11/09/09

En poche ! #28

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Julie_et_Julia_de_Julie_PowellJ'avais lu le roman l'an dernier, en mai 2008. Le projet cinématographique était en cours, maintenant c'est chose faite, Julie et Julia

 

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en_retard_pour_la_guerreLongtemps annoncé en poche, sans cesse repoussé à une date ultérieure, voici donc le roman de Valérie Zenatti, En retard pour la guerre, ou Ultimatum car je découvre en même temps qu'un film a été adapté par Alain Tasma avec Gaspard Ulliel (hmmm) et Jasmine Trinca. Inconnu au bataillon. Dommage.
Pour le livre, ne passez pas à côté. C'est très, très bon. Amateurs de littérature pour la jeunesse, vous connaissez probablement les livres de Valérie Zenatti. Ce titre pour les grands (marre des classes et des catégories, pardi !) raconte l'histoire d'une étudiante française partie à Jerusalem. Nous sommes en 1991, la guerre n'est pas loin, mais la jeune fille n'est pas stressée. En fait, elle se cherche. Etudes, amours, moi profond... c'est son parcours qu'on suit, dans une ville prête à exploser. Climat chaud, inquiétant, aux trousses d'une demoiselle qui ne craint rien ni personne, si ce n'est l'ombre d'elle-même.
J'avais beaucoup aimé ! Voici mon lien.

en poche, Points / 6 €

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les_derniers_indiensEncore un auteur que j'apprécie beaucoup, mais dont l'univers âpre et sans couleur a du mal à séduire de prime abord. Marie-Hélène Lafon est un auteur épatant, depuis son premier roman, Le soir du chien, je n'ai cessé de suivre ses livres, de les apprécier tous plus ou moins, voici un dernier exemple : Les derniers indiens. Ce n'est pas un roman facile, pas une ambiance guillerette, les personnages n'ont pas un charisme dévastateur et l'histoire pourra en déconcerter plus d'un... MAIS il s'agit tout de même de Marie-Hélène Lafon et ça veut tout dire (euh, pour moi !). Je me comprends. Ma lecture, ici.

en poche, Folio / 5 €

son nouveau roman, L'Annonce, est disponible, chez son éditeur buchet chastel.

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et d'autres romans encore, en cliquant sur les images vous obtiendrez un lien direct vers mes lectures, au sujet de : la première marche d'isabelle minière, mon journal intime de lisa azuelos, la femme de l'allemand de marie sizun, et mon coeur transparent de véronique ovaldé, le premier tome de la communauté du sud par charlaine harris (qui a inspiré la série sulfureuse true blood), this is not a love song de jean-philippe blondel, fleur de glace de kitty sewell :

la_premiere_marche    journal_intime    la_femme_de_lallemand    et_mon_coeur    true_blood    this_is_not_a_love_song    fleur_de_glace

... et d'autres sorties en format poche, à veiller, surveiller, fouiller, chasser, découvrir ! de belles heures de lecture s'offrent à nous !

 

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Je ne suis pas une lumière ~ Ariel Kenig

Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 60 pages - 8€
illustrations de Gabriel Gay

je_ne_suis_pas_une_lumiereMais c'est quoi, ce livre ? C'est ce que je me suis franchement demandée en tournant la dernière page, les nerfs à vif et le coeur au bord des lèvres. Argh, c'est horrible.
En fait, le début est un pur régal. On suit l'histoire d'Ariel qui est un garçon phosphorescent. La nuit, dans son lit, lorsque les lumières s'éteignent, son corps émet de la lumière. Ses parents sont au courant, mais ça ne les inquiète pas. De même, dans cette famille, il y a le chat Balthazar qui est capable de parler, mais seulement en présence des enfants. La Loi des Chats interdit de s'exprimer autrement que par les miaulements face aux adultes.
Oui, oui, c'est vous dire l'ambiance dans ce livre. Dé-so-pi-lan-te !
Bref, ce chat est une plaie ambulante car tous les soirs il vient gratter à la porte de la chambre du garçon pour se nicher au pied du lit et dormir le restant de la nuit avec Ariel. Ce dernier est épuisé d'être réveillé en plein sommeil, de plus il pense que Balthazar le fait exprès, c'est un trouillard qui craint le froid et le noir, du coup il s'imagine que ce n'est qu'un vilain opportuniste, juste bon à réclamer la chaleur de la couette. Point barre.
L'histoire, alors, est drôle. Ariel Kenig y met le ton, l'humour, l'originalité et la fantaisie. Le lecteur est tout acquis et a le sourire jusqu'aux oreilles.
Et c'est là qu'arrive le chapitre 12 page 55... Catastrophe. Je n'ai rien vu venir, je n'ai rien compris à ce truc, je suis dégoûtée et j'ai même eu honte de n'avoir rien dit à ma fille qui s'est sentie, également, l'humeur chagrine avec gros point d'interrogation au-dessus de sa tête. Désolée, la Miss, moi ne pas avoir tout compris non plus.
Qui connaît ? Qui en pense quoi ?

Ariel Kenig est également l'auteur de Camping Atlantic et New Wave (qui vient de sortir en poche).

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10/09/09

Mon sorcier bien-aimé ~ Audren

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 78 pages - 8,00€
Couverture de Stephanie Blake

mon_sorcier_bienaimeAmazir Casablanquette a neuf ans, c'est un sorcier, avec un balai qui vole et une baguette magique, il est fils et petit-fils de sorciers, et mène une vie très, très normale : il va à l'école, même s'il doit taire ses pouvoirs, et il est amoureux de la jolie Leslie Cocovino. Hélas, Amazir s'ennuie. Il trouve qu'être sorcier n'est pas un cadeau du ciel, c'est barbant car tout est attendu, aucune place à l'imprévisible, pas besoin non plus de se casser la tête pour réussir, une formule magique et ça roule comme sur des roulettes. Alors Amazir choisit de renoncer à être sorcier et c'est le drame !

J'attendais plus d'Audren à travers ce petit roman, agréable mais pas renversant. Cette histoire de sorcier ne sert finalement qu'à détourner un message plus lisse : être fier de ses origines, accepter ses différences. Je suis vaguement déçue de l'absence de fantaisie dans son traitement, et même l'humour est beaucoup trop en retrait. Toutefois, cela reste du Audren donc c'est tout de même bon. Et j'aime bien la couverture de Stephanie Blake.

 

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Punie ! ~ Nathalie Kuperman

Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 80 pages - 8,50€
illustrations d'Anaïs Vaugelade

punieAprès avoir lu ce livre (toute seule), j'ai aussitôt pensé à ma fille et j'ai failli la sortir de son lit pour qu'elle se lance de suite dans cette lecture. Je savais intimement que cette histoire allait la toucher ou l'interpeller. A neuf ans, on est plus sensible au regard des autres, plus vulnérable et plus influençable face à une autorité en surnombre.
Je m'explique.
Dans le livre de Nathalie Kuperman, on découvre une jeune héroïne - Olivia - sous l'emprise d'un groupe de trois filles de sa classe. Ces dernières se moquent d'elle, elles l'obligent à rester près des poubelles durant la récréation et elles lui ordonnent de se taire et de ne répéter à personne ce qu'elles lui font subir, ou alors elles avoueront à tous le secret d'Olivia.
La petite se sent terrorisée, incomprise, malheureuse et trahie. Parmi ces trois filles, se trouve Coralie. C'était sa meilleure amie depuis la rentrée, et soudainement elle vient de lui déclarer une guerre sans explication. Ok, Olivia a un secret mais elle jure qu'elle n'est pas folle. Sa trouille du noir et des ombres dans sa chambre n'est pas le produit de son imagination, ni la conséquence de son chagrin depuis la séparation de ses parents.
Cela commence à peser lourd dans la balance, mais heureusement la fillette va taper du poing sur la table. Et j'ai aimé cette façon de procéder, les questions qu'elle se pose, le flot de paroles et l'attitude du père et de la mère, tout est mis en balance, entre le bien et le mal, agir ou se taire, intervenir ou laisser faire.
Ce livre dégage un sentiment de force et de puissance qui fait un bien fou. C'est ce genre de livre que j'aime avoir entre les mains, il véhicule un message intelligent pour les jeunes lecteurs, je ne sais pas, j'ai su à l'instant que c'était le livre à partager avec mon enfant. Elle seule y trouvera les réponses à ses interrogations, et surtout le sursaut nécessaire pour ne plus se faire marcher sur les pieds.

 

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Les lionnes ~ Jean-François Chabas

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 55 pages - 7,50€
illustration de couverture : Philippe Dumas

les_lionnesJean-François Chabas est un auteur que j'adore !!!
Il est très productif, pour mon plus grand plaisir, et a le talent de ne jamais se répéter. J'en tiens pour preuve ce petit roman qui est totalement, mais alors totalement, unique et exceptionnel.
A priori, le sujet n'est pas le plus palpitant. Ce sont deux lionnes, l'une est la mère, l'autre la fille. Elles choisissent de se séparer de la harde et partent près d'un campement d'hommes. L'occasion pour la mère de régler un compte personnel, qui date un peu, puisqu'elle n'a jamais oublié la mort de sa soeur par des humains qui se sont aidés de coups de tonnerre. Les deux lionnes se préparent donc à attaquer. Une grande première pour la fille, qui a un gabarit impressionnant, elle est grande, très forte, impose le respect autour d'elle. Ce face-à-face avec les hommes doit pourtant s'organiser, la tactique synchronisée, les sens en alerte, la soif du sang, l'instinct animalier, n'est pas lionne qui veut !
Je n'ai pas quitté ce livre avant la fin, pas perdu une miette et j'ai retenu mon souffle jusqu'au bout. J'étais ébahie, le coeur pris en étau, palpitant à fond les ballons. J'ignorais qu'on pouvait se glisser dans la peau de lionnes et de ressentir leurs émotions, de vivre leur vie à ce point.
Si ce n'est pas du talent, mais qu'est-ce que c'est !?!
J'adore, oui, tout simplement.

 

C'est la grande amour, le plus grand des sentiments
...

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09/09/09

Le plus vieux de la classe ~ Irène Cohen-Janca

DacOdac du Rouergue, 2009 - 70 pages - 6€

le_plus_vieux_de_la_classeL'histoire se passe au Kenya, à Tsévo. L'école ouvre ses portes à quiconque désire apprendre à lire et écrire, enfants et adultes qui vivent dans des villages reculés par exemple. C'est ainsi que se présente le "vieux", Zéfania. Il a un rêve : devenir policier. Mais il lui manque les connaissances pour passer le concours. Il se présente donc devant le portail de l'école, où John et ses camarades le dévisagent, stupéfaits et intrigués. La maîtresse se montre d'une gentillesse extraordinaire avec lui, et même la délicieuse Rebecca Lolosoli a des paillettes dans les yeux lorsqu'il s'exprime devant tous. Car le vieux est un héros, depuis le jour du buffle.

Ce petit roman nous raconte une histoire de tolérance et de courage, à travers les yeux d'un enfant - le narrateur, John - qui va prendre conscience des conditions difficiles de la vie dans le désert kenyan. John a des grands rêves pour sauver le monde, pour combattre la sécheresse et permettre à ceux qui souffrent de ne plus se priver d'apprentissage pour subvenir aux besoins de leur famille. C'est une histoire totalement dépaysante, pleine de générosité et porteuse d'un message simple mais touchant.
La fin est d'ailleurs très jolie.

 

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Un koala dans la tête ~ Elise Fontenaille

dacOdac du Rouergue, 2009 - 45 pages - 5€

un_koala_dans_la_teteNous poursuivons la découverte de la nouvelle collection dacOdac avec ce petit roman d'Elise Fontenaille au titre enchanteur : Un koala dans la tête.
C'est l'histoire de Charlotte, élève au collège, pas très consciencieuse dans son travail, souvent perdue dans ses rêveries, comme elle dit. Elle avoue être paresseuse par facilité et pour ne pas faire face aux trouilles qui font leur nid dans sa tête et son ventre. Son professeur principal en a cependant ras-le-bol et souhaite la bousculer en lui imposant un devoir oral - exposé au sujet libre. La demoiselle est bien embêtée et se confie à son père, qui va lui mettre entre les mains des livres en plus d'une photo trouvée par hasard dans ses affaires.
Un type qui ressemble à son père pose avec un koala sur la tête, le sourire éclatant. Qui est-il ? Son père est orphelin, n'a plus de famille, il vit séparé de la mère de Charlotte.
L'Australie et le koala font ainsi leur entrée dans la vie de la jeune fille.

Encore une belle lecture, faite de finesse et d'intelligence. J'ai beaucoup apprécié, entre le chemin qu'emprunte la narratrice et son portrait en douceur, j'avais mille raisons d'être séduite. Charlotte est un personnage atypique, rêveur, qui aime les livres et les récits de voyage. Elle s'amourache d'un pays aux antipodes de son paysage familier par la grâce d'une photographie, en plus de se découvrir une histoire de famille avec ses tiroirs secrets, et bien évidemment un tremplin dans la vie (scolaire) plus gratifiant que sa manie d'être 'caillou' (ne rien faire, se rouler en boule et attendre que le temps passe).
Jolie découverte, par l'auteur de Chasseur d'orages (disponible en doAdo).

A également été lu et apprécié par Bauchette qui s'interroge sur l'impact des couvertures.
(A titre personnel, j'aime beaucoup ce vert du Koala dans la tête.)

 

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Joyeux ornithorynque ! ~ Cécile Chartre

DacOdac du Rouergue, 2009 - 60 pages - 5,50€

joyeux_ornithoLa mère de Mado déteste le jour de son anniversaire - le 4 juin. C'est une pitié pour sa famille qui se creuse les méninges pour rendre la pilule plus douce à avaler, mais tous les efforts sont vains. Cette année, c'est la cata car la maman de Mado accuse 40 ans. Depuis un mois, le père en a mal au ventre à force de chercher une solution. Sur un coup de tête, il opte pour bannir le mot anniversaire et le remplacer par ornithorynque, et branle-bas de combat, toute la famille se niche dans le Combi pour aller en Espagne.

Je pensais me sentir proche de cette maman (hantise de l'anniversaire, hanlala), même pas. Par contre, j'ai retenu deux-trois trucs appréciables qui font que - maintenant - je vais moins râler le jour de mon anniversaire et savoir mieux apprécier l'instant présent. Je dis ça, je ne dis rien. C'est en tout cas le message précieux, délicat et sensible que ce petit roman vous divulgue. C'est l'histoire d'une famille sympathique qui va croiser sur son chemin une bonne raison de trouver la vie belle et formidable, en plus de se satisfaire d'être en vie et en pleine santé.

Un petit roman à déguster, qui figure parmi la toute nouvelle collection chez le Rouergue et qui s'adresse aux lecteurs qui ne lisent plus les ZigZag (que j'adore) et qui ne veulent pas encore se plonger dans les doAdo.
Testé et approuvé par ma fille, qui s'est esclaffée derechef : arf, c'est comme toi maman !
Tsss.

Mel et Jean de la Soupe de l'Espace ont a.d.o.r.é !

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08/09/09

Dernière phrase ~ Hélène Le Chatelier

Arléa, 1er / mille, 2009 - 90 pages - 13€

derniere_adresseForrest Gump a comparé la vie à une boîte de chocolat, la narratrice de Dernière adresse a cette petite phrase qui mériterait d'entrer dans les annales : le Flanby, comme la vie, ne tient jamais sa promesse d'un caramel généreux et opulent qui recouvrirait le tout d'une suavité un peu poisseuse et trop sucrée.

Niamh est une vieille dame, très, très âgée. Elle est arrivée au stade où elle se rappelle - son enfance en Irlande, son arrivée en France, son mariage avec Georges, le meilleur des maris, ses enfants, son veuvage, sa solitude, son ennui et son corps qui lâche l'affaire. Niamh ne tient plus debout, elle remplit son frigo de yaourts flanby, elle se fait pipi dessus, bref c'est le signal pour les enfants qui la confient à une maison de retraite. Ou, nursing home. Selon ses termes.

Le transfert est difficile, Niamh n'en peut plus d'être parquée parmi d'autres vieillards dans cet établissement où chaque geste est dénué de chaleur humaine. Tout est terriblement clinique, automatique. Sûr que ce climat la plombe... Niamh ne baisse pourtant pas les bras.
Dans tous les cas, vieillir c'est perdre. Perdre et se résigner à perdre. Se dépouiller de toutes ces choses parfois si chèrement acquises. C'est ça. On passe la fin de sa vie à se défaire de ce qu'on a mis tant de temps à acquérir.
Faut-il vraiment arriver au bout dans cet état de dénuement, de dépouillement de soi, sans artifice ?
Je ne m'y résous pas.
J'en veux encore.
Encore un peu.
Encore beaucoup.
Plus.
Toujours.
J'ai aimé cette vie, malgré tout.
Je l'ai aimée à m'en rendre malade.
J'en suis gourmande.
J'en veux encore.
J'ai faim encore.

Parce qu'il ne fallait pas s'attendre à un petit roman déprimant, le sujet parle de la vieillesse et de la fin de vie, mais c'est fichtrement bien raconté. Niamh est une narratrice extraordinaire, pleine de verve, avec un humour fin et plein d'esprit. Ok, ça yoyote un peu dans sa tête, elle a des lubies de collection improbable (après les yaourts, ce sont les stylos), mais bon sang, elle l'affirme crânement : Quitter le réel, c'est ce que je cherche justement ! Je parle toute seule, et alors ? J'assaissonne ma vie à ma façon. Je ne suis pas démente, j'ai de l'imagination. C'est tout. Ce n'est pas la même chose.

Bref, dans la vie, tout est bon... sauf la fin ! Niamh nous en offre un formidable exemple.
A méditer sagement.

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Meurtres entre soeurs ~ Willa Marsh

Traduit de l'anglais par Danielle Wargny
Autrement, 2009 - 205 pages - 18€

meurtres_entre_soeursEmmy et Livy sont demi-soeurs. Au lendemain de la guerre, le père de l'une a épousé la mère de l'autre, et tout ce joli petit monde a recréé une famille unie dans une agréable maison dans la vaste campagne de Londres. Un bébé vient souder ce bonheur sans nuages, Rosie, aussitôt considérée comme la petite princesse. Elle  forme le trait d'union d'un amour doux et ronronnant. Mais les soeurs voient rouge, cette petite soeur les agace, elle accapare l'attention des parents, elle est pourrie gâtée et son caractère la rend insupportable. A deux, Emmy et Livy complotent et rêvent de s'en débarrasser. Projet fou de gamines qui ne feraient pas de mal à une mouche... et pourtant l'avenir parle d'une prophétie à faire glacer les sangs chez cette fratrie qui va en voir des vertes et des pas mûres.

Les relations entre Livy, Emmy et Rosie vont empirer. La dernière des filles est une horrible peste, profiteuse et opportuniste, calculatrice, machiavélique. En s'acoquinant avec son double masculin, Rup, surnommé Porcinet (il gloutonne toute la sainte journée !), le couple s'est trouvé, et l'étincelle du mal luit de mille feux.

Le temps passant, il incombera aux soeurs de sauver leurs intérêts, de réfléchir, de se souvenir, d'assembler les morceaux d'un puzzle qui rend chèvre. Emmy et Livy ont tout loupé dans leur vie, elles le doivent à leur cadette, est-ce possible, elles n'en croient pas leurs yeux, hélas Rosie n'est pas avare de nouvelles ruses qui ont pour but de mettre sur la paille les aînées. Plus, toujours plus. Rosie aiguise ses griffes de rapace, elle veut la maison, elle veut les meubles, elle veut l'argent. Elle veut tout, par tous les moyens.

Laissez-vous surprendre, dépassez la vilaine couverture qui n'invite pas à la découverte car ce roman est une pure et exquise comédie noire, comme seuls les auteurs anglais ont le talent de nous offrir. C'est sarcastique, désopilant, agaçant, jusqu'au boutiste et immoral. La monstruosité des personnages comme Rosie, Rup et leur fille Alice nous semble proprement abjecte, malgré cela c'est un régal d'humour caustique. Face à eux, la paire Emmy-Livy présente une bonhommie naïve et touchante, parfois exaspérante, je n'en revenais pas, tant de déconfiture, tant d'innocence confondue, mes aïeux, réveillez-vous ! La fin, cependant, s'achemine sur un malicieux imbroglio... ah ! le goût des bonnes tartelettes aux baies. Tout un poème. N'a-t-on jamais dit que la gourmandise était un vilain pêché ?
Sur ce, régalez-vous sans retenue !

Extraits :

Cette fieffée Pamela parle aux deux filles de la chance qui leur est offerte et elles sont tout excitées. N'ont-elles pas dévoré toutes les histoires de pensionnat d'Enid Blyton ? N'ont-elles pas rêvé de festins nocturnes, de jouer au hockey ? Elles ont hérité des gènes de l'actrice et du pilote de chasse. Elles meurent d'envie d'expérimenter, d'explorer, de tester leurs limites. Elles meurent d'envie de s'éloigner de Mo et Pa et par-dessus tout, de Rosie. Elles supplient qu'on les envoie en pension. Mo est abasourdie et chagrinée de constater qu'Emmy et Liv sont tout à fait prêtes à être séparées. Elles pressentent que le moment est venu de changer de vie. Cela fait quatre ans qu'elles sont interchangeables, Livy et Em, Emmy et Liv. Mo s'est même arrangée pour qu'elles fêtent leur anniversaire le même jour, à égale distance entre les deux dates. Elles vont jusqu'à partager le même gâteau avec le double de bougies. Mo les habille de façon identique, comme si elles étaient jumelles. Elles désirent se libérer de tout cela et affirmer chacune leur personnalité.

(...)

De tous, c'est Rosie la plus heureuse. Elle grandit dans une atmosphère de serre, où lui sont prodiguées adoration et générosité. Tout ce dont Livy et Em ont été privées à cause de la guerre, Rosie en bénéficie, au centuple. En d'autres termes, elle est gâtée pourrie. Pas besoin - comme c'était le cas pour Livy et Em - de stratégies ou de cajoleries pour obtenir ce qu'elle veut. Tout lui tombe tout rôti dans le bec. Elle est blonde aux yeux bleus, comme Pa, souple et mince, comme Mo, mais elle n'a pas du tout hérité de leur douceur et de leur gentillesse. Elle est le croisement de la vieille mère calculatrice de Mo et du vieux père égoïste de Pa. Une combinaison redoutable. (...)
A l'âge de cinq ans, Rosie connaît ses parents sur le bout des doigts et les fait manger dans le creux de sa main. A dix ans, elle pourrait en remontrer à Iago, question rouerie. Lorsque ses soeurs rentrent, aux vacances, elle les observe attentivement. Elle devient championne de stratégie en deux temps trois mouvements. Elle n'a jamais entendu l'expression "diviser pour régner", mais elle sait parfaitement la mettre en pratique.

(...)

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