05/12/07

Dans la hotte (1)

Voici quelques idées à glisser sous le sapin vert, dans les petits souliers ou les grandes chaussettes tricotées ..

  • Un premier livre pour lequel je dois remercier Gawou la super libraire qui a consacré à ce titre une rubrique spécial Chouchous, tant la demoiselle a aimé !

emilie_pastequeForte de cette appréciation, j'ai donc à mon tour voulu le découvrir parce que le titre, la couverture et les illustrations m'inspiraient des sentiments contradictoires.

J'aime le nom d'Emilie Pastèque, une petite fille qui grandit en s'entourant d'objets divers qu'elle aime à collectionner. A l'âge de 5 ans, l'enfant a envahi l'espace de sa chambre par un amas de cailloux, coquillages, petits os de poulet, tickets de bus, rubans et cocons... Mais à force, la place se fait rare, Emilie Pastèque vit cloîtrée dans sa chambre et plus personne ne peut y mettre les pieds.

Dans son bazar, Emilie rencontre un jour un ogre. Oui, un véritable et redoutable ogre, qui se plaint d'un mal de ventre ! La fillette décide de le soigner en échange d'avoir la vie sauve. Cependant, elle n'est pas dupe et sait pertinemment que le monstre rouge ne va pas tenir le pari. Alors il faut qu'elle se protège, qu'elle prépare sa défense et ça va plutôt bien marcher pour elle. En se servant de la dent trouvée dans l'estomac de l'ogre, qui était à l'origine du mal, Emilie Pastèque va combattre la bestiole et sortir victorieuse.

Belle leçon de courage, pour cette demoiselle angoissée et qui refusait de côtoyer le monde en s'enfermant dans son univers à elle ...  Cette victoire sur l'ogre va lui permettre de s'ouvrir aux autres (ici, sa famille peut à nouveau venir dans la chambre, bavarder et repartir avec un objet).

La représentation dans ce conte initiatique est symbolique. Ce sont plus particulièrement les illustrations (d'Emmanuelle Houdart) qui vont créer leur effet. Au début, c'est bourré de charme. Et puis ça devient assez choquant et bizarroïde. Toutes les scènes avec l'ogre sont des zones marquantes, moi je n'ai pas été fort emballée. Et pourtant le reste de l'histoire est vraiment superbe !

A lire dès 6 - 7 ans - Editions Thierry Magnier - 17, 50 €  (texte de Ludovic Flamant)

  • Voici un livre qui a remporté mon enthousiasme, mon enchantement et que j'aimerais conseiller à tous les lecteurs, petits et grands confondus !

le_silence_de_l_opera_2Louis, un petit preneur de son vif et curieux, pousse un jour la porte de l'Opéra de Paris. Il découvre alors l'existence de grands personnages blancs, fantômes malicieux des oeuvres jouées dans la prestigieuse salle, et engage avec eux une palpitante partie de cache-cache visuel et musical...

Plusieurs choses m'ont plu dans ce beau et grand livre (37 x 24 cm !). C'est tout d'abord la voix de Jean Rochefort, oui c'est ce monsieur élégant et grave qui avait déjà su conquérir mon coeur alors que je n'étais qu'une toute jeune fille (c'est bien simple, c'est lui qui incarne Desgrez dans la série tv Angélique !!! ). Pour faire brève, j'aime le timbre de sa voix ! J'en suis dingue, vraiment dingue !

De le découvrir sur cet album - cd, mon coeur a fait un bond de dix mètres et j'ai foncé. De plus, le sujet m'intriguait. L'idée du livre est d'aborder les coulisses d'un théâtre et de l'opéra pour éveiller la sensibilité du néophyte. En discutant avec Gawou, j'ai pu comparer nos impressions et remettre les pieds sur terre à mon affolement de midinette patentée. Parce que moi j'adooore !

Les illustrations de Pierre Créac'h, la  bouille du petit preneur de leçon, les fantômes, les parties de cache-cache, les clins d'oeil, les jeux de mots et toute la thématique qui rappelle le monde du théâtre (le trac, le couac, la soupe à la tomate, les applaudissements, etc.) ... pour moi c'est du lourd, c'est grandiose, c'est l'immersion inespérée et divertissante dans ce magnifique silence de l'opéra.

Quelques extraits musicaux ponctuent la discussion. Mais je pense que l'approche est encore balbutiante de ce côté-là ... (Pas grave !) Et même Miss C. a été sous le charme. Elle a juste regretté que les illustrations soient en noir et blanc, et que ça manque de couleurs selon elle !

Pas d'âge à conseiller ! - Editions Sarbacane - 110 pages, un cd de 30 minutes - 29,90 €  (un peu cher, je sais)

 

constance_en_pensionDepuis le mois de septembre, un nouveau livre est sorti qui raconte l'expérience de Constance en pension. A force d'être impossible avec ses parents, ces derniers ont choisi de l'inscrire à la pension La Joie où la directrice a pour mission de serrer la vis aux tempéraments difficiles. Constance a aussitôt compris qu'elle gagnerait à sortir de cet enfer en se montrant douce et docile pour retrouver son seul meilleur ami, le chat Miniature.

Le double effet pervers de cette histoire est qu'il est impensable de la raconter sans l'avoir sous les yeux, parce qu'elle joue sur les oxymores de bout en bout. Il y a constamment une totale opposition entre ce qui est écrit et ce qui est illustré.

Le premier livre avait bénéficié de la surprise, mais je reconnais que ce deuxième titre est moins spectaculaire et jubilatoire. Une petite déception, soit. Mais que les fans pourront bannir, sans souci !

A partir de 6 ans - Hachette éditions - 8, 50 €

(J'avais parlé du livre précédent ici ! )

  • Pour finir, rappelons que les éditions Gautier Languereau ont lancé depuis mars 2007 une nouvelle collection appelée Les petits Gautier où on retrouve le meilleur de leur catalogue en petit format broché, à un prix doux de 5, 20 € ...

J'en profite pour évoquer un titre au hasard.

une_lettre_pour_lilyY a-t-il une licorne dans la ferme ?

Victor le facteur entame à la ferme une tournée un peu spéciale : il doit remettre une lettre à Lily... la licorne ! À la recherche de cette mystérieuse Lily, il rencontre tour à tour tous les animaux. Mais, une licorne… dans une ferme ? Tout cela semble bien étrange…

Une histoire pleine de fantaisie poétique pour célébrer les joies du 1er avril.

Le texte est signé de Christian Ponchon, les dessins sont de Rébecca Dautremer.

Très belle lecture, au demeurant.

La collection des Petits Gautier compte actuellement 24 titres (pour connaître la liste, cliquez ici !). On y croise l'illustre Eric Puybaret, les véritables histoires de la petite souris, du père noël ou du marchand de sable, des contes légendaires, la palette lumineuse de Marcelino Truong, de la tendresse et beaucoup d'émotion, une histoire de pou, le grand Classique de Rebecca Dautremer (et prix sorcières 2004), une comptine et la nostalgie du loup...

Le programme est beau, la découverte est tentante, pour 5,20 € après tout ... n'hésitez pas un instant à piocher dans le lot !

A très prochainement, pour une nouvelle liste d'idées cadeaux pour petits et grands lecteurs !!!


04/12/07

Emma (tomes 1 & 2 ) - Kaoru Mori

emma_1Ce manga raconte l'histoire improbable entre une jeune soubrette prénommée Emma et un fils de bourgeois, William Jones, qui se rencontrent chez Kelly Stowner, l'ancienne gouvernante du gentilhomme.
Dans cette Angleterre du 19ème siècle, toute relation entre deux classes sociales différentes est hautement répréhensible, l'un et l'autre le savent. Toutefois, d'histoire d'amour il n'y en a pas clairement, c'est plus feutré. On sent bien William ému et troublé par la jolie domestique, elle-même sensible à son charme. On ne va pas plus loin, n'attendez aucune déclaration enflammée, des emballements ou de la cavalerie ... que nenni ! Cela reste très gentleman, très courtois et même un peu plan-plan !
Le caractère d'Emma est doux, assez mystérieux. Sa beauté attire les demandes en mariage, mais la demoiselle les refuse toutes. Ses rapports avec Mrs Stowner, son employée, paraissent ceux d'une protégée contre les vicissitudes de la vie. Dans ce tome 1, Mrs Stowner se blesse à la cheville et l'histoire laisse planer un nuage sombre. Tout semble préparer à une disparition prochaine, hélas.
De quoi donner du piment à l'histoire ! Parce qu'on ne peut guère compter sur le jeune Jones pour donner des couleurs à cette bluette sentimentale ! Le garçon est niais, mou et maladroit, il rougit, balbutie sans cesse. Son succès relève d'une grande part de mystère !!!
Bref, j'ai bien aimé et je vais continuer à découvrir la suite des aventures. Je n'ai pas été follement emballée par cette mise en bouche, mais les dessins de Kaoru Mori sont très beaux, ils baignent dans l'ambiance victorienne à laquelle on adhère, la main sur le coeur. J'attends désormais un peu plus de fougue dans cette série !

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emma_2Le tome 1 plaçait donc l'histoire d'amour impossible entre Emma, la soubrette, et William Jones, le jeune homme de bonne famille. C'était une entrée en matière sympathique, très soignée et engageante.
J'attendais très franchement ce deuxième tome pour la conduite à suivre : allais-je être conquise pour de bon, ou tout juste séduite, pas assez ébranlée pour connaître la suite des aventures ?
Verdict : j'adore !
Ce tome 2 nous fait davantage rentrer dans l'intimité des personnages : la famille de William arrive, ses deux soeurs et son jeune frère qui vont se ranger du côté du père et soutenir l'importance de la tradition qui repose sur les épaules de l'aîné. William a tenté de faire comprendre son attachement pour Emma, mais son père ne veut pas en entendre parler. Au contraire, il le pousse à côtoyer une fille de son rang, Eleanor.
De son côté, Emma se retrouve toute seule avec la mort de sa bienfaitrice, Kelly Stowner. Elle doit quitter Londres et décide de retourner dans son village natal près de la mer.
Dans ce livre, on découvre avec émotion le passé d'Emma, petite orpheline enlevée pour être vendue à une tenancière de maison close. Son histoire livrée à William par une tierce personne va attacher davantage le jeune homme à la belle soubrette, sans se douter que celle-ci est sur le point de partir, et que peut-être tout deux ne se reverront plus...

Ce n'est pas une saga nunuche et bêtement romanesque, c'est au contraire une peinture délicate de la société anglaise, qui décrit pointilleusement les coutumes de la haute, le cérémonial d'un dîner et la condition des employés de maison. Dans cette époque de convenances, l'histoire d'amour entre Emma et William est vouée à l'échec. Ce serait mentir que de ne pas reconnaître ô combien cette gentille bluette prend soudain de l'importance à subir les foudres du destin pour éloigner de plus en plus nos deux prétendants. C'est captivant, on s'attache fortement à cette série, qui est de grande qualité. (Oui ça y est ! je suis subjuguée !) Et puis c'est drôle aussi, avec des personnages comme Hakim, le jeune aristocrate venu des Indes, qui dégage un magnétisme fou !

Kurokawa, Paris - 192 pages - traduit par Eve Chauviré, illustrations en noir & blanc, lecture à la japonaise.

Série en 7 tomes. 6,90 € le tome.

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03/12/07

Babylone dream - Nadine Monfils

babylone_dreamDans la ville fictive de Pandore, un tueur fou assassine sauvagement des jeunes mariés. Les scènes de crime sont horribles, les enquêteurs Lynch et Barn sont au bord de la nausée, et Nicki la profileuse puise dans ses visions pour détacher une piste valable dans ce bain de sang.

Les indices sont minces, et chacun des protagonistes nous mène sur des voies qui peuvent éveiller les soupçons, puis s'éteindre aussitôt. La confusion est totale, le suspense immense. Alors oui, c'est clairement macabre, fort en images cauchemardesques. Et pourtant pas une seconde le lecteur n'envisage d'abandonner son livre, totalement soumis à cette fascination du crime, du suspense efficace et bien rodé, où jamais on ne s'ennuie un instant. Et l'ombre du tueur est menaçante, se faufile entre les lignes et les chapitres. C'est cruel, mais brillant.

Et surprise ! L'humour est de mise, assez noir, je le conçois. Mais cela empêche tout sentiment d'étouffement, celui de n'en-plus-pouvoir et qui étreint dès qu'on plonge dans un thriller aussi funeste et implacable. Ici, cela relève du brio de s'y attacher, tant c'est tour à tour culotté, sinistre, sanglant et dégoûtant. Nadine Monfils livre un « Babylone dream » sombre et passionnant, bien écrit, mettant en scène des personnages peu banals (du flic au suspect, tout le monde casse la baraque). Et la fin s'achève comme si on soufflait une bougie ...
On ferme ce livre, mais on se dit qu'on y reviendra très probablement car des points soulevés attendent une suite au prochain numéro ! Du moins, j'espère ...

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Recette du rêve babylonien par Jean-Pierre JEUNET
Ingrédients : 300 g de caractères excentriques
un bouquet d’effroi délicieux
une cuillère de perversité revigorante
une poignée de tendresse au cou tordu
20 cl d’essence de surréalisme
une pincée de poésie déjantée
un zeste de réminiscence d’enfance
une once d’érotisme singulier

Bien peler les cadavres, leur arracher bras et têtes et les faire mijoter dans un jus de terreur. Faire revenir le tout à feu doux, ajouter l’humour, l’amour et l’acide, jusqu’à obtention d’une crème de suspense que vous ferez gratiner au four, non sans avoir versé une larme de nostalgie. Servir chaud. Régal assuré !

PRIX POLAR 2007 DECERNE LORS DU 12ème « SALON POLAR & Co » À COGNAC

Editions Belfond - 288 pages - 18 €

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02/12/07

Faut-il croire les mimes sur parole ? - Céline Robinet

faut_il_croireJe crois avoir beaucoup trop attendu du deuxième livre de Céline Robinet ! J'avais été particulièrement scotchée par son recueil « Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur... », abasourdie par son humour macabre et salace, ses descriptions à faire frémir les ligues de bienséance. Sincèrement je m'attendais à retrouver cette effronterie. Mais non.
C'est honnêtement bien chamboulé dans la cervelle de cette demoiselle, ça pédale à vive allure, ça donne un (faux) aperçu de nouvelles bien lisses et proprettes, et puis zou ! la fin vous en bouche un coin. Pas vu, pas pris... hop, prends-toi ça dans les loupes.
Même pas mal.

Le problème, si l'on vient à « Faut-il croire les mimes sur parole ? » sur la bonne foi d'avoir accroché au précédent recueil, c'est qu'on s'attend à lire la même chose, ou à peu près. Ici, c'est très justement de l'à peu près, très approximativement. Résultat : je suis déçue !
Mais j'aime bien Céline Robinet et son esprit vif, inventif, qui ne brode pas de la dentelle. C'est foncièrement dérangeant, donc attirant. Elle est capable de vous raconter des histoires, puis elle appuie vicieusement sur le détail qui fait mal, qui gratte, et qui perturbe.

Il y a plusieurs histoires qui attirent l'attention, celle d'une fillette coincée entre un père dentiste et une mère psychiatre. Pour attirer l'attention du père rendu muet comme une tombe, à force d'être abruti pour son boulot, l'enfant a choisi de se gaver de sucreries pour avoir des caries ... et finir chez le dentiste. Ce qui est ballot, c'est la chute !
C'est la même impression laissée par l'aventure d'une jeune femme qui fait les vendanges, elle ne boit pas une goutte d'alcool, elle est dans son coin, n'ingurgite que du bio, et puis elle cède aux appels des sirènes, et là ... rire gras, rauque et jaune qui se coince dans la gorge ! Je ne vous en dis pas plus.

En fait, on ne peut pas dire qu'on se bidonne à fond en lisant ces nouvelles. C'est même parfois tout le contraire. Quand on commence l'aventure burlesque d'un couple qui s'est vu offrir un voyage en Afrique pour leurs noces d'argent, on suit une étrange progression qui dépeint toute la vicissitude du tourisme à l'étranger, allant jusqu'à l'immigration clandestine. Il y a plusieurs histoires qui, comme ça, laissent entendre un discours sérieux sur les problèmes actuels, forçant à titiller et brusquer la torpeur du lecteur.
En gros, ça ronronne pas mal en surface, reconnaissons-le, ce deuxième livre est moins détonnant que le précédent. Par contre, il bouscule davantage, il fouille plus profondément et il montre que Céline Robinet est autre chose qu'une auteur trash et mal barrée. On aime, on n'aime pas.

Au diable vauvert - 237 pages - 17,50 €

A été lu par Cathulu aussi !

  • Mon avis sur  « Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur... (mais prévenez les autres !) »  est ici !

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30/11/07

La délégation norvégienne - Hugo Boris

delegation_norvegienneEst-ce l'alcool en carafon, le cuir brun, le mobilier vieux chêne, le feu qui crépite dans la cheminée ? Ce climat anglais où l'on s'assassine en grignotant des scones et en buvant du thé ? Il lui semble que chaque chose est bien à sa place, que chaque personne autour de cette table est un peu trop racée pour être honnête. S'appelle-t-on Ethel Brakefield dans la vie ? Ou Ernst von Sydow ? Ou même Lucas Cranach ?

Un relais de chasse absent de tous les guides spécialisés. Cinq hommes, deux femmes, qui viennent des quatre coins de l'Europe et ne se connaissent pas. Sept chasseurs pris par la neige, qui doivent se défendre du froid, de la faim, de la paranoïa qui les guette. Prisonniers ? D'une île à la rigueur, mais d'une forêt ? Ils le sont pourtant, serrés par les arbres, piégés par la neige. L'un d'eux commence à douter : et s'ils n'étaient pas victimes du hasard, de la malchance ?

Au fil des pages, René Derain acquiert la conviction qu'il est condamné, qu'il va mourir. Non pas de froid, de fatigue, de gangrène ; il sera assassiné. Il sent, dans son dos, le souffle d'une intelligence. Il sait qu'ils sont devenus de vulgaires pantins. Et que le piège ne demande qu'à se refermer.

**********

Pour être étrange, ce roman est plus qu'étrange ! L'idée est sans doute d'avoir voulu créer un huit-clos dans une cabane de chasseurs nichée au coeur d'une forêt. Pas âme qui vive aux alentours, un froid polaire qui s'installe d'un coup et nos protagonistes vont de parties de chasse en papotages au coin du feu se glacer les sangs sans moufter ... si ce n'est l'un d'eux, René Derain, qui commence sérieusement à s'inquiéter et à suspecter qu'on cherche à lui faire la peau !

Sur le papier, l'idée paraît brillante, au moins étonnante. Mais la lecture est moins convaincante. Peut-être le récit est-il freiné par des passages trop longs, trop lourds et donc ennuyeux (les heures de chasse, par exemple). C'est bien d'avoir tricoté son filet pour piéger le lecteur et le forcer à lire jusqu'au bout pour connaître le fin mot, il n'empêche que la chute tombe comme un cheveu dans la soupe. Pas qu'elle arrive trop vite, loin de là ! Le trajet parcouru pour arriver là me semblait assez sinistre, pataud par endroits, j'avais suffisamment hâte de découvrir le dénouement de cette bizarre, très bizarre aventure ! Mais le concept imaginé par l'auteur pêche d'adhérer mon total enthousiasme. Belle idée, mais peut mieux faire ??? ...

A tenter, si la curiosité vous pique.

Editions Belfond - roman de 275 pages -  17,50 €

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29/11/07

Territoires interdits, tome 1 : Le Maître des nuages - Serge Brussolo

maitre_des_nuagesCe qui paraissait une nouvelle série de Serge Brussolo n'est en fait que la réédition de la trilogie autrefois baptisée « Les sentinelles du crépuscule » en 2000, devenue « Territoires interdits » en 2007 ! Seuls deux tomes avaient paru, frustrant nombre de lecteurs qui n'ont jamais connu l'épilogue. A ce jour, Bayard a décidé de boucler la boucle et promet pour juin 2008 un troisième tome intitulé Le jardin des secrets.
Pour l'heure, la ligne éditoriale a relancé Le Maître des nuages pour conquérir de nouveaux lecteurs, sachant très bien que la littérature fantastique pour la jeunesse a connu un bel essor. C'est donc une énième épopée truffée d'aventures, de combats et de créatures menaçantes, mais qui n'étonnera pas les plus aguerris.

D'emblée, j'ai trouvé l'ambiance totalement glauque. Le personnage principal, Nath, est seul face à une bande de lézards des marais qui ingurgite toute espèce humaine, notamment la communauté des Têtes-Plates auprès de qui Nath avait trouvé refuge après la mort de son père. Le jeune homme vient de perdre son bébé de 13 mois, et sa compagne Nioucha servira à son tour d'en-cas sous ses yeux. L'introduction est atroce, absolument répugnante.
Toute l'ambiance du roman est ancrée dans ce théâtre d'apocalypse, un paysage de boue, des nuages qui sont des icebergs volants et qui s'abattent pour raser les rares cités encore existantes... De plus, sur la planète Almoha, l'air est quasi irrespirable, la pesanteur devient vite étouffante au moindre mouvement, et seule la nouvelle espèce des Rampants y puise son énergie pour survivre.
Au centre, les personnages manquent un chouia de charisme : Nath, pauvre naïf qui a entre 17 et 20 ans mais donne le sentiment d'en avoir le double, Sigrid, véritable guerrière au caractère frondeur, âgée de 16 ans, celle-ci en paraît largement plus ! ... et enfin Neb le harponneur, un vieux loup des 'mers', qui remporte de loin ma préférence !
Dans l'ensemble, l'action est assez stupéfiante, bien huilée et embarque facilement le lecteur. Ne pas en attendre davantage, voilà tout !

Bayard jeunesse - 253 pages - 12,90 €

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28/11/07

Princesse ou fée ?

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais rêvé être une princesse. Oui j'ai vu Blanche-Neige au cinéma, pour ma première sortie dans les salles obscures, et je ne loupais jamais une rediffusion de Sissi Impératrice pendant les fêtes de fin d'année, et même j'ai fini par acheter le coffret DVD ...

Non jamais je n'ai rêvé être une princesse. Pourquoi je me pose cette question ? Mais parce que Patricia me demande quelques mots sur ma princesse préférée. Alors c'est très facile, en bonne nunuche que je suis, ma princesse chérie à moi, c'est forcément ma fille !!!

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Et en matière de princesse, elle s'y connaît !

Longtemps, Miss C. a dansé la valse sur les airs de la soit-disante princesse Anastasia (qu'elle passait en boucle ! à voir ici) ou rêvé, ô mon amour, de l'avoir vu au beau milieu d'un rêve (éminente citation de La belle au bois dormant).

Puis Miss C. a peuplé son univers imaginaire de poupées mannequins à la taille filiforme et qui reviennent chaque Noël garnir les rayons des magasins et grossir les hottes du bonhomme rouge pour finir au pied des sapins verts...

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D'ailleurs, les lectures de Miss C. ont longtemps eu pour prédilection les princesses, et rien que les princesses.

histoires_de_princesses  princesses_1  princesses_2  princesse

(et j'en oublie !)

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Mais les années passant, ... ok nous savons tous que la Miss n'a que 7 ans 1/2. Il n'empêche, notre princesse change, elle grandit et zou ! de princesse on devient une petite fée ! C'est tout aussi beau, je le sais. D'ailleurs, mis à part le titre de cette bafouille, faut-il vraiment choisir, dans la vie, entre le titre de princesse ou celui de fée ? Ne peut-on pas être les deux à la fois ?

Moi je le pense. Et le prouve.Fairy_C_5

Nous entrons dans une nouvelle phase. Nous entrons dans l'ère féérique. Et notre princesse est une fée danseuse.

D'ailleurs, les éditions Lito et Christine Palluy ne se sont pas trompées avec leurs collections  « Histoires de » ...  Il y eut les princesses, puis les fées.

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(Dernièrement, vient de sortir  « Histoires de danseuses ». Nous en reparlerons bien vite ! )

Ce sont des collectifs d'histoires racontées par Christine Palluy qui comportent une introduction, une succession d'aventures enchanteresses et enfin la conclusion qui rappelle le début. Très souvent, les illustrations réunies pour ces albums sont de la main de vrais talents, comme Rebecca Dautremer, Mayalen Goust, Lucile Placin, Elodie Coudray, Daneth Khong ... Ce sont des illustrations superbes, qui confortent un charme indiscutable pour certifier l'intérêt de ces livres (que ma fille collectionne, tant elle les adore !).

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Dans l'oreille d'Émeline la lutine, la reine des fées a murmuré un secret. Les yeux d'Émeline se sont mis à briller.

Puis elle a sauté, dansé, rit aux éclats ! Demain, c'est elle qui annoncera au peuple des fées la grande nouvelle : la reine de fées va avoir un bébé ! C'est un événement extraordinaire qui ne se produit que tous les 1200 ans. Et la reine va demander à Emeline la lutine, maladroite et distraite, de lui garder son enfant pendant son absence...

bebe_de_la_reine_des_feesL'histoire écrite par Agnès Martin-Bertron m'a parfois semblé maladroite, sautant trop vite du coq à l'âne. Il y a cependant un très joli effort de poésie dans son récit, avec un souhait flagrant d'emporter nos petites lectrices vers un monde féérique et qui sent bon le lilas.

Ne parlons pas de la Miss C. qui a tout bonnement adoré !

L'argument vraiment chouette dans ce livre repose dans le travail de Daneth Khong, une illustratrice épatante qui donne beaucoup d'ampleur dans les expressions de la lutine Emeline, absolument craquante, et qui use de la couleur rose bonbon à foison (en plus d'autres tons pastels). C'est un régal pour les yeux !

Le site : http://www.danethkhong.com/ pour en découvrir plus.

Le bébé de la reine des fées - écrit par Agnès Martin Bertron - illustré par Daneth Khong - aux Editions Lito - 10 €

Les livres « Histoires de » sont aussi disponibles aux éditions Lito - écrits tous par Christine Palluy. Ils comportent plus de 130 pages et coûtent 19 € .

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Notre histoire de princesse et fée se termine un peu abruptement. J'en conviens. C'est par manque d'inspiration, mais surtout par manque de temps ... Ce sujet nous passionnant, nous y reviendrons avec grand plaisir ! Vite ou pas, nous verrons ... !

D'ailleurs, depuis cet été, nous avons découvert l'univers d'un auteur extraordinaire, dans le sens qui sort vraiment des sentiers battus : Gail Carson Levine.

gail_carson_levine_2  gail_carson_levine_1  gail_carson_levine_3

A suivre dans un prochain numéro !

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27/11/07

L'auberge du bout du monde - Prugne & Oger

auberge_du_bout_du_mondeDans un coin perdu de Bretagne, vers l'an 1884, l'écrivain Saint-Preux s'arrête à une adresse lugubre, répondant du nom de l'Auberge du bout du Monde, où pas une âme ne semble vivre. Son propriétaire est un vieil homme maladif, alité, qui va confier à notre homme en panne de plume une bien étrange histoire qui a commencé par la tragédie, bien des années plus tôt...

Tout a débuté par l'assassinat d'une femme, par la disparition de sa fillette d'à peine 12 ans et par une étrange malédiction qui va frapper le village de Trébernec. Près de onze ans vont passer, quand sonne le retour de la jolie Iréna, désormais muette, et qui semble posséder la capacité de guérisseuse. Ses dons vont cependant provoquer la polémique, les gens la disent proche du diable et de la sorcellerie, de plus l'épidémie qui frappe sauvagement les villageois coincide avec son retour inopiné. A ses côtés, Iréna peut compter sur la dévotion de son ami d'enfance, Yann le marin. Mais les forces du mal s'abattent férocement, ravagent la population, ne faisant pas de quartier.

Quelle ambiance ! C'est dans une atmosphère lugubre et empreinte de mystères que cette fascinante histoire est basée. Nous sommes au 19ème siècle, en Bretagne, la plupart du temps l'action se passe la nuit et sous la pluie. Impossible de ne pas retenir son souffle, d'autant plus que cette inquiétante histoire est mêlée à des forces fantastiques qui créent de l'effet et accentuent l'impression d'angoisse latente. Le scénario est prenant, assez juste, même si parfois les chutes tombent un peu abruptement. Les dessins de Patrick Brugne sont des aquarelles de toute beauté !

On dévore les trois tomes à la suite, absolument conquis !

auberge_1   auberge_3  auberge_2 (Click pour agrandir les images)

Les trois volumes de la série ont paru chez Casterman en 2004, 2006 et 2007 pour un prix approximatif de 9,80 € chacun.

L'intégrale est également disponible à France Loisirs - 144 pages - pour le prix de 19 € 

Cette intégrale contient : La fille sur la falaise - Des pas sur le sable - Les remords de l'aube.

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26/11/07

lectures 2007

Retour en Islande ~ Olafur Johann Olafsson

retour_en_islandeDisa, d'orgine islandaise installée en Angleterre, dans le Somerset, tient un manoir résidentiel avec Anthony. Se sachant gravement malade et condamnée, elle décide d'entreprendre LE grand voyage de sa vie : celui qui la ramènera sur ses terres. Elle a rendez-vous avec quelqu'un, quelques vingt ans après. Mais au cours de ce voyage, Disa va d'abord ressasser les événements depuis son enfance à aujourd'hui, le parcours de son existence et de sa vie de femme. Pas toujours rose, teinté parfois de romance avec un juif allemand, Jakob, dont elle a perdu la trace pendant la guerre. Pourtant Disa n'est pas de celle qui se morfonde en tenant leur flacon de sels à la main, c'est une fonceuse, elle a un caractère fort et entier, qui pardonne difficilement en faisant fi d'absolution.
Ce livre se présente presque comme un journal intime : les chapitres sont courts, se suivent, ne se ressemblent pas. On passe de l'avant à l'après assez brillamment. Pour cela, l'auteur a bien su cerner son sujet. Par contre, je doute un peu qu'il ait bien réussi à délimiter son portrait de femme, que j'ai parfois trouvé un peu frigide, rigoureux et inflexible. Mais peut-être la tendance à pencher vers la mélancolie, et le passé sensible de Disa a involontairement influencé cette personnalité. Toutefois, malgré les coups durs, Disa ne s'est jamais épanchée au mélodrame et j'ai notamment apprécié cette fuite du sentimentalisme. Ce roman m'inspire des lectures comme celles de Kazuo Ishiguro, où poésie et finesse y sont des soeurs jumelles. Et l'introspection, un travail à part entière, mené délicatement, savamment et sûrement. Un petit régal, en somme.

Seuil, 20€

La Villa des Mystères

C'est l'histoire d'une génèse : aussi bien celle de "Frankenstein" mais surtout du moins connu et plus ténébreux "Le Vampire" de Polidori. Ce dernier est, dans ce roman de Federico Andahazi, encore jeune secrétaire de Byron, poète "maudit" et sulfureux, exilé d'Angleterre dans cette villa au bord du lac Léman. Entre ces quatre murs, se trouvent aussi réunis Mary et Percy Shelley, et Claire Clairmont, assez pâlotte et souffreteuse. Il faut dire que les événements se passant dans cette villa sont d'ordre orgiaque. Au point de davantage penser à une ambiance érotique, plus que de science-fiction (cf. édition poche) !

Bref, Polidori, présenté comme un personnage assez maladivement jaloux, complexé et haineux, va recevoir des lettres d'une certaine Annette Legrand qui lui propose un bien étrange contrat. Polidori, opportuniste et désespéré, va sauter sur l'occasion pour prouver à l'assemblée de ses hôtes (pour lui, arrogants) qu'il est tout autant capable de répondre au défi lancé par Byron - écrire une histoire "épouvantable".
La lecture de "La villa des mystères" est surprenante tant elle se "dévore". D'autre part, ce sens de "dévorer un livre" prend une signification "particulière" dans l'histoire. Purement fictive, mais palpitante, angoissante, ahurissante et exaltante. La conclusion du roman offre aussi un agréable et saisissant épilogue. Très bonne lecture, donc.

Jours de juin

Paul McLeod était marié à Maureen, ils ont eu trois fils : Fenno, Dennis et David. La vie, le mariage, la mort et le cycle continue avec les enfants. Les personnages du roman ont tous un long parcours à faire pour atteindre un but assez flou : « regarder la vie qui les attend, apprendre à vivre tout simplement ». C'est un peu ce message subliminal que tente de nous inculquer Julia Glass avec son roman ambitieux, dense et passionnant : 655 pages d'une histoire familiale, avec ses rencontres, ses départs et ses choix à définir pour construire sa vie, petit à petit. L'histoire est captivante et construite avec intelligence sous la forme d'un triptyque où se succèdent trois étés dans la vie des McLeod. « Jours de Juin » est une saga familiale avec ses rebondissements mais surtout avec une analyse pointue des états d'âme des personnages. Ils ont en commun d'avoir perdu leurs repères, de se sentir seuls mais de chercher à tromper la solitude. Ils voyagent ou font des enfants, ils viennent en aide aux plus défavorisés, ils paient leurs dettes... cela prend du temps, mais au final ils pourront se dire : « voilà, nous sommes arrivés - malgré les retards, les difficultés et les inquiétudes du trajet - enfin, ou pour le moment, nous sommes là où nous avons toujours voulu être ». C'est un roman subtil et épais dans lequel on plonge sans lever le nez. L'auteur est américaine, bizarre car le cachet du livre prêtait à penser qu'il était so british ! A conseiller vivement !

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La folie des hommes

Un_soir___beyrouth« Les treize nouvelles de ce recueil ont pour théâtre le Moyen-Orient. Passant de l'humour au drame, elles offrent autant de points de vue intimes et lumineux sur l'une des régions les plus explosives du monde. »
Le cruel dilemme avec les nouvelles est qu'elles sont toutes d'inégales valeurs, parmi celles que j'ai le plus aimé, notons « Un soir à Beyrouth » qui parle d'une famille inconsciente du drame qui court dans les rues de leur ville, mis à part le petit dernier qui implore les siens de se mettre aux abris, quand surgit leur voisin M. Antoum qui fait chorus aux supplications du garçon avant l'arrivée de miliciens tout de vert vêtus...

« Corps perdu » raconte une histoire d'amour passionnel mais hélas vouée à l'échec qui conduira une femme folle (d'amour) prête à briser son honneur et à entraîner disgrâce et répudiation autour d'elle. Brillante démonstration de l'ampleur de la volupté dans cette société figée dans ses carcans !
Cela fait écho à « Premier amour », l'histoire d'un veuf de 79 ans qui revit grâce aux charmes d'une marchande de fruits et légumes, qui porte une petite culotte rouge ! Le scandale tombe sur la famille et les enfants supplient leur père de renoncer à cette passion navrante. En même temps, sa petite-fille de 11 ans se voit interdire à son tour la compagnie des garçons, sous prétexte que « c'est trop tard maintenant » ...
Trop tard aussi pour le grand-père Jiddo, agonisant, qui perd la boule et s'époumonne dans sa maison en réglant ses comptes, le petit-fils est spectateur, impuissant, chatouillant dans sa poche un cadeau précieux légué par cet homme dévasté.
Heureusement l'humour aussi est présent, dans « Le rêve d'Ali » par exemple, quand deux grands amis se chamaillent et réclament réparation devant le grand arbre, comme le veut le Xaar, la loi des Isaas. La chute vaut son pesant d'or !

Mais il est vrai que, personnellement, ce sont les textes décrivant un quotidien presque banal, de femmes, d'enfants ou d'hommes, qui ont leur ligne de vie menacée à chaque instant, à chaque coin de rue, et sans raison apparente, qui ont un réel impact. On retrouve ce sombre constat dans la mélopée du photographe arménien, dans  « Jérusalem-photo », qui vit son job sur la corde raide entre juifs et arabes. L'homme est en colère, « Vous dites nous n'avons pas le choix, vous n'arrêtez pas de le dire, mais qu'est-ce qu'il vaut le choix que vous vivez ? ».
Ce petit livre, pas seulement réservé à des jeunes lecteurs, dégage un élixir de séduction, qui touche, blesse, interpelle. La prise de conscience est infime, mais au moins le charme n'aura pas agi dans le vide. Il restera forcément une petite musique après cette lecture !

A l'exception de "Hello ! hello !" et de "Touché !", les nouvelles de ce recueil ont été publiées une première fois en 1991 aux éditions Balland sous le titre L'homme assis.

Un soir à Beyrouth, par Sélim Nassib - Editions Thierry Magnier - 153 pages - 9,50 €

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par_l__p_e_et_le_sabreUn ancien chevalier déchu cherche la rédemption en sauvant la vie d'une fillette de 12 ans, en souvenir d'un chaste amour... Sur les collines du Japon au 16ème siècle, un samouraï décide d'accomplir ses rêves de conquête pour les beaux yeux d'une demoiselle au charme redoutable... Un viking, décidé d'asseoir sa réputation, fait assaut vers le château qui protège un autre fils de guerrier, son homologue par-delà la mort... Un masque blanc au sourire glacial va commettre son acte de vengeance, par deux fois, et sans crier gare... Un militaire russe se trouve face au souvenir de la femme aimée, qui s'est enfuie en provoquant un séisme...

Ce sont au total neuf histoires fortes et implacables de chevaliers, samouraïs, vikings, des forces du mal qui assiègent, trucident sans état d'âme et qui parfois connaissent la damnation éternelle, piégées par des esprits et des revenants qui vont les hanter pour la nuit des temps. Non, la lecture n'est pas morbide ni surchargée de détails sanguinolents, à écarter loin des fortes sensibilités. C'est tout au contraire un piège d'y nicher son nez, l'écriture est vive, ne laissant aucun temps mort. Point le temps de s'épancher, plutôt d'assister à une danse macabre et qui vous emporte vers des temps anciens, révolus mais qui occupent toujours une place importante dans les références épiques.

Ces nouvelles ne semblent pas viser un « public jeune » en particulier, bien au contraire !

Par l'épée et le sabre, d'Armand Cabasson - Ed. Thierry Magnier - 156 pages - 9,50 €

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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