07/02/19

Anatomie d'un scandale, de Sarah Vaughan

Anatomie d'un scandaleConseiller influent et proche du premier ministre, James Whitehouse est un homme charismatique et brillant. Marié et père de deux enfants, il incarne l'ambition, la réussite, l'accomplissement. Une image sans tache.
Pourtant, James est accusé de viol. Une ancienne collaboratrice, avec laquelle il aurait entretenu une liaison plusieurs mois durant, vient de porter plainte suite à leur rupture. Kate Woodcroft, une avocate pénaliste, est en charge du dossier. Et elle est particulièrement remontée car elle va tout mettre en œuvre pour avoir la tête de Whitehouse. Spectatrice tétanisée, son épouse Sophie n'a plus les idées claires mais pense avant tout à préserver son image en affichant son soutien.
Viennent aussi s'ajouter les souvenirs de leurs années d'études à Oxford au cours desquels le sulfureux club des Libertins a fait couler beaucoup d'encre. Ceci pouvant expliquer cela, une lente et déconcertante plaidoirie se construit. Plaidoirie contre les abus, pour les droits des femmes et tristement révélatrice des arcanes du pouvoir.
Je ne suis pas mécontente d'en avoir fini car cette lecture m'aura inspiré un profond ennui : c'est très long, assez austère et tellement froid. Je n'ai eu aucune empathie pour les personnages ni pour leurs histoires. Non, c'est très distant. Très emprunté. J'ai aussi longtemps espéré un rebondissement, des révélations fracassantes, la moindre bagatelle qui ferait exploser cette fichue tension psychologique qui colle à la peau... en vain. 
J'en sors sidérée et déçue. Les deux comédiennes ont pourtant prodigué une lecture irréprochable. Leur talent ne peut hélas lutter contre la sensation glaciale qui filtre à travers leurs confessions. Sarah Vaughan opère un sérieux changement de cap avec ce roman, peu convaincant à mon goût. 
La ferme du bout du monde avait été une découverte rafraîchissante, quel revirement...

©2018 Préludes, pour la traduction française (P)2018 Audiolib

 

 

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05/02/19

Crossing the Line, de Simone Elkeles

Crossing the LineRyan est passionné de boxe mais se sent incompris chez lui : sa mère noie son désarroi dans l'alcool, son beau-père (flic) est tyrannique et plein de mépris. Le garçon fuit donc au volant de sa voiture, avec ses maigres économies en poche, pour franchir la frontière du Mexique. Son but : rencontrer un boxeur d'anthologie et le convaincre de devenir son entraîneur. Au lieu de ça, c'est sur Dalila Sandoval qu'il se cogne.

Dalila a toujours évolué dans un monde préservé : son père est un grand avocat, sa mère œuvre pour le bonheur familial. Son destin est tout tracé car elle a prévu de poursuivre ses études de médecine pour devenir chirurgien cardiaque. Par contre, elle ne supporte pas d'être surprotégée ou de paraître faible. C'est une coriace, comme elle le répète souvent. La preuve, elle n'hésite pas à rembarrer quiconque aurait l'indécence d'agir héroïquement auprès d'elle.

La rencontre entre Ryan et Dalila est forcément explosive. Ils n'étaient pas voués à se connaître, mais le destin en a décidé autrement. Le monde autour d'eux s'effondre, la guérilla entre gangs est plus redoutable que jamais, la jeune fille s'inquiète pour ses proches, suspecte son père et s'interroge sur son ami d'enfance. Je ne sais pas ce que cherche à raconter l'auteur mais c'est cousu de fil blanc. En fait, tout est déjà vu, archi vu et revu. On nous ressort les mêmes vieux clichés en se disant que ça va émoustiller la lectrice : un beau gosse au sang chaud et une petite nana survoltée, deux galaxies opposées, bing bang assuré. Ajoutez une obsession pour la boxe : des coups, de la sueur, des pectoraux et du swing (car la boxe est affaire de rythme et de chorégraphie, amigo). Ça peut fonctionner auprès d'une audience débutante, moi je regrette les frères Fuentes. C'était plus rigolo, quand même. Là, on a une fin courue d'avance et servie sur un plateau d'argent. Tellement prévisible. J'ai à peine haussé un sourcil.

La Martinière J. (2019) - traduit par Isabelle Troin

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Fausses promesses (Promise Falls 1), de Linwood Barclay

Fausses promesses audibleIl ne fait pas bon vivre à Promise Falls et David Harwood en sait quelque chose, cf. Ne la quitte pas des yeux.

De retour dans sa ville natale, notre homme s'est installé chez ses parents en attendant des jours meilleurs (plus de boulot, plus d'appart). Afin d'occuper ses journées creuses, il est expédié chez sa cousine Marla, réputée fragile depuis la perte de son bébé, sauf qu'il la trouve en train de pouponner. En cherchant plus loin, il réalise que cet enfant a été vraisemblablement arraché à sa mère, laquelle est découverte assassinée dans sa cuisine. La cavalerie débarque, Marla est arrêtée et David vole à son secours.

C'était fort sympathique de retourner à Promise Falls, de reprendre contact avec David, ses parents, le détective Barry Duckworth etc. En fait, tout cet emballage est une valeur ajoutée au plaisir de lecture. Vient ensuite l'enquête du bébé confié par un ange. Sans oublier les écureuils pendus, les mannequins dans la grande roue, les étudiants fauchés et le fétichiste du chiffre vingt-trois. Aucun détail n'est laissé au hasard pour servir ci et là l'intrigue. Une part de mystère va être levée mais le reste est tenu au chaud pour la suite, à voir dans Faux amis. J'ai bien aimé le principe, parce qu'il n'y aucune frustration dans tout ça. En plus du suspense et de l'humour, l'ambiance reste conviviale malgré les trucs bizarres et le danger qui rôde à Promise Falls. Comme dirait mon pote Arnold : hasta la vista, baby.

©2018 Belfond. Traduit de l'anglais par Renaud Morin (P)2018 Audible Studios

 

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La colère des abysses (La Déferlante 2), de Michael Buckley

*** Suite de La déferlante, spoilers droit devant ! ***

LA COLÈRE DES ABYSSES

Lyric Walker est désormais une fugitive. Sur les routes avec son amie Bex et son ennemie Arcade, elle décide de rejoindre le camp situé dans le désert texan pour sauver sa famille. Depuis que son secret a été dévoilé, elle est activement recherchée par toutes les polices et voyage comme une hors-la-loi. Même l'ambiance au sein du groupe est devenue tendue : aucune des trois filles n'a envie d'apaiser la rancune qui les tenaille. Chacune a ses propres raisons, mais aucune ne crève la bulle. Résultat, on sent que ça mijote à gros bouillons et que ce désaccord risque aussi de mettre en péril leur mission. On ne doute pas de la détermination inébranlable de Lyric Walker, d'autant plus qu'elle a connaissance des expériences faites sur les Alphas, toutes plus immorales les unes que les autres. Elle refuse de laisser ces crimes impunis. Mais lorsqu'elle atteint son but, une autre vérité vient terrasser ses dernières convictions. Et là on se dit que le monde est vraiment devenu fou.

On retrouve encore et toujours cette ambiance de désolation proche de la déprime, mais bizarrement cela a un effet assez productif. Il faut dire que l'urgence cogne à la porte, ça grouille et ça secoue pas mal. Certes, la personnalité de Lyric est discutable. Peut-on fermer les yeux sur ses sautes d'humeur ? sur son sex-appeal ravageur ? Oui, fermons les yeux et plongeons au cœur de l'action. Le rythme va crescendo, on sent presque les oracles nous brûler la peau, l'eau de mer nous fouetter le visage. Accrochez-vous. Par contre, la structure de l'histoire est identique au modèle précédent, sans surprise, la scène finale est dédiée au choc des titans, notre héroïque Lyric est au garde-à-vous, d'autres font volte-face à leur manière. Mais le point final est scotchant. Toujours ce goût pour le cliffhanger... pas bien. En plus, j'ignore si la VF verra le jour alors que Heart of the Storm (Undertow, #3) est déjà disponible. Soupirs.

PKJ (2017) - traduit par Guillaume Fournier

Titre VO : Raging Sea

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04/02/19

La déferlante, de Michael Buckley

La déferlanteTrois ans plus tôt, des créatures sorties de l'océan sont venues s'installer sur la plage de Coney Island. Les autorités ont aussitôt décrété une Zone militaire pour encadrer ces étrangers. Le temps passant, une nouvelle politique est mise en place : scolariser une poignée d'entre eux au lycée local. Pour réussir cette expérience, Lyric Walker, fille du shérif, est convoquée par le directeur pour approcher Fathom, le prince des Alphas.

La jeune fille est néanmoins horrifiée car elle aurait préféré rester dans l'ombre. Depuis qu'elle a découvert que sa mère est également une Sirène, infiltrée depuis vingt ans parmi les humains, elle n'a nulle envie d'attirer l'attention et mettre en péril son secret. Les gens sont suffisamment en rogne contre les nouveaux arrivants pour apporter du grain à moudre à leur moulin. L'atmosphère en ville, et maintenant au lycée, est devenue incendiaire. Les groupes protestataires ne se cachent plus et font entendre leur voix en multipliant les actions contre ces indésirables. Face à tant d'injustice et de bêtise, Lyric Walker bout intérieurement. Elle défoule sa frustration en veillant sur sa meilleure amie Bex, maltraitée par un beau-père hargneux, mais le danger gronde. Sa famille envisage fortement de quitter la Zone au plus vite. Et pour y parvenir, Lyric conclut un marché avec le directeur de son lycée.
Elle accepte donc de servir d'émissaire auprès du prince des Alphas, même si Fathom n'est pas facile à approcher. Son attitude est hautaine, son intérêt pour l'humaine totalement absent. Il refuse leurs entrevues quotidiennes, se montre fébrile entre quatre murs, puis comprend qu'ils ont tout à gagner s'ils se serrent les coudes. Mais s'entraider ne veut pas dire s'enticher de l'inaccessible, de l'interdit. À ce petit jeu, Lyric Walker récolte un carton rouge.

La lecture ne fait pas dans la dentelle et affiche un climat de haine, de terreur et de désespoir. La violence est très présente. On encaisse durement le rejet massif des uns contre les autres. On a vite l'impression de suffoquer, mais impossible d'en sortir. Les personnages ont réussi à nous attacher à leur univers et nous invitent à en découvrir davantage au fil des pages. Envie de découvrir qui sont les Alphas, d'où viennent-ils, que veulent-ils, quelles sont leurs coutumes et pourquoi s'acharnent-ils à se défier en affichant leurs plaies sanguinolentes. Envie de faire bloc contre la colère, tout en souhaitant se rouler en boule dans un coin tant c'est flippant. Envie de cajoler la famille Walker, si forte, si solidaire malgré les épreuves. Parfois j'avais l'impression d'en prendre plein la figure ou d'être tabassée par la concomitance des drames qui convergent vers Lyric. Toujours Lyric. Trop de Lyric. Sa relation avec Fathom reste un grand mystère... on voudrait nous faire croire que... et puis... bref c'est très confus. Je suis néanmoins très intriguée de connaître la suite (déjà lue).

PKJ (2016) - traduit par Guillaume Fournier

Titre VO : Undertow

 

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01/02/19

Dix jours avant la fin du monde, de Manon Fargetton

dix jours avant la fin du mondeDeux lignes d'explosions ravagent la Terre. Nul n'en connaît l'origine mais quand elles se rejoindront au large de notre côte atlantique, le monde sera détruit.

Cette annonce produit immédiatement une onde de choc sur la population. À Paris, Lili-Ann prend peur et accepte de rejoindre sa sœur en Bretagne. Elle croise en route Valentin, beau gosse caméléon, totalement ravagé à l'intérieur, ne laissant rien filtrer aux yeux des autres, un couple d'amoureux, Gwenaël et Sara, lui est plongé dans l'écriture de son livre, elle rêve d'une dernière fête avant la mort, et Brahim, leur chauffeur de taxi qui n'a plus rien à perdre. Le chemin de l'exode sera long, semé d'embûches, parsemé de désespoir. Les magasins sont pillés, les actes de violence éclatent, alors que le monde sombre dans le chaos, sans espoir de secours. En Bretagne, la police tente aussi d'organiser l'afflux de réfugiés et de les compartimenter sur la plage : entre les fêtards, les familles et les démunis, la cohabitation est vite incontrôlable.

Ce roman vous inspirera tout ce que vous voulez, colère, incompréhension, angoisse, perplexité... Seule certitude, il est scotchant. Sitôt les premiers chapitres lancés, ils vont défiler à une vitesse folle. On est pourtant loin d'un roman à l'américaine, où l'action prime et on repassera pour le reste. Ici, c'est justement place à l'émotion, la tension dramatique, la cohésion du groupe. L'ambiance fin du monde est palpable. Elle colle à la peau, durant 450 pages, on a l'impression de vivre aussi nos dix derniers jours. Cette mise en scène et la détresse qui se joue sous nos yeux m'ont totalement imprégnée. Impossible de perdre de vue la fameuse deadline. J'étais comme Lili-Ann, résignée sur mon sort. L'histoire montre ensuite que chacun dédie ses dernières heures à vivre selon ses instincts, en craquant tout ou en demeurant fidèle à sa philosophie. C'est ce qu'on découvre en suivant tout ce petit monde... En somme, je ne peux pas expliquer pourquoi j'ai adhéré aussi intensément à cette lecture, toujours est-il qu'après le point final, j'étais étourdie au moment de relever la tête car j'avais du mal à réaliser que je sortais d'une fiction, qu'en réalité le monde n'allait pas s'écrouler dans l'heure à venir, que j'étais de retour à une vie ordinaire. C'était déconcertant, en vrai. Rien que pour ça, je salue la prouesse et j'invite quiconque à partager une telle expérience.

Gallimard jeunesse, 2018

#ambiance : Les portes vitrées du magasin ont été brisées et des dizaines de personnes en sortent, les mains vides, ce qui ne décourage pas de nombreux autres d'y pénétrer quand même.

 

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Par accident, de Harlan Coben

Par accident Harlan CobenHanté par la disparition tragique de son frère Léo, survenue quinze ans plus tôt, Napoléon Dumas n'a jamais abandonné l'espoir de résoudre ce mystère. Son frère et sa petite copine ont été fauchés par un train. Maura, son amoureuse, a disparu de la circulation, emportant avec elle ses secrets. Les autres membres de leur Club des conspirateurs ne sont pas sortis indemnes de cet épisode. Nap a d'ailleurs choisi de devenir policier avec pour vocation de débroussailler le passé. Une récente affaire va finalement lui offrir l'occasion de relancer l'enquête : Maura vient de réapparaître sur le devant de la scène. Elle est de retour en ville, même si elle semble toujours fuir toute intrusion policière. Mais Nap n'a pas dit son dernier mot et est résolu à démêler tous les nœuds de ce terrible cold case. Et là je dis bingo pour ce nouveau Harlan Coben ! Franchement top. J'y ai retrouvé son humour, sa maîtrise du suspense, ses combines faussement éculées, ses pistes nombreuses pour nous embrouiller. Le boss est rusé comme un sioux, on sent qu'il se fait plaisir dans cette histoire et ça fonctionne très, très bien : lecture d'une traite, sans réel soupçon et grosse surprise au compteur. C'est redoutable, toujours efficace. On adore aussi le clin d'œil à Myron Bolitar. On sent toute la tendresse de l'auteur envers son personnage fétiche et c'est tellement bon. En bref, on ne s'ennuie pas une seconde. Il y a du rythme, des rebondissements, des meurtres, des révélations jusqu'au point final. On pourrait accuser Coben d'être productif, de ne pas se renouveler, il n'empêche, c'est aussi un auteur attentif au monde qui l'entoure, qui pique et épingle avec l'air de ne pas y toucher, et puis ses histoires restent captivantes. On dit amen à chacun de ses rendez-vous, donc on adhère complètement à son savoir-faire.

©2018 Belfond, pour la traduction française / Titre original : DON’T LET GO. Traduit de l’américain par Roxane Azimi (P)2018 Lizzie, un département d'Univers Poche

Benjamin Junger est parfait ! J'ai beaucoup aimé sa voix, sa narration, son style. C'était excellent. À propos, Harlan Coben vient de signer un contrat avec Netflix pour adapter pas moins de quatorze de ses romans en séries et films. Sauf exception pour la série Bolitar... too bad.

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31/01/19

Bilan du mois de Janvier 2019 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Book january

♪♫•*¨*• Nos lectures •*¨*•♫♪ 

La petite librairie des gens heureux, de Veronica Henry

Des millions de larmes et de rires, de Karma Brown

iRachel, de Cass Hunter

La première fois qu'on m'a embrassée, je suis morte, de Colleen Oakley

Rêver n'est pas un vilain défaut, de Carole Cerruti

Le Réseau Corneille, de Ken Follett

Les Enchantements d'Ambremer (Le Paris des Merveilles 1), de Pierre Pevel

La Cité du feu sacré (The Mortal Instruments 6), de Cassandra Clare

ReBorn (tome 2), d'Alex Scarrow

Snow, de Danielle Paige

 

Ce mois de Janvier m'aura semblé interminable ! J'ai pris également l'initiative de débroussailler mes étagères où m'attendent sagement, parfois depuis des lustres, mes nombreux livres. J'ai tout enregistré sur mon compte Goodreads, je sélectionne mes lectures par tirage au sort, pour l'instant je suis disciplinée et j'espère tenir ce rythme toute l'année. ☺ 

 

♪♫•*¨*• Séries vues ce mois-ci •*¨*•♫♪ 

La Casa de Papel série espagnole créée par Álex Pina. Début diffusion : 2017

la casa de papel

Difficile de passer à côté de cette série dont le buzz n'a pas cessé de siffler à mes oreilles. On a finalement craqué ce mois-ci, on ignorait de quoi il retournait, une histoire de braquage, et puis encore ? En fait, laissez-vous porter par l'ingéniosité du scénario : c'est redoutable et terriblement addictif ! On a quasiment dévoré la saison 1 d'une traite, on a adoré. La suite est très bonne, même si j'ai quelques réserves (moins d'effets de surprise, plus d'anticipation sur les rebondissements et des situations trop aberrantes pour être crédibles). Et je n'aime pas du tout le personnage de Tokyo : trop, trop, trop... pour tout. J'en avais ras-le-bol d'elle. L'annonce d'une saison 3 m'étonne beaucoup et me laisse assez perplexe. À voir.

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Stranger Things série américaine de Ross Duffer et Matt Duffer avec Winona Ryder (Joyce Byers), David Harbour (Jim Hopper). Début diffusion : 2016

Stranger Things 1

Cette série est fantastique : avec ses références, son ambiance 80s, sa musique, ses personnages, son décor, son humour, son suspense aussi. Tout ça, tout ça. C'est excellent. L'histoire se passe dans une petite ville de l'Indiana, un garçon d'une dizaine d'années est porté disparu. Ses meilleurs potes mènent leur enquête, tandis que la mère remue ciel et terre en refusant les conclusions hasardeuses de la police. Peu à peu, le shérif va s'impliquer dans cette aventure qui nous plonge dans une sorte de dimension à l'envers, avec des créatures immondes qui se nourrissent de votre âme et une gamine sortie de nulle part qui possède des dons de télékinésie. C'est surprenant, dramatique, intense, palpitant, drôle. Enfin, c'est génial ! J'attends la suite avec impatience. Et j'adore la bande-son : enfin des tubes du grenier pas trop ringards et pas rejoués à toutes les sauces au karaoké du coin.

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Shadowhunters série américaine développée par Ed Decter. Adaptée des romans de Cassandra Clare. Début diffusion : 2016

shadowhunters

 Absolument rien à voir avec les romans de Cassandra Clare : la série s'en inspire mais le scénario part dans tous les sens. Souvent ridicule, totalement abracadabrant et très mal joué (euh, on en parle du type qui joue Jace Wayland ?)... On sent la production poussive et désemparée. J'ai trouvé ça affligeant.

 

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Retribution (One of Us) mini-série britannique créée par Harry et Jack Williams pour la BBC. Diffusion 2016

Retribution

 Attention, grosse vague de désarroi en regardant cette mini-série, même si l'histoire nous transporte dans les magnifiques paysages écossais. Deux familles vivent un drame commun : leurs enfants ont été sauvagement assassinés par un individu qui se présente à leur porte, un soir de tempête. Ce type a eu un accident de voiture, il est grièvement blessé. Les familles découvrent son identité. Et là, vous faites quoi ? Les Elliott et les Douglas décident de se faire justice. Mais la culpabilité les ronge, face à la police qui mène son enquête, les liens infaillibles vont finalement lâcher prise. Et donc, on se prend tout ça en pleine figure, pas trop mal, ça se suit avec intérêt, par contre j'ai trouvé ça d'une tristesse... Me sentais complètement déprimée à la fin.

  

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♥ MA SÉRIE COUP DE CŒUR ♥

Atypical série américaine créée par Robia Rashid. Diffusion août 2017

Atypical

Deux saisons sont disponibles, il nous tarde de découvrir la suite ! J'ai adoré cette histoire d'une famille ordinaire qui nous raconte son quotidien, entre la maman qui se réapproprie son corps de femme, le fils de 17 ans autiste et la fille athlète qui reçoit son billet pour aller dans une école privée. En fait, ça ne se résume pas, ça ne s'explique pas, ça se découvre en toute innocence. On a complètement succombé au charme de Sam, à sa logique implacable, à son humour, à son copain pervers, à sa ravissante thérapeute (maladroite), à sa détresse aussi... parce qu'on avait parfois le cœur gros et la larme à l'œil en suivant son parcours. Sam est en dernière année de lycée, il a envie de connaître une première histoire d'amour et il vit tout ça avec un naturel désarmant. C'est sans filtre, sans chichis. Beaucoup de tendresse, de sincérité et d'empathie. C'est une série qui nous a fait fondre tellement on a trouvé ça parfait. On en veut encore !

 

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Séries en cours : The Last Kingdom - Miss Fisher's Murder Mysteries - Sherlock...

 

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Pêle-mêle : Chère Bertille… et la lune en gruyère - L'École des souris : Une rentrée en canoë

Chère Bertille

Bertille adore le fromage et rêve de voyager sur la lune. Elle contacte par lettre l'arrière-arrière-arière-arrière-petit-fils de Laïka pour lui demander de précieux conseils. Mais Monsieur Pavel est un simple pâtissier, grand amateur de gâteaux à la myrtille, il promet toutefois à la petite souris de se renseigner.

De fil en aiguille, toute une communauté se mobilise pour rendre ce rêve impossible parfaitement réalisable. Même la presse est au rendez-vous pour le jour du lancement de la fusée de Bertille, le jour de son anniversaire. Tous ses nouveaux amis sont réunis pour célébrer l'événement. Tadam.

S'il fallait parier sur cette lecture rien qu'avec sa couverture, ce serait le succès garanti ! C'est aussi bon dedans que dehors. C'est dit. Cette histoire est cocasse, avec son héroïne tendrement naïve et fantasque. On craque pour ce roman épistolaire, illustré avec douceur et drôlerie, pour un vrai moment de partage et d'amitié. On sourit tout du long, c'est super rigolo et très original ! Vivement le prochain.

Chère Bertille... de Clémentine Mélois & Rudy Spiessert

Mouche de l'école des loisirs (2019)

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L'école des sourisMaître Hibou en a plus qu'assez du tintamarre dans son grenier : les souris n'en font qu'à leur tête et babillent à tout va, galopent du matin au soir, et ça fait un boucan du diable. Elvis n'a plus la paix chez lui. Impossible de se concentrer pour organiser son herbier ou parcourir les nouvelles fraîches de son journal.

Alors, il prend une mesure drastique et ouvre une école pour souris. Ce sera lui le directeur et Emma la belette son bras droit. Ce duo va alors accueillir une fratrie nombreuse et dissipée, aux noms improbables, mais on se demande qui va survivre à cette journée.

Le choc des cultures est réjouissant dans ce petit roman, où l'on croise un hibou hyper guindé et des souris déjantées mais qui font l'apprentissage de la vie. Marc Boutavant, qui pensait avoir tout vu (un âne, un ourson et un chien pourri), découvre cette fois une belette... et quelle belette !

Une lecture rigolote et surprenante, qui soulève encore une fois beaucoup d'enthousiasme chez les petits et les grands lecteurs (lesquels ont souvent ce plaisir de lire à voix haute les histoires avant de s'endormir). Très bonne pioche.

L'école des souris : Une rentrée en canoë, par Agnès Mathieu-Daudé & Marc Boutavant

Mouche de l'école des loisirs (2018)

 

Le murmure des sorcières, de Marianne Renoir

Entre la couverture illustrée par Camille Jourdy et le titre, mon cœur a fait boum, impatient de découvrir un peu plus ce que le roman dissimulait entre ses pages.

Le murmure des sorcières

Autant dire qu'il ne fait pas dans la dentelle. En nous envolant vers l'île aux Sorcières, on découvre une chouette communauté de 19683 âmes. Des sorcières, rien que des sorcières. Toutes portant un prénom à trois lettres, prénom à usage unique forcément, le compte est bon. Même le taux de naissance et de mortalité est étroitement lié. Sachant que la population est exclusivement féminine, on se demande comment... et là aussi, l'auteur nous explique tout bien. Pas de souci. Cela peut sembler trop didactique comme entrée en matière. Mais l'approche est nécessaire pour que le roman nous transporte dans son imaginaire. On apprend ainsi des tas de choses pertinentes, par exemple les sorcières sont des descendantes du Dragon de Komodo. Elles n'en sont malheureusement pas très fières et préfèrent brouiller les pistes en racontant toutes sortes de fables. Elles mettent aussi en avant que ce sont de grandes globe-trotteuses, parcourant le monde pour apprendre de nouvelles langues et d'autres cultures. Toutefois, rien ne vaut la vie sur leur île qu'elles retrouvent toujours avec grand plaisir. Ceci dit, et contrairement au président américain, nos sorcières n'ignorent rien du réchauffement climatique ni de la menace qui pointe à l'horizon.

Par un jour de tempête, alors que les vagues fouettent sauvagement leur petit rocher perdu, nos pauvres sorcières comprennent qu'elles doivent prendre leurs cliques et leurs claques pour chercher bonheur ailleurs. Elles débarquent à Paris, sur l'île de la Cité et l'île Saint-Louis. Or, leur arrivée n'est pas du goût des habitants qui s'insurgent contre l'occupation intrusive et malodorantes de ces étrangères. Les journaux en font leurs gros titres et Paris a peur. Au milieu de tout ça, une petite sorcière rencontre une petite parisienne. Les fillettes se ressemblent comme deux gouttes d'eau, ce détail les amuse et leur donne aussi une idée. Elles décident en effet d'échanger leur place : Kaï devient Marie-Astrid, rebaptisée Mad. L'une et l'autre vont ainsi découvrir une nouvelle vie, non sans heurt, car la maman de Marie-Astrid est assez déjantée dans son genre, même si cela suscite des situations rigolotes et exagérées.

Au final, ce petit roman est inattendu à vouloir s'affranchir de certaines expectatives. Parce qu'en choisissant le thème des sorcières, on s'attend plus ou moins à du fantastique. Nous en sommes vraiment loin. Le texte est assez fourre-tout, tantôt original, tantôt culotté, tantôt loufoque. Ma foi, c'est tout aussi pétillant mais parfois déconcertant. Après, le lecteur pourra y voir des messages de tolérance et d'ouverture aux autres. Et pourquoi pas recouper avec des images vues dans les journaux. Mais j'avoue que la logique m'échappe et que cette lecture n'a cessé de me surprendre. Le verdict est clément, même s'il peut susciter quelques interrogations. Après, je ne suis pas contre les histoires qui ne prennent pas les lecteurs pour des nouilles... en voici une parfaite démonstration. Je préviens simplement que l'emballage ne reflète pas vraiment le contenu. En tout cas, bonne route à nos nouvelles copines & longue vie aux sorcières.

L'école des loisirs, 2019

 

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