09/10/08

Maudit Karma - David Safier

 

 

Kim Lange a tout sacrifié pour réussir sa carrière de présentatrice vedette de la télévision, négligeant ainsi son mari Alex et leur petite fille de cinq ans, Lilly. Le soir de la remise d'un trophée, correspondant à l'anniversaire de son enfant, Kim succombe au numéro de charme d'un collègue, avant de recevoir le lavabo d'une station spatiale en pleine tête !  Le truc improbable. Par miracle, Bouddha lui offre une chance de se racheter et la réincarne en fourmi ! C'est comme ça quand on a été odieuse, menteuse et égoïste toute sa vie, on se traîne un mauvais karma ! Pour gagner des points et évoluer sur l'échelle de la réincarnation, il faut qu'elle apprenne à faire le bien. Et c'est en compagnie d'un certain Signore Casanova qu'elle espère parvenir à son but. Ha, ha. Le processus ne manquera pas de lui en faire voir de toutes les couleurs ! En attendant, Kim va prendre conscience de ses erreurs, se morfondre d'avoir perdu sa famille, rêver de consoler sa fillette et empêcher le mariage d'Alex avec son ex-meilleure amie !

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Maudit Karma est un roman léger, délicieusement grotesque, qui traite de la réincarnation avec fantaisie et une pointe d'ironie, pour une lecture franchement drôle et qui fait un bien fou. L'histoire se plaît à raconter des tas de péripéties désopilantes au centre desquelles Kim Lange se débat avec un culot monstre. Au début, son personnage n'est franchement pas très sympathique, mais il devient vite attachant et altruiste. Quel revirement. Et puis, c'est émouvant aussi de suivre Kim, prête à tout, même à renoncer au Nirvana, pour retrouver son enfant. Cette touche sentimentale donne du baume au cœur, même si l'intrigue est globalement bien ficelée et donne le sentiment de louvoyer continuellement. C'est l'antidote parfait pour lutter contre la morosité ambiante !

Editions Presse de la Cité, septembre 2008 - 318 pages - 19,50€
traduit de l'allemand par Catherine Barret

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08/10/08

Une fée tombée dans l'eau A la nage revenait au rivage Le sel de son chapeau Doucement s'en allât vers le large *

* Paroles Voilà Pourquoi / Emily Loizeau

... Voilà pourquoi la mer est salée mon bébé !

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51_2BU8lcSMCL__SS500_Mortadelle est une princesse insouciante. Elle aime grimper dans les arbres et embêter les garçons du château.  Ses parents passent tout leur temps à téléphoner et tapoter sur leurs ordinateurs portables. Ils ne sont vraiment pas drôles, mais sérieux à en mourir. Et puis, ils ne comprennent pas pourquoi Mortadelle ne porte jamais sa couronne. Pour elle, c'est un objet inutile, encombrant et trop lourd. Pour ses parents, c'est indispensable pour avoir du plomb dans la tête et la tête sur les épaules.

Un jour, sa mère tombe malade, puis son père devient tout gris. Les médecins sont impuissants, mais Mortadelle a une idée : soulager leur tête trop remplie et chargée de soucis. Il faut de la légèreté, porter des couronnes en nuage, faites pour rêver et prendre la vie du bon côté !

De Didier Lévy
Illustrations : Nathalie Dieterlé

Nathan - Mes p'tites histoires / 3-6 ans / 5,95€

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512Lg2kYWGL__SS500_Lune-Milla Rose est une adorable petite fille blonde, qui habite avec sa grand-mère près d'un bois. Avec son inséparable camarade, Basile le cochon, la fillette aime se balader dans la forêt.

Un jour, elle trébuche sur une racine d'arbre et découvre un champignon étincelant. Lorsqu'une de ses larmes l'atteint, aussitôt le champignon se met à grandir. Surprise, Lune-Milla Rose éclate de rire et le champignon rétrécit. Basile est excité comme une puce, car à l'écouter, ils viennent de découvrir le champignon magique, celui d'une légende qui traverse les siècles.

Transporté de joie, Basile croque un morceau de champignon. Puis il se met à réciter ses voeux et le miracle s'accomplit. Le cochon est fou de bonheur, mais sa petite copine se fâche. Stop, c'est trop facile ! A quoi les rêves serviraient si on pouvait tout obtenir en faisant un simple voeu ?

Penaud, Basile comprend qu'il faut cacher le champignon - mais où ?  Au centre de la terre, au fond des océans ou à l'autre bout de la voie lactée ? Lune-Milla Rose a une idée plus commode et va choisir d'en faire profiter tous ceux qui ont gardé une âme d'enfant.

Très bel album !
L'histoire a été écrite par l'actrice Hélène de Fougerolles, et c'est une belle réussite. C'est drôle, pas moralisateur comme un conte classique, et ce n'est pas nunuche non plus. L'écriture est pétillante, les illustrations de Marion Duval sont ravissantes, avec un charme candide qui se fond à merveille avec l'histoire.
Mention spéciale pour le cochon Basile, que j'adore.

Album Nathan / dès 4 ans / 12,95€

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51eDD6GCgtL__SS500_Léontine a de très longs cheveux, qui lui cachent le visage. Elle ne veut pas les couper car on dit qu'ils sont identiques à ceux de son père, lequel est décédé. A l'école, ses camarades se moquent de son prénom et sa solitude exacerbe leurs méchancetés, puisqu'elle ne cherche pas à se défendre.

Heureusement, dans sa classe, il y a Olaf, un garçon original car il aime chanter tout le temps. Les cheveux de Léontine ont commencé à frétiller dans tous les sens et décident, un jour, d'effleurer le visage du garçon. C'est un vrai coup au coeur, Olaf aperçoit le minois de Léontine et en perd le sifflet. Maladroit, il lui glisse qu'elle devrait dégager son visage qui est trop doux pour être masqué.

Léontine prend alors la grande décision et coupe sa longue crinière. Avec Olaf, elle décide d'enterrer ses cheveux et de créer une chanson. Depuis, la fillette n'a plus peur, elle ne se camoufle plus, le sourire a retrouvé le chemin de son visage et son prénom, à son oreille, est devenu une chanson.

Une histoire belle et toute simple.
De Rémi Courgeon.

Album Nathan / dès 4 ans / 13,95€

La très sérieuse couronne de Princesse Mortadelle

Lune-Milla Rose et le champignon magique

Les cheveux de Léontine

07/10/08

Egypt Farm - Rachel Cusk

Michael, narrateur de l'histoire, fit la connaissance des Hanbury quand la soeur de son camarade de chambrée, Adam Hanbury, l'invita à son dix-huitième anniversaire. Le carton indiquait ni adresse ni numéro de téléphone, juste Egypt. Ce n'est pas un pays, mais un lieu-dit perdu au milieu de nulle part, un cadre original, à l'ambiance fourre-tout, et qui procure ce sentiment diffus : celui d'avoir volontairement quitté la bonne route et d'être maintenant perdu, loin de chez soi.

Le jeune homme pénètre un univers nouveau, où évolue la famille délicieusement excentrique d'Adam. On y croise le père, Paul, marié à Vivian, qui n'est pas la mère des enfants Hanbury, c'est Audrey, qui ne vit pas très loin de là, mais qui passe tout son temps à Egypt Farm. Cet endroit n'a pas d'égal et c'est ce qui le rend si bougrement fascinant.

Les années vont passer et Michael va perdre de vue Adam. Un comble ! Le charme d'Egypt avait eu un effet si troublant, comment a-t-il pu tout oublier ? Aujourd'hui, il est marié à Rebecca et père d'un garçon de trois ans, Hamish. Leur vie est molle, neurasthénique et martelée de consternations quant à l'évidente vacuité des sentiments qu'ils nourrissent l'un pour l'autre. Le jour où le balcon de sa maison s'écroule et manque de le tuer signe aussitôt son départ vers cet Eldorado aux allures de Paradis Perdu...

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Je ne suis pas du tout d'accord avec cet extrait de critique lue dans Lire : "avec Egypt Farm, elle se glisse cette fois dans la peau d'un homme, Michael, que l'on découvre sous la douce lumière d'une scène à la Jane Austen", parce que l'entrée en matière du roman ne baigne pas du tout dans l'ambiance austenienne, mais plutôt fitzgeraldienne. Avis personnel !

J'ai tout de suite aimé cette atmosphère à Egypt Farm, sorte de bulle prête à éclater, où la langueur et l'excentricité font bon ménage. Les Hanbury font figure de tribu bobo, assez prétentieuse et arrogante, totalement persuadée d'être un modèle qui suscite l'envie (peut-être n'ont-ils pas totalement tort ?). Or, les années passant, rien n'est plus pareil, si ce n'est la fierté - inébranlable sentiment qui anime la flamme des Hanbury ! Mais qu'est-ce que tout cela cache ? 

La vie à Egypt Farm n'est que poudre aux yeux, laquelle a la qualité magique de donner l'impression que ce qu'on avait à faire ne correspondait pas du tout à l'idée qu'on en avait. L'éclat lumineux s'est éteint, à la place les ombres et les recoins ternes envahissent la place. C'est méconnaissable. Et l'influence est terrible, puisqu'elle prend le pas sur le climat soudain devenu taciturne et amer.

Rachel Cusk continue d'étoffer sa palette de vies maritales complètement désenchantées, ici l'échec du couple est flagrant. Les rapports entre Michael et Rebecca sont vénéneux, tournent sans cesse à l'aigre et à l'orage. Mais le fiasco s'étend aussi chez les habitants d'Egypt, guère épargnés par les mensonges, les vicissitudes et autres fourberies qu'ils entretiennent avec un aplomb déroutant. Les Hanbury ont un secret, qui n'aura pas l'effet d'une bombe, mais qui brisera sans doute les dernières illusions du narrateur !

Au final, voici un roman à l'humour féroce qui ne m'inspire qu'une impression mitigée. J'ai déploré certains passages trop longs (l'agnelage, par exemple) et les relations entre hommes et femmes souvent placées sous un effet de loupe grossier. Le rendu est laid et assez navrant. Et puis, Michael, le personnage principal, est décevant, passif, mou et porte une barbe ! Malgré tout, je n'enverrai pas ce livre aux orties car il porte une signature singulière : celle de Rachel Cusk, lucide et cruelle, réaliste et franche (cf. son précédent roman Arlington Park). Elle manie le cynisme avec une facilité qui force mon admiration... hélas bien mal placée ! Je sais, c'est incompréhensible. Cette lecture me laisse un profond sentiment de contradiction. 

Editions de l'Olivier, octobre 2008 - 300 pages - 21€
traduit de l'anglais par Justine de Mazères

Le premier roman traduit : Arlington Park 

--) critique de lire http://www.lire.fr/critique.asp/idC=52863/idR=217/idG=4

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06/10/08

Rien ne distrait la folie Qui l'entoure mais rien ne peut Détourner mon cœur épris *

518SYEJHVQL__SS500_Ce roman pour la jeunesse raconte l'histoire d'une jeune japonaise, fille de paysans, qui décide de suivre l'apprentissage de Maître Matsuo Seki, lequel exerce la profession d'écrivain public. Cette vocation révèlera chez la demoiselle une âme profonde, sensible à la poésie, et fera couler des poèmes d'une très grande beauté, qui feront sa réputation jusqu'à la cour royale.

Fleur-des-Neiges reste toutefois bouleversée de ne pas être aimée par l'élu de son coeur, Tadashi, par la faute de leurs différences sociales, pense-t-elle. Son coeur est meurtri, fermé à jamais de connaître d'autres élans. Le passage de l'ibis blanc, oiseau qu'elle achète avant de libérer près d'un bassin aux lotus pour faire envoler son chagrin, est très joli.

Ce texte, qui est aussi un conte classique et intemporel, raconte donc la destinée de Fleur-des-Neiges (en japonais, on dit Yukika) avec un sens du raffinement fort délectable. Les illustrations de Claude Cachin ajoutent du charme et une crédibilité à ce récit délicat. Une belle lecture à conseiller aux enfants, dès 9 ans.

Fleur des Neiges, texte de Pierre-Marie Beaude, illustré par Claude Cachin
Gallimard jeunesse, Folio Cadet - Septembre 2008, 52 pages - 5,30€

 

* Paroles d' Une lettre oubliée / Juliette

Tu sais qu'il y a un bateau qui mène au pays des rêves Là-bas où il fait chaud, où le ciel n'a pas son pareil *

 

 

 

 

* Paroles de Libertad / Pep's

On m'avait dit p'tit gars
Là-bas on t'enlève tes chaînes
On te donne une vie
Sans t'jeter dans l'arène
Comme ici tout petit après neuf mois à peine
On te plonge dans une vie où tu perds vite haleine
(...)
Alors une petite fille aussi belle que nature
Me prit par la main et m'dit : "Suis cette aventure"
On disait même, oh oui que la mer l'enviait
Que la montagne se courbait pour la laisser passer
Elle m'emmena au loin avec une douceur sans fin
Et ses bouclettes dorées dégageaient ce parfum
Qui depuis des années guidait ce chemin
Ton chemin, mon chemin, le chemin
(...)

**********

51xBKoyTyoL__SS400_Avis à toutes les mamans qui ont grandi devant Heidi la petite fille dans les Alpages... Voici un petit bouquin pour vos bambins qui peut-être leur donnera une petite idée du bonheur (le nôtre, celui de notre enfance !). Anna, héroïne de 11 ans, et ses parents quittent leur ville d'Aulnay-sous-Bois pour s'installer dans un village de montagne où ils vont ouvrir une boulangerie. Un vrai décor de carte postale s'offre à eux, avec en prime un climat différent, un rythme de vie plus lent et des relations assez frileuses. La communauté est réservée, elle jauge avant de souhaiter la bienvenue et de vous compter parmi elle. Anna et ses parents pensaient que les idiots ne vivaient qu'en ville et étaient éloignés de ce havre de paix. Erreur : leur venue n'est pas bien perçue par le boulanger itinérant, fâché de perdre sa clientèle. Intimidation, menaces, sentence élémentaire : vous n'êtes pas d'ici, retournez d'où vous venez... Le père d'Anna va perdre son sang-froid et commettre le geste de trop.

De son côté, Anna a le blues et souffre du mal du pays. Elle n'ose pas le dire à ses parents, qui ne comprendraient pas. Elle a tout pour être heureuse, n'a aucune raison d'être insatisfaite et pourtant l'isolement, la solitude, le déracinement s'associent férocement pour miner son moral. Ou est-ce aussi le manque de sa meilleure amie Lina qui cause son cafard ? 

Un texte gentil, sensible et lucide sur le déménagement et les relations avec les autres (parents, voisins, amis). De jolis passages sur la nature, les paysages montagnards apportent la petite touche de couleur au tableau.

* 10 ans et plus *
J'habite en bas du ciel - Bruno Gibert
Syros, coll. tempo - août 2008 - 136 pages. 5,90€

Pour les nostalgiques ;o)

 


Heidi la serie tv

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51KxNaig5ZL__SS500_En vacances chez sa grand-mère, Mathilde s'inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son amie Jocelyne, restée à Paris. Elle parvient à rentrer chez elle en avance et se rend presque aussitôt chez Jocelyne, où le quartier a totalement perdu de sa vivacité et de sa couleur. C'est anormalement calme, les lieux sont vides et abandonnés. En s'introduisant par effraction dans l'immeuble de sa copine, elle découvre des appartements délabrés, où la vie de tous les jours a subitement pris fin, sans explication.

Sa mère lui suggère alors de se rendre au commissariat mais l'accueil est froid. La rentrée au collège s'effectue, aucune trace de Jocelyne, ce qui inquiète de plus en plus Mathilde. Elle retrouve Gretsch, un garçon qui vient de Tchéchénie, pays qu'il a fui à cause de la répression sanglante, et elle sera alors témoin d'une scène qui lui apportera la réponse qu'elle n'attendait plus.

C'est sur une intrigue policière que se base l'histoire de ce roman, dont le sujet concerne la clandestinité et les sans-papiers. Cela devient un thème de plus en plus exploité dans la littérature jeunesse, cf. L'ami l'iguane d'Alex Cousseau chez Le Rouergue. Ici, Christian Roux a mis l'accent sur le mystère autour de la disparition d'une jeune Malienne, la meilleure amie de l'héroïne, en créant une ambiance pesante (il parle de 'tristesse infinie' ou de 'catastrophe permante' pour planter son décor).

C'est bien vu, Mathilde s'improvise détective et c'est à travers elle qu'on passe au peigne fin les 'lieux du crime'. Le passage en revue est souligné par son innocence et son inquiétude (bien légitime), mais cela n'empêche pas le lecteur de vite décrypter les messages cachés. En fait, l'auteur nous donne assez facilement les bonnes pistes à suivre, mais il a l'habileté de faire travailler Mathilde, la forcer à fouiller et réfléchir pour arriver à ses propres conclusions. 

Le récit s'entoure aussi de brillantes introspections pour rappeler l'amitié sincère entre les deux filles, ce que l'une avait su apporter à l'autre. Il met aussi en valeur la précarité des familles démunies, sans aucun misérabilisme. C'est juste, écrit sans fard, sans état d'âme. Et cela touchera davantage les lecteurs de niveau collège.

Les maisons aux paupières crevées - Christian Roux
Syros, coll. Souris Noire - 146 pages - 5,90€
11 ans et +

J'habite en bas du ciel

Les maisons aux paupières crevées

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05/10/08

Zig zig avec toi, Et lorsque ton corps zigzague Zig zig toi et moi *

Il y a une collection au Rouergue que j'aime beaucoup, c'est Zig Zag qui s'adresse aux lecteurs débutants, grâce à des petits romans riches en illustrations. C'est facile pour débuter dans la lecture tout seul, ça ne coupe pas abruptement avec l'univers de l'album, c'est un entre-deux fort appréciable ! Et puis c'est sympathique, pas fastidieux pour deux sous.
Deux nouveautés pour cette rentrée, Je sens pas bon par Emmanuel Arnaud et L'Ami Iguane d'Alex Cousseau.

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Le premier titre raconte la mésaventure de Noël, élève de CM1. Pendant la récréation, une fille le repousse et l'insulte d'un vilain "tu pues" qui est vite repris par toute la classe. Dans le même temps, sa mère lui offre une eau de toilette (sans savoir) et l'école se rend à la Crad Expo (qui finit de tourner l'anecdote en véritable enfer pour le garçon). Noël devient la risée de toute la classe, on l'humilie et le met à l'écart. C'est sa petite soeur qui raconte l'histoire, et elle trouve injuste ce qui arrive à son frère. Elle met la maîtresse dans la confidence, et celle-ci va trouver une solution... parfumée !

Un livre qui sent l'injustice, l'intolérance, la bêtise et l'impuissance. C'est écrit dans un langage courant, assez familier et merveilleusement illustré par Princesse Camcam (en voir plus, sur son blog) .

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L'Ami Iguane raconte l'histoire de Dimitri et sa voisine Manola, qui vient du Mexique, n'a pas un sou, travaille la nuit et vit seule avec son iguane. Un jour, le dénommé père Grinche accuse cette femme et sa bestiole d'avoir mangé l'orteil de son fils. Pour preuve : on retrouve le ballon du garçon et l'orteil blessé dans son jardin. Cela fait beaucoup de peine à Manola, qui choisit de prendre la fuite, avec son iguane. Dimitri les suit, ainsi que les gendarmes. Le garçon ne comprend pas pourquoi elle doute de l'innocence de son animal, car l'iguane est herbivore et le père Grinche n'est qu'un menteur. Manola lui explique, alors, que son iguane est un sans-papier, entré illégalement sur le territoire français. Elle a peur de la gendarmerie, car la loi est la loi, et le travail d'un gendarme c'est de faire appliquer la loi.

Un texte engagé, traité avec humour et fantaisie, Alex Cousseau veut sensibiliser les jeunes lecteurs sur ce sujet d'actualité. Et c'est l'iguane qui n'a pas de papier, je trouve ça plutôt rigolo comme principe. Encore une fois, en comparaison de Je sens pas bon, l'histoire traite de l'injustice, l'intolérance et la bêtise.

 

 

* Paroles de Zig Zag avec toi / Serge Gainsbourg

Editions du Rouergue, septembre 2008 :
* Je sens pas bon, d'Emmanuel Arnaud / illustrations de Princesse Camcam (Zig Zag, 6€)
* L'ami iguane, d'Alex Cousseau / illustrations d'Anne-Lise Boutin (Zig Zag, 6,50€)
 

04/10/08

Dès lors, je peux bien te laisser Dehors, puisqu'au fond j'ai trouvé de l'or tout à l'intérieur *

Nous poursuivons notre petit tour dans les rayons jeunesse, avec un nouvel éditeur : le Rouergue. C'est souvent l'occasion de découvrir des albums étonnants, au graphisme qui sort de l'ordinaire et contant une histoire peu banale. Cela fait appel à notre sensibilité, cela fait réfléchir aussi. Ce n'est pas une lecture qui s'offre à nous dès la première rencontre, cela demande généralement d'y revenir, d'y songer, de traquer des signes ou des indices.

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Je pense forcément à un titre, en avançant tout cela, et effectivement l'album C'est Giorgio de Corinne Lovera-Vitali n'est pas facile à cerner de prime abord. D'abord son look : pâle, épuré, une économie de moyens soulignée par l'utilisation d'un simple stylo bic noir (+ une couleur !). C'est singulier, assez particulier. Pas sûr que ça plaise à tous !

L'histoire est celle d'une petite fille qui décide qu'elle est grande maintenant. Elle peut faire plein de trucs toute seule, mais la solitude, aussi, ça pèse. Au cours d'une promenade, elle fait la découverte d'une peluche abandonnée (oubliée ou perdue), c'est Giorgio - pas bien vaillant, pas très beau. Elle l'emporte, en le camouflant sous sa veste. Chez elle, elle va le nettoyer, lui refaire une beauté. C'est devenu son petit "quelqu'un" avec qui elle va faire plein de trucs maintenant !

Cette histoire aborde l'envie de l'enfant d'être grand, mais confronté à la solitude. C'est finalement auprès d'un doudou, qu'on colle généralement dans les bras des petits, que la fillette va trouver son réconfort et cela lui permettra d'être une grande, à sa manière ! Peut-être un peu trop original pour toucher nos bambins... ?

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Petit comme un poing d'Irène Cohen-Jana est une histoire plus traditionnelle, avec une couverture amusante et très attirante. Le récit est assez moderne, contemporain car il évoque le souci des portables dans le quotidien des gens débordés (ça me fait rire !). Cela montre aussi tout le ridicule que représente une vie accrochée à son portable, mais il s'agit de mon interprétation personnelle ! ;o)

Bref, c'est l'aventure de Mme Piroulet qui promène dans le parc son petit Léon, bien scotché dans sa poussette. De son côté, elle passe coup de fil sur coup de fil pour organiser l'anniversaire de son petit, à tel point qu'elle se rend compte trop tard que Léon a disparu ! La maman paniquée court se renseigner auprès du gardien, de la dame du manège, du directeur du théâtre et du commissaire de police. Elle devient folle d'angoisse, elle répète pourquoi elle n'a rien vu, rien entendu (portable oblige !) et dring dring ! la fin finit bien.

Cela fait un peu théâtre de Guignol, toute cette cacophonie, cette course échevelée et ce discours de dingues. Cela s'appuie sur des effets comiques de répétition et d'accumulation, c'est excellent pour raconter oralement ! Le téléphone portable est donc au coeur de cette histoire, mais l'auteur n'a pas cherché à être critique. Elle se moque avec tendresse, elle met le doigt sur cette invasion - bonne et/ou mauvaise - avec parfois des conséquences qui vont dans les deux sens. Mais c'est un livre qui s'inscrit dans son époque, c'est ainsi. :))

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* paroles de Lola Majeure / Zazie

Editions du Rouergue, septembre 2008 :
* C'est Giorgio, de Corinne Lovera-Vitali / illustrations de Loren Capelli (Coll. Varia, 16€)
* Petit comme un poing, d'Irène Cohen-Janca / illustrations de Candice Hayat (Coll. Varia, 12€)

03/10/08

La petite cloche au son grêle - Paul Vacca

Attention, pépite ! Gros coup de coeur pour ce roman.
D'ailleurs, il est tellement incroyable que c'est presque lui faire injustice d'en parler, mes mots n'arriveront jamais à la cheville d'une telle histoire. Mais je vais essayer, par souci de vouloir partager mon amour pour ce roman. Et puis, comme il est écrit à un moment dans le livre : "Quel bonheur de partager un secret ! Maintenant, ils savent comme nous que ce livre est un grimoire empli d'heureux sortilèges."

L'histoire se passe dans un petit village du Nord de la France, au charme bucolique rafraîchissant et enchanteur. La Solène coule le long d'un sentier herbeux, à travers les sous-bois. Là, le jeune narrateur de 13 ans et sa mère Paola ont trouvé leur refuge et butinent l'air fleuri en laissant éclater leur bonheur. Il y a une vraie complicité entre eux, un amour grand comme le monde. Le père est témoin passif, mais pas totalement en retrait non plus. Il est le cafetier du village, il voue à son épouse une admiration sans bornes. En gros, tout le monde est beau, tout le monde est gentil et c'est la belle vie.

Non, bien sûr. La belle Paola est malade et doit se rendre à Paris pour des examens. Surtout ne pas inquiéter le garçon et prétendre qu'elle rend visite à une vieille tante. C'est juste une histoire de quelques jours... En attendant, notre jeune héros est amoureux d'une demoiselle qui le snobe. Avec son copain Mouche, il échafaude des plans tordus pour attirer son attention, mais le résultat n'est pas à la hauteur des attentes. Et puis, il y a aussi la prof de français, la terrible Mlle Jeannin, qui vante les barbaries et autres solécismes dans lesquelles se noient ses rédactions avec un sadisme écoeurant, et ce, devant toute la classe !

C'en est trop pour la mère. C'est vrai que son fils n'aime pas les livres et risque mal de devenir un grand écrivain. Sauf qu'elle ignore que ce même fiston est plongé, tous les soirs, dans un pavé aux longues phrases sinueuses, qui éveillent en lui des sentiments nouveaux et vertigineux. En rentrant d'une promenade, le garçon a trouvé un livre abandonné, qui appartenait à une femme belle comme le jour, il s'en est emparé et le cache sous son oreiller. Il s'agit de Marcel Proust, Du côté de chez Swann. "Je ne sais pas encore à quel point ce livre va changer notre vie."

La suite est une valse étourdissante entre les éclats de rire, la tendresse, l'envie et le désespoir. C'est beau à en pleurer ! J'ai longtemps cru qu'on allait échapper au chagrin tant l'auteur s'ingéniait à faire basculer les passages tristes avec ceux plus joyeux. Bien entendu, j'ai versé ma petite larme. Pourtant je ne voudrais pas qu'on charge ce roman d'un pathos gluant et déplacé, c'est tout le contraire. C'est une histoire d'admiration, d'amour et de grandeur. On peut aussi y voir un hymne formidable au pouvoir des mots et de la lecture, à son bienfait fédérateur (tout un village se mobilise pour créer un spectacle). Ne passez pas votre chemin et dévorez ce livre... il est magnifique !   

un grand merci à l'auteur de m'avoir fait partager ce plaisir de lecture ***

Philippe Rey, mars 2008 - 180 pages - 16€

L'avis de Cathulu

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02/10/08

Ghostgirl - Tonya Hurley

 

 

C'est la rentrée des classes et Charlotte Usher est déterminée à marquer cette année d'une pierre blanche. Elle ne veut plus être cette élève transparente, qui n'a pas d'amis et qu'on humilie pour le plaisir. Tout l'été elle a travaillé pour imiter Petula et les deux Wendy, les filles les plus populaires du lycée, et veut réussir à séduire l'objet de son affection - Damen. Elle croit en sa bonne étoile, mais ce premier jour signe aussi sa fin : elle meurt étouffée en mangeant un ourson en gélatine.

Devenue fantôme, Charlotte rejoint la classe des morts et apprend qu'elle doit accomplir un acte resté inachevé avant de basculer dans l'au-delà. Aucun doute possible pour l'adolescente, elle doit conquérir Damen et décrocher une invitation pour le bal. Devenir populaire. Obtenir tout ce qu'elle n'a jamais pu avoir de son vivant. Mais comment faire, surtout quand la seule personne capable de vous voir est Scarlet, la soeur de Pétula, accessoirement la petite amie de Damen !?

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Le roman en lui-même est très réussi (couverture, graphisme, pas mal de couleurs, de la fantaisie entre les chapitres, citations des plus grands auteurs anglo-saxons), pour cela le soin apporté au plaisir de la lecture est appréciable. Quant à l'histoire, c'est un autre dilemme. J'ai trouvé que c'était drôle, Charlotte est un sacré personnage, totalement obsédé par Damen, mais cela reste léger et plutôt indiqué à un jeune public, dès 12 ans par exemple. Le propos de vouloir exister aux yeux des autres est traité de façon pathétique pour commencer, puis avec énormément de dérision. On échappe à la farce grotesque, car Tonya Hurley (qui travaille dans le cinéma) (et oui, c'est la soeur de Liz) parvient brillamment à distiller de la fantaisie à ce qui ressemble fort à du flegme britannique !

Plon jeunesse, octobre 2008 - 326 pages - 17,90€
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Myriam Borel

Le site : www.ghostgirl.fr

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(extrait)

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01/10/08

On s'y fera - Zoyâ Pirzâd

Nouvelle opération menée par le Livre de Poche, avec en proposition : On s'y fera, de Zoyâ Pirzâd (que j'avais déjà lu lors de sa sortie). Je vous encourage à saisir cette opportunité, car c'est l'occasion d'aller au-devant d'un auteur, d'un univers et ce serait dommage de passer à côté.

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L'histoire se passe en Iran. Nous suivons Arezou Sarem, 41 ans, divorcée et mère d'une fille de 19 ans, Ayeh. Elle est responsable d'une agence immobilière, qu'elle dirige avec son amie Shirine, laquelle va jouer l'entremetteuse en lui faisant rencontrer un client, lors d'une banale visite d'une maison. Zardjou est un homme sûr de lui, qui va réussir à décrocher une signature et un rendez-vous, au grand dam d'Arezou. Elle ne se sent pas prête pour vivre une histoire sentimentale, elle n'a pas follement envie de se changer les idées. Elle a déjà fort à faire entre sa fille, têtue et soupe au lait, et sa mère, qu'on surnomme la Princesse, bref elle se sent prise en sandwich par ces deux ogresses. Où pourrait-elle trouver de la place pour un homme ?

"On s'y fera" est un roman entier, au nom des femmes. On y découvre des destins croisés, des désirs d'émancipation et ce, malgré les liens de la famille qui étranglent et vous lient pieds et poings. La pression est tapie dans l'ombre, on admet une femme indépendante, qui travaille, divorcée, élevant seule sa fille, et finalement c'est au coeur du foyer qu'on ne pardonne pas cet anti-conformisme. On comprend alors combien il sera difficile pour Arezou de faire accepter l'intrusion de Zardjou dans ce schéma complexe.
A elle, donc, d'invoquer le génie de la lampe pour s'offrir une chance de prendre son avenir à bras le corps, et de réussir à braver celles qui font de sa vie une prison dorée. Car après tout, les rencontres aidant, Arezou s'aperçoit qu'elle n'est pas si mal lotie et que d'autres femmes sont dix fois plus infortunées qu'elle.
Le roman est moins doux et poétique que son recueil de nouvelles, Comme tous les après-midi, toutefois cela reste une lecture grisante, tendre et désespérante. Un léger souffle de révolution fait battre le coeur des femmes iraniennes et ce n'est que plaisir à entendre !

Livre de Poche, septembre 2008 - 316 pages - 6,50€  

Posté par clarabel76 à 18:30:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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