26/05/08

Une ombre, sans doute - Michel Quint

Quatrième de couverture

Un homme arrive dans un village du Nord. Ses parents se sont suicidés. Il n'en connaît pas la raison. Commence alors une quête aux souvenirs. Flash-back : nous sommes pendant la Seconde Guerre mondiale, les parents du narrateur viennent de se rencontrer. Ambiance d'un atelier de couture où les ouvrières chantent, aiment et pleurent leurs amours défuntes. Tout est prétexte à oublier les noirceurs de la guerre. Arrive un espion anglais qu'il faut cacher, mais un Allemand n'est pas loin qui peut mettre en péril cet élan généreux.

une_ombre_sans_doute 

 

 

C'est encore une fois un roman remarquable, écrit par Michel Quint qui nous offre, au-delà d'une histoire émouvante et très fouillée, un style hors pair. J'aime son style, j'aime son genre d'emberlificoter les lettres et les mots, ça court sur le papier et ça roule sur la langue... j'adore ! On n'invente pas une telle écriture, on la sent et on la respire, ça fait du bien d'avaler des goulées pareilles et ça vous brise tous les carcans et les règles bien établies.

L'histoire, parlons-en, est une pelote de noeuds qui court durant des années, depuis la fin des années 30 jusqu'à nos jours. Le narrateur, de retour dans un village du Nord, a appris la mort de ses deux parents, à moins de vingt-quatre heures d'écart, et découvre ensuite qu'ils se sont suicidés. Un employé de mairie, un ami d'enfance, à vrai dire, constate également que le prénom de notre homme, George, est écrit sans S et qu'il faut deux témoins pour attester son identité. La situation est risible, mais pourquoi pas ? Il rencontre Augusta, une ancienne amie de la famille, qui va lui confesser des révélations importantes sur les siens. Cela s'est passé pendant l'occupation des allemands, dans leur petit coin perdu, à la campagne et dans un atelier de couture. Il y avait Valentine et Paul, les parents du narrateur, et Rob, l'espion anglais qui était tombé fou amoureux de Valentine... Tout le monde n'a pas la graine d'être un héros, on le sait, mais l'humanité est surprenante car elle est capable de briller ou de cracher par sautes d'humeur.

Plus qu'une vérité sur les origines d'un homme, qui semble immunisé contre le chagrin, le roman ouvre les portes d'un placard rempli de fantômes. Tous les acteurs de ce théâtre de boulevard, un peu aigre, sortent des mémoires et revivent devant nos yeux. Le passé reprend forme, le narrateur voit ses personnages et leur vie, non comme un modeste spectateur ou témoin de l'histoire, mais tel un spectateur assis au premier rang. "Je laisse voleter et s'ordonner des mots lointains et proches, je m'écoute venir du fond du temps. J'ai cinquante-neuf ans depuis peu et je ne sais plus qui je suis. Sinon le roman d'inconnus en quête d'auteur. Peut-être la littérature n'est rien d'autre que cela, un destin lu à rebours, corrigé, cette invention de soi qui devient la seule réalité. J'ai tiré une chaise vide à mon côté, vous n'avez qu'à vous installer."

Avec Michel Quint, il faut juste tendre l'oreille et écouter. Il vous raconte une histoire qui prend son temps, avec des personnages qu'on apprécie, malgré leurs faiblesses ou leur part d'ombre. Il n'y a pas d'héros dans ce livre, juste des êtres désespérés et capables (coupables?) d'accomplir des actes fous et insensés. Si c'est pas de l'amour derrière tout ça, c'est quoi alors ?

Editions Joelle Losfeld, 2008 - 207 pages - 16€

Extrait :

Personnellement, j'ai une petite tendresse pour les filles de l'atelier de couture, "Elles ne sont pas maquillées cinéma, elles ont leur âge, du bourrelet à la taille et la poitrine sans illusions, mais leur chair n'est pas triste, elles exhibent des anatomies de vamps, une lingerie de quatre sous visible aux jours des broderies, ou effrontées nues sous la robe fluide, et puis permanentées à la diable, le cheveu en rebellion, mais toutes elles ont fière allure, se pavanent avec des mines, fument des cigarettes, les lèvres en cul de poule, valsent lentement, menton levé, roulent de la hanche et battent des cils. Et elles chantent en se tenant les mains, ou seules, les yeux perdus par-delà les fenêtres..."

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25/05/08

Julie & Julia : sexe, blog et boeuf bourguignon - Julie Powell

 

Quatrième de couverture

Une jeune New-Yorkaise bientôt trentenaire, lasse d'enchaîner des boulots sans intérêt, décide de reprendre sa vie en main. S'emparant du vieux livre de cuisine de sa mère, L'Art de la cuisine française de Julia Child, elle s'invente un projet dément : réaliser les 524 recettes du livre... En un an ! Dans sa cuisine minuscule ! Avec un humour dévastateur et une pointe de folie, elle nous raconte ses pérégrinations de cuisinière, sa crise de la trentaine, sa mère envahissante, sa meilleure amie nymphomane... De réussites triomphantes en purs désastres, de crises de larmes en dîners alcoolisés, elle poursuit sa route pavée de mottes de beurre. Et s'aperçoit un jour que sa vie a changé.

Julie___julia

Que de clichés sur cette couverture : le sous-titre et le bandeau orange faisant mention de Bridget Jones... Pitié ! Ce livre ne mérite pas de s'abaisser à cette foire du marketing pour attirer l'oeil du lecteur, je pense que l'histoire est elle-même bien alléchante et assez fournie en délices à venir. Il s'agit donc de l'épopée romancée d'une new-yorkaise ordinaire, Julie Powell, âgée de vingt-neuf ans et mariée à un type plutôt sympa, cette nana s'ennuie dans sa vie et décide de se lancer un défi en réalisant en un an les 524 recettes du livre « L'art de la cuisine française » de Julia Child. Elle ouvre un blog pour rendre compte de cette expérience assez déjantée, surtout aux yeux de ses proches (sa mère, en premier lieu !). Et aussi incroyable mais vrai, cette folie rencontre un joli succès auprès du public et, au fil du temps, les média viennent sonner à sa porte et réclament des reportages qui vont lui attirer une gentille gloire (publier un roman, par exemple). En France, on commence à goûter à ce phénomène de « blogbook » (un livre à partir d'un blog), mais aux USA il semblerait que Julie Powell soit devenue une véritable référence. Gros succès pour son projet, même estime pour son livre, etc. De vous à moi, il n'y a pas de recette miracle. Ce récit autobiographique est léger et spontané, bourré d'auto-dérision (la jeune femme a un oeil assassin sur ses tentatives, ses motivations ou même son rapport avec son blog et ses bloteurs, les lecteurs de son blog). Jamais elle ne triche, c'est un constat drôle et délirant et qui ne sert pas à rien, car cela la booste dans sa vie personnelle (après de longs atermoiements, passagers). Ce regard qu'elle porte sur notre relation avec la nourriture, la cuisine et la bonne chère est touchant, très vrai. Personnellement je ne suis pas une fondue des longues heures passées aux fourneaux, mais ce livre a su me surprendre et me donner - presque - envie de m'y mettre. Je trouve, cependant, que Julie/Julia ont un fort penchant pour les plats lourds, riches en beurre (slurp) et les abats, en plus quelques chapitres sont bien gratinés (la torture du homard, par exemple) et soulèvent un peu le coeur... Mais je suis une petite joueuse, ça ne compte pas !

Editions du Seuil, Mai 2008 pour la traduction française - 344 pages - 19,90€

traduit de l'anglais (américain) par Claudine Richetin -

titre vo : Julie & Julia, 365 days, 524 recipes, 1 tiny apartment kitchen.

Le nouveau blog de Julie : http://juliepowell.blogspot.com

A noter, aussi : Un film est en projet de tournage, avec Meryl Streep dans le rôle de Julia Child et Amy Adams (cf. Il était une fois) dans celui de Julie Powell. Réalisé par Nora Ephron. (source)

 

^^ Bonne fête à ma maman !!! ^^

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23/05/08

Un Monde sans rêves - Nicola Morgan

un_monde_sans_r_vesDans un futur proche, au coeur de la société anglaise, le libre arbitre a été totalement effacé de la conscience des humains, désormais divisés en Citoyens ou en Exclus, ceux qui refusent l'implant d'une puce dans leurs cerveaux pour inhiber toutes émotions. Imaginez une vie sans imagination, pré-programmée, sans la possibilité de rêver, d'espérer ou d'étonner. Un monde sans rêves. Dans cette Cité, la fiction a été interdite, l'émotion proscrite et l'espérance totalement évanouie. Pourtant, il y a les résistants, avec le Poète et Milton parmi les têtes pensantes. Le premier a choisi de s'exiler à Balmoral et recueille les nouveaux-nés que lui confie son camarade qui vit dans les tunnels de la Cité. Plus qu'un meilleur cadre de vie, le Poète offre à ces enfants une motivation pour boucler un projet élaboré de longue date. Et seize ans plus tard, trois adolescents, Livia, Marcus et Tavius, sont rappelés auprès de Milton pour venir en aide à la communauté des Exclus, frappée par une épidémie de peste.

J'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, totalement transportée dans cet univers que je pensais implacable et difficile de prime abord. Je me suis trompée, car j'ai découvert, certes, un monde terne et figé, où les Gouvernants aspirent les expressions de vie chez les Citoyens. Et ceux qui refusent une totale soumission, les Exclus, doivent endurer une vie clandestine et misérable dans les souterrains. Malgré tout cela, l'ambiance de ce livre n'est pas du tout glauque. L'oppression régnante et l'injustice flagrante poussent à encourager nos trois jeunes "soldats" à accomplir leur mission quasi désespérée (se rendre à la Tour centrale pour corrompre le système en place). C'est entre leurs mains que repose l'avenir de leur société, il leur faudra du courage et de l'intelligence, en plus de la bravoure pour affronter les Pols, cette milice qui abat de sang-froid tous les récalcitrants. Et je vous garantis une bonne dose de tension et de rebondissements, ça se lit très vite, c'est prenant. Ce roman de science-fiction n'est pas un produit pur jus, il élabore des théories mais ne s'embarque pas dans des phénomènes étranges et difficilement explicables. C'est simple, l'explication de la fin est même époustouflante, voir très séduisante. Cette histoire a pour atout majeur d'être truffée de clichés littéraires, parfois même c'est la clef pour résoudre l'énigme de ce Monde sans rêves. Oui, ce roman est totalement surprenant, vraiment enthousiasmant.

Albin Michel, 2008 - Coll. Wiz - 230 pages - 12€

Traduit de l'anglais par Raphaële Eschenbrenner. Titre vo : Sleepwalking.

 

A également été lu par Mélanie

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22/05/08

L'orphelinat des âmes perdues, tome 1 : Photo hantée - Stefan Petrucha & Thomas Pendleton

Photo_hanteeAu coeur d'une forêt noire, dans une propriété envahie d'herbes mortes, se dressait un manoir georgien à cinq étages. Imposant et inoccupé, la plupart de ses vitres brisées, il semblait s'accrocher aux nuages lourds qui tourbillonnaient dans le ciel de plus en plus sombre. En équilibre sur les colonnes, une corniche triangulaire portait à sa base des lettres à demi effacées : Orphelinat Lockwood, un nom tombé dans l'oubli, inutile, puisque le bâtiment, à l'image de ses anciens pensionnaires, paraissait désormais abandonné.

Quand la nuit et la pluie tombaient de concert, quand le vent et le tonnerre faisaient trembler les murs, les ténèbres qui régnaient dans les chambres éventrées prenaient une dimension merveilleuse, grandiose. Plus profondes que l'orage, plus profondes que la nuit qui s'avançait, elles enveloppaient absolument tout : les meubles couverts de moisissures, les jouets pourris et les livres d'école, le passé, la déchéance, et jusqu'aux rares plantes qui, au fil des ans, s'étaient infiltrées en ces lieux.

Mais les ténèbres ne sont jamais parfaites. Un petit cercle de lumière jaune se découpait dans l'énorme escalier du hall principal, telle une tache d'encre sur une feuille blanche. Le cercle lumineux descendait les marches une par une, d'abord lentement, puis de plus en plus vite, comme si, une fois sûr d'être seul, il sentait le besoin d'accélérer...

Quatre silhouettes se retrouvent la nuit pour échanger des histoires, après le lancement de précieux osselets. Ce soir, c'est le tour d'Anne. De sa bouche, va sortir le conte terrifiant de l'âme perdue de Mandy.

Lycéenne sans histoire, Mandy a tout ce dont une adolescente de dix-sept ans peut rêver : l'amitié, l'amour, l'ambition, le monde à ses pieds... Toutefois, le meurtre sauvage d'une camarade de son école, Nicolette Bennington, vient semer la panique dans la petite ville d'Elmwood. Mandy et ses amies sont terrorisées. La police n'a aucune piste, tente de mener son enquête efficacement, tandis que l'hystérie collective enfle.

Mandy cherche à revoir son mode de vie en réfléchissant au sort de cette pauvre Nicki, dont le corps a été atrocement mutilé par ce type qu'on surnomme très vite le Sorcier. Dans le même temps, elle commence à recevoir des SMS anonymes, des emails menaçants, puis elle rencontre un jeune lycéen, Kyle, sur internet et correspond avec lui sur de nombreux tchats. Le climat de suspicion à Elmwood entraîne deux phénomènes : une méfiance excessive et/ou un besoin de décompresser en se lançant vers l'inconnu. Mandy opte pour un mélange des deux. La photo reçue sur le champ, à sa demande, rassure la lycéenne : Kevin a l'air tout à fait normal.

Quelle atmosphère ! Le prologue, déjà bien mystérieux, fait doucement pénétrer le lecteur dans un univers hors du temps avec ces quatre petites filles, Anne, Mary, Daphné et Shirley, qui errent dans un orphelinat désaffecté. Ambiance très 19ème siècle, un peu gothique, avec esprit fantôme et soirée au coin du feu à se raconter des histoires qui font peur. Et effectivement, ce premier conte des âmes perdues est absolument flippant.

Du moins, il ne nous surprend pas non plus car on devine très vite une part de l'intrigue. C'est simplement dans l'orchestration et la mise en scène de cette histoire qu'on retient notre souffle. On suit une lycéenne ordinaire, scotchée à ses machines modernes (ordinateur, portable, internet) qui la relient au monde extérieur (tchater avec ses amis), et c'est par le recours de ce portail ouvert sur le monde, à travers ces outils de conversation et ces sources d'amusement que le mal va s'immiscer.

Cette utilisation du banal pour distiller le doute puis l'horreur est une idée peu révolutionnaire mais efficace pour installer un climat inconfortable, nimbé de malaise et d'angoisse. Les dernières pages, par exemple, sont saisissantes. Avec une économie du détail, les auteurs ont su toucher en plein coeur de la cible. Et ce qui nous attend dépasse de très loin nos plus folles imaginations !

Editions du Masque, 2008. Coll. Msk, destinée aux 12 ans et plus. 210 pages. 10€

Traduit de l'anglais (américain) par Alexandre Boldrini. Titre vo : Lurker.

 

 

Bande-annonce trouvée sur le site officiel : http//wickeddead.com

Le livre 2 est déjà disponible : Ecoute...

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21/05/08

Dix-huit baisers plus un - Rachel Corenblit

dix_huit_baisersAlex, un adolescent de dix-sept ans, a tenté de mettre fin à ses jours. En 19 chapitres, assez courts, le roman va nous expliquer pourquoi. Quel est le secret d'Alex ? Elles sont nombreuses, les filles, à l'avoir connu, croisé, embrassé. Mais aucune n'a su percer la couche et deviner le drame qui se jouait chez lui. Alex, ce garçon qu'on trouve trop grand, trop maigre, trop blond, trop pâle, trop mal fringué, trop largué, trop mignon quand même. « Alex, c'est le type même du gars qu'on ne voit pas. Il ne s'imprime pas sur la rétine. C'est qu'il est trop transparent, trop invisible, trop minuscule même s'il est trop grand. » Ses copines de lycée, sa jeune voisine de palier amoureuse de lui, une enseignante, un médecin, sa mère dépressive ou sa grand-mère qui dévoile le secret familial vont toutes intervenir à travers des témoignages sans fard. Le roman n'est pas tendre, pas très gai non plus, parfois assez cru, surtout quand les jeunes filles évoquent le sexe et un peu l'amour. Car, au bout du compte, on en revient toujours là : au goût des baisers, au besoin d'aimer et d'être aimé(e) ; en somme ce livre sonne comme un appel (de détresse?) d'un ado en manque de tendresse. Un gros besoin d'amour filtre derrière ce désespoir et sauve toute morosité ambiante.

Rachel Corenblit a publié aux éditions du Rouergue Shalom salam maintenant et l'Amour vache.

Editions du Rouergue, 2008. Coll. doAdo - 128 pages - 7,50€

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Pink Diary, la fin !

pink_diaryOn peut dire que ce tome 8 fut très attendu ! Il signe en effet la fin de la série Pink Diary, découverte quelques mois plus tôt. Je n'en pouvais plus de cliquer comme une malade pour connaître sa date de sortie, sans cesse repoussée et jamais définie. Ce fut une rude guerre avec mes nerfs ! Mais la patience fut hautement récompensée, car ce tome 8 boucle admirablement cette série qui n'a jamais cessé de m'étonner.

Pensant avoir trouvé le bonheur auprès de Sei, Kiyoko est cependant saisie de doutes car son petit ami est de plus en plus absent, se tient à distance et ne donne quasiment aucune nouvelle. Pour ne pas la rassurer, Sophia, la colocataire et meilleure amie de Sei, est la détentrice d'un terrible secret, qui pourrait avoir une influence importante pour le jeune couple. Kiyoko va donc chercher refuge auprès de Tommy, l'ancien camarade de jeux et le grand amour de son adolescence. Et c'est vrai qu'elle se sent bien auprès de lui, qu'elle renoue avec un sentiment du passé. Mais cela a pour conséquence d'embrouiller notre jeune héroïne, soudain prise en sandwich entre son amour pour Sei et son attirance pour Tommy. Il faut qu'elle fasse un choix, et surtout qu'elle apprenne de la bouche de Sei s'il est toujours amoureux d'elle ou ne souhaite plus la voir.

Quel chemin parcouru depuis le premier tome, où Kiyoko découvrait avec désarroi que son ancien grand amour est de retour dans la même ville et le lycée fréquenté par la jeune fille, de retour aussi avec une petite amie qu'il va quitter, à cause d'un chantage exercé par une ravissante peste. Les conséquences de cette histoire vont être franchement dramatiques. Je n'en dis pas plus, car j'ai souvent souligné la plongée en eaux troubles de la série, aux accents assez graves, malgré les pointes d'humour.

Ce tome 8 renoue avec l'intrigue initiale : Kiyoko et Tommy. Aujourd'hui, ils sont proches, prêts à franchir le cap. L'occasion leur est offerte, mais la jeune fille a grandi et réalise que s'accrocher au passé est une planque. Ce qui compte désormais, c'est son histoire avec Sei, qui souhaite partir loin d'elle. De jolies scènes fort romanesques sont à prévoir, de même les situations opposant les deux prétendants sont également source de ravissement, d'humour et de frémissements. Yeaaaah, j'ai particulièrement aimé ! J'ai apprécié aussi l'épilogue, la boucle est bouclée, une nouvelle page s'écrit. C'est toujours difficile de tirer un trait, de quitter des personnages qui ont su nous émouvoir et nous toucher, mais le souvenir d'une belle rencontre demeure.

Clap de fin.

Editions Delcourt, 2008. 180 pages.

Bon plan pour découvrir cette série : Delcourt vient de publier un pack tomes 1 et 2 pour le prix d'un seul (7,50 €) !

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20/05/08

Vampire Knight (pour oublier, un peu, Edward...)

Présentation de l'éditeur
À l'Académie Cross, internat réputé, la Night Class n'est composée que de beaux et brillants élèves. Mais derrière leur apparence de lycéens ordinaires, se cachent en réalité... des vampires !! Yûki et Zero sont tous deux des Gardiens, chargés de protéger ce secret. Yûki, convaincue d'une coexistence pacifique possible entre humains et vampires, prend son rôle très au sérieux... Alors que Zero nourrit une haine féroce contre ceux qu'il voit comme des monstres.

Vampire_knight

Reçu dans le cadre du swap littérature jeunesse, ce tome 1 de Vampire Knight est une spéciale dédicace d'une toquée à une autre, j'ai nommé Lamousmé, brillante libraire, totalement mordue du bel Edward, personnage ô combien charismatique (ahem) d'une série qu'on ne présente plus !

Pour essayer (je dis bien, essayer) d'oublier sexy Edward, je vous conseille la lecture de ce manga qui pourra vous consoler de votre addiction affligeante, car tenace. Lamousmé a vu juste, pour moi. J'ai simplement adoré cette mise en bouche ! Cette histoire d'académie où cohabitent humains et vampires (les premiers l'ignorent !) est une idée géniale ! On retrouve cette idée de clan avec nos vampires tous plus beaux les uns que les autres, intelligents, supérieurs, sans cesse à la frontière de la tentation. Et c'est la jeune et pétulante Yûki qui veille au grain (un pacifisme absolu, sinon rien !). Cette fille a été sauvée, dix ans auparavant, de la morsure d'un vampire par un autre vampire, le bien nommé Kaname Kuran. Ce type est une présence irréelle à lui tout seul, il dégage un magnétisme et provoque le frisson du plaisir, de l'attirance et du danger.

C'est grosso modo la donne générale dans ce manga, le mélange de la fascination et de la répulsion. On n'assiste pas à des chamailleries entre les uns et les autres, il y a un travail de "retenue" pour nos assoiffés sanguinaires (qui compensent la chasse par la prise de pilules spéciales) et la surveillance des Gardiens est redoutable. D'ailleurs, Yûki est aidée de Zero dans sa mission éprouvante (veiller jour et nuit au bon équilibre). Ce dernier est mystérieux et très secret ; recueilli quatre ans plus tôt, après le massacre de sa famille par des vampires, le garçon voue une haine viscérale pour les buveurs de sang. Mais le garçon est habité par une hostilité encore plus féroce, qu'on découvre brutalement. Le personnage, déjà fort intriguant, prend une dimension encore plus attrayante.

Parce qu'il faut bien reconnaître que se trouve dans cette série une grande, grande sensualité !!! Où figure l'interdit, se trouvent aussi le goût du risque et l'envie. Et puis Yûki est au centre de ce qui ressemble fort à un (futur) triangle amoureux - la jeune fille a noué des liens, malgré elle, avec Kuran et Zero. Cela annonce de somptueux face-à-face, de quoi nous laisser langue bien pendante, j'en frétille d'avance !

Merci, merci très chère Lamousmé ! (pour le colis, etc.)

 

Vampire knight : Volume 1 - Auteur : Matsuri Hino

Panini manga, juin 2007 pour la traduction française.

Série en cours, au Japon. Cinq tomes disponibles en France (le 6ème paraît courant juillet 08).

NB : Oui, je vais vous présenter ce fameux colis ... j'ai bien gambergé à son sujet, à votre tour d'attendre un pitit peu ! ;o)

A consulter : Un monde magique (Un site sur la mangaka Matsuri Hino)

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Apolline et le chat masqué - Chris Riddell

apolline “Apolline Brun” est une petite fille blonde, qui vit au vingt-quatrième étage de l'immeuble Poivrier (en réalité, cet immeuble s'appelle la tour P.W. Huffledinck, mais il ressemble à un poivrier, du coup, tout le monde le surnomme le Poivrier). Ses parents sont de grands explorateurs, qui parcourent le globe à la recherche de raretés pour peaufiner leurs nombreuses collections. Trop jeune, la demoiselle doit rester à la maison, en compagnie de son fidèle Monsieur Munroe, une petite créature poilue venue de Norvège, qui craint la pluie et déteste se coiffer. Apolline adore patauger dans les flaques, coiffer Monsieur Munroe et résoudre des problèmes compliqués. Et ça tombe bien, car Monsieur Munroe attire l'attention de sa meilleure amie sur une affichette découverte au cours de leur promenade. Des avis de recherche de chiens d'appartement pleuvent dans la presse, très souvent suivis par des constats aberrants de vols à répétition. Cette situation tordue ne peut qu'intriguer notre enquêtrice en herbe. Grâce à la complicité de Monsieur Munroe, ils vont remonter une piste alléchante, concevoir un plan habile, grâce à leur expertise en déguisement,  et révéler le pot aux roses !

 

 

Apolline et le chat masqué est le premier livre d'une série qui devrait plaire à tous les jeunes lecteurs, qui débutent. Le style est un enchantement, c'est drôle, truffé de dessins hyper rigolos, avec des personnages craquants, sur un scénario rondement bien pensé. Le dénouement n'est pas spectaculaire, toutefois on mord avec plaisir dans cette enquête. C'est aussi le portrait d'une petite fille exceptionnelle, qui vit seule dans un grand appartement. Elle reçoit des cartes postales de ses parents, nourrit une passion étonnante pour les chaussures orphelines et accueille très régulièrement une armée de services à domicile pour subvenir à tous ses besoins. Et puis, Apolline n'est pas seule puisque son compagnon Monsieur Munroe est le plus loyal des amis, peu bavard mais toujours à l'affût des bons tuyaux.

 

L'univers de Chris Riddell est atypique, surfant sur une ambiance surannée avec des illustrations en noir & blanc, dans un décor chic, british et joliment désuet. Il y a énormément d'espièglerie dans ses dessins, des détails microscopiques qui ne peuvent que vous faire sourire. J'ai été totalement charmée par ce livre qui a déjà un look à lui tout seul (couverture cartonnée, reliure dorée). Comment résister ?

Editions Milan, 2008 - 175 pages - 11€

Traduit de l'anglais par Amélie Sarn. Titre vo : Ottoline and the yellow cat.

NB : Pourrait-on m'expliquer pourquoi l'anglaise Ottoline a été rebaptisée en Apolline sur notre sol français ? ! C'est tout de même dommage, je trouve...

A été lu (en anglais) par Gaelle la libraire

19/05/08

Phaenomen - Erik L'Homme

phaenomenQuatre adolescents internés à la Clinique du Lac en Suisse décident de prendre la poudre d'escampette, après la mystérieuse disparition du Dr Pierre Barthélémy. Âgés entre treize et quatorze ans, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur sont des enfants exceptionnels. Sont-ils fous ou déséquilibrés, comme le craignent leurs familles ? Ou sont-ils dotés de capacités surnaturelles, qui les dépassent eux-mêmes ? Voilà déjà une première part d'intérêt. La suite n'est pas mal, non plus. Nos quatre jeunes doivent résoudre une série d'énigmes, mises en oeuvre par le docteur Barthélémy, pour trouver la clef de son enlèvement. Car bien sûr, Violaine et ses amis sont convaincus du danger de leur périple. N'ont-ils pas croisé trois individus inquiétants à la Clinique du Lac, trois tueurs chevronnés qui se sont maintenant lancés à leur trousse ? !

Premier tome d'une trilogie, Phaenomen s'est révélé une lecture fort emballante. L'intrigue ne manque pas de souffle, les personnages sont charismatiques et forcés de s'étoffer. La particularité des quatre enfants est assez stupéfiante, on assiste dans ce livre à la découverte des uns et des autres et de leurs étranges pouvoirs. Tout paraît encore brouillon et imprévisible, et pourtant on a hâte de connaître leur évolution et leur exploitation. Le face-à-face qui clôt ce tome 1 vaut aussi son pesant d'or, c'est à la fois brutal et déconcertant, mais cela promet une tournure excitante et riche en rebondissements pour la suite (du moins, je l'espère !). Bref, cette entrée en matière dans l'univers d'Erik L'Homme est conquérante et étourdissante. J'avais lu de bonnes critiques sur cette série et elles se sont avérées exactes. Ce tome 1 a soulevé des questions qui demandent des réponses. A lire, donc !

 

Editions Gallimard jeunesse, 2006

Editions Gallimard jeunesse, 2008 pour la présente édition. Coll. Folio junior - 262 pages.

L'avis d'Alwenn

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18/05/08

(bouteille à la mer)

Ceci est un appel, pas de détresse. Mais simplement, j'ai envie d'une nouvelle bannière !

Alors qui pourrait me bidouiller un truc sympa ?

Merci d'avance, je reçois vos idées dans ma BAL (clarabel76@yahoo.fr) ! :))

Bon sinon, elle sort quand un nouvel album, Dido ?

Et comme souvent, c'est le ouikend et je ne suis pas là !!! Avé, les lecteurs !

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