film s'ouvre sur un couple de personnes âgées. L'homme vient faire la lecture à une dame atteinte de la maladie d'Alzheimer. Il commence à lui raconter une histoire d'amour entre Noah et Allie, le temps d'un été, dans les années 40. Ils avaient 17 ans et tout les séparait. Sauf cet amour, passionnel et dévorant.

Il n'y a pas de gros suspense dans le scénario, ou peut-être un petit peu. Toutefois ce n'est vraiment pas ce qui compte. C'est juste ce vent qui vous emporte dans cette histoire entre Allie et Noah. Ils sont jeunes, beaux, impertinents. Ils vivent quelque chose de rare et unique.

Mais leur histoire d'amour est vouée à l'échec. C'est dit en préambule. Aïe !

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Je vous promets que vous n'allez pas verser toutes les larmes de votre corps, comme devant Love Story ! Il y a de l'émotion, c'est vrai. Cependant l'interprétation exceptionnelle des acteurs rend les sentiments encore plus beaux et touchants. Allie est gracieuse, éclatante. Son sourire est désarmant. Et son jeune partenaire a un côté brut de décoffrage qui le rend diablement séduisant !

Une histoire d'amour, une vraie.
Un amour qui défie le temps.
Une passion éternelle.

Film de John Cassavetes / 2004
Acteurs : Ryan Gosling, Rachel McAdams, Gena Rowlands, James Garner, Joan Allen, Sam Shepard

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12/11/08

Autre-Monde : l'Alliance des Trois - Maxime Chattam

 

Amis lecteurs, voici un brillant roman qui saura vous capturer dans sa toile pour ne plus vous relâcher avant d'avoir ingurgité les quelques 400 pages et des poussières. C'est signé d'un auteur réputé - Maxime Chattam. Je le connaissais de nom mais j'avais toujours tourné autour sans m'y intéresser. Cette première rencontre est une découverte, pour moi. Et j'en suis particulièrement ravie ! 

**********

5115SDk9SmL__SS500_L'histoire débute à New York, un peu avant les fêtes de fin d'année. Matt et ses deux camarades, Tobias et Newton, traversent la ville sans but précis. Par dépit, ils se rendent chez le vieux Balthazar, le patron d'une boutique d'objets bizarres. Ce type n'aime pas les enfants, il les accueille en beuglant de déguerpir. Mais Matt s'aperçoit que l'homme est entortillé avec le corps d'un serpent. Non, ceci n'est pas un piège, c'est beaucoup plus effrayant. L'adolescent se sauve et confie à ses amis son étrange sensation d'avoir été témoin d'un truc qu'il n'aurait pas dû voir.
Bref, chacun rentre au bercail. Noël arrive, en même temps qu'une tempête jugée colossale selon les chaînes d'informations. D'un seul coup, un froid polaire tombe sur la ville, des bourrasques de vent et des coupures de courant s'enchaînent. Matt préfère se coucher, malgré l'angoisse qui monte. Et au cours de la nuit, il est réveillé en sursaut. C'est trop calme dehors, le ciel est zébré par des éclairs de lumière. C'est plus qu'une simple foudre, cela ressemble à une main de fer qui s'introduit dans tous les appartements new-yorkais. 
Dans quel but ?
C'est bientôt au tour de l'immeuble de Matt et ses parents. Il faut agir au plus vite, mais le garçon de 14 ans n'aurait jamais pu imaginer ce qui l'attendait.

L'Autre-Monde est une trilogie qui raconte le bouleversement de notre société égoïste et inconsciente qui verrait ainsi la disparition des adultes pour la sauvegarde des enfants et adolescents afin de rebâtir un monde meilleur. La planète détraquée s'est vengée et a choisi de faire un tri en confiant son destin entre des mains jugées plus innocentes.

Ecologique, ce roman ?
En quelque sorte.
Car il nous fait signe, il nous interpelle. Il lance un message : L’Homme est-il toujours au sommet de la chaîne alimentaire ? L'Enfant est-il appelé à sauver le monde ? Et quel avenir pour la planète ?

L'intrigue est très habilement construite, autour de son jeune héros - Matt - et de ses futurs compagnons d'infortune. Qui sont-ils ? Ce sont les Pans, des enfants rescapés qui se sont regroupés pour unir leurs forces et affronter les Gloutons et les Cyniks. Ces derniers sont des créatures mutantes et des rares adultes rendus sauvages par le dérèglement du monde.
Tout est proprement chamboulé.
Je vous laisse découvrir l'ampleur des dégâts et je charge l'adrénaline (que j'ai bien sûr ressentie !) pour le reste.

Lorsque j'ai commencé cette lecture, c'était en toute ignorance de son histoire. Je me suis donc laissée embarquer et je ne regrette pas l'effet de surprise !
C'est un roman captivant et curieux, axé sur le fantastique, et qui recrée une ambiance mélangeant Sa Majesté des Mouches, Tolkien et les Goonies (film vu tout récemment, d'ailleurs).
Au début l'atmosphère est assez angoissante, telle une lente traversée de l'enfer vers l'inconnu frileux. On accompagne les acteurs principaux en faisant communion avec leurs émotions. Tout y est : la curiosité, le doute, la peur, la panique, le courage, le dégoût et la volonté.
Lorsqu'on arrive enfin dans l'île aux enfants, chez les Pans, on sent aussi un changement dans l'histoire. Cela devient mieux ! J'aimais déjà l'entrée en matière, mais mon enthousiasme est encore monté d'un cran. 
On y découvre alors des manoirs hantés, des dons attribués aux enfants dont l'organisme a été altéré, des créatures qui ont triplé de volume, et des chauve-souris qui attaquent en bande soudée, comme si elles étaient à la recherche de quelqu'un en particulier.
De son côté, Matt n'est pas en peine : il souffre de cauchemars, se sent la cible d'une menace noire, malsaine et imminente. Il fait alliance avec deux camarades, car il a surpris des conversations dénonçant un complot au sein des Pans. L'adolescent va chercher à démasquer le traître, en même temps qu'il s'habitue à cet Autre-Monde.

C'est très chargé comme synopsis, mais c'est admirablement bien étalé. Les pièces du puzzle trouvent peu à peu leur place, mais le résultat ne nous laisse pas pour autant repu et soulagé car il faut rebondir et s'armer de patience pour partir vers d'autres aventures !

Ce roman mettant en scène des enfants et adolescents peut être lu par un public jeunesse, mais pas seulement ! (Mon cheval de bataille contre les préjugés sur la littérature dite de jeunesse est prêt à ruer dans les brancards !)
C'est un roman qui brasse moults genres : l'aventure épique, le parcours initiatique, la quête philosophique. Et j'en passe.
Je reprendrai simplement les propos de l'auteur, qui dit que ce livre est un grimoire. « Prenez garde si vous décidez de tourner la page, il vous faudra une baguette magique : votre âme de rêveur. Celle que bien des gens perdent en devenant adultes. »
La possèdez-vous encore ? Telle est la question. Je ne doute pas de votre réponse.
Bonne lecture !

Albin Michel, novembre 2008 - 483 pages - 20€

Et une bande-annonce pour se mettre dans l'ambiance : 

 

 

L'avis de Madame Charlotte

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11/11/08

Une bonne cure de douceurs !

Trop de choses sérieuses dans ma vie, trop de tracas et des soucis, de la pression...
Bref il y a des jours où il est bon de lever le pied et de se trouver une musique bien ringarde pour sourire du quotidien !

(Du moins, j'essaie !)

Impossible de ne pas avoir en tête les images de Hugh Grant, en écoutant the Pointer Sisters !!!!

Ceci nous amenant à vous solliciter (pour grossir mes listes)...

En cette période, assez tristoune, c'est l'automne et pour moi le mois de novembre a toujours été un crève-coeur. C'est lent c'est long c'est morbide. Heureusement ça commence à sentir nowel et pas besoin de sortir pour s'en apercevoir (ma boîte aux lettres débordent de catalogues).

Et en ce moment je n'ai pas envie de grand-chose, à part me faire plaisir. Je redécouvre le plaisir de me glisser sous la couette et d'appuyer sur la touche play du lecteur dvd. J'avais perdu le goût de regarder une comédie romantique bien nunuche, où on sait d'avance que ça se finit bien malgré quelques embrouilles qui pimentent l'intrigue. J'étais lasse lasse lasse de la mièvrerie, mais c'était pour mieux y replonger !

Je crois que je vais en reprendre de grosses louchées !

Le déclic vient d'avoir lieu en voyant The Holiday, un film sans prétention, un peu agaçant au début et puis finalement craquant.

Et j'en veux encore !

Je vous demande donc vos listes, vos remèdes, vos conseils, vos indispensables, vos modes et vos recettes... bref je veux du miel, de la guimauve, du bon sentiment, des guillis dans le ventre et plus encore !

ZZ3

Merci !!!!!!

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10/11/08

L'anneau de Moebius - Franck Thilliez

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Comment parler du nouveau roman de Franck Thilliez ?
Je pourrais vous présenter les personnages : Vic Marchal, le flic, et Stéphane Kismer, un créateur de monstres pour le cinéma. Ils sont tous les deux mariés à des femmes charmantes, mais leur couple est en perte de vitesse. On comprendra vite pourquoi...
Ou je pourrais évoquer l'enquête criminelle qui s'ouvre avec la découverte du corps d'une ancienne actrice de porno reconvertie dans la prostitution de luxe (et pas seulement). Je vous épargne les détails, mais l'affaire est une bombe à retardement.
L'allusion au début du roman à Brad Pitt et Seven n'est pas anodine. Vic Marchal est un bleu, comme on dit, il a choisi la criminelle et a quitté son Sud natal pour rejoindre Paris. Son baptème de feu le conduit directement dans un milieu dégoûtant et pervers. On touche à l'acrotomophilie, au Freaks show, à l'éventail des classiques du cinéma de l'horreur. Un cocktail décapant !
Mais ce qui devient complètement délirant c'est lorsque les rêves effrayants de Stéphane (où il apparaît amoché, les mains en sang, en train d'écrire à la craie sur un mur ou psalmodiant des phrases insensées) empiètent sur la vie réelle. Un doute grandissant voit jour car l'homme se sent coupable du meurtre d'une petite fille qui a été ou va être accompli. C'est le flou, mais Stéphane veut à tout prix conjurer le sort et modifier le destin.
Mais éviter le futur suffit à le créer.
Ce n'est pas une phrase quelconque, mais une logique folle. Une curiosité mathématique, qui porte le nom d'Anneau de Moebius. Au tour de votre imagination de faire le reste...

41RAL445_2BIL__SS500_La lecture de ce roman prend très vite l'allure d'une course à bout de souffle. Deux hommes deviennent traqueurs, leurs chemins sont appelés à se croiser et on attend ce moment avec impatience.
Et puis le rythme s'accélère et les rêves incroyables de Stéphane continuent de s'amplifier.
La fin frise l'absolue incompréhension, si on ne prête pas attention aux indications temporelles présentes à chaque début de chapitre.
Douze jours et douze nuits à traverser. Un aller simple pour l'enfer.
C'est l'invitation au voyage de Franck Thilliez.
Et personnellement j'ai été captivée du début à la fin et n'ai rien vu venir ! 
Ce roman n'a plus rien de similaire avec les précédents romans de l'auteur, certes le suspense est toujours haletant, les meurtres bien sanglants mais il y a une touche de fantastique en plus.
En bref, c'est habile. Glauque. Bluffant. Les personnages sont justes et attachants. On ne saute pas une seule ligne !
Deux mots pour conclure : intense et troublant.
Bonne lecture ! 

Editions du Passage, octobre 2008 - 540 pages - 22,50€

09/11/08

Êtes-vous passés à côté de... En poche ! #16

Snobs, de Julian Fellowes ?

51pHaUe7hdL__SS500_Ce livre raconte les hauts et bas d'une ravissante roturière sans vergogne, dont le vrai crime n'est pas d'avoir épousé un homme sans l'aimer, mais de l'avoir quitté par amour pour un autre.

Edith Lavery, standardiste dans une agence immobilière de Chelsea, fait connaissance de Charles Broughton lors d'une visite au château et parvient à le séduire pour mieux se faire épouser. Las ! son entrée dans la gentry britannique est accueillie par des bouches pincées, à la manière de Lady Uckfield, sa belle-mère qu'on surnomme Googie. Edith est une jolie fille, blonde aux grands yeux, avec de bonnes manières, pourtant son arrivisme ne trompe personne, mis à part Charles. Le mariage est conclu, mais très vite Edith s'ennuie et s'amourache d'un acteur, Simon Russel.

Ce 1er roman de Julian Fellowes, scénariste de Gosford Park, est acide, drôle, tendre et grincheux. Il décrit une société décalée, plantée dans notre époque, mais aux coutumes encore tournées vers le passé. Les mentalités n'ont pas changé, on ne supporte pas cette petite dinde arriviste qu'est Edith Lavery, sorte d'Emma Bovary perdue chez les rosbifs. Elle a cherché à s'affranchir, elle a dérangé les codes rigides de la gentry, tenté de jouer de son charme entre salons de thé et rendez-vous à Ascot. Elle a joué, elle a perdu. S'en mordant les doigts, elle fait profil bas mais peine à regrimper au sommet de l'échelle. Sous d'épaisses couches d'hypocrisie, bien meringuée, se révèle ainsi une délicieuse satire digne de Jane Austen, acidulée d'un soupçon d'Evelyn Waugh.

Livre de poche, 2008 - 407 pages - 6,95€
traduit de l'anglais par Dominique Edouard


08/11/08

Mon Plan de Destruction des Pouvoirs de mon Petit Frère - Mélanie Lafrenière

51d57intWFL__SS400_La sorcellerie, c'est une affaire de femmes.
C'est ce que pense Anségisèle von Wienenberg, dite Gigi. Elle a treize ans, beaucoup de tempérament et manque tomber à la renverse quand elle apprend que son petit frère d'à peine 7 ans a lui aussi des pouvoirs de sorcier. C'est une première, mais Gigi digère mal l'information tandis que toute la famille et le cercle de la sorcellerie s'extasient.
Jalouse, la demoiselle met en place le PDPPF. Ce qui veut dire : le Plan de Destruction des Pouvoirs de mon Petit Frère.
Compulsant les grimoires de sa mère et de sa grand-mère, Gigi concocte des potions, invoque un GénIX ou dorlotte une mandragore. Or, elle ne joue que de malchance. Alaric, son petit frère, devient un sorcier de plus en plus doué. Et plus il progresse, plus Gigi s'impatiente et double de maladresse.
Elle va miser sur le Sabbat des sorcières où elle pourra s'entretenir avec Monsieur le Diable en personne et obtenir une faveur de sa part pour faire disparaître les pouvoirs de son frère. Mais encore une fois, elle ne sera pas au bout de ses surprises !

Cette histoire de sorcière moderne est drôle, vraiment racontée pour tirer des éclats de rire auprès du jeune lecteur (dès 10-12 ans). Ce livre est destiné aux filles qui en ont marre de leur petit frère, c'est ce que nous indique la quatrième de couverture. Et aux autres filles aussi, solidarité féminine oblige !
En effet, la suprématie féminine dans le monde des sorciers est menacée. Un gamin de sept ans s'introduit dans le sérail, cela agace la narratrice - Gigi, 13 ans. Mais au lieu de trouver du soutien auprès de ses pairs, elle découvre que toutes les portes s'ouvrent et qu'un tapis rouge est déployé pour parfaire l'éducation de ce jeune prodige.
Trop, c'est trop.
Et le jeune Alaric est particulièrement épouvantable. Hystérique, capricieux, insolent et effronté, il pousse sa soeur à bout. Et le lecteur aussi. Quand bien même on vient à bout de cette chasse aux sorciers, on découvre avec étonnement que ... tel est pris qui croyait prendre !
La fin, assez risible, est un joli pied-de-nez à notre sorcière bien-aimée.
Légèrement éreintant pour un lecteur qui a dépassé les 30 ans, ce livre va beaucoup plaire aux plus jeunes, aux amateurs de sorcellerie et aux comédies burlesques.
Mélanie Lafrenière écrit avec un certain panache et se glisse dans la peau d'une adolescente pleine d'imagination et qui ne manque pas de culot et ce, avec une aisance remarquable. Recommandez ce premier roman à vos filles, petites soeurs, copines ou cousines !

Plon jeunesse / Novembre 2008 - 200 pages - 13€

Mélanie Lafrenière est née en 1979 près de Vancouver et a la double nationalité franco-canadienne. Aujourd'hui elle habite Bordeaux. Elle aime beaucoup les chats noirs, les crêpes salées au sirop d'érable et les jeux de rôle grandeur nature car elle adore se déguiser en magicienne, en elfe ou en barbare !
Elle déteste la routine, les gens qui se plaignent tout le temps et les maths.
Ce livre est son premier roman pour la jeunesse.

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07/11/08

A la poursuite de l'enfantôme - Jean Baptiste Evette

La mère de Char ne croit pas aux fantômes ni aux maisons hantées, elle refuse donc de donner du crédit aux élucubrations de sa fille, Jazz, qui dit avoir une amie morte dans sa chambre. C'est un enfantôme, selon ses termes, qui se sent perdu et seul. Cela pourrait être attendrissant, or cet esprit donne des cauchemars à la fillette, ce qui réveille fréquemment toute la famille en pleine nuit. Ce mystère devient oppressant, Laura emprunte la voie médicale pour trouver une solution tandis que Char, 15 ans, tourne un film, "à la poursuite de l'enfantôme", avec la caméra de son père.

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Le roman se construit sur ce mélange : recherche des indices, retour vers le passé, anecdotes fantastiques. Le climat de l'histoire est d'ailleurs frileux, assez angoissant. On s'interroge sur cet enfantôme et progressivement on dépasse les frissons pour atteindre l'émotion. Le parcours est joliment travaillé, par l'acharnement d'un adolescent qui a besoin de trouver des repères dans sa propre vie. Ses parents viennent de se séparer, sa mère parfois ne sait pas imposer les bonnes limites et le père agit maladroitement, par faute d'être trop absent.

C'est un roman singulièrement captivant, hanté vraisemblablement par des figures hors du commun. Il y a la jolie bibliothécaire, celle qui lui vaut les premiers balbutiements émotionnels, il y a Vladimir, le poète qui vit dans un univers étrange et qui semble malsain, et il y a Serge, le projectionniste, qui prend sous son aile Char, passionné de cinéma (et principalement des films fantastiques, en noir et blanc). Par bien des aspects, on a l'impression d'être au coeur d'une ville coincée dans l'espace-temps, entre le passé et le présent. Le rendu participe au charme pittoresque du récit !
L'action se passe dans une petite ville en Normandie, qui a été reconstruite après la libération. Et ce détail aura son importance dans la trame romanesque.

D'un style simple et efficace, parfois piqué d'humour, Jean-Baptiste Evette nous propose une histoire captivante, riche en suspense et empreinte d'échos fantastiques fort appréciables !
A découvrir !
12 ans et plus

Illustrations de Sylvie Serprix
Gallimard jeunesse, coll. Scripto - Octobre 2008, 156 pages - 8,50€

L'avis de Francesca

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06/11/08

Les Cavaliers des Lumières : La voie des chimères **

Nous sommes encerclés, une seule tactique
On fonce dans le tas, pas de quartiers haro !
Découpons en lanières, ces zombis fanatiques
Et qu'ils sachent pourquoi nous sommes des héros

**********

511yCE3OpAL__SS500_Voici donc le deuxième livre qui succède au Règne de la barbarie de cette série en 5 volumes.
Nous suivons Owen, alias Dream Song, un adolescent qui vit avec ses parents adoptifs et sa petite soeur dans le bush australien. Après les derniers événements survenus dans le tome précédent, le garçon se réveille avec un ordinateur cramé et inutilisable. Mais d'autres mauvaises surprises l'attendent car ses tentatives de connexion au jeu des Barbarians échouent. Le jeu semble avoir été rasé de l'internet, aucune trace n'existe sur les moteurs de recherche ou les forum.
Cela pourrait être une bonne nouvelle, le signe que leur mission a été accomplie (ces créatures virtuelles avaient choisi d'envahir la Terre). Tout serait donc rentré dans l'ordre ?
Non, car Owen pense aussitôt à Fennec des Sables. Nous la connaissions sous les traits de Théo la parisienne qui vivait seule avec son père, elle avait détecté la première le plan machiavélique des Barbarians, avait contacté ses partenaires de jeu pour les avertir du risque, puis était partie sur l'île de Wight où elle avait rencontré un apprenti mage, etc. Elle avait su se glisser dans le système et intégrer le monde virtuel en franchissant la frontière. Elle avait poussé ses camarades à la rejoindre, mais ils n'y sont jamais parvenus. A la place, c'étaient toujours leurs avatars qui avaient combattu vaillamment contre Yamider et sa cruelle armée de Barbarians.
Et donc, après l'affrontement il y a eu le nuage noir. Les écrans d'ordinateur ont fumé et le jeu est parti en poussière.
Où est passée Théo ?
Elle n'est pas rentrée chez elle, son père n'a aucune nouvelle. Il est prêt à craquer...
Owen choisit de taire la mission casse-cou de sa fille et opte pour le rassemblement des Cavaliers des Lumières : Glaive d'Or, Ciel qui gronde et Oeil de Faucon.

Le lecteur que nous sommes pousserait bien Owen à se rapprocher de Bruce l'Aborigène, celui qui semble tout savoir et lire dans l'esprit des autres. Il a déjà attiré l'attention du garçon sur un dingo qui ne quitte plus les alentours de leur maison. Car l'animal cherche à communiquer avec lui, avance Bruce.
Mais Owen est assez buté et il n'aime pas ce vieux mêle-tout. Pourtant l'Ancien a raison. Le gamin ne le sait pas encore, mais sous cette forme animale se trouve Théo. Emportée dans le tourbillon du Grand Passage, elle est revenue sur Terre incarnée en dingo ! Comment lui rendre son apparence humaine ? Et si, enfin, Owen suivait Bruce sur le chemin de l'Initiation...

Encore une bouillante aventure que voilà !
Owen, alias Dream Song, s'est déclaré chef des Cavaliers des Lumières, mais dans la vie réelle il se sent incapable et indécis. Par exemple, il a toujours ressenti un doute vis-à-vis de Yamider et lui accorde le bénéfice du doute (il ne serait pas foncièrement démoniaque). C'est sans savoir que le Grand Chancelier aime se nourrir des flottements pour se glisser dans la brèche et retrouver sa force !
Damnation ! Le Monde Nouveau est encore une fois menacée, et Owen se sent coupable. Sa petite soeur Neal va être prise en otage de la barbarie et il n'est plus question d'hésiter. Il faut agir.
Et bonté divine, Théo revient !

Ce livre nous enseigne une part de la culture aborigène, par le champ de cérémonies sacrées et d'incantations, qui représente un intérêt considérable. Peut-être les plus jeunes ne s'y arrêteront pas comme moi, et seront davantage happés par l'ambiance et les techniques de jeu, les batailles épiques et l'action trépidante. Je ne les blâme pas non plus, car ce roman est véritablement captivant. Il y a un vrai souffle romanesque et une intrigue qui déborde d'imagination.
La perspective des prochains volumes s'annonce excitante, sachant que nos trois autres cavaliers des lumières sont d'origine massaï, chinoise et indienne.
Le troisième livre, portant le titre de La porte du présage, va d'ailleurs nous emmener en Californie auprès de Ruben, qui détient un rôle clef dans les Barbarians Killers. Pour le savoir, c'est à suivre !

**********

« A l'école, ils nous ont expliqué que nos histoires de Rêves à nous autres, les Abos, ne sont que des leurres. Des superstitions. De l'archaïsme.
- Etre archaïque ne veut pas dire être idiot, ni être dans le faux. Quelquefois c'est le progrès qui se trompe. Tes professeurs n'ont donc pas tout à fait tort. Ton Rêve est archaïque, et il est la Voie qu'il te faut suivre pour avancer vers ton destin.
- Qui est ?
- Qui est la Voie des Chimères. Suis-la et tu trouveras ce pour quoi tu es venu sur Terre.
- La Voie des Chimères... Est-ce que tu veux dire la Voie de ce qu'on ne voit pas ? De ce qu'on imagine ? Est-ce que les fantômes que j'ai vus l'autre nuit dans le bush, durant mon initiation, étaient des Chimères ?
- Je n'en sais rien, petit. Tu poses trop de questions. Il s'agit de ton héritage. Je ne peux pas t'en dire plus
.
»

Par Brigitte Aubert & Gisèle Cavali
Plon jeunesse, novembre 2008 - 308 pages - 13,90€

 

05/11/08

J'ai fantaisie de mett' dans not' vie un p'tit grain de fantaisie !

 

* Paroles de J'ai fantaisie / Boby Lapointe
chanson reprise par Elli Medeiros

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Ibby passe quelques jours chez ses cousins Alex et Francis. Ils viennent de sortir du grenier la boîte de magie de l'oncle Godfrey (qui a mystérieusement disparu depuis cinq ans) et ont décidé d'expérimenter les sept tours que compte la notice d'instructions. Mais Alex et Francis sont assez dissipés et désorganisés. Ils tentent des tours sans réfléchir et se retrouvent dans des situations qui vont rendre folle la sage et consciencieuse Ibby.

Du rétrécissement à la lévitation, on passe à l'invisibilité et au cycle de la vie (de l'art de vieillir ou rajeunir en un coup de baguette). Les garçons se livrent une compétition acharnée, Ibby reste au centre, impartiale. Elle veut être la voix de la raison, mais ses cousins sont trop bornés. Du coup, les tours de magie les prennent au piège et souvent la police et l'hélicoptère des pompiers doivent intervenir pour les sortir du pétrin.

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Les garçons ne calment jamais le jeu, ce qui finit par les rendre fatigants et insupportables. De l'autre côté, leur mère est d'un laxisme agaçant. Bien évidemment ce sont les éléments indispensables pour rendre cette comédie savoureuse et piquante. (Les enfants adorent !)

Destinée à un lectorat pour les 8-9 ans, cette histoire saura ainsi les séduire par sa dose de fantaisie et son lot de rebondissements. Les apprentis magiciens qui ont la tête dans les étoiles trouveront dans ce roman un moyen d'insuffler du merveilleux dans la vie quotidienne.

Illustrations de Peter Bailey

Le garçon dans la boîte à biscuits
Par Heather Dyer

Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - Octobre 2008 - 7,20€

traduit de l'anglais par Anne Krief

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Il était une fois un crayon, un petit crayon tout seul.
Un jour, il s'est mis à bouger et a commencé à griffonner, dessiner et créer un monde dans lequel un petit garçon s'amuserait avec un chien et un chat. Il habiterait une grande maison avec une famille autour. Il y aurait du bruit, des couleurs, de la vie.
Mais ce petit monde choisit d'entrer en anarchie.
Chacun veut un nom.
Chacun réclame ou proteste.
Il y a de la zizanie dans l'air !

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Le petit crayon choisit alors de dessiner une gomme. Pour réparer les erreurs, pense-t-il.
Or la gomme aussi commence à s'emballer et se rebeller.
Prise de frénésie, la gomme efface... TOUT.

Comment calme-t-on une gomme en colère ? A votre avis ?

Farfelu et bien pensé !
L'album montre aussi la "fabrication" d'une histoire par la magie d'un crayon, d'un pinceau et d'une gomme.
C'est très agréable à regarder, le graphisme est moderne et paraît vivant. Certaines pages sont complètement épurées et d'autres sont plus colorées (peintes à la main ou coloriées).
Et la gomme folle furieuse est une excellente invention.
On tourne les pages avec grand plaisir.

Par Allan Ahlberg
Illustrations de Bruce Ingman

Gallimard jeunesse - dès 4 ans - 12€

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04/11/08

Dracula la rédemption - Kate Cary

Deux années sombres viennent de s'écouler, durant lesquelles Mary Seward a tenté de reprendre le cours de sa vie à Purfleet. Elle ne parvient pas à chasser les souvenirs des événements survenus au château de Tepes, elle qui était si courageuse et déterminée se découvre peureuse et paranoïaque. Elle vit cloitrée, ne sort plus la nuit et se pare de tous les artifices pour chasser les vampires (crucifix, eau bénite, etc.). Son père, malade et affaibli, l'encourage à retrouver goût à la vie.

Infirmière de garde, elle s'est liée d'amitié avec des collègues, Helen, Becky et Stella. De même, elle vient de faire la connaissance de Lord Bathory, un homme intelligent, effacé et très riche, qui commence à la courtiser. Peut-être les beaux jours vont enfin revenir...

Mais Quincey Harker est de retour, échappé d'un monastère où il avait songé expurger le Mal en lui. Il prétend chercher la rédemption et implore l'aide de Mary. Peut-elle lui faire confiance, alors qu'il pratique toute sa séduction pour lui faire perdre la tête ? Dans le même temps, il y a une hécatombe de victimes à l'hôpital où elle travaille, et pas des cas anodins puisque les corps sont vidés de leur sang. Mary sait qu'il s'agit de la signature d'un vampire, bien que le personnel médical évoque un virus et pointe le doigt vers la jeune femme, tenue pour responsable d'avoir introduit le mal dans l'établissement.

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Beaucoup de passion encore au programme dans cette suite de Dracula, l'héritier.
On suit désormais principalement Mary Seward, pour les raisons que l'on sait et qui sont survenues à la fin du Livre I. La tension est toujours présente, avec son soupçon d'angoisse et de mystère. On frémit, comme Mary, au moindre signe suspect, à l'apparition d'une ombre menaçante et lorsque la nuit tombe. On partage ses doutes, on s'associe à sa prudence, on se laisse séduire puis tromper. C'est une parfaite combinaison pour nous faire chavirer.
Dans ce livre, on en apprend aussi davantage sur Quincey Harker qui revient sur son initiation et sa transformation. Son personnage reste flou pendant les 3/4 du roman et on peut juste déplorer la fin précipitée de l'histoire, à la fois excitante et décevante.
J'espère qu'il y aura encore un troisième livre (rien ne l'indique), pourtant la fin est ouverte !
Une série à lire, de 14 à 110 ans !

Milan, septembre 2008 - 314 pages - 9,50€
traduit de l'américain par Emmanuelle Pingault
titre vo : Bloodline Book 2 : Reckoning

Mon avis sur Dracula, l'héritier

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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